Ne pars pas – Chapitre 9

Chapitre 9 écrit par Lybertys

 

C’était furieux que j’étais rentré chez moi, la lèvre en sang et la main douloureuse.J’en voulais à Baptiste de son comportement si puéril. Voilapourquoi je ne voulais pas commencer cette histoire au début. Justement pour éviter ce genre de scène.

Un cri s’échappa de meslèvres et je me laissais tomber sur mon canapé, prenant ma tête entre mes mains. Immédiatement, le souvenir de la première fois oùje lui avais cédé me revint en mémoire.

– Sérieux, j’ai l’impression qu’il n’y a que moi que ça intéresse ! S’écria Éden énervé.

Sous le coup de lacolère, Éden sortit de l’appartement de Félix et Kelly. Depuis quelques temps, il trouvait que le label qui était chargé de lespromouvoir n’était pas assez tourné vers eux et Éden ne lesupportait plus. Certes ils avaient encore beaucoup à prouver, maisleur groupe était doué, n’importe qui pourrait le reconnaître. Seulement les autres membres ne semblaient pas aussi impliqués quelui.

– Éden !

Surpris, Éden se retourna pour croiser le regard de Baptiste. A cette époque, sescheveux étaient courts et quelques mèches rouges tombaient sur sesyeux sombres.

– Quoi encore ? Soupira Éden, las.

– Tu n’étais pas obligé de partir comme ça… Dit-il en mettant ses mains dans ses poches.

– Je suis le seul à vouloir plus pour nous !

– Bien sur que non, nous aussi on donne tout ce qu’on a dans le groupe, mais tu peux comprendre que des fois, on aimerait bien avoir du temps pour autre chose ! C’est un boulot à plein temps, qui demande beaucoup d’effort… Toi et moi on se débrouille seul depuis longtemps, mais pour Félix Kelly et Laura, ce n’est pas pareil. Félix et Kelly vivent leur histoire, et tu sais ce qui se passe avec les parents de Laura… Tu n’as pas le droit de leur reprocher ça.

Un soupire s’échappa des lèvres d’Eden et il donna un coup de pied dans un caillou prèsde lui. Baptiste avait mit le doigt sur ce qui faisait mal. Il savaittout cela mais sa soif de célébrité et de reconnaissance faisaitqu’il en voulait toujours plus. Baptiste passa son bras autour de sesépaules et il commença à l’entraîner.

– Allez viens, on va boire un verre, dit-il dans un sourire.

– Je pensais aller bosser un peu… Souffla Éden, légèrement boudeur.

Baptiste leva les yeux au ciel et ils prirent la direction du bar en face d’eux.

Les heures défilèrent et bien vite les deux amis commencèrent à devenir bien éméchés.Tout à coup le regard d’Eden croisa celui d’un homme en face de lui,pour ne plus le lâcher. Éden ne pu s’empêcher de lui lancer un sourire charmeur, amusé par son regard insistant.

– Pourquoi tu ne me regardes jamais comme ça ? Demanda soudainement Baptiste d’une petite voix.

– Quoi ? Fit Éden, surpris, en se tournant vers lui.

– Tu regardes ces gars…Comme si tu allais les bouffer, pourquoi tu ne me regardes jamais comme ça ?

– Peut-être parce qu’on est dans le même groupe et que je te connais depuis que je suis petit, répondit Éden, rigolant légèrement.

– Ou peut-être que c’est parce que je suis le cousin de Lucas.

A ce nom, Éden sentit son cœur se serrer atrocement et il reposa son regard sur son verre.

– Ne parles pas de lui… Souffla-t-il d’une voix dure.

– Excuses-moi.

Quelques secondes passèrent sans qu’aucun des deux hommes ne parlent. Puis Baptiste se leva et passa sa main sur la cuisse d’Eden.

– Qu’est-ce que tu fais ? Demanda Éden, surpris.

– Je veux que tu me regardes de la même façon, répondit Baptiste en posant ses lèvres sur celles d’Eden.

**

Ce fut la sonnette de la porte d’entrée qui me sortit de mes songes et je me levais, sentant la colère me gagner alors que j’étais prêt à parier que c’était Baptiste. Vivement j’ouvrais la porte, mais me figeais immédiatement en croisant le regard de Morgan.

– Je voulais juste te donner ça, me dit-il en me tendant un sac blanc, pour ta lèvre… Et maintenant je m’en vais, tu as sûrement envie d’être seul

Un petit sourire étira ses lèvres mais il était mal à l’aise. En y repensant, la manière dont je l’avais quitté la dernière fois ne pouvait que le mettre dans cet état. Mon regard se posa sur le paquet qu’il me tendait toujours et je lui cédais, une nouvelle fois.

– Non, c’est bon, tu peux venir. Soufflais-je en me retournant

Je lui laissais la porte ouverte et me dirigeais dans la cuisine. J’entendisMorgan refermer la porte d’entrée et j’attrapais une bière dans mon frigo. Lorsqu’il entra dans la cuisine à son tour, j’étais entrain de la décapsuler. Je la portais à ma bouche pour en prendre une gorgée, mais immédiatement l’alcool raviva la douleur de ma plaie sur ma lèvre et je me retournais pour cracher dans l’évier.

Morgan s’approcha alors de moi et attrapa ma main, me forçant à m’asseoir sur une chaise. Je me sentais mal et en colère. Lorsque j’avais accepté de commencé cette histoire, je n’avais pas penser aux risques. J’avais oublié que Baptiste pouvait facilement tomber amoureux. Et lorsque j’avais compris qu’il avait des sentiments pour moi, j’avais décidé de fermer les yeux. Finalement, tout était de ma faute.

Morgan attrapa une compresse imbibée d’alcool et commença à désinfecter ma plaie. Mon regard se posa alors sur lui. Que cherchait-il ici ?Que cherchait-il avec moi ? Je m’amusais avec lui. J’étais bien avec lui, mais est-ce que ma relation finirait de la même manière que celle que j’entretenais avec Baptiste ? Il s’assit en face de moi pour continuer à me soigner, mais mon téléphone se mit à sonner. Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me levais pour décrocher.

– Allo ? Soufflais-je sèchement.

– Éden… C’est moi…

A l’entente de la voix de Baptiste, je me tendis dans la seconde.

– Excuses-moi pour tout à l’heure… Je… Je ne voulais pas… J’ai été trop loin… Est-ce que je peux venir ? Demanda-t-il la voix suppliante.

– Je te l’ai déjà dit ! C’est terminé, et je ne reviendrais pas là-dessus. Répondis-je intraitable.

– Éden… Tu ne peux pas… Non… Je…

– Fous-moi la paix, j’ai besoin d’être seul.

Et sans attendre je raccrochais le téléphone. Morgan se leva soudainement et croisa mon regard, gêné.

– Je peux partir si tu veux, je ne veux pas m’imposer, dit-il avant de baisser la tête.

Mais moi je ne le voulais pas. Au final, je n’étais qu’un égoïste.

– C’est bon, j’ai juste dit ça pour qu’il me laisse tranquille.

Si Morgan fut surpris, il ne dit rien et alors que je reprenais ma place sur la chaise, il continua à me soigner. Je ne pu m’empêcher de grimacer sous la douleur et mon regard se posa à nouveau sur mon amant alors qu’il n’osait pas croiser mes yeux.

