Nothing to prove – Chapitre 9

Chapitre 9 écrit par Mai-Lynn

Je me réveillais le lendemain matin avec l’étrange impression qu’il me manquait quelque chose. Mon regard se posa alors sur la boite à chaussures renversée, posée sur mon lit, et toutes les photos et objets éparpillés dessus. Il me manquait. Je ne savais pas s’il avait lu la lettre. J’espérais de tout cœur qu’il la lise. Une profonde tristesse me prit alors que je retournais une fois de plus les événements de la veille dans ma tête. Mon corps tout entier avait mal pour lui. Tout avait été orchestré par Ewen. Je le haïssais, pire que ça, je le maudissais. Comment ne m’étais-je pas rendu compte de son mal-être ?

Les larmes aux yeux, je me rallongeais. Je n’arrivais plus à me contrôler et cela m’énervais. Je posais alors mes mains sur mes yeux, et dans un sanglot, j’évacuais une nouvelle fois la rage qui coulait dans mes veines.

Cela faisait maintenant un mois qu’ilian m’avait quitté. Quitté, ce mot était encore trop gentil. Lâchement abandonné, largué pour un autre. Tous les matins, le premier visage que je voyais était le sien et cela m’énervait. Rageusement, j’éloignais les couvertures et m’assis sur le lit, complètement nu. J’avais un début de barbe qui poussait et cela ne me gênait pas. Je n’avais plus envie de plaire de toute façon. La tête entre les mains, je me remettais doucement de la cuite que j’avais pris la veille. Mon regard se posa sur mon réveil. J’étais une nouvelle fois en retard.

C’est alors que la porte de ma chambre s’ouvrit à la volée, libérant mon frère, le regard furieux.

– Jaeden ! Tu devrais être en cours depuis une heure déjà ! S’exclama-t-il, en colère.

– Le réveil n’a pas sonné. Sors, je suis à poil ! Répondis-je en haussant les épaules.

– Arrête tes conneries, j’en ai ma claque de m’occuper de toi !

Je me levais, et attrapais les premières affaires qui me passaient sous la main. J’étais habitué aux dires venimeux de mon frère. Tellement habitué que cela ne me touchait même plus. Une fois habillé, j’attrapais mon sac de cours.

– J’vais en cours. Dis-je, en passant devant lui.

Je l’entendis soupire et frapper ma porte, mais sourds devant son attitude, je sortis en claquant la porte. Mon portable se mit à vibrer, et immédiatement je décrochais.

– Tu veux quoi Jonathan ? Demandais-je, sortant de l’immeuble.

– Savoir à quelle heure tu viens en cours. Répondit-il, vexé

– Pas maintenant, j’ai un truc à faire.

Je raccrochais alors que le bus arrivait devant moi. Jonathan était l’homme avec qui je sortais depuis peu. Un ami à moi. Un ami, et dealer. Assis à ma place, mes yeux se posèrent sur le reflet dans la vitre. J’avais changé. Mon visage faisait plus vieux, et mon apparence était délabrée, mais je n’en avais rien a faire. Je pris alors mon sac et y sortit un bout de papier. Je devais sortir au prochain arrêt.

Ce dernier arriva bien vite, et immédiatement je descendis, prenant la première rue qui venait. Au bout, je m’adossais, l’épaule contre le mur et regardait droit devant moi. J’étais devant une école de commerce, une des plus prestigieuses de la ville d’ailleurs. J’avais mis du temps avant d’arriver à savoir où il était partit, et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris qu’il n’avait pas quitter la ville. La sonnerie de la pause de midi se fit entendre et je pu voir une multitude d’élèves en uniforme quitter l’école. Celui que j’attendais ne tarda pas. Ilian n’avait pas changé. Toujours aussi réservé qu’avant. Je le vis prendre son portable et écrire un message. Puis, il partit, regardant droit devant lui. Restant a une distance éloignée, je le suivis. Il marcha pendant une demi-heure passant devant mon école de médecine. Là, il s’arrêta, restant en retrait, comme s’il se cachait. Il regarda chaque élève comme je l’avais fait à l’instant. Puis, un quart d’heure plus tard, il reprit sa route. Mes sourcils se froncèrent. Que cherchait-il à faire ?

Je m’arrêtais en même temps que lui, et mon cœur se mit à battre alors que nous nous trouvions chez moi. Se pourrait-il qu’il est laissé tomber celui pour qui il m’avait quitté ? Peut-être pensait-il qu’il s’était trompé ? Je sentais mon souffle s’accélérer, et un immense bonheur m’envahir. Une merveilleuse sensation comprimait mon estomac, une joie telle que je ne l’avais plus sentie depuis un moi. M’accrochant à ce maigre espoir, je commençais à m’avancer vers lui. Mais alors que je n’étais pas loin, son téléphone se mit à sonner. Surpris, je m’arrêtais, restant derrière lui, à deux pas.

– oui ? Dit-il, en soupirant.

– …

– Non, j’ai fait un détour par la librairie, le nouveau livre de mon auteur préféré est sortit.

Mon cœur se brisa a l’instant même où il prononça cette phrase. Alors il n’était pas venu pour moi. Mais pour son stupide livre. J’étais vraiment pathétique. Il m’avait largué, et je continuais à l’aimer…Je n’aurais jamais dû commencer à sortir avec lui.

– J’arrive, je vais acheter mon mon livre et je serais chez toi.

– …

– Pourquoi ?

– …

Je le vis alors se crisper, et mes sourcils se froncèrent un peu plus. Mais mon cœur déjà fissuré tomba en morceaux alors que je l’entendis a nouveau parler.

– Tu me manques aussi. Je t’aime.

Il raccrocha et recommença à marcher. Je ne le suivis pas me contentant de le regarder. Oui. J’avais été vraiment pathétique. J’aurais aimé le haïr. Le traiter de tous les noms. Mais non. Je ne pouvais pas. Les larmes me montèrent aux yeux et immédiatement j’eus l’impression d’étouffer. Mon cœur saignant, je dû m’assoir sur un banc et prendre ma tête entre mes mains. Je dû attendre un long moment avant de me calmer. Lorsque le souffle me revint, je calais mon dos contre le dossier, et mes yeux se posèrent sur la rue noir de monde. Mais alors que j’allais me relever et me diriger vers le premier bar qui venait, une main se posa sur mon épaule, et surpris je me retournais, croisant le regard d’un homme que je n’avais pas vu depuis un mois.

– Ewen… ça fait longtemps…Soufflais-je, étonné.

– Je sais… Excuses moi, Ilian a quelque problèmes alors on essaies d’y remédier, mais ça me prend du temps. Répondit-il en haussant les épaules.

– Des problèmes ?

– Avec son nouveau petit ami, disons qu’il est accro et ne voit rien de ce qui se passe autour de lui. C’est ça l’amour !

J’avalais difficilement ma salive. Ewen se rendait-il compte de ce qu’il me disait ? Un sourire faussement joyeux étira mes lèvres, alors que je réfrénais une fois de plus mes larmes.

– Comment ça va ? Tu sors avec quelqu’un en ce moment ? Me demanda-t-il, vivement.

– Oui, plus ou moins. Répondis-je en haussant les épaules.

– Tu as dû le voir on a changé d’école. Fit-il, s’asseyant près de moi.

– Oui, j’ai vu.

– Ilian voulait se rapprocher de son petit ami en faisant une école de commerce, mais ses parents ne voulaient pas le laisser seuls al…

Je me levais, énervé de ses propos. A l’évidence, il ne comprenait pas le mal que ses dires me procuraient.

– Désolé, on peut se revoir un autre jour si tu veux, mais, j’ai quelque chose à faire. Dis-je, sans le regarder.

– Ok… Me répondit-il dans un sourire à plus tard alors.

Je ne répondis rien, rentrant à toute vitesse dans mon appartement. Je sentais la colère pulser dans mes veines tel un venin. Je me jetais alors immédiatement vers la première bouteille de whisky que je vis, buvant à même la bouteille.

– Tu crois pas qu’il est un peu tôt pour boire ? Cracha mon frère sortant de sa chambre.

– Occupes toi de tes affaires. Retoquais-je buvant une autre gorgé de la bouteille.

Kain m’arracha alors la bouteille des mains, le regard noir.

– Tu es mon frère, tu crois quoi, que je vais te laisser tomber dans ça !

– Vas te faire foutre ! M’écriais-je, le bousculant.

C’est alors que je sentis son poing attaquer ma joue, me faisant tomber à même le sol. La lèvre en sang, je restais sonner devant ce que venait de faire Kain. Ce dernier s’abaissa immédiatement,revenant dans la réalité.

– Jaeden, excuse moi, tu me pousses à bout ! je…

– Je me casse.

Sans un mot de plus, je me relevais, allant directement dans ma chambre. Prenant un mouchoir, je l’appliquais sur ma lèvre. Je pris la valise qui se trouvait sous mon lit et pris tous mes vêtements à une vitesse incroyable. J’entendais Kain me supplier de revenir sur ma décision, mais j’étais sourd. Le mal-être me rongeait; je n’en pouvais plus, il fallait que tout ça cesse. Que je m’éloigne. Ce que je n’avais pas prédit, c’était que mon mal-être me conduirait à ma perte…

Je me réveillais le lendemain, le corps en sueur. Cela faisait un moment que je n’avais pas rêvé de notre séparation. Remuer les souvenirs enfouis dans cette boite était beaucoup trop dangereux pour moi. Je le savais, pourtant je n’avais pas pu m’empêcher. Avec difficulté, je me levais. La fatigue me tombait dessus, et étouffant un bâillement, je rassemblais les photos dans la petite boite, puis la rangeais. Passant une main sur mon visage, j’allais prendre ma douche, comptant sur l’eau pour me réveiller.

2O minutes plus tard, j’étais enfin prêt, et attrapant un gâteau, je sortais de mon appartement. Aujourd’hui, j’allais avoir un nouveau patient et cela m’enchantait. Peut-être allais-je être cruel, mais il fallait que je change d’air professionnellement. Je n’avais pas l’intention d’arrêter d’aider Ilian, mais continuer dans cette direction ne nous mènerait nul part. Je ne cessais de penser à lui, à ce qu’il lui était arrivé. Que pouvais-je faire pour l’aider ? J’étais totalement impuissant face à sa détresse. Et cette impuissance m’exaspérait.

Prenant la route, je conduis comme à mon habitude beaucoup trop vite, la musique à fond. J’arrivais devant les grilles de l’hôpital, une fine pluie commençais à tomber, me mouillant légèrement. D’un pas rapide, je rentrais dans l’hôpital, m’approchant de la standardiste. Elle me sourit, et raccrocha son téléphone.

– Le directeur souhaiterait vous parlez. Me dit-elle, me tendant le mot qu’il avait laissé à mon attention.

– Bien, il est dans son bureau ? Demandais-je, mettant le papier dans ma veste.

– Non, il allait discuter avec la chef des infirmières.

J’acquiesçais, souriant, puis prenais l’ascenseur. J’arrivais à l’étage des chambres, et mon regard se posa immédiatement sur la porte d’ilian. Je ne cessais de me demander si Ilian avait lu ma lettre. Ce qu’il avait pensé. Mon cœur ne cessait de battre rapidement, et sans m’en rendre compte, je m’approchais de cette porte qui m’étais interdite. Je sombrais peu à peu dans le passé, comme si Ilian était la clé de ce que je refermais en moi depuis cinq ans. Ma main effleura le bois, et je me demandais ce qu’il faisait à l’instant même. Je voulais lui parler. Tampis.

Mais à l’instant même où je posais ma main sur la poignée dorée, la voix de Paul me parvint au oreilles. Surpris, je me retournais, mettant ma main dans ma poche, comme pris en faute.

– Tu as eu mon message ? Fit-il, dans un sourire.

– Oui, j’allais venir te voir. Répondis-je lui rendant son sourire.

Son regard se posa alors sur la porte et ses sourcils se froncèrent.

– Je voulais aller voir comment il allait…Après sa crise…m’expliquais-je, voulant éloigner tout soupçon.

– Oui, je vois, Tu n’as pas eu trop de mal à le calmer ? J’ai été surpris qu’il t’appelle…

Je ne savais que répondre. Paul avait l’air habitué à ce genre de crise. Je décidais alors d’en savoir un peu plus.

– J’ai été un peu surpris de le voir dans cet état… Avouais-je en haussant les épaules.

– Comme tu as du le lire dans son dossier Jaeden, ce n’est vraiment pas les premières crises qu’il est en train de faire. A son arrivé, il était intenable. Il y avait des moments où il se calmait, mais dès qu’un patient l’approchait de trop prêt ou qu’un psychiatre ne lui convenait plus, il rentrait dans un état effrayant. Puis, il y a environ un an, il a cessé. Il ne faisait plus parler de lui, se contentant d’écrire et d’aller assister régulièrement à ses séances avec son médecin et aux quelques visites de sa famille. Nous avons pu diminuer considérablement la dose de ses médicaments, et nous ne lui avons donc pas fait ce que l’infirmière a du faire pour le calmer il y quelques jours. Je suis contre ce genre de traitement crois moi, mais il ne nous laissait pas le choix. Comme tu as pu le remarquer, Ilian est un patient très complexe… Bizarrement, je m’inquiétais moins pour son état lorsqu’il faisait ses crises que cette dernière année.

Connaître cette facette d’Ilian m’effrayait un peu. J’avais l’impression d’être présenté à un inconnu. Absent, les mots sortirent de ma bouche sans que je ne m’en rende compte.

– Qu’est ce qu’il s’est produit pour qu’il arrête ses crises ?

– Je ne sais pas, répondit le directeur. Il a cessé du jour au lendemain, comme si il avait lâché quelque chose et finalement peut être baissé les bras trop vite. Ses différents psychiatres ne sont jamais parvenus à trouver une explication. Après ce jour en tout cas et jusqu’à ton arrivé ici, il n’a plus rien laissé transparaître, s’enfermant dans une sorte de mutisme qui en a découragé plus d’un.

Je ne répondis rien, cherchant au plus profond de moi une raison à cet arrêt. Un évènement important avait du se produire, ces crises, d’ordre psychologiques, ne pouvaient cesser du jour au lendemain, à part si un autre traumatisme encore plus violent avait eu lieu.

– Quoi qu’il en soit, reprit-il, Je t’avais prévenu, Ilian n’est vraiment pas un cas facile, reprit le directeur. Il a toujours eu de multiples facettes, et s’est forgé une telle carapace qu’il est impossible de discerner le vrai du faux chez lui. Et tant que je ne parviendrais pas à le déterminer, nous ne saurons malheureusement jamais s’il a sa place ici.

Sa place ici. Cette phrase sonnait faux lorsqu’on connaissait Ilian. Bien sûr que non, il n’avait pas sa place ici. Un soupire passa le barrage de mes lèvres alors que des images d’Ewen maltraitant Ilian arrivait dans mon esprit. Mon cœur déchiré, se fissura un peu plus.

– Au fait, ajouta précipitamment le directeur, je devais te prévenir. Ton nouveau patient vient d’arriver. Tu devrais aller à l’accueil.

J’acquiesçais et sans un mot de plus je passais près de lui. Je sentis sa main apaisante sur mon épaule, et faiblement je lui souriais avant de me remettre en marche. Je pris une nouvelle fois l’ascenseur et descendis à l’accueil. Je pu voir alors un homme d’un vingtaine d’année, assis sur un fauteuil. Il était brun, les cheveux assez long. Sa peu était extrêmement pâle, et le voir ainsi vouté me fit penser à un personnage de Death Note, un manga que j’adorais. Il tirait les manches de son pull et jouait avec, restant le regard fixé sur ses mains. Près de lui, se trouvait un homme d’un quarantaine d’année. A son allure bien stricte, je compris immédiatement que c’était le psychologue de Cameron, celui qui avait recommandé son internement.

– Docteur Sadler ? Demanda-t-il, en se levant.

– Oui, répondis-je en lui tendant la main.

– Voici Cameron, votre nouveau patient. Dit-il, me tendant un dossier jaune. J’ai laissé mon numéro au cas où vous voudriez me poser d’éventuelles questions.

– D’accord, je vous remercie de l’avoir amené vous même.

Je me tournais alors vers Cameron et m’accroupis afin de tenter de capter le regard fuyant du brun.

– Comment vas-tu Cameron ? Demandais-je, souriant.

Il ne me répondit rien, mais me fit un sourire en coin, avant de se replier un peu plus. Satisfait tout de même par ce sourire, je me relevais.

– Vous pouvez partir si vous le désirez, je vais m’occuper de lui. Fis-je, professionnel.

Il acquiesça, et posa sa main sur l’épaule de Cameron. Puis dans un faible sourire, il partit. Je le regardais un moment passez les portes, puis reporta mon attention sur Cameron qui jouait encore avec ses manches.

– Tu as déjeuné ? Demandais-je, naturellement.

Il me fit non de la tête, encore une fois en évitant mon regard.

– Alors que dirais-tu de manger un bon repas tout en discutant ?

Il haussa les épaules et se leva, gardant la tête toujours baissée. Sans un mot, nous prîmes l’ascenseur, et allions jusqu’au réfectoire. En entrant, je lui tendis un plateau qu’il prit, et se servit au self. Quelques minutes plus tard, nous étions assis, mangeant en silence.

– Le trajet n’a pas été trop long ? Demandais-je, entre deux bouchées.

– Non… Dit-il, faiblement.

– Mais tu dois être quand même un peu fatigué ?

Il haussa les épaules et but une gorgée d’eau, avant de recommencer à manger. S’il n’était pas bavard, il avait un appétit d’ogre. Mon regard se posa alors sur Ilian qui sortait du réfectoire, je ne l’avais pas vu entrer. M’avait-il vu lui ? Le stress de ce matin revint au galop, ainsi que les questions qui se bousculaient dans ma tête. Mais je ne souhaitais pas chercher de réponse, en tout cas pas maintenant.

Une demi-heure plus tard, nous sortions du réfectoire, et je lui faisais visiter l’hôpital. Une fois terminé, je le fis entrer dans sa chambre, vide de tout vie. Il s’assit immédiatement sur le lit, regardant autour de lui. Ses affaires avaient été montées et étaient posées dans le coin d’une pièce.

– Ce n’est pas le grand luxe, mais tu peux toujours l’aménager comme tu en as envie. Dis-je en regardant autour de moi.

Il me fit un sourire en coin avant de se lever et d’ouvrir sa valise toujours sans un mot. Souriant à mon tour, je m’adressais une nouvelle fois à lui.

– Si tu as besoin de quoi que ce soit, le bureau des infirmières est au bout du couloir, et si jamais tu souhaites parler, je reste dans mon bureau jusqu’à ce soir.

Il ne dit rien, et je me retournais, refermant la porte sur moi. Il avait l’air calme, bien qu’il parle peu. Je me doutais qu’un cas atteint de problème borderline parlait peu, et j’espérais en connaître plus sur son sujet. Le seul moyen était son dossier que j’avais laissé dans mon bureau. D’un pas rapide, j’allais vers cette pièce qui m’était réservée, et m’installais dans mon fauteuil. Le dossier de Cameron en main, je passais ma journée entière à lire, et en quelque sorte, à mieux le connaître.

