Archives quotidiennes : 17 décembre 2017

Nothing to prove – Chapitre 2

Chapitre 2 écrit par Lybertys

La première silhouette qui était en fait le directeur de l’établissement, l’homme que je supportais le plus, bien que je n’aie jamais rien fait pour le faire remarquer. Durant ces quatre années passées ici et depuis mon procès j’avais appris beaucoup. Je m’étais chaque jour un peu plus fabriqué cette carapace qui faisait de moi celui que j’étais devenu : à jamais impénétrable. Ce nouveau psychiatre allait de nouveau m’exaspérer. Il n’allait pas particulièrement me faire perdre mon temps, n’ayant rien d’autre à faire c’était peut être aussi l’occupation de la journée. Je détestais tous ces hommes, ces psychiatres ; et cela depuis de nombreuses années.

Au cours de ces quatre années, j’avais appris à observer les autres, à tel point que je savais comment réagir et comment être face à chaque personne pour la mettre, par exemple, le plus mal à l’aise possible. Mais ce dont j’excellais maintenant c’était dans l’art d’être tout sauf ce que j’étais réellement. J’avais acquis la capacité de me glisser dans la peau de n’importe quel personnage, faisant de moi une personne impossible à saisir. En ces quatre petites années, j’avais vu défiler des dizaines de psychiatres, mettant plus ou moins longtemps avant de refermer mon dossier à jamais. Que cherchaient-ils tous ? Que voulaient-ils de moi ? Ne pouvaient ils pas simplement me foutre la paix, et me laisser survivre, tel avait été mon but lorsque j’avais planté le morceau de verre dans le cœur de mon cousin…

Le directeur était suivi par un nouveau psychiatre, sur lequel je posais mes yeux, faisant très attention, car pour moi la toute première impression était décisive. Un très court instant, je faillis perdre pied lorsque je vis enfin mon nouveau psychiatre. Mon âme que j’avais si longtemps cachée et enfouie en moi avait menacée de sortir sous l’effet de surprise de voir cet homme en face de moi. La haine, la rancœur, le désespoir, le cœur brisé… Tout ce qu’il avait pu me faire ressentir par le passé avait maintenant totalement disparu pour laisser place à un dédain total face à cet homme qui était inextricablement lié à ma présence ici. Jaeden n’avait pas changé, je ne pouvais nier sa beauté qui m’avait déjà charmée par le passé. Me convaincre que cet homme m’était maintenant un parfait étranger ne prit pas énormément de temps, reprenant très vite mon air impassible. Il se tenait là, devant moi, je déposais mon regard vide dans ses yeux pour ne plus les quitter, réussissant à le mettre mal à l’aise dès le début. Comment avait-il osé s’occuper de moi ? Peut être ne se souvenait-il pas tout simplement de mon nom. J’avais eu tellement d’importance à ses yeux… Je me perdis dans la contemplation de ses yeux si particuliers, marron avec quelques touches de bleu, soulignés par ses cheveux courts et la frange qu’il n’avait pas eu avant. Tout en lui transpirait l’homme satisfait de lui même qui avait réussi dans la vie. Son corps musclé et bronzé que j’avais si souvent jalousé par le passé, ne m’inspirait plus grand chose. Je l’avais déjà saisi de mon regard, et placé dans le doute. J’en étais maintenant sûr, depuis le moment où il avait croisé mon regard, il avait perdu et n’obtiendrait rien de moi de cet entretient, comme tous ceux qui suivraient.

C’est à ce moment là que le directeur choisit d’intervenir, choix que je trouvais judicieux. Cet homme appréhendait naturellement les dérapages. De tous ceux que j’avais pu voir, je savais que cet homme était le plus qualifié et le plus doué pour ce métier, mais jamais il ne s’était occupé de mon cas, ayant peut être peur de tomber sur un os. Après tout, il était comment tous les autres, juste un peu moins téméraire…

– Ilian, voici le docteur Jaeden Sadler, ton nouveau psychiatre, déclara-t-il.

Je ne pris même pas la peine de le regarder, me contentant de le fixer, comprenant très bien qu’il détestait cela. Je prenais la peine de le détailler avec soin, scrutant ses moindres réactions. Le directeur choisit de nous laisser seuls après quelques minutes, en disant rapidement :

– Je vais vous laissez seul à présent, faites connaissances.

