Ne pars pas – Chapitre 5

Chapitre 5 écrit par Lybertys

 

Il ne m’avait pas fallu beaucoup de temps pour trouver Joshua qui m’attendait à la sortie de l’aéroport. Je pris tout de même la peine de sortir de ma voiture à toute vitesse. Cela faisait trop longtemps que je ne l’avais pas revu. Un grand sourire étirait ses lèvres lorsqu’il me vit me précipiter vers lui et il eut juste la peine de poser son sac a coté de lui pour me réceptionner dans ses bras. Joshua était plus grand que moi et il n’y avait qu’au creux de ses bras et de son étreinte puissante que je me sentais en sécurité.

– Tu m’as manqué ! M’exclamais-je en le serrant fort contre moi.

– J’espère bien ! Parce que tu es le seul qui m’a poussé à terminer mon voyage pour revenir ici.

– Ou peut-être que tu n’avais plus un centime pour poursuivre ton chemin, répliquais-je en le libérant. – Disons que j’apprécierais bien d’être hébergé pour quelques temps… Avoua-t-il comme pris en faute. Enfin… Si ça ne te dérange pas…

– Tu sais bien que tu n’as même pas à me le demander… Répondis-je.

J’allais vers ma voiture pour ouvrir mon coffre et Joshua y mît son sac. Ses cheveux noirs avaient été coupé, mais l’on devinait encore ses boucles. Ses yeux noisettes se mariaient parfaitement avec la couleur caramel de sa peau. Après presque une année à voyager et à parcourir le monde, il gardait toujours la même classe, avec son vieux jean et sa chemise entrouverte, surmonté d’une veste en cuir. Même si Joshua était un très bel homme, je ne l’avais jamais vu comme autre chose que mon frère. Tout comme moi, il n’avait jamais eu de famille et c’était à l’orphelinat que nous avions grandit. C’était dans cet endroit dont je ne parlais à personne que j’avais évolué. Je gardais ce passé secret, ayant presque honte d’avoir été ainsi abandonné.

Mais c’était grâce à la chaleur de Joshua et à sa bonne humeur que je m’étais un peu plus ouvert au monde. Il m’avait toujours soutenu, comme le ferait un grand frère. Je n’avais jamais connu mes parents, tout comme Joshua et nous avions trouvé l’un avec l’autre, ce qui nous manquait. Durant tout le trajet qui nous amenait chez moi, il me raconta avec un air enjoué son voyage à travers le monde. Je l’écoutait rêveur, cela me fait presque oublier mes problèmes et ce qu’était devenu ma vie jusqu’à aujourd’hui. Ce fut lorsque nous arrivâmes chez moi, après un arrêt à l’épicerie de nuit pour acheter à boire afin de célébrer son retour que Joshua, qui me connaissait mieux que personne finit par remarquer que quelque chose n’allait pas. Il me força à le lui raconter et je n’eus pas d’autre choix que de tout lui avouer. Même s’il était le seul à qui je me sentais capable de me confier entièrement, c’était plus difficile que je ne l’aurais cru.

Et pourtant, je lui racontais tout, dévoilant mes faiblesses, me forçant à être honnête sur ce que j’étais en train de lui dire. Jamais Joshua ne n’interrompit ou ne fit de commentaire. Il m’écoutait silencieusement, sirotant de temps en temps sa bière, posant sa main sur ma cuisse lorsqu’il sentait que j’avais plus de mal à me confier. – Je sais que c’est idiot, mais je n’ai jamais vécu ça avec personne d’autre, conclus-je… Ça n’a jamais été aussi fort… Et je n’arrive pas à faire autrement, c’est plus fort que moi… Et ce ne fut que lorsque j’eus terminé de parler que Joshua finit par prendre la parole :

– Morgan… Soupira-t-il. Sortir avec un type comme ça, c’est tout sauf ce qu’il te faut.

– Je sais bien mais… Tentais-je.

– Est-ce qu’il ressent la même chose que toi ? Me coupa-t-il.

– Non… Répondis-je en sentant mon cœur se serrer malgré moi.

– Alors tu l’as ta réponse, rétorqua aussitôt Joshua, intransigeant.

Pour la première fois depuis le retour de mon ami, mon regard se fit fuyant, imposant une certaine distance entre nous. Je ne m’attendais pas à ce que Joshua soit enchanté à l’idée de cette relation avec Éden… Mais l’entendre me le dire à voix haute était plus dur que je ne l’aurais pensé. Et comme pour achever de me convaincre, il poursuivit :

– Je te connais parfaitement Morgan, et tu es déjà mordu. Mais lui est loin de l’être. Et d’après ce que tu me dis, il ne le sera pas. Tu veux redevenir la loque que tu étais après Jules ?

Mon cœur se serra vivement à l’entente de ce prénom. Paradoxalement Joshua était toujours ami avec lui… Mais il ne m’en parlait jamais et rares étaient les fois où il ne faisait ne serait-ce que prononcer son nom. Et cela avait toujours un effet dévastateur sur moi. Je ressentais à nouveau ce violent sentiment d’abandon et de solitude. Non, Joshua avait raison… Éden n’était pas fait pour moi.

Il ne ferait que me torturer sans même s’en rendre compte… Joshua sentit aussitôt mon malaise et sans attendre, il se rapprocha de moi et me prit dans ses bras.

– Il était temps que je revienne ! S’exclama-t-il en me serrant contre lui.

***

Joshua n’en était pas resté là. En apprenant que j’allais travailler avec Éden le le lendemain, il m’avait expliqué tout ce que je devais dire à Éden et que je devais avant toute chose mettre fin à cette histoire. Il avait consentit à me laisser dormir uniquement après la promesse de tout arrêter avec Éden aujourd’hui. Joshua n’avait jamais apprécié mon mode de vie depuis que Jules était partit, mais il ne m’avait jamais forcé à y mettre fin. S’il était aussi inquiet à propos de ce que je faisais avec Éden, je devais lui faire confiance…

Nous étions allés nous coucher dans mon lit après cela et c’était avec beaucoup de difficulté que je m’étais levé. J’avais laissé Joshua dormir, lui laissant un mot en lui disant qu’il pouvait me rejoindre à la cafétéria de la compagnie entre midi et deux. J’avais une réunion avec tout le groupe tôt ce matin, et je fis tout pour faire bonne figure et cacher le manque de sommeil. Éden n’arriva pas à l’heure, mais cela ne nous empêcha pas de commencer sans lui. Baptiste semblait flotter sur un petit nuage et avait un peu de mal à ce concentrer, mais je ne lui en fit pas la remarque.

Ce fut bien en retard qu’Eden finit par arriver précipitamment dans la salle alors que j’étais en train de parler avec Kelly. Ce fut son « désolé » soufflé qui attira notre attention.

– Éden, tu as… Commença la blonde moqueuse en constatant tout comme les autres qu’il avait du dentifrice autour de la bouche.

– Oui je sais, j’ai une sale gueule, la coupa-t-il en s’étirant, et non, je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit.

– Non, ce que j’allais te dire c’est que tu as du dentifrice autour de la bouche… Dit-elle dans un sourire. Ses yeux s’écarquillèrent et il se retourna vivement, provoquant le rire de toute la salle. Il se débarbouilla aussitôt en regardant son reflet.

– C’est bon arrêtez de rire comme des baleines ! S’exclama-t-il en se retournant et en sortant son carnet de sa poche, on a du boulot…

– On a déjà commencé nous, on était à l’heure.. Répliqua Félix dans un sourire.

– Allez lâchez-le, ça arrive à tout le monde… Tout le monde se tourna alors vers Baptiste, qui tenait sa guitare entre ses mains. Il haussa alors les épaules, surpris de nos réactions.

– Depuis quand est-ce que tu passes l’éponge aussi facilement le matin toi ? Demanda Kelly suspicieuse.

– Je ne passe pas l’éponge mais c’est Éden… Dit-il en roulant des épaules, le jour où il arrivera à l’heure quelque part de toute façon…

– Je suis toujours à l’heure ! S’écria-t-il, vexé.

– Non, non, non, Kelly a raison, on est là depuis huit heures et tu passes ton temps à … être aimable et heureux… C’est louche, souligna Laura, dans un sourire.

– Tu as tiré ton coup hier ? Lança Félix, en se tournant vers lui.

Immédiatement des rougeurs apparurent sur les joues de Baptiste et il reposa son regard sur ses corde, maugréant un « N’importe quoi » peu convaincant. Un sourire étira alors les lèvres d’Eden qui vint s’asseoir sur le piano. Durant toute la scène, j’étais resté silencieux et dans mon coin. Je savais très bien ce qui s’était passé la veille entre Éden et Baptiste. Et la jalousie qui me rongeait en cet instant me confortait dans mon idée de mettre fin à tout cela dès que j’aurais un instant seul à seul avec lui, malgré toute la difficulté que cela allait me poser…

– Quel Don Juan ce Baptiste… Souffla Éden amusé.

– Fais attention, il pourrait te voler tes conquêtes, S’exclama Félix dans un clin d’œil.

– Pour ça il faudrait qu’il sache…Commença Éden en rigolant.

– Bon et si on travaillait ? Lâchais-je, incapable de supporter ce manège une minute de plus.

Ce fut a mon tour d’être scruté par tout le monde et immédiatement mon visage devint rouge de gêne. J’avais lâché cette phrase pour abréger mes souffrances, mais je n’avais pas réfléchi à ce que cela impliquait. Pour ne pas mourir de gêne, je ramassais mon tas de feuille.

– Enfin… Je veux dire qu’on est là pour travailler, donc maintenant que Éden est là… Soufflais-je, hésitant, face au silence dans lequel j’avais plongé l’assemblée.

– Il a raison, m’aida Laura dans un sourire, Baptiste nous a dit que tu travaillais sur une nouvelle chanson.

Éden acquiesça et attrapa sa guitare qui était posée sur le piano avant de poser son regard sur moi pour la première fois, ce regard qui malgré toutes mes résolutions continuait de me faire chavirer.

– Tu veux bien m’accompagner ? Demanda-t-il dans un sourire.

