Ne pars pas – Chapitre 6

Chapitre 6 écrit par Mai-Lynn

 

– Bah alors, tu ne viens pas dire bonjour à ta sœur ? Demanda Norah, dans un sourire ironique.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je descendis du piano en me calant contre, les bras croisés.

– Pourquoi tu es là Norah ? Fis-je, légèrement agacé

– J’étais bien obligé vu que je suis encore passé pour la méchante dimanche dernier. Répondit-elle, sur le même ton.

– Je n’ai rien dit à personne.

– Oh non, je le sais bien, c’est Liz qui s’est empressée de prendre ta défense, comme d’habitude.

Elle passa sa main dans ses cheveux châtain, avant de soupirer à son tour. Si j’étais le portrait craché de Liz, j’étais le sosie de Norah. Cette ressemblance quasi-parfaite aurait pu nous rapprocher, au lieu de ça, c’est ce qui nous avait séparé, creusant un fossé qui nous éloignait de plus en plus chaque jour.

– C’était un anniversaire surprise, je n’étais au courant de rien, dit-elle en haussant les épaules, sans pour autant avoir l’air peinée.

– Oh et je suis sûr que ton mari n’a pas pensé une seule seconde à m’inviter, Soufflais-je le regard noir.

– Que veux-tu, tu es une rock star, il a cru que tu serais occupé.

Cette dernière remarque me fit l’effet d’une douche froide et je la fusillais du regard. Un sourire étira ses lèvres, ravie d’avoir toucher un point sensible. Elle regarda alors autour d’elle, jugeant l’endroit dans lequel je me trouvais. Puis elle reposa son regard sur moi.

– Alors c’est ici que tu perds ton temps ? Me demanda-t-elle dans une grimace.

C’est à cet instant précis que je perdis patience. Vivement, je me redressais, m’approchant d’elle, le regard menaçant.

– Tu peux t’en aller, dis-je, la voix froide. Je dirai à maman que tes excuses ont été les plus sincères que je n’aie jamais entendue, ça ne sert à rien de continuer cette comédie.

J’attrapais alors son bras et la força à me suivre jusqu’à la porte. Je la lâchais au dernier moment et elle se tourna vers moi, furieuse.

– La prochaine fois, évite d’aller pleurer dans les jupes de Liz, ça sera plus simple, s’écria-t-elle en ouvrant la porte.

Et sans attendre, elle sortit en claquant la porte, ne se rendant pas compte de l’état dans lequel elle me laissait. J’avais mal au cœur. J’aimais ma famille. J’aimais Norah, mais visiblement, je n’étais plus rien pour elle. Une rage sans nom se déversa alors dans mes veines et je tentais de me calmer, retournant vers le piano. Pourquoi étais-je aussi touché ? Je le savais. Elle me détestait et ce depuis un moment maintenant. Je le savais et j’avais tiré un trait sur une réconciliation. Alors pourquoi n’arrivais-je pas à ne plus avoir mal ? Rageusement, j’attrapais mon cahier et le balançait contre la porte. Les feuilles s’envolèrent, se répandant près de la porte.

Je sentis des larmes brûler contre mes joues et furieux, je les essuyais d’un revers de manche, m’accoudant sur le piano. Mais je ne pu réprimer un sanglot dévastateur, qui me fit pleurer encore plus.

**

S’il te plait Norah, allez, donne moi son numéro ! Supplia Eden, le regard triste.

Hors de question, de toute façon, il n’est pas gay, riposta Norah en entrant dans sa chambre.

Bien sur qu’il l’est, tu n’as pas vu comment il me regarde !

Norah, soupira et ouvrit les portes de son armoire, cherchant la tenue idéale pour ce soir. Eden s’assit sur le lit de la jeune femme, déterminé.

Lucas et moi, on est fait pour être ensemble, pourquoi tu ne veux pas ? Demanda-t-il en la regardant.

Parce que tu as 15 ans et lui 18, qu’il n’est pas gay et qu’en plus de ça il ne parle jamais de toi !

Si tu crois qu’il n’est pas gay, tu es bien aveugle ma pauvre.

Un jeune homme entra à son tour dans la chambre et s’assit près d’Eden, lui tendant le paquet de chips qu’il était en train de manger. Ce jeune homme ressemblait fortement à son frère, si ce n’est qu’il était mal rasé, ne le rendant que plus séduisant.

N’importe quoi ! S’insurgea Norah en se retournant vers ses frères. Et puis d’abord, qu’est-ce que tu fais là Jay, papa va criser s’il voit que tu as encore séché le foot.

C’est annulé, le coach n’est pas en forme, répondit le prénommé Jay en haussant les épaules.

Mais Eden ne perdait pas de vue son but et il se redressa, se mettant sur ses genoux.

Qu’est-ce que tu as à perdre Norah, donnes moi le numéro de Lucas, dit-il en croisant à nouveau son regard. Et si comme tu dis il n’est pas gay, je me payerais le plus gros vent de toute ma vie.

Elle a surtout peur que tu lui piques son Lucas vu qu’elle est raide dingue de lui… Souffla Jay, amusé

Vivement, Norah se tourna et balança un cousin sur Jayson, furieuse.

Je ne suis pas amoureuse de lui ! S’écria-t-elle énervée.

Alors donnes-lui son numéro ! Riposta Jay, dans un sourire.

Norah posa alors son regard sur Eden qui lui fit un large sourire. Un soupire s’échappa de ses lèvres et elle attrapa sa robe avant de marcher vers la porte d’entrée.

Je ne suis pas amoureuse de lui et il n’est pas gay, point final ! Dit-elle, avant de claquer la porte de sa chambre.

Quelques heures plus tard, toute la fratrie se retrouvait dans le salon, fêtant l’anniversaire de l’année de la famille. La musique et l’ambiance de la soirée battaient leur plein, mais Eden n’était pas d’humeur à faire la fête. Il ne cessait de regarder autour de lui, cherchant Lucas du regard. Il l’aimait bien, et c’était tout récent. Avant, il n’avait jamais ressenti ce genre de chose pour lui. Norah et lui était ami depuis la maternelle, si bien qu’ils avaient tous grandit ensemble, devenant en quelques sorte son troisième frère, mais l’année dernière, ses parents avaient divorcés et son père avait eu sa garde, le faisant déménager à l’autre bout du pays. Mais il y a quelques jours, il avait réussit à retourner chez sa mère pour sa dernière année en terminal et ce qu’avait ressenti Eden en le voyant n’avait rien à voir avec de l’affection fraternelle. Non. Il le désirait. Il n’avait beau avoir que quinze ans, il ne pouvait s’empêcher de le vouloir…

Liz m’a dit que tu me cherchais ?

Eden se retourna vivement en entendant la voix de l’objet de ses désirs derrière son dos et un sourire énorme étira les lèvres de Lucas en découvrant les rougeurs sur les joues d’Eden. Le brun posa alors sa main sur la veste d’Eden, tirant légèrement dessus pour faire sortir le col.

Tu es très beau ce soir, dit-il dans un nouveau sourire.

Ça suffit… Souffla Eden, en attrapant la main de Lucas. Tu es gay ?

Lucas écarquilla les yeux, surpris par cette question. Puis, un fin sourire étira ses lèvres et il rigola, légèrement gêné.

Je pensais que tu l’avais compris… Répondit Lucas, en entrelaçant ses doigts à ceux d’Eden.

Et vivement, il se rapprocha d’Eden, posant ses lèvres sur celles du châtain. Surpris, Éden ne réagit pas immédiatement, mais lorsqu’il sentit l’autre main de Luca se poser sur sa hanche et la langue du brun lécher ses lèvres, il se réveilla. Sa main lâcha alors celle de Luca et il l’enlaça, se mettant sur la pointe des pieds pour lui donner un vrai baiser. Ses lèvres s’entrouvrir et il laissa Lucas entremêler leurs langues, les entraînant dans une danse exquise. Lorsque l’air vint à leur manquer, ils se séparèrent à regret, un sourire béat aux lèvres. Mais Éden pu voir le regard émeraude de Lucas lâcher le sien pour se poser derrière lui. Immédiatement les sourcils du brun se froncèrent.

ça ne va pas Norah ? Demanda-t-il, surpris.

Eden se retourna alors et ce qu’il vit lui déchira le cœur. Devant lui, sa sœur les regardait étonné. Mais ce qui lui fit le plus de mal, fut les larmes qui dévalaient sur ses joues…

**

J’ai mal. Tellement mal au cœur. Et pourtant, je savais au fond de moi que j’étais le fautif. Car je n’avais pas vu les signes. Elle était amoureuse de Lucas. Et même si Jay s’amusait à dire ça, nous n’avions pas vu à quel point. J’avais poursuivi mon histoire avec Lucas, sans jamais me poser de question. Sans jamais regretter mes choix. J’avais contribué à cette distance qui nous séparait. J’avais détruit l’amitié qui les unissais. Mais j’étais jeune, et amoureux. Plus j’y pensais et plus j’avais mal. Car jamais elle ne me le pardonnerait. Même si elle avait nié ses sentiments, même si elle avait fait semblant, je lui avais brisé le cœur. Et aujourd’hui, elle se chargeait de briser le mien à chaque fois que l’on se voyait.

