Nothing to prove – Chapitre 2

Chapitre 2 écrit par Lybertys

La première silhouette qui était en fait le directeur de l’établissement, l’homme que je supportais le plus, bien que je n’aie jamais rien fait pour le faire remarquer. Durant ces quatre années passées ici et depuis mon procès j’avais appris beaucoup. Je m’étais chaque jour un peu plus fabriqué cette carapace qui faisait de moi celui que j’étais devenu : à jamais impénétrable. Ce nouveau psychiatre allait de nouveau m’exaspérer. Il n’allait pas particulièrement me faire perdre mon temps, n’ayant rien d’autre à faire c’était peut être aussi l’occupation de la journée. Je détestais tous ces hommes, ces psychiatres ; et cela depuis de nombreuses années.

Au cours de ces quatre années, j’avais appris à observer les autres, à tel point que je savais comment réagir et comment être face à chaque personne pour la mettre, par exemple, le plus mal à l’aise possible. Mais ce dont j’excellais maintenant c’était dans l’art d’être tout sauf ce que j’étais réellement. J’avais acquis la capacité de me glisser dans la peau de n’importe quel personnage, faisant de moi une personne impossible à saisir. En ces quatre petites années, j’avais vu défiler des dizaines de psychiatres, mettant plus ou moins longtemps avant de refermer mon dossier à jamais. Que cherchaient-ils tous ? Que voulaient-ils de moi ? Ne pouvaient ils pas simplement me foutre la paix, et me laisser survivre, tel avait été mon but lorsque j’avais planté le morceau de verre dans le cœur de mon cousin…

Le directeur était suivi par un nouveau psychiatre, sur lequel je posais mes yeux, faisant très attention, car pour moi la toute première impression était décisive. Un très court instant, je faillis perdre pied lorsque je vis enfin mon nouveau psychiatre. Mon âme que j’avais si longtemps cachée et enfouie en moi avait menacée de sortir sous l’effet de surprise de voir cet homme en face de moi. La haine, la rancœur, le désespoir, le cœur brisé… Tout ce qu’il avait pu me faire ressentir par le passé avait maintenant totalement disparu pour laisser place à un dédain total face à cet homme qui était inextricablement lié à ma présence ici. Jaeden n’avait pas changé, je ne pouvais nier sa beauté qui m’avait déjà charmée par le passé. Me convaincre que cet homme m’était maintenant un parfait étranger ne prit pas énormément de temps, reprenant très vite mon air impassible. Il se tenait là, devant moi, je déposais mon regard vide dans ses yeux pour ne plus les quitter, réussissant à le mettre mal à l’aise dès le début. Comment avait-il osé s’occuper de moi ? Peut être ne se souvenait-il pas tout simplement de mon nom. J’avais eu tellement d’importance à ses yeux… Je me perdis dans la contemplation de ses yeux si particuliers, marron avec quelques touches de bleu, soulignés par ses cheveux courts et la frange qu’il n’avait pas eu avant. Tout en lui transpirait l’homme satisfait de lui même qui avait réussi dans la vie. Son corps musclé et bronzé que j’avais si souvent jalousé par le passé, ne m’inspirait plus grand chose. Je l’avais déjà saisi de mon regard, et placé dans le doute. J’en étais maintenant sûr, depuis le moment où il avait croisé mon regard, il avait perdu et n’obtiendrait rien de moi de cet entretient, comme tous ceux qui suivraient.

C’est à ce moment là que le directeur choisit d’intervenir, choix que je trouvais judicieux. Cet homme appréhendait naturellement les dérapages. De tous ceux que j’avais pu voir, je savais que cet homme était le plus qualifié et le plus doué pour ce métier, mais jamais il ne s’était occupé de mon cas, ayant peut être peur de tomber sur un os. Après tout, il était comment tous les autres, juste un peu moins téméraire…

– Ilian, voici le docteur Jaeden Sadler, ton nouveau psychiatre, déclara-t-il.

Je ne pris même pas la peine de le regarder, me contentant de le fixer, comprenant très bien qu’il détestait cela. Je prenais la peine de le détailler avec soin, scrutant ses moindres réactions. Le directeur choisit de nous laisser seuls après quelques minutes, en disant rapidement :

– Je vais vous laissez seul à présent, faites connaissances.

