Ne pars pas – Chapitre 10

Chapitre 10 écrit par Mai-Lynn

La journée du lendemain se déroula exactement de la même ambiance que pendant le repas. Ma famille intégrait parfaitement Morgan et Joshua comme s’il faisait partit des nôtres, et j’étais heureux de leur offrir ce moment. Le matin,nous avions échangés nos cadeaux. Même si Morgan n’avait rien apporté, Joshua s’était chargé d’offrir des présents à toute ma famille et lorsque ma mère s’était excusé de ne rien avoir à donner à Morgan, je m’étais empressé de lui souffler que je me chargerais de ça quand nous serons de retour chez nous.

Nous étions maintenant installés dans le salon discutant des cadeaux, lorsque Théo déboula dans la pièce,sa nouvelle guitare entre les mains.

– Tonton ! Tu m’as promis !! Tu m’apprends à jouer ? Dit-il dans un sourire à tomber par terre

Un sourire étira mes lèvres et sans attendre, je me décalai pour qu’il vienne s’asseoir à mes côtés. En dehors de Liz et de ma mère, c’était le seul qui appréciait ma musique. Pas mal de posters à l’effigie de mon groupe étaient accrochés sur les murs de sa chambre et j’avais entendu Riley dire qu’il devait lui acheter mes albums à chaque fois qu’il sortait. Au fond de moi, j’étais heureux. Mais je n’arrivais pas comment mes propres frères et sœurs étaient incapables de voir mon talent alors qu’un enfant de son âge y arrivait.

Mais Théo était jeune et bien vite, sa concentration céda. Il retourna jouer avec ses cousins et je relevais la tête, trouvant tous les regards tournés vers moi. Un sourire étira les lèvres de mon père.

– Et si tu nous jouais un peu de ta musique ? Demanda-t-il en me montrant ma guitare du regard.

Mes yeux s’écarquillèrent en entendant ça. Pour la première fois, mon père me demandait de jouer pour lui. Étais-ce pour se moquer une nouvelle fois de moi ?Non, il n’était pas aussi cruel. Il voulait m’écouter. Un sourire étira mes lèvres et je sentis le trac monter en moi alors que je reprenais ma guitare, commençant à jouer.

Les notes commencèrent à fuser entre mes doigts et je me mis à chanter, ne me concentrant que sur ces paroles. C’était le moment de vérité et je le savais. Mon père allait décidé s’il aimait ma musique. Et mes frères ainsi que Norah allait suivre son avis. Ils allaient enfin découvrir une part de moi qu’il avait longtemps voulu étouffer, et tout cela était grâce à Morgan. Il avait prit ma défense. Il avait été là pour moi. Il m’aimait. Je sentis mon cœur battre violemment. Etais-ce si grave si je le laissais rentrer un peu en moi ? Étais-ce tellement grave si… Si je tombais un peu amoureux de lui ?Juste un peu ? Je ne voulais pas oublier Lucas. Je ne le voulais pas. Mais je devais être réaliste. Morgan avait réussit à s’insinuer en moi.

Les minutes passèrent, et lorsque j’eus terminé la dernier chanson, je décidais d’arrêter, commençant à avoir mal aux doigts.

– Encore ! S’écria Théo dans un large sourire.

Je lui rendis son sourire avant de voir que tout le monde me regardait, partageant l’envie de Théo. Alors j’avais vraiment réussi ? Mon regard se posa alors sur Morgan.Tout ça, c’était grâce à lui. Et uniquement à lui.

– Tu m’accompagnes ?

Morgan acquiesça, ravi et vent s’installer près de moi. Ses doigts prirent leurs aises sur l’instrument et nous nous mîmes à jouer les nouvelles chansons que l’on avait créé tous les deux. Un sourire étira ses lèvres et je sentis mes joues rougirent, peu habitué à ce genre d’attention de ma part. Morgan avait su attiser leur curiosité et bientôt, ils se rendraient vraiment compte de mon talent. Ce n’était juste qu’une question de temps…

**

Il était deux heures du matin et je ne dormais toujours pas. Près de moi se trouvait Morgan, allongé,dormant paisiblement. J’avais l’impression que tout avait changé entre nous maintenant. Et cela ne me faisait pas peur. Cela ne faisait pas peur mais mille et une question se formaient dans mon esprit.

Dans un soupire, j’enlevais les couvertures et me levais, tâchant de ne pas réveiller mon amant. Je sortis de ma chambre et descendit les marches pour aller dans la cuisine. Mais alors que je poussais la porte, je me figeais en découvrant Norah. Elle était assise sur une chaise, devant une tasse de thé fumante. Légèrement décontenancé par le fait de me retrouver avec elle, j’entrais sans un mot et ouvrait la porte du frigo pour prendre la bouteille d’eau.

– J’ai du mal à comprendre comment tu arrives à les rendre aussi fou de toi… Lança Norah en tournant sa cuillère dans sa tasse de thé.

– J’ai du mal à le comprendre moi aussi, répondis-je en serrant la bouteille d’eau dans ma main.

Je savais très bien où elle voulait en venir et je ne voulais pas d’une énième dispute. J’étais las de toutes ces tensions entre nous.

– Tu sais… Soufflais-je en me calant sur le plan de travail, j’étais vraiment amoureux…De Lucas.

– Je sais, répondit-elle en baissant la tête.

– Je veux dire…  ça n’avait rien à voir avec une amourette de lycée…Je… J’en étais vraiment amoureux.

Norah cessa de tourner sa cuillère etelle replia ses bras contre sa poitrine, le regard dans le vague.

– Je me suis toujours demandé ce qu’il te trouvait… Dit-elle au bout d’un moment, et je me suis toujours demandé pourquoi il ne m’en avait jamais parlé… De son attirance pour toi… Ou pour les hommes en général…

– Je pense qu’il savait que tu l’aimais…

Elle tourna alors vivement son regardvers moi, surprise.

– Je ne lui ai jamais rien dit, repris-je en haussant les épaules, mais je pense qu’il se doutait que tu étais amoureuse de lui… Depuis un moment. Tu étais sa meilleure amie, et quand tu t’es éloigné de lui à cause de moi, il a souffert.

– Vous êtes restés ensemble pendant quatre ans alors me perdre n’a pas du lui faire autant mal que ça.

– Si… Parce que tu étais sa confidente, mais qu’il savait que pour te garder comme amie, il devrait rompre avec moi et ça… On ne pouvait pas.

Un soupire s’échappa de ses lèvres et elle se leva, mettant sa tasse dans l’évier. Ses mains se posèrent alors sur le rebord du plan de travail et son regard se posa sur lejardin, recouvert de neige.

– Tu l’as oublié ? Demanda-t-elle après une longue pause.