– Eden ?

Surpris, je sursautais pour croiser le regard de Baptiste. Il du voir mes larmes car immédiatement, il vint près de moi, mais je le repoussais, essuyant ces gouttes d’eau, vestige de ma douleur.

– J’ai croiser Norah…Souffla-t-il en posant sa main sur mon épaule.

– Je croyais que tu faisais la gueule ? Demandais-je ne voulant pas me retourner.

– Je te fais la gueule, ton idée de plan à trois est une idiotie, mais tu es aussi mon ami.

Et sans me laisser le choix, il me força à me retourner, me prenant dans ses bras. Il me serra si fort que ma respiration fut coupée, pourtant, je ne voulais pas m’en défaire. Il n’y avait que Baptiste qui pouvait me faire ressentir ça. Lui seul connaissait toute l’histoire. Lui seul était capable de me réconforter ainsi. Alors, doucement, j’enfouis ma tête dans son cou et je sentis ses bras remonter dans mes cheveux. Son étreinte me réconforta plus que je l’aurais cru, et doucement, je me reculais. Nos regards se croisèrent, pour ne plus se lâcher. Mon cœur loupa un battement et doucement, j’approchais mon visage du sien, caressant ses lèvres. Baptiste ne pu tenir et vivement il m’embrassa. Un baiser infiniment doux, nous grisant. Un baiser que nous ne nous donnions pratiquement jamais, car il partageait beaucoup de trop de sentiments. Sentiments que je m’interdisais.

Ce baiser gagna bien vite en intensité et ce fut lorsque je sentis les mains de Baptiste se glisser sous mon tee-shirt, que je redescendis sur terre. Je ne voulais pas coucher avec lui. Pas maintenant. J’avais besoin d’un ami et rien de plus.

– Stop, arrêtes ! Dis-je en l’écartant de moi.

– Eden, murmura-t-il en se rapprochant de moi, j’ai envie de toi.

– Et moi non… pas ce soir, je n’ai pas la tête à ça.

Vivement, je le repoussais et allait ramasser les feuilles de mon cahier par terre. Un soupire s’échappa de mes lèvres alors que je constatais que j’aurais besoin d’un nouveau cahier. Mais lorsque je me relevais, je fus tiré par Baptiste qui me força à m’asseoir sur le fauteuil de la salle. Brusquement, il se mit au dessus de moi et ses mains se posèrent sur ma nuque, happant mes lèvres dans un baiser fougueux. J’aurais pu faire ce que je voulais. J’aurais pu le faire mien dans la seconde et oublier pour un temps ma sœur. Mais je ne voulais pas. Parce que si je laissais Baptiste me faire oublier ce moment, j’ouvrais la porte à plus que de l’amitié. Et je ne voulais pas de ça. Baptiste était un ami, avec qui je prenais du bon temps, mais il ne devait pas être plus.

Brusquement, je le repoussais avec force, le faisant tomber du fauteuil.

– Je t’ai dis non ! M’écriais-je en colère,

– Pourquoi ? Parce que je ne suis pas Morgan ? Lança-t-il rageusement.

– Qu’est-ce que Morgan a à voir là dedans ?

Baptiste se figea à la seconde et je compris. Il était jaloux, une fois de plus. Déçu, je me levais, attrapant ma veste et mon cahier. J’entendis Baptiste se lever et dire mon nom, mais ce fut au moment où ma main ouvrait la porte que je me retournais vers lui.

– Je ne sais pas si on va pouvoir continuer comme ça Baptiste.

Et sans rien ajouter de plus, je sortis de la salle, voulant rentrer chez moi, le plus vite possible.

**

Pour me changer les idées, j’étais partie dans une boite de nuit. J’avais décidé de passer ma nuit avec un inconnu, pour évacuer le stress de ma confrontation avec Norah et celle avec Baptiste. Soudainement, tout me semblait bien plus difficile. Baptiste rendait les choses beaucoup trop difficiles. Il ne voyait plus la limite et sûrement étais-ce de ma faute. La tendresse dont je faisais preuve lors de mes ébats avait souvent fait chavirer le cœur de ceux avec qui je couchais. Mais à chaque fois, je m’étais empressé de couper les ponts. Mais avec Baptiste, c’était différent. Il était mon ami, il me comprenait. Je m’étais pris au jeu, oubliant qu’il était romantique.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je posais mon regard sur les gens devant moi, cherchant ma prochaine proie. Ce fut à cet instant que je découvrais Morgan, assis devant le bar, sirotant son verre, jetant des coups d’œil sur la piste de danse. Mon regard suivi alors le sien et je pu voir son frère se trémousser dessus, collant une jeune femme dans le but de la draguer.

Je venais de trouver celui avec qui j’allais passer le reste de ma nuit. Vivement, je me redressais et m’approchais de lui. Je vins m’asseoir près de lui, le poussant légèrement pour avoir de la place. Morgan se tourna alors vers moi et ses yeux s’écarquillèrent en me voyant.

– Je n’aurais pas pensé te trouver là ce soir… Soufflais-je dans un sourire, tu viens souvent ici ?

Un petit sourire terriblement séduisant étira ses lèvres.

– J’avais besoin de changer d’air, dit-il en haussant les épaules.

Et je partageais parfaitement son envie… Vivement je posais ma main sur sa cuisse, le caressant du bout des doigts.

– Moi aussi, fis-je en me rapprochant de lui, et je suis heureux de te trouver ici.

Son regard se voilà de désir et mon envie de lui augmenta d’un cran. Je laissais volontairement ma main remonter le long de sa cuisse, frôlant son intimité. Ses joues se parsemèrent de rouge et je posais mes lèvres sur sa mâchoire, remontant peu à peu jusqu’à son oreille. Sensuellement, je mordillais son lobe d’oreille.

– Et si on allait chez moi… Murmurais-je, la voix pleine de désir.

– Je suis désolé, soupira-t-il déçu, mais ce soir je ne peux pas. Je suis venu avec Joshua… Et je repars avec lui…

– Tu es sur ? Demandais-je dans un sourire charmeur, parce qu’il n’a pas vraiment l’air de se préoccuper de toi…

Morgan regarda la piste de danse, voyant son frère faire un collé-serré des plus langoureux.

– Je rentre avec lui… Dit-il, déterminé.

Il me résistait et cela ne faisait qu’accroître mon désir pour lui. Me fichant royalement des gens présents autour de nous, je déposais mes lèvres sur les siennes, me collant à lui. S’il ne cédait pas avec mes mots, il céderait avec mes gestes. Lorsque l’air vint à nous manquer, je me reculais, savourant l’effet que je lui faisais. J’avais envie de lui, maintenant.

– Suis-moi, lui ordonnais-je en attrapant sa main pour qu’il me suive. Si je ne peux pas t’amener chez moi… Alors j’ai une autre idée.

Morgan me suivit sans broncher et je l’amenais jusqu’aux toilettes. Morgan ne cherchait jamais plus loin que ce que je lui donnais et c’est ça qui me faisait chavirer à chaque fois. Nous nous connaissions depuis à peine une semaine et pourtant, j’étais en symbiose avec lui. J’aimais sa présence, son corps, son odeur. J’aimais sa timidité. J’aimais le sexe avec lui, plus que tout.

Une fois arrivé dans les toilettes, j’ouvrais le premier cabinet et le poussais à l’intérieur, fermant le verrou derrière moi. Sans attendre, je le plaquais contre le mur et l’embrassais sauvagement. Je devenais de plus en plus dépendant de lui et je n’avais pas peur. Car il ne voulait pas plus, et c’est ça qui me grisait.

Mes passèrent sous ses vêtements, en manque constant de sa peau. Je me consumais de désir pour lui et je sentais Morgan vibrer de désir pour moi. Mes lèvres ne quittaient les siennes que quand le manque d’air se faisait ressentir et mes mains descendaient de plus en plus, lui arrachant des caresses divines.

Tout à coup, Morgan inversa nos positions et je fus plaqué contre le mur. Surpris, je croisais son regard déterminé et un sourire en coin étira mes lèvres en lui laissant les rennes. Depuis que nous couchions ensemble, j’étais toujours celui qui demandait et ce fut avec régal que je le voyais ouvrir ma chemise et embrasser mon torse avec avidité. Bien vite, il tomba à genoux devant moi et il descendit mon pantalon et mon boxer. Son regard se posa alors sur moi, cherchant très certainement du courage là ou sa timidité le bloquait. Lorsqu’un sourire étira ses lèvres, je me sentis fondre à la seconde. Comment faisait-il pour me faire ressentir ça ? Comment arrivait-il à ouvrir cette porte que Baptiste en un an n’avait jamais réussie ? Je jouais à un jeu dangereux. Entre lui et moi, il fallait que ça ne soit que du sexe, et rien d’autre. Parce que lorsqu’il trouverait quelqu’un de mieux. Quelqu’un qui lui apporterait tout ce qu’il veut, tout ce que je refusais de donner, je finirais seul. Encore une fois.