**

Lorsque le soir vint, c’est un long bâillement qui m’avertit que je tombais de sommeil. Mon regard se posa sur l’horloge. Il était tard, et encore une fois, j’avais passé toute ma journée à étudier un cas. Frottant mes yeux fatigués, je me levais et enfilais ma veste, attrapant au passage ma sacoche. Un énième bâillement, je sortais de mon bureau, pour retrouver ma vie de célibataire que je détestais tant. Je pris l’ascenseur, mais au moment de choisir mon étage, j’hésitais. Je mourrais d’envie d’aller voir Ilian, espérant au plus profond de moi qu’il avait lu la lettre que je lui avais écrite. Mais que se passerait-il ? Verrions nous les choses s’arranger entre nous ? J’avais écrit cette lettre sans penser à l’avenir, à ce qui se passerait après. Mais je n’en avais aucune idée. J’aurais pu appuyer sur l’étage des chambres, mais je ne le fis pas, préférant repousser le moment fatidique où le destin nous ferait nous rencontrer de nouveau.

Je pris la direction de ma voiture, passant par le parc éclairés par des petites lampes lumineuses disposées dans le sol. Ce paysage paisible me calmait, et éloignait tous mes doutes. Mais le froid, me fit rentrer rapidement. Encore une soirée que je passerais seul…

**

Le lendemain, je passais la journée à m’informer un peu plus sur le problème de Cameron. J’attendais avec angoisse le moment où Ilian rentrerait dans ce bureau. Voulant penser à autre chose, je passais de pages en pages lisant et notant quelque exemples de cas.

L’heure tourna assez vite, et avec un pincement au cœur, je réalisais qu’Ilian était en retard, et ça m’étonnerait qu’il vienne. Pourtant je décrochais le combiné et appela l’infirmerie pour savoir où se trouvait Ilian. Elles m’informèrent alors qu’il était encore dans sa chambre et qu’elles allaient le chercher. L’angoisse et le stress montèrent aussitôt à l’idée que dans quelques minutes, Ilian se tiendrait devant moi. Passant une main sur mon visage, je respirais calmement, essayant de contrôler ce pique de stress.

La porte s’ouvrit quelques minutes plus tard, libérant Ilian un regard noir et un visage fermé. Je su pas pourquoi, mais mon cœur se serra immédiatement. S’il avait lu ma lettre, cela lui avait fait ni chaud ni froid. Il voulait passer à autre chose sans moi, mais je n’étais pas prêt à le laisser partir. Pas maintenant que je savais toute la vérité.

– Tu vas bien ? Demandais-je tellement vite que cela me surpris moi-même.

Il ne me répondit pas, l’Ilian d’il y a un mois semblait avoir refait surface. Un soupire s’échappa de mes lèvres. Je cherchais par quel moyen je pourrais l’approcher sans attirer ses foudres, et la seul façon qui me vint à l’esprit fut de lui dire la vérité.

– Je sais que je t’ai fait souffrir… Des centaines de fois surement, mais aujourd’hui j’aimerais t’aider. Je sais qu’on ne peut pas tout rependre à zéro. Tu ne peux pas oublier ce qu’il t’a fait, et je crois que moi non plus.

Ces mots étaient durs à prononcer, mais j’imaginais la souffrance qu’Ilian éprouvait à les entendre.

– Mais je peux t’aider à aller de l’avant. Il faut juste que tu me parles… Que tu te confie à moi…

Je posais alors mon regard sur lui, essayant de capter ses océans, mais je ne rencontrais qu’un mur.

– Tu sais, tentais-je à nouveau, le directeur trouve que tu vas un peu mieux, et j’aimerais pouvoir l’affirmer… Je… Je n’arrive plus à lire en toi comme avant, je ne sais pas si tu vas bien ou mal, je ne sais pas ce que tu veux… J’aimerais que tu me le dises… Et je sais qu’il te faudra du temps…

Il ne dit rien, se contentant de garder la tête basse. Mais je savais qu’il m’écoutait.

– Ilan, repris-je, Je…

Je baissais alors la tête trop prit par les émotions. La gorge nouée, il me fallut un moment avant de pouvoir relever la tête et parler normalement. Mais alors que je me relevais, je pu voir la tête d’Ilian tourner dans une autre direction. Un sourire en coin étira mes lèvres. Il pouvait très bien faire le sourd, ce que je disais le touchait malgré lui.

– Tu sais, le directeur m’a confié un nouveau patient, car il trouvait que j’étais trop proche de toi. Je pense qu’il a raison, mais je m’en fiche, car s’il faut que je sois à nouveau proche de toi pour que tu ailles mieux, alors je le serais.

C’était une promesse. Quoi qu’il fasse, quoi qu’il me dise, je ne baisserais pas les bras. Je l’avais fait quatre ans plus tôt et il était hors de question de commettre la même erreur deux fois. C’est alors qu’il releva la tête pour ancrer sans regard sans vie dans le mien. Un regard aussi froid que de la glace. Un regard inexpressif. Ilian avait perdu l’espoir et mon cœur se brisa. J’ignorais combien de temps nous restâmes ainsi, nos regards entrelacés, mais il y coupa court après un temps. Il se leva sans un mot et sortit en trombe de mon bureau.

Cet entretien m’avait bouleversé, beaucoup plus que je ne l’avais imaginé. J’aurais aimé qu’il me parle, qu’il me traite de tous les noms s’il le voulait. Qu’il me dise que ma lettre était un mensonge…N’importe quoi. Mais il avait choisit l’indifférence, ce qui était la pire arme qu’il puisse utiliser. Je préférais qu’il me haïsse plutôt qu’il reste sans réaction car au moins il pensait encore à moi. Dans un soupire, je posais ma tête entre mes mains, mais je n’eus pas le temps de me reposer que j’entendis quelques coups discrets frappés à ma porte.

Surpris, je relevais la tête, fronçant légèrement les sourcils.

– Entrez. Dis-je, me redressant.

J’eus alors la surprise de voir entrer Cameron dans mon bureau. Replié sur lui même, les mains dans les manches. Son regard fuyant se posa alors sur moi, et sans un bruit il referma la porte, puis s’installa sur le fauteuil.

– Tu vas bien Cameron ? Demandais-je, les sourcils froncés.

Je ne me rappelais pas que nous avions rendez-vous aujourd’hui. Mais lorsqu’il posa la photo d’une jeune femme sur la table, mon sang se glaça. Delicatement, je la pris en main et examina l’image. La jeune femme avait de longs cheveux roux, parfaitement assortis à ses yeux émeraudes. Des tâches de rousseurs sur son nez et ses joues, elle avait un air enfantin qui faisait tout son charme. Je savais très bien qui était cette personne, mais si Cameron me montrait la photo, c’était qu’il souhaitait en parler.

– Qui est cette femme Cameron ? Demandais-je, reposant la photo sur la table

– Zoé.

Sa voix était faible, comme un murmure. La tête baissée, il reprit la photo entre ses doigts, caressant le visage angélique de la jeune femme.

– Elle est très belle, c’est ta petite amie ?

Il remua la tête, m’indiquant que j’avais raison.

– Depuis combien de temps êtes vous ensemble ? Dis-je, calme.

Je prenais garde à parler au présent, voulant l’amener lui même à la conclusion que Zoé était décédé.

– 2 ans. Mais elle est partie.

– Partie où ?

– Je sais pas, avec un autre homme sûrement.

Je reconnu immédiatement un signe du trouble borderline, voyant là le symptôme de dévalorisation et de manque de confiance en soi. Il refusait d’admettre qu’elle était décédée, et qu’il l’avait tué.

– Tu es sûr Cameron ? Demandais-je

Il haussa alors les épaules et rangea la photo dans sa poche. Puis, contre toute attente, il se leva et sortit de mon bureau. Surpris, je le regardais fermer la porte. Un rire nerveux franchit le barrage de mes lèvres. Cette attitude était tout à fait normal, mais j’étais pour l’instant peu habitué.

Je passais le reste de mon après midi à appeler les différents instituts que Cameron avait visité, souhaitant en apprendre un peu plus. Je pris un sandwich tout simple à l’heure du diner, et retournais travailler une heure de plus avant que la fatigue ne me gagne une nouvelle fois.

Lorsque, comme l’autre soir, j’arrivais devant l’ascenseur, j’hésitais une nouvelle fois. L’étage des chambres, ou l’accueil. Par une force inconnue, mon doigt se posa sur l’étage des chambres. Je ne souhaitais pas lui parler, mais juste l’entrapercevoir, sans qu’il ne le sache. Doucement, sans bruit, j’entrouvris la porte de sa chambre, et le spectacle qui s’offrit m’horrifia. Ilian était en boule dans son lit, la main sur sa plaie, les larmes dévalant sur ses joues. Il était mal, et immédiatement, j’entrais :

– Ilian ? Qu’est-ce que tu…

Il redressa alors vivement la tête. Son regard exprimait tellement de désespoir que j’en fus déstabilisé. Mais alors que j’allais poser ma main sur son épaule pour lui apporter un peu de réconfort, il me sauta dans les bras, comme un acte de survie. Il pleurait bruyamment, évacuant sûrement un stress. Me ressaisissant, je passais mes deux bras autour de sa taille et m’assit sur le lit. Une main sur son dos, je le frottais doucement, écoutant ses pleurs qui peu à peu se calmaient. Le cœur serré, je lui apportais sûrement ce qu’il recherchait depuis longtemps : la douceur d’une étreinte.

Lorsqu’il commença à se calmer et que ses pleurs cessèrent, ma main vint se loger dans sa chevelure ébène, et d’un geste doux, mes lèvres se posèrent sur son front. C’est alors que j’entendis Ilian murmurer un « pardon » si mélancolique qu’il me fendit le cœur.

– Pardon pourquoi ? Demandais-je, cessant un instant mes caresses.

Il s’écarta alors de moi, plongeant ses yeux magnifiquement bleus dans les miens. D’une voix faible mais sûre de lui, il déclara :

– De ne pas t’avoir écouté… Pardon de ne pas avoir ouvert les yeux, d’avoir abandonné, de ne pas m’être battu et surtout de ne pas avoir été à la hauteur de l’amour que je disais avoir pour toi.

Ces mots me transpercèrent littéralement le cœur. Vivement, je le repris dans mes bras, lançant un « Oh Ilian ». Les larmes me montèrent bien vite aux yeux. Pourquoi me disait-il cela ?.

– Rien n’est de ta faute… M’exclamais-je. Si les rôles avaient été inversés, je crois que j’aurais fait la même chose… Je crois qu’on est tous les deux tombés dans le piège d’Ewen…

Je le sentis frissonner et mon étreinte se resserra un peu plus.

– Ne me pose plus de question Jaeden… Je ne veux plus parler de ce qui s’est passé il y a quatre ans… Je…

Sa voix mourut dans un sanglot, et immédiatement je lui répondis.

– Je te laisserais le temps qu’il faudra Ilian… Je ne te forcerais jamais… Mais j’aimerais qu’un jour, tu te confies vraiment à moi. Lorsque tu te sentiras prêt, je serais là… Je ne te laisserais plus tomber Ilian… Je suis là…

Je le laissais un temps se reposer, se calmer, et assimiler mes paroles. Dans cette étreinte, je me sentais vibrer. Son corps, son parfum, lui. Tout me manquait. Je me séparais alors d’Ilian alors que je le sentais s’assoupir.

– Tu devrais dormir Ilian… Tu en as vraiment besoin…

Je me relevais alors, voulant quitter sa chambre. Ilian avait besoin de repos et ma présence n’était pas nécessaire. Mais alors que je voulais partir, je sentis la main d’ilian se poser sur mon bras.

– Restes…Me supplia-t-il, vivement.

Son regard était si triste et peureux, que je ne pu que céder.

– D’accord, je reste ici, répondis-je, en revenant vers lui

Ravi, et ne voulant pas vraiment me laisser le choix, il se décala contre le mur et m’invita du regard à m’installer près de lui. C’était une chose de passer la nuit à le veiller, et s’en était une autre de dormir avec lui. Mon statut me l’interdisait, et Ilian le savait autant que moi. Pourtant, il posa sur moi un regard qui me fit vibrer, ce même regard qui me faisait tout lui céder il y a quatre ans. Je pu comprendre avec horreur qu’il possédait encore trop de pourvoir sur moi.

– S’il te plait Jaeden… Supplia-t-il, comme pour achever mon hésitation.

Je finis par accepter, ne pouvant lui résister. Je m’allongeais alors sur les couvertures, et lui en dessous, pensant que cette barrière de tissus pourrait nous empêcher de traverser une limite imaginaire. Mais c’était déjà fait, sans même nous en rendre compte. Ilian se colla immédiatement contre moi, comme dans le temps. Je ne pouvais lui refuser cette étreinte qui lui avait fait défaut depuis quatre ans. Je devais même dire que sentir le corps chaud d’Ilian contre moi me faisait du bien, m’apaisait. Fermant les yeux, mon esprit divagua, et l’image du jardin où nous avions échangé notre premier baiser vint y prendre place. Sans même m’en rendre compte, je posais une question à laquelle je mourrais d’envie de savoir la réponse.

– Dis Ilian, si tu étais libre, tu souhaiterais être où à cet instant ?

Il ne me répondit pas tout de suite. Ilian devait penser que cette question n’avait pas de réponses car jamais il ne pourrait sortir d’ici. À cette pensée mon cœur se serra, notre histoire était vouée à l’échec dès le départ. Mais alors que je partais dans de sombres pensées, la voix d’Ilian me réveilla.

– Dans le jardin de Joeffrey…

Surpris, ma tête se tourna vers lui, et un immense sourire étira mes lèvres. Il possédait la même envie que moi, et à cette pensée, mon cœur se mit à battre tellement vite que j’eus peur qu’il l’entende. Ravi, mes lèvres vinrent se poser sur son front dans un doux baiser, et alors que j’articulais tendrement son nom et passais mon bras autour de lui, je me sentis doucement tomber dans les bras de Morphée. Sa présence m’apaisait, et c’est s’en scrupule que je m’endormis là, lové contre le corps chaud d’un homme qui prenait de plus en plus de place dans ma vie…

Je me réveillais dans la nuit, trouvant avec amusement Ilian en quelque sorte avachit sur moi. Sa tête dans mon cou, sa main sur mon torse, une jambe m’entourant, j’avais l’impression qu’on revenait quatre ans plus tôt, où tout était bien plus facile. Je posais mes yeux sur le visage d’Ilian, magnifique, baigné dans le rayon de la lune. Un sourire aux lèvres, je me rallongeais, sentant son buste monter et descendre au rythme d’une respiration calme et sereine.

Je me réveillais quelque heures plus tard, le jour commençant à peine à se lever. Avec difficulté, j’enlevais la main, la tête et la jambe d’Ilian, le remettant sans le moindre bruit sous les couvertures. Dans quelque minutes, les infirmières viendraient faire leur tour de garde matinal, et elle ne devait surtout pas me voir ici. Passant une main sur la joue d’Ilian, je repris ma veste et sortit sans un mot, veillant à bien effacer toute trace de mon passage.

J’allais rapidement dans mon bureau, ouvrant mon armoire pour y sortir des vêtements propre que j’avais laisser là pour toute urgence. Vivement, je sortis tel un voleur afin de me rendre dans la salle de bain des employés. Je devais prendre garde à ne laisser aucune trace. Si le directeur savait que je passais mes nuits avec Ilian, je ne donnais pas cher de ma peau.

Un douche rapide, et je rentrais dans mon bureau, prenant soin de cacher mes affaires de la veille. Puis, soufflant bruyamment comme tous les matins pour me motiver, je décidais d’aller chercher Cameron pour un petit-déjeuner. Je me demandais si c’était notre premier déjeuner ensemble l’avait poussé à venir me montrer cette photo. Sortant, je me dirigeais une nouvelle fois à l’étage des chambres. Mon regard se posa sur celle D’Ilian, fermée, il devait probablement s’habiller. Un sourire ne pu s’empêcher de ravir mes lèvres alors que je repensais à cette nuit. Rien n’était oublié, mais nous nous donnions plus ou moins un nouveau point de départ. Je ne savais comment qualifier notre relation, dire que nous étions un couple était totalement absurde dans le contexte dans lequel nous étions. J’étais plus où moins perdu, mais cela ne me dérangeais pas, si ça pouvait l’aider.

Je toquais à la porte de la chambre de Cameron et entrais. Ce dernier était installé sur son lit, caressant du pouce la photo de la défunte Zoé. Son état mentale était fragile, et cela ne m’étonnait pas s’il s’attachait immédiatement à la personne qui s’occupait de lui. Manquant de confiance, il prenait plus ou moins la personnalité de celui qui devenait en quelque sortes son mentor. Avoir été en couple avec Zoé avait surement dû lui faire refouler ce trouble, mais il avait très vite resurgit, provoquant la mort de cette dernière.

– Cameron ? Je voulais savoir si déjeuner avec moi te plairais ? Demandais-je, dans un sourire.

Il me regarda surpris avant de baisser la tête et de se lever. Sans un mot, il me suivit jusqu’au réfectoire. A peine fus-je entrée, que je sentis le regard du Directeur posé sur moi. Un regard trop professionnel pour moi, surement désapprouvait-il le fait que je déjeune avec mon patient.

Sans m’en soucier, je pris un plateau et en tendit un à Cameron, puis nous prîmes un bon petit déjeuner, avant de s’assoir à une table libre. Mon regard fit un balayage de salle avant de se poser sur Ilian qui s’installait près de Melvin. Immédiatement, une colère sourde tordit mon estomac. Je n’avais rien contre Ilian, mais ce petit blondinet m’exaspérait. Avec difficulté, je décidais de poser toute ma concentration sur Cameron. Nous discutâmes rapidement, moi me chargeant de poser les questions, et lui de répondre d’un oui ou d’un non.

Lorsque nous eûmes finis, nous nous dirigeâmes alors vers la chambre de Cameron. Ce dernier entra rapidement, se mettant immédiatement sur son lit, la photo entre ses mains. Lentement, je prenais sa chaise, et m’assaillait. Mon regard se posa sur la pochette où était rangée toute la documentation au sujet de l’hôpital.

– Tu as déjà pensé à t’inscrire à une activité ? Demandais-je, sortant la brochure sur les diverses activités.

Il me fit non de la tête et je posais la brochure sur le lit.

– Il y a diverses activités, toutes plus intéressantes les unes que les autres.

Il prit alors la brochure entre ses mains et regarda un à un les noms des différentes activités.

– Tu faisais un sport ou partit d’un club avant ? Demandais-je essayant de capter son regard.

– Échec. Répondit-il en haussant les épaules.

– Je crois qu’il y a un club d’échec, tu pourrais t’y inscrire.

– Vous viendrez me voir ?

Mes sourcils se froncèrent à l’entente de cette question. Peut-être avait-il besoin que quelqu’un soit derrière lui pour le pousser à avancer.