– Qu’est ce qui s’est passé tout à l’heure ? Me demanda-t-il tout à coup.

Je me tendis immédiatement. Comment pouvais-je lui avouer ce que m’avait raconté Baptiste ? Je ne le pouvais pas. Je ne le voulais pas.Baptiste avait dépassé les bornes. Il lui avait manqué de respect. Il m’avait manqué de respect. Car en y repensant, si Morgan couchais avec des inconnus, je faisais la même chose et même plus.

– Merci… Je sais pas ce qui s’est passé tout à l’heure, dit-il en arrêtant ses soins, mais je me doute que c’est par rapport à moi… Donc merci…

Touché, nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher. Il était beau.Il était même magnifique. Je sentis mon cœur se mettre à battre plus fortement dans ma poitrine alors que je rapprochais mes lèvres des siennes. Morgan parcouru le reste de la distance qui nous séparait et nos bouches s’effleurèrent. Ce n’était pas vraiment un baiser mais ce simple contact me fit tout autant de bien. Il s’écarta de moi et me refit m’asseoir pour reprendre mes soins.

Un léger sourire étira mes lèvres alors qu’il recommençait à prendre soin de moi. Et c’est à ce moment là que je réalisais vraiment. Il n’y avait plus que lui dans ma vie.

– C’est terminé avec Baptiste… Soufflais-je d’une petite voix.

Morgan ne pu s’empêcher de sourire en entendant cela et je rigolais légèrement.

– Tu pourrais jouer un peu la comédie et ne pas montrer que tu es si content…

– Je suis désolé… Souffla-t-il rouge de gène.

Son regard se posa alors sur le tube de crème et je sus à la seconde qu’il voulait me demander quelque chose.

– Éden… Avec moi… C’est finit aussi ? Demanda-t-il d’une voix faible.

C’était ce qu’il y avait de mieux à faire… Parce que je m’attachais à lui et que je ne le voulais pas. Tôt ou tard, il en aurait marre de cette relation. N’étais-ce pas plus simple de tout arrêter là ? De nous éparnier de la souffrance… C’est moi qui nous avait mit dans cette situation… C’était à moi de l’arrêter…Pourtant…Je n’y arrivais pas. Je ne voulais pas me séparer de lui…

– Est-ce que tu ressens quelque chose pour moi ? Demandais-je doucement.

– Je ne sais pas… Me répondit-il dans un souffle.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je baissais la tête, sentant mon cœur bondir dans ma poitrine en entendant cela.

– Moi non plus… Avouais-je d’une petite voix.

Je sentais Morgan rayonner mais je ne voulais pas lever la tête et croiser son regard. Comment était-ce possible ? Pourquoi le laissais-je allé là où j’avais toujours interdit Baptiste d’entrer ? La main de Morgan se posa sur mon menton et il redressa mon visage et posa ses doigts induits de crème sur ma lèvre.

– Il ne faut pas que tu tombes amoureux de moi Morgan… Soufflais-je la voix fébrile.

– Je sais… Me dit-il en attrapant une compresse.

Il termina de me soigner comme si je n’avais rien dit et lorsqu’il enleva sa main de mon visage, je l’attrapais, le forçant à croiser mon regard.

– Je suis sérieux Morgan.

Il ne devait pas m’aimer. Il ne devait pas tomber la dedans. Parce que je ne pourrais jamais lui rendre la pareille. Mon cœur était déjà pris…

Morgan se pencha alors vers moi et ses lèvres se posèrent sur les miennes. Cette fois, ce n’était pas une caresse mais un vrai baiser. Un baiser, doux et tendre, qui me fit frissonner autant qu’il me réchauffa à la seconde…

**

La nuit venait à peine de tomber et j’étais allongé dans mon lit, la tête posée sur le torse nu de Morgan. J’avais cédé. Je savais que c’était mal. Que j’aurais du m’éloigner de lui. Mais j’en étais incapable de le faire… Les caresses qu’il me faisait dans le dos m’apaisaient…

C’est alors que les paroles de Baptiste me revinrent en mémoire. Lorsqu’il était avec moi, il ne donnait pas l’impression de rechercher uniquement du sexe. Alors pourquoi couchait-il avec autant d’hommes ?

– Morgan… Je ne comprends pas, soufflais-je, pourquoi est-ce que tu couches avec tous ces hommes en boite ?

Je le sentis se tendre et je su à la seconde que ce n’était pas un sujet qu’il appréciait. Je me redressai alors, me mettant sur le côté,la tête posée sur une de mes mains.

– Je veux dire, repris-je pour me faire comprendre, ce n’est pourtant pas ce que tu donnes l’impression de chercher…

Morgan croisa alors mon regard et des rougeurs apparurent sur ses joues alors qu’il se lançait.

– Je… Avec eux, j’ai… J’ai l’impression qu’on s’intéresse à moi. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour me sentir vivre.

Alors c’était ça ? Juste un besoin de se sentir vibrer ? Ne se rendait-il pas compte du danger de la situation ? Coucher avec des hommes dont il ne connaissait même pas le nom, pire les accompagner chez eux. Dans un soupire, je me redressai et attrapai son téléphone. Morgan me regarda en fronçant les sourcils mais je ne m’arrêtai pas, enregistrant mon numéro de téléphone dedans.Lorsque j’eus finit, je lui tendis l’appareil.

– Voila, dis-je dans un sourire, tu peux m’appeler si tu as besoin. Et je me chargerai de te faire vivre autant de fois que tu veux.

Morgan fondit alors sur moi, plaquant ses lèvres les miennes avec fougue.Son baiser sauvage eu vite raison de moi et je me sentis exciter à nouveau. Comment faisait-il ? Je ne me lassais pas de lui… Et je commençais à croire que jamais je n’y arriverais…

– Prends ton temps Morgan, murmurais-je plus pour moi même, prends ton temps avant de le trouver…

Le trouver lui, cet homme qui l’arracherait à moi. Celui qui l’éloignerait de moi à jamais. Sans lui laisser le temps de répondre, je repris ses lèvres pour un nouveau baiser endiablé. Un nouveau baiser qui annonçait une suite des plus alléchante…

**

Et la semaine se déroula ainsi. Ma soif de lui était devenue comme insatiable, si bien qu’il avait passé toutes ses nuits dans mon appartement. Je n’avais pas peur de ce que je ressentais, mais je ne voulais pas réfléchir à ce que je faisais. Je m’amusais bien avec Morgan. Mes problèmes s’envolaient à la seconde où nos regards se croisaient et je me sentais terriblement bien lorsque nos corps fusionnaient. Mais il n’y avait pas que le sexe. Au niveau musical,nous nous complétions à merveille. Mais bien plus encore, nous avions développé une complicité qui me grisait. Il était devenu mon ami et mon amant. Parfois, la manière dont il arrivait à me comprendre m’effrayait mais je n’arrivais pas à m’éloigner de lui. C’était trop tard.

Je n’avais pas vraiment reparlé avec Baptiste. Lorsqu’il avait compris que je n’avais rien arrêté avec Morgan, il n’avait plus chercher à me convaincre. Nous ne nous parlions que lorsque nous étions vraiment obligés et je savais que je ne devais pas chercher plus loin. Il avait besoin de temps avant que je puisse regagner son amitié. Félix et Kelly avait tenté de savoir ce qui s’était passé mais aucun de nous n’avions voulu leurs répondre. C’était notre secret, à nous et nous l’emporterions dans notre tombe.