Je retombais brusquement sur terre. Éden venait de me remettre à ma place. Je travaillais pour eux. L’accompagner au piano faisait partit de mon travail. J’allais directement m’installer derrière mon piano. Joshua avait raison, Éden n’était pas fait pour moi et je n’étais pas fait pour lui… Alors pourquoi avais-je aussi mal au cœur avec le simple fait de l’avoir ainsi près de moi ? Avec beaucoup de mal, je commençais l’introduction de sa nouvelle chanson.

– Alors ça donne un truc comme ça… Dit-il en se concentrant.

Et il ferma les yeux laissant sa voix le guider. Il ne tarda pas a retrouver les paroles alors que je l’accompagnais du mieux que je pouvais. Cependant, même si je jouais parfaitement, même si le chant d’Éden était le même que la veille, l’alchimie que nous avions eu hier était brisée. Je savais que j’en était entièrement responsable, mais je n’arrivais pas a faire autrement. Je jouais toujours avec les tripes, y mettant tout mon cœur. Mais cela pouvait se révéler être un gros défaut lorsque je n’étais pas bien. Lorsque Jules était parti, j’avais du arrêter la musique pendant plusieurs mois… Aujourd’hui, avec Éden, quelque chose s’était cassé entre nous et ma musique ne faisait que le révéler sans que je ne puisse rien y faire. On ne pouvait pas faire mentir la musique…

Éden s’en aperçu et ne prit pas la peine de finir la chanson, apparemment déçu de ne pas retrouver cette harmonie de la veille. Il se tourna vers moi, les sourcils froncés. Mais il n’eut pas le temps de me dire quoi que ce soit. –

Elle est géniale Éden ! S’exclama Laura en se levant, montre-moi la partition.

Elle prit son cahier avant de s’installer sur son synthétiseur. Je vins près d,elle, lui montrant ce qu’elle pourrait faire, nos instruments se rapprochant. Je n’eus pas une seule minute pour Éden, et je devais avouer que je faisais un peu exprès… J’allais aider tour à tour, tous les membres du groupe, me demandant comment je serais capable de l’affronter par la suite…

***

Tout le monde était en train de partir lorsque Kelly me proposa de venir manger avec eux. Mais je refusais, ayant rendez-vous avec Joshua qui m’avait confirmé sa venue par SMS. Lorsque Kelly demanda d’un regard à Éden si celui-ci venait, il dit dans un sourire :

– Allez-y, je vous rejoins, j’ai envie de travailler encore un peu dessus.

Tout le monde acquiesça et ils quittèrent la salle. Presque immédiatement, Éden vint partager avec moi le petit banc devant mon piano, un sourire charmeur collé aux lèvres. Mais fort de mes résolutions prises cette nuit, je me relevais aussitôt, rangeant mes affaires. Je ne savais pas par ou commencer. Le répéter avec Joshua était bien plus facile que de se retrouver confronté à Éden.

– Alors ce n’était pas qu’une impression, tu me fais la gueule, souffla-t-il légèrement énervé.

– Pas du tout, mais je dois aller retrouver quelqu’un, Dis-je en fourrant mes notes dans son sac, sentant mon courage s’envoler.

– C’est bon Morgan, tu as 27 ans !

Je me figeais à la seconde, le regardant furieusement.

– Tu devrais retrouver Baptiste, il va s’inquiéter. Lâchais-je les dents serrées.

Immédiatement ses sourcils se froncèrent.

– Il me semble que tu étais au courant pour Baptiste… Répondit-il étonnamment calme.

– Oui, je l’étais, et maintenant que j’ai eu le temps de réfléchir, je ne peux pas coucher avec toi quand ça te chante, on travaille ensemble, c’est n’importe quoi ! M’écriais-je très vite, répétant les termes de Joshua.

– Ok. Répondit simplement Éden. Il se leva alors, semblant contenir sa colère.

– Ok ? Fis-je surpris et blessé de le voir céder aussi facilement.

– Qu’est-ce que tu veux que je te dise de plus ? Répondit-il en haussant les épaules, une partie de jambe en l’air de temps en temps ça ne te dit rien ? Et bien tant pis pour toi.

Et sans un mot de plus, il quitta la salle. Je ravalais avec difficulté les larmes qui menaçaient de couler. J’avais fait le bon choix, je le savais au plus profond de moi, mais cela me faisait mal… Bien plus que je ne l’aurait cru…

***

Joshua m’attendait dans le réfectoire avec deux plateaux remplis de nourriture. Il s’empressa de me demander comment ma confrontation s’était déroulée et je le lui racontais. Le fait qu’Éden n’ai même pas cherché à me retenir me restait en travers de la gorge, mais c’était un argument de plus pour Joshua. Éden était arrivé après moi, ainsi que sa sœur, et il n’avait de cesse de nous fixer, me mettant presque mal à l’aise.

– Je dois l’avouer, dit Joshua dans un sourire amusé, je comprends pourquoi tu as cédé à son charme. Il est plutôt bel homme…

-Tu t’apprêtes à changer de bord ? Répliquais-je.

– Non ! S’exclama-t-il. Mais en parlant de ça, sa sœur n’a rien à lui envier.

Je lui envoyais un coup de pied sous la table.

– N’y compte même pas ! Joshua rigola avant de reprendre son sérieux.

– Je suis fier de toi Morgan ! Je sais que ça n’a pas du être facile, mais tu as fait le bon choix…

Je ne répondis rien, finissant mon assiette. Ce fut lorsque j’eus terminé, que Joshua me demanda d’aller écouter quelques unes de mes nouvelles compositions. Nous nous levâmes de concert, et pour la première fois depuis qu’il était entré dans la cafétéria, je me risquais à poser furtivement mon regard sur lui. Un sourire étira aussitôt les lèvres d’Éden, un sourire qui me fit rougir instantanément. Je partis à tout allure de la cafétéria, me demandant sincèrement comment aller se dérouler la suite de notre collaboration.. *** J’avais laissé Joshua dans la salle de répétition, pour aller chercher une partie de mes partitions que j’avais dans ma voiture. Mais alors que je prenais la direction du parking, je croisais le regard d’Éden à l’autre bout du couloir. Mon cœur s’emballa…

Je savais d’avance que j’allais avoir beaucoup de mal à tenir mes résolutions et rien qu’à la façon dont il me regardait, je sentais mon rythme cardiaque s’emballer… Mes joues prirent leur teinte habituelle alors qu’un sourire se dessinait sur ses lèvres. Alors que je marchais de plus en plus vite pour le dépasser, il attrapa vivement mon bras et ouvrit la première porte qui venait. Sans ménagement, il me poussa à l’intérieur, et nous nous retrouvâmes dans le placard à balais. Il referma la porte, nous plongeant dans l’obscurité et me plaqua contre le mur.

– Arrête… Soufflais-je surpris d’une telle réaction alors qu’une petite heure auparavant, il avait accepter mon rejet sans broncher.

Mais il ne m’écoutait pas. Lentement, ses lèvres se posèrent sur ma mâchoire, déposant des baisers papillons qui me donnèrent des frissons. Ma main sur son torse serra son tee-shirt alors qu’il descendait le long de mon cou. Tout aussi tendrement, il laissa glisser ses mains sous ma chemise, touchant ma peau déjà brûlante d’envie. Il avait cet effet sur moi si particulier que je devenais incontrôlable et déjà mes résolutions s’envolaient.

– Ce n’est pas bien… Murmurais-je, les yeux fermés, lui résistant lamentablement.

– Je te promets que ton copain n’en saura rien, dit-il alors en déboutonnant lentement ma chemise.

Mes yeux s’ouvrirent sous la surprise d’une telle affirmation, mais il ne me laissa pas le temps de répondre, happant mes lèvres avec avidité. J’oubliais instantanément ce qu’il venait de me dire, me perdant dans son baiser, incapable de le repousser… Bien vite l’air vint à nous manquer, et Éden s’écarta légèrement pour constater qu’il venait de gagner. Je le désirais tout autant qu’il me désirait. Nous semblions être attiré comme des aimants… Un sourire amusé étira ses lèvres et ses mains passèrent sur la boucle de ma ceinture qu’il enleva. Vivement, il tomba à genoux devant moi, constatant sûrement que je lui avais cédé entièrement. Ma tête se calma contre le mur et je fermais les yeux, tentant de me convaincre qu’il m’était impossible de faire autrement… Je ne voulais pas participer… Mais cela n’arrêta pas Éden…

Du bout des doigts, il passa ses mains sous ma chemise passant sous l’élastique de mon boxer, rapidement, il abaissa mon sous-vêtement et mon pantalon jusqu’à mes genoux. Je ne tardais pas a sentir ses lèvres se poser sur mes cuisses, les embrassant délicatement. Sa main remonta, caressant sensuellement mes fesses avant de passer sur ma raie, me faisant clairement comprendre ce qui allait se passer, et ce à quoi j’étais finalement bien incapable de résister.

À ses côtés, je perdais ma raison. Et je me moquais de le regretter plus tard. Un gémissement s’échappa de mes lèvres, ne pouvant me retenir de frissonner. J’avais beau essayer de lui résister, je sentais que c’était une tâche impossible… Brusquement, il me prit en bouche, trahissant son empressement. À ce contact, je ne pus que me cambrer, l’une de mes mains allant se mettre sur ma bouche pour contenir un gémissement de plaisir, tandis que l’autre vint se poser sur sa tête, osant lui intimer d’une pression que je voulais plus. Il commença alors des vas-et-viens langoureux.

Le plaisir ne tarda pas à monter lorsque brusquement, Éden lâcha mon membre. Un gémissement de protestation sortit de la gorge mais je me calmais aussitôt lorsque je croisais son regard. Il mît deux doigts dans sa bouche, puis, dans un sourire, il me reprit en bouche, reprenant ses succions effrénées. Je n’avais pas l’habitude que l’on me fasse des fellations, étant normalement celui qui en donnait et en recevoir autant en aussi peu de temps était étrange et cruellement bon. Sans attendre, Éden me pénétra. Une grimace étira mes lèvres mais j’eus moins mal que je le pensais, déjà trop excité par cet échange dans ce lieu insolite et avec cet homme…

La préparation fut rapide et lorsque je me libérais dans sa bouche dans un gémissement que je ne pu retenir, il remonta vers moi pour attraper mes lèvres avec fougue. Mes mains se posèrent directement sur son jean que je déboutonnais, touchant son sexe dressé de désir. Éden du lâcher mes lèvres pour gémir alors que je commençais à le masturber avec vigueur.