Ma main finit par se poser sur ses cheveux, lui intimant d’une légère pression que je voulais plus. Morgan me sourit à nouveau, sourire qui fit battre mon cœur malgré moi.

– Pour me faire pardonner de ne pas pouvoir venir chez toi… Souffla-t-il le regard plein de désir.

Et brusquement, il passa sa langue sur mon sexe, sensuellement. Un gémissement rauque que je ne pu contenir s’échappa de mes lèvres et un frisson me parcouru alors qu’il réitérait l’expérience plusieurs fois. Lorsque qu’il prit enfin mon pénis en bouche, je ne pu soutenir son regard et ma tête partie en arrière. Morgan s’y prenait à la perfection. Sa langue s’enroulant sur mon membre, sa bouche l’avalant presque entièrement, ses caresses sur mon corps, sa façon de ralentir lorsqu’il me sentait venir. Le plaisir que j’en ressentais était insoutenable.

Ma main posée sur ma bouche ne suffisait plus à cacher mes gémissements mais je me moquais éperdument de ce qu’il y avait autour, transcendé par le plaisir qu’il me faisait ressentir. Dans une succion plus prononcée que les autres, j’éjaculais en lui et me libérais dans sa bouche dans un râle. La respiration saccadée, Morgan ne me laissa pas le temps de m’en remettre et remonta le long de mon corps avant de venir m’embrasser langoureusement. Un baiser violent, sauvage, qui eu raison de moi et qui me donna envie de beaucoup plus.

– Prends moi… Maintenant… Me murmura-t-il, la voix brûlante.

Ses mains descendirent et déboutonnèrent son pantalon à la va-vite. Nous étions en feu et rien n’y faisait, rien ne nous calmait. Cédant une nouvelle fois à mes pulsions, je le plaquais contre le mur avant de me mettre dans son dos et de baisser son pantalon et son boxer. Il les enleva à la va-vite et mes mains glissèrent sous son tee-shirt, sensuellement alors qu’il se cambrait, m’offrant une vision de lui des plus délicieuse. Ma main caressa son intimité gorgée de plaisir et j’entendis un gémissement franchir ses lèvres alors que j’insérais un premier doigt en lui.

– Eden… J’en peux plus… Je…Souffla-t-il impatient.

Je cessais alors tout mouvement. Morgan me voulait en lui maintenant et je le comprenais. Je brûlais d’envie d’être en lui, de le posséder immédiatement, mais la douleur qu’il ressentirait gâcherait l’instant magique de notre acte. Et je ne le voulais pas. Je lâchais alors tout ce que j’étais en train de lui faire, pour me coller à lui. Mes lèvres se posèrent sur sa nuque et je caressais ses hanches, dans le but de le faire languir un peu plus. Mon sexe plaqué contre ses fesses provoquait chez lui des frissons de désir, mais je ne cédais toujours pas.

– Maintenant… Souffla-t-il dans un sanglot de désir, s’il te plait…

Il me rendait fou. La manière dont il me suppliait, dont il avait envie de moi, m’électrisait au plus haut point.

– Soit patient, murmurais-je contre son oreille, je préfère te voir hurler de plaisir que de douleur.

Il tourna alors la tête vers moi, surpris et je l’embrassais aussi tendrement que fougueusement. Parce qu’il ne me posait pas de question, parce qu’il me donnait à chaque fois un plaisir hallucinant, parce qu’il se pliait à mes quatre volontés, je faisais tout pour ne pas lui faire de mal. Ce que nous faisions n’était rien d’autre qu’une pulsion, certes, mais jamais il ne me verrait le prendre sans préliminaires.

Je redescendis le long de son corps et enfonçait deux doigts en lui, mon autre main caressant avec avidité son sexe. Bientôt, ses gémissements plus sensuels les uns que les autres emplirent la pièce, m’excitant plus que je ne l’aurais cru. Et lorsque je ne pu plus tenir, je remontais vers lui, un sourire aux lèvres.

– Tourne-toi Morgan, je veux voir ton visage…

Docile, Morgan se retourna et je happais ses lèvres dans un baiser brutal, le plaquant à nouveau contre le mur. Mon désir pour lui me faisait maintenant mal et je devais le prendre, maintenant. J’attrapais alors ses hanches et le soulevais. Morgan enroula ses jambes autour de mon corps et ses bras se posèrent sur mon cou, continuant ce baiser qui m’achevait. Je n’eu pas de difficulté à le soulever et lorsque nous fûmes prêts, j’ancrais mon regard dans le sien. D’un mouvement de hanche, j’entrais en lui. Je fermais les yeux à la seconde, submergé par une vague de plaisir sans nom. Je cessais tout mouvement en lui, lui laissant le temps de s’habituer à moi, même si cela me coutait. Et lorsque je le sentis parfaitement détendu, un sourire étira mes lèvres et je rouvrais les yeux, pour le voir rayonnant. Doucement, mes lèvres se posèrent sur les siennes et bien vite il commença à se déhancher sur moi.

– Tu me rends fou Morgan… Fis-je dans un gémissement.

Un frisson parcouru sa peau et je resserrais ma prise autour de lui. Un premier coup de rein nous transperça tous les deux de désir.

– Accroches-toi… Dis-je avant de reprendre ses lèvres.

Alors, je me lâchais, n’écoutant plus que mon envie. Vibrant, mes coups de reins gagnèrent en intensité alors que Morgan commençait à crier de plaisir, s’agrippant à moi pour ne pas tomber. Au bout d’un moment, nous dûmes mettre fin à notre baiser, soufflés par le plaisir ressenti. Mes lèvres se posèrent alors dans son cou et je commençais à mordre légèrement sa peau comme point d’accroche.

Un déhanché plus profond que les autres eu raison de nous et nous nous libérâmes dans un cri rauque de plaisir. Je ne pu tenir la position plus longtemps et je me retirais de lui alors qu’il enlevait ses jambes de mes hanches. Mais lorsqu’il toucha le sol, l’orgasme qui nous avait soufflé le fit basculer et je le retins de justesse en l’enlaçant, le serrant contre moi. Ses lèvres se posèrent sur les miennes pour un baiser doux. Au contact de sa langue sur la mienne, un frisson me parcouru et un désir s’alluma une nouvelle fois en moi alors qu’il se collait inconsciemment en moi. Lorsque l’air nous fit défaut, je lâchais ses lèvres et collait mon front au sien.

– On vient juste de le faire et j’ai encore envie de toi… Pourquoi tu me fais cet effet là ? Soufflais-je, plus pour moi-même que pour lui.

Je repris alors ses lèvres, totalement soumis au désir qui se rependait en moi. Je ne savais pas ce qui se passait. Je ne savais pas pourquoi je me laissais ainsi aller. Les baisers… Les tendresses… J’avais toujours été comme ça avec mes amants. Mais avec Morgan, c’était différent. Ce que je ressentais était différent. Mais même si ça me faisait peur, même si je mourrais d’envie de m’enfuir en courant, je n’y arrivais pas. Parce que j’étais attiré par lui, comme un aimant.

– Viens chez moi… Murmurais-je tout contre ses lèvres.

– Je ne peux pas… Dit-il têtu, j’ai promis à Joshua de rentrer avec lui.

Je m’écartais alors de lui, déçu qu’il ne cède pas alors que je passais mon temps à le faire.

– Tu loupes une nuit de folie, soufflais-je en cherchant mes affaires et en lui tendant son pantalon, tant pis pour toi.

Il remit ses vêtements en se sentant fautif et je ne fis rien pour le soulager, allant même jusqu’à enfoncer un peu plus loin le clou.

– Je ne comprends pas, dis-je légèrement énervé. Tu préfères passer une soirée avec ton frère ?

– Demain je passerais la nuit avec toi… Répondit-il, dans un petit sourire.

Je lui rendis son sourire et m’approchais, déposant un léger smack sur ses lèvres.

– Peut-être que demain je n’en aurais pas envie.

Mais je savais que je mentais. Car il suffisait que Morgan pose son regard sur moi pour que je brûle de désir pour lui… J’ouvris alors la porte et le laissais sortir. Mais incapable de le laisser partir ainsi, je l’attrapais et posais mes lèvres sur les siennes. Ce fut un baiser langoureux, fougueux, destiné à lui faire partager mon envie apparemment inassouvi malgré notre ébat d’il y a quelques minutes. Ce fut un baiser qui le laissa pantelant, et lorsque je m’éloignais de lui, un petit sourire moqueur étira mes lèvres.

Je retournais prendre place au bar alors que je voyais Joshua arrivé vers Morgan. Ce dernier ne semblait pas vraiment me porter dans son cœur. Mais quel frère sain d’esprit pourrait voir son frère mener une relation juste sexuelle ? Un nouveau sourire étira mes lèvres en repensant à ce que nous avions fait il y a quelques instants et je me levais, déposant de la monnaie sur le comptoir. Je n’avais pas besoin de chercher une nouvelle proie, Morgan avait su y faire.