Ce matin là, Morgan avait encore passé la nuit chez moi et je m’amusais de ses réactions. Mes lèvres suivaient sa colonne vertébrale alors qu’il frissonnait de désir. Quelques soupires s’échappaient de ses lèvres lorsque je m’approchais de ses endroits sensibles, comme le creux de son dos, mais je n’allais jamais plus loin. Et pour pousser le vice un peu plus loin, je coupais net mes caresses pour le lever et enfiler mon pantalon. Un petit sourire en coin étira mes lèvres alors que Morgan lâchait cette fois un grognement de frustration avant de se relever légèrement.

Il se mit alors sur le dos, et je pu voir avec plaisir son sexe tendu.Immédiatement une vague de chaleur me submergea en comprenant l’effet que je lui faisais. Il prit une pose divinement sensuelle et sa main descendit le long de son corps. Si mon intimité n’était pas dans le même état que la sienne, je me sentis soudainement serré dans mon pantalon alors que sa main descendait de plus en plus.

– Bon, il ne me reste plus qu’à me soulager tout seul…

Il avait soufflé cette phrase dans l’unique but de me piéger mais le voir ainsi plus gêné qu’autre chose, rendait sa phrase totalement fausse. Je ne pu m’empêcher d’éclater de rire et Morgan ancra son regard dans le mien. Je ne pu tenir bien longtemps, pris à mon propre piège, et je revins sur le lit pour l’embrasser avec envie,encore et encore…

**

Morgan était finalement rentré chez lui en fin de mâtiné et j’avais décidé d’aller faire un tour au Label pour revoir revoir quelques accords sur la dernière chanson que j’avais écrite. Mais alors que je poussais la salle qui nous était attribuée pour le week-end, je me figeais immédiatement en croisant le regard de Baptiste.

– Désolé, soufflais-je surpris, je ne savais pas que tu devais venir.

– J’ai eu du mal hier sur une partie de la partition, alors je suis venu m’entraîner, dit-il en haussant les épaules.

J’acquiesçais et retrouvais ma place habituelle sur le piano de Morgan. Baptiste enfila son casque pour ne pas me déranger et il recommença à jouer. J’étalais les partitions devant moi avant d’attraper ma guitare et de commencer à jouer. Plusieurs minutes passèrent ainsi où nous travaillons chacun de notre côté. Mais au bout d’un moment, je sentis le regard de Baptiste se poser sur moi. Lorsque je relevais la tête, un soupire s’échappa de ses lèvres et il enleva son casque.

– Désolé pour ta lèvre, fit-il en haussant à nouveau les épaules.

– Désolé pour ton œil, répondis-je dans un petit sourire.

Même si on ne voyait presque plus son coquard, de légères ecchymoses vertes entouraient son œil. Il posa sa main dessus et répondit à mon sourire.

– Je crois que je l’avais bien mérité, je peux être un vrai connard dès fois.

Je rigolais légèrement et vint m’asseoir près de lui, ravi de le revoir me parler. Nous n’avions pas besoin de reparler de nous. Car il savait que j’avais pris ma décision.

– Alors comme ça ma partition est trop difficile pour toi ? Soufflais-je moqueur, comme si rien ne s’était passé.

**

J’avais passé le reste de la journée à répéter avec Baptiste, retrouvant l’ami que j’aimais tant à défaut de l’amant. Et une fois que nousétions partis du Label, nous avions pris la direction d’un bar pourboire un verre. Liz nous avait rejoins et quelques heures plus tard, je raccompagnais ma sœur à son appartement.

– Tu sais que Maman a engueulé Norah ? Me fit-elle dans un sourire.

– Pourtant je lui ai dis qu’elle était venue s’excuser, répondis-je surpris.

– Tu sais très bien qu’elle sait quand on ment…

Un léger rire s’échappa de mes lèvres.

– Elle doit avoir un radar, c’est pas possible, soupirais-je amusé.

– Et Norah a dit que tu avais mal compris… Bref, que c’était de ta faute…

– Comme d’habitude.

– Franchement, je comprends qu’elle t’en veuille parce que tu lui as piqué son amoureux mais ça devient pathétique et…

Mais elle ne pu continuer, la sonnerie de mon portable retentit. Mes sourcils se froncèrent en remarquant que c’était un numéro inconnu.

– C’est qui ? Me demanda Liz, tout aussi surprise, sachant que je ne donnais mon numéro qu’à quelques personnes.

Un sourire étira mes lèvres aussitôt. Ça ne pouvait être que lui.Vivement je décrochais, alors que ma sœur continuait à me regarder étonnée.

– Alors ma bouche sur ton corps te manque ? Soufflais-je amusé.

– Merde ! Tu lui as vraiment donné ton numéro… Répliqua mon interlocuteur après une pause, et ta proposition très peu pour moi, c’est Joshua.

Je perdis immédiatement mon sourire. J’avais bêtement espéré que pour une fois Morgan ait pris les devants mais je m’étais trompé.

– Oui je lui ai donné mon numéro, dis-je agacé, je suis pas aussi con que tu ne le penses. Si c’est juste pour ça que tu m’as appelé, je te laisse.

– Écoute, tant que je t’ai au téléphone, fit-il calmement, je voudrais m’excuser pour mon comportement de la dernière fois.

J’écarquillais les yeux, totalement décontenancé par ce revirement de situation.

– Euh… Ok… Merci…

– Tiens pour me faire pardonner, j’ai une idée ! Pourquoi tu ne nous rejoindrais pas, on va en boîte avec Morgan, on y sera dans un quart d’heure.

Je croisais alors le regard de Liz.

– Tu veux rejoindre Morgan et son frère en boîte ? Lui demandais-je.

Elle acquiesça vivement de la tête et je levais les yeux au ciel car jesavais que ce n’était pas de voir Morgan qui l’enthousiasmait à cepoint.

– Ok, on vous rejoins, mais je suis avec ma sœur, à tout de suite, lançais-je avant de raccrocher.

– Aaaah c’est pas vrai, il faut que j’aille me changer ! S’écria-t-elle en courant jusqu’à son appartement.

**

Nous arrivâmes un peu plus tard que prévu à cause de Liz et ses manies vestimentaires. Nous retrouvâmes Morgan et son frère installés à une table et lorsque le regard de Morgan se posa sur moi, je pu voir que je ne le laissais pas indifférent. Je pris place en face de lui, un sourire aux lèvres et Liz se mit près de moi. Les présentations furent faites et j’avais l’impression d’avoir devant moi un autreJoshua. Morgan avait sûrement du lui remonter les bretelles.

– Alors on fête quoi ? Dit Liz en levant son verre

– Notre rencontre, répondit aussitôt Joshua avec un sourire charmeur qui ne me plaisait pas.

Je lui lançais alors un regard noir et me rapprochais sensiblement de Liz.

– Pas touche à ma sœur, dis-je les dents serrés.

– Si je te dis la même chose pour mon frère, tu m’écouteras ? Fit-il dans un sourire arrogant.

Liz éclata de rire alors qu’il venait de mettre son doigt où ça faisait mal. Immédiatement je m’enfonçais dans le siège, boudeur.