Il quitta la pièce, me laissant avec cet homme qui ne m’inspirait plus rien. Son malaise ne me provoquait plus aucune satisfaction. Tous les signes de stress étaient apparents, il ne parvenait même pas à cacher son anxiété. Une curiosité cependant, commença à s’agiter en moi. En effet j’étais curieux de voir comment il allait s’y prendre. C’était déjà assez mal parti. Il posa fébrilement mon dossier sur le clavier de l’ordinateur qui était dans le bureau. Il avait dû le lire entièrement. Je pensais à l’entièreté de ces pages et à leur contenu. Tout n’était que mensonge et théâtres des rôles que je jouais chaque jour. Un indice sur la réalité y était peut être disséminés, mais si imperceptible dans l’état actuel des choses qu’il était impossible de trouver et de savoir comment l’employer… Le temps n’avait pas vraiment eu de prise sur lui, il était toujours le même homme. Je faillis un instant me remettre à penser au passé, à ce que j’avais vécu avec lui, mais je me giflais mentalement, sachant que je n’en retirais rien de bon. Cet homme m’était maintenant parfaitement étranger…

Il releva la tête, croisant mon regard, et un sourire qui me déplut fortement étira ses lèvres. Se forçait-il, ou croyait-il vraiment que tout allait bien se passer entre nous. Je savais aussi qu’en réalité, il cherchait à cacher son désarroi, mais je m’en moquais éperdument. L’indifférence envers tout le monde, c’était ma manière de vivre. Soudain, il me dit dans un souffle :

– Ca fait longtemps…

Je ne pus m’empêcher de rire intérieurement face à cette phrase qui n’avait pas de sens. En tout cas, cela confirmait qu’il se souvenait de moi. C’était surprenant pour quelqu’un qui ne m’avait pas apporté beaucoup d’intérêt. Si de nombreuses réflexions grouillaient en moi, je ne laissais rien paraître n’affichant, comme j’avais l’art de le faire, strictement aucune expression. Dans de multiples circonstances, cela dérangeait vraiment mon interlocuteur.

Il semblait de plus en plus gêné, s’en était pathétique. Qu’avait-il espéré en venant ici ? Me sauver ? Cela ne lui ressemblait pas. La seule chose qu’il était venu chercher en prenant mon cas, c’était la gloire qu’il en tirerait s’il s’en sortait avec moi. C’était tout à fait son genre, surtout avec le passé que nous avions eu tous les deux.

– J’ai été engagé il y a peu…J’ai enfin réussi à devenir psychiatre, même si tu ne m’en croyais pas capable… Me dit-il, en me lançant un sourire amusé.

Que pensait-il ? Que j’allais lui répondre ? S’il pensait que j’étais le même qu’il y a des années, il vivait un rêve. Je ne répondis pas, de toute façon que répondre à cela. Il avait réussi sa vie, la bâtissant sur la ruine de la mienne. Plus il était monté durant toutes ses années, plus j’avais chuté. Nous nous étions finalement éloignés aux bouts de deux extrêmes. Angoissé que je ne rétorque strictement rien, il ajouta :

– Normalement je devrais me présenter, mais dans notre cas… Tu veux me poser une question ? Me demanda-t-il, à l’affût de la moindre de mes réactions.

Je détestais cela. Il était encore plus inintéressant que les autres. Il semblait presque déçu que tout se passe comme cela. Avait-il oublié le passé ? Avait-il oublié ce qu’il avait fait. J’avais ressenti tellement de haine et de répugnance pour lui pendant des années que je trouvais cela presque futile. C’était l’ancien moi qui aurait pu être dans un sale état, le moi de maintenant se moquait éperdument de cet homme. Soudain, il sembla avoir une idée. C’était incroyable comme il était facile de lire en lui, il laissait tout passer et lui échapper… Doucement, il encra son regard dans le mien, essayant de m’imiter ; il y échouait lamentablement. S’il s’engageait dans ce petit jeu, il était certain qu’il n’allait remporter aucune victoire. Etait-il débutant à ce point ? Pour qui se prenait-il ? Pensait-il vraiment que cela allait me faire avoir une quelconque réaction ? Une chose était sûr, je n’aimais pas son regard posé dans le mien. Mais je ne lui montrais, biensûr, aucun signe. Il finit par rompre le contact, comme je l’avais prévu, comprenant enfin que j’étais le plus fort. Il porta son attention sur mon dossier, comme le petit docteur consciencieux qu’il semblait vouloir être. Il pensait sérieusement pouvoir m’aider ? Il voulait comme tous les autres, me guérir… Mais si je n’avais pas envie, si c’était tout simplement trop tard et que tout espoir était anéanti depuis bien longtemps ? Ne pouvaient-ils pas tous me foutre la paix, me laisser dans mon coin, juger mon cas sans la moindre solution ou issue, et laisser le temps me voler chaque minute de vie jusqu’à ce qu’elle me laisse enfin à la mort ?

Il commençait à sérieusement m’ennuyer, depuis qu’il était arrivé, rien n’avait changé, rien ne s’était produit. Voulant lui faire clairement comprendre cela, je recommençais à faire bouger la petite balle que j’avais dans les mains, lui signifiant aussi que j’en avais assez supporté pour aujourd’hui. Il choisit de reprendre la parole, et je le laissais commencer, las de ce qu’il pouvait encore me dire. Pourquoi se fatiguaient-ils tous à parler pour ne rien dire.