**

J’étais arrivé un peu plus tôt au label, voulant travailler mes partitions. Nous avions n’avions rendez-vous que dans une heure avec Morgan, c’est pourquoi je pris la direction d’une salle de répétition que j’avais vu libre sur le planning à l’entrée.

Mais je me figeais à la seconde en voyant ce qui s’y passait dedans. Devant moi, se trouvait Morgan et Baptiste, enlacés, en train de s’embrasser. Mon sang ne fit qu’un tour alors que je sentais mon cœur faire un bond dans ma poitrine. Vivement, je me retournais et marchais le plus vite possible pour m’éloigner d’eux. J’entrais dans une autre salle libre et ce fut complètement étonné que je m’assis sur une chaise.

Morgan et baptiste. Voilà un couple que je n’aurais jamais imaginé. Mes deux amants ensemble. Je passais vraiment pour le crétin de service. Et eux qui avaient paru dégoutté à l’idée d’une partie à trois… Il s’était bien foutu de ma gueule.

Morgan… Celui-là même qui n’arrêtait pas de me dire qu’il ne mélangeait pas vie privée et vie professionnelle. De belles paroles encore. Mon cœur se serra en revoyant ce baiser. Et la manière dont Baptiste l’enlaçait. Mon sang se glaça dans mes veines alors que je ressentis un pincement. Ce même pincement qui me faisait rager il y quelques années. J’étais jaloux.

– Putain ! M’écriais-je en me levant tout à coup et en faisant tomber la chaise sur le sol.

Je ne pouvais pas être jaloux. Je ne pouvais pas… Je ne le voulais pas….

**

Une heure plus tard, tout le monde m’avait rejoins dans la petite salle pour notre rendez-vous. Mais je ne m’étais pas toujours remis de ce que j’avais vu ou ressenti. Et comme si je n’étais pas assez déstabilisé, Baptiste vint s’asseoir près de moi, un sourire aux lèvres.

– Je comprends pourquoi tu aimes autant te le faire, lâcha-t-il dans un sourire en regardant Morgan qui discutait avec Félix.

Mon regard se posa sur lui et je sentis à nouveau ce pincement que je maudissais temps.

– C’est vrai que c’est un bon coup ! Dit-il, la voix lourde de sous entendus.

Alors je ne m’étais pas trompé, ils avaient bien couché ensemble. Je n’étais qu’un idiot. Dans un soupire, je me levais et attrapais ma guitare pour travailler mes morceaux seuls. Même s’il fut surpris, Baptiste ne chercha pas d’explications.

Plus le temps passait et plus je sentais la boule de mon estomac grossir de plus en plus. Morgan avait tenté à de nombreuses reprises de parler avec moi, mais je restais froid, ne lui adressant la parole que lorsque cela était vraiment nécessaire.

Après quelques heures à répéter, tout le monde se leva et je rangeais mes affaires. Je pris la direction de la sortie mais Morgan vint se mettre devant moi, croisant mon regard.

– Eden, j’ai eu une idée de mélodie pour une nouvelle chanson et j’aurais aimé te la faire écouter… Dit-il, dans un sourire.

L’espace d’un instant, je fus surpris par le ton qu’il employait. Il n’avait vraiment aucun remords sur ce qu’il faisait ? Mais je n’avais pas envie de rester avec lui. Je refusais de jouer cette comédie. Je refusais de me lancer dans ce couple à trois. Lui qui me disait ne pas vouloir créer de problème…

– On verra ça plus tard, répondis-je en m’avançant un peu plus de la sortie.

Mais Morgan ne me laissa pas m’échapper. Il vint se mettre devant moi, me barrant la route. Il posa sa main sur mon torse d’une façon bien trop intime à mon goût. Oubliait-il que nous étions au label ? Entouré de tout le reste du groupe ? Même s’ils discutaient entre eux, ils pouvaient nous voir à tout moment. Vivement, j’attrapais ses mains et le repoussais.

– Ta mélodie, tu n’as qu’à aller la faire écouter à Baptiste vu que tu t’entends si bien avec lui aussi, dis-je, ne jouant pas le jeu de celui qui ne savait rien.

Cette fois-ci, il n’essaya pas de me retenir et je quittais la pièce, cherchant à m’éloigner le plus possible d’eux.

**

– Attends… Souffla Liz, perdue, tu te fais Morgan et Baptiste et Baptiste se fait Morgan… C’est ça ?

– Ouais, répondis-je dans une grimace.

– Et ils ne t’en ont pas parlé ?

– Morgan n’a pas arrêté de me dire qu’il ne mélangeait pas le sexe et le travail, tu parles…

Liz fit une légère mou avant de s’asseoir plus confortablement sur le banc. Je sentis son regard se poser sur mon profil, réfléchissant. En sortant de la salle, je l’avais appelé pour qu’on déjeune ensemble, mais elle était de surveillance de cours alors j’étais venu la rejoindre, partageant mes ressentis avec elle.

– Mais je croyais que c’était ça votre deal, souffla-t-elle alors, perdue, que vous pouviez coucher avec n’importe qui…

– Ce n’est pas n’importe qui Liz, il se fait Baptiste, à ton avis, combien de temps ils vont se mettre avant de se rendre compte qu’ils veulent tous les deux la même chose ?

– Morgan t’a déjà dis qu’il voulait se mettre en couple ?

– Non, mais ça se voit… Rien qu’à la manière dont son frère le protège.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je pris ma tête entre mes mains, ressentant encore ce pincement au cœur désagréable. Liz passa sa main dans mon dos, dans une caresse apaisante.

– J’ai l’impression que tu craques pour Morgan, je me trompe ? Demanda-t-elle, doucement.

– N’importe quoi ! M’écriais-je alors, en me relevant, c’est juste un coup comme ça.

– Tu mens, depuis tout à l’heure tu ne fais que parler de lui.

Je la fusillais du regard et reportais mon attention sur les enfants qui jouaient dans la cour de l’école.

– Tu craques pour lui Eden…Répéta-t-elle en se rapprochant de moi, en un an tu n’as jamais été aussi énervé en voyant Baptiste coucher avec quelqu’un d’autre.

– Tu comprends rien ! Maugrais-je sans me retourner. Morgan se tape qui il veut, un gars en boite, un ami à lui, je m’en fiche, mais là c’est Baptiste, on travaille tous ensemble… Tu ne vois pas le problème ?

– Je crois surtout que c’est toi qui ne comprends rien…

La sonnerie de la cour retentit et elle se leva en soupirant. Mais avant de partir, elle reposa une nouvelle fois son regard sur moi.

– Tu lui as dit de coucher avec qui il voulait, tu lui as dit que s’il trouvait quelqu’un de bien, il devait foncer… Morgan suit juste tes conseils. Maintenant ce que tu dois te demander c’est si tu veux vraiment qu’il les suive…

**

J’étais finalement rentré chez moi et avait séché la répétition de l’après-midi, ne répondant pas aux appels de mes amis. Voir ma sœur et discuter avec elle ne m’avait pas autant apaisé que je l’aurais cru. Je savais ce que voulait dire son dernier sous-entendu. Et je ne voulais pas y croire. Parce que cela impliquait beaucoup trop de chose et que je n’étais pas prêt à l’accepter. Morgan ne devait pas autant me toucher. Je devais enfermer tout ce que je ressentais, au plus profond de mon être, et l’oublier complètement.

Ce furent des coups frappés à ma porte qui me firent sortirent de mes pensées et je me levais, ouvrant la porte. Je me figeais immédiatement en croisant le regard de celui qui hantait tant mes pensées aujourd’hui.

– Morgan, soufflais-je une fois l’étonnement passé, qu’est-ce que tu fais là ?

– Je peux entrer ? Demanda-t-il en regardant dans mon appartement.

L’image de lui embrassant Baptiste me revint en mémoire. Non, pas maintenant. Vivement, je tentais de fermer la porte mais il la bloqua.

– S’il te plait, j’aimerais te parler, dit-il le regard triste.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je cédais. Comme à chaque fois qu’il posait le regard sur moi. Je me maudissais de lui laisser autant de pouvoir. Il m’attirait, comme un aimant. Et même en cet instant, même si j’étais en colère contre lui, je le désirais ardemment.

– Qu’est-ce que tu veux ? Demandais-je brusquement, alors qu’il ne commençait pas à parler.

– Je ne comprends pas, s’écria-t-il perdu, pourquoi tu réagit comme ça aujourd’hui ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Si tu as un problème avec moi, que tu me le dises. Si tu as envie de tout arrêter entre nous, dis-le moi directement, mais surtout que ça n’entache surtout pas notre travail.

– Entacher le travail ? M’exclamais-je, totalement décontenancé par sa manière de retourner la situation. Tu te fous de moi ? Et te faire deux membres du même groupe, tu ne penses pas que ça va « entacher le travail » ?!

– Hein ? Mais de quoi tu parles ? Fit-il surpris.