– Allez, sérieusement qu’est-ce qu’on fête vraiment ? Répéta Liz.

– Mon nouveau boulot, répondit Joshua dans un sourire.

Et la discussion fut lancée. Liz bombardait Joshua de question même si je savais qu’elle ne cherchait juste qu’à le faire s’intéresser à elle. Mon regard se posa alors sur Morgan qui participait à la discussion dans le seul but de ne pas me regarder et un sourire en coin étira mes lèvres. Vivement, j’enlevais ma chaussure et commençait à lui faire du pied, sans aucune honte. Mon pied remonta le long de son mollet et je pu voir des rougeurs apparaître sur ses joues. Mais il ne m’arrêta pas, au contraire. Amusé de ses réactions, je montais de plus en plus haut, mais Joshua cassa toute l’ambiance.

– C’est ma tournée ! Qu’est-ce que vous voulez ?

Je commandais une bière et Morgan fit de même. Liz se leva pour l’aider et je remis ma chaussure. Un large sourire étira mes lèvres et vins m’asseoir près de lui, glissant ma main sur sa cuisse. C’est alors que Morgan tourna la tête vers moi et ses lèvres se posèrent sur les miennes, comme s’il était en manque de tendresse. Il descendit ses mains sur ma nuque et un frisson me secoua alors qu’une vague de désir me submergeait. Mais un raclement de gorge mit fin à cet échange des plus sensuels.

– On vous dérange peut-être, souffla Joshua alors qu’il s’assit sur le siège en face de nous.

Liz vint s’asseoir près de lui et immédiatement je lui envoyais un regard noir qu’elle me renvoya aussitôt. J’avais très bien compris son manège. Si j’avais horreur qu’on se mêle de mes affaires,j’étais incapable de laisser Liz se débrouiller toute seule. Ma main sur la cuisse de Morgan continua ses caresses et je remontais petit à petit. Je pouvais voir les joues de mon amant s’empourprer mais pas une seule fois il ne l’enleva.

S’il ne parlait plus, savourant mes caresses, J’arrivais très bien à participer aux échanges entre Liz et Joshua. Cependant, alors que je sentis la main de Morgan se placer sur ma cuisse, je manquais de m’étouffer.

– ça va Éden ? Demanda Liz, surprise.

– Je… J’ai avalé de travers… Soufflais-je surpris.

Mais d’où lui venait cette soudaine assurance ? Un sourire étira mes lèvres alors que je croisais son regard, commençant à ne plus pouvoir masquer le désir que je ressentais pour lui. La nuit dernière, nous avions passé la nuit à coucher ensemble, un nuit démentielle et pourtant j’en voulais plus. Je le voulais encore.Morgan se pencha vers moi, comme pour m’achever et ses lèvres se mirent tout contre mon oreille. Sa main remonta, effleurant maintenant mon intimité.

– Pour répondre à ta question, murmura-t-il sensuellement, oui, ta bouche sur mon corps me manquait.

Je me tendis à la seconde alors que mon corps entier était secoué par une vague de désir. Mais où était le Morgan timide que j’avais rencontré il y a deux semaines ? Soudainement, il coupa court à ses caresses et se leva.

– Je vais danser, dit-il dans un sourire.

– On te rejoint dans un moment, lui répondirent Joshua et Liz.

Il se retourna alors et alla sur la piste de danse. Mon sang ne fit qu’un tour alors que déjà, des regards se tournaient sur son passage. Non… Il était hors de question qu’il ne m’échappe maintenant.Vivement, je me levais et allais le rejoindre. Mes deux bras encerclèrent sa taille et je me collais à lui.

– J’aimerais bien te faire danser d’une autre manière… Murmurais-je charmeur.

Morganse tourna vers moi , le rouge aux joues.

– Tu vas devoir attendre, souffla-t-il dans un sourire, car je préfère un lit aux toilettes…

Un soupire s’échappa de mes lèvres alors que mon envie de lui était incapable de me faire patienter. Comment y arrivait-il lui ? Ses bras passèrent autour de ma nuque et ses lèvres se posèrent dans les miennes dans un baiser qui me fit chavirer. Son corps se pressa contre le mien et un frisson de désir nous secoua alors que nos intimités se frôlaient. Il était dans le même état que moi.Lorsque l’air vint à nous manquer, je collais mon front contre le sien, n’en pouvant plus.

– On va chez toi, c’est plus près, dis-je le regard enfiévré.

Morgan posa son regard sur Joshua et Liz, toujours attablés. Tant pis, pource soir, je la laissais tranquille.

– J’avais prévu de rester les surveiller avant mais… Je ne pus plus attendre, ton frère n’a pas intérêt à faire le con…

**

Ce fut courbaturé que je me réveillais le lendemain. Mon regard se posa sur l’autre côté du lit et je réalisais que Morgan n’était plus là. Un sourire étira mes lèvres alors que je me mettais sur le dos, prenant toute la place. Morgan était un bon coup, c’était indéniable. Combien d’hommes avait-il comblé avant moi ?Comment faisait-il pour être encore célibataire alors qu’il avait toutes les qualités pour ne pas l’être ? Voila encore des mystères que je ne comprendrais jamais…

Mon regard se posa autour de moi, me relevant légèrement sur mes coudes. Mes sourcils se froncèrent alors que je remarquais pour la première fois qu’il n’avait aucune photo. Mon appartement à moi était remplit de photo de mon enfance, de mes amis, des voyages que j’avais pu y faire, mais ici il n’y avait rien.

Je secouais la tête pour chasser tout ces questions et me levais,cherchant mon boxer. Je sortis ensuite de la chambre et j’entendis les notes de musique. Un sourire sur les lèvres, j’allais vers son petit studio de musique, sans y entrer. Je m’accoudais à la porte et le regardait jouer de cet instrument. Il était doué. Il aurait très bien pu devenir célèbre et je ne comprenais pas pourquoi il n’en avait pas envie. La renommée, c’était tout ce que j’attendais.

– Tu es là depuis longtemps ? Me demanda-t-il en croisant mon regard.

– Un petit moment, lui répondis-je dans un sourire, je peux entrer ?

– Je… Oui…

Je vins directement m’asseoir sur son petit banc.

– Continue, ne t’arrêtes pas, dis-je aimant le regarder jouer.

Morgan se retourna vers son instrument et il souffla pour se concentrer. Ses doigts se posèrent sur les touches d’ivoires et mon cœur se mit à battre alors qu’il rejouait son morceau. Là, ses sourcils froncés sous la concentration, son air déterminé, son amour évident pour la musique, il était plus beau que jamais. Mes lèvres se posèrent sur sa mâchoire et je laissais mes doigts glisser dans son dos.Morgan fit une fausse note sous la surprise et il s’arrêta.

– Continue, murmurais en attrapant son lobe d’oreille entre mes dents.

Je jouais avec lui, comme j’aimais tant le faire. Mais c’était aussi de sa faute. Il avait ce pouvoir sur moi… Ce don de le rendre irrésistible…

– Alors comme ça, soufflais-je charmeur, ma bouche sur ton corps te manquait…

Mes lèvres descendirent vers son cou avant de descendre embrasser ses épaules. Il luttait pour ne pas faire de nouvelles fausses notes et je m’amusais de le voir aussi tenace. Ma main sur sa cuisse le caressait sans aucune honte alors que l’autre descendait dans son dos, voulant rejoindre un endroit bien précis. Morgan réussit à finir son morceau et il se releva, m’attrapant par le bras.