– Cette coupe te va…

Un compliment venant de sa part ! C’était de trop ! N’en supportant pas plus, et étant arrivé au bout de ma patience, je sortis cette phrase qui était presque devenu un automatisme, le coupant :

– Que voulez-vous entendre ?

Surpris, il fronça les sourcils. Cette question les déstabilisait tous et il n’y fit pas exception. Je ne faisais que le regarder, scrutant la moindre réponse de sa part, inversant indirectement les rôles. J’attendais patiemment, encore plus ennuyé. Heureusement, au moment où il allait ouvrir la bouche pour parler, la porte s’ouvrir et le directeur entra, avec ce sourire compatissant qui m’exaspérait.

– Alors cette première entrevue ? Nous demanda-t-il en regardant Jaeden.

Une catastrophe, comme à chaque fois, pourquoi s’acharner encore et encore, pensais-je très fort en me levant de ma chaise, en ayant assez vu pour aujourd’hui. J’avais assez donné, même largement trop. Je ne voulais et ne pouvais pas l’avoir comme médecin. Le fait que l’on se soit connu avant, rendait illégal et interdite cette thérapie, mais jamais je ne me serais abaissé à dire cela, ou même à prendre la peine de l’exprimer. Je contournais la table, et passais devant le directeur. Jaeden faisait comme bon lui semblerait, ça m’était égal. Mais c’était tout de même le pire de tout ce que j’avais pu voir défiler. Sans me rendre vraiment compte de ce qui me pris, je me retournais suivant vers lui, plantant mon regard dans le sien. J’utilisais le regard que je maitrisais le mieux, me plantant dans ses yeux, tentant d’atteindre le plus profond de son âme. Il frissonna, et je choisis ce moment pour dire d’une voix froide :

– On change.

Autant cesser tout de suite, je n’avais pas ma place dans les mains de ce psychiatre. Je n’émettrais qu’une seule fois cette hypothèse, comme la seule solution vraiment possible. Si Jaeden choisissait de poursuivre, alors je l’accompagnerais dans son choix, comme je l’avais fait avec tous les autres. Seulement, je réalisais peu à peu le double tranchant de ma réaction. Pour la première fois, j’avais dit quelque chose de plus que mes simples phrases sanglantes. J’avais presque émit mon envie ou mon opinion, se rapprochant bien trop de ce que mon moi voulait réellement. Je me maudissais d’avoir dit, cela. Sans trop savoir où me guidait mes pas, je me retrouvais dans ma chambre, ayant de plus en plus de mal à me maîtriser et à renflouer mes émotions. J’avais envie d’être seul et pourtant je pouvais déjà entendre des bruits de pas dans le couloir qui n’étaient autre que ceux de ce directeur. Je pris alors très rapidement sur moi, renflouant le moindre de mes ressentis, redevant l’homme tel que j’apparaissais aux yeux de tous depuis quatre ans. Je pris un livre qui traînait sur le bureau de ma petite chambre qui avait la particularité de n’être que pour moi, et m’assis sur le lit, reprenant ma lecture où je l’avais laissé avant de venir voir Jaeden. Je parvins à vraiment retrouver mon calme, lorsque le directeur frappa à la porte, et entra sans attendre que je le lui dise. Je gardais mes yeux rivés sur mon livre, n’ayant aucune envie de lui parler, et le lui montrant clairement.

– Ilian…

Après un temps où rien ne se passa, je l’entendis pousser un soupir de lassitude.

– Ilian, tu pourrais au moins me regarder quand je te parle !

Il vint s’asseoir à côté de moi sur le lit, reprenant son calme.

– Ilian ? Est ce que ça va ?

Je détestais cette question, mais elle ne me fit en rien réagir. Je n’avais pas envie de lui parler, et rien ne me ferait changer d’avis. J’aspirais à être seul et à pouvoir me remettre de l’épreuve que je venais de vivre malgré moi. Devant mon mutisme, il reprit la parole :

– Alors, comment as-tu trouvé Jaeden ? C’est quelqu’un de très prometteur. Laisse lui sa chance, laisse le te venir en aide Ilian…

S’il mettait beaucoup d’émotions et de gravité dans ses dernières paroles, je n’en étais pas moins las. Qu’est ce que cela changerait à sa vie ? La mienne était définitivement ruinée, et je m’y étais résigné. Jaeden ne faisait qu’enfoncer et remuer le couteau dans ma plaie qui resterait béante à jamais. Jamais celle-ci ne cicatriserait, laissant en moi, cette folie qui m’avait poussée à commettre ce meurtre. Lui laisser sa chance ? Le laisse me venir en aide ? Jaeden était le dernier à pouvoir le faire si cela était possible. Je ne répondis rien, me plongeant dans la lecture de mon livre, souhaitant me couper de cette discussion qui commençait à semer le trouble en moi.