– Tourne-toi… Souffla-il brusquement, semblant être à bout.

Je me laissais aller a lui offrir mon premier vrai sourire et posais une nouvelle fois mes lèvres sur les siennes furtivement, n’arrivant pas a me lasser de ses baiser. Doucement, je me retournais, posant mes mains sur le mur me cambrant légèrement dans une position volontairement séduisante. Ses mains virent alors caresser mes fesses et avec une tendresse que je n’avais jamais connu, il entra en moi, collant son front contre mon dos. Un gémissement de douleur que je me sentais libre de lâcher à ses côtés s’échappa de mes lèvres.

Éden prit son temps, pour que je m’habitue à sa présence en moi. Ses mains sur mes fesses continuaient leurs caresses, m’aidant a me détendre comme jamais. Ce fut après quelques secondes, alors que j’étais enfin parfaitement détendu, qu’il commença enfin ses déhanchés. D’abord doux, nous passâmes vite au cran supérieur, poussés par une rage et un désir violent. Je ne pus m’empêcher de penser à mes résolutions qui venaient de partir en fumée. Mais ce que je ressentais là, en cet instant, possédé par cet homme insinué au plus profond de mon être, en valait la chandelle. Nous étions à présent comme en manque l’un de l’autre… La respiration de mon vis a vis se faisait de plus en plus saccadée alors que ses coups de reins étaient de plus en plus forts. J’avais beaucoup de mal à me retenir de gémir. Cet ébat était puissant, dévastateur…

Et il n’y avait qu’avec lui que je ressentais cette osmose. Un orgasme violent vint nous faucher de concert et ce fut dans un gémissement rauque qu’il se déversa en moi. Le souffle coupé, Éden se retira avant de se coller de nouveau à moi. Toujours dans la même position, face contre le mur, j’étais incapable de m’en remettre. J’entendis rire Éden, sûrement amusé par le fait que nous étions encore à moitié habillé, n’ayant répondu qu’à une pulsion, un désir incontrôlable. Éden finit par se décaler sur le mur près de moi, et son regard croisa le mien. Il semblait troublé.

– Tu aurais pu me dire que tu avais un copain… Dit-il en posant sa main sur ma joue.

Mes yeux s’écarquillèrent a nouveau sous la surprise, mais une fois de plus je n’eus pas le temps de répondre. Il emprisonnait déjà mes lèvres dans un baiser qui me laissa pantelant. Croyait-il que Joshua était mon copain ? Après tout, il nous avait vu à la cafétéria. Était-ce a cause de cela qu’il était revenu sur sa décision ?

– Ça fait longtemps que tu es avec lui ? Demanda-t-il dans un sourire.

– Je… Non… Soufflais-je perturbé, non c’est récent, mentis-je, ayant peur de le voir s’échapper s’il apprenait la vérité.

– Je sais que je t’ai dis que si tu trouverais quelqu’un qui te plaisait, je te laisserais tranquille, dit-il sérieux… Mais je ne pensais pas que ça serait après deux nuits…Deux nuit démentielles…

Des rougeurs apparurent sur mes jours et je lui fis un sourire gêné, me sentant fondre à la seconde. Doucement, il se rhabilla, refermant son pantalon.

– C’est à toi de voir, Morgan, souffla-il après un dernier regard, soit tu te lances dans cette histoire avec lui, et tu t’emprisonnes dans une vie de couple monotone, soit je t’offre la plus fulgurante et extraordinaire des relations que tu n’aies jamais connu.

Et sans un mot de plus, il sortit du placard, me laissant seul.

***

Il m’avait été impossible de mentir à Joshua. Lorsqu’il m’avait vu revenir sans les partitions, encore débraillé malgré mon passage aux toilettes pour me redonner une certaine consistance, et après bien plus de temps qu’il m’en aurait fallut, Joshua avait compris. Et je me retrouvais maintenant dans la petite salle de travail à lui faire face.

– Tu fais chier Morgan… Tu vas vraiment le regretter… Et je serais encore là pour ramasser les morceaux…

– Éden ne me promets rien. Et c’était vrai. À la différence de Jules, Éden ne m’avait jamais rien promis.

– Justement, je te connais Morgan. Toi, tu espères plus, répondit Joshua en s’asseyant sur le banc du piano.

– Non, je sais à quoi m’en tenir. Il a été clair à ce sujet…

– Mais tu souffres à l’idée qu’il se tape d’autres mecs.

– Je fais bien la même chose.

– Et ce n’est pas comme ça que tu rencontreras quelqu’un de bien pour toi.

Sa réplique me fit mal. Je savais qu’il avait raison, mais l’avouer était autre chose…

– Je pense que je suis assez grand pour prendre seul ce genre de décisions, rétorquais-je amèrement. J’ai envie de cette relation, même si ça n’en est pas vraiment une. Ajoutais-je avant de m’asseoir à côté de lui face au piano.

Je posais mes doigts sur les touches.

– Je suis attiré par lui et c’est tout simplement incontrôlable. Même si je sais que tu te prépares déjà à me dire » je te l’avais bien dis »… Pour le moment je veux juste en profiter et vivre le présent.

Et sans un mot de plus, après un dernier regard vers Joshua qui me regardait étrangement, je me mis à jouer pour lui…

***

Le sujet d’Éden ne fut plus abordé avec Joshua. Après avoir joué pour lui et ayant finit ma journée, nous allâmes nous faire un restaurant avant de se faire une soirée tranquille chez moi. Le lendemain j’étais retourné travailler sur le dernier morceau que j’avais composé pour le film et j’étais rentré assez tôt pour me préparer au concert que donnait Light Shade avec d’autres groupes pour une soirée de bienfaisance. Je fus forcé de mettre un smoking pour l’occasion, expressément demandé par le directeur. Je m’étais rendu à cette soirée avec Joshua qui avait accepté l’invitation avec plaisir. Mon ami n’avait cependant pas tarder à me laisser seul, heureux de voir autant de « jolies filles rassemblées ici ». Mais je m’en moquais.

Devant moi se tenait l’homme dont la voix continuait, après toutes ces années de me faire chavirer. Il était là, debout devant nous, en sueur, sa guitare à la main. J’en oubliais presque les autres membres du groupe qui se tenaient derrière lui. Un sourire étirait ses lèvres alors qu’il entamait les premières notes de la chanson qu’ils avaient prévu de jouer. Beaucoup de fans avaient réussi à rentrer malgré le fait que ce soit une soirée de bienfaisance.

Ce fut à ce moment là que son regard sembla se poser sur moi, et ce regard me donna terriblement chaud. Je me mis immédiatement à rougir en pensant à tout ce que cet homme m’avait déjà fait. Je pris mon courage à deux mains et cette fois-ci, je n’enlevais pas mon regard du sien, au contraire. J’avais déjà pris ma décision quant à sa proposition…

Lorsque Baptiste et Félix se mirent à jouer à leur tour, lentement, Éden ferma les yeux, savourant cette sensation si particulière qu’offrait la musique. Cette musique était une de mes préférées, lente, douce, comme une berceuse. Mon cœur s’emballa lorsqu’il se mît doucement à chanter, souriant alors que les gens commençaient à reprendre les paroles. Au premier coup de batterie, il y eu un silence…

Un instant de calme où plus personne ne jouait. Puis brusquement, Kelly redonna un nouveau coup et la musique s’accéléra, faisant crier la foule… Ce groupe était déjà haut placé, mais ils avaient la possibilité de faire bien plus et d’atteindre les sommets. Et j’allais donner tout ce que je pouvais pour les y aider.

***

Éden venait de descendre de scène, et il discutait avec les autres membres du groupe vers le bar, encore sous l’euphorie de leur concert. Joshua m’avait définitivement abandonné et c’est amusé que je le voyais embrassé une choriste d’un groupe précédent. Nous étions très proches, nous avions grandis ensemble et nous partagions le même passé d’orphelin. Mais nous vivions la chose de manière complètement différente. Si je cherchais à m’attacher à quelqu’un, Joshua était incapable de le faire. Il était infidèle et séducteur. Il profitait de son physique avantageux. J’avais du mal à croire qu’un jour une fille arriverait à le garder. Joshua n’avait aucune attache et avait passé une bonne partie de sa vie à voyager, allant de petits boulots en petits boulots, sans jamais s’engager sur quelque chose de sérieux et de durable. J’étais finalement le seul vers qui il revenait : son point d’attache, sa famille en quelque sorte…

C’est alors que je croisais le regard d’Éden, et je compris à la seconde qu’il venait de voir que Joshua était tout sauf mon petit ami. Immédiatement, je devins rouge de gêne et je tournais la tête, faisant mine d’écouter le groupe. J’aurais du démentir avant cette idée qu’il s’était faite. Mais il ne m’en avait pas laissé l’occasion. Maintenant cela me retombait dessus et je devais paraître ridicule à ses yeux. Je fis tout pour ne plus le regarder et quelques minutes plus tard à peine, je sentis une main dans mon dos, et des lèvres s’approcher de mon oreille.

– Alors… Je t’ai manqué ? Demanda Éden d’une voix volontairement sensuelle.

Un frisson me parcouru et je tournais la tête vers lui. Nos visages étaient à quelques centimètres, la tension était palpable. Mais nous ne pouvions pas nous embrasser, pas devant tous ces gens…

– Tu as aimé le concert ? Fit-il dans un sourire. – Vous étiez fantastiques.. Répondis-je les yeux brillants.

– Oui, c’était génial… J’ai hâte de voir lorsque ce sera sur une vraie scène, devant un public qui a fait des heures de queue pour nous voir… Je ne pus que sourire face à cette assurance. J’enviais cette confiance qu’il avait en lui et en son groupe. Cette force pouvait les porter très loin.