Il quitta la pièce, me laissant avec cet homme qui ne m’inspirait plus rien. Son malaise ne me provoquait plus aucune satisfaction. Tous les signes de stress étaient apparents, il ne parvenait même pas à cacher son anxiété. Une curiosité cependant, commença à s’agiter en moi. En effet j’étais curieux de voir comment il allait s’y prendre. C’était déjà assez mal parti. Il posa fébrilement mon dossier sur le clavier de l’ordinateur qui était dans le bureau. Il avait dû le lire entièrement. Je pensais à l’entièreté de ces pages et à leur contenu. Tout n’était que mensonge et théâtres des rôles que je jouais chaque jour. Un indice sur la réalité y était peut être disséminés, mais si imperceptible dans l’état actuel des choses qu’il était impossible de trouver et de savoir comment l’employer… Le temps n’avait pas vraiment eu de prise sur lui, il était toujours le même homme. Je faillis un instant me remettre à penser au passé, à ce que j’avais vécu avec lui, mais je me giflais mentalement, sachant que je n’en retirais rien de bon. Cet homme m’était maintenant parfaitement étranger…

Il releva la tête, croisant mon regard, et un sourire qui me déplut fortement étira ses lèvres. Se forçait-il, ou croyait-il vraiment que tout allait bien se passer entre nous. Je savais aussi qu’en réalité, il cherchait à cacher son désarroi, mais je m’en moquais éperdument. L’indifférence envers tout le monde, c’était ma manière de vivre. Soudain, il me dit dans un souffle :

– Ca fait longtemps…

Je ne pus m’empêcher de rire intérieurement face à cette phrase qui n’avait pas de sens. En tout cas, cela confirmait qu’il se souvenait de moi. C’était surprenant pour quelqu’un qui ne m’avait pas apporté beaucoup d’intérêt. Si de nombreuses réflexions grouillaient en moi, je ne laissais rien paraître n’affichant, comme j’avais l’art de le faire, strictement aucune expression. Dans de multiples circonstances, cela dérangeait vraiment mon interlocuteur.

Il semblait de plus en plus gêné, s’en était pathétique. Qu’avait-il espéré en venant ici ? Me sauver ? Cela ne lui ressemblait pas. La seule chose qu’il était venu chercher en prenant mon cas, c’était la gloire qu’il en tirerait s’il s’en sortait avec moi. C’était tout à fait son genre, surtout avec le passé que nous avions eu tous les deux.

– J’ai été engagé il y a peu…J’ai enfin réussi à devenir psychiatre, même si tu ne m’en croyais pas capable… Me dit-il, en me lançant un sourire amusé.

Que pensait-il ? Que j’allais lui répondre ? S’il pensait que j’étais le même qu’il y a des années, il vivait un rêve. Je ne répondis pas, de toute façon que répondre à cela. Il avait réussi sa vie, la bâtissant sur la ruine de la mienne. Plus il était monté durant toutes ses années, plus j’avais chuté. Nous nous étions finalement éloignés aux bouts de deux extrêmes. Angoissé que je ne rétorque strictement rien, il ajouta :

– Normalement je devrais me présenter, mais dans notre cas… Tu veux me poser une question ? Me demanda-t-il, à l’affût de la moindre de mes réactions.

Je détestais cela. Il était encore plus inintéressant que les autres. Il semblait presque déçu que tout se passe comme cela. Avait-il oublié le passé ? Avait-il oublié ce qu’il avait fait. J’avais ressenti tellement de haine et de répugnance pour lui pendant des années que je trouvais cela presque futile. C’était l’ancien moi qui aurait pu être dans un sale état, le moi de maintenant se moquait éperdument de cet homme. Soudain, il sembla avoir une idée. C’était incroyable comme il était facile de lire en lui, il laissait tout passer et lui échapper… Doucement, il encra son regard dans le mien, essayant de m’imiter ; il y échouait lamentablement. S’il s’engageait dans ce petit jeu, il était certain qu’il n’allait remporter aucune victoire. Etait-il débutant à ce point ? Pour qui se prenait-il ? Pensait-il vraiment que cela allait me faire avoir une quelconque réaction ? Une chose était sûr, je n’aimais pas son regard posé dans le mien. Mais je ne lui montrais, biensûr, aucun signe. Il finit par rompre le contact, comme je l’avais prévu, comprenant enfin que j’étais le plus fort. Il porta son attention sur mon dossier, comme le petit docteur consciencieux qu’il semblait vouloir être. Il pensait sérieusement pouvoir m’aider ? Il voulait comme tous les autres, me guérir… Mais si je n’avais pas envie, si c’était tout simplement trop tard et que tout espoir était anéanti depuis bien longtemps ? Ne pouvaient-ils pas tous me foutre la paix, me laisser dans mon coin, juger mon cas sans la moindre solution ou issue, et laisser le temps me voler chaque minute de vie jusqu’à ce qu’elle me laisse enfin à la mort ?