– Comment est-ce que je pourrais… Soupirais-je, je passe mon temps à penser à lui…

– Pourtant tu as un nouveau petit-ami… Le premier depuis Lucas.

Mon cœur se serra en entendant cettephrase et je rangeais la bouteille dans le frigo, passant prèsd’elle.

– Je ne sais pas comment il a fait, soufflais-je la main sur la porte, mais il a réussit à trouver sa place dans mon cœur. Pour la première fois depuis bientôt cinq ans, je me sens bien Norah. Je ne sais pas ce que ça va donner… Je ne sais pas si j’ai vraiment envie de tourner la page… Mais je sais que même si j’essaye, je n’arrive pas à l’empêcher de laisser son emprunte sur moi… Comme Lucas avait réussit à le faire…

Et sans attendre, je sortis de la pièce et retournais dans ma chambre. Un sourire étira mes lèvres envoyant que Morgan dormait toujours, mais qu’il prenait maintenant la quasi-totalité du lit. Mon regard se posa alors sur ma table de chevet et je m’assis sur le lit, tirant le tiroir. C’était ici que j’avais emprisonné tout mes souvenirs de lui, ne pouvant m’en défaire. Mes doigts attrapèrent la première photo et un sourire triste étira mes lèvres en voyant Lucas me serrer contre lui.

J’avais 18 ans, et aujourd’hui,j’emménageais avec Lucas. Je crois que c’était le plus beau jour de ma vie. J’étais heureux comme jamais, encore plus que lorsqu’il me l’avait proposé. Je venais de commencer une fac de musique qui me prenait beaucoup de temps et les allers-retours entre l’université et la maison de mes parents étaient bien trop long, si bien qu’ils étaient d’accord avec ça, même si ma mère avait eu beaucoup de mal à me laisser partir. Mais cela faisait maintenant trois ans que nous sortions ensemble et je devenais de plus en plus dépendant des moments que je passais avec lui.

– Arrêtes de rêver et déballes les cartons ! S’écria Lucas, en sortant de la douche, une serviette sur les hanches et une autre sur sa tête pour se sécher les cheveux.

– Waw… Soufflais-je en passant mon regard sur son torse légèrement humide, je n’arrive pas à croire que je vais avoir le droit à cette vision tous les jours…

Lucas rigola et m’envoya laserviette qui lui séchait les cheveux en plein visage.

– J’ai fais de toi un pervers, dit-il en secouant la tête.

Il attrapa son pyjama et le mis alors que je continuais de déballer mes affaires. Je n’avais pas pris grand chose car cela faisait maintenant deux ans qu’il vivait ici. Lucas s’assit alors sur le lit et un soupire s’échappa de ses lèvres alors qu’il reprenait son livre d’histoire entre ses mains.Il était en troisième année d’histoire, dans le but de devenir professeur. Je pris alors un nouveau carton et un large sourire étira mes lèvres en y découvrant mon appareil photo. Vivement je le pris et pris la direction du lit.

– Tu n’es vraiment pas décidé à déballer tes affaires à ce que je vois, souffla Lucas, un petit sourire amusé aux bords des lèvres.

– Juste une photo et je m’y mets, promis, dis-je en arrivant à genoux près de lui.

Il posa alors son livre et me prit dans ses bras, collant sa joue contre la mienne. Un nouveau sourireétira nos lèvres et j’appuyais sur le bouton. Le flash se mit en route, immortalisant cet instant.

– C’est bon, maintenant tu ranges ? Me demanda Lucas en tournant la tête.

Mais vivement je vins m’installersur lui, posant mes mains sur sa nuque.

– Non, j’ai menti, du sexe et après je déballe mes affaires.

Mes mains remontèrent alors dans ses cheveux noirs de jais et je m’abaissais pour ravir ses lèvres. Cédant encore une fois,les mains de Lucas passèrent sous mon tee-shirt…

Un nouveau soupire s’échappa de mes lèvres et je rangeais la photo dans le tiroir. Mon regard se posa sur Morgan, qui dormait encore d’un sommeil lourd et je passais ma main dans ses cheveux. Je ne voulais pas donner de nom à notre relation. Je ne voulais pas qu’il m’aime. Je ne voulais pas de tout ça. Mais j’étais incapable de le refuser. C’était trop tard. Comme Lucas, Morgan s’était insinué en moi. Je jouais à un jeu dangereux, mais je ne pouvais plus m’arrêter. Lorsque je couchais avec n’importe qui, tous les souvenirs de ma vie avec Lucas refaisaient surface. Lorsque je couchais avec Morgan. Il n’y avait que lui.

Ma main descendit le long de son dos et je vins m’allonger près de lui. Fermant les yeux, je tentais à nouveau de dormir, bercé par la respiration demon amant…

**

Nous étions rentrés depuis deux semaines et nous avions repris le cours normalde nos vies. Le sujet des sentiments de Morgan n’avait pas étéremis sur le tapis, ce qui m’arrangeait beaucoup, car même si j’acceptais cette situation, je n’étais pas près à la clamer hautet fort.

Ce jour là, nous venions de faire l’amour dans mon salon à peine rentré d’une répétition, et c’est le corps recouvert de sueur que je me collais à lui. Mes mains passaient et repassaient sur son torse alors que je le regardais amusé, reprendre sa respiration. Mon regard se posa sur son visage légèrement rougit par le plaisir. Ses mèches brunes collaient à sa tempe et ses émeraudes s’ouvraient et se fermaient au rythme de sa respiration saccadée. Son nez aquilin, sa peau laiteuse… Il ne ressemblait en rien à Joshua.

– Joshua ? C’est vraiment ton frère ? Demandais-je tout à coup.

Je le sentis se crisper et ses sourcils se froncèrent. C’était un sujet qu’il n’aimait pas aborder et je le comprenais, mais j’étais curieux.

– On a grandit ensemble, dit-il après un temps, même si on a aucun lien de sang, nous somme frères.

– Pourquoi tu n’en parles jamais ? Soufflais-je en me redressant.

– Je… Je n’aime pas ressasser ça…

Un soupire franchit le barrage de mes lèvres et je reposais ma tête sur son épaule.

– Et moi qui te parle tout le temps de ma famille, j’ai l’ai d’un idiot…Dis-je dépité par mon manque de tact.

– Non, j’aime quand tu me parles de ta famille, s’écria-t-il vivement, dans un sourire.

Un sourire étirames lèvres et je passais mes doigts sur son torse. J’avais du mal à concevoir une vie sans famille, car la mienne était des plus envahissantes. C’est à ce moment là que je me rendis compte de tout ce qu’il avait manqué. Anniversaires, baptême, mariage, rire,dispute, amitié… Tous ces moment qui te faisait oublier ton sortpour te centrer sur les membres de ta famille. Des moment bêtes mais pourtant magnifiques.

Qu’est-ce qu’il se passe entre toi et Norah ? Demanda-t-il après un moment.