– Tu es très beau ce soir, dit-il dans un sourire charmeur.

– Merci… Répondis-je gêné et peu habitué à ce genre de compliment.

– Tellement que j’avais du mal à détacher mon regard de toi quand j’étais sur scène.

Je ne pu m’empêcher de jeter un regard furtif sur mon ami qui était toujours en train d’embrasser la choriste. Il était surprenant qu’Éden n’ait toujours pas abordé le sujet.

– Et toi… Souffla-t-il tout contre mon oreille, tu n’as pas arrêter de me regarder chanter…

– Je regardais le groupe, tentais-je d’une petite voix.

– Oh non… Tu ne regardais que moi…. Alors, tu as pris ta décision ?

Je tournais vivement la tête vers lui, ancrant mon regard dans ses océans. Ma décision, je l’avais déjà prise à l’instant où son regard s’était posé sur moi dans le couloir… Ce soir, s’il le voulait bien et d’autres soirs encore, je lui appartenais entièrement. Éden avait ce pouvoir sur moi… Et j’étais définitivement prisonnier de sa toile. Je n’eus pas besoin de l’exprimer à voix haute. Éden avait compris ma décision.

– Tu veux un verre ? Demanda-il en remontant légèrement sa main dans mon dos. J’acquiesçais et Éden fit demi-tour, allant au bar.

– Je peux savoir ce que tu es en train de faire ! S’exclama Joshua en me faisant sursauter. Il se tenait juste à côté de moi, et il me fusillait du regard, jetant de bref coup d’œil haineux en direction d’Éden.

– Je crois qu’on a déjà eu cette discussion, soupirais-je assez fort pour qu’il m’entende malgré la musique.

– Et tu crois que tu as réussi à me convaincre ! S’exclama-t-il.

– Je ne cherche pas à le faire… Joshua, je sais ce que tu en penses, mais je ne peux pas faire autrement.

– Tu me fais peur Morgan, claqua-t-il, comme incapable de calmer. Qu’est-ce-qui se passera quand il se sera lassé de toi ?

– Ce n’est pas le cas pour le moment.

– Mais ça va arriver ! Tu le sais très bien et…

– Et je gérerais la situation comme je le pourrais. Dis-je en le coupant. Je ne vais pas m’arrêter de vivre par peur de ce qui pourrait se passer par la suite.

Joshua ne répondit rien. Je comprenais son point de vue, celui de la raison… Joshua me connaissait mieux que personne… Mais aujourd’hui, je n’étais pas prêt à l’entendre…

– Je suis désolé, mais ne m’attends pas ce soir. Je ne rentrerais sûrement pas à l’appartement. Tu as les clefs…

Le regard de Joshua se posa sur Éden qui revenait vers nous. Sans un mot de plus, il me tourna le dos et partit dans la direction opposée. Éden arriva près de moi et me tendit un cocktail. Je n’avais pas la moindre idée du futur de cette relation, mais je voulais simplement en profiter au présent. Joshua finirait par le comprendre…

***

Ses lèvres ne cessaient de m’embrasser, mordant ma lèvre inférieur lorsqu’il avait du mal à gérer le plaisir de notre ébat. Ses coups de reins étaient de plus en plus violents, et mes jambes se serraient de plus en plus autour de ses hanches. Je sentis l’une de ses mains remonter doucement et venir s’entortiller dans mes cheveux, alors que, ne pouvant plus tenir mon baiser, il plongeait sa tête dans mon cou. Je ne cherchais pas à retenir mes gémissements, envahi d’un plaisir que je ne prenais qu’avec lui… Ses déhanchés se firent plus brusques, se retirant pour me pénétrer plusieurs fois plus intensément.

Je fus incapable de me contenir et ce fut cette fois-ci un cri de pur plaisir qui franchit le barrage de mes lèvres. Nous arrivâmes bien vite au point de non retour et alors que j’étais balayé par un orgasme foudroyant, je sentis Éden éjaculer en moi, me marquant une fois de plus… La respiration saccadée, il se retira, se plaçant près de moi sur le dos. J’aimais sa façon de rester proche, juste après l’acte… Sa jambe vint s’entremêler aux miennes alors qu’il se remettait sur le côté, plongeant sa tête dans mon cou. Sa main vint alors caresser mon torse sensuellement.

– Et dire que tu voulais nous priver de ça… Souffla-t-il amusé.

Je ne pus m’empêcher de rire, évacuant la tension que j’avais accumulé. Éden releva alors la tête pour happer les lèvres dans un baiser tendre. Lorsque l’air vint à nous manquer, ses lèvres se déposèrent en baisers papillons sur ma mâchoire avant de revenir dans mon cou. Il était maintenant clair que je ne pouvais plus reculer dans cette relation avec Éden. Mais j’allais devoir apprendre à gérer mes sentiments qui resteraient bien enfoui secrètement en moi…

– Pourquoi est-ce que tu m’as dit que tu avais un copain alors que non ? Demanda-t-il en embrassant mon torse.

– Je ne t’ai rien dit, c’est toi qui a pensé ça ! Répliquais-je en passant ma main dans ses cheveux. – Alors c’est qui ?

– Mon frère, répondis-je. Même si nous n’étions pas frère de sang, c’était ainsi que je voyais Joshua… – Vous ne vous ressemblez pas… Je rigolais légèrement alors qu’il continuait ses baisers, descendant de plus en plus. Jamais je ne lui parlerais de mon passé. Peu de gens savaient d’où je venais et ces personnes tenaient sur les doigts d’une main. Même Andrew n’était pas au courant…

– C’est sûr que je ne suis pas son portrait craché comme Liz est le tien… Éludais-je en posant ma main sur son épaule, dans une douce caresse.

– Je suis pas seulement le portrait craché de Liz, je suis aussi celui de mon autre sœur, de mes frères et de ma mère… Et on a tous les yeux de mon père.

– Quoi ? Je me redressais, coupant court aux tendresses qu’il me donnait.

– Je ne savais pas que tu avais autant de frères et sœurs, dis-je surpris. – On est cinq, répondit-il en acquiesçant. – Je ne te crois pas…

– Ok, attends.

Vivement, il se redressa, sortant du lit pour aller chercher quelque chose qui se trouvait sur sa commode. Il attrapa une photo et revins se mettre sur sous les couvertures, me montrant tour à tour les personnes.

– Là c’est mon père et ma mère, Dit-il dans un sourire, ici c’est Liz et moi, elle a un an de plus que moi. Norah à 27 ans, Jayson a 32 ans et Riley a 35 ans.

Mes yeux s’écarquillèrent et je pris le cadre dans les mains, le rapprochant de mon visage, comme pour m’assurer qu’il ne me mentait pas. Éden avait une famille, un grande famille… Tout le contraire de moi…

– Mais… Tu ne le mentionnes jamais dans tes interviews… Dis-je surpris.

– Mon père ne voit pas vraiment ma carrière comme une vraie carrière et mes frères suivent un peu son avis… Et avec Norah… C’est compliqué, nous ne sommes plus vraiment proches depuis le lycée… Il n’y a que Liz que je vois tout le temps.

– Donc tu es le petit dernier… Dis-je dans un sourire. Pourquoi est-ce que ton père n’aime pas ton métier ?

Il s’allongea dans le lit, calant ses bras derrière sa tête, semblant chercher quelques secondes ses mots. – Parce qu’il a raison sur un point, c’est un métier bancal… A tout moment je peux retomber dans l’anonymat… Riley est médecin, Jay est kiné, Norah possède une boutique de fringues et Liz est enseignante. Ce sont des métiers sûrs…

– Ton frère peut commettre une erreur et mettre fin à sa carrière, Jay aussi, Norah peut un jour déposer le bilan, et Liz peut être virée… Il n’y a pas de métiers sûrs Éden… Osais-je lui dire.

Un sourire étira ses lèvres, et il sembla même touché par mes paroles. Je vins m’allonger près de lui, me laissant même aller à poser ma tête sur son torse. Sa main vint aussitôt caresser mon dos, tendrement. Éden était quelqu’un d’étrange. Il refusait une relation sérieuse, mais tout dans ses gestes trahissaient le contraire. Et il n’avait même pas l’air de s’en rendre compte…

– Et toi ? Me demanda-t-il tout à coup. Tu es proche de ton frère.

– C’est mon meilleur ami, répondis-je doucement, ne voulant pas m’aventurer sur ce chemin.

– Et tes parents ? À cette question que j’avais redouté, je ne pus que me crisper. Mes parents étaient les premiers à m’avoir abandonné, sûrement pour de bonnes raisons, sûrement pour que j’ai une meilleure vie…

– On… On a plus de contact avec… Dis-je d’une petite voix.

– Sérieux ? Fit-il étonné. Je ne répondis pas. Je n’aimais pas aborder ce sujet et lui donner le moins d’informations possibles était la solution. Heureusement, Éden n’alla pas plus loin. Vivement, il inversa nos positions, posant ses coudes de chaque côté de mon visage.

– Prêts pour un autre round ? Demanda-t-il dans un sourire charmeur.

Pour toute réponse, je me redressais, posant mes lèvres sur les siennes. Mes mains se posèrent dans son dos, le caressant du bout des doigts. Instantanément, j’oubliais tout…

***

Il était quatorze heures et j’étais toujours chez lui. Éden m’avait proposé de rester, n’ayant rien d’autre à faire et j’avais accepté sans la moindre difficulté. J’avais tout de même envoyé un SMS à Joshua pour le prévenir et qu’il ne s’inquiète pas pour moi. Nous étions installés à même le sol de son appartement, mangeant du chinois qu’il avait commandé, tandis que nous regardions sa collection de CD, parlant de musique. Ce simple moment partagé, comme de simples amis, me suffisait. Même si je rêvais d’affection, je n’étais pas du genre à aller à quémander.