Il commençait à sérieusement m’ennuyer, depuis qu’il était arrivé, rien n’avait changé, rien ne s’était produit. Voulant lui faire clairement comprendre cela, je recommençais à faire bouger la petite balle que j’avais dans les mains, lui signifiant aussi que j’en avais assez supporté pour aujourd’hui. Il choisit de reprendre la parole, et je le laissais commencer, las de ce qu’il pouvait encore me dire. Pourquoi se fatiguaient-ils tous à parler pour ne rien dire.

– Cette coupe te va…

Un compliment venant de sa part ! C’était de trop ! N’en supportant pas plus, et étant arrivé au bout de ma patience, je sortis cette phrase qui était presque devenu un automatisme, le coupant :

– Que voulez-vous entendre ?

Surpris, il fronça les sourcils. Cette question les déstabilisait tous et il n’y fit pas exception. Je ne faisais que le regarder, scrutant la moindre réponse de sa part, inversant indirectement les rôles. J’attendais patiemment, encore plus ennuyé. Heureusement, au moment où il allait ouvrir la bouche pour parler, la porte s’ouvrir et le directeur entra, avec ce sourire compatissant qui m’exaspérait.

– Alors cette première entrevue ? Nous demanda-t-il en regardant Jaeden.

Une catastrophe, comme à chaque fois, pourquoi s’acharner encore et encore, pensais-je très fort en me levant de ma chaise, en ayant assez vu pour aujourd’hui. J’avais assez donné, même largement trop. Je ne voulais et ne pouvais pas l’avoir comme médecin. Le fait que l’on se soit connu avant, rendait illégal et interdite cette thérapie, mais jamais je ne me serais abaissé à dire cela, ou même à prendre la peine de l’exprimer. Je contournais la table, et passais devant le directeur. Jaeden faisait comme bon lui semblerait, ça m’était égal. Mais c’était tout de même le pire de tout ce que j’avais pu voir défiler. Sans me rendre vraiment compte de ce qui me pris, je me retournais suivant vers lui, plantant mon regard dans le sien. J’utilisais le regard que je maitrisais le mieux, me plantant dans ses yeux, tentant d’atteindre le plus profond de son âme. Il frissonna, et je choisis ce moment pour dire d’une voix froide :

– On change.

Autant cesser tout de suite, je n’avais pas ma place dans les mains de ce psychiatre. Je n’émettrais qu’une seule fois cette hypothèse, comme la seule solution vraiment possible. Si Jaeden choisissait de poursuivre, alors je l’accompagnerais dans son choix, comme je l’avais fait avec tous les autres. Seulement, je réalisais peu à peu le double tranchant de ma réaction. Pour la première fois, j’avais dit quelque chose de plus que mes simples phrases sanglantes. J’avais presque émit mon envie ou mon opinion, se rapprochant bien trop de ce que mon moi voulait réellement. Je me maudissais d’avoir dit, cela. Sans trop savoir où me guidait mes pas, je me retrouvais dans ma chambre, ayant de plus en plus de mal à me maîtriser et à renflouer mes émotions. J’avais envie d’être seul et pourtant je pouvais déjà entendre des bruits de pas dans le couloir qui n’étaient autre que ceux de ce directeur. Je pris alors très rapidement sur moi, renflouant le moindre de mes ressentis, redevant l’homme tel que j’apparaissais aux yeux de tous depuis quatre ans. Je pris un livre qui traînait sur le bureau de ma petite chambre qui avait la particularité de n’être que pour moi, et m’assis sur le lit, reprenant ma lecture où je l’avais laissé avant de venir voir Jaeden. Je parvins à vraiment retrouver mon calme, lorsque le directeur frappa à la porte, et entra sans attendre que je le lui dise. Je gardais mes yeux rivés sur mon livre, n’ayant aucune envie de lui parler, et le lui montrant clairement.

– Ilian…

Après un temps où rien ne se passa, je l’entendis pousser un soupir de lassitude.

– Ilian, tu pourrais au moins me regarder quand je te parle !