– Puisque tu ne te décides pas à parler, et que tu ne me donnes pas de raisons valables pour changer de psychiatre, Jaeden sera le tien. Vous commencez demain et tu auras la visite de ta mère après-demain. Passe une bonne fin de journée Ilian.

Le directeur se leva et sortit de la chambre, prenant soin de bien fermer la porte de ma chambre. Je repris sérieusement la lecture de mon livre, m’y plongeant si bien, que je ne repensais pas aux deux heures que je venais de passer. J’avais ressentis bien trop de choses pour me laisser attraper par tout cela. Je préférais me concentrer sur la vie du protagoniste de ce livre, faisant le vide total en moi, renflouant tous les événements passés.

*

Le lendemain, je passais une matinée tranquille, pensant seulement vers midi que j’allais voir Jaeden cet après-midi. Je n’étais pas disposé à faire d’efforts, pourquoi prendrais-je la peine de faire cela ? Je venais de finir de m’alimenter par pure nécessité, comme depuis quatre ans. La nourriture était toujours aussi immangeable depuis toutes ses années, mais je ne m’en préoccupais pas particulièrement. Un nouveau malade venait d’arriver, et il était venu s’asseoir en face de moi à table. Je ne lui avais même pas adressé un regard, même quand celui-ci m’avait parlé. Sitôt mon repas fini, j’étais en route pour aller dans ma chambre. Je ressentais le besoin d’écrire un peu, n’ayant que cela pour m’occuper jusqu’à la séance avec Jaeden qui allait avoir lieu dans moins de deux heures. Je pris mon stylo, attrapais un cahier ou une histoire était en train de naître. J’avais envie de faire vivre ce personnage principal, le torturer un peu, mais lui offrir une autre vie que la mienne et m’évader un instant avec lui hors d’ici. Seulement, au moment où je posais le stylo sur la feuille, j’entendis quelqu’un frapper à la porte, et la porte s’ouvrir et se refermer peu de temps après. Je ne pris pas la peine de tourner la tête vers l’intrus, bien agacé de la présence de celui-ci. Je me concentrais de nouveau sur la première phrase que j’allais écrire, laissant enfin glisser mon stylo sur le papier. Il s’approcha de moi, venant trop près à mon goût. Je ne laissais rien transparaître de mon énervement, et continuais de faire comme s’il n’était pas là.

– Je ne savais pas que tu écrivais, me dit-il. Ce sont des romans ?

Sa voix me fit deviner immédiatement son identité, il s’agissait de ce nouveau qui était venu s’asseoir à ma table à midi : Melvin. Il avait décidé de me coller, cela lui passerait bien vite. L’ignorer, c’était ce que j’allais faire, il se lasserait comme tous les autres. Seulement, Melvin ne semblait pas très réceptif à mes signaux, et continua à me parler, s’approcha de mes cahiers remplis de plusieurs années d’écriture journalière.

– Tu as déjà écris tout cela ? Ces cahiers sont à toi ? Je suis vraiment impressionné !

Je n’allais surtout pas l’envoyer promener, cela serait lui montrer un quelconque intérêt et ce n’était pas dans mes projets. Il ignora cependant mon indifférence, et attrapa un cahier, en me demandant :

– Je peux ? J’adore lire… J’aimerais beaucoup lire tes écrits !

Pour la première fois depuis son arrivé, je tournais la tête vers lui, plongeant mon regard dans le sien. Il semblait si naïf et inoffensif… Que faisait-il ici ? Quel crime avait-il commis ? Il avait maintenant le cahier dans les mains, laissant totalement visible sa curiosité. Il attendait une réponse, mais devant mon manque de réaction, et mon visage totalement fermé, il prit mon absence de réponse pour un oui. Il prit le cahier avec lui et alla s’asseoir sur mon lit. Sans perdre un instant, il ouvrit la première page et entama sa lecture, y plongeant en un seul instant, un petit sourire étirant ses lèvres. Il semblait assez jeune et ne devait pas avoir atteint sa majorité depuis longtemps. Il portait le même genre de vêtements que moi, ou devrais-je dire le même costume ou uniforme. Moyennement grand, assez fin, il donnait un aspect fragile, bien que cela ne soit à mon avis que de l’apparence. Ses yeux bleus et ses cheveux châtains très clair, approchant plus le blond, lui donnait un air angélique.

Ne voyant rien à faire, et me fichant de ce qu’il lise cela, je retournais à mon histoire, ignorant de nouveau sa présence. Lui, plongé dans sa lecture et moi écrivant mon histoire, nous semblions exister chacun dans un petit monde séparé, liés seulement par une histoire que j’avais écrite il y a assez longtemps. Je ne vis pas le temps passé, jusqu’à ce que quelqu’un frappe de nouveau à la porte. Cette fois-ci, je tournais la tête vers la porte, et vis le directeur à l’entrée de ma chambre.

– Ton psychiatre t’attend.

