Ne pars pas – Chapitre 4

Chapitre 4 écrit par Mai-Lynn

 

S’il était gêné, ma dernière question acheva de le rendre mal àl’aise. Un sourire moqueur étira mes lèvres. Au vu des CD quitrainaient par terre, il était notre plus grand fan. Pourquoi nenous en avait-il pas parlé ? Pourquoi n’avait-il jamais mentionnéqu’il suivait notre carrière ? Sa façon d’être avec moi, sonregard pétillant quand il nous entendait joué… Tout s’expliquait.Doucement, je m’approchais de lui, laissant mes doigts passersensuellement le long de sa mâchoire.

– Si tu veux, soufflais-je alors qu’il s’évertuait à éviter mon regard, on peut le faire en écoutant l’album, je sais que ça excite mes fans.

J’avais envie de lui. Une envie soudaine et fulgurante. Je découvrais uneautre de ses facettes et cela me grisait autant que cela le gênait.

– Et à ce que je vois, tu es un de mes tous premiers fans…Murmurais-je, laissant mon souffle caresser sa peau.

– J’aime bien votre musique… Lâcha-t-il d’une petite voix.

Jerigolais légèrement et laissais ma main caresser son épaule.L’avoir nu près de moi ne me déplaisait pas, au contraire…Surtout pour ce que j’avais envie de faire à cet instant.

– Il n’y a que des posters de moi, alors tu dois aimer plus que « bien », murmurais-je amusé.

Mes lèvres se posèrent alors sur son épaule et je pu voir Morganfermer le yeux, grisé par ce simple contact. Un frisson le parcouruet je remontais pour les poser dans son cou, laissant ma main seposer sur sa hanche.

– Qu’est-ce que tu préfères dans mon groupe ? Soufflais-je dans son oreille.

– Ta voix… murmura-t-il faiblement.

Mes yeux s’écarquillèrent en entendait cela. Alors c’était ma voixqu’il aimait. La plupart des personnes que je rencontrais n’avaientpas vraiment de préférence, trouvant qu’on formait un tout. MaisMorgan avait été séduit par ma voix. Tout aussi chamboulé des’être fait surprendre ainsi, il s’éloigna et partit dans la sallede bain. Amusé, je le suivis et commençai à chanter l’une de mestoutes premières chansons. Morgan alluma le jet d’eau, comme pourbrouiller le son de ma voix, mais je ne me laissais pas faire. Memoquer de lui, jouer de ses faiblesses était devenu l’un de mespasse-temps favoris. Vivement, sans cesser de chanter, j’ouvrai laporte de la douche et rentrai à l’intérieur pour me coller à lui.Des fines gouttelettes d’eau perlaient sur lui, le rendant encoreplus désirable. Lors qu’il sentit ma peau contre la sienne, il fermales yeux et je continuais de chanter, ravi de voir l’effet que celalui faisait.

Mais bien vite, je fus pris à mon propre piège et mon désir pour luigrimpa en flèche. J’arrêtai alors de chanter avant de rire et deposer mes lèvres sur sa nuques trempées. Du bout des doigts, mesmains se posèrent sur son bas-ventre, me collant un peu plus contrelui pour assouvir une nouvelle fois cette envie partagée… Comme sila nuit que nous avions passée ensemble n’avait pas suffit à nousrassasier…

**

C’est avec un regain d’énergie que je me retrouvais devant le lavabo, uneserviette posée autour de mes hanches. Dans le miroir, je pouvaisvoir le regard de Morgan se poser dans mon dos et je savais trèsbien ce qu’il y voyait. Un cicatrice blanchit par le temps, allant demon épaule jusqu’au bas de mon dos. Un cicatrice vestige de monpassé, que je ne souhaitais en aucun cas rouvrir.

– Est-ce que tu as une brosse à dents à me donner ? Demandais-je, voulant le faire penser à autre chose.

Vivement il ouvrit un placard et y sortit une brosse à dents encore neuve etme la tendit.

– Je peux la laisser ici ? Demandais-je dans un sourire charmeur, pour les prochaines fois…

Mais alors que je pensais qu’il allait être ravi, il écarquilla lesyeux, sous la surprise de ma demande.

– Enfin…Si tu veux bien… Repris-je avec plus d’hésitation.

Un sourire étira alors ses lèvre et il acquiesça vivement. Son regardémeraude pétilla d’une telle intensité qui me fit vibrer. Surementun peu trop car immédiatement, une peur sourde se réveilla en moi,et je ne pu m’empêcher d’ajouter :

– Par contre, je tiens juste à être clair avec toi Morgan, je ne veux rien de sérieux, pas d’attachements, rien… Juste qu’on prenne du bon temps ensemble, de temps en temps. Et si tu trouves un jour quelqu’un qui te plait, tu ne dois pas hésiter.

J’avaisété clair sur ce que je recherchais. Je savais que mes gestespouvaient souvent être mésinterprétés, mais je ne voulais rien deplus. La vie valait la peine d’être vécue, mais elle était aussiune belle garce. Morgan avait l’air d’être quelqu’un qui recherchaitde l’affection et des sentiments. Je pouvais lui offrir la première,mais je ne donnerai jamais la deuxième. A lui, comme à personned’autre. Pourtant, il accepta ce que je lui offrais sans broncher. Unsourire étira mes lèvres, ravi de cette nouvelle et je meretournai, mettant du dentifrice sur ma brosse à dent.

– Eden, qu’est-ce que tu me trouves… Demanda-t-il, après un temps, je veux dire, tu peux avoir n’importe qui et…

Amusé,je me tournais vers lui.

– Est-ce que tu n’aurais pas l’Alzheimer, parce que les deux dernières nuits que nous venons de passer étaient hallucinantes ! M’écriais-je dans un large sourire, enfin, je ne sais pas pour toi, mais moi, je prends un pied démentiel.

– Mieux qu’avec Baptiste ?

Jeme figeais immédiatement, fronçant les sourcils alors que je metournais vers lui.

– Comment tu sais pour moi et Baptiste ? Demandais-je surpris.

Personne ne savait à part Liz, et j’étais persuadé qu’elle ne serait pasallée vendre la mèche à qui que soit. Même Laura, qui étaitpourtant sa meilleure amie, n’était pas au courant. Quand à Kellyet Félix, ils m’auraient tué s’ils l’avaient su. Mais Morgan ne merépondit pas et je compris. Il n’y avait que la jalousie de Baptistequi pouvait nous trahir.

– Je vois qu’il a fait son Baptiste… Lâchais-je en soupirant. Avec toi, c’est moins prise de tête.

Et sans attendre, je commençais à me brosser les dents, maudissant lesréactions de Baptiste. Notre histoire devenait bien trop compliquée.Il connaissait les règles et pourtant, il n’en faisait qu’à satête. Il fallait que je mette les choses au clair, et vite.

– On devrait se dépêcher, sinon on va être en retard, souffla alors Morgan, en sortant de la salle de bain pour aller s’habiller.

**

J’étais rentré chez moi pour me changer puis j’étais retourné au studio.J’avais rendez-vous avec Andrew pour une prise de son. C’est ainsique je me retrouvais derrière la vitre d’un studio du label, àchanter derrière un micro, alors qu’Andrew faisait sa « magie ».C’était un ingénieur du son très en vogue et performant, tellementque c’est aussi lui que nous avions demandé en arrivant ici.