– Je sais que tu vois d’autre gars, mais je ne pensais pas que tu te taperais Baptiste, surtout que c’est un autre membre du groupe, râlais-je en lui tournant le dos pour le fuir.

J’étais jaloux et je ne voulais pas que Morgan le comprenne. Pourquoi était-il venu ici ? Pourquoi lui avais-je dit tout ça ? Pourquoi me sentais-je aussi en colère ? Liz avait raison, c’est moi qui avais fixé les limites… Il n’avait fait que les suivre…

J’attrapais une bière et la décapsulait avant de la boire. Je vis Morgan rentrer dans la cuisine et se caler contre le mur, ancrant son regard dans le mien.

– Normalement, je ne mélange pas le travail et le sexe, dit-il calmement.

– Ça n’est pas ce que tu fais avec nous apparemment, soufflais-je ironique.

– J’ai peut-être brisé ma règle en couchant avec toi, mais je n’ai et je ne ferais jamais rien avec Baptiste. Je ne sais pas d’où tu as cette info…

– Je t’ai vu l’embrasser.

Je le vis aussitôt se tendre. Il ne pouvait pas nier ce que j’avais vu.

· Oui, fit-il vivement, Baptiste m’a embrassé, mais si tu étais resté plus longtemps tu aurais vu que je l’ai repoussé. Il… Il m’a prit par surprise et… Je ne coucherais jamais avec Baptiste.

Il avait crié cette phrase comme si elle venait du plus profond de son cœur. Mais s’il n’avait pas couché avec Baptiste, pourquoi m’avait-il raconté ça ? Jalousie. Ce fut le premier mot qui me vient à l’esprit. Baptiste était jaloux de me voir avec Morgan, comme je l’étais lorsque je les avais vu ensemble. Quel genre d’ami ferait ça ? J’étais en colère. Contre lui, mais surtout contre moi. Car son stratagème avait marché. J’avais laissé Morgan rentré en moi, s’insuffler en moi et plus je passais de temps avec lui, plus j’aurais du mal à m’en séparer.

Ce furent les bras de Morgan m’encerclant qui me firent revenir sur terre. Ses lèvres se posèrent dans mon cou, le frôlant, ce qui me provoqua un frisson, avant qu’il ne s’approche de mon oreille.

– Maintenant, c’est l’heure du sexe de réconciliation. Je dois me rattraper d’hier soir et tu ne vas pas le regretter… Dit-il, d’une voix charmeuse.

Je sentis mon cœur battre et toutes mes questions s’envolèrent dans la seconde. Son corps se colla aux miens et je pu sentir son intimité légèrement dure au travers de nos pantalons.

· A moins que tu n’en aies pas envie… Dit-il, dans un petit sourire.

Et ce fut à cet instant précis que j’éteignis ma raison. Mes lèvres recouvrirent les siennes pour un baiser violent qui le fit reculer. Je le plaquais alors contre le mur, posant ma bière sur le plan de travail, oubliant ma jalousie, ma rage, mes sentiments…

**

Je fus réveillé tard dans la nuit par Morgan qui bougeait dans son sommeil. Immédiatement, je me redressais pour allumer la lumière et je le vis en larmes. Mon cœur se serra à la seconde et je posais ma main sur son épaule, l’appelant pour le réveiller, ce qu’il fit quelques secondes plus tard.

– Morgan ! Est-ce que ça va ? Demandais-je inquiet.

Son regard se posa autour de nous, réalisant où il se trouvait. Je connaissais cet état, ce sentiment de solitude qui m’assaillait lorsque les souvenirs resurgissaient. Si vivants, si réels… Et la douleur en se réveillant, si vive. Rapidement, je le pris dans mes bras, le serrant contre moi.

– Je suis là Morgan, soufflais-je doucement, ce n’était qu’un cauchemar.

Il enfouissa sa tête dans mon cou après un moment et se laissa aller. J’attendis qu’il se calme patiemment. Combien de fois aurais-je aimé que quelqu’un me serre ainsi lorsque je me réveillais en larmes ? Un bon nombre de fois. C’est alors que je compris. Mon attachement pour lui… Ma jalousie… Mon envie d’être près de lui… Nous étions pareil. La vie ne semblait pas l’avoir laissé tranquille lui non plus et c’est ça qui nous rapprochait. En si peu de temps, il avait pris une place important dans mon être, parce qu’au fond, nous étions les mêmes.

Lorsqu’il s’éloigna légèrement de moi, soufflant un « je suis désolé » à peine audible et qu’il essuya ses larmes d’un revers de manche, je craquais. Mes mains se posèrent sur son visage, le relevant. Nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher. Étais-ce si grave si je me laissais aller, juste un peu avec lui ? Juste un peu… Ressentir quelque chose à nouveau… Juste un peu… Mes lèvres se posèrent sur les siennes. Une douce pression dont le goût salé de ses larmes n’enlevait rien à sa beauté. Par ce baiser, je cherchais à le réconforter autant que j’acceptais les sentiments qu’il réveillait en moi. Juste un peu, juste pour quelques temps, juste pour me sentir revivre à nouveau. Au contact de sa langue sur la mienne, je me sentis fondre. Morgan se colla un peu plus à moi, partageant, intensifiant ce baiser qui lui faisait du bien.

Lorsque l’air vint à nous manquer et que nos regards se croisèrent, je sentis à nouveau mon cœur se battre. Doucement, mon nez vint frotter le sien et ce fut lui qui vint ravir mes lèvres fébrilement, comme s’il avait besoin de se contact comme moi. Ma main quitta alors sa joue pour descendre jusqu’à ses hanches et tendrement, je le rallongeais sur le lit, gardant ses lèvres emprisonnées. Ses mains quant à elles remontèrent pour se poser sur ma tête, entrelaçant ses cheveux entre ses doigts fins.

Mes lèvres quittèrent alors les siennes pour déposer de doux baisers papillons le long de sa mâchoire et dans son cou. Mes mains sur ses hanches descendirent sur ses jambes et je les écartais, venant me placer entre elles. Un gémissement s’échappa de ses lèvres alors que je posais l’une de mes mains sur son sexe déjà dressé, dans le même état que moi. Tendrement, je retrouvais ses lèvres et je sentis son corps tout entier se cambrer, provoquant un frisson chez moi au contact de son intimité contre la mienne. Dans une caresse, j’attrapais ses jambes et les plaçais sur mes hanches.

Dans un regard, je le pénétrais le plus doucement possible. Une grimace étira ses lèvres mais tout ce qu’on avait fait avant l’avait préparé et bien vite, il se redressa légèrement pour m’embrasser. Lorsque je ne vis plus de douleur sur son visage, je commençais des déhanchés aussi doux que tendres. Ce n’était plus l’envie ou la pulsion qui nous animait, non, c’était bien plus. C’était le besoin de l’autre.

Morgan ne pu tenir le baiser et dans un gémissement plus prononcé que les autres il balança la tête en arrière. Dans une caresse, mes mains vinrent rejoindre les siennes entrelaçant nos doigts. Mon front se posa sur son torse alors qu’il se cambrait à chaque coup de reins. Un plaisir insoutenable se déversait en moi, fulgurant, dévastateur. Un plaisir que je n’avais plus ressenti depuis un moment. Un plaisir qui me rendait fou.

Un coup de rein plus profond que les autres eu raison de nous et j’éjaculais en lui dans un gémissement rauque tandis qu’un cri franchissait les lèvres de mon amant, la tête toujours en arrière, se répandant sur mon bas-ventre. J’entendais le cœur de Morgan faire écho au mien, qui battait comme il ne l’avait plus fait depuis longtemps et pour la première fois depuis cinq ans, je n’eus pas peur…

**

Je fus réveillé le matin par Morgan qui passait ses doigts sur mon tatouage. Il s’amusait à passer et repasser sur les lettres, sûrement dans ses pensées. Ouvrant un œil alors que ma tête était tournée vers le radio réveil, je pu voir qu’il était neuf heures du matin, notre répétition n’était que dans deux heures.

– Tu me chatouilles, soufflais-je en me retournant vers lui et en m’allongeant sur son torse alors que ma tête plongeait dans son cou.

Morgan rigola légèrement et ses mains se posèrent sur mon dos, le caressant du bout des doigts. Je refermais alors les yeux, bercés par les douces caresses qu’il me prodiguait. J’étais épuisé mais plus que tout, j’avais peur. Peur que Morgan mésinterprète mes actes. Rien n’avait changé, je ne voulais pas d’attaches. Mais je lui donnais le droit d’entrer en moi. Le voir aussi perdu cette nuit m’avait fait l’effet de me regarder dans un miroir. Ce n’était pas comme avec Baptiste. Même si nous ne nous connaissions pas depuis longtemps, j’avais l’impression qu’il me comprenait plus que tous les autres.

– Désolé… Souffla-t-il, coupant court à mes pensées.

– De quoi ? Demandais-je sans bouger.

– D’avoir pleurer, cette nuit.

J’éclatais de rire, trouvant stupide de s’excuser pour cette raison. Je relevais la tête, me mettant sur le côté, calant ma tête sur ma main. Mais Morgan ne plaisantait pas. Incapable de croiser mon regard, je dus attraper son menton et faire tourner sa tête vers moi.