– Où est-ce qu’on va ? Demandais-je surpris alors qu’il m’emmenait hors de la pièce.

– Sous la douche, dit-il en marchant plus vite, pour calmer tes ardeurs…

Je ne pu m’empêcher de rire, le laissant prendre les rennes, ravi de voir mon envie dévorante partagée…

**

Une heure plus tard, nous étions installé dans sa cuisine en train de déjeuner. C’est alors que la porte s’ouvrit, dévoilant Joshua dans les mêmes habits que la veille.

– Où est-ce que tu étais ? Demanda Morgan, surpris.

Joshua ne répondit pas, mais un sourire étirait ses lèvres.

– Ne me dis pas que tu as passé la nuit avec ma sœur ! M’écriais-je alors qu’il s’assit sur une chaise.

Si et c’était une belle soirée… Lança-t-il rêveur.

Immédiatement une rage sans nom se déversa en moi et je me levais, lui envoyant un regard noire. Quelle idiote. Je lançais un « A plus tardMorgan » avant d’attraper mes affaires et de sortir en claquant la porte.

Quelques minutes plus tard, j’arrivais devant chez Liz et tambourinait sur sa porte. Elle mit un peu de temps avant de venir m’ouvrir, en pyjama,le visage fatigué.

– Non mais ça ne tourne pas rond chez toi ! M’écriais-je en rentrant.

– Je peux savoir ce qui se passe ? Souffla-t-elle dans un bâillement.

– Te faire le frère de Morgan ! T’es tarée ou quoi ? Je te signale que Morgan m’a dit qu’il se faisait tout ce qui bouge !

– Je te signale que toi aussi et pourtant il te laisse sortir avec son frère.

Je lui lançais un regard noir avant d’enlever ma veste et de la balancer sur son canapé.

– Ah parce que tu restes là ? Souffla-t-elle, déçue.

– On est dimanche, on reste ensemble le dimanche…Dis-je, surpris.

– Oui mais j’ai pas dormi de la nuit, et ce soir je le revois donc…

– Non, tu rigoles tu vas encore te le faire ?

– Attends, on a pas couché ensemble si c’est ça qui te met en colère.

Je me figeais immédiatement, croisant mon regard dans le sien.

– Ah bon ?

– Non, dit-elle en allant dans sa cuisine pour se prendre une tasse de café, on a passé la nuit à discuter.

– Et ce soir ?

– C’est un rendez-vous… Il m’emmène au restaurant.

Elle attrapa ma main et m’obligea à m’asseoir sur le canapé avant de m’y rejoindre et de poser sa tête sur mon épaule.

– Il est trop beau Éden… Trop, trop canon… Souffla-t-elle avec le même air rêveur que Joshua arborait ce matin, et il est gentil, intelligent… Ah je meurs…

– Ouais… Niveau physique, je préfère Morgan… Dis-je dans une grimace.

– Tant mieux, comme ça je n’ai pas à craindre que tu me le piques.

Je la fusillais du regard et elle éclata de rire. Ce genre de commentaire étaient devenus une habitude entre ma famille et moi, depuis que c’estce que j’avais fait à Norah.

– Et bien… Moi qui fait de Morgan mon plan cul et toi qui sort avec son frère… Je ne sais pas où ça va nous mener ça… Dis-je en m’étirant, légèrement amusé.

**

Trois mois s’étaient écoulés depuis ce moment. Trois mois magnifiques…Démentiels… Trois mois de pure bonheur.

Au niveau professionnel, tout allait bien, même extrêmement bien même. Après avoir terminé l’écriture des nouvelles chansons avec l’aide de Morgan, nous étions entrés en phase d’enregistrement. Alex, notre manager, nous avait programmé une tournée de deux mois et demi où nous interpréterons les chansons les plus connus des derniers albums vendus. C’était notre première vraie tournée et c’était avec plaisir que je pouvais voir certaines villes afficher « complet » pour nos concerts. Après cette tournée, nous entamerons la promotion du nouvel album, les tournages de clip et une nouvelle tournée. J’avais de plus en plus hâte. J’avais l’impression d’enfin toucher mon rêve du bout des doigts et cela me grisait, autant que ça grisait Laura, Baptiste, Kelly et Félix. Nous étions sur notre petit nuage et Morgan avait beaucoup de mal à nous canaliser lors de nos répétitions pour la tournée.

Ma relation avec Baptiste était revenue au beau fixe. Notre amitié était redevenue celle qu’elle était avant toutes nos coucheries, et même si je sentais quelques fois le regard de Baptiste posé sur moi d’une manière plus qu’amicale, jamais je ne le croisais. Je ne lui donnais plus de faux espoirs, car il n’y aurait plus rien entre nous. Et il l’avait compris.

Liz et Joshua était désormais un couple depuis maintenant trois mois. Même si au début, je n’étais pas vraiment d’accord avec le choix de ma sœur, j’avais fini par m’habituer à sa présence et à le voir avec elle. Elle semblait heureuse et c’est tout ce qui m’importait au final. Nous avions même fini par nous entendre au niveau du sport. J’étais un fan de Foot et Joshua l’était lui aussi, ce qui nous avait au moins donné un terrain d’entente. Mais jamais nous ne parlions de ma relation avec Morgan.

Cette relation quand à elle était restée la même. Morgan et moi couchions ensemble et à chaque fois, c’était les portes de l’extase que nous décrochions. Durant ces trois mois, même si je n’aimais pas l’avouer de peur de rendre cette histoire trop sérieuse, je n’avais coucher qu’avec lui, et ce pratiquement tous les soirs. Il me suffisait et je savais que je lui suffisait aussi. Mais nous n’en parlions jamais.

Ce jour-là, nous étions la veille de Noël et je devais partir chez mes parents pour le réveillon avec Liz et Joshua. Morgan avait prévu d’aller au repas organisé par le label, si bien que nous ne nous verrions pas pendant deux jours. Alors je profitais de lui encore un peu. J’étais au dessus de lui, embrassant sa peau nue alors que ses doigts s’entremêlaient dans mes cheveux.

– Tu devais pas rentrer chez toi ? Souffla Morgan, en rigolant sous mes caresses.

– Encore un peu… Répondis-je en descendant au niveau de son nombril.

Mes mains descendirent sur ses fesses que je massais sans aucune pudeur.Morgan se mordit alors la lèvre en fermant les yeux et je remontais,embrassant son cou.

– Tu devrais te faire un tatouage… Dis-je tout contre sa peau.

Je laissais alors mes doigts glisser le long de son torse pour atterrir sur son bas-ventre que je caressais doucement.

– Tu pourrais écrire mon prénom… Comme ça tout le monde saura que tu es à moi… Dis-je en rigolant légèrement.

Mes lèvres descendirent dans le creux de son cou et ses jambes et Morgan écarta un peu plus les jambes, collant son intimité dressée contre la mienne dans le même état. A ce contact je ne pu m’empêcher de rire.

– Tu vas me manquer… Souffla tout à coup Morgan, des rougeurs parsemant ses joues.

– Je reviens dans deux jours, répondis-je amusé.