– C’est bon Eden, j’ai ce qu’il me faut ! Lança-t-il en allumant les lumières derrière lui, me permettant de le voir.

Dans un sourire, j’enlevais mon casque et attrapais une bouteille d’eau,que je bu d’une traite. Andrew ne tarda pas à arriver, un souriregêné étirant ses lèvres.

– Je sais que ce n’est pas très professionnel mais… Est-ce que je pourrais avoir un autographe ? Demanda-t-il en me tendant la pochette de mon dernier album.

Je rigolais légèrement avant d’attraper la pochette. Chaque personnequi me demandait un autographe flattait mon ego. Light Shade devenaitde plus en plus connu et bientôt nous ferions le tour du monde.

– C’est pour qui ? Demandais-je en sortant un crayon de ma poche

– Pour ma sœur, Julie, Répondit-il dans un sourire

– Tu devrais l’inviter à venir nous rencontrer un jour.

Andrewme sourit et je commençais à écrire ma dédicace.

– Tu sais qui d’autre est fan de toi ? Souffla-t-il vivement. Morgan.

Je ne pu m’empêcher d’éclater de rire en lui rendant son CD. S’ilsavait ce que je lui faisais en ce moment, il dirait ça avecd’empressement…

– Oui, Dis-je amusé, je viens juste de l’apprendre…

Andrew attrapa sa pochette et la fourra dans sa sacoche. Quelques secondesplus tard, après quelque banalités, je me retrouvais seul dans lestudio. Avisant de l’heure, je pris mon téléphone et composais lenuméro de Liz, mais je tombais sur sa messagerie. Nous devions nousretrouver dans une salle de répétition du studio et j’étais enretard. Mais bien vite je compris qu’elle l’était elle aussi.

Je du attendre quelques minutes avant de la voir arriver, tout sourire,deux sandwich à la main. Elle m’en tendis un après m’avoir embrasséla joue et nous commençâmes à manger, parlant de sa classe. Maisma soeur était toujours intéressée et sa visite n’avait rien deseulement courtois…

– Alors, comment ça va avec ton compositeur ? Me demanda-t-elle après un temps, un sourire en coin étirant ses lèvres.

– Waw, dix minutes avant que tu ne cèdes, chapeau ! M’écriais-je en regardant ma montre.

Lizrigola, avant de reprendre bien vite son sérieux pour que je luiraconte tout.

– Tout va bien avec mon compositeur, on s’entend à merveille, si tu vois ce que je veux dire, répondis-je dans un clin d’oeil.

– N’importe qui verrait ce que voudrais dire Eden… Souffla-t-elle en secouant la tête.

J’attrapais mon soda et en but une gorgée.

– Et en plus il est fan de moi… Repris-je dans un sourire.

– De ton groupe ? Fit Liz surprise.

– Non juste de moi… Ce matin on l’a fait alors que je chantais, tu n’imagines pas l’était dans lequel ça l’a mis.

Liz lâcha un soupire avant de se caler dans le fond de son dossier,rêveuse.

– Et toi tu n’imagines même pas combien je t’envie… Avoir un beau mâle qui me fait tout ce que je veux…Je devrais peut-être rejoindre le groupe finalement…

– Et me voler la vedette ? Et puis quoi encore.

Liz éclata alors de rire et nous partîmes sur une autre discussion. Lizavait elle aussi une très belle voix, mais ne voulait pas faire cemétier. L’enseignement était sa vocation et elle ne voulait rienfaire d’autre.

Elle partit une heure plus tard et je pris ma guitare pour commencer àrépéter. J’avais suivi les conseils de Morgan et avait commencé àécouter différents styles de musique pour enrichir la mienne.Depuis cette nuit, j’avais une idée que je devais couché sur lepapier, immédiatement. Les notes s’enchainait sans même que je n’aibesoin de réfléchir, mes doigts jouant avec les cordes librement.Lorsque l’inspiration me faisait défaut, je m’arrêtais pour écrirema partition et il ne m’en fallait pas plus pour l’améliorer et laretrouver. Bien vite, des idées de paroles s’insinuèrent dans monesprit et ce fut presque qu’inconsciemment que je commençais à me mettre à chanter, m’arrêtant de temps à autre pour écrire cesmots qui allaient s’échapper si je ne le faisais pas.

Mais au beau d’un moment, mon regard fut attiré vers l’entrée de lapièce, alors que je découvrais Morgan accoudé dans l’embrasure dela porte, les yeux fermés, savourant apparemment le moment.J’arrêtais alors ma musique, amusé de voir l’effet que ça luifaisait à chaque fois. Il ouvrit immédiatement les yeux et sesentit gêné, car il voulu faire demi-tour.

– Et si tu m’accompagnais au piano ? Lançais-je pour le retenir en lui montrant le piano près de moi.

Il paru hésitant, puis un sourire illumina son doux visage et il vintprendre place devant l’instrument. Un signe de tête m’avertit qu’ilétait prêt.

– Tu veux reprendre le morceau que tu as interrompu ? Demanda-t-il sérieux.

– D’accord, acquiesçais-je en posant ma guitare près de moi.

Morgan prit alors une grande inspiration et enchaina avec une introductionqui me fit immédiatement vibrer. Les sons qu’il sortait du pianoétaient puissants. Il n’avait pas eu besoin de relire la partitionque j’avais écrite, une simple écoute avait suffit à lui fairecomprendre ce que je voulais. Sans attendre, je commençais àchanter, ancrant mon regard dans le sien.

S’il y avait une chose que Morgan savait faire, c’était mettre en valeurma voix. Il suivait la mélodie que j’avais crée mais de ses doigts,c’était comme si une toute nouvelle musique était créé. Il étaitdoué. Nous étions doué. Aurais-je eu la même alchimie à joueravec Marianne ? Plus le temps passait à jouer avec lui, plus jepensais que c’était impossible. Il y avait quelque chose de puissantentre nous, musicalement parlant. Peut-être étais-je du au faitqu’il connaissait ma voix par coeur. Il me suivait depuis mes toutdébut, si bien qu’il la connaissait même mieux que moi à certainsmoments, jouant avec mes limites pour donner plus de charme à cettechanson, corrigeant mes erreurs, me guidant lorsque je ne savais passur quelle tonalité prendre une nouvelle note.

Lorsquecette nouvelle chanson fut parfaite, nous reprîmes une plusanciennes, juste pour le plaisir de jouer ensemble. Le plaisirressentis à travailler avec lui était transcendant, presquedéstabilisant et lorsque une énième chanson touchait à sa fin, jene pu m’empêcher de déclarer, un sourire triomphant étirant meslèvres :

– Il n’y a pas qu’au pieu qu’on est doué !

Morgan me rendit mon sourit, apparemment lui aussi ravi. J’attrapais alorsma guitare et la lui tendis.

– Si tu n’es pas trop fatigué, j’aimerais bien voir comment tu joues de la guitare, dis-je, dans un sourire charmeur.

– Ça fait longtemps que je n’en ai pas joué, répondit-il hésitant. Mais je veux bien essayer.

Il attrapa ma guitare et je laissais volontairement mes doigts effleurerles siens. Un frisson le secoua et un sourire amusé étira meslèvres.

– Tu saurais jouer un de mes tous premiers morceaux ? Ton préféré par exemple… Soufflais-je, poussant le vice un peu plus loin.