Il vint s’asseoir à côté de moi sur le lit, reprenant son calme.

– Ilian ? Est ce que ça va ?

Je détestais cette question, mais elle ne me fit en rien réagir. Je n’avais pas envie de lui parler, et rien ne me ferait changer d’avis. J’aspirais à être seul et à pouvoir me remettre de l’épreuve que je venais de vivre malgré moi. Devant mon mutisme, il reprit la parole :

– Alors, comment as-tu trouvé Jaeden ? C’est quelqu’un de très prometteur. Laisse lui sa chance, laisse le te venir en aide Ilian…

S’il mettait beaucoup d’émotions et de gravité dans ses dernières paroles, je n’en étais pas moins las. Qu’est ce que cela changerait à sa vie ? La mienne était définitivement ruinée, et je m’y étais résigné. Jaeden ne faisait qu’enfoncer et remuer le couteau dans ma plaie qui resterait béante à jamais. Jamais celle-ci ne cicatriserait, laissant en moi, cette folie qui m’avait poussée à commettre ce meurtre. Lui laisser sa chance ? Le laisse me venir en aide ? Jaeden était le dernier à pouvoir le faire si cela était possible. Je ne répondis rien, me plongeant dans la lecture de mon livre, souhaitant me couper de cette discussion qui commençait à semer le trouble en moi.

– Puisque tu ne te décides pas à parler, et que tu ne me donnes pas de raisons valables pour changer de psychiatre, Jaeden sera le tien. Vous commencez demain et tu auras la visite de ta mère après-demain. Passe une bonne fin de journée Ilian.

Le directeur se leva et sortit de la chambre, prenant soin de bien fermer la porte de ma chambre. Je repris sérieusement la lecture de mon livre, m’y plongeant si bien, que je ne repensais pas aux deux heures que je venais de passer. J’avais ressentis bien trop de choses pour me laisser attraper par tout cela. Je préférais me concentrer sur la vie du protagoniste de ce livre, faisant le vide total en moi, renflouant tous les événements passés.

*

Le lendemain, je passais une matinée tranquille, pensant seulement vers midi que j’allais voir Jaeden cet après-midi. Je n’étais pas disposé à faire d’efforts, pourquoi prendrais-je la peine de faire cela ? Je venais de finir de m’alimenter par pure nécessité, comme depuis quatre ans. La nourriture était toujours aussi immangeable depuis toutes ses années, mais je ne m’en préoccupais pas particulièrement. Un nouveau malade venait d’arriver, et il était venu s’asseoir en face de moi à table. Je ne lui avais même pas adressé un regard, même quand celui-ci m’avait parlé. Sitôt mon repas fini, j’étais en route pour aller dans ma chambre. Je ressentais le besoin d’écrire un peu, n’ayant que cela pour m’occuper jusqu’à la séance avec Jaeden qui allait avoir lieu dans moins de deux heures. Je pris mon stylo, attrapais un cahier ou une histoire était en train de naître. J’avais envie de faire vivre ce personnage principal, le torturer un peu, mais lui offrir une autre vie que la mienne et m’évader un instant avec lui hors d’ici. Seulement, au moment où je posais le stylo sur la feuille, j’entendis quelqu’un frapper à la porte, et la porte s’ouvrir et se refermer peu de temps après. Je ne pris pas la peine de tourner la tête vers l’intrus, bien agacé de la présence de celui-ci. Je me concentrais de nouveau sur la première phrase que j’allais écrire, laissant enfin glisser mon stylo sur le papier. Il s’approcha de moi, venant trop près à mon goût. Je ne laissais rien transparaître de mon énervement, et continuais de faire comme s’il n’était pas là.

– Je ne savais pas que tu écrivais, me dit-il. Ce sont des romans ?

Sa voix me fit deviner immédiatement son identité, il s’agissait de ce nouveau qui était venu s’asseoir à ma table à midi : Melvin. Il avait décidé de me coller, cela lui passerait bien vite. L’ignorer, c’était ce que j’allais faire, il se lasserait comme tous les autres. Seulement, Melvin ne semblait pas très réceptif à mes signaux, et continua à me parler, s’approcha de mes cahiers remplis de plusieurs années d’écriture journalière.

– Tu as déjà écris tout cela ? Ces cahiers sont à toi ? Je suis vraiment impressionné !