– Si un jour, je me réveille en pleurant, tu te moqueras de moi ? Demandais-je dans un sourire.

– Non, bien sur que non ! S’offusqua-t-il, surpris.

– Alors tu n’as pas besoin de t’excuser.

Et pour donner plus de poids à mes dires, je posais mes lèvres sur les siennes pour un chaste baiser. Mais alors que j’allais me reculer, Morgan posa sa main sur ma tête et m’en empêcha. Bientôt, sa langue vint lécher mes lèvres et j’entrouvris les miennes. Nos langues se mirent à danser un doux ballet, semblable à ceux de cette nuit et je laissais ma main descendre le long de son torse, galvanisé par ce baiser. Lorsque l’air vint à nous manquer, je me reculais, un sourire moqueur étirant mes lèvres.

– Idiot, soufflais-je amusé, ne m’embrasse pas comme ça, sinon je vais sécher une autre répétition… Et toi aussi.

Un sourire illumina son visage et il replaça une mèche de cheveux derrière mon oreille. Ce fut à cet instant que je décidais de remettre les choses aux clairs.

– Ecoute Morgan, dis-je, sérieux, je ne voudrais pas…

Mais mon amant posa sa main sur mes lèvres, m’empêchant de continuer.

– Juste du sexe, et rien d’autre, continua-t-il, pour moi.

J’acquiesçais, ravi qu’on soit sur la même longueur d’onde. Mais alors que je voulais l’embrasser à nouveau, il se leva, s’assaillant sur le lit pour remettre ses affaires. Immédiatement, je vins me coller dans son dos, embrassant sa nuque.

– Tu vas où ?

– Je dois aller me changer… Et je n’avais pas prévenu Joshua que je dormais chez toi.

– Ce soir, tu fais quelque chose ?

Ma question le surpris, et des rougeurs parsemèrent ses joues. Puisque la situation était claire entre nous, je voulais continuer à l’intensifier.

– On donne une conférence de presse prêt de chez toi, dis-je en me rallongeant, calant mes bras derrière ma tête, je pourrais venir te rendre visite, et te réconforter si tu fais un nouveau cauchemar.

Morgan lâcha un rire gêné et il se leva, reboutonnant son pantalon. Il enfila son pull avant de se tourner vers moi dans un petit sourire.

– Je laisserais la porte ouverte…

**

Il était 18 heures lorsque nous terminâmes la répétition et ce fut dans un bâillement que je me levais, m’étirant de tout mon long. Mon tee-shirt se souleva légèrement et je pu voir des rougeurs sur les joues de Morgan, alors qu’il me regardait. Un petit sourire moqueur étira mes lèvres et je lui lançais un clin d’œil.

– T’as l’air crevé Eden ! S’exclama Felix, dos à moi, il faudrait peut-être que tu penses à dormir la nuit

– Si je n’étais pas le seul à travailler dans ce groupe aussi ! Lançais-je dans un sourire en me retournant.

Félix rigola et rangea sa basse dans son étui. Puis il tendit la main à Kelly et celle-ci se leva à son tour.

– On va se boire une bière avant la conférence, vous venez ?

– Je dois rejoindre Liz, répondit Laura en se levant à son tour.

– Morgan ? Demanda Felix en le regardant.

– Et moi je passe la soirée avec mon frère.

Je lançais alors un regard brûlant à Morgan, lui faisant comprendre qu’il devait envoyer son frère loin de chez lui pour quelques heures, un regard qui le fit de nouveau rougir.

– Eden, Baptiste ? Demanda Kelly en nous regardant.

– On doit finir un truc tous les deux, m’exclamais-je en me retournant vers Baptiste, on vous rejoins après.

Ils acquiescèrent de concert et quittèrent la salle, suivis de Laura et de Morgan. Je me retrouvais ainsi seul face à mon amant, qui me fusillait du regard.

– Pourquoi tu es en colère ? Dis-je, calmement. C’est plutôt moi qui devrait l’être non ?

– Il s’est empressé de démentir, bien sur ! S’écria Baptiste en se levant de son siège.

– Tu cherches quoi Baptiste ? Je n’arrive plus à te suivre.

Baptiste fit quelques pas et se mit près du piano, posant sa tête entre ses mains.

– Pourquoi est-ce que je ne te suffis pas ? Me demanda-t-il, la voix lourde.

– On est pas en couple je te signale, j’allais voir ailleurs avant toi et après toi, pourquoi est-ce que ça te dérange tout à coup.

– Tu as vu comment tu le regardes ?

Mon amant avait crié cette dernière phrase, se retournant vers moi, l’air menaçant.

– Des que tu le croises, tu le bouffes du regard… Dit-il, les dents serrées. Dès que tu fais un truc, tu te tournes vers lui pour avoir son avis, tu passes ton temps à regarder la pendule, à attendre de le voir, et dès qu’il arrive à nos soirées, tu nous lâches pour aller le retrouver.

– Tu dis n’importe quoi, soufflais-je, mal à l’aise.

– Tu le sais autant que moi, c’est juste que tu ne veux pas te l’avouer, à cause de Lucas.

Je sentis mon cœur se serrer à l’entente de son nom et je me crispais, fusillant Baptiste du regard à mon tour.

– Ne parle pas de lui ! Dis-je méchamment.

– Pourtant c’est lui le problème ! T’es incapable de tourner la page mais il faudra bien que tu le fasses un jour.

Furieux, j’attrapais la direction de la sortie, ne voulant pas rester une seconde de plus avec lui. Il savait qu’il ne devait pas parler de lui. Il savait le mal que cela me faisait. Sans attendre, sans même un dernier regard, je sortis de la pièce, prenant soin de claquer la porte derrière moi.

**

Il était une heure du matin lorsque j’arrivais chez Morgan, l’esprit un peu embrumé. Liz était venu à notre conférence de presse et nous étions aller prendre un verre après, accompagné de Laura, souhaitant par dessus tout oublier ce que m’avait jeté à la figure mon ami. Baptiste n’était pas venu avec nous, sentant qu’il n’était pas le bienvenu de mon côté et le couple avait rejoint son appartement.

Ce fut avec amusement que je découvrais la porte ouverte et j’entrais. Légèrement maladroit par l’alcool que j’avais ingurgité, je fis tomber une boite posée sur le bar et immédiatement je m’abaissais pour la ramasser lançant un « Chut » bien bruyant. Je vis alors la lumière du salon saluer et je levais la tête vers Morgan. Un sourire étira mes lèvres alors que je le voyais devant moi, dans un bas de pyjama bleu et un tee-shirt blanc.

– T’es mignon habillé comme ça… Soufflais-je en lui adressant un sourire.

Morgan sourit à son tour, de légères rougeurs sur les joues.

– Mais bon, dis-je en me relevant, je te préfères à poil…

Je rigolais de ma propre remarque mais la tête me tourna et mes jambes fléchirent. Je dus me retenir au bar pour ne pas tomber. Morgan vint se mettre près de moi.

– Tu sens l’alcool à plein nez… Souffla-t-il, légèrement amusé.

– C’est la faute de Liz… Elle n’éprouve aucune honte à me saouler… Répondis-je en posant ma tête contre son torse.

Morgan passa sa main autour de moi et il m’aida à marcher jusqu’à sa chambre.

– Ton frère n’est pas là ? Dis-je en ne voyant aucune trace de lui.

– Non, il est partit passé la nuit chez un ami, me répondit-il en m’assaillant sur le lit.

– Super… Je vais pouvoir te faire crier autant que j’en ai envie !

Je l’entendis éclater de rire alors qu’il m’enlevait mes chaussures et mes chaussettes.

– Je pense que notre nuit de folie est plutôt compromise vu ton état, non ? Fit-il en déboutonnant mon pantalon.

– Pas du tout ! Dis-je en enlevant mon pull et mon tee-shirt je peux tout à fait te faire grimper aux rideaux.

J’attrapais alors son tee-shirt et l’obligeait à s’approcher de moi, avant de ravir ses lèvres dans un baiser fougueux. Il entrouvrit immédiatement ses lèvres et ma langue vint caresser la sienne tandis que mes mains passaient sous son haut. Soudainement, je me reculais, un sourire moqueur sur mes lèvres alors qu’il fronçait les sourcils, déçu de me voir arrêter.

– Il me faut juste de l’eau et je démarre au quart de tour ! Lançais-je en passant un doigt sous l’élastique de son pyjama.

Un sourire étira les lèvres de mon amant et il se redressa, prenant la direction du salon. Vivement, j’enlevais mon boxer et m’allongeais sur le lit. Mais au moment même où je posais ma tête sur l’oreiller, la fatigue de la semaine eue raison de moi et je sombrais dans la seconde.