– Laisse-moi juste une minute, lança-t-il reprenant son sérieux et cherchant ses accords.

D’abord hésitant, il finit par me faire un petit sourire et je le laissaiscommencer, me rendant compte de son niveau. Ses doigts se posaientsur les cordes avec délicatesse, sortant des sons magnifiques, toutautant que lorsqu’il le faisait au piano. Je reconnu immédiatementl’une de mes toutes premières chansons et un sourire étira meslèvres en comprenant que c’était celle là sa préférée. Monregard se posa alors sur lui. Ses cheveux châtains presque bruntombaient légèrement sur ses yeux. Ses sourcils s’étaient froncéssous l’effort et la concentration que lui demandait la guitare, maismalgré tout, un sourire étirait ses lèvres. Il était séduisant.Et j’avais une nouvelle fois envie de lui. Comment est-ce qu’ilfaisait ça ? Comment arrivait-il à me séduire ainsi à chaque fois? Son physique… Notre musique… Nos nuits passionnées… Jamaisje n’avais pris autant de plaisir avec quelqu’un, au delà du sexe.Lorsqu’il croisa mon regard, je laissais mes pensées et commençaisà chanter et comme avec le piano, nous nous laissâmes emporter parla musique…

MaisBaptiste su nous faire redescendre sur terre par un raclement degorge. Je tournais alors la tête surpris mais aussi énervé de levoir nous interrompre ainsi.

– Tu aurais pu me dire que tu cherchais à me remplacer ! Lâcha-t-il le regard noir.

Un soupire s’échappa de mes lèvres, ennuyé.

– Ne dis pas de conneries Baptiste… Soufflais-je simplement.

Morganposa ma guitare alors que Baptiste s’approchait de moi, furieux.

– Pourtant ça y ressemble ! S’écria-t-il en me fixant bien droit dans les yeux.

– Crois ce que tu veux, mais laisse nous, dis-je froid, agacé par sa jalousie qui n’avait pas lieu d’être.

– Vous devriez répéter tous les deux, lança alors Morgan en se levant.

Mon regard se posa alors sur lui, surpris de le voir réagir ainsi.

– Je ne voudrais pas être à l’origine d’une dispute dans votre groupe. Fit-il sérieux.

– Tu n’y es pour rien, m’exclamais-je perdu.

– Je pense que vous avez des choses à régler tous les deux et je n’ai pas ma place ici… J’ai du travail à faire alors… Je vous laisse travailler ensemble.

Et sans attendre, sans même croiser mon regard, il sortit de la pièce,me laissant seul avec Baptiste. Un nouveau soupire s’échappa de meslèvres et j’attrapais ma guitare, reposant mes yeux sur mon carnet.

– T’es vraiment con en ce moment Baptiste ! Maugréais-je, les dents serrées.

– Parce que tu te trouves intelligent à te taper le compositeur toi ? Me demanda-t-il, sur le même ton.

– Ça ne dérange personne à part toi, et ça m’étonnerait que ce soit au niveau professionnel que ça t’énerve.

Je pu voir Baptiste se figer et je repris une nouvelle fois macomposition. Baptiste vint s’assoir près de moi, laissant son genoutouché le mien.

– Tu viens de l’écrire ? Me demanda-t-il, d’une petite voix

J’acquiesçaissimplement, étant toujours en colère. Un soupire s’échappa de seslèvres et il posa sa main sur ma cuisse.

– Écoute, j’ai merdé, Dit-il en haussant les épaules.

– Comme tu as merdé quand tu lui as dit pour nous, M’écriais-je le regard noir. Si j’ai commencé à coucher avec toi il y a un an c’est parce que tu m’avais promis que personne ne serait au courant.

– Tu l’as dit à ta soeur…

– Parce que rien ne lui échappe à elle, mais tu n’avais pas à en parler à Morgan ! Il suffit que je m’envoie en l’air avec quelqu’un pour que tu piques ta crise ! A qui d’autre en as-tu parlé ?

– A personne, je te le promets.

Énervé, n’ayant plus le coeur à jouer, je me levais et me calais contre lepiano, fixant Baptiste.

– Je vais continuer à m’envoyer en l’air avec lui, déclarais-je alors, simplement, donc soit tu acceptes et on continue à s’amuser tous les deux, soit on arrête tout maintenant.

– C’est notre compositeur… Souffla Baptiste, d’une petite voix.

– Et toi tu es le guitariste de notre groupe.

Baptiste se leva à son tour et s’approcha de moi. Son petit air de chienbattu le rendait étonnement sexy mais je devais rester de marbre etrafraichir les limites que nous nous étions fixés.

– Je couche avec qui je veux et tu couches avec qui tu veux. Dis-je, sérieux, pas d’attaches, pas de sentiments, juste des amis, rien d’autre. Si tu ne peux plus le faire, autant que tu me le dises tout de suite.

– Juste des amis… Souffla-t-il en m’enlaçant et en posant ses lèvres sur mon cou.

– Et tu lâches Morgan, il ne t’a rien fait et je pense que c’est grâce à lui qu’on va faire un carton avec ce nouvel album.

– Promis.

Les lèvres de Baptiste remontèrent le long de ma mâchoire et unfrisson me parcouru alors que je sentais ses mains passer dans le basde mon dos. Mais vivement je le repoussais, attrapant ma guitare pourla mettre dans son étui, et pour la ranger dans mon casier.J’attrapais ma veste et rangeais mon carnet dedans, m’assurant quemon téléphone était lui aussi dans ma poche. J’allais ensuite prèsde la porte et l’ouvrit, me retournant pour croiser le regarddéboussolé de Baptiste.

– Tu viens ? Demandais-je dans un sourire en coin.

Alors, un magnifique sourire illumina son visage et il acquiesça. Vivement,nous sortîmes du label, et alors que nous arrivions à sa voiture,je le retins, amusé de le voir aussi pressé. Je le plaquaislégèrement contre la voiture et mes lèvres se posèrentimmédiatement sur les siennes. Un baiser sensuel, sauvage… Etterriblement excitant. Lorsque l’air vint à nous manquer, un sourireétira mes lèvres et j’allais sur le côté passager. Baptiste netarda pas à démarrer, nous conduisant chez moi, pour y passer toutela nuit…

**

J’étais allongé dans mon lit, mon regard posé sur la fenêtre regardant leslumières de la ville. Baptiste était sur moi, sa tête contre montorse, jouant avec ma chaine. Ma main caressait son dos du bout desdoigts et je laissais vagabonder mes pensées. J’avais pris mon pied.Une partie de jambe en l’air comme je les aimais avec Baptiste. Maisça n’avait rien à voir avec Morgan. C’était différent. AvecBaptiste, nous étions deux personnes faisant l’amour. Avec Morgan,nous n’étions plus qu’une. Pourquoi n’arrivais-je pas à être aussiproche de Baptiste alors que je le connaissais depuis que j’étais né? Pourquoi tout semblait plus simple avec un parfait étranger ?N’étais-je pas en train de jouer à un jeu dangereux ? Je prenaispeur. Peur de ce qui pourrait arriver si je continuais. Et si je meperdais dans cette histoire ? Et si je redevenais celui que j’étaisavant ? Il ne fallait pas. Il ne fallait pas que je tombe la dedans.Morgan et moi, ce n’était que du sexe. Et ça ne serais que ça.