– Oui, je viendrais te voir. Dis-je, en me levant. Je dois y aller, à plus tard !

Il acquiesça, et je sortis, veillant à bien fermer la porte. Mon regard se posa alors sur la chambre d’Ilian, où la porte était entre ouverte. Voulant lui dire bonjour, j’ouvris la porte, mais la vision que je vis me glaça le sang. Ilian tenait dans ses bras Melvin. La fureur qui s’était installée plus tôt augmenta d’un cran. L’homme qui avait voulu m’évincer se tenait dans les bras d’Ilian, l’endroit même où je me tenais ce matin.

Et Ilian qui le gardait au creux de ses bras. Il ne lui en voulait pas, et cela m’énervait. Il leva alors les yeux vers, et croisa mon regard noir. Immédiatement, je refermais la porte, ne voulant pas faire une crise maintenant.

Énervé, j’allais d’un pas rapide dans mon bureau. Mais arrivé, j’eus la désagréable surprise d’y découvrir le directeur assis sur un siège.

– Je ne me souviens pas rentrer dans mon bureau lorsque tu n’es pas là ! Lançais-je sans m’en rendre compte.

– Et moi de t’avoir autorisé à manger avec un patient, un jour de congé. Répliqua-t-il, sur le même ton

– J’ai pensé que…

– Tu penses trop Jaeden, si je t’ai donné un nouveau patient, c’est pour arrêter de trop t’impliquer, pas de le faire deux fois plus !

Je me tue, ne sachant que répondre. Il avait raison, même si je ne souhaitais pas l’avouer. Il se leva, et prit un dossier, regardant mon planning.

– Tu es de nuit, alors tu ferais mieux d’aller te reposer avant de prendre ta garde.

Soupirant, j’acquiesçais, prenant ma veste et ma sacoche. J’allais partir sans un mot, mais je sentis son bras me retenir.

– Je fais ça pour ton bien, pour ta carrière. Dit-il sérieux.

– Je sais Paul, à plus tard. Répondis-je dans un sourire en coin.

Je passais la porte et descendit immédiatement a l’accueil. J’avertis la réceptionniste que je prendrais ma garde a 17 heures, et de me joindre sur mon portable en cas de problème. Je sortis alors de l’hôpital, rentrant assez rapidement chez moi.

**

Je passais ma journée chez moi, lisant le livre que j’avais acheté dans la librairie. Mais ma lecture fut lente, trop perturbée par le fait d’avoir vu Melvin dans les bras d’Ilian. Je ne devais porter aucun jugement sur les patients, pourtant, je me sentais jaloux de Melvin. Ilian et Melvin pouvait se voir à n’importe quel moment. Ils étaient plus où moins libres ensemble. Moi je n’étais que le médecin qui profitait de son patient. Je devais cesser tout contact avec lui, je le savais. Mais je n’y arrivais pas. J’avais tellement été en manque de sa présence pendant quatre années que maintenant, il m’était inconcevable de ne plus le voir, de le rayer de ma vie.

Pendant toutes ses années, même si j’avais été avec Hugo, il me restait un infime espoir qu’Ilian ressurgisse dans ma vie. J’aimais Hugo, mais notre amour n’étais pas aussi fort. Je rattrapais mes erreurs avec Hugo, lui insufflant tous les mots d’amour que je n’avais jamais donnés à Ilian. Mais maintenant que je reprenais notre histoire du début, je trouvais ça trop facile. Sûrement par peur qu’il ne me quitte lui aussi, j’avais trop donné, et encore une fois je m’étais cassé le cœur. La juste mesure, je ne la connaissais pas. Et me voilà revenu quatre ans plus tôt, comme avant. Je ne disais pas à Ilian ce que je ressentais, et je n’avais pas l’intention de le faire. Je n’étais pas prêt et le contexte n’était pas fait pour m’aider. C’était peut-être pour ça qu’Ilian allait voir Melvin…

Mon cœur se serra à l’idée que peut-être nous mettrions le mot fin à ce début d’idylle. Je ne voulais pas partir sans me battre, mais pourtant c’était la meilleure solution. J’étais totalement perdu. Devais-je le retrouver ce soir ? Je voulais qu’il aille mieux… A n’importe quel prix… Cela impliquait-il que je devais biser mon cœur une nouvelle fois ? La réponse était simple. Oui. Ce sentiment qui me tordait les tripes m’obligeait à faire passer son bonheur avant le mien. S’il choisissait Melvin, j’aurais mal, mais il serait heureux, et cela me conviendrait. Malgré tout, ça me laissait un goût amère.

Dans un soupire, je vis qu’il était tant que je parte, et j’allais me préparer, physiquement et moralement.

**

J’arrivais à l’hôpital et trouvais peu de personnel. J’allais directement dans mon bureau et pris le dossier de Cameron pour ranger les quelques faxes que m’avait envoyé les institutions qu’il avait fréquenté. L’heure tourna bien trop vite, si bien qu’il n’était pas loin de 21h30 lorsque je refermais le dossier. Soupirant un bon coup, je pris le DVD que j’avais pris au hasard chez moi ainsi que mon ordinateur portable et partais en direction de la chambre d’Ilian.

Même si je devais rester calme, ce sentiment de déception ne me quittait pas, me rendant malgré moi distant. Je frappais légèrement sur sa porte et rentrais. Je n’osais pas croiser le regard d’Ilian, pensant qu’il me lancerais un regard moqueur, au vu de la mini crise que je lui avais fait plus tôt. Sans un mot, j’allais poser l’ordinateur et mettre le film en route. Puis je vins m’assoir au pied de son lit, essayant de mettre toute mon attention dans le film.

Je sentis Ilian se lever et venir s’assoir près de moi, et mon cœur se serra alors qu’il restait éloigné de moi. Surement se disait-il qu’il devait garder ses distances. Déçu et vexé, je me remis dans le film. Une fois regardé, je me levais et alla reprendre mon ordinateur. Alors que j’allais partir, je l’entendis m’appeler faiblement, mais je n’avais pas la force de l’entendre me dire tout était fini.

– Bonne soirée Ilian, Dis-je, péniblement

Mais il s’avança près de moi vivement et s’agrippa à ma main, me retenant.

– Non, restes ! S’écria-t-il.

Je me sentis alors agacé, qu’est-ce que j’étais pour lui ? Un moyen de passer le temps ?

– Tu n’as qu’à appelé Melvin si tu te sens seul ! Déclarais-je méchamment.

Pensant qu’il allait me lâcher, la surprise me prit alors qu’il me tirait le bras et posais agressivement ses lèvres sur les miennes. Ce baiser effaça instantanément toute jalousie et toute colère. Immédiatement, je le rapprochais un peu plus de moi et l’embrassais passionnément, glissant ma langues entre ses deux lèvres. Enivré par son initiative, mes mains ne cessaient de caresser son dos. Une envie fulgurante de l’homme que je tenais entre mes bras me prit, et avec force, je le plaquais contre le mur, ne cessant d’entremêler nos lèvres. Mes mains se glissèrent sur ses fesses tellement sensuellement que je le sentis frissonner sous mon contact. Amusé, j’allais passer ma main sous ce bout de tissus qui venait tout gâcher, mais à peine avais-je touché l’élastique, qu’Ilian se crispa. Des larmes coulèrent le long de ses joues, venant se mêler à notre baiser, et immédiatement je me redressais, me traitant mentalement de tous les noms.

– Je suis désolé Ilian, je me suis laissé emporter et…Tentais-je, voulant m’excuser.

– C’est moi qui suis désolé Jaeden, souffla-t-il, me coupant la parole.

Il vint se loger dans mes bras, et je l’accueillis avec joie. Comment avais-je pu aller aussi loin, tout me montrait qu’Ilian était encore traumatisé par ce que lui avait fait vivre Ewen. Quel idiot j’étais. Une rage immense coula dans mes veines, une rage qui n’avait plus lieu d’être, car celui que je haïssais était mort.

– Ne dis pas n’importe quoi… Après ce que tu as vécu… Je… J’ai…

Je m’en voulais horriblement, mais qu’est-ce qui m’avais prit ? Je ne pu finir ma phrase, le cœur trop chargé d’émotions. Nous restâmes là, l’un contre l’autre un long moment, savourant cette étreinte réconfortante. Je ne savais que faire à part lui apporter mon soutien, devenir une sorte d’épaule sur laquelle il pourrait pleurer lorsqu’il me parlerait. Ses bras se resserrèrent fortement, et je su qu’il cherchait par tout les moyen à me réconforter. Quelques minutes passèrent où je commençais doucement à somnoler, mais la voix d’ilian me réveilla :

– Moi aussi je suis jaloux…Murmura-t-il, le rouge aux joues

– De quoi ? Demandais-je intrigué.

Sa tête vint se loger dans mon cou, comme pour masquer sa gêne

– Tu n’as jamais pris un repas avec moi ici..

– Oh…

Un large sourire vint se pendre à mes lèvres et immédiatement je l’éloignais de moi, posant mes lèvres sur les siennes. Un chaste baiser doux et réconfortant, comme nous en avions besoin.

– Demain, je mangerais avec toi. Dis-je, le reprenant dans mes bras.

Mon regard croisa le sien, pour ne plus m’en détacher. Ilian était vraiment magnifique. Ses yeux m’avait tout de suite frappé lorsque je l’avais vus la première fois, des yeux transperçant, qui pouvait voler ton cœur en un battement de cil…

– Tu…Tu peux rester cette nuit ? Demanda-t-il hésitant.

– Ilian, répliquais- je gêné. Ce n’est pas une bonne idée… Une fois de temps en temps, mais c’est vraiment trop risqué. Il ne faut pas que cela devienne une habitude.

Je mourrais d’envie de dormir une fois de plus à ses côtés, mais cela était trop risqué, surtout que j’étais de garde…

– Si j’avais une cigarette, je m’en saurais servis pour t’obliger à rester ! S’exclama-t-il une petite moue sur les lèvre

– Ilian… Soufflais-je amusé.

– S’il te plait Jaeden… Je ne te le demanderais pas si je n’en avais pas besoin… Ajouta-t-il, hésitant et honteux.

Il ne me laissa alors pas le choix, ses yeux exprimant une profonde tristesse. Il s’écarta immédiatement de moi et se cala au fond de son lit contre le mur, tirant la couverture pour m’obliger à aller près de lui. Il était timide, pourtant il jouait avec moi d’une façon farouche. Ce bout de tissus était notre limite, et il s’amusait à la franchir…

– Ilian…Soufflais-je, tu exagères.

Pour toute réponse, il m’offrit un sourire faussement innocent. Je n’eus pas le cœur à refuser, et je m’allongeais. Il ne perdit pas une minute pour nous recouvrir de la couverture et vint se caler contre moi, un bras sur mon torse, sa tête dans mon cou…Comme avant.

La limite du passé et du présent se troublait peu à peu, j’en étais conscient. J’étais trop investit, et le moindre choc pourrait me refaire sombrer a nouveau. Mais je ne pouvais lutter. La main caressant tendrement son dos, je me perdais en Ilian. Il n’y avait plus que lui, plus que son bonheur…

**

Je me réveillais le lendemain matin, le téléphone n’avait pas sonné de la nuit. Doucement, je me levais, prenant soin de ne pas réveiller Ilian. Le soleil se tenait déjà haut dans le ciel et sans un bruit je sortis de la chambre. Déjà, j’entendais certain pensionnaire se lever et attendre le petit déjeuner. Mais je n’avais pas le temps de descendre au réfectoire. Vivement, j’allais prendre une douche et me changeais, avant d’aller au réfectoire prendre un petit déjeuner. Entrant, je pu vois le regard d’Ilian et celui du directeur poser sur moi. Puis mon regard s’attarda sur Cameron assis tout seul dans un coin. Avec un pincement au cœur, je devrais le laisser seul. Je voulais déjeuner avec Ilian, lui offrir ce qu’il voulait autant que je le pouvais. Je m’assis ne prenant pas en compte le regard assassin du directeur. Je ne cherchais pas à discuter, sachant qu’Ilian ne le ferait pas en présence d’un trop grand nombre de personnes autour de nous, alors en silence, nous passâmes un moment tranquille, ne profitant que de la présence de l’autre.

Lorsque nous eûmes terminé, nous nous séparâmes, non sans un sourire en coin complice. J’allais alors dans mon bureau, recherchant un peu de solitude. Installé dans mon fauteuil, mon regard s’attarda sur le lac baigné par le soleil matinale. Quelques infirmières arrivaient, le visage encore fatigué. Doucement, je repris la paperasse que la secrétaire m’avait laissé et la remplit. Dans quelque minutes, Ilian arriverait pour un de nos rendez-vous. C’était un instant que j’espérais et appréhendais en même temps. Comment nous comporterions nous dans cette situation purement professionnel ?

Je souhaitais en savoir plus sur la nature de ses écrits. Avoir l’autorisation de les lire et découvrir l’univers fictif d’Ilian. J’étais persuadé que la clé se trouvait la. Mais jamais je ne les lirais contre sa volonté, peu importe le temps que ça prendrait.

Je décidais alors d’aller chercher un café avant qu’Ilian ne débarque, mais à peine me fus-je levé, que j’entendis quelque coups frappés sur ma porte. Surpris, je m’avançais et ouvrais, tombant nez à nez avec le directeur.

– Tu allais quelque part ? Me demanda-t-il, étonné.

– Oui, prendre un café. Répondis-je en haussant les épaules, Tu m’y accompagnes ?

Il hocha la tête et ensemble nous allâmes dans le bureau des infirmières. Nous discutâmes de tout et de rien avant qu’il ne passe à un thème plus instable pour moi. Je savais qu’il mourrait d’envie de me réprimer, mais je ne parlais de rien, nous servant du café. Puis nous reprîmes le chemin de mon bureau.

– Tu as bien dormis dans la salle de garde ? Fit-il, buvant une gorgé du liquide chaud.

– Oui…Dis-je, mal à l’aise, il n’ y a eu aucun problème.

Il me sourit et entra dans mon bureau.

– La prochaine fois vient manger avec nous. Dit-il, sérieusement.

– Je préfère manger avec mes patients, ça permet d’installer une certaine proximité entre nous. Quoi que tu en dises, j’arrive à les mettre en confiance.

– Quand tu dis mes, tu ne penses tout de même manger tout le temps avec Ilian ! S’exclama-t-il surpris.

– Pourquoi pas ?

– Il est instable… Il pourrait ne pas comprendre que c’est juste professionnel…

– D’une certaine manière, Cameron l’est beaucoup plus avec son trouble.

Il ne répondit rien. Pour une fois, il savait que j’avais raison sur ce point, même si sur l’ensemble, j’étais en tord. Je m’appuyais contre ma porte, regardant le restant de mon café remuer dans ma tasse. J’entendis alors la voix de Paul me parvenir aux oreilles :

– Ce que je veux dire Jaeden, c’est qu’après tout ce qu’il s’est passé, il faut tu prennes tes distances. Devenir aussi proche de son patient est une mauvaise chose, et surtout de Ilian ! Dit-il, sérieux.

– Mais, je…Tentais-je, vainement.

– Vos rendez-vous suffisent amplement. Tu n’as pas besoin d’aller manger avec lui. Trancha-t-il.

– Je ne savais pas qu’il était interdit de manger avec ses patients ! Rétorquais-je agacé.

Son regard se posa alors sur moi. Un regard dur et froid, me faisant bien comprendre que j’allais trop loin.

– Ne joue pas avec moi Jaeden. Tu sais bien que je suis de ton côté, je suis juste en train de protéger ta carrière. J’ai ce mauvais pressentiment que tu es en train de glisser sur la mauvaise pente.

Je respectais le fait qu’il veuille m’aider. Il l’avait toujours fait depuis que je le connaissais, me prenant sous son aile alors que mon père ne le faisait même pas. Je voulais répondre, mais j’entendis des coups francs être frappés sur ma porte. Ilian arrivait pour son rendez-vous.

– Entrez ! Fit le directeur d’une voix agacé.

Ilian entra immédiatement le visage inexpressif. Sans un regard pour nous, il s’assit sur un fauteuil. Comprenant que nous avions rendez-vous, Le directeur me fit un regard sévère, me faisant bien comprendre que la conversation n’était pas terminée, et s’en alla. Mon regard se posa alors sur Ilian, mais ce dernier s’obstina à porter le sien hors d’atteinte. Je compris alors que lors de nos rendez-vous, je n’aurais pas la chance de voir l’ilian avec qui je passais mes soirées. Dans un soupire, j’allais m’assoir en face d’Ilian, et pris son dossier dans mon tiroir.

– Comment te sens-tu aujourd’hui Ilian ? Demandais-je, lisant la fiche de soin que m’avait envoyé l’infirmière.

– Je…

Sa voix mourra dans un silence. Ilian semblait peu habitué à ce qu’on lui pose cette question. Je sus que je n’obtiendrais aucune réponse de sa part, alors, je décidais de poursuivre.

– Bien, aujourd’hui, j’aimerais parler un peu de tes écrits. Déclarais-je fixant son expression. Depuis combien de temps écris-tu ?

Je le vis se tendre, et son regard se posa sur moi. Il essayait de me déstabiliser, car il savait que je n’aimais pas ce regard aussi vide.

– Depuis que je suis ici… Souffla-t-il brièvement.

– Pourquoi est-ce que tu écris ? Demandais-je, ayant tout de même ne petite idée.

Son regard se voilà. Ma question ne lui plaisait apparemment pas. Mais ce voile disparu aussitôt.

– A ton avis ? Lança-t-il, agressivement.

Surpris, je ne dis rien. Je réfléchis alors à une autre question à lui poser, mais aucune ne me vint à l’esprit. Seul une possibilité de réponse me vint.

– Je… Je vois ça comme une sorte d’évasion pour toi… Tu créés des histoires pour sortir un peu de ton esprit… Dis-je, peu sûr de moi.

Il ne dit rien, et ne fit rien. Je parlais à un véritable mur et cela m’ennuyait.

– Ilian…Dis-je, voulant le faire réagir. Est-ce que…Est-ce que je peux lire tes cahiers ?

Je le vis alors ouvrir grands les yeux et se repositionner droit sur sa chaise.

– Non ! Cria-t-il presque.

– Voyons Ilian, commençais-je, trop vite. Ce n’est pas grand-chose, tu pourrais…

– Non Jaeden ! Tu m’as promis de ne pas me poser de questions sur ce qui s’était passé et ces cahiers en font partit !

– Je ne t’ai jamais promis que je ne chercherais pas à t’aider !

Je savais que donner ses cahiers étaient pour Ilian une grande étape. Mais s’il s’ouvrait encore un peu plus à moi, cela ne pourrait que lui être que bénéfique. J’avais ma part de responsabilité malgré tout dans toute cette histoire, et cela pourrait peut-être lui permettre de ne plus porter sa croix seul.