Il tourna la tête vers Melvin, surpris de sa présence ici.

– Tiens, tu étais là toi ?

Il me jeta un regard que je n’appréciais pas. Je rangeais rapidement mon cahier et mes stylos, puis je marchais en direction du directeur. Alors que j’allais sortir, sans un regard pour Melvin, celui-ci déclara :

– Je finis de lire, je suis tenu par l’intrigue, je le rangerais en partant.

Je lui lançais rapidement un regard avant de franchir la porte, suivit de près par le directeur.

– Tu le laisses lire ce que tu écris ? Je croyais que personne n’avait le droit ?

– Beaucoup ne se sont pas gêné pour le faire…

Comprenant mon sous-entendu au sujet des psychiatres qui m’avaient subtilisés mes écrits pendant mon absence, il n’ajouta rien, et me laissa devant la porte où j’allais voir Jaeden. Après une profonde inspiration, et après avoir fait le vide en moi de tous ressentis possible, je mis ma main sur la poignée et ouvrit ma porte.

Jaeden était déjà installé à son bureau, et tenait dans ses deux mains un stylo qu’il tournait dans tous les sens cachant mal son stresse. Pourquoi était-il ainsi ? Tous avaient été stressés lors de nos entretiens, mais jamais autant que ne l’était Jaeden maintenant. Avait-il vraiment bien fait de vouloir prendre mon dossier, allant contre l’éthique médicale ?

Il leva les yeux vers moi, et dit nerveusement :

– Bonjour Ilian. Assied toi je t’en pris.

Sans un seul mot ou expression, je vins prendre place en face de lui, déjà ennuyé et las de cet entretien.

– J’espère que cet entretien se passera mieux que la dernière fois, me dit-il avant d’ouvrir son style et de remettra comme il fallait ses feuilles de papiers blancs devant lui.

Je m’appuyais sur le dossier de la chaise, croisant mes bras, sans rien répondre, lui montrant déjà un signe flagrant que c’était mal parti.

– Bien, dit-il, tentant de ne pas se laisser démonter, aujourd’hui nous allons commencer par le tout début.

Je n’aimais pas du tout la tournure qu’était en train de prendre cet entretien. A quoi voulait-il en venir, et où voulait-il nous amener. Troublé, je ne laissais cependant rien paraître, continuant de garder ce visage qui les déstabilisait tous. Il saisit mon dossier, et l’ouvrit à la toute première page qui je le savais exposait ce que j’avais commis et de quelle manière.

– Alors, dit-il, reprenant toute sa belle assurance qui m’exaspérait, nous allons donc parler de la raison de ta présence ici, cela te convient ?

Je posais mon regard sur lui, légèrement curieux de la suite des événements, il attaquait un terrain dangereux.

– Tu es donc ici, pour le meurtre de ton cousin Ewen Abbay. C’est bien cela ? Arrête moi si tu veux parler, n’hésite pas.

Pourquoi disait-il son nom ? Pourquoi disait-il les choses aussi crument. C’était presque dérangeant. Aucun n’avait fait cela avant, ou du moins pas dès la première séance. Je sentais mon moi profond s’agiter à l’entente de ce nom qui avait toujours été difficile depuis que le dernier souffle s’était échappé de ses lèvres.

– En tout cas, c’est ce qui est écrit ici, et tu n’as jamais démenti la version du procès, allant même jusqu’à l’affirmer. Il y a quelque chose qui cloche pourtant. Tu acceptes tout ce qu’on t’a dit, et tu continues de faire cela depuis le procès. Est ce qu’aujourd’hui, tu pourrais me raconter ta version des faits ?

Je plongeais pour la première fois depuis le début de notre entretien, mes yeux dans les siens. C’était un de mes regards profonds, qui mettait tout le monde mal à l’aise. Jaeden loin d’y être habitué, avait du mal à se soustraire à cela. Est ce que cela lui faisait bizarre de me voir ainsi, vide de toutes expressions, vide de toutes choses à donner. J’avais tellement changé depuis plus de quatre ans. Si l’on me présentait l’ancienne personne que j’avais pu être, il m’aurait été impossible de me reconnaître. Cherchait-il à me déstabiliser ou à réellement croire qu’il existait une autre version à toute cette histoire ? J’avais beaucoup de mal à croire en la deuxième hypothèse.

– Ilian, je t’offre l’occasion de parler, de t’exprimer toi personnellement. Je suis là pour t’aider, et ce n’est pas en restant silencieux que ça va pouvoir marcher ! A quoi ça sert que des personnes viennent te voir dans l’optique de t’apporter quelque chose, et de les rejeter ainsi. Notre travail et de t’écouter, pas que tu nous écoutes parler.

Jaeden était en train de perdre patiente, je le reconnaissais bien là. Il n’avait jamais su faire autrement, partant des fois au quart de tour, très impulsif. Mais ce qu’il me disait ne m’affectait nullement. Il en fallait bien plus pour m’atteindre.