– Tu penses à quoi ? Demanda tout à coup Baptiste, en relevant la tête.

Ma main se posa sur la joue de mon amant, et un sourire étira meslèvres. Si ce n’était pas aussi bien avec lui, j’allais faire ensorte que ça le devienne.

– A ce que j’allais te faire maintenant…Dis-je, en inversant nos positions d’un habile coup de rein et en l’embrassant fiévreusement.

**

Et je me retrouvais encore une fois à courir dans les rues, maudissantBaptiste de ne pas m’avoir réveillé quand il était partit. Prendredeux amants fixes n’était pas de tout repos, et j’avais d’ores et déjà pris la décision de rentrer seul ce soir. J’avais besoind’une nuit de sommeil, de faire le tour du cadran, et même si ma viesexuelle n’avait jamais été si active, ce que je voulais plus quetout à cette heure-ci c’était mon lit. Sans rien n’y personnededans à part moi.

J’arrivais dans la salle alors que tout le monde était déjà installé. Monregard se posa sur Morgan qui parlait avec Kelly et je soufflais un« Désolé » en entrant dans la salle.

– Eden, tu as… Commença la blonde, moqueuse.

– Oui je sais, j’ai une sale gueule, la coupais-je en m’étirant, et non, je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit.

– Non, ce que j’allais te dire c’est que tu as du dentifrice autour de la bouche… Dit-elle dans un sourire.

Mes yeux s’écarquillèrent et je me retournais vivement, provoquant lerire de toute la salle. Mon regard se posa alors sur mon reflet dansla vitre et je me débarbouillais.

– C’est bon arrêtez de rire comme des baleines ! M’exclamais-je en me retournant et en sortant mon carnet de ma poche, on a du boulot…

– On a déjà commencé nous, on était à l’heure… Répliqua Félix dans un sourire.

– Allez lâchez-le, ça arrive à tout le monde…

Tout le monde se tourna alors vers Baptiste, qui tenait sa guitare entreses mains. Il haussa alors les épaules, surpris de nos réactions.

– Depuis quand est-ce que tu passes l’éponge aussi facilement le matin toi ? Demanda Kelly suspicieuse.

– Je passe pas l’éponge mais c’est Eden… Dit-il en roulant des épaules, le jour où il arrivera à l’heure quelque part de toute façon…

– Je suis toujours à l’heure ! M’écriais-je, vexé.

– Non, non, non, Kelly a raison, on est là depuis huit heure et tu passes ton temps à … être aimable et heureux… C’est louche, souligna Laura, dans un sourire.

– Tu as tiré ton coup hier ? Lança Félix, en se tournant vers lui.

Immédiatement des rougeurs apparurent sur les joues de Baptiste et il reposa sonregard sur ses corde, maugréant un « N’importe quoi »peu convaincant. Un sourire étira alors mes lèvres et je vinsm’assoir sur le piano.

– Quel Don Juan ce Baptiste… Soufflais-je amusé

– Fais attention, il pourrait te voler tes conquêtes, S’exclama Félix dans un clin d’oeil.

– Pour ça il faudrait qu’il sache… Commençais-je en rigolant.

– Bon et si on travaillait ?

Ce fut au tour de Morgan d’être scruté par tout le monde etimmédiatement son visage devint rouge. Il avait du lâché ça sansle vraiment s’en rendre compte car immédiatement il ramassa son tasde feuille, gêné.

– Enfin… Je veux dire qu’on est là pour travailler, donc maintenant que Eden est là… Souffla-t-il, hésitant.

– Il a raison, l’aida Laura dans un sourire, Baptiste nous a dit que tu travaillais sur une nouvelle chanson.

J’acquiesçais et attrapais ma guitare qui était posée sur le piano, avant deposer mon regard sur Morgan.

– Tu veux bien m’accompagner ? Demandais-je dans un sourire.

MaisMorgan ne me le rendit pas et alla directement s’installer derrièreson piano. Il commença l’introduction de ma nouvelle chanson et jedu me caler à son pour retrouver ma mélodie.

– Alors ça donne un truc comme ça… Dis-je, en me concentrant.

Et je fermais les yeux, laissant ma voix me guider. Les paroless’étaient ancrées en moi dès que j’avais réussis à les affineret la mélodie que nous jouions Morgan et moi lui allait àmerveille. Mais bizarrement, je ne ressentais pas la même alchimieque la veille, comme si quelque chose s’était cassé entre nous. Jene pris pas la peine de finir la chanson, déçu de ressentir ça. Auregard des autres membres, je compris qu’ils avaient adorés, mais jeme tournais vers Morgan, les sourcils froncés.

Mais de toute évidence il m’en voulait, pour une raison qui m’échappait.Baptiste lui avait-il dit quelque chose ? J’avais mis les poings surles « i » donc cela m’étonnait…

– Elle est géniale Eden ! S’exclama Laura en se levant, montre moi la partition.

Et elle prit mon cahier avant d’aller s’installer sur son synthétiseur.Morgan vint près d’elle, lui montrant ce qu’elle pourrait faire,leurs instruments se rapprochant. Un soupire s’échappa de meslèvres. Quand il y avait des souci avec un, il y en avait avecl’autre… Las, je me laissais tomber du piano et allait retrouverFélix, Kelly et Baptiste, pour qu’ils me montrent leur manière d’améliorer la chanson.

**

Tout le monde était en train de partir et lorsque Kelly proposa à Morgande venir manger avec eux et qu’il refusa, je saisis ma perche.

– Allez-y, je vous rejoins, j’ai envie de travailler encore un peu dessus. Dis-je, dans un sourire.

Tout le monde acquiesça et quittèrent la pièce. Presque immédiatement,je vins partager le petit banc de Morgan devant son piano, un sourirecharmeur collé aux lèvres. Mais il se releva aussitôt, rangeantses affaires.

– Alors ce n’était pas qu’une impression, tu me fais la gueule, Soufflais-je légèrement énervé.

– Pas du tout, mais je dois aller retrouver quelqu’un, Dit-il en fourrant ses notes dans son sac.

– C’est bon Morgan, tu as 27 ans !

Il se figea à la seconde, me regardant furieusement.

– Tu devrais retrouver Baptiste, il va s’inquiéter. Lâcha-t-il, les dents serrés.

Immédiatement mes sourcils se froncèrent… Apparemment, Baptiste n’était pas leseul à être jaloux.

– Il me semble que tu étais au courant pour Baptiste… Répondis-je calmement.

– Oui, je l’étais, et maintenant que j’ai eu le temps de réfléchir, je ne peux pas coucher avec toi quand ça te chante, on travaille ensemble, c’est n’importe quoi ! S’écria-t-il tellement vite que cela semblait répété d’avance.

– Ok.

Je me levais alors, ne voulant pas faire éclater ma rage. Oui, j’étaisfurieux. Nous avions déjà eu cette discussion. Et voilà qu’ilrevenait dessus.

– Ok ? Fit-il, surpris.

– Qu’est-ce que tu veux que je te dise de plus ? Répondis-je, en haussant les épaules, une partie de jambe en l’air de temps en temps ça ne te dit rien ? Et bien tant pis pour toi.