Déçu qu’il ne veuille pas, je me tournais vers la fenêtre. Tout à mes pensées, je regardais le lac que j’aimais tant et le paysage magnifique qu’il y avait autour. Si seulement Ilian pouvait se libérer de ce fardeau qui le rongeait. C’était dur, j’en étais conscient. Peut-être étais-ce le désir de le voir libre qui m’aveuglait. Un désir surement irréalisable.

– Tu sais Ilian, quand j’ai écrit la lettre, je me suis sentis soulagé d’un poids énorme. Tu n’a pas idée du bien que cela m’a fait. Dis-je, me retournant pour croiser son regard. Quand j’ai su que tu l’avais lu, je ne me suis jamais senti aussi heureux.

Je fit une pause, le temps de trouver mes mots, et de laisser le temps à Ilian de comprendre tout ce que je souhaitais lui dire.

– Même si c’est dur Ilian, il faut que tu trouve une chose à laquelle t’accrocher. Tu dois passer au dessus pour pouvoir avancer et acquérir ce quelque chose…

Une drôle de lueur brilla alors dans ses yeux, le rendant plus beau que jamais. Ses yeux dans les miens, je sentis mon ventre se tordre. Ce que je lui avait dit le marquais ? Mais bien vite, tout fut gâché par un voile de tristesse, qui assombrit ses prunelles. Il baissa les yeux, et d’une voix triste il dit :

– Je ne suis pas prêt à oublier…

Il semblait si désemparé que je ne pouvais m’empêcher de me traiter d’idiot…Si j’avais su…si j’avais vraiment tout fait pour le retrouver…Tout aurait été plus simple…

– J’attendrais le temps qu’il faudra Ilian. Dis-je sérieusement.

Et je le pensais vraiment. Tel était mon but. Pour Ilian. Alors que j’allais enchainer sur un autre sujet, le téléphone se mit à sonner et je sursautais. Ne voulant pas être dérangé, je voulais refuser l’appel, mais peu habitué, j’appuyais malencontreusement sur le haut parleur.

– Docteur Sadler, Hugo souhaiterait vous parler. Fit la standardiste.

Mes yeux s’ouvrirent grands à l’entente du prénom de mon ancien amant. Que faisait-il là ? Je vis alors Ilian reprendre sa carapace d’homme froid, et immédiatement je raccrochais et m’exclamais :

– Ce n’est pas ce que tu crois ! Ce n’étais pas prévu, je te jure je ne sais pas pourquoi il est là !

Mais c’était peine perdu, Ilian, le regard noir, se leva sans un mot et sortit de mon bureau. Je l’avais déçu, encore une fois. Et ce n’était même pas de ma faute…

Peu de temps après, j’appelais l’infirmière et demandais à ce qu’Hugo monte. Soupirant, je passais ma main sur mon visage. Je ne savais pas comment me tenir face à Hugo. Je ne lui en voulais plus, enfin…Je ne voulais plus y repenser. Je ressentais toujours au fond de mon cœur ce petit sentiment qui nous liait moi et Hugo. Mais tout avait changé en peu de temps. Et ce changement portait un nom : Ilian.

J’entendis quelques coups frappés à ma porte, et la voix mal assurée, je disais à Hugo d’entrer. Ce dernier le fit, et c’est le regard timide et le rouge aux joues qu’il entrait. Je me rappelais alors de la première fois que je l’avais rencontrer, lors d’une des soirées de mon frère. Trop pris dans mes études, Kain m’avait ordonné de passer, et c’est sans envie que je l’avais rejoins. A peine fus-je entrée que je le vis, accoudé près du bar, le regard perdu dans le vide. Je n’avais pu décrocher mon regard de lui, essayant de capter le regard de ses magnifiques yeux verts. Et lorsque je mettais approcher de lui, le rouge de ses joues avaient achevé de me séduire… Immédiatement, je remuais la tête de gauche à droite pour retrouver mes esprits, ce n’était pas vraiment le moment que je revive ces moments.

– Tu vas bien ? Demanda-t-il, s’assaillant en face de moi.

– Oui et toi ? Dis-je aimablement ?

Il acquiesça, et regarda ses mains, ne sachant quoi dire. Pourquoi venait-il me voir s’il ne savait que dire ? Je me rendis alors compte qu’être ici le déstabilisait sûrement. J’étais plus un psychiatre dans cet environnement que son ancien amant. Me levant, je déclarais.

– Que dirais-tu de prendre un café et d’aller dans le jardin ? Fis-je, mettant ma veste.

Il me fit alors un grand sourire et se leva, ouvrant la porte pour me laisser passer. Mes sourcils se froncèrent, cherchait-il à se faire galant ? Nous prîmes un café et allèrent s’installer sur un banc près du lac. Il faisait un peu frais, si bien que ce café nous réchauffais. Un silence s’était installé depuis peu, et je souhaitais lui laisser le temps de chercher ses mots. Je l’entendis alors soupirer fortement et relever la tête, me regardant.

– Je.. Enfin… Je voulais savoir si tu voulais aller diner avec moi ce soir… Dit-il, hésitant.

– Un diner ?!? dis-je, étonné.

– Je sais… Je… On s’est quitté, mais… Je n’arrête pas de penser à toi, alors je me suis dis…

– Hugo… Soupirais-je, mal à l’aise.

– Attend, je me disais, j’ai fais la plus belle erreur de ma vie, et crois moi, je ne recommencerais plus jamais… Je me suis dit qu’on pourrait recommencer pas à pas, des sorties…

– Hugo…Répétais-je, de plus en plus gêné.

– C’est peut-être trop tôt, mais tu me manques… Je vis chez ma sœur et ça devient un calvaire, j’ai envie de te voir, de t’appeler, de te prendre dans mes bras, j’ai envie de rentrer le soir et d’être avec toi… Comme avant, je te promets Jaeden que…

– Je suis avec quelqu’un. Le coupais-je nerveusement.

Sa déclaration me touchait beaucoup trop, et c’est pour cette raison que je l’arrêtais. Je ne savais pas encore ce que moi et Ilian étions, mais je ne voulais pas faire disparaître ce sentiment qui nous liais. Ses yeux se remplirent immédiatement de larmes et il baissa la tête, ne voulant pas me montrer sa détresse.

– Quand tu m’as dit que tu étais plus ou moins avec quelqu’un, je pensais que tu voulais juste me faire du mal… S’il te plait Jaeden, dis moi que c’est encore pour me faire du mal, tu ne peux pas m’avoir oublié comme ça ! Déclara-t-il, d’une petite voix.

– Je ne t’ai pas oublier Hugo…Soufflais-je, las

– Alors reviens moi…

– Je ne peux pas.

Il se leva alors de colère, les yeux gonflés et rouges.

– T’en a rien à faire de moi ! S’exclama-t-il, rageusement

– Ce n’est pas ça ! Mais je ne peux pas le quitter sous prétexte que tu te sens seul ! Dis-je sans réfléchir.

– Je ne me sens pas seul ! Je t’aime et je veux qu’on se remette ensemble !

– Il fallait y penser avant de me tromper Hugo !

Il ne répondit rien se contentant de regarder le sol. Puis ses mains vinrent se poser sur son visage. Après avoir soupiré, il posa son regard sur le lac.

– Tu sais… Lorsque je suis partis de l’appart, je…Je me sentais tellement mal que je suis retourné voir mon élève et j’ai recouché avec.

Malgré tout, ses mots me brisèrent le cœur. Je ne savais que penser de ma réaction. Étais-je trop bon ou encore amoureux d’Hugo ? Le regard larmoyant d’Ilian me revint alors en mémoire. Non je n’étais plus amoureux d’Hugo.

– J’ai recouché avec lui, mais je n’ai fait que penser à toi… S’il te plait… Quitte-le.

– Non… On peut rester ami…

– Je veux pas être ton ami !

Je me levais, exaspéré et énervé par son attitude. Il me sortait qu’il avait recouché avec son ex, et pensait qu’on allait se remettre ensemble après ça.

– Je n’ai que ça à te proposer. Je dois aller travailler. Dis-je lui tournant le dos.

– Jaeden attends !

– Non ! M’écriais-je énervé, je t’ai dis que j’avais besoin de réfléchir, et toi tu reviens et me dis que tu recouches avec ton élève mais que tu penses toujours à moi !

– Réfléchir ! Mais tu sors avec quelqu’un !

– Et alors ?!? Je ne veux plus me remettre avec toi ! Lui au moins ne me trompe pas !

Je me retournais alors, le laissant là. J’étais hors de moi et j’avais besoin de rester seul. Néanmoins, Hugo avait raison. Je lui avais dit que je devais réfléchir mais à peine l’avais-je quitté que la relation ambiguë qu’Ilian et moi entretenions avait commencée. Ilian et moi étions attirés comme des aimants, comme si le destin voulait relancer notre histoire réduite en cendre il y a quelques années. Si jamais rien ne s’était passé, j’étais persuadé que nous serions toujours ensemble. Nous habiterions probablement ensemble et je lui aurais depuis longtemps avoué mon amour. La vie était vraiment mal faite…

Sans un regard derrière moi, j’allais m’engouffrer dans mon bureau, où je travaillais toute la nuit.

Lorsque je relevais la tête, c’était pour apercevoir l’infirmière de service qui me tendait un téléphone. C’était ma deuxième nuit de garde.

– Nous avons pris de quoi manger, un petit repas de fast food, ça vous tente ? Me demanda-t-elle de son beau sourire.

– Je vous remercie. Dis-je en me levant.

Je la suivis jusqu’à la salle de garde et arrivais devant une table pleine de nourriture.

– Servez-vous autant que vous le voulez, docteur Sadler. Dit-elle, s’assaillant à table.

Je me souvint alors qu’Ilian devait m’attendre. Même s’il m’en voulait, j’espérais le voir assis sur son lit, espérant ma venue.

– Je… J’ai encore du travail, je peux en prendre avec moi ?

Un hochement de tête affirmatif et je pris à manger pour moi et Ilian. L’infirmière me regarda surprise en me voyant prendre deux hamburger mais je lui dis que j’avais une faim de loup. Puis après un « bonne soirée » je sortais de la salle alors que j’entendais la télé s’allumer.

J’arrivais anxieux devant la porte de sa chambre. Ilian était jaloux et je ne pouvais lui en vouloir de me faire une crise, comme j’avais fait la veille. Soupirant, j’ouvrais sa porte et me glissais dans sa chambre. Il posa son regard sur moi, pour le retourner immédiatement sur son livre, qu’il faisait semblant de lire. Un petit sourire aux bords des lèvres, j’allais à son bureau et commençais à manger, attendant qu’il fasse un pas vers moi. Je n’avais pas changé, j’avais toujours du mal à faire le premier pas. Pourtant lorsque je vis qu’au bout de quelques minutes il ne cessait toujours pas son manège, je m’exclamais :

– Tu n’as pas faim ?

C’est alors que son estomac émit un bruit, mais Ilian n’était pas disposé à partager ce repas en ma compagnie. Doucement, je me levais, allant m’assoir près de lui.

– Hugo m’a invité au restaurant ce soir…Mais j’ai refusé. Dis-je essayant de capter son attention.

Il leva alors son regard sur moi, semblant attendre quelque chose de plus.

– Parce que j’avais quelque chose de mieux à faire…Dis-je en haussant les épaules.

A peine avais-je finis de lui dire le fond de ma pensée, qu’il se jeta sur mes lèvres, les prenant d’assaut. Immédiatement, je participais à ce baiser que je désirais depuis longtemps. Mes mains passèrent sur ses hanches et doucement je le collais contre moi, le voulant au plus près de moi. Collé au mur, je sentais le baiser d’Ilian gagner en intensité. Ravi, je me laissais faire docilement, et lorsqu’il passa ses jambes autour de moi, une fulgurante envie de l’homme qui se trouvait au dessus de moi me prit. Mais je savais que je ne devais pas aller trop loin. Je devais essayer de le faire se sentir mieux avec son corps. Corps qu’il devait surement détester depuis le viol. A cette pensée, une profonde tristesse m’envahit et j’en vint à souhaiter pouvoir faire Ilian mien un jour. Effacer toute trace d’Ewen et ne lui laisser que la marque du bonheur. Mes mains passèrent sous son tee-shirt, caressant ce torse qui m’avait tant manqué, je m’allongeais sur le lit, ne lâchant pas une seule minute ses lèvres et mes caresses. Gardant Ilian sur moi, je ne voulais pas un seul instant l’obliger à changer de position, lui laissant alors le libre choix d’arrêter lorsqu’il le voudrait.

Il mit fin à notre baiser quelques minutes plus tard, caressant mon visage du bout des doigts. Mon regard s’ancra alors dans le sien, mais lui ne me regardait pas. Il réfléchissait trop, je le sentais. Mais bien vite, il reposa ses lèvres sur les miennes. Voulant attendre un peu plus longtemps, je continuais de le caresser, cherchant à le détendre. J’accueillis avec surprise et désir ses mains sur mon torse. Tremblantes, elles me faisaient repenser à la première fois où nous avions fait l’amour. L’un d’elle descendit bien vite vers mon jean, souhaitant l’enlever. Ce fut ce geste qu’il m’interpella. Ilian allait beaucoup trop vite. Ce n’était pas parce qu’il avait envie de moi qu’il voulait passer cette étape, c’était juste à cause d’Hugo…

Immédiatement, je l’arrêtais, et pu voir son regard fuyant. Lorsque je vis ses larmes couler le long de ses joues, je compris que je ne m’étais pas trompé…

– Ce n’est pas la peine Ilian… Soufflais-je, ne cachant pas ma déception.

Oui, j’étais déçu. Déçu qu’ilian puisse penser que je le quitterais pour une question de sexe. Pensait-il vraiment que j’étais capable de cela ? Pensait-il vraiment que je risquais ma carrière et ma vie juste pour l’avoir dans mon lit ?

– Il est hors de question que je me remette avec Hugo…Dis-je, sérieusement.

Il se recula, baissant la tête honteusement. J’étais déçu, mais son initiative me touchait, car cela voulait dire qu’il était capable de beaucoup de chose pour me retenir. Voulant le réconforter, ma main passa sous son menton et mon regard s’ancra dans le sien.

– Dans toute ma vie, j’ai été amoureux de deux personnes, et si je me remets avec la première, ce n’est pas pour tout gâcher…

Je l’attirais alors à moi, calant sa tête dans mon cou comme il aimait si souvent le faire. Ses larmes se calmèrent peu à peu. Puis, alors que je le sentais plus serein, je l’écartais un peu de moi et lui proposais de manger un morceau avant que tout ne refroidisse. Il accepta et sans un mot, nous mangèrent, nous regardant de temps en temps.

Une fois le repas terminé, je me levais et nettoyais tout afin que personne ne sache que j’étais venu. C’est alors qu’une question d’Ilian m’interpella.

– Jaeden…Est-ce que cette situation te fait souffrir ? Demanda-t-il, hésitant.

Je relevais alors la tête vers lui et lui fit un grand sourire.

– Bien sur que non, sinon je ne serais pas là ce soir… Répliquais-je amusé.

Une fois le ménage fait, je m’allongeais sur le lit, disant que j’avais trop mangé. Les bras écarté, je laissais le loisir à Ilian de venir se blottir contre moi, ce qu’il fit presque immédiatement.

– Qu’est ce qu’il s’est passé lorsque nous nous sommes quittés ? Demanda-t-il, brisant l’atmosphère tranquille.

Je me sentis me crisper tout à coup, et une honte énorme tordit mon estomac. Je n’étais pas prêt à lui avouer…

– C’est une partie de moi que j’aimerais ne jamais te dévoiler Ilian… dis-je essayant de rester naturel.

– Je suis désolé Jaeden, dit-il, penaud. je n’aurais pas du te demander, ce qu’a dit ton frère aurait du me suffire.

Immédiatement je me relevais, regardant Ilian tout en cherchant comment Kain avait pu venir ici. Une rage immense remplaça alors cette honte, de quel droit Kain était venu ici, et avait parler de moi à Ilian ?

– Pourquoi tu me parles de Kain ? Comment tu… ? Demandais-je perdu.

– Je..C’est que…Commença- t-il à bafouiller, prit sur le fait.

– Tu l’as revu ici ? Demandais-je vivement.

J’avais peur que Kain ne lui ai tout raconté. Le connaissant, cela ne me choquerait pas…

– Non, c’est rien, oublie ce que j’ai dit, tenta-t-il désespérément.

– Ilian, ne cherche pas à me mentir à ce sujet. Répliquais-je avec colère.

Ilian baissa la tête et je m’en voulu immédiatement. Mais l’image de mon frère parlant à Ilian ne cessait de trotter dans ma tête. Il fallait qu’il se mêle de ma vie quand bon lui semblait. Ne pouvait-il pas me laisser vivre ma vie ?

– Il est venu me voir un matin…dit-il, d’une voix faible.

– Comment ça il est venu te voir ici ?

Kain ne pouvait entrer sans que je ne sois avertit, mais alors que je cherchais un moyen, je me souvint d’une fois où il était venu me voir, alors que j’étais au toilette. La standardiste ne m’en avait pas averti…

– Quand ? Demandais-je, le regard dans le vague.

– Deux jours après l’avoir vu avec toi en ville. Juste avant que Melvin ne te parle du cahier… Le matin.

– Il est venu te voir pour quoi ? Demandais-je, de plus en plus énervé.

– Pour me dire de te laisser en paix et de m’éloigner de toi… répondit-il, penaud

Ilian fit une pause et je pu voir qu’il avait les larmes aux yeux.

– Il m’a supplié de ne pas te faire redescendre, de t’oublier. Il m’a dit que tout était de ma faute, il…

Il ne pu continuer sa phrase, ses mots s’étouffèrent dans sa gorge alors qu’il éclatait en sanglot. Il baissa la tête comme s’il avait honte et immédiatement je me maudissais de m’être mit ainsi en colère. Pestant contre mon frère, je le pris immédiatement dans mes bras.

– Ne fait pas attention à ce qu’il t’a dit Ilian. Dis-je, espérant que Kain ne lui est rien raconté de grave.

Je m’écartais alors, voulant régler immédiatement cette histoire.

– Je vais aller le voir tout de suite, il va sérieusement regretter d’être venu te parler. Dis-je en me levant.

Mais Ilian me retint, le visage en larme.

– Non Jaeden, reste, s’il te plait… Ne me laisse pas seul ce soir. Je… J’ai… me supplia-t-il tristement.

Mon cœur se serra et la réalité me vint alors en mémoire. Jamais nous ne pourrons avoir un lit à nous. Jamais je ne pourrais rentrer et le voir chez moi. C’était impossible. Tout ce que je pouvais lui offrir, c’était ces nuits secrètes…

– Ne vas pas le voir maintenant, il vaut mieux que tu te calmes… Dit-il, me prenant par la main, m’arrachant à mes idées sombres.

– J’irais demain soir alors. Dis-je en haussant les épaules.