– Non… Quand tu seras en tournée, tu vas me manquer.

Un sourire étira mes lèvres et je me redressais pour ravir ses lèvres dans un doux baiser. Morgan entrouvrit ses lèvres dans la seconde et lorsque nos langues se retrouvèrent, un frisson me secoua. Nous nous séparâmes seulement lorsque l’air vint à nous manquer et j’attrapai mon téléphone dans la poche de mon jean par terre.

– Qu’est-ce que tu fais ? Me demanda-t-il surpris.

– Attends j’ai une idée.

Je me redressais alors en cherchant l’application dans mon téléphone et lorsque je tournai la tête vers lui, Morgan s’était relevé sur ses coudes, me détaillant sans aucune pudeur.

– Et après c’est moi le pervers ! M’écriais-je en rigolant.

Des rougeurs colorèrent ses joues et je le pris en photo. Je m’allongeais alors sur lui et pris une nouvelle fois ses lèvres pour un baiser fougueux. Mon bras se tendit alors et je pris une nouvelle photo. Pleins d’autres suivirent par la suite jusqu’à ce que nous nous séparions, à bout de souffle. Je me mis ensuite sur le ventre près de lui et commençais à les lui envoyer sur son téléphone.

– Comme ça, dis-je dans un sourire charmeur, quand je te manquerai trop, tu les regarderas et tu repenseras à cette nuit…

Je m’approchais à nouveau de lui, mes lèvres retrouvant son cou.

– Et tu pourras même te soulager en pensant à moi… Repris-je dans un sourire.

– Oui, c’est définitivement toi le plus pervers de nous deux, souffla Morgan alors que ses mains descendait dans le creux de mes reins.

Mais alors que nous étions à deux doigts de céder à nouveau à nos pulsions, la porte d’entrée claqua et Joshua cria un « Je suis rentré Morgan ! » bien fort. Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me relevais.

– Je comprends pas pourquoi tu as voulu qu’il vienne habiter chez toi… Grognais-je en attrapant mes affaires, sachant qu’il ne voudrait rien faire alors que son frère était à côté.

Morgan rigola et se leva à son tour et enfila son pyjama. Nous prîmes ensuite la direction du salon pour trouver Joshua devant la télé.

– T’es encore là toi ? Souffla-t-il étonné.

– Ne t’en fais pas, je m’en vais, vous nous rejoignez chez mes parents ? Dis-je en mettant ma veste.

– Ouais, on doit passer te prendre ?

– Non, je vais avec Baptiste, il rentre aussi chez ses parents.

Joshua acquiesça et je me retournais. Un sourire étira mes lèvres et j’embrassais la joue de Morgan tout en lui glissant un « A dans deux jours » à l’oreille. Puis je sortis de son appartement pour rejoindre le mien à toute vitesse.

**

Cela faisait quelques heures que j’étais chez mes parents et j’aidais ma mère à préparer le repas avec Jay et sa femme. Mon portable se mit à sonner, signe que j’avais un message et immédiatement je le pris dans mes mains.

« T’es vraiment un connard Éden !! »

Mes sourcils se froncèrent sous cette insulte alors que je ne voyais pas vraiment ce que j’avais fait.

– C’est qui ? Demanda Jay en se coupant un morceau de fromage pour grignoter.

– Liz, répondis-je en haussant les épaules, apparemment je suis un connard mais je ne vois pas trop pourquoi…

– Depuis quand ma fille parle aussi vulgairement ? S’écria ma mère en se redressant.

– Ah Maman… Souffla Jay en levant les yeux au ciel, si tu connaissais un peu mieux Liz tu saurais qu’elle a toujours été vulgaire !

La femme de Jay, Suzie, rigola légèrement alors que ma mère lui envoyait un torchon en pleine figure. C’était une femme assez petite et rondouillarde mais vraiment très belle. Blonde, les cheveux longs et des yeux verts magnifiques, elle avait donné naissance à deux enfants qui jouaient dans jardin avec mon père et qui ressemblaient à Jay même s’il était aussi blond que leur mère. Même si nous n’étions pas aussi proche que je l’étais de Liz, je m’entendais bien avec Jayson. Il évitait de parler de mon métier, sujet de discorde entre nous et nous retrouvions nôtre complicité. C’était à peu près la même chose avec Riley même si avec lui, ça finissait toujours par déraper.

La porte s’ouvrit, dévoilant Norah, suivi de son mari Alban. Il était grand, les cheveux châtains et un regard sombre aussi froid que celui que Norah posait à cet instant sur moi.

– Riley et Liz sont sur la route, ils viennent de m’envoyer un sms, dit-elle en faisant la bise à tout le monde.

Elle fit de même pour moi car ma mère était présente dans la cuisine.Son mari me serra la main assez froidement et je me retournais pour continuer à remuer la sauce que ma mère avait préparée.

– Toi aussi Liz t’a insulté ? Demanda Jay dans un sourire.

– Non pourquoi elle ferait ça ? Fit Norah, surprise.

– Bon vous avez fini de parler d’elle comme ça ! Souffla ma mère en se levant, Alban et Norah, allez donc mettre la table et toi Jay va allumer un feu, qu’on puisse avoir la paix deux minutes dans la cuisine.

J’envoyais alors un sourire moqueur à Jay et pour toute réponse il leva les yeux au ciel une nouvelle fois.

**

Il était maintenant 18 heures et tout le monde était là, sauf Liz etJoshua qui était en retard. Riley était arrivé ainsi que sa femme Amanda et leur fils Théo. Tout le monde était en train de s’activer en bas tandis que je mettais un film aux enfants dans l’ancienne chambre de Norah aménagée en salle de jeu.

– Bon, je descends, fis-je en tendant la télécommande à Théo, le plus âgé des enfants, pas de conneries.

Tu sais que j’ai demandé une guitare à noël Tonton ! S’écria-t-il alors que je sortais, pour faire comme toi, tu m’apprendras hein !

– Promis, répondis-je dans un sourire, touché.

Je sortis de la chambre, la laissant entrouverte et descendis rejoindre ma famille. C’est alors que la porte d’entrée s’ouvrit, dévoilant Liz et Joshua.

– Ah bah vous en avez mis du temps ! Soufflais-je dans un sourire.

Mais celui-ci s’effaça bien vite en apercevant Morgan qui entrait à son tour.

– Qu’est-ce que tu fais là ? Demandais-je étonné de le voir ici.

– Je l’ai invité, S’écria Liz, le regard noir, vu que tu es tellement égoïste et que tu ne penses qu’à toi !

– Mais il avait déjà un truc de prévu, lançais-je en haussant les sourcils.

– Je… Je peux partir… Souffla Morgan, rouge de gêne.

C’est alors que ma mère arriva, tout sourire, suivit par le reste de la famille.

– Tiens, ça y’est, vous voilà ! Dit-elle en enlaçant Liz.

Elle se tourna vers Joshua, un sourire aux lèvres.

– Et vous êtes le petit ami, Joshua, ravi de faire votre connaissance.

Joshua répondit la même chose et lui serra la main. Le regard de ma mère se posa alors sur Morgan.

– Et vous, vous êtes… Fit-elle hésitante.

– C’est le petit ami d’Eden, Maman, répondit Liz, en enlevant sa veste.