Mais je mentais. Je ne voulais pas qu’il me repousse. Cependant, l’avouerhaut et fort était tout autre chose…

**

J’étais assis sur une table de la cafétéria, buvant mon café fumant. Monregard était fixé sur Morgan, assis à quelques mètres de moi,avec un autre homme. Il était grand, les cheveux noirs de jais,assez courts et bouclés. Ses yeux noisettes allaient parfaitementavec la couleur caramel de sa peau. Il était vêtu d’un jean bleudélavé, légèrement déchiré de parts et d’autres, surmonté d’untee-shirt rouge diesel.

– Eden ! Va falloir que tu arrêtes de m’envoyer des messages pour venir te voir, je suis pas ton petit chien ! S’écria Liz en s’installant près de moi.

– Pourtant ça marche, tu es là… Répliquais-je dans un sourire.

Un soupire s’échappa de ses lèvres et elle alla se chercher à manger,avant de revenir s’installer près de moi.

– Qu’est-ce que tu regards comme ça ? Demanda-t-elle surprise.

– Morgan…Dis-je en me redressant. Il veut plus qu’on se voit, et je crois que j’ai trouvé la raison…

Liz tourna la tête en direction des deux hommes qui mangeaient ensemble.

– Waw, en tout cas celui qui te remplace est super canon ! S’écria-t-elle les yeux écarquillés

– Arrête, il l’est pas tant que ça… Maugréais-je, les dents serrées.

– T’es beau Eden… Mais lui c’est une gravure de mode !

– Bon ça va !

Liz rigola légèrement et commença à manger. Je ne pouvais détachermes yeux d’eux, trouvant dommage que Morgan ait si vite changéd’avis… Pour ce mettre avec quelqu’un d’autre. C’était bien. Mêmeplus que bien. Les nuits que nous avions passées… Me donnaientencore des frissons.

– Tu es jaloux ? Demanda tout à coup Liz, la bouche pleine.

– N’importe quoi ! Répliquais-je vexé. Il peut très bien se faire qui il veut !

– Ok… Mais tu réagis exactement comme Baptiste avec toi…

Je la fusillais du regard et elle haussa les épaules, continuant àmanger sa salade. Les deux hommes en face de moi se levèrent etdébarrassèrent leur table. Le regard de Morgan se posa alorsfurtivement sur moi et un sourire étira mes lèvres. Lorsqu’ilcomprit, ses joues prirent immédiatement une teinte rosée et ilpartit à toute allure de la cafétéria.

– Tu viens à la soirée de demain soir ? Demandais-je pour changer de sujet.

– J’attends que mon frère adoré me donne un laisser passer, dit-elle dans un sourire.

– Je dirais à un coursier de t’en apporter un.

**

Je marchais dans les couloirs, voulant rejoindre Kelly et Félix quirépétaient dans une salle plus loin, lorsque mon regard croisa lesémeraudes de Morgan à l’autre bout. Immédiatement un sourire étirames lèvres et les joues de Morgan se colorèrent. Je ne pouvais pasle laisser m’échapper. Pas maintenant. Pas après deux nuits.Vivement, alors qu’il marchait de plus en plus vite pour me dépasser,j’attrapais son bras et ouvrait la première porte qui venait. Sansménagement, je le poussais à l’intérieur, nous retrouvant dans unplacard à balais. Je refermais alors la porte, nous plongeant dansl’obscurité et le plaquait contre le mur.

– Arrête… Souffla-t-il surpris.

Mais je ne l’écoutais pas. Lentement, mes lèvres se posèrent sur samâchoire, déposant des baisers papillons qui lui donnèrent desfrissons. Sa main sur mon torse serra mon tee-shirt alors que jedescendais le long de son cou. Tout aussi tendrement, je laissaisglisser mes mains sous sa chemise, touchant sa peau brulante d’envie.

– Ce n’est pas bien… Murmura-t-il, les yeux fermés.

– Je te promets que ton copain n’en saura rien, dis-je, déboutonnant lentement sa chemise.

Les yeux de Morgan s’ouvrirent sous la surprise, mais je ne lui laissaispas le temps de me répondre, happant ses lèvres avec avidité. Leurdouceur était un vrai délice, me donnant à chaque fois envie de nejamais les lâcher. Pourtant, bien vite, l’air vint à nous manquer,et je m’écartais légèrement pour croiser son regard gorgé dedésir. Un sourire amusé étira mes lèvres et mes mains passèrentsur la boucle de sa ceinture que j’enlevais. Vivement, je tombais à genoux devant lui et constatais avec bonheur qu’il était dans lemême état que moi. Sa tête se cala contre le mur et il ferma lesyeux. Il ne voulait pas participer ? Et bien j’allais le forcer à lefaire. Du bout des doigts, je passais mes mains sous chemise, passantson l’élastique de son boxer. Rapidement j’abaissais sonsous-vêtements et son pantalon jusqu’à ses genoux. Mes lèvres seposèrent sur ses cuisses, les embrassant délicatement. Ma mainremonta, caressant sensuellement ses fesses avant de passer sur saraie, lui faisant comprendre de ce qui allait se passer.

Un gémissement s’échappa de ses lèvres et je le sentis frissonner. Ilavait beau essayer de me résister, il n’y arriverait jamais. Sentantque je ne tiendrais pas bien longtemps, je le pris directement enbouche, ce qui le fit se cambrer. L’une de ses mains alla se mettresur sa bouche alors que l’autre vint se poser sur ma tête,m’intimant d’une pression qu’il voulait plus. Alors, je commençaisdes vas-et-viens langoureux. Dans ma bouche, je sentais son sexeprendre de plus en plus de place, si bien que je lâchais quelquessecondes son membre. Un gémissement de protestation sortit de lagorge de Morgan mais il se calma aussitôt lorsqu’il croisa monregard. Je mis deux doigts dans ma bouche, puis dans un sourire, jele repris en bouche, reprenant mes succions effrénées. Et sansattendre, je le pénétrais. Un grimace étira ses lèvres mais il ne semblait pas avoir plus de mal que ça. La préparation fut rapide etlorsque Morgan se déversa dans ma bouche dans un gémissement qu’ilne pu retenir, je remontais vers lui pour attraper ses lèvres avecfougue. Ses mains se posèrent directement sur mon jean qu’ildéboutonna, touchant mon sexe dressé de désir. Je du lâcher seslèvres pour gémir alors qu’il commençait à me masturber avec unevigueur déconcertante.

– Tournes-toi… Soufflais-je, tentant de ne pas perdre pied

Morganme fit alors son premier vrai sourire et posa une nouvelle fois seslèvres sur les miennes, furtivement. Doucement, il se retourna,posant ses mains sur le mur, se cambrant légèrement dans uneposition des plus séduisantes. Mes mains vinrent alors caresser sesfesses et le plus tendrement possible, j’entrais en lui, collant monfront contre son dos. Un gémissement de douleur s’échappa deslèvres de Morgan, si bien que je pris tout mon temps, voulant qu’il s’habitue à moi. Mes mains sur ses fesses continuaient leurscaresses, voulant le détendre au maximum. Ce fut après quelquesecondes, alors que je le sentais parfaitement détendu, que jecommençais mes déhanchés. D’abord doux, nous passâmes très viteau cran supérieur, poussé par une rage et un désir violent. Sonrejet de ce matin l’avait autant contrarié que moi et nous étions àprésent comme en manque.