Que je le veuille ou non, mon travail et Ilian me retenait ici. Je me sentais trahi par mon propre frère…

– Je ne peux de toute façon pas dormir ici tous les soirs. Ajoutais-je, mettant les choses au clair. Promets-moi que tu n’insisteras pas, pour ne pas me rendre la tache plus difficile…

Je savais que je cèderais à chaque fois qu’il me le demanderais. J’espérais qu’il comprenait et qu’il acceptait cette situation…Je m’assis alors sur le lit, et posais mes lèvres contre les siennes, retrouvant cette douceur que j’aimais tant chez lui. Nous nous couchâmes par la suite, et, pour la première fois, ce fut moi qui me collait à lui. J’avais besoin de lui et j’étais honteux du peu que je pouvais lui offrir. Son odeur m’enivrant, je sombrais peu à peu dans un sommeil profond…

**

Un soupire et je sortais de mon bureau ravi de pouvoir rentrer chez moi. Je prenais sur moi pour ne pas passer par la chambre d’Ilian, ne l’ayant pas vu de la journée. Mon esprit accaparé par son image, je ne pouvais que sourire suite à ce que j’avais vu ce matin, Ilian encore et toujours avachi sur moi, sa tête sur mon cœur et ses bras m’encerclant. J’avais dû mettre dix bonnes minutes avant de pouvoir sortir du lit. Rigolant légèrement, je sortis de l’hôpital, ne pouvant m’empêcher de regarder sa fenêtre.

Le cœur léger, je rentrais chez moi après quelques minutes de trajet. Mais la rage que j’avais évacué hier soir revint au galop alors que je croisais le regard de mon frère, devant la porte de mon appartement. Un sourire aux lèvres, Kain était loin d’imaginer la fureur qui m’habitait. Ne lui rendant pas son sourire, j’entrais la clé dans la porte de mon appartement.

– Dure journée ? Demanda-t-il, me suivant dans la pièce.

– Oui. Répondis-je enlevant ma veste.

– Tu es de mauvais poil ? Fit-il les sourcils froncés.

– Si je te dis oui, tu comptes aller voir Ilian et lui dire que c’est de sa faute ? Répliquais-je le regards noir.

Kain se crispa immédiatement et son regard se fit fuyant. Il comprenait ce que je voulais dire, il n’y avait aucun doute. Un soupire passa le barrage de ses lèvres et il s’assit sur le dossier du canapé, cherchant ses mots.

– J’en ai marre que tu te mêles de ma vie Kain… Soufflais-je, las

– La dernière fois que je t’ai laissé te débrouiller seul tu as faillit être paralysé ! Cracha-t-il énervé.

– J’étais jeune, je ne referais pas la même erreur. Bordel Kain est que je suis allé voir la fille que tu as mis en cloque pour lui dire qu’elle ferait mieux de s’attendre à élever son enfant toute seule ?

– C’est ce que tu penses de moi ?

– Regardes toi, tu n’es toujours pas aller la voir…

Une fois de plus, il baissa sa tête. Je me sentais trahis, déçu et je n’avais aucun mal à lui dire des mots blessants.

– Ilian est fragile. Fis-je tentant de garder mon calme. Tu penses vraiment que lui dire ces choses l’ont aidé ?

– Je devais le mettre en garde…Dit-il, une grimace sur les lèvres.

– Mais c’est mon passé ! C’est moi qui ai fait ces conneries, j’ai choisis de devenir alcoolique et drogué ! J’ai choisi de coucher avec mon dealer ! J’ai choisi d’essayer de passer au dessus de lui, et j’ai choisi de me battre avec lui ! Si j’ai failli être paralysé, ce n’est pas de sa faute !

– Ilian a été la première cause, avoues le au moins…

Les poings serrés, j’essayais par tous les moyens de ne pas lui envoyer mon poing dans la figure. Je l’admirais pour tout ce qu’il avait fait pour moi. Mais là il dépassait les limites…

– Je ne veux plus te voir. Déclarais-je, froid.

– Quoi ? Fit-il surprit.

– Je ne veux plus te voir. On se reverra peut-être à Noël avec maman, mais je ne veux plus que tu reviennes vers moi si tu restes toujours aussi con.

– Jaeden…Arrêtes tes…

– Je ne dis pas de conneries, tu sors de chez moi et tu ne te mêles plus de ma vie. Je ferais en sorte qu’on t’interdise l’entrée à l’hôpital. Comment tu as pu lui dire que j’avais mal tourné…C’est…

Les yeux aux bords des larmes, ma voix se faisait pleine de sanglots. Pour la première fois mon frère me décevait.

– J’ai fait des choses que jamais je n’oublierais et nous étions les deux seuls à savoir. A ton avis Ilian va vouloir rester dans l’insouciance ? A cause de toi, je vais devoir lui raconter, parce que si je veux qu’il soit honnête avec moi, je dois l’être a mon tour, et je sais très bien que si je lui demande de me raconter toute l’histoire, il voudra que je lui raconte ce qu’il sait passé avant.

– Jaeden…

– Sors…Vas-t’en.

Kain me regarda un moment, cherchant une lueur d’hésitation en moi. Mais il n’y en avait aucune. Je ne pouvais plus lui faire confiance et cela me faisait un mal de chien. Sans un mot, il sortit de mon appartement, fermant la porte à notre relation de frères si particulière. S’il fallait devenir comme des étrangers pour qu’il me laisse vivre ma vie, je le ferais.

Je relevais alors la tête. Il ne fallait pas que je me laisse abattre. Je devais profiter de ces jours de congés pour décompresser. Pour arrêter de stresser à l’idée que quelqu’un découvrirait un jour où l’autre la relation plus ou moins ambiguë qu’ilian et moi avions. J’allais prendre une douche rapide et m’habillais en vitesse. Cela faisait des lustres que je n’avais pas été au cinéma, et cela me ferait un bien fou. J’enfilais ma veste puis pris la direction du centre à pied. Le soleil n’était pas présent, mais le temps maussade ne laissait présager aucune averse. L’air frais me remotiva un peu et quelques minutes plus tard, je choisissais un film tiré d’une histoire vraie. « L’échange », un film avec Angelina jolie.

Je passais les deux heures suivantes à regarder ce filme extra. Les yeux rouges, je sortais de la salle. Je n’étais pas de nature émotive, surtout pour un film, mais celui-là… Je décidais d’aller manger dans le premier snack que je voyais, commandant cette mal bouffe que j’adorais. Je pouvais manger n’importe quoi sans prendre un gramme, ce qui énervait Kain. Kain… J’avais l’habitude de passer mes jours de congés avec lui…

Me ressaisissant, je sortais du snack et décidais d’aller me balader un peu avant de rentrer. Je pris la direction du parc où j’avais amené Ilian, m’assaillant sur ce même banc où j’avais entrainer Ilian dans une histoire pleine d’embuches. Je savais que c’était mal, mais je savais aussi que maintenant, tout était trop tard. Nous nous rapprochions de plus en plus et cela me faisait autant plaisir que peur. Peur car la possibilité du « nous » était impossible à envisager dans cet établissement.

– Excuser moi de vous déranger… Je… J’ai l’impression de vous connaître…

Je relevais immédiatement la tête, sursautant légèrement. Mon regard se posa alors sur un jeune adolescent. Ses cheveux roux étaient coiffés n’importe comment et ses yeux bruns presque noirs me faisait frissonner. Ses taches de rousseurs sur son nez et ses joues lui donnait l’air d’un gamin, tout comme ses vêtements sales.

– Je ne crois pas…Dis-je, cherchant dans ma mémoire si je l’avais déjà vu quelque part.

– Vous n’étiez pas au lycée de Saint louis ? Demanda-t-il, s’asseyant sur le banc.

– Oui… Fis-je hésitant.

– Alors c’est de là que je vous connais ! Jaeden c’est ça ?

Je le regardais, les sourcils froncés, tentant de retrouver son identité. Mais il vint très vite à ma rescousse.

– Je m’appelle Elliot Senan, le fils de…Dit-il, un sourire amusé aux lèvres.

– De Madame Senan, la prof de maths ! Je me souviens, j’avais joué au foot avec toi alors qu’elle avait une réunion avec ma mère ! Le coupais, vivement.

Il haussa vigoureusement la tête, content que j’ai trouvé par moi-même. Je rigolais intérieurement alors que je me rappelais tout ce que j’avais pu faire endurer à cette pauvre professeur. J’étais insupportable, mais elle m’adorait.

– Comment vas-ta mère ? M’inquiétais-je poliment.

Son regard se voilà, et il baissa la tête mettant ses manche sur ses mains. Il les ramena alors contre sa poitrine et son regard se posa sur le lac gelé par le froid.

– Nous…Nous ne nous voyons plus. Souffla-t-il tristement.

– Tu fais tes études ici ? Demandais-je, innocemment.

– Non… Je n’habite juste plus avec elle.

Je compris que je ne devais pas lui demander plus, s’il voulait me parler, il devait le décider seul.

– Ma mère disait que tu deviendrais quelqu’un, alors que tous les professeurs disaient le contraire. Elle avait raison ?

Je rougis immédiatement, peu habitué aux flatteries.

– Je ne suis qu’un psychiatre, pas le futur président ! Déclarais-je rigolant légèrement

– C’est déjà bien plus que ce que l’ensemble des enseignants espéraient ! Répliqua-t-il, sur le même ton

Je lui fis un sourire sincère avant de me lever et de lui proposer de se joindre à moi pour prendre un café. Il accepta vivement et se redressa, regardant un moment derrière lui. Surpris, je regardais dans la même direction mais ne vit personne.

– Tu attends quelqu’un ? Demandais-je, surpris.

– Non, non, on peut y aller. Dit-il dans un sourire.

Il m’attrapa alors par le bras, m’obligeant à le suivre. Si mes souvenirs étaient bons, il avait 16 ans. Il nous conduisis dans un café assez jeune d’où une musique rock en sortait. Sans un mot, je le suivis, m’asseyant sur une banquette. Une serveuse vint prendre notre commande, et nous commençâmes à discuter de tout, axant plus particulièrement la discussion sur moi. Lorsque que je choisis de dériver sur lui, ses réponses se firent plus hésitantes. Il se braquait, essayant de revenir à moi. Lassé, je décidais de ne pas m’en formaliser, après tout, les jeunes ne supportaient pas qu’on rentre dans leur vie privé…

Je rentrais chez moi dans la soiré, Elliot m’ayant obligé à prendre son numéro de téléphone. Je n’avais pas compris pourquoi, mais lorsque je l’avais vu si impatient, j’avais accepté de le lui donner. Avec soulagement, je m’affalais dans mon sofa, allumant la télévision. Je tombais sur un film d’action fantastique et commençais à le regarder, avant d’aller me coucher.

Une fois dans mon lit, mon esprit se tourna vers ilian, surement endormi à l’heure qu’il était. Je ne l’avais pas vu de la journée, une première depuis peu. Mon cœur se mit à battre un peu plus vite à l’idée que j’allais le revoir demain matin au petit déjeuner, même si le directeur ne me suivait pas dans cette décision…Un sourire aux lèvres, je mis un temps fou avant de pouvoir trouver le sommeil.

**

La nuit fut particulièrement longue, le sommeil ne voulant pas frapper à ma porte. Ce fut au bout de deux longues heures d’attente que je fermais l’œil, mais le réveil sonna bien trop vite à mon goût. Le corps courbaturé par la fatigue, je me levais tel un automate, allant prendre une bonne douche. Mais la douche dura bien trop longtemps et lorsque j’en sortis, ce fut pour remarquer, que j’étais en retard.

Immédiatement, je m’habillais, courant à ma voiture. Quinze minutes plus tard, je me trouvais devant l’hôpital, essoufflé. Arrivant devant les porte du self, je stoppais, essayant de me calmer. Une fois la respiration calme, j’entrais regardant où se trouvait Ilian. Ce dernier était assis au milieu de la salle, seul, les yeux dans le vague. Surement pensait-il que je ne viendrais pas…

Rapidement, j’allais prendre mon petit-déjeuner, arrivant avec un sourire vers Ilian, mais lorsque je croisais le regard du directeur, un regard dur, et presque froid. Encore une fois, je le décevais. Mon regard se posa alors sur ilian. Sur son air abattu. Mon choix fut vite fait, je m’assis à sa table, le faisant sursauter.

– Ouf, j’ai cru ne jamais arriver pour l’heure du petit déjeuner, soufflais je, dans un sourire.

Ilian ne répondit pas, et tourna la tête afin de regarder derrière moi. Je savais ce qu’il regardait…

– J’ai tout à fait le droit de manger avec toi Ilian, ne t’occupe pas de lui…

Il reporta alors son attention sur son bol de céréale, ne semblant pas d’humeur à parler en présence d’un grand nombre de gens. Je remarquais alors les grandes cernes qui ornait ses yeux et Son teint semblait plus pâle que d’habitude.

– Tu as un petite mine… Est-ce que ça va ?

Il acquiesça et me regarda en souriant, avant de retrouver son visage impassible. S’il pensait me calmer comme ça…Il manquait de sommeil…

– Je crois que nous n’avons pas beaucoup dormi touts les deux… dis-je, commençant à déjeuner.

Je sentais qu’il ne voulait pas me parler, alors je choisis de remettre à plus tard cette discussion. Son manque de sommeil avait-il un rapport avec la fois où je l’avais retrouvé en sanglot dans son lit ? Je choisis de garder pour moi mes pensées. S’il voulait en parler, il le ferait de lui même. Ainsi se passa l’heure du petit-déjeuner, l’un en face de l’autre, se contentant seulement de la présence de l’autre.

**

La journée se passa lentement, J’eus un rendez-vous avec Cameron dans la matinée, et constatais avec surprise qu’il avait suivi mon conseil et s’était inscrit aux activités proposées par l’hôpital.

Je passais le reste du temps à remplir de la paperasse, sentant mon cœur s’emballer à chaque fois que quelqu’un frappait à ma porte. Mais ce n’était jamais lui…Il attendait surement que je fasse le premier pas alors que moi j’attendais la même chose de sa part. Pendant deux ans, c’était toujours le plus entreprenant de nous deux, pour les sorties, les soirées…, malgré sa timidité maladive. C’était normale qu’il ait changé, après tout ce qu’il avait vécu…Mon regard se voilà alors que je repensais à ce qu’Ewen lui avait fait. Serrant les poings, je me relevais, posant mon regard sur le lac afin de me calmer. Et l’effet souhaité arriva.

**

La nuit tomba peu à peu alors que je me décidais à rentrer chez moi. Il n’était pas venu, alors ce serait à moi de faire ce pas vers lui. Veillant à ne pas être suivis, j’arrivais devant sa chambre, remarquant, au vu de la lumière filtrant sous sa porte qu’il était toujours debout. J’entrais sans frapper, regardant derrière moi s’il n’y avait personne aux alentours, et me faufilais dans sa chambre. Il s’assit immédiatement dans son lit, un énorme sourire au visage. Un sourire qui chauffa mon cœur.

– Je viens juste te souhaiter bonne nuit avant de rentrer chez moi. Dis-je en refermant la porte derrière moi. J’aurais bien aimé venir plus tôt pour passer plus de temps avec toi, mais j’ai travaillé sur le dossier de mon nouveau patient et je n’ai pas vu l’heure.

Je vis alors son sourire s’effacer. Il avait compris que je ne passerais pas la nuit avec lui…

– Ilian… Soufflais-je amusé.

Je m’assis alors sur son lit et le pris dans mes bras. Me faisant désirer, mon souffle caressa la peau de son cou, le faisant frissonner. Puis du cou, je passais à son oreille…

– Je ne pouvais pas partir sans avoir gouté tes lèvres…

Je vis alors ses lèvres s’étirer dans un faible sourire et tendrement, j’attrapais son menton pour m’accaparer ses lèvres. Un baiser, doux, tendre, presque qu’amoureux. Tellement bouleversant que je me demandais si je ne pouvais pas passer la nuit ici… Mais s’était impossible. Je devais me mettre dans la tête que c’était impossible…

Notre baiser pris fin et Ilian me pris dans ses bras, calant sa tête au creux de mon cou. Deux fois plus amusé qu’il veuille ainsi me retenir.

– Je ne peux pas rester plus longtemps, soufflais-je doucement.

Je le sentis alors raffermir son étreinte, ignorant complètement ce que je lui disais. Avec grande peine, je tentais de ne pas éclater de rire devant sa façon si particulière de ne pas me rendre la tache facile. Un sourire aux lèvres, je lui embrassais le front avant de l’éloigner de moi avec délicatesse.

– Crois-moi Ilian, si je pouvais rester, je le ferais…

Il se résigna alors et baissant les yeux, il se recula un peu. Tendrement, je lui déposais un baiser sur le coin de sa lèvre et me levais.

– Bonne nuit Ilian, essaye de te reposer, tu sembles en avoir vraiment besoin.

Mes paroles n’étaient pas vraiment réconfortantes, mais c’était ce que j’avais de mieux à lui donner pour l’instant. Le cœur lourd, je savais que si je ne partais pas maintenant, j’allais céder… Je sortis de la pièce après un dernier regard, et partis de l’hôpital, certain que cette nuit encore, j’aurais du mal à trouver le sommeil…

**

J’arrivais le lendemain vers 10h du matin, n’ayant aucun rendez-vous dans la matinée mais quelque paperasse encore à remplir. A peine eus-je dépassé l’accueil, que je croisais le directeur. Un sourire, et il s’approcha de moi pour me saluer. Dans ces moments là, malgré nos désaccords professionnels, nous redevenions des amis.

– Comment va Tatiana ? Demandais-je alors que nous marchions sans vraiment savoir où nous allions.

– Elle prend du ventre…Il faudra que tu passes pour la voir, elle est magnifique enceinte. Me répondit-il, des étoiles plein les yeux.

– Je l’imagine très bien ! Dis-je, rigolant légèrement.

Nous continuâmes sur cette discussion, mais alors que nous prenions le tournant d’un couloir, je me figeais immédiatement,croisant l’un des fantômes de mon passé. Devant moi, se trouvait le père d’Ilian. La réplique même de son fils, mais en plus âgé. Une peur sourde s’ancra en moi et je voulu faire demi-tour immédiatement.

– J’ai oublié de refermer ma voiture, Balbutiais-je alors que je me retournais pour m’enfuir.

Je leur tournais le dos, mais bien vite, j’entendis la voix familière de l’homme que je n’avais pas vu depuis si longtemps…

– Jaeden ?!?

Le père d’Ilian venait de me reconnaître. Mon cœur battait si fort qu’il me faisait mal. La gorge nouée, je me retournais vers lui, évitant le regard de l’ami que j’allais une fois de plus décevoir.

– Vous vous connaissez Monsieur Crose ? Fit Paul, les sourcils froncés.

– Oui… Ca fait longtemps dis moi, tu es venu voir Ilian aussi…Tu as du apprendre ce qu’il avait fait…Dit-il, le regard triste.

– Je… Commençais-je, me sentant de plus en plus mal.

– Comment ça ça fait longtemps ? Fit le directeur, froidement.