Je stoppais mes caresses, cherchant les mots pour lui répondre. Ce qu’il y avait entre nous ? C’était une histoire compliquée…

– Je lui ai piqué son mec, répondis-je en haussant les épaules, enfin, ils étaient amis mais on est sortit ensemble.

– Lucas ?

Je me crispais aussitôt à l’entente de son nom. Si j’étais curieux, Morgan l’était tout autant. Je voulais connaître son passé et pour cela,je devais me livrer moi aussi.

– Oui… Dis-je dans un souffle.

– Il sortait avec Norah ? Demanda-t-il d’une petite voix.

– Non, ils étaient amis. Et Norah était aveugle, elle n’a jamais remarqué qu’il était gay.

– Vous étiez amoureux ?

Je me figeais une nouvelle fois, mais finis par lui répondre.

– Oui, ça a été mon premier, lâchais-je sentant les larmes monter en moi, on était jeunes, et on ne voyait pas le mal que ça faisait à Norah…

– ça a duré longtemps ?

Mais c’était la question de trop. Je sentais mon cœur se serrer dangereusement et vivement je me relevais, attrapant mon pantalon pour l’enfiler.

– J’ai faim, lançais-je comme excuse, plus pour m’éloigner de lui.

Lorsque j’arrivais dans la cuisine, j’ouvris le robinet pour me passer de l’eau sur levisage. Parler de Lucas de cette manière était bien tropdouloureux. Et j’étais incapable de faire face à cette douleur maintenant…

**

C’était en courant que j’arrivais au label. J’étais une nouvelle fois en retard et un sourire étira mes lèvres en pensant que c’était la faute deMorgan. J’arrivais dans la salle de répétition essoufflé.

– Désolé, je suis encore en retard, dis-je en regardant mes amis s’entraîner sur la scène de la salle.

– Ce n’est pas comme si on n’était pas habitué… Lança Félix dans un sourire, sa basse à la main.

Je lui rendis sonsourire et regardais autour de moi, cherchant mon amant des yeux.

– Morgan est aussi en retard, fit Baptiste, comme s’il avait lu dans mes pensées.

– Ah, ok… Soufflais-je surpris.

Ce matin, il m’avait quitté pour aller se changer avant notre répétition de cematin. Mais il n’était pas encore arrivé. Je me retournais pouraller chercher ma guitare dans le placard à instrument. S’il étaiten retard, peut-être étais-ce parce que je l’avais épuisé une nouvelle fois. Je ne pu m’empêcher de rigoler sous cette dernière pensée.

**

Nous avions terminé la répétition et Morgan n’était toujours pas terminé. La tournée devait débuté la semaine prochaine et je commençais à avoir deplus en plus hâte. Nous étions près et il nous tardait de partir.

– Et combien de temps dure votre tournée ?

Je relevais la tête pour croiser le regard de Zayne, un collègue. Il était ingénieur du son et avait travailler avec Andrew sur notre nouvelle album.

– Deux mois et demi, répondis-je dans un sourire, d’ailleurs je crois qu’on passe dans ta ville natale.

– Oui je sais, je suis en vacance à ce moment là, et j’ai acheté ma place.

Un sourire charmeur étira ses lèvres il s’approcha un peu plus de moi. Il laissa sa main effleurer mon bras et son regard se fit transperçant.

– Peut-être que quand je viendrais, dit-il d’une voix séduisante, on pourrait refaire ce qu’on avait fait la dernière fois.

Un rire gêné s’échappa de mes lèvres. La dernière fois s’était déroulé lorsque nous avions signé le contrat avec le label, il y a quatre mois. Puis il y avait eu Morgan, et je m’étais uniquement concentré sur lui. C’est à ce moment là que je le vis justement passer près de nous sans même regarder. Au visage froid qu’il arborait, je su tout de suite que quelque chose clochait. Mes sourcils se froncèrent et je voulu le suivre, mais Zayne attrapa ma main, croisant une nouvelle fois mon regard.

– C’était bien la dernière fois, non ? Demanda-t-il de légères rougeurs sur ses joues.

– Désolé, mais je ne suis pas disponible pour l’instant, répondis-je en haussant les épaules.

– Tu es en couple ?

Je me figeais enhaussant les épaules. Etais-je en couple ? Je ne voulais pasl’être. Mais je voulais continuer avec Morgan sans donner de nom àce qui se passait entre nous.

– Je… C’est compliqué, dis-je en enlevant mon bras de sa prise.

Et vivement, je passais près de lui pour rejoindre Morgan. Je savais très bien où il se trouvait et je frappais aussitôt à la porte. Mais il ne répondit pas et je décidais quand même de rentrer. Il se trouvait assis devant son piano, le visage infiniment triste.

– ça va Morgan ? Soufflais-je surpris, Pourquoi tu n’es pas venu ce matin ?

De la tristesse il passa soudainement à la colère et porta sur moi un regard des plusnoir.

– Je ne suis qu’un plan cul, pourquoi mon état te préoccuperait-il ?

Je me figeais en entendant cette dernière phrase et fronçais les sourcils sous la surprise.

– Ok… Soufflais-je intrigué, qu’est-ce que j’ai fait ?

– Tout le monde ne tourne pas autour de toi ! S’écria-t-il en se levant et en rangeant ses affaires.

Si j’avais été calme jusqu’à présent, il n’en fut rien. Il était énervé et il passait sa colère sur moi, sans me dire ce qui n’allait pas.

– Enfin Morgan, tout allait bien ce matin ! Pourquoi es-tu aussi furieux ? M’exclamais-je en m’approchant de lui.

– Si ça te dérange, tu pourrais aller voir le blond que tu draguais il n’y a pas deux secondes.

Il était froid et distant. C’était un autre Morgan que j’avais devant moi, quelqu’un d’autre qui n’hésitait pas à m’envoyer promener.

– Mais qu’est-ce que t’as bordel ! Criais-je cette fois à bout.

– Je ne veux pas que couches avec quelqu’un d’autre. Souffla-t-il d’une petite voix.

Et c’est à cet instant que je compris. J’avais accepté ses sentiments. Je ne l’avais pas repoussé. Je m’étais surpris à vouloir plus. Et maintenant il voulait mettre des mots sur ce que nous faisions. Mais je n’étais pas encore prêt. Je ne voulais pas parler de ça. Je voulais que tout reste comme c’était avant. N’arrivait-il pas à comprendre qu’il n’y avait que lui et ce depuis trois mois ? La situation semblait lui aller encore ce matin… Pourquoi est-ce que tout devait changer maintenant ?

– On est pas en couple ! Laissais-je échapper, refusant d’aller dans cette direction, c’était notre deal dès le début…

Mais il ne voulait pas s’arrêter là. Il voulait beaucoup plus que ce que j’étais capable de lui donner à cet instant.