Ma respiration se faisait de plus en plus saccadée alors que mes coupsde reins étaient de plus en en plus forts. Morgan avait du mal à seretenir de gémir et un sourire de satisfaction étira mes lèvres àle voir dans cet état. Notre ébat était puissant, dévastateur. Jesentais mes jambes fléchirent alors que l’orgasme puissant que nouspartagions se déversaient en nous et ce fut dans un gémissementrauque que j’éjaculais en lui, Morgan ne pouvant se contenir pluslongtemps non plus.

Le souffle coupé, je me retirais pour me coller à nouveau à lui.Morgan était toujours dans la même position, face contre le mur,dans le même état. Je ne pu m’empêcher de rire, en nous voyant,encore habillé. Ça avait été une pulsion… Un désir des plusexcitant. Mais alors que je me décalais sur le mur près de lui, monregard croisa le sien et je ne pu m’empêcher de penser à l’hommequi l’accompagnait ce midi.

– Tu aurais pu me dire que tu avec un copain… Dis-je, en posant ma main sur sa joue.

Les yeux de Morgan s’écarquillèrent de surprise et il voulu me répondremais je l’en empêchais, emprisonnant ses lèvres dans un doux baiserqui le laissais pantelant.

– Ça fait longtemps que tu es avec lui ? Demandais-je, dans un sourire.

– Je… Non…Souffla-t-il, perturbé, non, c’est récent…

– Je sais que je t’ai dis que si tu trouvais quelqu’un qui te plaisait, je te laisserais tranquille, dis-je sérieux… Mais je ne pensais pas que ça serait après deux nuits… Deux nuits démentielles…

Des rougeurs apparurent sur les joues de Morgan et il me fit un souriregêné. Doucement, je me rhabillais, refermant mon pantalon.

– C’est à toi de voir, Morgan, soufflais-je après un dernier regard, soit tu te lances dans cette histoire avec lui, et tu t’emprisonnes dans une vie de couple monotone, soit je t’offre la plus fulgurante et extraordinaire des relations que tu n’ai jamais connu.

Et sans attendre, je sortis du placard, le laissant réfléchir à maproposition.

**

Après cet instant sauvage, j’étais rentré chez moi, vidé de toute mesforces et il ne m’avait pas fallu longtemps pour m’endormir. Çaavait été une nuit paisible, sans rêve ni cauchemar d’aucunesorte, une nuit reposante qui me remettait d’aplomb.

Il était onze heures lorsqu’on tambourina à ma porte alors que j’étaistoujours dans mon lit. Dans un soupire, je me levais. Mais à peineétais-je sorti de ma chambre que j’entendis la porte d’entrées’ouvrir, dévoilant Liz, un sourire enjoué collé aux lèvres etles bras chargées d’affaires.

– Tu pourrais pas attendre que j’arrive, c’est censé être une clé de secours ! Râlais-je en faisant demi tour.

– Oui bah ça pèse une tonne ! Dit-elle pour se défendre, me suivant dans la cuisine.

Elle posa alors toutes ses affaires sur la table, ainsi qu’un paquet deviennoiserie. Immédiatement je jetais dessus et elle partit nousservir deux jus de fruit.

– Comment ça se fait qu’il n’y a pas un beau mâle dans ton lit ? Me demanda-t-elle en s’asseyant près de moi.

– C’était mon jour de congé. Répondis-je en haussant les épaules.

– Et ce soir, ça va être qui, Morgan ou Baptiste ?

– Aucune idée !

Nous bavardâmes quelques minutes puis elle me montra toutes ses tenuespour ce soir. Le label organisait une soirée de bienfaisance etcertains groupes que le label produisait passerait en concert. Nousavions choisi de faire quelques chansons du dernier album, nesouhaitant pas dévoiler trop tôt nos nouvelles chansons.

– Tu viendras avec moi demain ? Demanda-t-elle, d’une petite voix.

– Ou ça ? Fis-je, surpris par le ton qu’elle employait.

– C’est l’anniversaire de Norah… Son mari organise un repas avec toute la famille… Au grand complet…

– Et comme par hasard, je n’ai pas été invité.

Cette dernière phrase avait été lancée méchamment, et je me levaistentant de me calmer. J’en avais marre de cette situation.

– Attends, il doit y avoir un problème, je… Dit-elle en fronçant les sourcils.

– Non, il n’y a pas de problème, pourquoi est-ce qu’on inviterait le raté homo de la famille ? Demandais-je hargneux.

– Tu sais bien que si maman et papa était au courant, ils lui auraient dit quelque chose… Elle n’aurait pas fait ça volontairement.

– Je m’en fiche, je n’y aurais pas été de toute façon.

Mais je mentais. Et Liz l’avait très bien compris car elle ne réponditrien. Dans un soupire, je me levais et allait prendre une douche puism’habiller. Quelques minutes plus tard, alors que Liz avait optépour une robe coutre rouge surmontée d’une veste en cuir noire, nouspartîmes de l’appartement, pour aller répéter avant le concert dece soir…

**

J’étais là, debout devant eux, en sueur, ma guitare à la main. Derrièremoi, se trouvait les autres membres du groupe surement dans le mêmeétat que moi. Je planais. Un sourire étira mes lèvres, etdoucement, j’entamais les premières notes de la dernière chanson decette soirée. Le public était déchainé. Même si c’était unesoirée de bienfaisance, beaucoup de fan avaient réussis à rentreret se déhanchaient au rythme de nos musiques. Mon regard se posaalors sur Morgan qui me regardait, un verre à la main. Il étaitvêtu d’un smoking, le rendant terriblement séduisant. Ce soir, ilrentrerait avec moi… Et je me ferais un plaisir de le lui arracher.Il dû comprendre mes pensées car immédiatement ses joues se mirentà rougir, mais il n’enleva pas son regard du mien, au contraire.

J’entendis Baptiste et Félix se mettre à jouer, lentement, et je fermais lesyeux, savourant la sensation que me procurait la musique. Laura posases doigts sur les touches de synthétiseur un frisson me parcouru.Notre musique était lente, douce, comme une berceuse. Doucement, je commençais à chanter, souriant alors que j’entendais déjà lesgens devant nous reprendre les paroles. Au premier coup de batterie,il y eu un silence… Un moment paisible ou plus personne ne jouait.Puis, brusquement, Kelly redonna un nouveau coup et la musiques’accéléra, faisant crier la foule en délire…

**

Je descendais de la scène, fatigué, mais sur un petit nuage alors quenos fans se jetaient sur nous pour nous voler des photos ou nousdemander des autographes. Nous nous prêtions volontiers au jeu,jusqu’à ce qu’un nouveau groupe apparaisse sur scène, captant leursattentions. Un rire s’échappa de ma gorge et j’attrapais Baptistepar le cou, l’amenant vers le bar pour prendre une bière fraichebien méritée.

– On était extraordinaire… Soufflais-je rêveur.

– Plus que ça… Eden, on va vraiment réussir, Dit-il dans un sourire.

J’éclatais de rire et bu une gorgée. C’est à ce moment là que Liz vint prèsde nous, nous félicitant pour notre performance. Baptiste lacomplimenta sur sa tenue et nous discutâmes joyeusement. Jusqu’à ceque Liz se fige, un sourire aux lèvres.

– Si c’est vraiment le copain de Morgan, alors il a du souci à se faire… Dit-elle, en nous montrant son ami en train d’embrasser une choriste d’un groupe précédent.