– 4 ans au moins non ? Jaeden était….Le petit ami d’Ilian avant…

Les mots mourus dans sa gorge. Sans s’en rendre compte, il venait surement de briser ma carrière. Je compris à cet instant que plus jamais je ne pourrais revoir Ilian. Toutes nos espérances, nos espoirs, nos envies… Tout venait d’être détruit…

La porte de la salle des visite s’ouvrit alors sur nous, et je pu voir Ilian, surement pour la dernière fois. En un regard, il comprit tout lui aussi. Une larme coula le long de sa joue. Tout était de ma faute. Aveuglé par mes sentiments, j’en avais perdu la limite professionnelle qui nous était fixée. Et je l’avais emmener avec moi dans ma bêtise. A vouloir lui faire du bien, je lui avais causé beaucoup trop de mal… Quel imbécile j’étais…

Je sentis alors la poigne forte du directeur m’agripper le bras, et après s’être excusé, il m’emmena avec lui dans son bureau. Je ne pouvais rien dire. Figé, je l’écoutais me hurler dessus, déversant sa colère et sa déception. Il avait raison. J’avais été trop loin. Dieu comme je regrettais. En plus d’avoir ruiné ma carrière, j’avais détruit Ilian…

– Est-ce que tu te rends compte que tu viens de foutre en l’air ta carrière Jaeden ! Cria-t-il, les poings serrés.

Je m’en fichais. J’avais briser ma carrière mais cela ne m’affectais plus. Quelqu’un avait pris la place que ma carrière tenait dans mon cœur. Et je venais aussi de la perdre.

– Je me disais qu’Ilian te faisais vite confiance, et moi comme un idiot je restais aveugle. Pourquoi ne me l’as-tu pas dit lorsque je t’ai présenté le cas d’Ilian ?

– Tu le sais pourquoi…Répondis-je, déçu. Je voulais voir à quel point il avait changé, et voir si… Je pouvais l’aider…

– Félicitations, tu viens surement de le faire tomber dans un gouffre.

Mon cœur se brisa lorsque j’entendis ces mots si virulent. Ne voyait-il pas que j’étais au plus bas ?

– Tu as de la chance que je sois ton mentor Jaeden… Je ne vais pas te virer et briser ta carrière en rendant toute cette histoire publique… Je te laisse une dernière chance.

Je relevais alors la tête écoutant ce qu’il me disait attentivement.

– Tu devras m’obéir au doigt et à l’œil, plus question que tu entretiennes de relation plus que professionnelle avec tes patients, ce qui implique plus aucun déjeuner. Si je te demande quelque chose tu devras le faire, que tu sois d’accord ou non.

– En d’autre terme tu veux que je sois ta marionnette…Lâchais-je ironiquement.

– Arrête de jouer au petit con Jaeden, tu n’es pas en position de choisir. C’est ça ou la porte.

Je ne répondis rien me contentant de me lever afin de partir de ce bureau qui me devenait plus qu’austère.

– Une chose encore Jaeden. Dit-il, vivement. Plus question que tu t’occupes d’Ilian. Je te retire son dossier, rapporte le à la standardiste ce soir. Me caches-tu encore quelque chose ?

Ma main se serra sur la poignée. Je préférais encore ne plus le voir que de le croiser dans les couloirs et de ne plus pouvoir lui parler. Mais je n’avais pas le choix. Une chose était sûr. Ce qu’ilian m’avait confié resterait en moi, et uniquement en moi.

– non.

**

J’avais mal au cœur, mal à la tête. Et je me retrouvais la, comme quatre ans auparavant, à vomir tout ce que j’avais réussis à ingurgiter tout ce que j’avais réussi à boire en un rien de temps. L’esprit embrumé, je m’assis dos au mur de la bâtisse. J’avais dépensé une vrai fortune dans ce bar pour me vider quelque minutes plus tard. Kain avait raison, je touchais le fond encore une fois. Le pire, c’est que cela ne me faisait pas oublier Ilian ou la profonde détresse qui s’emparait de moi peu à peu…

Je sentis alors deux bras m’encercler, et une odeur familière entrer dans mes narines…

– Qu’est-ce que tu fais là Hugo ! Crachais-je, le rejetant.

– Tu vas mal…Tu as bu !

– Dégages, j’ai pas besoin de toi !

Vivement, je me levais, si j’avais besoin de quelqu’un, ce n’était surement pas de lui. Mais au moment où je voulu faire un pas, l’alcool trop imprégné dans mon corps et mes sens me firent trébucher, et je m’étalais par terre, tombant sur mon poignet.

Un cri de douleur s’échappa de mes lèvres. Je ne devais pas avoir bu assez pour sentir mon poignet me faire mal. Hugo se jeta sur moi, et je le repoussais une nouvelle fois, posant mon poignet probablement cassé contre ma poitrine. Sans que je ne puisse y faire quelque chose, j’éclatais en sanglot, déversant toute cette peine qui me rongeait de l’intérieur. Hugo ré-initia sa tentative de réconfort, mais encore une fois, je m’écartais, me collant au mur, les larmes coulant de plus belles.

– Jaeden…Qu’est-ce qui se passe…Souffla Hugo, inquiet.

– Va-t’en ! Criais-je, grimaçant de douleur.

– Non ! Je t’aime, il est hors de question que je te laisse là !

– Mais moi je ne t’aime plus ! T’entends ! Je ne t’aime plus alors dégages !

Il baissa son regard, accusant le coup.

– Il t’a quitté ? Murmura-t-il tristement.

– Quoi ? Fis-je, surpris

– Le gars avec qui tu sors…Sortait.

– Non.

– Alors qu’est-ce qui ne va pas ?

Je ne répondis rien, tentant d’arrêter ses larmes qui me faisaient plus de mal que de bien. Hugo s’approcha alors de moi, gardant quand même un certaine limite entre nous.

– Racontes moi. Souffla Hugo, Je…Je suis la personne la plus extérieure a votre histoire…Je peux peut-être t’aider…

– Extérieure…Dis-je en éclatant de rire, tu ne veux qu’une chose c’est que j’accepte de te reprendre !

Hugo soupira et baissa une nouvelle fois son regard avant de le relever, une lueur de détermination dans son regard.

– Tellement tu es bourré, si je le voulais, je pourrais te ramener chez toi et te faire l’amour, et pourtant je ne le fais pas, je suis là à me les geler, à essayer de comprendre ! Alors dis moi ce qu’il t’a fait que j’aille lui casser la gueule !

Surpris, je le regardais. Une année passée avec lui et je ne l’avais jamais vu se mettre en colère devant moi ainsi. Un sourire étira mes lèvres à travers mes larmes. A s’emporter ainsi, il lui ressemblais tellement…Ma main se posa sur sa joue. Sa peau si pâle, mais tellement douce et belle…Comme lui…Ses magnifiques yeux verts d’où sortait un étincelle de malice qui me plaisait…Comme lui…

– Jaeden qu’est-ce que tu fais…Souffla Hugo, étonné.

Hypnotisé, je me rapprochais de lui, jusqu’à ce que mon souffle vienne caresser ses lèvres. Plus rien n’excitais…Il n’y avait plus que moi et…

– Ilian… Murmurais-je, avant de m’évanouir.

**

– Samedi il y a une fête, tu viendras ? Viens avec Ilian si tu veux.

– Je verrais, je viendrais surement seul.

J’étais dans la cour du lycée, discutant avec l’un de mes amis depuis un certain temps déjà. Le temps était magnifique pour un début de printemps, si bien qu’on pouvait enfin laisser nos manteaux au placard. Nous discutions de choses et d’autres mais alors que j’allais parler, je vis Ilian sortir de l’enceinte du lycée, l’air énervé. Immédiatement, je me rappelais d’un détail.

– Merde ! M’écriais-je, attrapant mon sac.

– Quoi ? Fit mon ami surpris.

– J’ai oublié un truc, on se voit demain.

Je ne lui laissais pas le temps de me répondre, que je m’enfuyais en courant, freinant alors que j’arrivais à l’abri bus ou était Ilian, assis la tête entre ses mains. Faisant un grimace, j’étais certain qu’il allait une fois de plus me crier dessus. En un an et demi, il avait pris une certaine assurance… Lestement, je m’assis sur le banc près de lui.

– J’ai séché…Dis-je en haussant les épaules

– J’ai eu l’air d’un idiot à t’attendre alors que tu n’étais même pas en cours.

– C’est vrai que ça devait être marrant…Dis-je en éclatant de rire.

Énervé, Ilian se leva et s’éloigna de moi. Dans un soupire, je me levais et me colla à lui par derrière. Mais au moment où j’ouvrais la bouche pour parler, le bus arriva, et Ilian monta dedans sans rien me dire. Les sourcils froncés, je le suivis. Nous n’avions pas du tout le même bus pour rentrer chez nous mais Ilian voulait jouer au dur à cuire, ce qui ne lui allait pas du tout. Je m’assis près de lui, qui s’évertuait à garder le regard impassible. Il ne dit rien. Amusé, je posais ma main sur sa cuisse, mais il la dégagea, me lançant un regard noir.

– Arrêtes, tu vas pas faire la gueule pour ça ! M’exclamais-je un sourire aux lèvres.

– C’est pas ton bus ! Dit-il la voix froide.

– Je sais.

Sans un mot de plus, il tourna son regard vers la fenêtre, ne décrochant plus un mot. Je réitérais mon geste plusieurs fois, mais à chaque fois il la repoussait. Nous arrivâmes à son terminal, il sortit. Immédiatement je le suivis, le collant. Mais il ne se laissa pas démonter, et avança un peu plus vite. Une fois arrivés chez lui, il pressa un peu le pas et me claqua la porte au nez. Je me retrouvais devant, les yeux grand ouverts devant la porte.

– Ok… Soufflais-je sous le choc. Si tu le prends comme ça…

Rageusement, je me retournais, voulant rentrer chez moi. J’avais peut-être fait le con, mais là, Ilian m’en demandais trop. Mais alors que j’allais sortir de la propriété, j’entendis la porte de l’entrée s’ouvrir.

– Jaeden attends ! Cria Ilian.

J’allais me retourner, mais une voiture rentra dans la propriété, et je pu reconnaître le père d’Ilian. Il était au courant de notre relation depuis peu, d’accord, mais ne la criant pas tout fort. Il sortit de la voiture, m’offrant un sourire amical.

– Tiens, jaeden, tu tombes bien, tu m’aides à sortir mes courses ?

Lui rendant son sourire j’acquiesçais. Mon regard se posa sur Ilian qui faisait un grimace avec ses lèvres. Je me retins de rire, surement pensait-il que j’aurais essayé de me faire pardonner au lit… Mais son père avait tout gâché. Je m’amusais alors à lui tirer la langue, avant d’aller aider son père.

– Tu pourrais aussi nous aider Ilian ! Fit-il, à l’adresse de son fils.

Ilian soupira et vint nous aider. Quelques minutes plus tard, nous avions déchargé les courses, et j’aidais Ilian et son père à tout ranger.

– Je vous laisse terminer, le match va bientôt commencer ! S’exclama le père, attrapant une bière dans le frigo, et entrant dans le salon.

Immédiatement je lâchais le sac de course et poussait Ilian contre le frigo, le faisant sursauter. Mes bras vinrent se poser des deux cotés de sa tête. Une fois remit de la surprise, Ilian posa sa main sur ma poitrine afin de me stopper et regarda du côté du salon. Constatant que son père était déjà en plein dans le match, sa main remonta et se posa sur ma joue.

– Ne recommence jamais ça. Dis-je, le regard dur.

– Toi non plus…Souffla-t-il, la voix faible.

– OK.

Ilian se mit alors sur la pointe des pieds, et posa ses lèvres sur les miennes. Ses bras s’enroulèrent autour de mon cou alors que je restais les mains posées sur le frigo. Un baiser passionné, qui me donnait à chaque fois envie de plus…

**

Je me réveillais, une faible lueur filtrait des stores a demi fermés. Un mal de crane fascinant me prit alors que je tentais de me mettre assis.

– Fais attention à ton plâtre.

Immédiatement, je tournais la tête vers cette voix que je ne voulais pas entendre ici. Kain était assis sur un siège en uniforme.

– Pourquoi je suis là ? Fis-je, regardant mon plâtre. Qui m’a amené ici ?

– Entorse du poignet mais il a fallut te poser un plâtre quand même, il ne faut pas le bouger. C’est Hugo qui t’a amené ici, il est dehors.

Un soupire passa le barrage de mes lèvres, et je passais ma main sur mon visage, las.

– Il peut rentrer, mais toi tu sors. Dis-je le regard noir.

– Pour que tu te reprennes une cuite ce soir ? Répliqua Kain ironiquement.

– Il suffit que j’appelle la sécurité pour te faire sortir, c’est comme tu veux.

Kain ancra alors son regard dans le mien, mais voyant que je ne plaisantais pas, il se leva et sortit, veillant à bien claquer la porte après lui. Hugo fit son entrée après lui, tout timide. Doucement, je me rallongeais, posant mes yeux sur le plafond.

– Tu aurais pu m’amener autre part que là où bosse mon frère…Soufflais-je, las.

– Je ne savais pas que vous étiez en froid…Répondit-il, s’assaillant près de moi.

– Mais tu sais qu’il déteste me voir bourrer.

Hugo ne répondit rien, se contentant de poser son regard dans le vague, ne sachant que dire.

– Merci, dis-je évitant son regard. De m’avoir aidé.

– Tu étais dans un sale état… Répondit Hugo en haussant les épaules.

Ce fut à mon tour de ne rien répondre, peu fier. Demain, j’irais au alcoolique anonyme… Il était impensable que je continue ainsi. Je redevenais peu à peu l’ancien moi, qui se réfugiait derrière ses bouteilles pour oublier son mal-être. J’étais malheureux, voilà ce qui se passais. Malheureusement amoureux…

– Je crois que je suis maudit en amour…Soufflais-je, fermant les yeux.

– Alors je possède aussi cette malédiction, car celui que j’aime ne m’aime plus. Répondit Hugo, les larmes aux yeux.

– Hugo…Je t’en supplie, je n’ai pas envie de parler de ça…

J’étais peut-être dur, mais je ne voyais pas quoi dire d’autre. Je lui avais tout expliqué la dernière fois. Il acquiesça et posa son regard sur la fenêtre, avant de le dériver une nouvelle fois sur moi.

– Tu ressors avec ton ex ? Me demanda-t-il, faiblement.

– Oui. Répondis-je sérieux.

– Mais il t’a brisé le cœur non ?

– Ce n’est pas lui qui m’a brisé le cœur… C’est ce qu’il y a autour de nous… On ne peux plus se voir, fis-je tristement.

Hugo posa alors une main sur mon épaule et planta ses magnifiques yeux émeraudes dans les miens.

– Si jamais tu as besoin de quoi que se soit, parler ou…Plus, n’hésite pas à m’appeler. Dit-il, avant de se retourner.

– Tu pars ? Demandais-je surpris.

– Oui…Je dois y aller.

Il ne m’en fallut pas plus pour deviner que cette discussion lui faisais mal au cœur, ses yeux se gorgeant peu à peu de larmes m’avertirent. Ainsi, je le laissais partir presqu’en courant. Je n’avais pas la force de le retenir, peut-être était-ce mieux ainsi…

**

Des jours passèrent et le manque de liberté dans mon travail se faisait sentir. Chacun de mes faits et gestes étaient suivis par le directeur, m’agaçant profondément. Tous les jours depuis un mois, j’espérais le croiser, mais rien n’y faisait, Ilian restait invisible.

J’avais repris mes réunions aux alcooliques anonymes, parlant avec des hommes et des femmes qui avaient les mêmes problèmes que moi. Peu à peu, je sentais ce désir de prendre une bouteille disparaître, mais tout cela avait un goût de répétition pour moi, car je savais que ce désir resterait toujours en moi, s’atténuant avec le temps.

J’avais repris contact avec Eliott, ayant besoin d’un ami. Ce dernier, bien que très jeune, était assez mature pour son âge, et cela m’amusait de trainer avec lui, reprenant des activités comme les partie de jeux vidéos ou autre. C’était une vraie bouffée d’air, me faisant oublier l’espace de quelque heures le manque d’ilian qui me rongeait.

Mais c’était mieux pour lui, pour moi et ma carrière.

Je me trouvais aujourd’hui, assis sur des chaises mal faites, à regarder Cameron jouer comme je lui avais promis. Le directeur m’avait autorisé à assister à certaine de ses activités, trouvant là un bon moyen pédagogique d’instaurer un climat de confiance entre nous. C’était ses propres mots. Bien que je ne devrais pas lui en vouloir d’avoir simplement fait son travail, je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’il avait eu tort. Notre amitié s’était peu à peu détériorée malgré moi, refusant certaine de ses invitations…

– Echec et Mat ! Cria Cameron excité comme une puce.

Il regarda alors vers moi, et je lui fis un sourire faussement joyeux. Je voulais le suivre, mais à chaque fois, mon esprit divaguait, cherchant où pouvait se cacher Ilian. J’aurais aimé le voir, ne serais-ce que l’entre apercevoir. Vérifier qu’il allait bien…

Tellement pris dans mes pensées, je ne vis pas arriver un nouveau patient. Ce fut sa voix qui me fit sursauter.

– Je ne sais pas jouer. Dit-il au maître d’activité.

– Ce n’est rien Ilian, regarde et apprends.

Ilian… Immédiatement je me redressais, et regardais droit devant moi, sentant mon cœur mort depuis un certain temps renaitre de ses cendres. Mes yeux croisèrent les siens pour ne plus s’en défaire. Doucement, je reprenais ma dose. Un sourire en coin de sa part, et je compris que ce n’était pas un hasard s’il se retrouvait dans cette activité. Lui manquais-je autant qu’il me manquait ?

Son regard dériva sur ma main plâtrée. Dans une semaine, je l’enlevais, me libérant enfin d’un poids. A mon tour, je l’examinais de loin. Il avait maigri, beaucoup trop. Son teint pâle ressortait encore plus, surement dû au fait de la malnutrition qu’il s’infligeait. Dieu sait que j’aurais aimé lui parler… Le toucher… L’embrasser même… Si tout était différend…

Nous passâmes le reste de l’heure, les yeux dans les yeux. Totalement déconnecté de la réalité, je ne vis même pas les deux autres parties gagnées de Cameron. Ce fut la voix grave du maitre d’activité, qui me fit sursauter.

– On se revoit mardi prochain, vous avez bien travaillé. Dit-il, en se levant

Je me levais à mon tour, sachant que je ne devais en aucun cas adresser la parole à Ilian. Ce dernier me fixait, sans me lâcher du regard. J’avertis Cameron que je partais dans mon bureau et discrètement, je passais à côté d’Ilian, laissant ma main effleurer la sienne. Mes poils se hérissèrent au contact et je pu remarquer qu’il fermait les yeux. Un sourire peint au visage, je sortis de la salle, me sentant pour une fois comme il ne m’était pas arrivé depuis longtemps : heureux.

**

Et ce fut ainsi que commença nos « rendez-vous ». Il venait à chacune des réunions d’activités et moi j’accompagnais mon patient. Nos regards ne se lâchaient à aucun moment, reprenant peu à peu des forces à travers ce duel.