Si Éden n’en avait pas envie, alors je me pliais à sa volonté. Je préférais d’ailleurs que cela se passe sans, car ça ne ferait que rendre plus difficile de le voir partir avec Baptiste ou d’autres hommes. Et ce serait encore plus difficile quand il se détournerait de moi… Si Éden voulait être mon ami, c’était déjà beaucoup… Son téléphone se mit à sonner, coupant court à notre discussion et il se leva. Il regarda le numéro avant de répondre.

– Non ma sœur adorée, je ne viendrais pas ! Dit-il en se dirigeant dans la cuisine.

– …

– Ouais bah elle n’avait qu’à m’inviter avant.

Je vis Éden ouvrir le frigo et en sortir une bière. Son regard se posa sur moi et il me tendit sa bière pour savoir si j’en voulais une. J’acquiesçais et il en prit une deuxième, avant de revenir dans le salon.

– Je suis occupé de toute façon, poursuivit-il semblant vouloir mettre fin à la conversation.

– …

– Je sais, mais tu m’aimes quand même ! Amuse-toi bien chez Norah !

Et sans attendre, il raccrocha, envoyant son portable sur le canapé. Je sentais au ton de sa voix que quelque chose n’allait pas, mais je n’osais pas l’interroger vraiment à ce sujet. Cependant, j’étais incapable de le laisser comme cela. Je me relevais, posant ma main sur sa joue.

– Ça va ? Lui demandais-je, soucieux malgré moi.

C’est avec surprise que je vis un sourire charmeur étirer ses lèvres. Il posa sa main sur mon torse dénudé avant de me dire :

– Fais-moi penser à autre chose… Je lui rendis alors son sourire et doucement, mes lèvres se posèrent sur les siennes dans une caresse extrêmement douce, si douce, qu’elle sembla atteindre son but…

***

Un jour plus tard, nous nous retrouvions dans la salle avec tous les autres membres du groupe à travailler sur leur chanson. Je les aidais chacun leur tour, jouant du piano pour leur donner certains repères. J’étais heureux d’avoir réussi à finalement gagner la confiance de tout le monde,’même si Baptiste restait légèrement distant avec moi.

– Bon, moi je crève la dalle ! S’exclama Félix, en posant sa basse.

– Moi aussi ! Fit Laura en se levant, on va à la cafétéria ? Kelly et Félix se levèrent, acquiesçant, et regardèrent Éden.

– Moi je reste ici, j’ai envie de jouer un peu de la guitare. Dit-il en haussant les épaules.

– Je reste avec Éden, Répondit Baptiste sa guitare entre ses mains.

– Morgan, tu viens avec nous ? Demanda Kelly en me regardant.

– C’est gentil, mais j’ai rendez-vous avec le directeur dans quelques minutes…

Kelly me fit un sourire avant qu’ils ne quittent tous les trois la salle. Un silence pesant s’installa entre nous. Mal à l’aise, je me mis prendre des notes, pendant que Baptiste refaisait ses accords. Un soupire s’échappa des lèvres d’Éden, ayant du mal avec cette situation.

– Vous savez, j’ai un très bon truc pour vous détendre une bonne fois pour toute… Dit-il soudain.

Je relevais la tête perplexe, en même temps que Baptiste, découvrant Éden en train de sourire.

– Enfin, moi ça me dirait bien… Et je suis sûr qu’on s’amuserait très bien tous les trois, si on le faisait… S’exclama-t-il alors que son sourire s’élargissait.

Mon regard s’agrandit sous la surprise, et si j’avais peur d’avoir mal compris, le regard de Baptiste que je croisais me le confirmait. La simple idée de coucher avec Baptiste me révulsait. Il ne m’attirait pas du tout. Mais avoir à gérer ma jalousie en plus était impossible. J’avais déjà du mal avec le simple fait du l’imaginer au lit avec Éden, pour rien au monde je ne voulais avoir des images réelles. Mon visage se ferma de toutes expressions et je me levais, ramassant mes papiers. Baptiste fit de même, apparemment furieux.

– Quoi, qu’est ce que j’ai dit ? Demanda Éden, trop idiot pour comprendre nos réactions.

– T’es vraiment con ! Grogna Baptiste en sortant de salle.

Je fis de même, prenant soin de claquer la porte. Jamais je n’aurais pensé qu’Éden soit capable d’une telle proposition… Avant de me rendre chez le directeur pour mon rendez-vous, je passais par les toilettes pour me calmer. Je devais arriver à son bureau sérieux et surtout ne pas trahir ce qui était en train de se passer avec Éden et moi. Je risquais et surtout de perdre la confiance du seul homme qui croyait en moi…

***

Ma réunion avec le directeur au restaurant s’était bien passée. Il voulait surtout s’assurer que tout se passait bien avec le groupe. Il ne s’étonna pas lorsque je lui disais que j’avais réussi à établir un début de relation de confiance avec le groupe. Il renouvela ensuite son invitation de venir manger un week-end chez lui, et je lui promis de trouver du temps. Après avoir défini les objectifs que je devais tenir avec le groupe, la conversation dévia sur des sujets plus personnels et légers. Puis il fut temps de rentrer au label, et nos chemins se séparèrent dans l’ascenseur, lui se rendant au dernier étage. Pour ma part, je pris la direction de mon petit studio pour finir le morceau pour le film mais je m’arrêtais machinalement devant la salle où le groupe travaillait. La porte était entrouverte et je me risquais à regarder par l’embrasure. Mon cœur se serra à la seconde. Éden et Baptiste étaient en train de s’embrasser… Ils n’avaient définitivement pas perdu de temps… Je m’éloignais de la porte, ne supportant pas cette vision. Je ravalais tous les ressentis que j’éprouvais et la vive jalousie qui me rongeait. Je chassais ces images et arrivé dans mon petit studio, je m’installais à mon piano me me plongeais à cœur perdu dans le travail.

***

J’étais rentré directement chez moi, sans croiser un seul membre du groupe. Il était assez tard et j’avais tenté de faire bonne figure en retrouvant Joshua. Je ne voulais pas supporter ses « je te l’avais bien dit », « il n’est pas fait pour toi », « tu vas le regretter »… Mais je m’étais trompé sur deux choses. La première était que Joshua me connaissait trop bien pour pouvoir lui cacher quelque chose. La deuxième était que Joshua resterait avant tout mon meilleur ami, et même s’il n’était pas en accord avec mes choix, il n’était pas prêt de me laisser tomber.

C’était une sortie en boîte alcoolisée qu’il m’avait proposé, pour me changer les idées. La règle était simple, on pouvait flirter, s’éclater, mais nous rentrions tous les deux ce soir sans être accompagné. Les verres avaient défilés et je me retrouvais à danser avec mon ami sur la piste, un sourire accroché aux lèvres. Il n’y avait que lui pour le faire me sentir bien, pour me faire sentir le cœur plus léger.

Puis il avait finit par trouver une jolie fille et je me retrouvais à une table pour me reposer un peu, sirotant un verre non alcoolisé, connaissant mes limites. C’est alors que quelqu’un s’installa à côté de moi, me poussant pour avoir de la place sur la banquette. Je me retournais vers cette personne, surpris par la proximité qu’elle nous imposait. C’est avec surprise que je découvrais Éden.

– Je n’aurais pas pensé te trouver là ce soir… Me souffla-t-il. Tu viens souvent ici ?

Un petit sourire se dessina sur mes lèvres.

– J’avais besoin de changer d’air, répondis-je.

Sans préavis, la main d’Éden se posa sur ma cuisse. Mais ce contact restait semblable à un effleurement.

– Moi aussi, répliqua-t-il en se mettant à caresser sensuellement ma cuisse et en rapprochant ses lèvres de mon oreille. Et je suis heureux de te trouver ici.

Il était si proche que je pouvais sentir son parfum. Celui-ci m’enivrait… Il me rappelait tout ce que nous avions déjà échangé… Sa main remonta mais fit exprès de s’arrêter à quelques centimètres de mon intimité. Ce simple contact me rendait déjà fou. Le rouge aux joues, je n’osais plus bouger… Ses lèvres se posèrent sur ma mâchoire et il remonta lentement jusqu’à mon oreille. Là, il en mordilla le lobe, et murmura :

– Et si on allait chez moi…

– Je suis désolé, soupirais-je, mais ce soir je ne peux pas. Je suis venu avec Joshua, ajoutais-je en le montrant du regard, et je repars avec lui…

– Tu es sûr… Susurra Éden charmeur. Parce qu’il n’a pas vraiment l’air de se préoccuper de toi.

Joshua était en train de danser avec une fille, se collant de plus en plus à elle.

– Je rentre avec lui… Dis-je gêné, me demandant comment je pouvais lui résister.

Mais comme pour me convaincre, Éden déposa finalement ses lèvres sur les miennes, se collant à moi. La chaleur de mon corps monta d’un cran. Le but de ce baiser était de m’exciter et Éden savait parfaitement s’y prendre… Il était clair qu’il avait envie de moi… Nous nous séparâmes pantelants et le regard d’Éden posé sur moi s’éclaira brusquement.

– Suis-moi, m’ordonna-t-il doucement en me levant et en me tendant la main. Si je ne peux pas t’amener chez moi… Alors j’ai une autre idée.

Je me surpris à répondre docilement à son ordre. J’attrapais sa main, tirant un trait sur ce que j’avais vu avec Baptiste, mais aussi sur la proposition douteuse du plan à trois. Éden n’était pas à moi, Éden était et resterait insaisissable. Ma main dans la sienne, il me guida à travers la foule pour se rendre jusqu’aux toilettes.

La, il ouvrit le premier disponible et me poussa à l’intérieur, avant de refermer derrière lui le verrou. Sans me laisser le temps de réagir, il me plaqua contre le mur et m’embrassa sauvagement, laissa libre court à la frustration qu’il avait du ressentir fasse à mon refus de venir chez lui. Ses mains passaient déjà sous mes vêtements. Jamais je n’avais vécu quelque chose d’aussi intense. Nous répondions à une pulsion incontrôlable et rien ne semblait vouloir nous arrêter.