– Alors j’attends, sinon je vais le faire à ta place, je te préviens.

Il tentait de me menacer maintenant. Où étaient passés son calme et sa maîtrise de soi ? Je n’avais rien à lui dire, et il avait beau faire tout cela il n’obtiendrait rien. J’ai couché avec lui, je l’ai tué : voilà les deux faits que je n’avais jamais démentis et même affirmés et qui semblaient profondément troubler Jaeden. Pourtant, il continua sur sa lancée, comme s’il récitait un petit texte qu’il avait plusieurs fois répété.

– Bon et bien je me lance…Je me rappelle que tu n’aimais pas qu’on te mente. Tu avais une parfaite aversion pour le mensonge. C’est ce qu’il t’a fait, c’est ça ? Il t’a menti et tu n’as pas pu le supporter ?

J’eus presque envie de rire tellement cette hypothèse était pathétique. Tué quelqu’un parce qu’il nous avait menti, si c’était le cas Jaeden ne serait plus de ce monde. Bien sûr, je continuais mon parfait mutisme, ne répondant rien et n’ayant aucune réaction. Il poursuivit, semblant de plus en plus mal à l’aise par mon silence.

– Où alors tu en as eu tout bonnement assez de lui et tu l’as tué sous un coup de folie après une dispute ?

Le silence régna de nouveau. Je savais qu’il cherchait à me faire réagir, mais il était très mal parti. Ce n’était pas en avançant ces hypothèses plus débiles les unes que les autres qu’il parviendrait à quelque chose avec moi. De toute façon, mieux valait tout cesser, ça n’avait pas de sens de vouloir m’aider, c’était se lancer dans une course perdue d’avance…

– Tu étais trop bourré ? Poursuivit-il. Tu avais consommé des produits illicites ?

Mon absence de réponse lui fit cette fois-ci perdre son sang froid.

– Ilian, tu pourrais me répondre quand même !!! Cria-t-il presque. Alors tu vas me dire maintenant que ton cousin que j’appréciais énormément t’a violé et que tu t’es vengé ? Sors-moi n’importe quoi, mais dis-moi quelque chose.

A l’entente de ce qu’il venait dire, je ne pus cacher la surprise qu’il put lire dans mes yeux que je redressais un peu vers lui. Cette hypothèse là, je ne m’y attendais pas du tout. Entendre dire pour la première fois quelque chose qui se rapprochait de la réalité, me faisait tout autant de bien que cela ne me détruisait. Je me sentais vraiment mal, mon être tout entier criait pour la première fois à la confession. Je mis très peu de temps à me reprendre et à retrouver mon apparence d’homme sans sentiments, mais c’était trop tard Jaeden avait vu. Cependant me voir retomber dans ce mutisme après la phrase provocante qu’il m’avait lancé le fit véritablement sortir de ses gonds et il déclara très froidement, dans le seul but d’attaquer :

– Je trouve quand même bizarre que tu aies commencé à coucher avec ton cousin juste après notre rupture…

Je perdis mon sang froid, répondant à sa colère et surtout déçu qu’il se rabaisse à cela après ce qu’il m’avait dit avant. Le viol n’était pour lui que pour me provoquer et me faire réagir… D’un ton qui ne laissait rien transparaître, je déclarais en me levant :

– Qu’est ce que ça peut te foutre !

Je sortis de la pièce en claquant la porte. Pourquoi ne s’en tenait-il pas aux simples faits, comme tous les autres. J’avais tué mon cousin après avoir coucher avec. J’étais fou et il n’y avait pas besoin de chercher plus loin. Je marchais d’un pas qui cachait mal ma colère jusqu’à ma chambre. Pour qui se prenait-il ? Soudain il venait là, tel un saint sauveur, venu à mon aide. Il se fichait pas mal de moi pendant toutes ses années, sans compter le temps où nous étions ensemble. Je savais que je ne me rabaisserai pas à aller tout révéler au directeur. Jamais je n’irais parler de la relation passé que nous avions eue tous les deux. Cet homme m’avait fait beaucoup de mal et il était parti pour continuer à le faire. J’arrivais presque à bout de nerf et tremblant dans ma chambre, et la vue de Melvin assit sur mon lit, dévorant un autre cahier me força à me calmer, me ressaisissant comme jamais.

– Oh, Ilian, je suis désolé, j’ai fini ce cahier et j’ai tellement adoré que je n’ai pas pû me retenir de lire un autre de tes écrits ! Ce que tu fais ressortir… Tous ses sentiments, ça me fait presque vibrer avec tes protagonistes. Je suis vraiment heureux de pouvoir te lire !