Je n’allais surtout pas l’envoyer promener, cela serait lui montrer un quelconque intérêt et ce n’était pas dans mes projets. Il ignora cependant mon indifférence, et attrapa un cahier, en me demandant :

– Je peux ? J’adore lire… J’aimerais beaucoup lire tes écrits !

Pour la première fois depuis son arrivé, je tournais la tête vers lui, plongeant mon regard dans le sien. Il semblait si naïf et inoffensif… Que faisait-il ici ? Quel crime avait-il commis ? Il avait maintenant le cahier dans les mains, laissant totalement visible sa curiosité. Il attendait une réponse, mais devant mon manque de réaction, et mon visage totalement fermé, il prit mon absence de réponse pour un oui. Il prit le cahier avec lui et alla s’asseoir sur mon lit. Sans perdre un instant, il ouvrit la première page et entama sa lecture, y plongeant en un seul instant, un petit sourire étirant ses lèvres. Il semblait assez jeune et ne devait pas avoir atteint sa majorité depuis longtemps. Il portait le même genre de vêtements que moi, ou devrais-je dire le même costume ou uniforme. Moyennement grand, assez fin, il donnait un aspect fragile, bien que cela ne soit à mon avis que de l’apparence. Ses yeux bleus et ses cheveux châtains très clair, approchant plus le blond, lui donnait un air angélique.

Ne voyant rien à faire, et me fichant de ce qu’il lise cela, je retournais à mon histoire, ignorant de nouveau sa présence. Lui, plongé dans sa lecture et moi écrivant mon histoire, nous semblions exister chacun dans un petit monde séparé, liés seulement par une histoire que j’avais écrite il y a assez longtemps. Je ne vis pas le temps passé, jusqu’à ce que quelqu’un frappe de nouveau à la porte. Cette fois-ci, je tournais la tête vers la porte, et vis le directeur à l’entrée de ma chambre.

– Ton psychiatre t’attend.

Il tourna la tête vers Melvin, surpris de sa présence ici.

– Tiens, tu étais là toi ?

Il me jeta un regard que je n’appréciais pas. Je rangeais rapidement mon cahier et mes stylos, puis je marchais en direction du directeur. Alors que j’allais sortir, sans un regard pour Melvin, celui-ci déclara :

– Je finis de lire, je suis tenu par l’intrigue, je le rangerais en partant.

Je lui lançais rapidement un regard avant de franchir la porte, suivit de près par le directeur.

– Tu le laisses lire ce que tu écris ? Je croyais que personne n’avait le droit ?

– Beaucoup ne se sont pas gêné pour le faire…

Comprenant mon sous-entendu au sujet des psychiatres qui m’avaient subtilisés mes écrits pendant mon absence, il n’ajouta rien, et me laissa devant la porte où j’allais voir Jaeden. Après une profonde inspiration, et après avoir fait le vide en moi de tous ressentis possible, je mis ma main sur la poignée et ouvrit ma porte.

Jaeden était déjà installé à son bureau, et tenait dans ses deux mains un stylo qu’il tournait dans tous les sens cachant mal son stresse. Pourquoi était-il ainsi ? Tous avaient été stressés lors de nos entretiens, mais jamais autant que ne l’était Jaeden maintenant. Avait-il vraiment bien fait de vouloir prendre mon dossier, allant contre l’éthique médicale ?

Il leva les yeux vers moi, et dit nerveusement :

– Bonjour Ilian. Assied toi je t’en pris.

Sans un seul mot ou expression, je vins prendre place en face de lui, déjà ennuyé et las de cet entretien.

– J’espère que cet entretien se passera mieux que la dernière fois, me dit-il avant d’ouvrir son style et de remettra comme il fallait ses feuilles de papiers blancs devant lui.

Je m’appuyais sur le dossier de la chaise, croisant mes bras, sans rien répondre, lui montrant déjà un signe flagrant que c’était mal parti.

– Bien, dit-il, tentant de ne pas se laisser démonter, aujourd’hui nous allons commencer par le tout début.

Je n’aimais pas du tout la tournure qu’était en train de prendre cet entretien. A quoi voulait-il en venir, et où voulait-il nous amener. Troublé, je ne laissais cependant rien paraître, continuant de garder ce visage qui les déstabilisait tous. Il saisit mon dossier, et l’ouvrit à la toute première page qui je le savais exposait ce que j’avais commis et de quelle manière.

– Alors, dit-il, reprenant toute sa belle assurance qui m’exaspérait, nous allons donc parler de la raison de ta présence ici, cela te convient ?