Je me surpris cependant à brusquement le repousser et inverser nos positions, le plaquant à mon tour contre le mur. Si Éden fut au départ surpris, il se laissa faire. Enhardi par l’intensité de ce moment, je quittais ses lèvres, rompant le baiser, alors que mes mains ouvraient sa chemise pour libérer le trajet de mes lèvres. Cependant, je ne m’attardais pas, allant directement vers mon but. je tombais à genoux devant et ouvrais avec empressement son pantalon. il ne me fallut pas longtemps pour le descendre jusqu’à ses genoux, accompagné de son boxer.

Avant d’entamer ma fellation, je levais les yeux vers lui. un petit sourire timide étira mes lèvres. Jamais je ne me laissais aller ainsi… Éden me regardait étrangement, mais je n’aurais su dire à quoi il pensait précisément. Sa main finit par se poser dans mes cheveux, me montrant d’une légère pression qu’il voulait plus et maintenant. Son intimité dressée devant moi suffisait déjà à me le prouver. Ancrant mon regard dans le sien, un nouveau petit sourire se dessina sur mes lèvres et je soufflais suffisamment fort pour qu’il soit le seul à m’entendre malgré la musique :

– Pour me faire pardonner de ne pas pouvoir venir chez toi…

Et sans attendre, je laissais ma langue passer tout le long de son intimité en une caresse sensuelle. Un gémissement rauque s’échappa de ses lèvres alors que je réitérais l’opération plusieurs fois avant de passer à une étape plus sérieuse. Je mis tout mon cœur pour que jamais il n’oublie cet instant… Fébrile, le regard voilé de plaisir d’Éden finit par me quitter, repoussant sa tête en arrière contre le mur. Ses jambes tremblaient presque, ayant apparemment du mal à se tenir debout. Mes mains n’avaient de cesse de caresser son corps, allant du bas-ventre aux cuisses. Parfois je ralentissais, lorsque je le sentais trop proche de la libération, comme une douce torture qui l’en empêchait. Ses gémissements venaient caresser mes oreilles malgré sa main posée sur ma bouche qui venait les atténuer. Mais si quelqu’un venait s’approcher trop près d’où nous étions, j’étais certain que la musique ne suffirait pas à couvrir le bruit de notre ébat. Après plusieurs minutes, sentant qu’il approchait le point de non retour, je cédais et lui offrit deux succions plus prononcées et intenses qui eurent raison de lui. Il se libéra sans ma bouche dans un gémissement plus bruyant. Si j’avais atténué un peu le feu qui brûlait en lui, c’était tout le contraire pour moi. Mon intimité coincée dans mon pantalon était de plus en plus douloureuse. Incapable de lui laisser le temps de se remettre de son orgasme, je remontais l’embrasser pour le ramener à moi. C’était un baiser farouche, un baiser qui trahissait mon désir brûlant et inassouvi. Jamais je n’avais ressenti cela, je le voulais en moi et maintenant. Je me moquais de souffrir. Cependant, ma timidité restait et n’osant pas lui dire en face, je quittais ses lèvres pour les glisser vers son oreille et lui murmurer d’une voix rauque : – Prends moi… Maintenant… Je sentis Éden se tendre d’envie. Sans plus savoir patienter, mais mains étaient déjà entre nos deux corps, déboutonnant mon pantalon. Je n’arrivais pas à rompre le contact physique avec lui. Cela ne faisait pas si longtemps que nous avions couché ensemble et pourtant, j’étais en manque de lui, comme si cela faisait des mois que nous n’avions jamais rien fait. Je connaissais Éden intimement depuis très peu de temps, mais cette relation me consumait entièrement… Éden ne perdit pas de temps, semblant aussi impatient que moi et je me retrouvais dos à lui, plaqué contre le mur, brûlant d’être possédé par lui. Ses mains baissèrent mon pantalon et mon boxer qui tombèrent à mes pieds. Je m’en débarrassais de quelques mouvement de jambes. Ses mains glissèrent sous mon tee-shirt, effleurant ma peau brûlante avant de descendre sur mon intimité tendue et douloureuse. Un gémissement de satisfaction franchit mes lèvres lorsqu’un premier doigt s’insinua en moi. Mais je voulais bien plus, ce n’était pas assez.

– Éden… J’en peux plus… Je… Dis-je dans une supplique.

Éden cessa tout mouvement mais je ne pouvais pas voir ne qu’il faisait. Ses mains quittèrent mon corps et il se redressa, se collant tout contre moi. Un frisson d’anticipation me saisit aussitôt. Éden allait enfin accéder à ma requête. Ses lèvres se posent sur ma nuque alors que ses mains se perdaient sur mes hanches. Je pouvais sentir son intimité dure se frotter lascivement contre mes fesses. Mais il ne faisait toujours rien de plus.

– Maintenant… Ajoutais-je, la voix tremblotante. S’il te plaît…

Jamais je n’avais supplié quelqu’un ainsi. Jamais je ne m’étais laissé tomber tout entier dans cette luxure.

– Soit patient, murmura-t-il alors tout mon oreille. Je préfère t’entendre hurler de plaisir que de douleur.

Mon cœur loupa un battement et je tournais la tête pour croiser son regard voilé. Il désirait cet instant tout autant que moi. Son corps ainsi pressé contre moi le trahissait. Mais il rongeait sur son frein pour moi… Il ne voulait pas me faire mal… Il se souciait de mon bien-être. Et je n’étais pas habitué. Ses lèvres s’emparèrent des miennes avec fougue et tendresse ; c’était l’un de ces baiser paradoxal qu’il me donnait de temps en temps. Il ne tarda pas à quitter mes lèvres pour reprendre sa préparation. Cette fois-ci, je ne l’interrompis pas, me plongeant dans toutes les sensations qu’il provoquait chez moi. Je ne cherchais pas a retenir mes gémissements. Bientôt deux doigts se retrouvaient en moi alors que sa main continuait de caresser mon sexe. Je ne devais mon salut qu’à ce mur qui me permettait de rester debout. Ce ne fut que lorsque toute trace de douleur avait disparu qu’Éden mît fin à sa préparation. Il remonta à nouveau et me dit dans un souffle terriblement sensuel :

– Tourne-toi Morgan, je veux voir ton visage…

Sans attendre, j’accédais a sa requête et il me plaqua sauvagement contre le mur, saisissant mes lèvres pour un baiser presque brutal. Il semblait avoir ronger sur son frein trop longtemps et avoir de plus en plus de mal à se maîtriser. Ses mains se posèrent sur mes hanches et il commença à me soulever, me collant un peu plus contre le mur. Comprenant la position qu’il voulait prendre, je pris appui sur mon dos, passais mes bras autour de son cou, sans lâcher ses lèvres. Mes pieds quittèrent le sol alors que mes jambes s’enroulaient autour de sa taille. Son sexe était juste contre mes fesses. Éden lâcha mes lèvres pour ancrer son regard dans le mien et sans trop comprendre comment, il se retrouva en moi. Je ressentis une légère douleur face à cette intrusion, mais aussi un soulagement sans nom…

Les yeux d’Éden s’étaient fermés sous le plaisir qu’il était en train de ressentir et un gémissement s’était échappé de ses lèvres. Savait-il à quel point sa voix me fait de l’effet… Malgré la tempête de sensations qui semblait se défouler en lui, Éden cessa tout mouvement et finit par ouvrir les yeux, un petit sourire se dessinant sur ses lèvres. Ses lèvres virent prendre les miennes avec douceur, me laissant le temps de m’habituer à sa présence imposante profondément ancrée en moi. Cependant, ne tenant plus, incapable d’attendre plus longtemps, je commençais a remuer légèrement du bassin, bougeant sur son sexe. Éden lâcha alors mes lèvres…

– Tu me rends fou Morgan…

Un frisson parcouru mon corps à l’entente de mon nom prononcé ainsi par sa voix rauque et gorgée de désir. Un sourire étira ses lèvres et raffermissant sa prise, il commença enfin à se mouvoir en moi d’un premier coup de rein.

– Accroche-toi… Déclara-t-il avant de reprendre mes lèvres.

S’il s’était retenu pour moi jusqu’à maintenant, Éden abandonna toute retenu pour nous décrocha le septième ciel. Ses coups de reins se firent de plus en plus fougueux et rapides, me pénétrant toujours plus profondément. Nous dûmes bientôt cesser nos baisers, tant le plaisir était intense. Nos gémissements se transformèrent en cris, masqués aux autres par la musique. Mais je me moquais éperdument du monde qui nous entourait. J’en oubliais ma timidité entrant dans un monde qui n’appartenait qu’à nous deux. Le corps en sueur, la respiration extatique, le cœur battant, je me perdais dans le plaisir partagé que nous ressentions. J’en profitais comme si c’était la dernière fois, agrippé à Éden qui mordillait la peau de mon cou.

Dans un déhanché plus profond et plus intense que les autres, je fus incapable de tenir plus longtemps et nous nous libérâmes quasiment en même temps, dans un cri de pur plaisir. Éden sembla incapable de me maintenir dans cette position plus longtemps. Il se retira de moi. Mes jambes libérèrent ses hanches. Mais alors que mes pieds touchaient le sol, je fus incapable de tenir debout, trop dévasté par cet orgasme foudroyant. Je fus rattraper par l’étreinte d’Éden qui me gardait tout contre lui. Vidé, mes lèvres allèrent tout de même en quête des siennes pour un baiser qui tentait de nous ramener sur terre. Nous nous embrassâmes ainsi un moment, échangeant des caresses et des tendresses qui faisaient comme à chaque fois vaciller mon cœur. Pourquoi Éden était-il aussi attentionné et doux ? Lorsqu’il lâcha mes lèvres, son front vint se coller au mien.

– On vient juste de le faire et j’ai encore envie de toi… Pourquoi tu me fais cet effet là ?

Éden m’embrassa à nouveau, me transmettant sa frustration. Mon cœur battait extrêmement vite face à ce qu’il venait de me dire. Est-ce que j’étais un tant soit peu particulier pour lui ? L’une de mes mains se perdait dans sa nuque, tandis que la sienne effleura ma joue.

– Viens chez moi… Susurra-t-il tout contre mes lèvres.