Presque assommé par toutes ses paroles, je ne parvenais à retrouver mon calme que partiellement. Après un léger regard pour lui, sans pour autant lui offrir un sourire face à ses compliments qui m’avaient malgré moi touché, je marchais jusqu’à mon bureau. Je posais mes coudes sur la table et me pris la tête entre les mains, tentant de faire le vide en moi et à défaut de pouvoir évacuer tous ces ressentis, je les renflouais au plus profond de moi, rejoindre tous les autres…

La suite de l’après-midi suffit à me calmer et à me ressaisir. Jaeden m’avait troublé un instant, mais tout était rentré dans l’ordre. Jamais plus je ne me ferais avoir ainsi. Melvin ne quitta ma chambre qu’une fois l’heure du couché sonnée, me piquant au passage une histoire à emporter avec lui. Je ne pouvais nier que j’étais flatté et heureux d’avoir un lecteur comme lui, le seul véritable…

Il lisait l’histoire simplement, ne cherchant pas à l’analyser et la décortiquer comme tous les autres. Il se laissait porter par mes mots, les laissant maître de l’intrigue. Je m’allongeais dans ce lit, inconfortable, et me laissais aller à fermer les yeux, un peu de repos me ferait le plus grand bien, me redonnant des forces après cette journée assez éprouvante.

*

Le lendemain, alors que je traînais dans la salle de télé profitant que personne ne s’y trouve, le directeur vint me chercher pour aller parler à ma mère qui venait ici en visite tous les mois. Si les premiers avaient été difficiles au vu de ce qu’elle me disait à chaque fois, j’étais maintenant blindé vis-à-vis de tout ça. Je marchais jusqu’à la salle des visites, accompagné par un des médecins. Elle m’attendait là, derrière la petite vitre en glace, avec ce même sourire hypocrite qu’elle arborait à chaque fois.

Je vins prendre place en face d’elle, de l’autre côté de la vitre, qui avait quelques trous afin de laisser passer le son.

– Et bien c’est pas trop tôt, commença-t-elle directement. Avec tout ce que tu as à faire ici, tu pourrais au moins être à l’heure. A moins que tu ne veuilles pas voir ta mère ?

Ma mère devait bien être une des seules personnes avec qui j’échangeais quelques mots. Pour le moment, je ne voyais pas quoi répondre à cela, et n’avais surtout rien à lui dire.

– Bon puisque tu es muet, comme à ton habitude, je vais te parler un peu de nous, de ta famille que tu fais souffrir, tu sais, à rester là comme ça.

Croyait-elle vraiment tirer de moi une quelconque réaction ? Aujourd’hui, elle y allait particulièrement fort.

– Avec le regard de tous les voisins sur nous depuis le procès, le voisinage est devenu de plus en plus hostile. Enfin met-toi à ma place, moi, la mère d’un meurtrier. Nous avons été dans l’obligation de déménager, ton père, ta sœur et moi, afin de retrouver un peu la paix. Ce qui fait que je vais pouvoir venir moins souvent au vu de la distance. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même à ne faire strictement aucun effort. Franchement qu’est ce que tu es venu foutre ici ? Finalement, la prison t’aurait peut être fait beaucoup plus d’effet. Tu n’en serais certainement pas là. Au revoir Ilian, à dans quelques mois, j’aurais peu de temps pour toi avec le déménagement. Réfléchi à ta manière de faire, et au désordre que tu as causé dans notre famille. Tout cela tu le mérites finalement.

A peine eut-elle fini qu’elle se leva. Aussi cruelle que pouvait se montrer ses paroles, elles ne m’avaient en aucun cas affecté. La colère de ma mère était bien au delà de ce qui était imaginable. Maintenant qu’elle s’était levée cependant, quelque chose ou plutôt la présence de quelqu’un que je n’avais pas remarqué jusqu’à maintenant me fit tourner la tête vers celle-ci. Mon sang ne fit qu’un tour lorsque je m’aperçus que Jaeden avait assisté à cette scène à mon insu. Le pire, était ce regard empli de tristesse et de pitié pour moi. Je ne voulais pas de ça, pas maintenant, c’était bien trop à porter. Je ne voulais pas sentir sur moi ce regard qui me renvoyait la tristesse et le désespoir que je me refusais. Les yeux de Jaeden à cet instant étaient comme un miroir, le miroir de mon âme s’enfonçant dans un abysse condamné.