Mon regard se posa alors sur Morgan qui comprit à la seconde ce que jevenais de voir. Immédiatement, il devint rouge de gène et tourna latête, faisant mine d’écouter le groupe. Un léger rire s’échappade mes lèvres et j’attrapais ma bière, laissant mes deux amis. MaisBaptiste attrapa ma main, surpris.

– Attends, dit-il dans un sourire charmeur, je… Je peux venir chez toi ce soir ?

– J’ai autre chose de prévu… Mais regarde autour de toi, le monde est tes pieds ! Soufflais-je dans un clin d’œil.

Et sans attendre, je me retournais pour slalomer entre les gens. Je misquelques minutes à le retrouver, au milieu de la foule, et je vinsme mettre derrière lui. Ma main se posa sur le bas de son dos alorsque je laissais mes lèvres approcher de son oreille, le son de cegroupe étant fort.

– Alors… Je t’ai manqué ? Demandais-je d’une voix sensuelle.

Un frisson le parcouru et il tourna la tête vers moi. Nos visagesétaient à présent à quelques centimètres et je mourrais d’enviede l’embrasser. Mais pas maintenant. Pas devant tout ses gens.

– Tu as aimé le concert ? Fi-je dans un sourire.

– Vous étiez fantastique… Répondit-il les yeux brillants.

– Oui, c’était génial… J’ai hâte de voir lorsque ce sera sur une vrai scène, devant un public qui a fait des heures de queue pour nous voir…

Morgan me fit un sourire franc. Un sourire que je trouvais vraimentmagnifique.

– Tu es très beau ce soir, dis-je dans un sourire charmeur…

– Merci… Répondit-il gêné.

– Tellement que j’avais du mal à détacher mon regard de toi quand j’étais sur scène.

Il ne pu s’empêcher de jeter un regard furtif sur son ami, qui étaittoujours en train d’embrasser la choriste.

– Et toi… Soufflais-je, tout contre son oreille, tu n’as pas arrêté de me regarder chanter…

– Je regardais le groupe, dit-il d’une petite voix.

– Oh non… Tu ne regardais que moi…. Alors, tu as pris ta décision ?

Morgan tourna vivement la tête vers moi, ancrant son regard verts tachésde noisette. Il me regarda si intensément que je compris qu’il avaitdécidé, lui aussi, de rentrer avec moi.

– Tu veux un verre ? Demandais-je en remontant légèrement ma main dans son dos.

Il acquiesça et je fis demi tour, allant au bar. Là, je commandaisdeux cocktails et me retournais pour voir que Morgan discutaitvivement avec son ami.

– Eden, tu as mis le feu tout à l’heure !

Jetournais la tête pour découvrir Gregory, un vieil amant.

– Greg ! M’exclamais-je dans un sourire, ça fait longtemps !

Nous discutâmes du bon vieux temps tandis que je surveillais du coin del’oeil Morgan et son ami. Gregory et moi avions entretenu le mêmegenre de relation que celles que j’entretenais avec Morgan etBaptiste mais au bout d’un moment, il avait rencontré quelqu’un etnous en avions terminé.

– Et comment ça va avec ton petit ami ? Demandais-je en attrapant mes deux verres.

– C’est finit depuis un moment tu sais…. Maintenant j’ai quelqu’un d’autre en vu, dit-il en dans un sourire.

Sonregard se posa alors sur Morgan et je sentis mon estomac se serré.Non…

– Je t’ai vu discuter avec lui… Tu me le présentes ? Demanda-t-il dans un sourire en coin.

Le présenter ? Pour qu’il me le vole ? Non. Je ne le voulais que pourmoi. Il pouvait avoir qui il voulait dans cette salle mais pasMorgan. Morgan était à moi. Je n’en avais pas eu assez, j’envoulais encore et encore. C’était égoïste mais je m’en fichaisroyalement.

– Il est déjà prit. Dis-je les dents serrés avant d’aller le rejoindre.

Un sourire étira mes lèvres alors que son ami m’apercevait et partaitdans une direction opposée et je vins me mettre à côté de lui, enlui tendant son verre. Je n’étais pas jaloux. Je ne le seraisjamais. Mais tant qu’il serait avec moi, je ne laisserais personnel’approcher…

**

Mes lèvres ne cessaient de l’embrasser, mordant sa lèvre inférieurlorsque le plaisir d’être en lui était trop fort. Mes coups de reinétaient de plus en plus violents et je sentais les jambes de Morganautour de mes hanches me serrer de plus en plus. Doucement, l’une demes mains remonta et vint s’entortiller dans sa chevelure alors queje ne pouvais plus tenir son baiser, plongeant ma tête dans son cou.Ses gémissements ravissaient mes oreilles depuis bien longtemps, medonnant envie de les transformer en cris. Mes déhanchés se firentalors plus brusque, me retirant pour le pénétrer plusieurs foisplus intensément et un sourire étira mes lèvres alors quej’atteignais mon but, et qu’un cri s’échappa de sa gorge.

Mais nous arrivâmes bien vite au point de non retour et alors que lestraits de Morgan étaient déformés par un orgasme foudroyant,j’éjaculais en lui, savourant le mien.

Larespiration saccadée, je me retirais, me plaçant près de lui surle dos. Ma jambe vint s’entremêler aux sienne tandis que je meremettais sur le côté, plongeant ma tête dans son cou. Ma mainvint alors caresser son torse sensuellement.

– Et dire que tu voulais nous priver de ça… Soufflais-je amusé.

Son rire franc fut une douce caresse à mes oreilles et je relevais latête pour happer ses lèvres dans un baiser tendre. Lorsque l’airvint à nous manquer, mes lèvres déposèrent des baisers papillons sur sa mâchoire avant de revenir dans son cou.

– Pourquoi est-ce que tu m’as dit que tu avais un copain alors que non ? Demandais-je en embrassant son torse.

– Je ne t’ai rien dit, c’est toi qui a pensé ça ! Répliqua-t-il en passant sa main dans mes cheveux.

– Alors c’est qui ?

– Mon frère…

– Vous ne vous ressemblez pas…

Il rigola légèrement alors que je continuais mes baisers, descendantde plus en plus.

– C’est sur que je ne suis pas son portrait craché comme Liz est le tien… Répliqua-t-il en posant sa main sur mon épaule, dans une douce caresse.

– Je suis pas seulement le portrait craché de Liz, je suis aussi celui de mon autre soeur, de mes frère et de ma mère… Et on a tous les yeux de mon père.

– Quoi ?

Morgan se redressa, coupant court aux tendresses que je lui donnais.

– Je ne savais pas que tu avais autant de frères et sœurs, dit-il surpris.

– On est cinq, répondis-je en acquiesçant.

– Je te crois pas…

– Ok, attends.

Vivement je me redressais, sortant du lit pour aller chercher une photo defamille qui se trouvait sur ma commode. Je pris la dernière en dateet revint me mettre sous les couvertures, lui montrant tour à tourles personnes.

– Là c’est mon père et ma mère, Dis-je dans un sourire, ici c’est Liz et moi, elle a un an de plus que moi. Norah à 27 ans, Jayson a 32 ans et Riley a 35 ans.

Ses yeux s’écarquillèrent et il prit le cadre dans ses mains, lerapprochant de son visage.