– Je ne peux pas… Dis-je en me tendant, le fuyant du regard. J’ai promis à Joshua de rentrer avec lui. Éden s’écarta en soupirant.

Il redevint plus distant, n’appréciant pas vraiment mon rejet.

– Tu loupes une nuit de folie, dit-il en remontant son pantalon avant de s’abaisser pour attraper le mien et me le tendre. Tant pis pour toi.

J’attrapais mes vêtements pour les remettre, incapable de croiser son regard. J’enfilais mon boxer et mon pantalon. J’étais tout aussi frustré que lui, mais je ne pouvais pas faire autrement. Joshua était mon ami, mon frère et il passerait toujours avant tout, même avant Éden…

– Je ne comprends pas, ajouta Éden, tu préfères passer une soirée avec ton frère ?

– Demain je passerais la nuit avec toi, répondis-je dans un petit sourire, en refermant mon pantalon.

Éden répondit à mon sourire avant de déposer un smack sur mes lèvres.

– Peut-être que demain je n’en aurais pas envie.

Il ouvrit la porte et me la tint pour que je puisse sortir. Je passais devant lui en remettant mes cheveux en place. Je maudissais d’avoir à rejoindre Joshua alors que tout mon corps trahissait mon envie de passer la nuit avec lui. Mais Éden m’attrapa alors que je m’éloignais de lui et m’embrassa une dernière fois. C’était un baiser langoureux et intense, un baiser qui me laissa pantelant.

Il s’éloigna de moi avec un petit sourire en coin qui étirait ses lèvres. Il me lança un dernier regard alors qu’il sortait des toilettes, l’air de me dire que je savais où le trouver si je changeais d’avis. Je soupirais alors que la porte se refermait et remettant une dernière fois de l’ordre dans mes vêtements, je sortis à mon tour.

J’eus à peine fait quelques pas, que je croisais Joshua. Au regard qu’il posait sur moi, il avait du voir sortir Éden avant moi. En quelques secondes, Joshua était à côté de moi.

– Je croyais qu’on devait passer cette soirée tous les deux et tu disparais encore avec lui… Râla -t-il en s’approchant de mon oreille pour que je l’entende malgré la musique. – Je te signale que c’est toi qui m’a lâché pour draguer une fille ! Rétorquais-je aussitôt. Et puis je viens de refuser de partir avec lui pour rentrer avec toi. Ajoutais-je, lui faisant volontairement remarquer que je venais de le faire passer avant lui.

– Tu avais intérêt ! Répondis Joshua dans un sourire, semblant se détendre.

Nous retournâmes au bar pour commander un autre boisson et nous ne nous quittâmes plus. Je ne revis pas Éden de la soirée, et ce fut bien plus tard, après avoir dansé et bu d’autres verres, que nous rentrâmes chez moi.

***

Le lendemain matin fut particulièrement difficile. L’alcool que j’avais ingurgité la veille se faisait clairement ressentir. Un violent mal de tête me vrillait les tempes. Mais j’avais du travail à faire et je devais me lever, tandis que Joshua, toujours sans emploi, allait pouvoir profiter de sa grasse matinée.

Après un cachet et un bon café, je me rendis donc à la compagnie et repris tous les morceaux que j’avais composé pour le film afin d’apporter les dernières modifications.

En milieu de matinée, je choisis d’aller faire une pause. J’avais rendez-vous avec le groupe en début d’après-midi, mais ils étaient apparemment venus pour répéter, car je croisais bientôt Baptiste au détour d’un couloir.

Nous ne nous étions pas revu depuis la proposition d’Éden, et je devais avouer que je ne savais pas vraiment comment me comporter avec lui. Pourtant, alors qu’il arrivait à ma hauteur, un sourire franc étira ses lèvres et il me salua :

– Bonjour Morgan. Comment vas-tu aujourd’hui ?

– Je… Je vais bien merci, et toi ? Dis-je, plus que surpris par son attitude étrange.

– Très bien. Dis-moi, est-ce que tu as cinq minutes, je voudrais parler avec toi, dit-il sérieux avant de me montrer une salle vide à sa droite.

– Je… Oui, bien sûr, dis-je avec un petit sourire.

Et c’est ainsi que nous nous retrouvâmes seuls à seuls dans cette pièce. La porte était légèrement entrouverte. Je m’appuyais contre la table qui tonnait au centre de la salle alors que Baptiste se tenait proche de moi, un peu trop proche à mon goût. Il ne parlait pas et me regardait avec un petit sourire que j’avais du mal à interpréter.

– Qu’est-ce que… De quoi tu avais besoin de parler ? finis-je par dire mal à l’aise en brisant le silence.

Ce fut un sourire charmeur qui étira ses lèvres alors qu’il me répondait en se rapprochant un peu plus de moi :

– Depuis que Éden nous a proposé le plan à trois, je ne pense plus qu’à ça… J’aimerais essayer seul avec toi pour voir…

Je m’attendais à tout sauf à un tel revirement de situation. Baptiste qui avait jusqu’alors était hostile avec moi, voulait maintenant me mettre dans son lit. Et c’était bien avec du désir que ses yeux me regardaient. Ahuri, je n’avais aucune réaction, incapable de réaliser ce qui était vraiment en train de se passer.

Baptiste était maintenant à quelques centimètres de moi et sa main passa dans mes cheveux, replaçant une mèche rebelle avant de glisser lentement sur ma joue.

– Tu es beau Morgan… Et je ne le remarque que maintenant…

Et sans préavis, Baptiste s’abaissa et posa ses lèvres sur les miennes. Figé, j’étais incapable d’avoir la moindre réaction, et il profita de ma surprise pour glisser sa langue entre mes lèvres. J’étais littéralement sous le choc, incapable de bouger. J’étais complètement perdu, ne répondant pas à son baiser, mais ne le repoussant pas pour autant. Ce ne fut que lorsque ses mains se posèrent sur mon corps que je redescendis sur terre, retrouvant mes moyens. Je le repoussais aussitôt de mes deux bras.

– Non mais tu n’es pas bien ! M’exclamais-je en reprenant mes esprits. On travaille ensemble ! Ajoutais-je.

Baptiste me regarda vexé, ne supportant apparemment pas ce rejet.

– Ça ne te dérange pas de te faire Éden ! Rétorqua-t-il.

– C’est différent, répondis-je sans réfléchir.

C’était différent. Pour Éden, j’avais fait une entorse à mes règles. Baptiste était beau, mais je ne l’avais jamais regardé autrement que comme quelqu’un avec qui je travaillais. Je ne mélangeais pas les deux. C’était ce que je ressentais pour Éden qui était différent…

– Parce que tu l’aimes, cracha Baptiste.

Je me tendis légèrement, sentant le piège venir. Je n’étais pas prêt à m’avouer vraiment ce que je ressentais pour Éden, et j’étais encore moins prêt à le dire à quelqu’un, surtout à Baptiste. Je ressentais quelque chose de fort pour Éden mais je ne pouvais pas dire que je l’aimais. Si jamais Éden apprenait ce que je ressentais véritablement pour lui, il allait me fuir. Et Baptiste se serait fait un plaisir d’aller lui répéter.

– Parce que tu ne m’attires pas ! Rétorquais-je, refusant de tomber dans ce piège.

Ses yeux me lancèrent des éclairs. Il était furieux et blessé dans son orgueil. Ne voulant pas passer une seconde de plus avec lui, je lui tournais le dos et sortis de la salle sans un mot.

Troublé et choqué par ce que je venais de vivre, je me rendis immédiatement dans ma petite salle. Ma vie était en train de prendre une pente glissante et je commençais à prendre peur…

***

C’était avec appréhension que je m’étais rendu à mon rendez-vous avec le groupe. Et si Baptiste faisait comme si rien ne s’était passé, je sentais que quelque chose clochait avec Éden. Même si notre relation avait toujours était secrète vis à vis du groupe, il n’avait jamais était aussi froid et distant. Il ne m’avait adressé la parole que lorsque c’était vraiment nécessaire et m’avait continuellement ignoré.

Ce fut lorsque tout fut fini et rangé que j’interceptais Éden avant qu’il ne sorte et lui proposais :

– Éden, j’ai eu une idée de mélodie pour une nouvelle chanson et j’aurais aimé te la faire écouter… Tentais-je.

Éden se tourna vers moi surpris. Mais aussitôt, son regard se ferma et se fit plus dur.

– On verra ça plus tard, répondit-il, en voulant sortir.

Mais je me mis devant lui, avant de poser mes mains sur son torse pour le retenir. J’étais assez proche de lui et j’eus la brusque envie d’être dans ses bras au souvenir de la nuit dernière. Éden attrapa mes mains et les poussa assez sèchement. Est-ce qu’il m’en voulait pour hier ? J’avais beau chercher et je ne comprenais pas son brusque changement de comportement. S’était-il lassé de moi ? Il avait trouvé un meilleur coup ?

– Ta mélodie, tu n’as qu’à aller la faire écouter à Baptiste vu que tu t’entends si bien avec lui aussi.

Dans l’incompréhension la plus totale sur ce que je venais d’entendre, je restais figé alors qu’Éden sortait en me laissant seul.

***

Nous avions eu un dernier rendez-vous avec le groupe en fin d’après-midi. Et Éden n’était pas venu, ne donnant aucune raison aux membres du groupe. Ils étaient inquiets, et n’avaient pas été prévenu. Ce fut pourquoi, après que notre séance de travail ait prit fin, j’avais pris la décision folle de me rendre chez lui. Je ne comprenais pas ce qui se passait, ce que j’avais fait, et je voulais en avoir le cœur net. Cette attitude ne pouvait pas être à cause de mon rejet d’hier. Cette réaction aurait été bien trop puéril. Surtout pour aller jusqu’à manquer le travail.

J’arrivais chez lui, en colère, découvrant une assurance que je ne me connaissais pas.

Je sonnais chez lui et Éden ne mit pas longtemps avant de venir m’ouvrir. Étonné de me voir là, il me regarda cependant avec cette même distance.

– Morgan, souffla-t-il. Qu’est-ce que tu fais là ?