Me jeter un sceau d’eau froide en pleine figure aurait eu le même impact que cette phrase. Comment pouvait-elle dire ça ? A notre mère ? Morgan n’était qu’un plan cul, rien d’autre, elle ne pouvait pas dire ça. Elle n’en avait pas le droit. Mon sourire s’envola alors que ma mère posait sur moi un regard interrogateur.

– Ton petit ami ? Souffla-t-elle étonnée.

– Je…

Mais pas le moindre mot ne sortit de ma bouche. Comment pouvais-je avouer à ma mère que l’homme qui se trouvait dans sa maison était mon plan cul régulier. C’était impossible. Mon cœur se serra alors que j’allais dépasser une autre limite avec Morgan. Une limite que Liz me forçait à balayer.

– C’est tout récent… Répondis-je en regardant liz du regard le plus noir que j’avais en stoch.

Ma mère me regarda quelque minutes interloquée avant de reposer son regard sur Morgan. Derrière elle, tout le monde de regardait étonné,et je savais très bien pourquoi. Depuis Lucas, jamais personne n’avait franchi le seuil de cette maison sous cette appellation. Et si ça ne tenait qu’à moi, jamais personne ne l’aurais fait. Liz allait passer un très mauvais quart d’heure…

– Et bien je suis ravie de vous rencontrer Morgan. Souffla-t-elle en tendant la main vers mon amant.

– Moi aussi… Dit-il, des rougeurs sur ses joues, en me lançant un regard gêné.

Elle lui fit un sourire et se retourna pour croiser le regard de tous le monde.

– Et si vous alliez vous occuper de vos affaires pour une fois ? Dit-elle en retournant dans le salon.

Toutle monde sembla alors sortir de sa léthargie se retourna pour retourner à leurs activités. Liz en profita pour aller dans lacuisine avec Joshua, sans doute pour que je ne puisse pas lui parler tout de suite. Un soupire s’échappa de mes lèvres et jem’approchais de Morgan, attrapant son sac.

– Viens, on va mettre ça dans ma chambre, fis-je en commençant à remonter les marches.

Morgan me suivit sans broncher et je le conduisis dans ma chambre d’adolescent. Elle était assez petite, bleu marine et blanche avec des posters de groupes de rock accrochée partout. Mon lit était collé au mur avec juste à côté mon bureau, impeccablement rangé par ma mère lors de mon départ. Dans un coin, une vieille guitare et une bibliothèque avec une chaine-hifi. Ma chambre était la seule qui était restée aussi personnelle, les autres étant devenue des chambres d’ami, car ma mère avant encore du mal à se faire à l’idée que je ne reviendrai plus du tout vivre avec eux.

– Je suis désolé Éden… Souffla alors Morgan, d’une petite voix, Liz m’a dit qu’elle te préviendrait avant qu’on arrive… Je ne voulais pas m’imposer comme ça.

– Je croyais que tu avais un repas avec le label, répondis-je en me retournant.

Il baissa le regard paraissant tout à coup encore plus mal à l’aise.

– Morgan… Dis-je, en fronçant les sourcils, tu comptais passer où le réveillon.

– Chez moi…

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je posais son sac près du mien.Pourquoi fallait-il qu’il me paraisse aussi vulnérable ?

– Dans ce cas, dis-je en m’assaillant sur mon lit, elle a bien fait de te dire de venir.

J’attrapais sa main et l’obligeais à s’asseoir. Je lui enlevais son écharpe et il défit sa veste avant de la poser près de lui.

– C’est moi qui m’excuse pour la comédie qu’elle va te faire jouer pendant ces deux jours… Sans compter que tout le monde ici va te bombarder de questions.

Il posa sur moi un regard surpris et je haussais les épaules.

– Ce n’est pas souvent que je ramène quelqu’un ici et que je le présente comme mon petit ami, avouais-je dans un sourire gêné, mais je ne pouvais pas dire à ma mère la vraie nature de notre relation.

Morgan répondit à mon sourire et je posais ma main sur sa joue. Mes lèvres se posèrent sur les siennes dans un baiser tendre et je sentis ses mains remonter jusqu’à ma nuque. Comme une habitude, mes mains passèrent sur son pull, touchant sa peau douce. Notre baiser gagna en intensité immédiatement et ce fut à regret que je me séparais de lui.

– En parlant de la nature de notre relation, dis-je dans un sourire, elle ne sera pas facile à entretenir pendant ces deux jours, mes parents dorment juste à côté…

Il voulu rétorquer quelque chose, mais la porte de ma chambre s’ouvrit à la volée, dévoilant mon frère. Celui-ci haussant les sourcils sous la surprise de nous voir aussi proche l’un de l’autre.

– Sérieux Riley, tu pourrais pas frapper ! Grognais-je les dents serrés.

– Maman m’envoie vous dire de descendre à table, je pouvais pas savoir que vous aviez prévu de prendre le dessert en avance… S’exclama-t-il, fier de sa blague.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me levais en levant les yeux au ciel.

– J’espère que Amanda ne t’a pas épousé pour ton humour… Soufflais-je en passant près de lui.

– Figures-toi qu’elle me trouve assez drôle ! Rétorqua-t-il en passant son bras autour de mon cou.

– Ouais bah c’est que tu dois être un sacré coup au lit alors…

Nous sortîmes de la pièce, Morgan nous suivant sans oser participer.

**

Cela faisait maintenant quelques heures que nous étions à table et tout se passait très bien. L’atmosphère était détendue et je me laissais aller. Mon bras était posée sur le dossier de la chaise de Morgan qui discutait avec Jay de son emploi de Kinésithérapeute. La comédie que nous faisions n’était pas vraiment difficile à jouer et je me laissais bercer par cette proximité, allant jusqu’à poser ma main sur sa cuisse.

Mais même si tout le monde semblait l’accepter, je sentais le regard de Norah posé sur nous. Je n’avais aucun mal à deviner ce qu’elle pensait, c’est pourquoi, je faisais tout pour ne pas le croiser.

– Et sinon les garçons, pourquoi est-ce que vous ne faites pas le réveillon chez vos parents ? Demanda mon père en se resservant un peu de dessert.

– Parce qu’on en a pas… Souffla Joshua en haussant les épaules.

Tout le monde tourna la tête vers lui, le regard surpris, y comprisMorgan. Joshua tourna la tête vers lui et une grimace étira ses lèvres.

– On… On a vécu dans un orphelinat jusqu’à notre majorité, dit-il, cette fois d’une manière plus hésitante.

Mon regard se posa alors sur Morgan qui avait baissé la tête. Alors c’était ça. Voila pourquoi il n’y avait aucune photo, aucun souvenir chez lui, tout simplement parce que cette partie de sa vie, il voulait l’oublier. Je me sentis soudainement mal. Durant ces trois mois, j’avais passé mon temps à parler de ma famille, des anecdotes amusantes et ce sans tact. Vivement, j’attrapais sa main posée sur la table et entrelaçait nos doigts. A ce contact, Morgan releva la tête, posant sur moi un regard interrogatif et je lui souri. C’était un sourire pour le réconforter, et lui montrer que même si je ne pouvais pas lui offrir une vraie relation, j’étais là pour lui. Parce que nous étions amis.

– Des fois j’aurais bien aimé être seul moi aussi… Souffla Riley, pour détendre l’atmosphère.