**

Ce fut l’odeur du café chaud qui me réveilla, seul dans le lit. Mes yeux papillonnèrent sous la lumière et mon regard se posa autour de moi. Il me fallut un moment avant de me rappeler que j’étais chez Morgan. Dans un soupire, je passais ma main sur mon visage. J’avais incroyablement bien dormi cette nuit, mais un léger mal de crâne vrillait mes tempes. Hier soir, j’avais bu plus que de raison, pour effacer les dires de Baptiste.

Il fallait que je m’éloigne de lui. La situation était à deux doigts de déraper et je ne voulais pas que cela entache le groupe. D’autant plus que je n’étais pas prêt d’arrêter de voir Morgan. Morgan. Vivement, je me redressais et passais mon boxer ainsi que mon pantalon que je laissais ouvert. Je pris la direction de salon et je le vis sur la terrasse, assis sur une chaise longue à regarder le paysage, totalement pris dans ses pensées, une cigarette à la main.

Mes sourcils se froncèrent alors que je venais tout juste de comprendre qu’il fumait. J’arrivais dans la cuisine et me servit une tasse avant d’aller le rejoindre. Il tourna immédiatement la tête en entendant la baie vitrée s’ouvrir et un sourire étira ses lèvres.

– Bien dormi ? Me dit-il alors qu’il glissait ses jambes de chaque côté de la chaise pour me laisser de la place.

– Plus que tu ne l’imagines, répondis-je en m’assaillant, je crois que je vais venir chasser tes cauchemars tous les soirs.

Morgan rigola légèrement et tira une longue bouffée de sa cigarette avant de l’écraser dans un cendrier.

– Je ne savais pas que tu fumais, dis-je en buvant une gorgée de mon café brûlant.

– Oh…ça c’est la faute de Joshua, fit-il en haussant les épaules et en passant ses doigts sur mon tatouage, il m’a fait essayer un jour quand on était plus jeunes… Lui a arrêté et moi je n’ai jamais pu, enfin je le fais de temps en temps…

– Tu devrais pourtant, ce truc aura ta peau.

– Parce que tu n’as jamais fumé toi, Monsieur la star alcoolique dépravée, me lança-t-il dans un sourire.

Je rigolais légèrement et secouais négativement la tête.

– Pas une seule fois ! Soufflais-je amusé de le voir étonné, je ne voulais pas ruiner ma voix… Puis ma mère nous aurait tué si elle avait su.

Un petit sourire étira ses lèvres et il posa sa main sur ma cuisse. Doucement, j’attrapais son menton et me rapprochais légèrement de lui, déposant mes lèvres sur les siennes. Sa langue avait un tout autre gôut du à la cigarette, ce qui le rendait encore plus séduisant. Ma main quitta alors son menton pour passer dans ses cheveux bruns, entortillant mes doigts dans ses mèches. Lorsque l’air vint à nous manquer, mon nez vint frotter le sien alors que je pouvais voir son regard commencer à s’embraser.

– D’abord le travail, ensuite le sexe, Dis-je en le levant, coupant court à notre échange.

– Le travail ? Répondit-il, surpris, on est samedi…

– Tu voulais me faire écouter une mélodie la dernière fois non ?

Il comprit alors de quoi je voulais parler et se leva à son tour.

– Je vais m’habiller et on va au label, dit-il en passant près de moi.

Mais j’attrapais sa main au passage, surpris.

– Pourquoi le label, tu as un piano ici…

Morgan posa son regard sur sa salle, nerveux. Je me rapprochais alors de lui et posais mes lèvres sur son épaule, pour le faire céder.

– Je te promets que je ne moquerais pas ! Dis-je dans un sourire.

– Ce n’est pas ça, mais…

Une grimace étira ses lèvres et il posa son regard sur moi avant de répondre à mon sourire.

– Tu ne touches à rien, s’écria-t-il en se retournant et en ouvrant la porte.

– Promis, soufflais-je en levant les mains.

Il me fit entrer et un sourire étira mes lèvres alors que je voyais une nouvelle fois les posters de moi accroché au mur. Mais comme je lui avais promis, je ne fis aucun commentaire et allait m’asseoir sur le petit banc, devant son piano. J’attrapais un crayon et une page blanche qui traînait et lui montrait que j’étais prêt. Morgan vint s’asseoir près de moi et nous commençâmes à travailler, ne tenant plus compte des heures qui défilaient.

Ce fut au bout d’un moment, alors que nous entendîmes mon ventre gargouiller, que Morgan éclata de rire et se leva, mettant fin à notre séance de travail.

– Et si on allait manger un morceau ? Dit-il en ramassant les feuilles avec la nouvelle partition qu’il avait écrite.

– Oui, j’espère que ton frigo est plein, parce que j’ai une faim de loup ! M’exclamais-je en attrapant les paroles de la chanson que je venais d’écrire et en les mettant dans la poche de mon jean.

Il prit la direction de la salle en rigolant, mais se figea à l’entrée regardant dans le salon.

– Depuis quand tu es rentré ? Demanda-t-il, regardant apparemment quelqu’un.

Je m’avançais près de Morgan pour découvrir Joshua, installé sur le canapé.

– Assez pour savoir qu’il a faim, dit-il en tournant la tête vers moi, légèrement agacé.

Dans un soupire, je passais près de Morgan et vint me placer devant lui, la main tendu.

– T’en as pas marre de m’en vouloir alors que tu ne me connais pas ? Demandais-je alors qu’il était étonné de me voir ainsi venir à lui. Je suis Eden, je travaille avec ton frère.

– Je sais qui tu es, souffla-t-il en se levant, ignorant ma main, ton portrait est accroché partout dans sa pièce.

Il marcha vers Morgan, avant de se retourner et de me détailler du regard.

– Et vu que tu es à moitié à poil et mon frère dans le même état, travailler n’est pas vraiment le mot à employer.

Une chose était maintenant certaine, ce Joshua ne m’aimait pas. Je lâchais un « OK » avant de me retourner et de rentrer dans la chambre pour prendre le reste de mes affaires. Il était temps pour moi de partir. Je revins alors dans le salon et me figeais dans la seconde en entendant Joshua s’écrier.

– Et de toute façon, si ce n’est qu’un coup, pourquoi est-ce qu’il était dans ta pièce alors que même moi je n’ai pas droit d’y aller ?

Morgan posa son regard sur moi et ses yeux s’écarquillèrent en me voyant. Et c’est à ce moment là que je compris. Je n’étais pas le seul à avoir laisser une porte en moi entrouverte. Ce qu’il s’était passé la nuit dernière avait changé beaucoup de choses entre nous. Des choses que je ne voulais pas changer.

– Je vais vous laissez, dis-je en prenant la direction de la sortie.

– Eden, attends ! S’écria Morgan, en courant jusqu’à moi.

Il attrapa mon bras alors que j’avais la main sur la poignée et me força à me retourner.

– On peut se voir ? Demanda-t-il, vivement, chez toi ?

Mon regard s’ancra dans le sien et ce que je pu y lire me fis peur. Il était affolé. Affolé à l’idée que je parte. Baptiste avait raison, Je me laissais trop aller avec lui.

– Je crois qu’on devrait prendre un peu de distance, soufflais-je sérieux.

La main de Morgan lâcha mon bras avant de revenir le long de son corps et je tournais la tête pour éviter de voir la peine que je lui infligeais. Sans attendre, je sortis de chez lui, sentant mon cœur se serrer…

**

J’étais rentré directement chez moi et à chaque pas qui m’éloignaient de Morgan, je sentais mon cœur se serrer un peu plus. Je ne devais pas le laisser m’atteindre. Je ne le pouvais pas. Parce que si je recommençais à éprouver ce genre de sentiments, je redeviendrais celui que j’étais et il était hors de question. Qu’est-ce qui m’avait pris ? Me laisser aller ainsi ? Ne pas voir qu’il tombait lui aussi là-dedans ? J’étais un idiot. Un véritable crétin.

– ça fait trois heures que je t’attends Eden !

Vivement, je redressais la tête pour croiser les océans de Liz. Et immédiatement l’étau qui resserrait mon cœur me fit atrocement mal. Sans que je ne le veuille vraiment, des larmes s’échappèrent de mes yeux et je retins avec grande peine un sanglot.

– Eden ? Souffla Liz en se rapprochant de moi.

Mais je fus incapable de lui répondre. Comment avais-je pu oublier ? Comment avais-je pu me laisser aller avec un autre ? Liz parcouru l’espace qui nous séparait et je sentis ses bras m’enlacer. Immédiatement ma tête se posa dans mon cou et je laissais évacuer ma peine, là, dans le creux de ses bras.

**

Mais si tu vas dans cette fac, on ne se verra plus… Souffla Eden, dans une grimace.

Bien sur que si, je reviendrais les week-end, et pendant les vacances… Répondit Lucas en replaçant une mèche de cheveux derrière l’oreille de son petit-ami.

Un soupire s’échappa des lèvres du châtain et il tourna la tête, posant son regard dans le vide. Son cœur se serra à l’idée de voir partir celui qu’il aimait. Aimait. Oui, c’était ça. Il en était même fou amoureux. Cela faisait maintenant quatre mois qu’ils étaient ensemble et chaque jour il tombait un peu plus amoureux de lui.