Le directeur n’était au courant de rien, bien entendu. Je m’étais bien gardé de lui dire, et il ne m’avait rien demander. En quelque sortes… Je ne lui mentais pas.

Deux semaines plus tard, il m’avait obligé à faire une garde, pour un manque de personnel à l’approche des fêtes. C’est avec une légère appréhension qu’il avait laissé l’hôpital sous mes ordres. Et c’est ravi de ce calme et de cette tranquillité, que je me retrouvais dans mon bureau, lisant mon livre. Mon bureau était devenu une sorte de refuge, un endroit où je laissais mes idées noires dehors, contrairement à mon appartement, où elles revenaient au galop.

Ce fut aux alentours de 23 heures que je décidais de me lever, devant faire un tour de garde pour voir que tous les patients avaient bien regagné leur chambres après le couvre-feu. Marchant dans les couloirs vides et sombres, je sentais mon cœur battre de plus en plus vite alors que j’arrivais dans le couloirs des chambres. Aucune lumière ne filtrait d’en dessous des portes… Aucune… Sauf la sienne.

Avec angoisse, je m’approchais de sa porte, hésitant à frapper. Je mourrais d’envie de le faire mais je restais bloqué. Cela faisait si longtemps que je ne lui avais pas parlé…M’en voulait-il de ne pas être revenu le voir ? J’étais heureux lorsque je le voyais aux activités, mais cela restait encore dans le cadre professionnel, car je ne lui parlais plus…Si je lui parlais, je savais que je n’arriverais pas à m’empêcher de prendre de ses nouvelles, de voir s’il allait bien…Non…Il ne fallait pas, je l’avais déjà bien trop fait souffrir.

Mais alors que je me retournais, la porte d’Ilian s’ouvrit, et je sursautais avant de me figer. Moi qui voulait passer inaperçu, je venais de me faire avoir. Ilian se trouvait dans l’embrasure de la porte, me regardant les yeux grand ouverts, visiblement il ne s’y attendait pas non plus. Soupirant, je me retournais, essayant de ne pas laisser transparaitre l’envie de le prendre dans mes bras.

– Tu… Le couvre-feu t’oblige à éteindre ta lumière… Dis-je maladroitement.

Un sourire étira ses lèvres en coin, visiblement, il avait deviné que j’étais mal à l’aise. Il leva sa main et mes yeux s’ancrèrent dans les siens. A l’intérieur, je pu voir briller cette lueur de malice qui y habitait quatre ans plus tôt… A peine eus-je le temps de réaliser qu’il avait appuyé sur l’interrupteur de la lumière de sa chambre, et se jetais sur moi. Dans le noir complet, je reculais d’un pas alors qu’ilian s’appropriait mes lèvres. Mon cœur déjà endiablé, augmenta d’un volume alors que je sentais cette étreinte qui m’avait fait défaut de puis un moment. Puis je me ressaisis. L’effet de surprise passé, je compris qu’il ressentait comme moi, ce manque. Vivement, continuant notre échange, j’entrais dans sa chambre, Ilian toujours dans mes bras. Je refermais sa porte et l’appuyais dessus, approfondissant notre baiser. Sa langue vint quémander la mienne timidement, et ravi, je lui donnais l’accès de ma bouche. Mes poils se hérissèrent tellement ce baiser magnifique et diaboliquement sensuel me remplissait de bonheur. Je retrouvais ma dose comme un junki en manque de poudre. Ilian se collait à moi, ses mains passant dans mes cheveux, son bassin se collant à mon intimité…

A bout de souffle, je mis fin à notre échange, posant mon front contre le sien.

– Tu m’as manqué…Soufflais-je, les yeux fermés.

Mais à peine eus-je prononcer cette phrase que je sentis Ilian se crisper. Ouvrant mes yeux, je compris qu’il revenait peu à peu à la réalité. Paniqué, il posa ses mains sur mon buste et m’écarta de lui.

– Je… Je suis désolé, je n’aurais pas du.. .Oublie-ça… Je… Bafouilla-t-il, les larmes aux yeux.

– Comment veux tu que j’oublie Ilian ! Même sans ce baiser, je ne fais que penser à toi. Rétorquais-je, vivement.

– Arrête… Ta carrière… Je t’ai détruit une fois… Je ne veux pas le refaire une deuxième fois…

Le clair de lune éclairant son visage, je pu remarquer qu’il pleurait, et mon cœur se brisa à cet instant. Je m’approchais alors de lui, murmurant son prénom, mais il détourna le regard, et ouvra la porte. Déçu, je fis quelque pas, mais m’arrêtais bien vite, posant ma main sur celle d’Ilian, un sourire aux lèvres.

– Tu te rappelles, il y un peu plus de quatre ans, je t’avais dis de m’attendre après mes cours, dis-je, essayant de capter son regard, mais j’avais séché, et j’avais oublié de t’avertir. Ce jour-là, tu as piqué une crise, et tu as choisis la plus terrible des armes pour me blesser, l’ignorance.

Je vis ses yeux se fermer alors qu’il m’écoutait. Cette nouvelle limite que le directeur nous avait imposé venait de se briser en milles morceaux.

– Et ce jour là, tu m’as claqué la porte au nez. Je t’avais interdit de recommencer…

– Mais je… Dit-il, ouvrant les yeux pour croiser mon regard.

Je lui laissais pas le temps de parler, fermant la porte et le collant contre le mur. Mes deux mains de chaque côtés de son visage, mes yeux s’ancraient dans ses émeraudes.

– Tu veux me virer de ta chambre…C’est la même chose…Murmurais-je, faiblement.

– Non…Je…Bredouilla-t-il, perdu.

– Que tu le veuilles ou non, maintenant que je t’ai retrouver, tu auras du mal à me claquer la porte au nez une seconde fois.

Mes lèvres se posèrent sur les siennes dans une délicate étreinte. Il ne me résista pas bien longtemps et m’offrit ses lèvres. Ses mains reprirent leurs places sur ma nuque et les miennes vinrent se poser sur ses hanches. Le baiser doux, redevint bien vite endiablé, et Ilian, insouciant, se colla à moi. Mon désir pour lui augmenta d’un cran et je m’éloignais, ne voulant surtout pas qu’il sente que je commençais à m’éditer. J’allais m’assoir sur lit, et m’allongeais regardant le plafond, essayant de me calmer. Mais Ilian vint immédiatement se coller à moi, mettant un bras autour de mon cou, et plongeant sa tête dans celui-ci. Je sentais ses lèvres déposer de doux baisers papillons. Une chose était sur, il avait gagner en assurance.

Je me sentais bouillir, et il ne faisait rien pour arrêter ça. Sa jambe vint se poser sur les miennes, se collant plus qu’il ne le fallait. Mais mes yeux s’ouvrirent du surprise alors que je sentais une chose pousser contre ma cuise… Il était dans le même état que moi. Je me tournais alors vers lui, et pu voir une énorme peur au plus profond de ses prunelles.

– Ilian… Soufflais-je touché.

– Quand vas-t-on se revoir ? Me demanda-t-il.

– Aux activités… Dis-je, faiblement.

Mais ce n’était pas la vrai réponse à sa question…

– Jaeden… Quand va-t-on vraiment se revoir ? Répéta-t-il, croisant cette fois mon regard.

– Je ne sais pas…

Notre avenir était incertain. Peut-être devrons nous attendre encore un mois avant de pouvoir nous serrer de nouveaux l’un contre l’autre… A cette pensée, mon cœur se serra, je venais moi même de me jeter tête baissé dans le piège de nos sentiments… Mais Ilian reprit la parole…

– Alors…Fais moi l’amour…

Immédiatement, je me redressais, m’asseillant sur le lit pour le regarder.

– Quoi ? Fis-je, presque gêné qu’il me le demande ainsi.

– Je… Si… Si on ne se revoit pas avant longtemps… Je veux garder une trace de toi…Je veux me sentir bien de nouveau… Et ça, toi seul arrive à le faire… Me dit-il, évitant mon regard.

Je restais figé face à ces paroles. Je ne voulais pas qu’il pense que j’avais besoin de ça pour ne pas l’oublier…

– Ilian… Ne t’obliges pas… Je ne vais pas aller voir ailleurs si tu as peur de ça… Bafouillais-je de plus en plus mal à l’aise.

Ilian se leva a son tour, se mettant sur ses genoux. Une main se posa sur mon épaule alors que l’autre se posait sur ma joue. Ses émeraudes m’hypnotisant, il posa ses lèvres sur les miennes. Un chaste baiser qui me donna des frissons.

– Fais-moi l’amour Jaeden… Comme la première fois… Je t’en prie… Fais moi revivre à nouveau…

Sa voix résonnait dans ma tête. Si belle et si douce, sa plainte m’enchantait, m’ensorcelait. Ses lèvres se posèrent une nouvelle fois sur les miennes comme pour essayer de me décider. Mais elles n’en avaient pas besoin. Doucement, ma main se posa sur sa hanche, et d’un mouvement, je le fis s’allonger sur le lit. Il se mit à frissonner alors que mes lèvres embrassaient ses joues, descendant dans son cou. Je savais que je devais y aller doucement. Me demander de lui faire l’amour était un grand pas pour lui. Il extériorisait ses démons, m’autorisant à le faire de nouveau mien et par la même occasion lui faire oublier l’espace d’une nuit toutes les souffrances que lui avait causé Ewen. Dans une lenteur extrême, je passais mes mains sous le haut de son pyjama, touchant sa peau fébrilement. Je sentis alors ses mains se poser sur le matelas, et ses yeux se fermer. Mon cœur se serra à l’idée qu’il subissait ce que je lui faisais. Rapidement, je revins prendre possession de ses lèvres, l’embrassant encore comme jamais je ne l’avais fait.

– Touches moi Ilian… Regardes moi… Lui soufflais-je, entre ses lèvres.

Ses yeux s’ouvrirent alors et je sentis ses mains se reposer sur mes côtes. Il faisait de gros efforts, alors j’allais le remercier, à ma façon…

– C’est moi… Rien que nous deux… Comme avant Ilian… Comme quand j’ai pu te mettre dans mon lit la première fois… Lâchais-je, dans un sourire.

Je l’entendis alors éclater de rire. Un rire sincère qui le libérait de l’angoisse qui lui tordait surement l’estomac. Je voulais qu’il se détende, car même si je me faisais patient, je me sentais aussi nerveux que lui. Il m’offrait, en quelque sortes, une nouvelle première fois.

Après l’avoir embrasser une deuxième fois, je me relevais sur les genoux, mes jambes de chaque côtés d’Ilian. Mes mains se posèrent sur ma chemise, et mon regard ancré dans celui d’ilian, je la déboutonnait. Elle tomba alors sur le sol. Le regard d’Ilian dériva sur mon torse et de légères rougeurs apparurent sur ses joues. Je pris alors sa main et la posa sur mon torse, à l’endroit même où se trouvait mon cœur. Je voulais lui montrer que moi aussi j’avais peur. J’avais peur de mal faire. Les battements irraisonnées de mon cœur le firent encore plus rougir, et lentement je m’abaissais reprenant une nouvelle fois ses lèvres dans un baiser endiablé. S’il fut hésitant au début, ses mains se posèrent sans hésitation sur mon dos par la suite, le caressant sensuellement sans même s’en rendre compte.

Mes lèvres descendirent vers son cou qu’elles agressèrent gentillement. Mes mains, logées sous son tee-shirt, le caressant, le faisait parfois se cambrer. Décidant qu’il était temps, je me remis sur mes genoux, le faisant s’assoir. Ses joues rouges ne demandaient que la suite. Amusé, je pris le bas de son tee-shirt, l’embrassant immédiatement. Il leva alors les bras, m’autorisant à poursuivre. Mais ce bout de tissus coupa notre échange visuel un instant et a peine avais-je balancer le tee-shirt au sol, qu’Ilian s’était de nouveau crispé, fuyant mon regard. Je pris alors immédiatement son visage entre mes mains, le forçant à me regarder.

– C’est moi… Moi… Et personne d’autre… Murmurais-je, embrassant son front.

Il sembla se décontracter à l’instant même, goutant à mes lèvres comme s’il en avait besoin. Je l’allongeais alors à nouveau sur le lit, et mes lèvres vinrent le parsemer de baisers que j’essayais aussi tendres les uns que les autres. Du cou, je descendis à ses épaules, puis sur son torse. Il était maigre, blanc comme un linge, mais là, sous mon regard et sous ce clair de lune, Ilian était magnifique. J’entendais sa respiration calme, s’accélérer de plus en plus et ses mains venir se loger dans ma chevelure. Je sortis alors ma langue et m’amusait avec ces deux bouts de chairs qui pointait. A peine les eu-je touché, que la peau d’Ilian fut parcouru de frissons et une « chair de poule » s’y installa. Je jouais un peu avec eux, faisant cambrer Ilian. Ces déhanchés violents me montrait qu’il aimait ça…

Je descendis un peu plus mes lèvres, embrassant son ventre, glissant ma langue dans son nombril. A ce contact, je pu entendre Ilian gémir. Ce n’était pas un cris mais un murmure, mais peu m’importait, un sourire triomphant ornait mon visage. Heureux je me relevais, croisant son regard et ses joues de plus en plus rouges. Nous nous embrassâmes une nouvelle fois, avant que je ne me remette sur mes genoux, provoquant un soupire de mécontentement chez Ilian.

Mes mains se posèrent sur mon jean sans que je ne décroche mon regard du sien. Doucement, je dégrafais le premier bouton, et faisais glisser la braguette. Je pris alors les mains d’Ilian et le souleva, le faisant assoir une nouvelle fois sur le lit. Mes bras virent s’enrouler autour de son cou alors que je collais mes lèvres aux siennes dans un baiser passionné qu’il ne me refusa pas.

– Enlèves-le moi ilian….Murmurais-je posant ses deux mains sur les bords de mon pantalon défais.

Mais trop pressé, je n’avais pas pensé à sa réaction. Les larmes vinrent cacher ses émeraudes, et les yeux dans le vagues, il colla ses mains contre sa poitrine. Avais-je prononcé une phrase qu’avait-dite Ewen ? Je n’eus aucune hésitation… Je n’avais pas réfléchi. Immédiatement, je rallongeais Ilian sur le lit, calant son visage entre mes deux mains et parsemant son visage de tendres baisers.

– Excuses moi… Fis-je tristement, avant de poser mes lèvres sur les siennes.

Doucement, je tentais de faire évacuer son stress par le biais de mes mains, le caressant. Ce fut lorsque je l’entendis enfin soupirer de bien-être que je décidais d’aller plus loin. Je refrénais sans cesse ce désir qui montait en moi, me forçant à faire passer le bien d’Ilian avant le mien. Mes lèvres descendirent cette fois plus rapidement vers son bas ventre, toujours en gardant cette même tendresse. Mes mains se posèrent sur son bas de pyjama, attentif à chaque mouvement que faisait Ilian. Dans une lenteur extrême, je lui enlevais son pantalon, ancrant mon regard dans le sien. Les rougeurs sur ses joues s’accentuèrent alors que je le mettais nu devant moi. Excité, je ne pu m’empêcher de poser mon regard sur son intimité dressée.

– Tu es magnifique…Dis-je, la voix rauque.

Je ne lui laissais pas le temps de répondre, mes lèvres se posèrent sur ses genoux, les embrassant timidement, puis doucement, je remontais, caressant et posant mes lèvres sur ses cuisses. Mais alors que je me rapprochais de son intimité, j’entendis Ilian m’appeler :

– Ja… Jaeden attends… Dit-il, faiblement.

Je me relevais immédiatement, croisant son regard gorgé de larmes. Dans un sourire, je vins ravir ses lèvres a nouveau, faisant taire ses peurs.

– Imagine toi….Comme il y a 6 ans, notre première fois…Oublie le reste ilian…Ne pense jusqu’à cette après-midi magnifique…. Lui soufflais-je dans le creux de son cou.

Un sourire sur ses lèvres m’avertit qu’il était d’accord, et l’embrassant une dernière fois, je redescendais vers son intimité. Mes mains se posèrent sur ses cuisses jouant de mes pouces pour le détendre au maximum. Je sentis sa respiration s’accélérer alors que j’approchais mes lèvres de son sexe, et lorsque celles-ci le touchèrent, Ilian se cambra de plaisir. Amusé, je passais alors ma langue dessus. Depuis combien de temps n’avais-je pas rêver de ce moment ? Mon dieu, c’était encore plus extraordinaire que dans mes rêves et souvenirs.

Ma langue s’enroulait autour de son pénis sans jamais le prendre en bouche. Peu à peu, je sentais Ilian se détendre, gémissant plus fortement qu’aux accoutumés. Mais je savais qu’il se concentrait pour ne pas crier, l’endroit où nous étions ne nous facilitait pas la tâche. Lorsque je sentis enfin ses mains venir se poser sur ma chevelure dans une demande innocente, un sourire étira mes lèvres et immédiatement je répondis à sa demande. Je pris son intimité entièrement en bouche, enroulant ma langue autour. Ilian lâcha un cri muet et se cambra violemment. Son corps semaient des petites perles de transpirations, le faisant luire sous ce clair de lune. A cette vue, mon cœur se mit à batte vite. Mes mains se placèrent sur ses hanches et d’un mouvement de tête, je commençais des vas et viens qui ferait tourner la tête d’Ilian.

Là, sur ce lit d’hôpital, nous franchissions l’irréparable. Si cela venait à ce savoir, je pouvais dire au revoir à ma carrière. Mais en cet instant, je n’étais plus Jaeden le psychiatre, mais Jaeden, le petit ami d’Ilian… Comme il y a quatre ans ou six ans… Comme je lui avais demander.

– Jaeden…Je…Je vais…Me fit Ilian dans un ultime cambrement.

J’accélérais alors la cadence et il éjacula dans ma bouche dans un cri muet. La respiration saccadée, ses mains se posèrent sur ses yeux alors qu’il savourait. Fier, je me relevais, pour m’allonger sur lit. Ma tête se cala dans son cou et je sentis ses bras m’encercler. Ma main vint entremêler quelque mèches de ses cheveux et mes lèvres se posèrent sur sa joue. Je lui laissais le temps de récupérer, même si je souffrais le martyr.

– On peut stopper là Ilian… Murmurais-je dans son oreille.

Il tourna alors son regard surpris vers moi.

– Ne t’inquiètes pas pour moi, dis-je dans un sourire, ce que tu m’as donné ce soir, crois moi… C’était merveilleux.

Je lui pris alors ses lèvres et nous échangeâmes un baiser endiablé. Puis a court de souffle, j’y mis fin, essayant de me calmer.

– Jaeden… Murmura Ilian faiblement.

Je tournais alors la tête vers lui. Il voulait me dire quelque chose sans vraiment oser. Je me rallongeais alors sur lui, lui montrant que je pouvais attendre.

– Je veux qu’on le fasse… Jusqu’au bout… Souffla-t-il, en fermant les yeux.

– Ilian… Dis-je dans une grimace.

– Vraiment.

– Et moi je ne veux pas te faire de mal.