– Des fois on aurait bien aimé que tu le sois, oui, répliquais-je en me tournant vers lui.

– Tu dis ça mais tu passais ton temps à le suivre partout, répondit ma mère en rigolant légèrement.

– Parce qu’à l’époque je pensais qu’être un intello était cool !

Tout le monde rigola et la conversation dériva sur Riley. Mais Norahn’était pas décidé à oublier sa rancœur deux minutes.

– Pour quelqu’un qui dit avoir du mal à oublier Lucas, je trouve que tu t’en sors bien… Souffla-t-elle, le regard posée sur nos mains liées.

Je me tendis à la seconde et retirai ma main de celle de mon amant. Mon regard croisa celui de Norah, agacé. Mon cœur se serra alors que je me rendais compte que ce qu’elle disait était plus ou moins vrai.Avec Morgan, je dépassais toutes les limites que je m’imposais avec les autres.

– Qui est Lucas ? Demanda Joshua en fronçant les sourcils.

– Son ex, répondit Norah, sans dévier son regard du mien.

Ex ? Voilà tout ce qu’il était ? Mon sang ne fit qu’un tour.J’étouffais, il fallait que je sorte. Je me levais aussitôt mais trop précipitamment car la chaise tomba au même moment.

– Je vais prendre l’air, murmurais-je alors que je me retournais, prenant la direction du jardin.

Pourquoi fallait-il qu’elle gâche tout ? Pourquoi fallait-il qu’elle parle de lui ? Maintenant ? L’étau de mon cœur se serra un peu plus et je laissais glisser la porte vitrée avant de m’asseoir sur les marches du perron. Ce fut à cet instant seulement qu’un sanglot me secoua et je baissais la tête, l’appuyant contre mes genoux relevés. Je me sentais mal. Je n’étais pas idiot, je savais très bien que je me laissais trop aller avec Morgan. Mais je ne voulais pas mettre de mots sur ce que nous faisions. Parce que cela me faisait trop mal.

Tout à coup, je sentis un vêtement tombé sur moi et je relevais la tête,croisant le regard de ma mère. Un sourire étira ses lèvres et elle resserra les pans de ma veste autour de moi pour me couvrir un peu plus.

– Tu ne devrais pas écouter Norah, Dit-elle en caressant ma joue, elle ne peut pas comprendre… Personne ne peut comprendre à part toi.

– Il me manque maman… Soufflais-je alors qu’un nouveau sanglot étranglait ma voix.

– Je sais mon amour…

Et doucement, elle m’attira à elle pour une étreinte des plus douces.

**

Ce fut seulement après de longues minutes que je me décidais à rentrer accompagné de ma mère. J’avais arrêté de pleurer mais je savais que mes yeux étaient rouges et ce fut gêné que je retournais m’asseoir. Si tout le monde avait remarqué mes yeux, personne ne disait rien. Norah quand à elle avait baissé la tête et je savais que mon père y était pour quelque chose.

– Bon, je sais comment ce sont rencontrés ces deux là, souffla mon père en montrant Liz et Joshua, mais vous deux ?

– On travaille ensemble, répondis-je en haussant les épaules.

– Je suis compositeur dans le label d’Eden, je les aide à travailler sur leur musique et à côté de ça je fais des musiques de films, compléta Morgan dans un sourire.

– Heureusement que tu fais des musiques de films parce que sinon tu aurais pas mal de temps libre, s’exclama Riley, dans un sourire en coin, en jetant un regard furtif à mon père et à Jayson.

Vivement,je relevais la tête, prêt à riposter à cette pique, mais Morganme devança.

– Au contraire, Dit-il sérieux, je dois avouer que je suis en retard pour mes autres projets…

Il posa alors son regard sur moi et un sourire étira ses lèvres.

– Ils ont tellement de talent que je me laisse à chaque fois aller.

– Tu dis ça parce que tu sors avec Éden ! S’écria Jay amusé.

– Je sors peut-être avec lui mais je sais toujours reconnaître un groupe qui a du talent d’un autre qui n’en a pas… Et puis de toute façon, s’ils n’en avaient pas, le label où nous travaillons n’aurait même pas écouté leur démo.

Tout le monde le regarda surpris et je sentis mon cœur s’endiabler dans ma poitrine. Personne n’avait jamais pris ma défense et celle des Light Shade de cette manière et je me sentis fondre à nouveau. A cet instant, je découvrais une nouvelle facette de Morgan. Une facette qui me séduisait autant qu’elle m’effrayait. Il avait des sentiments pour moi. C’était maintenant une évidence. Et pourtant… Je n’avais pas envie de partir.

– Vous devriez aller à un de ses concerts pendant leur tournée, vous seriez bluffé, acheva-t-il, en se resservant de l’eau.

Ma famille le regarda encore quelques secondes avant de se regarder tour à tour, surpris. Puis ma mère se leva, un sourire aux lèvres.

– Quelqu’un veut du dessert ?

**

Cela faisait une heure que le repas était terminé et tout le monde avait regagné sa chambre. Je me retrouvais allongé pyjama sur le dos, la tête de Morgan posée sur mon torse.

– Merci… Soufflais-je en passant ma main dans ses cheveux.

– De quoi ? Demanda-t-il en relevant la tête.

– Merci d’avoir pris ma défense ce soir, répondis-je dans un sourire.

– Je n’ai dis que la pure vérité.

Je rigolais légèrement et inversais nos positions, m’allongeant sur lui et calant ma tête dans son cou.

– Jay a raison, dis-je en embrassant sa peau, tu ne peux pas être objectif, on couche ensemble et en plus de ça tu es ma groupie.

– Je suis pas ta groupie, souffla Morgan amusé.

– Il y a des posters de moi partout dans ton appartement.

– Juste dans une pièce.

Je me redressais, posant mes coudes de chaque côté de son visage.

– C’est pas grave tu sais, dis-je dans un sourire charmeur, j’aime bien avec des groupies !

– Je ne suis pas ta groupie ! S’écria-t-il en attrapant le cousin près de lui et en me tapant avec.

J’éclatais alors de rire et il me suivit. Ma tête se reposa sur son épaule et mes doigts suivirent les contours de son cou.

– Tu as passé une bonne soirée ? Demandais-je après un temps.

– Oui, mais je n’ai rien à leur offrir pour demain midi.

– T’en fais pas pour ça…

Je lâchais alors un bâillement et mes bras encerclèrent sa taille.Mes yeux commencèrent à se fermer, bercé par la respiration calme de Morgan.

– Éden ? Murmura-t-il faiblement.

– Oui ? Répondis-je à deux doigts de m’endormir.

– Je t’aime…

Je me tendis à la seconde mais ne relevais pas la tête. Mon cœur se mit à battre violemment dans ma poitrine. Mais je ne voulais pas fuir. Je le savais. Je l’avais compris. Et je l’avais encouragé. Mais ce n’était pas comme avec Baptiste. J’étais terrifié mais pour la première fois depuis longtemps, je m’en fichais. Morgan savait ce que je voulais. Il savait que je ne pourrais jamais lui offrir la même chose. Et il ne me demandait rien. Il ne voulait pas que je l’aime. Il voulait simplement que je reste. Et c’est ce que j’allais faire.

– Je sais… Soufflais-je en resserrant mon étreinte autour de lui.

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