– Je peux entrer, répondis-je, n’ayant pas envie d’avoir cette conversation sur le palier.

Éden voulut alors fermer la porte, mais je l’en empêchais.

– S’il te plaît, j’aimerais de parler, dis-je en retenant la porte.

Éden soupira avant d’accepter, mais je sentis que ce n’était pas avec envie. Il ne m’invita pas à aller dans le salon, et nous nous retrouvâmes face à face dans le couloir d’entrée.

– Qu’est ce que tu veux, me demanda-t-il, agacé.

– Je ne comprends pas, m’exclamais-je alors, laissant éclater brusquement ma frustration causée par l’incompréhension. Pourquoi tu as réagi comme ça aujourd’hui ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Si tu as un problème avec moi, que tu me le dises. Si tu as envie de tout arrêter entre nous, dis-le moi directement, mais surtout que ça n’entache surtout pas notre travail.

– Entacher le travail ! S’écria-t-il à son tour. Tu te fous de moi ? Et te faire deux membres du même groupe, tu ne penses pas que ça va « entacher le travail » ?!

– Hein ? Mais de quoi tu parles ? L’interrogeais-je, perdu.

– Je sais que tu vois d’autres gars, mais je ne pensais pas que tu te taperais Baptiste, surtout que c’est un autre membre du groupe, claqua Éden avant de me tourner le dos et de se diriger vers sa cuisine.

Je mis un temps avant de réaliser ce qui était en train de se passer. Je finis par partir à sa suite, ayant peur de comprendre la raison de sa colère contre moi. Il était dans la cuisine, en train de se servir une bière qu’il décapsula et bu à même la bouteille. Croyait-il que j’avais couché avec Baptiste ? Et cette idée l’aurait mis dans un tel état ? C’était pourtant lui qui nous avait proposé un plan à trois….

C’est en rassemblant tout mon courage que j’entrais dans la cuisine, et m’appuyais contre le mur, face à lui.

– Normalement, je ne mélange pas le travail et le sexe, commençais-je plus calme.

– Çe n’est pas ce que tu fais avec nous apparemment.

– J’ai peut être brisé ma règle en couchant avec toi, mais je n’ai et je ne ferais jamais rien avec Baptiste. Je ne sais pas d’où tu as eu cette info…

– Je t’ai vu l’embrasser, répliqua Éden, loin d’être convaincu.

Je me tendis aussitôt. Alors il nous avait vu.

– Oui, répondis-je aussitôt. Baptiste m’a embrassé. Mais si tu étais resté plus longtemps tu aurais vu que je l’ai repoussé. Il… Il m’a prit par surprise et… Je ne coucherais jamais avec Baptiste ! Criais-je presque.

Éden me regarda sans rien répondre. Il semblait encore en colère, mais cette colère ne semblait plus tourner contre moi. Et c’est à ce moment là que je réalisais que Éden venait de me faire une énorme scène de jalousie. Mais, je commençais à le connaître un peu, et il n’allait pas être du genre à accepter cette idée. Je pris soudain peur, peur qu’il ne m’échappe. Je ne voulais pas qu’il réfléchisse plus à la situation et dans une tentative désespérée, je m’approchais de lui et le pris dans mes bras. Éden n’eut pas la moindre réaction et je choisis d’aller au delà de ma timidité. Mes lèvres se posèrent sur son cou, en une caresse aérienne avant que je ne murmure tout près de son oreille :

– Maintenant, c’est l’heure du sexe de réconciliation. Je dois me rattraper d’hier soir et tu ne vas pas le regretter… Ajoutais-je d’une voix sensuelle.

Mais il restait une pointe de timidité dans ma voix. Je n’étais pas habituer à dire ce genre de chose et encore moins à Éden. Je me collais un peu plus contre lui, face à son absence de réaction, laissant mon souffle caresser sa peau.

– A moins tu n’en ais pas envie… Ajoutais-je en repensant à ce qu’il m’avait dit la veille.

Brusquement, Éden s’empara de mes lèvres pour un baiser sauvage. Il me fit reculer jusqu’à me plaquer contre le mur, posant sa bière sur la table au passage.

Mon cœur battait extrêmement vite. Après cette scène qui n’était rien d’autre qu’une scène de jalousie, je réalisais qu’il y avait plus que du sexe entre nous. Éden ressentait quelque chose pour moi, il ne voulait pas me partager. Et même s’il y avait un monde avant qu’il ne se l’avoue lui même, le savoir me comblait et ne faisait que me faire chavirer un peu plus…

***

Comme chaque matin depuis un mois, je me réveillais avec cette même boule au ventre. Notre mariage était dans une semaine seulement et il restait beaucoup de chose à faire malgré le fait que nous voulions faire simplement une petite cérémonie. J’étais beaucoup plus collant avec Jules, parce que j’avais du mal à réaliser que ce jour allait bientôt arriver. Me marier, construire une véritable famille, comme je n’en avais jamais eu.

Cependant, lorsque j’ouvris les yeux, mon futur mari n’était pas à mes côtés. Je soupirais. J’aurais bien eu envie d’un matin câlin. Je choisis de me lever et d’aller le rejoindre. Au vu de l’heure, il devait sûrement être en train de prendre son petit déjeuner dans la cuisine. Après m’être habillé, un petit sourire étira mes lèvres. Nous avions passé une nuit de folie. Il s’était rarement montré aussi doux. Il n’était comme ça que lorsqu’il voulait se faire pardonner de quelque chose. Et je l’avais interpréter comme s’il agissait ainsi pour me calmer vis à vis du mariage.

Ce fut avec un petit sourire que je sortis de la chambre. Mais alors que j’arrivais dans la cuisine, je la trouvais vide, et il n’y avait aucune trace de petit déjeuner. Surpris, j’allais dans le salon. Il n’y avait personne. Mon estomac se comprima, alors que je commençais à prendre peur. Quelque chose clochait. Jules ne partait jamais sans me dire au revoir. Et il ne travaillait pas aujourd’hui. Où était-il ? Je parcourais toutes les pièces, sentant l’angoisse monter, mais il n’y avait aucune trace de Jules. Je tentais de me calmer, de me raisonner. Peut-être était-il simplement aller faire des courses pour le petit déjeuner. Peut être voulait-il me l’amener au lit ? Il l’avait souvent fait au début de notre relation. A cette idée, un sourire étira mes lèvres et je retournais aussitôt dans notre lit, décidant d’attendre.

Je ne devais pas m’affoler ainsi. Je devais lui faire confiance… Je m’installais à nouveau sous les draps, mais alors que j’allais m’allonger, la porte du placard ouverte attira mon attention. Une de ses cravates traînait par terre. Étonné, je me levais pour aller la ranger, mais ce que je vis une fois en face me glaça le sang. Sa cravate était la seule chose qui restait de ses affaires dans le placard.

Est-ce que j’étais toujours en train de dormir ? Je priais pour que tout cela ne soit qu’un cauchemar. Jules ne pouvait pas me faire ça. Partir, sans me prévenir, sans un mot, à une semaine de notre mariage… Machinalement, sous le choc, j’attrapais mon téléphone portable sur ma table de nuit et composais son numéro que je connaissais par cœur. Mes doigts tremblaient, j’étais à deux doigts de craquer. Tout ceci était trop irréel. Ce n’était pas possible.

Jules ne décrocha pas. Je tombais sur sa messagerie. Je fus incapable de laisser le moindre message. Mon téléphone s’échappa de mes doigts, s’écrasant sur le sol. Un sanglot violent me saisit alors que je réalisais ce qui venait de se passer. J’aurais du le comprendre. Ce que nous avions vécu cette nuit, la façon si particulière qu’il avait de me regarder pendant qu’il me possédait, comme s’il s’en voulait. Il avait déjà prévu de partir. Et je n’avais rien vu. Ma poitrine se comprima si douloureusement, que je fus incapable de respirer. Je paniquais. Ma pire crainte se produisait. Une fois de plus, on m’abandonnait, sans un mot, sans une explication…

Je sentais que l’on me secouait et que l’on m’appelait par mon nom. Perdu, j’ouvris mes yeux embués de larmes et croisais le regard inquiet d’Éden.

– Morgan ! Est-ce que ça va ?

Il me fallut quelques secondes pour réaliser où j’étais. Mais la douleur de l’abandon de Jules était toujours aussi vive. J’étais terriblement mal, mal de me souvenir de cela et terriblement gêné qu’Éden me voit dans cet état.

Mais contre toute attente, au lieu de me rejeter, au lieu de me poser des questions, alors que des larmes ruisselaient toujours sur mes joues, Éden m’enlaça et me serra contre lui.

– Je suis là Morgan… Ce n’était qu’un cauchemar.

Toujours aussi perdu, j’enfouissais ma tête dans son cou, acceptant son étreinte et le réconfort qu’il était en train de m’offrir. Il me tint ainsi dans ses bras un long moment, un moment durant lequel il ne me posa aucune question, se contentant de passer sa main le long de mon dos en une douce caresse apaisante. Je me perdais dans cette tendresse, tendresse que je n’avais jamais connue. Pourquoi Éden m’offrait-il autant d’affection ? Comment faisait-il pour être aussi tendre et ne jamais s’attacher à personne ? J’avais tant de questions à lui poser, mais je n’osais le faire.

Ce fut la honte d’être dans un tel état et la chaleur de son étreinte qui finirent par avoir raison de mes larmes et je m’écartais de lui en soufflant un « je suis désolé »…

Alors que je tentais de sécher mes dernières larmes d’un revers de la main, celle d’Éden se posa sur mon visage. Nos regard se croisèrent et doucement ses lèvres rejoignirent les miennes. Ce baiser était complètement différent des autres. C’était un baiser tendre, qui réchauffa mon cœur instantanément. Sa langue caressait la mienne avec douceur cherchant à me réconforter, tandis que sa main chaude était toujours posée sur ma joue. De mon côté, avec la même intensité, je le remerciais silencieusement de ce qu’il était en train de m’offrir. C’est à ce moment là seulement, que je compris que j’étais véritablement en train de tomber, désespérément amoureux de lui.

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