– Notre deal ? Dit-il, la voix désespérée, c’est plus qu’une histoire de sexe entre nous et tu le sais. Je suis amoureux de toi et tu ressens quelque chose pour moi. Sinon, ça ferait bien longtemps que tu m’aurais jeté.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je passais ma main sur mon visage, soudainement las.

– Tu vas trop loin Morgan, lâchais-je dépité.

– Pourquoi ? Parce que j’ai raison ? S’écria-t-il de plus en plus énervé, parce que je dis tout haut ce que tu refuses de voir ? Tout ça à cause de Lucas.

Je me figeais aussitôt à l’entende de son prénom et mon regard se fit noir. Iln’avait pas le droit de parler de lui. Il n’avait pas le droit de  prononcer son prénom.

– Laisse Lucas en dehors de ça ! Criais-je avec hargne.

– Pourquoi ? C’est un pauvre type qui t’a largué. Moi je suis là et je t’ai…

Je ne l’écoutais plus. Un pauvre type qui m’avait largué ? Si seulement tout était aussi simple. Une rage sans nom coula dans mes veines et sans vraiment pouvoir me contrôler, je parcouru la distance qui nous séparait, frappant du poing dans le mur pour le faire taire. Comment pouvait-il faire ça ? Comment pouvait-il parler de lui ?Mon cœur se serra dans la seconde. Je l’avais laissé faire. Je l’avais laissé m’aimer. Il n’y avait eu que lui pendant trois mois.Il avait rencontré ma famille. Je lui avais parlé de Lucas. Tout ça. Toute cette histoire, c’était encore de ma faute.

– Tu ne sais rien… Rien du tout…

Et il ne saurait jamais rien. Car c’était terminé. Je ne me laisserais plus faire.Je ne me laisserais plus avoir. Ceci… Ce semblant de relation…Notre marché… Tout ça ne rimait plus à rien maintenant. Il avait franchit la limite que je lui avais imposé et plus rien ne serait pareil maintenant.

– C’est finit… Soufflais-je plus froid qu’il m’était possible de l’être.

Et sans un regard, m’empêchant de réagir à la tristesse qui rongeait son visage, je me retournais et sortit de la salle en claquant la porte.

J’avais joué avecle feu. Et je m’étais brûlé. Mais cette fois, on ne m’yreprendrait plus…

**

Il était 22 heures et j’étais chez moi, assis sur mon canapé, à regarder les voitures rouler dans ma rue. Mes pensées ne cessaient d’aller et venir, mais concernaient à chaque fois Morgan. Je m’en voulais. Je m’en voulais de l’avoir fait tomber la dedans. En y repensant, j’avais la même chose avec Baptiste. Je l’avais fait tomber amoureux de moi. Et voilà comment tout ce terminait.

La porte d’entrée s’ouvrit à la volée, me faisant sursauter. Liz apparut devant moi, le téléphone contre l’oreille et regarda dans toutes les pièces avant de revenir dans le salon.

– Non, il n’est pas là, Souffla-t-elle à l’appareil.

Mes sourcils se froncèrent alors que son interlocuteur parlait, puis elle éloigna le téléphone de son oreille.

– Tu as vu Morgan aujourd’hui ? Me demanda-t-elle apparemment soucieuse.

– On est plus ensemble.

Les mots étaient sortis tout seul, sans vraiment que je le veuille. Nous n’étions plus ensemble, mais l’avions nous vraiment été ? C’était un beau gâchis. Liz écarquilla les yeux et je me levais, allant dans ma chambre. Là, je soulevais ma couette et allait m’y blottir.Quelques secondes plus tard, Liz vint me rejoindre sous les couvertures. Elle posa son regard soucieux sur moi et sa main vint caresser ma joue. Mon cœur se serra à la seconde et ce fut à cet instant précis qu’un sanglot remonta du tréfonds de mon être. Un sanglot dévastateur, ravivant la blessure d’il y a 5 ans…

**

– Pourquoi est-ce que tu l’as quitté ? Demanda Liz, près de moi.

– On était pas ensemble… Soufflais-je, allongé sur le dos, mon bras posé sur mon front.

– Alors pourquoi est-ce que tu as tout stoppé ?

– Parce qu’il est amoureux de moi.

Je me redressais alors, et m’assis dans le lit. Mon regard se posa sur le tiroir de matable de chevet. Ce même tiroir qui contenant des photos du seul homme que j’avais aimé.

– J’ai l’impression que je l’oublie… Murmurais-je tout bas.

– Grâce à Morgan ? Demanda Liz, en se levant à son tour.

– A cause de Morgan, rectifiais-je, et je ne veux pas de ça… Je ne veux pas qu’il m’aime.

– Et tu ne veux pas l’aimer…

Je ne répondis rien. Non, je ne voulais pas l’aimer. Je ne voulais rien ressentir pour lui. Parce que accepter tout ça, accepter de me mettre vraiment avec lui reviendrait à trahir Lucas.

– Tu sais…

Mais Liz ne pu continuer, interrompue par la sonnerie de son téléphone. Elle décrocha immédiatement en regardant le numéro.

– Oui Josh ? Dit-elle vivement.

– …

– Quoi ? Parles moins vite je comprends rien.

Je tournais alors la tête vers elle et je pu voir son visage se décomposer. Ses yeux se gorgèrent de larmes et elle mit sa main sur sa bouche alors que Joshua continuait à lui parler.

– On… On arrive, ne bouges pas… Souffla-t-elle avant de raccrocher.

– Qu’est-ce qu’il se passe ? Demandais-je en fronçant les sourcils.

– C’est Morgan… Il.. Il a eu un accident.

Mon cœur se brisa dans la seconde et je soufflais un « Non » à peine audible. Je me levais brusquement et attrapais mes chaussures pour les enfiler à la va-vite. Mais alors que j’allais sortir de ma chambre, je fus pris d’un malaise. J’avais mal. Terriblement mal.J’avais l’impression de rejouer l’instant le plus horrible de ma vie.

– Éden… Éden, est-ce que ça va ? Me demanda Liz en venant près de moi.

Et sans que je ne puisse faire quoi que ce soit, je sentis de nouvelles larmes couler sur mes joues. Vivement elle me prit dans ses bras.

– Il va bien… Dit-elle en passant sa main dans mes cheveux. Il va bien, il est seulement dans un sale état… Calmes-toi…Eden… ça va aller…

**

Nous étions entrain de marcher dans l’hôpital et plus le temps passait plus mon malaise grandissait. J’avais l’impression d’étouffer, de suffoquer.La main de Liz sur la mienne ne m’était pas d’un grand secours.J’avais l’impression de revivre un cauchemar. Et lorsque nous arrivâmes devant la chambre de Morgan, et que le vit allongé dans son lit, en salle état, mon sang se glaça dans mes veines. Il semblait dormir, profondément. Son visage était recouvert de bleus et de plaies fraîchement soignées. Torse nu, de nombreux bandages l’entouraient. Ses bras étaient eux-aussi recouvert de plaies.