Éden… Souffla le brun en se rapprochant un peu plus de son amant, ne fais pas cette tête…

J’ai l’impression que tu t’en fiches qu’on ne se voit plus, pourquoi tu ne peux pas faire ta fac ici ? Demanda-t-il, légèrement en colère.

Parce qu’ici, je n’ai pas de bourse alors que là-bas si…

Eden laissa alors couler une larme le long de sa joue qu’il essuya vite pour ne pas la montrer à Lucas. Mais c’était trop tard. Brusquement, Eden fut allongé sur le lit, son petit-ami au dessus de lui. Mais le châtain s’évertuait à ne pas vouloir croiser son regard. Alors, doucement, Lucas lui embrassa la joue avant de poser ses lèvres sur son nez, sur la commissure de ses lèvres, sur sa mâchoire, tentant par cette méthode de se faire pardonner.

Je ne te l’ai jamais dit, Commença Lucas, en passant ses lèvres dans son cou, mais avant que je parte, je craquais déjà pour toi.

N’importe quoi ! S’écria Éden en tournant la tête vers lui pour voir s’il était sérieux.

Si… Je me souviens de ce jour où on traînait ensemble, toi, moi et Norah, et Liz. Elles t’asticotaient parce qu’elles avaient entendus qu’un gars de ta classe te trouvait mignon.

J’avais 13 ans…

Lucas acquiesça et vint frotter son nez au sien.

Et c’est vrai que tu étais mignon mais ce jour-là, je ne voyais pas au delà…

Qu’est-ce qui a changé alors ? Demanda Éden, en passant sa main dans les cheveux du brun.

Quelques jours plus tard, répondit Lucas, dans un sourire, j’étais dans la cours et je te regardais faire du foot. Norah était à côté de moi et elle me parlait mais je ne l’écoutais pas vraiment. A un moment tu es tombé, et un gars de l’équipe adverse en venu t’aider à te relever.

Casey ? C’est lui qui me trouvait mignon ?

Lucas acquiesça une nouvelle fois.

Et c’est là que j’ai pu voir tes joues rougir… Quand vos mains se sont touchées, quand vos yeux se sont croisés, je t’ai vu rougir et mon cœur s’est serré comme jamais. Parce que je ne voulais pas que tu sortes avec lui.

Pourquoi tu n’es pas venu me voir avant ?

Parce que tu étais le petit frère de ma meilleure amie, parce que tu n’avais que 13 ans…

Un léger rire s’échappa des lèvres d’Eden et Lucas s’allongea sur lui, déposant plusieurs baisers humides dans son cou.

Si j’avais su à quel point je tomberais amoureux de toi, dit-il doucement, je n’aurais pas perdu autant de temps.

Le cœur d’Eden fit un bond dans sa poitrine et un sourire illumina son visage.

C’est la première fois que tu me le dis… Souffla-t-il, touché.

Et j’attends encore que tu me répondes la même chose… Répondit Lucas.

Éden éclata de rire, faisant durer un peu plus le suspense. D’un mouvement de hanche, il inversa leurs positions et se retrouva au-dessus de lui. Ses lèvres effleurèrent celles de son petit-ami, sans se poser réellement dessus. Leurs regards se croisèrent, pour ne plus se lâcher.

Je t’aime Lucas… Je t’aime plus que tout…

**

Je me réveillais, des larmes dévalant encore sur mes joues. Vivement, je les essuyais et me mit sur le côté, posant mon regard sur le tiroir de ma commode. Doucement, je l’ouvris et fouillais dedans. Mes doigts se posèrent alors sur une photo et je la sortis. Mes yeux se remplirent à nouveau de larmes alors que je me voyais, plus jeune, tenant dans mes bras Lucas.

– Tu es réveillé ?

Je sursautais en entendant ma sœur et la photo m’échappa des mains, tombant sur le sol. Liz ne mit pas longtemps à la regarder, avant de poser à nouveau son regard sur moi.

– Il faut que tu arrêtes Éden, souffla-t-elle en venant s’installer près de lui, il faut que tournes la page, ça fait cinq ans maintenant…

– C’est plus facile à dire qu’à faire, répondis-je en remontant un peu plus les couvertures sur moi.

– Peut-être mais tu ne peux pas t’empêcher d’avancer…

Elle passa sa main dans mes cheveux, tendrement.

– Ce qu’il se passe entre toi et Morgan… Commença-t-elle, doucement, je sais bien que ça te fais peur… Je sais bien que tu ne veux plus souffrir… Mais en refusant ainsi de t’ouvrir aux autres, tu joues la comédie… Et tu te détruis et je…

Mais je me relevais, agacé de l’entendre me parler ainsi, comme avait voulu le faire Baptiste. Ils ne comprenaient pas. Personne ne comprenait ce que je pouvais ressentir. Je sortis du lit, attrapant des affaires et me dirigeais vers la douche.

– Éden, tu sais que j’ai raison… Dit-elle, d’une petite voix.

– Mais je ne veux pas l’entendre, répliquais-je, la voix froide, quand tu vivras ce que j’ai vécu, on en reparlera.

Et sans attendre, j’entrais dans la salle de bain, prenant bien soin de fermer la porte a clé pour ne plus être déranger…

**

Il était 15 heures et cela faisait une heure que nous étions en répétition. Je travaillais seul, revoyant les accords de certaines chansons avec ma guitare tandis que Morgan discutait avec Félix. Je sentais son regard se poser sur moi de temps en temps, mais pas une seule fois je ne relevais la tête. J’étais d’une humeur massacrante et tout le monde l’avait bien compris, car personne ne venait m’adresser la parole.

J’étais toujours aussi perdu. Ce que j’avais ressentit cette nuit m’avait rappelé la douceur de Lucas. Et je m’étais surpris à en demander plus. Mais je ne le voulais pas. Je ne voulais pas que Morgan soit plus. Je voulais rester seul. Je ne voulais pas d’attaches et encore moins de ses foutus sentiments. Ma colère se ressentit dans ma musique car je fis une fausse note et toutes les têtes se tournèrent vers moi.

– Quoi, ça vous arrive jamais de louper un accord ? Soufflais-je hargneux.

– Ok… Fit Laura, je crois qu’il est temps d’aller te chercher un café…

Elle quitta alors son synthétiseur et sortit, allant très certainement à la cafétéria. Tout le monde repris son affaire, tout le monde sauf Baptiste, qui restait à me fixer. Il posa alors sa guitare et marcha vers moi, avant de s’asseoir sur la chaise à côté de moi.

– Tu fais la gueule à propos de vendredi ? Demanda-t-il d’une petite voix.

– T’as pas des partitions à bosser ? Fis-je, sans le regarder.

– Éden… Excuse-moi… J’ai dépassé les bornes…

Mais cela ne suffit pas à effacer ma colère. Il lâcha un soupire et regarda mon profil.

– Tu sais que je l’ai vu en boîte hier… Il a bien profité de sa soirée, même si tu n’étais pas là, dit-il en scrutant la moindre de mes réactions.

– C’est ce qui était convenu, répliquais-je cassant, et lui ne perd pas de vu les règles.

Une grimace étira les lèvres de baptiste et il s’assit plus profondément dans son siège, agacé par mes réponses. Ce fut à ce moment seulement que je levais les yeux, pour croiser le regard de Morgan, assis sur son piano, écoutant d’une oreille distraite Kelly. Lorsque nos yeux se croisèrent, il ne pu s’empêcher de me faire un petit sourire. Un sourire sincère et je me surpris à sourire à mon tour, oubliant tout ce qu’il s’était passé ce week-end. Cependant, Baptiste avait du apercevoir notre échange car immédiatement il se tendit, me fusillant du regard.

– Sérieux Éden, je sais vraiment pas ce que tu trouves à cette pute ! Cracha-t-il haineux.

Je me tournais alors vers lui, furieux.

– Cette quoi ! Criais-je, hors de moi.

– C’est tout ce qu’il est ! Et toi tu…

Mais il ne pu terminer sa phrase que mon poing s’écrasait sur son visage, le faisant tomber par terre. J’entendis Kelly crier quelque chose, mais je ne l’écoutais pas, trop en colère. Traiter Morgan de pute, mais pour qui se prenait-il ?

En quelques secondes, Baptiste se remit debout et son poing atterrit sur mes lèvres, faisant saigner l’une d’elles. Mais alors que j’allais répliquer, je me sentis tirer en arrière par Felix, et Kelly se mit entre nous deux.

– Qu’est-ce qu’il se passe tous les deux ? Cria-t-elle surprise.

– Lâche-moi ! Lâche-moi tout de suite ! Dis-je à Félix.

– Calmes-toi et c’est ce que je ferais.

Mon regard froid se posa sur Baptiste qui me regardait de la même façon et je levais les bras, montrant que je m’étais calmé. Felix desserra son étreinte et je m’éloignais de lui. Je pris la direction de la sortie, mais avant de partir, je me retournais, croisant une dernière fois le regard de Baptiste.

– C’est terminé, dis-je de ma voix la plus impersonnelle.

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