– Mais… Tu ne le mentionnes jamais dans tes interviews… Dit-il surpris.

– Mon père ne voit pas vraiment ma carrière comme une vrai carrière et mes frères suivent un peu son avis… Et avec Norah… C’est compliqué, nous ne sommes plus vraiment proches depuis le lycée… Il n’y a que Liz que je vois tout le temps.

– Donc tu es le petit dernier… Dit-il dans un sourire, Pourquoi est-ce que ton père n’aime pas ton métier ?

Jem’allongeais dans le lit, calant mes bras derrière ma tête,cherchant quelques secondes mes mots.

– Parce qu’il a raison sur un point, c’est un métier bancal… A tout moment je peux retomber dans l’anonymat… Riley est médecin, Jay est kiné, Norah possède une boutique de fringues et Liz est enseignante. Ce sont des métiers sûrs…

– Ton frère peut commettre une erreur et mettre fin à sa carrière, Jay aussi, Norah peut un jour déposer le bilan, et Liz peut-être virée… Il n’y a pas de métiers sûrs Eden…

Un sourire étira mes lèvres, touché par ses paroles et Morgan vints’allonger près de moi, posant sa tête sur mon torse. Ma main vintcaresser son dos, tendrement.

– Et toi ? Tu es proche de ton frère ? Demandais-je tout à coup.

– C’est mon meilleur ami, répondit-il doucement.

– Et tes parents ?

A cette question, je le sentis se crisper.

– On… On a plus de contact avec… Dit-il d’une petite voix.

– Sérieux ? Fis-je, étonné.

Même si nous étions en froids, il était hors de question que jem’éloigne d’eux. Ma mère tenait à ce qu’on reste soudés, qu’onsoit une famille aimante et elle y arrivait. Tellement que j’enoubliais que toutes les familles ne fonctionnaient pas ainsi.Vivement j’inversais nos positions, posant mes coudes de chaque côtésde son visage, las de parler de nos familles.

– Prêts pour un autre round ? Demandais-je dans un sourire charmeur.

Pour toute réponse, il se redressa, posant ses lèvres sur les miennes.Ses mains se posèrent sur mon dos, le caressant du bout desdoigts…

**

Il était quatorze heures et Morgan était toujours chez moi. Je luiavais proposé de rester, n’ayant rien d’autre à faire ici. Le matinmême, j’avais envoyé un sms à Norah pour lui souhaiter sonanniversaire mais elle n’avait même pas prit la peine de merépondre.

Morgan et moi étions installés à même le sol de mon appartement,mangeant du chinois que j’avais commandé, tandis que nous regardionsma collection de CD, parlant de musique. J’avais l’impression quetout était facile avec Morgan. Il avait comprit qu’il n’était riend’autre qu’un plan cul, et ne me demandait rien d’autre. Pas degestes de tendres, pas de baisers volés, il devenait mon ami etj’appréciais cela, autant que je le désirais.

Mon téléphone se mit à sonner, coupant court à notre discussion et jeme levais en voyant le numéro de Liz s’afficher, sachant d’avance cequ’elle allait me dire.

– Non ma sœur adorée, je ne viendrais pas ! Dis-je en me dirigeant dans la cuisine.

– Oh allez Eden, il y a tout le monde qui est là ! Souffla-t-elle d’une petite voix.

– Ouais bah elle n’avait qu’à m’inviter avant.

– Papa lui a fait la remarque tu sais…

J’ouvrisle frigo pour en sortir une bière. Mon regard se posa sur Morgan quime regardait et je tendais ma bière pour savoir si il en voulaitune. Il acquiesça et j’en pris une deuxième, avant de revenir au salon, Liz toujours en train de parler au téléphone.

– Je suis occupé de toute façon, Dis-je voulant couper court à la discussion.

– T’es chiant Eden ! S’écria-t-elle vivement.

– Je sais, mais tu m’aimes quand même ! Amuse toi bien chez Norah !

Et sans attendre, je raccrochais envoyant mon portable sur le canapé.J’étais déçu. Ma fierté m’empêchait d’y aller mais j’aurais aiméque ce soit Norah qui m’appelle pour s’excuser et non Liz. Morgan du sentir mon trouble car il se releva, posant sa main sur ma joue.

– Ça va ? Me demanda-t-il soucieux.

Un sourire charmeur étira mes lèvres et je posais ma main sur sontorse dénudé.

– Fais-moi penser à autre chose…

Morganme rendit alors mon sourire et doucement, ses lèvres se posèrentsur les miennes dans une caresse tellement douce qu’elle me fitchavirer…

**

Un jour plus tard, je me retrouvais dans la salle avec tous les autresmembres du groupe à travailler sur ma chanson. Morgan nous aidaitchacun notre tour, jouant du piano pour nous donner certains repères.Il avait réussit à gagner la confiance de tout le monde, même siBaptiste restait légèrement distant avec lui.

– Bon, moi je crève la dalle ! S’exclama Félix, en posant sa basse.

– Moi aussi ! Fit Laura en se levant, on va à la cafétéria ?

Kelly et Félix se levèrent, acquiesçant, et me regardèrent.

– Moi je reste ici, j’ai envie de jour un peu de la guitare. Dis-je en haussant les épaules.

– Je reste avec Eden, répondit Baptiste sa guitare entre ses mains.

– Morgan, tu viens avec nous ? Demanda Kelly en le regardant.

– C’est gentil, mais j’ai rendez-vous avec le directeur dans quelques minutes…

Elle lui fit un sourire et mes trois amis sortirent de la salle. Unsilence pesant s’installa alors entre nous. Morgan se mit à prendredes notes mal à l’aise et Baptiste refit ses accords. Un soupires’échappa de mes lèvres alors qu’il ne parvenait pas à aller audessus de notre situation.

– Vous savez, j’ai un très bon truc pour vous détendre une bonne fois pour toute… Dis-je dans un sourire.

Morgan et Baptiste relevèrent la tête vers moi, l’air perplexe, attendantque je continue.

– Enfin, moi ça me dirait bien… Et je suis sûr qu’on s’amuserait très bien tous les trois, si on le faisait… M’exclamais-je alors que mon sourire s’élargissait.

Soudainement, les regards de Morgan et Baptiste s’agrandirent, comprenant monallusion à une partie à trois et ils se tournèrent l’un versl’autre. L’espace d’un instant, je cru que ça allait marché, qu’ilsallaient me dire oui et que j’allais finir la journée en beauté,mais brusquement leurs visages se fermèrent et Morgan se levaramassant ses papiers. Baptiste se leva, apparemment furieux.

– Quoi, qu’est-ce que j’ai dit ? Demandais-je, ne comprenant pas leurs réactions.

– T’es vraiment con ! Grogna Baptiste en sortant de la salle, bientôt suivit par Morgan qui se chargea de claquer la porte.

Ils me plantèrent alors là. Mon magnifique fantasme s’envolant enfumée. Un soupire s’échappa de mes lèvres et j’attrapais maguitare pour me changer les idées. Mais je ne pu continuer bien longtemps, alors que j’entendis la porte s’ouvrir. Immédiatement, je relevais la tête, un sourire aux lèvres dans l’espoir de voirapparaître l’un de mes deux amants, mais à la place je me figeais,rencontrant le regard bleu azur de Norah. Un regard qui me fit froid dans le dos et ne présageait rien de bon…

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