C’est à ce moment la que le visage de Morgan changea. L’homme qui était devant moi n’était plus châtain, mais brun. Sa peau n’était plus laiteuse,mais bronzée. L’homme qui se trouvait devant moi n’était plus mon amant, non, c’était l’homme de ma vie.

Ma main se posa sur la vitre et je murmurais son nom, « Lucas », dans un souffle totalement désespéré. Les larmes tombèrent à nouveau sur mes joues et je répétais son nom, totalement envahit par ce mirage.Au loin, j’entendais Liz m’appeler, mais je ne pouvais plus l’écouter. J’avais mal. Mon monde entier s’écroulait une nouvelle fois et la réalité me semblait trop lointaine.

Mais brusquement,je fus plaqué contre l’un des murs de l’hôpital et ma tête heurta la surface si violemment qu’elle me ramena dans la réalité. Mes yeux croisèrent ceux de Joshua. Il arborait un regard froid, presque meurtrier. Son bras sur mon cou appuyait de plus en plus sur ma trachée, m’empêchant de respirer.

– Joshua, arrêtes ça ! S’écria Liz en essayant de l’éloigner de moi.

Mais il ne l’écouta pas et la repoussa violemment, la faisant tomber sur le sol.

– Tu l’as détruit Éden ! Souffla-t-il les dents serrés, tu n’es qu’une merde, tu l’as démoli. Tu l’as laissé tomber amoureux de toi pour le jeter juste après ! Comment est-ce que tu peux oser lui faire ça ? Comment tu peux oser te pointer ici !

– Joshua… S’exclama Liz, il… Il n’arrive plus à respirer.

Je sentais mon sang remonter dans mes tempes et le manque d’oxygène se faire sentir mais ce qui me faisait le plus de mal était ses mots. Parce qu’il avait raison.

– Ne t’avises plus de l’approcher, continua-t-il le regard noir, ne t’avises plus de vouloir revenir dans sa vie, ne l’appelles plus, ne fais plus rien… Et si je te revois avec lui, je te promets que tu le sentiras passer.

C’est seulement à ce moment là qu’il desserra sa prise et je tombais à genoux devant lui. Directement j’inspirais une grande bouffée d’air, posant ma main sur ma gorge qui me faisait incroyablement souffrir.

– T’es malade Joshua ! Cria Liz, le regard larmoyant en accourant vers moi.

– Si tu prends sa défense, tu sais où se trouve la sortie, lâcha-t-il sans la regarder.

Et sans un mot de plus, il rentra dans la chambre et baissa les stores, coupant ainsi tout lien avec Morgan… Comme il le souhaitait…

**

Cinq jours passèrent. Cinq jours durant lesquels j’avais suivi les conseils deJoshua et je n’étais pas aller voir Morgan. Il avait raison. SiMorgan était monté dans cette voiture, c’était de ma faute. Je l’avais poussé à aller voir ailleurs, sans m’inquiéter pour lui.Et même si j’appelais l’hôpital pour prendre de ses nouvelles,mêmes si j’entendais mes amis et Liz me dire qu’il allait bien, je n’arrêtais pas de me sentir coupable.

Ce jour-là,j’étais assis sur une chaise, revoyant l’une des partitions d’une ancienne chanson et les autres travaillaient de leurs côtés. Andrew déboula dans la salle, un énorme sourire aux lèvres.

– J’ai réussis à nous dégoter un bus pour la tournée, ça y est, vous êtes de vrais rock-star ! S’exclama-t-il joyeux.

– Un bus ? Demandais-je en fronçant les sourcils.

Mon regard se posa sur les membres de mon groupe qui avaient tous leurs regards baissés.

– Je pensais qu’on avait dit qu’il fallait repousser un peu la tournée, dis-je surpris.

– Non, c’est toi qui l’a dit, souffla Laura, d’une petite voix. Et on était d’accord avec toi parce que c’est vrai que maintenant Morgan fait parti de notre groupe, mais on ne peut pas le faire… On risque de louper notre chance.

– Et Morgan en est conscient, continua Baptiste, c’est même lui qui nous a demandé de partir.

– Si je comprends bien vous êtes prêt à abandonner l’un des nôtres, râlais-je en me levant.

Je ne les comprenais pas. Nous formions une famille et Morgan, au fil des répétitions avaient réussis à y gagner sa place. Je ne voulais pas oublier la tournée mais je voulais la repousser de quelques jours, pour être vraiment sûr que tout allait bien. Vivement, je rangeais ma guitare dans le placard et pris la direction de la sortie.

– On abandonne pas l’un des nôtres, S’écria Felix, la voix dure, on passe le voir tous les jours ! Et toi ? Quand est-ce que tu es allé le voir ?

– Tu sais très bien que…

– Que tu as fait le con avec lui ?

Je me figeais à la seconde. Comment était-il au courant ? Mon regard se posa sur Baptiste qui leva les mains.

– Je n’ai rien dit, souffla-t-il sérieux.

– Tu crois quoi, qu’on est aveugle ? Ça fait trois mois que tu te le tapes, et on le sait très bien. Tu as décidé de te le faire sans penser à notre groupe, très bien. Tu t’es attaché à lui et maintenant tu ne veux plus le voir, parfait ! Mais ne nous fait pas passer pour des méchants parce que ici le connard c’est toi, pas nous !

– Va te faire foutre ! M’écriais-je le regard noir.

Et sans attendre, je sortis de la salle en claquant la porte.

**

Un mois s’était écoulé depuis ma dispute avec Félix. Nous étions finalement partis en tournée et c’était tout simplement magique. Tous les trois jours, un nouveau concert, le plaisir de découvrir des fan, de jouer notre propre musique, d’être acclamé par le public, tout cela rendait cette première expérience de tournée exceptionnelle.J’aurais du être fier et heureux. J’aurais du être ravi. Pourtant je n’y arrivais pas. Même si je me donnais à fond pendant les répétitions et pendant les concerts, je n’étais pas vraiment là.Non, je pensais à Morgan.

Liz me donnait souvent de ses nouvelles. Il allait de mieux en mieux. Ses côtes cassées se remettaient en place et il avait pu rentrer chez lui.J’étais devenu dépendant de ces nouvelles même si j’étais incapable de les prendre par moi-même. Sa relation avec Joshua avait prit un coup et elle ne savait pas si elle voulait la poursuivre.Mais elle était amoureuse et ce genre de sentiment ne s’effaçait pas facilement.