Il me regarda alors, essayant de comprendre. Le regard fuyant, je me mis sur le dos, me séparant de lui.

– Je n’ai qu’une envie, c’est de te faire l’amour mais… Tu vas avoir mal… Et je ne veux pas te faire mal. Dis-je maladroitement.

Après quelques secondes où je pu sentir le regard brulant d’Ilian sur moi, il vint se coller à moi, embrassant ma joue.

– Jeaden… Tu es le seul… Je… Si c’est toi… Je n’aurais pas mal… Enfin, cette douleur ne sera rien à côté de ce que j’ai pu vi… Je… Ca ne sera rien à côté de tout ce que tu vas m’apporter… Je veux que ça soit toi… Je veux oublier , dit-il, avant de m’embrasser.

Emporté par son désir évident, je balançais au placard le reste de mes interrogations. Ilian pouvait m’arrêter à n’importe quel moment s’il le voulait, et ce fut dans ce baiser plein de tendresse que je le lui fis remarquer.

Ilian, nu sous moi, me faisait vibrer de désir. Doucement, je me mettais debout, sous son regard étonné. Un sourire étira mes lèvres et j’enlevais mon pantalon dans une lenteur extrême. Je pu voir le regard d’Ilian dévier au niveau de mon bas-ventre. Le rouge aux joues, un éclair de désir transperça ses prunelles alors que je passais mes mains sous l’élastique de mon boxer. Une chose était sûre, même après quatre ans, nous nous plaisions toujours autant. Mes joues prirent une teinte légèrement rouge alors que je me mettais nu devant lui. Je n’avais aucun mal à me mettre nu devant Hugo, ou le Ilian du passé, mais là, c’était comme me montrer à un nouvel homme. Me montrer entièrement. Même avec ce défaut qui ornait mon dos. Cette longue cicatrice qui représentait bien des souffrances. Je priais intérieurement pour qu’il ne la voit pas ou ne la sente pas cette nuit. Qu’il ne me pose aucune questions comme moi je ne le faisais pas. Gêné qu’il me regarde ainsi, je revins capturer ses lèvres, prenant soin de bien me coller a lui pour montrer à quel point j’avais envie de lui.

– Maintenant nous sommes à égalité, dis-je dans un petit sourire.

Il me rendit mon sourire avant de m’encercler et d’écarter un peu plus ses cuisses. Vivement, mes mains repartirent une nouvelle fois à la découverte de son corps, voulant le détendre encore plus. Je savais que même s’il ne le montrait pas, il devait angoissé.

Une fois que je fus sûr qu’il soit près, j’abaissais ma main derrière lui, et entrais un doigt humidifié aussi délicatement que je le pouvais. Ilian se crispa immédiatement, posant son regard dans le vague. Vivement, je capturais ses lèvres lui offrant un baiser passionné afin qu’il ne pense plus à rien. Mon regard s’ancra alors dans le sien, et un sourire s’afficha sur mes lèvres alors que je commençais à bouger mon doigt.

– ça doit bien faire quatre ans que je rêvais de ce moment…Soufflais-je, le décontractant.

– Moi aussi…Répondit-il, dans un sourire.

– Tu m’as vraiment manqué.

Je repris une nouvelle fois ses lèvres, enfonçant un deuxième doigt. Un gémissement sortit des lèvres d’Ilian, mais il l’étouffa bien vite en m’embrassant. Ses ongles se plantèrent sur mes épaules et après plusieurs vas et viens, je sentis Ilian se détendre et s’enfoncer inconsciemment de lui-même sur mes doigts. Je retirais alors mes doigts et posais mes mains sur ses hanches. J’ancrais mon regard dans ses émeraudes et frottais mon nez au sien, comme j’aimais le faire avant.

– Tu es prêt ? Demandais-je faiblement.

Pour toute réponse, il acquiesça et plongea sa tête dans mon cou. Je fis de même et d’un mouvement lent, je le pénétrais, lui arrachant tout de même un gémissement de douleur. Ses ongles me griffèrent et je pu sentir mon cou se mouiller, signe qu’Ilian pleurait. Immédiatement, je stoppais, recherchant ses lèvres. Nos langues se retrouvèrent, et je repris de m’enfoncer en lui. Une fois fait, je commençais un déhanché minime, l’entendant gémir encore de douleur.

Le temps passa et les plaintes d’ilian se transformèrent en une douce mélodie. Ses membres se relâchèrent et ses gémissements se transformèrent en plaisir. Mon cœur se mit à battre follement alors que je compris que j’avais réussis. Nos lèvres se joignirent à nouveaux, et j’augmentais le volume de mes déhanchés, ravi de retrouver mon Ilian. Il me griffait toujours, mais cette fois il n’avait plus mal. Il revivait…Comme avant. Son corps se cambrait, ses jambes s’accrochaient autour de moi dans le désir de m’avoir un peu plus en lui. Sa douce odeur m’enivrait, me faisant perdre la tête.

A bout de force, je fit l’ultime déhanché qui décrocha les étoiles à Ilian. Il éjacula sur mon bas ventre et je le suivis immédiatement. Le souffle coupé, je reprenais avec difficulté ma respiration, et c’était aussi le cas pour Ilian. Mais alors que je voulais me retirer, les jambes d’Ilian m’encerclèrent encore plus fort. Ses yeux avaient reprit cet éclat de malice qui n’arrivait que très rarement et un sourire sadique étirait ses lèvres.

– Recommences. M’ordonna-t-il faiblement.

Fatigué, mais étant prêt à recommencer autant de fois qu’il le voulait, je repris mes déhanchés, à notre plus grand bonheur…

 

***

Je fus réveillé par les caresses d’Ilian dans mon dos, et lorsque je reconnu l’endroit précis où elles s’arrêtaient, mon corps se tendit à la seconde. Il ne cessait de toucher ma cicatrice, vestige d’un passé que je voulais ne plus me souvenir. Ilian du sentir mon trouble car immédiatement il retira sa main.

– Désolé, soufflais-je m’en voulant à moi-même.

Je reposais ma tête sur l’oreiller, voulant lui montrer que je ne voulais pas en parler. J’attendais d’Ilian qu’il me parle alors que j’étais moi même incapable d’aller au-dessus de ce traumatisme. Ilian se rallongea près de moi et se colla tout contre moi. Sa jambe passa au dessus des miennes et il rapprocha son intimité de ma hanche. Un sourire étira mes lèvres alors que je remarquais qu’il avait encore envie de moi. Sa main se posa dans mes cheveux et l’autre caressait mon bras tendrement. Lorsqu’il posa ses lèvres sur ma joue, je tournais vivement la tête vers lui pour happer sa bouche dans un baiser fiévreux. J’étais complètement et désespérément amoureux de lui et je maudissais l’endroit où nous nous trouvions car il avait réussit à éveiller à nouveau mon désir pour lui. Ce fut seulement lorsque qu’il colla son intimité contre la mienne que je remarquais que j’étais passé au dessus de lui et que ses bras étaient maintenant autour de mon cou.

– Je vais devoir partir, murmurais-je en frottant mon nez contre le sien, tentant d’oublier mon désir pour lui.

Mais Ilian n’était pas décidé à me laisser faire. Ses jambes s’enroulèrent autour de mes hanches et il se colla à nouveau contre moi.

– Restes encore un peu… Dit-il avant de reprendre mes lèvres dans un baiser des plus sensuels.

Séduit, je n’eus pas le cœur à l’arrêter. Le temps s’écoula et mes mains passaient et repassaient sur ses hanches, embrassant sa peau au goût délicieux. Mais mon regard se posa sur la pendule de sa chambre et vivement je me relevais, un soupire s’échappant de mes lèvres alors que j’étais encore en train de déraper.

– Il faut vraiment que je parte Ilian, répliquais-je en déposant un baiser furtif sur ses lèvres.

Ilian acquiesça à regret et je me levais, attrapant mes affaires pour me rhabiller. Lorsque je me retournais encore nu, je surpris le regard d’Ilian posé sur mon corps et un large sourire étira mes lèvres.

– Rhabilles-toi espèce de pervers, m’écriais-je en lui balançant son pyjama.

Ilian rougit violemment et il s’habilla à son tour. Lorsqu’il eu terminé il remit la couverture sur lui et j’attrapais mes chaussures, m’assaillant près de lui pour les mettre. Il ne fallut pas longtemps avant qu’Ilian vienne se coller à moi. Une fois prêt, je me tournais vers lui et attrapais son visage entre mes mains avant de l’embrasser une dernière fois.

– Je vais essayer de faire une autre garde très rapidement…Dis-je dans un sourire.

Un dernier baiser, et je me levais, sortant de sa chambre après un dernier regard…

**

Cela faisait une heure que je tentais de travailler avant de rejoindre le directeur dans la salle dé réfectoire, mais je n’y arrivais pas. Mes pensées et ma concentration étaient toujours dans la chambre d’Ilian. Un sourire niais ne cessait de s’afficher sur mes lèvres alors que mes yeux se posait sur le lac. Je ne pouvais m’empêcher de me demander si Ilian était dans le même état que moi. Il avait franchi un cap, et ce cap, il me l’avait offert. Je lui avais donné une seconde première fois et j’en étais plus qu’heureux.

Un bâillement franchit le barrage de mes lèvres et je sursautais alors que j’entendais quelqu’un frapper à ma porte. Le directeur ouvrit alors la porte et ses sourcils se froncèrent en voyant mon teint fatigué.

– La nuit a été agité ? Demanda-t-il, surpris.

– Non… Pas vraiment. Répondis-je dans un sourire resplendissant.

Je me levais et marchais à ses côtés jusqu’au réfectoire. Là, nous prîmes notre petit déjeuner et allâmes nous asseoir à la table du personnel. La salle se remplit peu à peu. Mon regard se posait sur l’ensemble des gens dans la salle jusqu’à le voir, là assis sur sa table. Mais mon sourire s’élargit alors que je vis Cameron s’asseoir près de lui. Ilian leva alors les yeux vers moi, et ses lèvres s’étirèrent dans un faible sourire.

– Jaeden, je te parles, tu m’écoutes ? Fit le directeur, vivement.

Je sursautais pour croiser une nouvelle fois le regard du directeur, et il répéta ce qu’il me disait, les nouvelles mesures de sécurité au sein des adolescents. Je l’écoutais sans vraiment l’écouter, ne pouvant m’empêcher de river mon regard sur Ilian et Cameron, qui déjeunaient, s’échangeant des paroles par-ci, par là. Depuis combien de temps se parlaient-ils ? Cameron ne m’avait jamais parler d’un quelconque rapprochement avec un autre patient. Cela me faisait chaud au cœur, aussi timide l’un que l’autre, je préférais vraiment qu’Ilian devienne ami avec Cameron qu’avec Melvin…

Paul et moi terminâmes de déjeuner et après un dernier sourire caché à Ilian, je sortis du réfectoire. Le directeur alla dans son bureau tandis que j’allais dans le mien. Au bout d’une heure, n’arrivant pas à travailler, j’allais chercher un café dans la salle des infirmières. J’approchais de la machine et me servait une tasse. L’infirmière en chef regardait la télé alors qu’un, que je ne connaissais pas lui parlait. Curieux, j’écoutais :

– J’ai été surprise de le voir d’aussi bonne humeur. Dit-elle, prenant une revue. Il avait les yeux rouges, mais un sourire accroché à ses lèvres…Je ne comprends pas.

– Tu as vérifier son bras ? Fit l’infirmière en chef, peu intéressée.

Je compris à cette phrase qu’elles parlaient d’Ilian. Mon cœur s’accéléra alors que j’entendis qu’il était dans le même état que moi.

– Oui, il cicatrise vraiment bien. Répondit-elle en acquiesçant, j’ai été mangé au réfectoire et tu ne devineras jamais.

– Quoi ?

– Il a mangé… Tout son plateau. Je te promets il ne restait même pas une seule miette.

L’infirmière daigna alors tourner sa tête vers la jeune femme, ne semblant pas vraiment la croire. Mes mains se crispèrent sur la tasse et un sourire niais ne voulait pas se départir de mon visage.

– Tu en as parler au directeur ? Demanda l’infirmière en chef, sérieuse.

– Non, pourquoi ? Fit la jeune femme, surprise.

– Il s’occupe du cas d’Ilian.

Mes sourcils se froncèrent d’incompréhension, pourquoi étais-ce le directeur même qui s’occupait d’Ilian ? Vivement, je lâchais ma tasse de café, sortant de la pièce à tout vitesse. J’arrivais devant le bureau du directeur, entrant sans même frapper. Je le vis sur son bureau, ses lunettes sur son nez, épluchant des comptes.

– Je peux savoir pourquoi c’est toi qui t’occupe d’Ilian ? M’écriais-je énervé.

– Depuis quand on entre sans frapper ? Répliqua-t-il, les sourcils froncés

Sous mon regard pesant, le directeur soupira d’exaspération.

– Jaeden, soit un peu lucide, dit-il sérieusement. Si j’avais laissé Ilian aux mains d’un autre psy, ce dernier m’aurait demandé des explications, sur le fait que tu ne travailles plus avec Ilian.

– Tu aurais très bien pu lui dire que j’avais abandonné. Paul, donne moi la vrai raison. Dis-je autoritaire.

Le directeur se leva furieusement, me lançant un regard noir. Il alla regarder par la fenêtre et se tourna vers moi.

– Tu exagères Jaeden,. Lâcha-t-il, énervé. Tu étais le dernier sur ma liste, tous les mois, je dois faire un rapport à l’académie et ce rapport sera publié, est-ce que tu penses vraiment que je peux me permettre que malgré tous les psy talentueux que j’ai ici, aucun n’a réussi à obtenir des informations sur Ilian.

– Je… Dis-je, perdant mon assurance.

– Est-ce que je peux aussi dire que j’avais donner son cas à une personne qui se trouvait justement être la raison de son arrivée ici ? Dit-il, en colère.

– Quoi ? Je ne suis pas la raison de…

Mais il me coupa marchant vers son bureau. Là, il ouvrit un dossier et lu à voix haute.

– Je cite : « Combien de temps a duré la relation avec votre cousin ? Elle a commencé une semaine après la rupture avec mon petit ami pour se terminer le jour où je lui ais enfoncé ce bout de verre dans le cœur. »

Je ne répondis rien, déstabilisé par ses propos.

– Que tu le veuilles ou non, si tu es là, c’est en partit de ta faute. Trancha-t-il, abruptement.

Mes yeux se posèrent sur le sol, s’il voulait me ruiner le moral il venait de le faire en beauté…

– Pourquoi vous-êtes vous quitter toi et lui ? Finit-il par me demander le directeur allant s’asseoir sur son siège.

– Tu as la réponse dans ce dossier non . Répliquais-je, ne souhaitant pas lui faire de confidences.

– Arrête, je sais très bien que ce n’est pas la vrai réponse…Tu ne me parles jamais de ton passé Jaeden…

– Parce que je n’en suis pas fier.

Il y eu un blanc, où le directeur ne me lâchait pas du regard. Je me levais alors, comptant partir.

– Jaeden, tu ne veux l’aider à aller mieux ?

Cette question me glaça le sang, comment pouvait-il me demander cela alors que j’avais faillit me faire virer pour lui. Ilian allait mieux aujourd’hui, et il ne l’avait même pas encore remarqué.

– Il a cru que je l’avais trompé, alors il m’a quitté, dis-je froid. C’est tout ce que je peux te dire, à toi de trouver le reste, tu es son psy maintenant non ?

Sans un mot de plus, je sortis de son bureau, laissant derrière moi une vague d’insolence sans borne. Je me rendis alors dans le couloir des chambres. J’avais rendez-vous avec Cameron et j’avais choisi de l’emmener dehors pour notre rendez-vous. Je toquais à sa porte et il sortit immédiatement, un manteau sur le dos. Nous partîmes alors et je fis un détour par mon bureau, devant moi-même prendre une veste.

L’air était frais dans ce parc qui commençait peu à peu à se blanchir. Bientôt, Noël arriverait et je devrais irrémédiablement voir Kain. Chassant cette idée noire, nous primes un chemin entre les arbres, discutant de chose et d’autre. Assez éloigné de l’hôpital, nous assîmes sur un banc, regardant les deux cygnes nager sur le lac.

– Ta famille doit venir te voir à Noël ? Demandais-je, me tournant vers lui.

– Je ne sais pas… Peut-être ma petite amie… Me répondit-il en haussant les épaules.

– Cameron… Tu sais comme moi qu’elle ne viendra pas…

– Oui…Vous avez raison… Il y a trop d’heures de route…

Je me crispais alors. Après un mois, Cameron ne m’avait toujours pas parlé du meurtre qu’il avait commis, me parlant que brièvement de sa petite amie. Nous reprîmes alors une discussion sur ses loisirs, jusqu’à ce qu’une personne vienne nous déranger.

Ilian se trouvait sur le chemin, semblant étonné de nous voir là. Mon cœur se mit à battre un peu plus vite alors qu’il posait sa main sur sa nuque, l’air gêné.

– J’aimerais rentrer… J’ai un peu froid. Me dit tout à coup Cameron, se levant du banc.

– Tu pourrais le faire seul ? Demandais-je ne lâchant pas Ilian du regard.

Cameron me répondit que oui, mais alors qu’il partait, je me levais, marchant d’un pas rapide vers Ilian. Un sourire sur ses lèvres et je ne résistais pas, l’embrassant immédiatement. Ses mains se posèrent sur ma tête et les miennes sur ses hanches. Sous le choc du baiser, il recula, et je le collais alors contre le tronc d’un arbre. Notre baiser, déjà passionné, se transformait de plus an plus. Nous ne nous étions même pas parlés, mais nos gestes le faisait pour nous. Nous étions en manque de l’autre. Ma main passa sous sa veste et je le sentis frissonner d’excitation. En manque d’air, Ilian mit fin à notre baiser collant son front contre le mien, essoufflé.

– Tu devrais partir, souffla Ilian, posant un smack sur mes lèvres.

– Tu nous as suivis… Dis-je un sourire sur les lèvres

– Non ! S’offusqua-t-il, le rouge aux joues.

Je rigolais légèrement, et reprenais une nouvelle fois ses lèvres pour un baiser passionné. Ses bras se resserrèrent autour de mon cou et je le collais un peu contre le tronc. Une fois de plus à court de souffle, ce fut moi qui mis fin à notre baiser, déposant un doux baiser papillon sur le coin de ses lèvres.

– Vas-t’en idiot. Souffla Ilian, dans un sourire qui me chauffa le cœur.

– A bientôt…

Vivement, je me décalais, et prit le même chemin que Cameron. Je me retournais, marchant à reculons, et lançais un splendide sourire à mon amant avant de me retourner et de partir, avec comme objectif de faire au plus vite une nouvelle garde.

Un sourire collé aux lèvres, je marchais d’un pas détendu vers les abords de l’hôpital. Mais une fois devant, je m’arrêtais, le sang glacé, et le bonheur qui s’était répandu en moi partit aussi vite qu’il était arrivé.

Alors Jaeden…Tu ne viens pas dire bonjour à ta mère ?

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