De quel droit avait-il assisté à cela ? De quel droit avait-il plongé un peu trop profond dans ma peine, une visite difficile que je m’étais toujours forcé de cacher aux yeux de tous. Même dans un tel état de détresse et de destruction, tout cela n’était qu’intérieur. En effet, aucun signe extérieur ne me trahissait. J’avais toujours le même visage qui empêchait Jaeden de lire en moi. Pour appuyer sur le fait que je me fichais de sa présence, je me levais, mais malheureusement trop rapidement, alors je fis tomber ma chaise, ce qui ne fit que rajouter à ma colère. Pourquoi était-il venu ? Pourquoi souhaitait-il à ce point s’occuper de mon dossier ? Voulait-il se racheter du passé ? C’était trop tard, le mal était fait, et j’avais de plus en plus de mal à le contenir en moi. Je me sentais trahis et horriblement énervé qu’il ait assisté à cela. Je l’entendis m’appeler, tentant vainement de me rappeler et de m’expliquer la raison de son agissement, mais c’était trop tard. Je partais en direction de ma chambre dans le but de pouvoir me ressaisir, j’étais littéralement en train de craquer. J’avais pu tenir jusque là, mais le revoir lui et son regard si triste était insurmontable. Quel regard poserait-il sur moi s’il connaissait la réalité. Je devais continuer à rester le terrible assassin atteint de folie que tout le monde voyait en moi. Pourtant ce regard était en train de fissurer ma carapace, faisant remonter à la surface une souffrance telle que je n’avais plus aucun contrôle sur elle. La colère contre Jaeden et contre moi-même était tellement forte que je rentrais dans ma chambre en claquant ma porte. Je n’étais qu’à un seul pas de la crise de nerf. Je ne supportais plus rien, même pas ma propre présence. La folie dont on m’avait accusé depuis toutes ces années était maintenant réellement là. Savait-il ce que j’avais vécu, s’imaginait-il ce que j’avais dû supporter et endurer une fois que nos chemins s’étaient séparés. Etait-il vraiment prêt à m’aider ? Je ne voulais pas de leur aide, je ne voulais pas du genre de méthode qu’ils employaient. Je voulais simplement que tous me foutent la paix. Je ne supportais plus, c’était au dessus de mes forces. J’étais entrain de me rendre compte que je n’étais même plus capable de me maîtriser. D’un geste sec, je renversais le vase et les livres qui étaient posés sur mon étagère, criant presque ma rage et ma douleur. Beaucoup d’objets suivirent pour la première fois depuis quatre ans, suite à un simple regard, je craquais littéralement. Je ne pouvais plus. C’était bien trop !

J’avais tellement mal que j’étais incapable de faire appel à ma raison. Tout ce que j’avais renfloué en moi pendant toutes ces années, ressortait de plus belle pour m’anéantir définitivement. Je ne pouvais plus faire semblant, du moins pas maintenant. Ma chambre ressembla très vite à un chantier, seuls mes cahiers avaient été épargnés. Mes cris et le bruit que je faisais ne tarderaient pas à tous les faire venir. Je me surpris à penser que je ne voulais pas que Jaeden me trouve dans cet état et pourtant c’était inévitable. Je me retrouvais maintenant essoufflé, au milieu de ma chambre, regardant le désastre qui s’offrait à mes yeux. Mon regard se posa sur le verre brisé du vase, me plongeant irrémédiablement dans le passé, un des jours les plus sombres de ma vie, celui du meurtre que j’avais commis. Mon cœur se serra si fort que j’avais l’impression qu’il allait imploser. J’avais de plus en plus de mal à respirer, si bien que je tombais à genoux sur le sol à côté du verre brisé. Il fallait que je contrôle cette douleur qui était en train de prendre bien plus que la possession de mon être. Sans réfléchir un seul instant et encore une fois uniquement pour ma survie, je saisis le plus gros morceau de verre posé sur le sol au milieu des fleurs et de l’eau qui étaient répandues sur le sol. Je l’approchais de mon bras complètement nu et offert. Me faire mal, c’était la seule solution, devenir maître de ma douleur. Les larmes inondaient mes yeux qui pour une fois reflétaient l’étendu du désastre qui régnait en moi. Le verre coupa ma peau avec tellement de facilité que cela en était déconcertant. Le liquide vermeil s’en écoula très vite, bien que j’eus fait attention à ne pas trancher trop méchamment la plus grosse veine. Mon but n’était pas de mourir, mais de me soulager un instant pour ne pas mourir oppressé par mes propres ressentis. Un soulagement m’envahit en ressentant cette douleur au niveau de mon bras que je vivais comme salvatrice. Oublier ce mal qui était inscrit au plus profond de moi, oublier ce regard que Jaeden m’avait lancé, oublier ma vie, oublier ce que j’étais, ne ressentir que la douleur lancinante et terrible de mon bras lacéré plusieurs fois profondément. La vue de mon bras ensanglanté par les coupures profondes que je venais de lui faire subir en aurait fait pâlir plus d’un. Pourtant, je ne parvenais pas à détacher mes yeux de celui-ci, comme pour rendre la chose encore plus douloureuse. Cette douleur était inouïe et tellement puissante. Je n’aurais su décrire le bien que cela me faisait. Il dépassait mille fois la douleur causée. Tout s’était produit si vite… Comment avais-je pu basculer dans cet état aussi facilement ? Je raffermis mon étreinte sur le bout de verre, et si j’en finissais pour de bon ?

La porte s’ouvrit, un cri ne tarda pas à se faire entendre…

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