Avec les autres membres du groupe, tout allait bien. Notre récente dispute avait été oublié comme mon histoire avec lui. Ils évitaient soigneusement de me parler de lui et je faisais la même chose.

– Éden, tu es là ?

Je baissais la tête au son de sa voix pour croiser le regard bleu foncé de Zayne.

– Je suis là, continues, lui répondis-je en posant ma main sur sa tête.

Il reprit alors ses baiser sur mon torse, attrapant mes tétons entre ses dents, suçant ma peau. Lorsque je l’avais croisé à notre concert, j’avais cru l’espace d’un instant qu’il allait me faire oublier Morgan. Mais rien n’y faisait, je n’y arrivais pas.

Ses lèvres descendirent le long de son torse et je fermais les yeux, tentant de savourer ses caresses. Il déboucla ma ceinture et passa sa main à l’intérieur de mon boxer. Mais je ne ressentais rien…

– ça ne va pas ? Demanda-t-il, surpris.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je le repoussais sans ménagement, agacé.

– Il faut croire que tu ne me fais plus d’effet, soufflais-je la voix dure.

Je refermais mon pantalon et attrapais mon tee-shirt. Zayne me regardait m’habiller,surpris.

– C’est mort pour ce soir, dis-je en me rhabillant, tu peux partir.

– Éden… Ce n’est…

– Dégages !

J’étais gêné autant que vexé et Zayne en faisait les frais. Il finit par acquiescer et attrapa sa veste avant de partir. Je me retrouvais seul dans ma loge et je m’assis sur le canapé, prenant ma tête entre mes mains. Ça ne pouvait plus durer. Je devais faire une croix surMorgan. Reprendre ma vie avant notre rencontre.

Mon regard se posa alors sur mon téléphone qui dépassait de la poche de ma veste et je le pris en main. Mon sang se glaça dans mes veines alors que j’avais un appel manqué, et ce n’était autre que Morgan. Pourquoi avait-il essayé de me téléphoner ? Les mains légèrement tremblantes, je composais le numéro de ma messagerie. Et lorsque j’entendis sa voix, je ne pu pas empêcher mon cœur de battre.

– Éden… C’est moi… Souffla-t-il, d’une petite voix, c’est Morgan.

Ma main serra le combiné un peu plus fort au fur et à mesure que ses mots m’atteignaient.

– Je ne sais pas si tu as fait exprès d’éviter cet appel ou si tu n’as pas entendu sonner je… Je voulais juste te dire que je suis désolé. Je suis désolé de m’être attaché à toi. D’être tomber amoureux de toi… Et je suis désolé d’avoir cru que c’était réciproque.

Un sanglot le secoua et j’appuyais ma tête sur ma main, sentant mon cœur se serrer.

– Tu me manques, dit-il après une pause, je suis pathétique. Je suis pathétique de croire que tu viendrais me voir, que mon accident te toucherait… Je… Je croyais que tu tenais un peu à moi… Il faut croire que je me suis bien trompé…

Il soupira et fit une légère pause, avant de reprendre.

– C’est finit…Je… Je ne veux plus t’aimer… Je veux t’oublier… Je… Je vais demander à être retirer de la composition de vos albums… Je ne viendrais plus te déranger Éden…

Et il raccrocha. Je sentis alors la solitude que j’avais ressenti ces derniers jours plus puissante que jamais. Je l’avais rendu amoureux de moi, et j’avais jouer avec ses sentiments. Fébrilement, mes doigts parcoururent les images de mon téléphone et je tombais sur les photos que j’avais fait un peu avant Noël. Mon cœur se serra un peu plus alors que je découvrais le sourire de Morgan, nos baisers enfiévrés et mon regard amoureux. Il n’étais pas le seul à s’être fait prendre au piège. Il pensait que je n’étais pas aller le voir parce que je ne ressentais rien pour lui… Mais c’était tout le contraire.

Rageusement, je lançais mon téléphone au travers de la pièce et il alla s’écraser sur le mur, tombant en milles morceaux sur le sort. C’est à ce moment là que Baptiste ouvrit la porte de ma loge. Son regard se posa directement sur mon téléphone cassé.

– J’ai hésité à venir te voir quand j’ai vu Zayne sortir en trombe d’ici… Dit-il en posant son regard sur moi, je crois bien que j’aurais du.

– Je n’ai pas envie de parler, soufflais-je en me levant.

– Pourtant tu en as besoin, Félix te l’a dit, on est pas aveugle, ça ne va pas.

Je ne répondisrien et allait me chercher une bière dans le mini bar.

– Liz n’est pas là, alors je veux bien être ton oreille attentive, fit-il en s’assaillant sur ma table.

– Je n’ai rien à te dire, répliquais-je en buvant une gorgée de ma boisson.

– C’est à propos de Morgan ?

Je me figeais en entendant son nom et un soupire s’échappa de mes lèvres. Cédant, j’allais reprendre ma place sur le canapé, calant ma tête sur le dossier de la chaise.

– ça ne devait pas se passer comme ça… Murmurais-je faiblement.

– Votre histoire ? Demanda Baptiste en fronçant les sourcils.

– Il ne devait pas tomber amoureux de moi.

– Ça ne se commande pas aussi facilement tu sais.

Je relevais alors la tête, pour croiser son regard.

– Je veux dire, même si je savais que tu ne voulais rien, même si je savais que que tu n’avais pas oublier Lucas… Je n’ai pas pu résister… La tendresse que tu mets dans tes gestes, ta façon d’embrasser, d’être proche… Tu dis que tu ne veux que du sexe, mais tu ne baises pas Éden, tu fais l’amour.

– J’ai toujours été clair, avec toi comme avec lui, dis-je légèrement énervé.

– Mais dans tes gestes, tu te contredis et ça…

Il fit une légère pause, pesant ses mots.

– ça c’est parce que Lucas te manque.

– Ne parles pas de lui… Murmurais-je en baissant la tête.

– Pourtant c’est lui le problème Éden… Tu veux être en couple… Tu veux retrouver tout ce que tu avais quand tu étais en couple, mais tu ne peux le faire qu’avec lui…. Mais il ne reviendra pas.

– Tu crois que je ne le sais pas ? Criais-je les poings serrés.

– Alors pourquoi tu ne tournes pas la page ?

– Quand tu passeras quatre ans avec quelqu’un et que du jour lendemain tout s’arrête, tu viendras me donner des conseils !

Enervé, je me levais et me dirigeais vers la fenêtre que j’ouvrais en grand.J’avais besoin d’air, maintenant. Baptiste resta assis sur la table sans rien dire, tandis que je me calmais. Mais je savais au fond de moi qu’il avait raison. Tout comme Liz, il me connaissait mieux que personne.

– Je suis désolé… Soufflais-je au bout d’un moment… Désolé de t’avoir fait souffrir.

– Tu sais… Je m’y attendais à ce que tu me largues… Répondit-il en haussant les épaules. Je savais que ça n’allait pas tarder et c’est ce qui m’a fait perdre la tête. Mais c’est à Morgan que tu devrais donner ces excuses.

Je me retournais alors vers lui, croisant son regard.

– Tu as accepté ses sentiments et tu lui as montré que tu en avais aussi pour lui… Et quand les choses se sont compliquées, tu as fui lâchement en lui brisant le cœur.

– Je ne voulais…

– Mais c’est ce qu’il s’est passé.

Il se leva alors et posa sa main sur la poignée.

– Même si tu ne le voulais pas, même si tu ne veux pas l’accepter, tu es tombé amoureux de lui… Que tu le veuilles ou non, tu es en train d’oublier Lucas…

**

Ce jour-là, nous avions rendez-vous avec le directeur du label qui était venu assisté à l’un de nos concerts la veille. Il était maintenant 10 heures et je me dirigeais vers la salle de conférence. Je fus surpris en découvrant tous les autres membres du groupe.

– Je suis en retard ? Soufflais surpris, en regardant ma montre.

– Juste à l’heure, répondit le directeur en faisant sursauter.

Il se trouvait dans un coin de la pièce, un peu en retrait, si bien que je ne l’avais pas remarqué lors de mon arrivé. Un sourire étira mes lèvres et je tendis la main vers lui pour le saluer. J’allais ensuite m’asseoir près de Baptiste.

Le directeur vints’asseoir en face de nous et commença à ouvrir un dossier nousconcernant.

– Je dois dire que cette tournée marche vraiment bien, commença-t-il, dans un sourire, sur les réseaux sociaux, on ne parle que de vous et les places restantes pour les prochains concerts ont vites été vendues.

Un large sourire étira mes lèvres et je regardais mes amis avec fierté.

– Le nouvel album semble prometteur, dit-il en lisant ses documents, andrew doit encore te faire enregistrer deux chansons qui ont eu un souci lors du dernier enregistrement Éden, mais sinon nous ne dépasserons pas la date de sortie prévue. J’ai vu avec votre agent et nous sommes en train de faire votre planning pour votre retour en ville.

Il referma alors le dossier et posa ses mains dessus. Son regard fit le tour de la table, semblant chercher ses mots.

– Maintenant j’ai une question à vous poser, dit-il, sérieux, est-ce que vous êtes satisfait de Morgan ?

A l’entente de son nom, je me figeais. Si le directeur nous parlait de lui, c’était parce qu’il avait voulu partir. Il l’avait vraiment fait. Il était vraiment prêt à couper tous liens avec moi…

– Bien sûr, souffla Félix, surpris, il nous a aidé à monter cet album du tonnerre, il est hors de questions qu’on s’en sépare.

– Je dis ça parce que vous étiez plutôt réticent au début…Déclara le Directeur en hochant la tête.

– C’est parce qu’on ne le connaissait pas, mais il est vraiment doué, renchérit Baptiste en se redressant.

Son regard se posa alors sur moi. Un regard perçant qui me mit mal à l’aise.

– Et toi, Éden, Qu’est-ce que tu en penses ? Demanda-t-il, dans un sourire.

Je sentis tout le monde se crisper autour de moi. A quoi bon aller dans leur sens ? J’avais déjà bien assez fait souffrir Morgan.

– Si vous êtes là, c’est parce qu’il a demandé à ne plus travailler avec nous, c’est ça ? Demandais-je en croisant son regard.

Un grimace étira ses lèvres et il se réinstalla sur sa chaise gêné. Tout le monde me regarda, semblant choqué par ce que je venais de dire.

– T’es vraiment con Éden, siffla Félix, les dents serrées,

– Calmes-toi Félix, répliqua Baptiste, le regard noir.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me levais, mettant mes mains dans mes poches et baissant la tête.

– C’est un compositeur hors pair…Soufflais-je après un temps, je crois que c’est nous qui avons vraiment de la chance de travailler avec lui… Mais si lui ne veut plus, nous n’avons pas à le retenir.

Je fis une légère pause.

– S’il veut vraiment tout arrêter, dîtes lui qu’il peut le faire.

Et sans rien ajouter de plus, n’écoutant pas les protestations de mes camarades, je sortis de la pièce, le cœur une fois de plus serré.

**

Un autre mois passa et nôtre tournée allait bientôt prendre fin. Ce voyage était toujours aussi magique, mais mon esprit était toujours ailleurs. Les mots de Baptiste résonnaient toujours dans ma tête et je n’arrivais pas à les croire. Je n’étais pas en train d’oublier Lucas. Cette douleur vive et lancinante qui me transperçait la poitrine à chaque fois que je pensais à lui était là pour me le rappeler. Je m’étais juste entiché de Morgan et j’étais incapable de penser à autre chose. Notre rupture n’avait pas été des plus facile. Il avait eu un accident et je m’en voulais d’avoir pris mes jambes à mon cou.Voilà tout.

Quelqu’un toqua à la porte à la porte et c’est dans un sourire que j’accueillis Liz et mes parents. Ils avaient fait quelques heures de route pour venir mevoir et je devais l’avouer que j’étais plus que touché. Mon cœur se serra à l’idée que s’ils étaient là, c’était uniquement grâce à Morgan.

– Alors, le concert vous a plus ? Demandais-je en me levant.

– C’est fou ce qu’il y avait comme monde ! S’exclama ma mère en me prenant dans ses bras.

Liz vint m’embrasser sur la joue, partageant mon sourire et mon regard croisa celui de mon père. Il resta quelques secondes à me regarder avant de rompre ce contact et de rougir légèrement.

– C’est vrai que vous êtes doué… Souffla-t-il gêné.

– Sérieux ? Demandais-je surpris.

– Figures toi que ton père à écouté plusieurs fois tes albums et il a fredonné quelques unes de tes chansons.

Un léger rire s’échappa de mes lèvres alors que je regardais mon père qui évitait soigneusement de croiser mon regard. Alors j’avais réussis.Il avait enfin vu que je ne faisais pas n’importe quoi. Que j’allais devenir célèbre.

– On va te laisser, souffla ma mère, nous avons de la route à faire et tu dois être fatigué.

J’acquiesçais et elle m’embrassa la joue. Mon père me fit une tape sur l’épaule et ils regardèrent Liz.

– J’ai besoin de parler à Éden deux minutes, vous ne pourriez pas aller voir Baptiste et les autres ?

– D’accord, on vous laisse, répondit mon père en attrapant la main de ma mère.

– Éden, tu n’oublies pas de venir manger à la maison à ton retour ! S’écria ma mère en passant la porte.

– Comment pourrais-je l’oublier vu que tu m’appelles tous les jours…Répliquais-je amusé.

Ils sortirent de la pièce en rigolant et je croisais le regard de Liz. Je su à la seconde que quelque chose n’allait pas. Elle lâcha un soupire etattrapa des feuilles de papier dans son sac avant de me les tendre.

– Morgan a composé ça l’autre jour…Dit-elle en guettant ma réaction, avant de la jeter à la poubelle. J’étais chez eux lorsqu’il l’a joué et c’est une mélodie infiniment triste… Je crois qu’elle parle de toi.

Mon cœur se serra dans ma poitrine et j’attrapais les partitions avant de les regarder.Je reconnaissais sa manière de coucher les notes sur le papier, deraturer pour recommencer. Et lorsque mon regard se posa sur une partition presque effacée par ce qui avait du être des pleurs, je du m’asseoir, le cœur serré.

– Pourquoi est-ce que tu me donnes ça Liz… Soufflais-je déstabilisé.

– Parce que même si il prétend le contraire, il attend ton retour… Et tu veux le revoir toi aussi.

– Ce n’est pas aussi simple…

– Non, c’est toi qui complique tout.

 Un soupire s’échappa de ses lèvres et elle s’approcha de moi pour m’embrasser la joue. Elle prit alors la direction de la sortie, mais se stoppa avant de sortir.

– Tu sais… Dit-elle dans un sourire, je pense que tu aurais moins mal si tu te laissais vivre juste un peu…

Et sans un mot, elle sortit de ma loge, me laissant seul avec ces partitions…

**

Il était 3 heuresdu matin et je n’arrivais pas à dormir. Allongé dans ma chambre d’hôtel, Laura et Baptiste sur les lits d’à côté, je n’avais decesse de me retourner encore et encore. Les paroles de Liz, de Baptiste et le message d’adieu de Morgan s’entremêlaient dans mes pensées. Dans un soupire, je me redressais, posant mon regard sur maveste où les partitions de Morgan dépassaient de la poche.

Mon cœur se leva et je décidais de me lever. J’attrapais mon jean et me rhabillais à la va-vite. J’avais envie d’écouter cette mélodie. J’avais envied’entrer dans la tête de Morgan l’espace d’un instant. J’attrapais ma veste et ma guitare et sans faire de bruit, je sortais de lachambre.

Quelques minutes plus tard, j’entrais dans une salle de réception vide et je m’assissur la scène. Je dépliais les partitions de Morgan devant moi et attrapais ma guitare.

Les premières notes de musique me serrèrent le cœur tellement elles étaient tristes. Et au fur et à mesure, la mélodie bien que magnifique, tombait de plus en plus dans la tristesse. Mes yeux se fermèrent une fois que j’avais mémorisé les accords et je me laissais aller.L’image de Morgan étendu sur le lit d’hôpital vint s’inscrire dans mon esprit et sans que je n’en prenne vraiment conscience, je me mis à chanter… Trouvant sans mal des paroles qui me concernait et qui concernait notre histoire, à Morgan et à moi.

Et alors que mes mots accompagnaient sa mélodie. Alors que je revoyais son visage rougir, ses baisers enfiévrés, sa douceur… Je me surpris à vouloir le retrouver. Je voulais le voir. Je me fichais totalement dece que m’avait dit Joshua, tout ce que je voulais maintenant, c’était le retrouver… Et m’excuser…

**

Il était maintenant 21 heures lorsque nous sortions du bus, complètement fatigué. La tournée était maintenant terminé et nous étions arrivés avec un peu d’avance.

– Je vous laisse, soufflais-je en mettant ma veste, tu peux ramener mes affaires chez moi ? Demandais-je en regardant Laura.

– Tu ne rentres pas ? Fit-elle surprise,

– Non, j’ai un truc à faire avant, tu diras à Liz que je me débrouille pour rentrer.

Et vivement je me retournais. Mon envie de le voir ne s’était pas tari, bien aucontraire. Je hellais le premier taxi qui passait et lui indiquait lechemin. Mais nous étions samedi soir et les bouchons se faisaient déjà entendre…

Mon portable se mit à sonner au bout de quelques minutes et je décrochais en découvrant le numéro de ma sœur.

– Éden, t’es où ? Demanda-t-elle vivement.

– En route pour aller voir Morgan, répondis-je en tendant quelques billets au chauffeur et en sortant de la voiture, je dois lui parler.

– Quoi ? Fit-elle surpris, non attends…

– Je te rappelle, j’arrive chez lui là, la coupais-je, avant de raccrocher.

Vivement, je montais les marches jusqu’à chez lui. Je sentais mon cœur faire des bonds dans ma poitrine au fur et à mesure que je me rapprochais de lui. Il allait sûrement m’engueuler, me traiter de tous les noms, me claquer la porte au nez et je comptais le laisser faire, avant de me faire pardonner.

Je frappais quelques coups sur la porte et posais mes mains sur l’embrasure, un sourire étira mes lèvres. Morgan ne tarda pas à venir m’ouvrir et il se figea en croisant mon regard, écarquillant les yeux.

– Alors, je t’ai manqué ? Soufflais-je dans un sourire, pour cacher mon appréhension.

Il ne répondit pas, se contentant de me regarder. C’est alors qu’un homme plus grand que nous deux arriva derrière lui, en fonçant les sourcils. Il était bond, les cheveux mi-longs avec de magnifiques yeux noirs,perçant. Sa peau bronzé lui donnait un air de surfeur et sa chemise ouverte, m’offrant une vue sur sont torse musclé me montrait à quel point il était canon. Mon regard se posa alors sur un bout de la table dans le salon parfaitement dressée, avec des bougies. Sur le sol, des pétales de roses. Et lorsque cet homme attrapa la main deMorgan pour lui demander si ça allait, je n’eu pas de mal à faire le lien. Il était en couple.

Un léger rire ironique s’échappa de mes lèvres alors que je baissais la tête.Liz s’était bien foutu de ma gueule.

– Je suis con…Murmurais-je, plus pour moi même que pour Morgan.

Je relevais alors la tête, tentant d’afficher un sourire, mais je savais qu’il sonnait faux.

– Désolé, je me suis trompé d’adresse… Dis-je en me remettant droit.

Mon regard croisa une dernière fois celui de Morgan et je me retournais. Quelques secondes plus tard, j’entendis la porte se refermer. Les larmes me montrèrent directement aux yeux mais cette fois, je ne voulais pas les laisser couler. Il m’avait bien eu. Il m’aimait ? Foutaise,il s’était juste laissé avoir par nos parties de jambes en l’air.Et moi j’étais tombé dans le panneau…

Mon regard se posa sur le bar en face de moi, et j’y entrais. Je n’allais pas pleurer.Je n’allais pas m’effondrer dans mon lit comme d’habitude. Non, j’allais boire. Et demain, lorsque je me réveillerais, Morgan serait définitivement rayé de mon cœur…

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