Je posais mon regard sur lui, légèrement curieux de la suite des événements, il attaquait un terrain dangereux.

– Tu es donc ici, pour le meurtre de ton cousin Ewen Abbay. C’est bien cela ? Arrête moi si tu veux parler, n’hésite pas.

Pourquoi disait-il son nom ? Pourquoi disait-il les choses aussi crument. C’était presque dérangeant. Aucun n’avait fait cela avant, ou du moins pas dès la première séance. Je sentais mon moi profond s’agiter à l’entente de ce nom qui avait toujours été difficile depuis que le dernier souffle s’était échappé de ses lèvres.

– En tout cas, c’est ce qui est écrit ici, et tu n’as jamais démenti la version du procès, allant même jusqu’à l’affirmer. Il y a quelque chose qui cloche pourtant. Tu acceptes tout ce qu’on t’a dit, et tu continues de faire cela depuis le procès. Est ce qu’aujourd’hui, tu pourrais me raconter ta version des faits ?

Je plongeais pour la première fois depuis le début de notre entretien, mes yeux dans les siens. C’était un de mes regards profonds, qui mettait tout le monde mal à l’aise. Jaeden loin d’y être habitué, avait du mal à se soustraire à cela. Est ce que cela lui faisait bizarre de me voir ainsi, vide de toutes expressions, vide de toutes choses à donner. J’avais tellement changé depuis plus de quatre ans. Si l’on me présentait l’ancienne personne que j’avais pu être, il m’aurait été impossible de me reconnaître. Cherchait-il à me déstabiliser ou à réellement croire qu’il existait une autre version à toute cette histoire ? J’avais beaucoup de mal à croire en la deuxième hypothèse.

– Ilian, je t’offre l’occasion de parler, de t’exprimer toi personnellement. Je suis là pour t’aider, et ce n’est pas en restant silencieux que ça va pouvoir marcher ! A quoi ça sert que des personnes viennent te voir dans l’optique de t’apporter quelque chose, et de les rejeter ainsi. Notre travail et de t’écouter, pas que tu nous écoutes parler.

Jaeden était en train de perdre patiente, je le reconnaissais bien là. Il n’avait jamais su faire autrement, partant des fois au quart de tour, très impulsif. Mais ce qu’il me disait ne m’affectait nullement. Il en fallait bien plus pour m’atteindre.

– Alors j’attends, sinon je vais le faire à ta place, je te préviens.

Il tentait de me menacer maintenant. Où étaient passés son calme et sa maîtrise de soi ? Je n’avais rien à lui dire, et il avait beau faire tout cela il n’obtiendrait rien. J’ai couché avec lui, je l’ai tué : voilà les deux faits que je n’avais jamais démentis et même affirmés et qui semblaient profondément troubler Jaeden. Pourtant, il continua sur sa lancée, comme s’il récitait un petit texte qu’il avait plusieurs fois répété.

– Bon et bien je me lance…Je me rappelle que tu n’aimais pas qu’on te mente. Tu avais une parfaite aversion pour le mensonge. C’est ce qu’il t’a fait, c’est ça ? Il t’a menti et tu n’as pas pu le supporter ?

J’eus presque envie de rire tellement cette hypothèse était pathétique. Tué quelqu’un parce qu’il nous avait menti, si c’était le cas Jaeden ne serait plus de ce monde. Bien sûr, je continuais mon parfait mutisme, ne répondant rien et n’ayant aucune réaction. Il poursuivit, semblant de plus en plus mal à l’aise par mon silence.

– Où alors tu en as eu tout bonnement assez de lui et tu l’as tué sous un coup de folie après une dispute ?

Le silence régna de nouveau. Je savais qu’il cherchait à me faire réagir, mais il était très mal parti. Ce n’était pas en avançant ces hypothèses plus débiles les unes que les autres qu’il parviendrait à quelque chose avec moi. De toute façon, mieux valait tout cesser, ça n’avait pas de sens de vouloir m’aider, c’était se lancer dans une course perdue d’avance…

– Tu étais trop bourré ? Poursuivit-il. Tu avais consommé des produits illicites ?

Mon absence de réponse lui fit cette fois-ci perdre son sang froid.

– Ilian, tu pourrais me répondre quand même !!! Cria-t-il presque. Alors tu vas me dire maintenant que ton cousin que j’appréciais énormément t’a violé et que tu t’es vengé ? Sors-moi n’importe quoi, mais dis-moi quelque chose.

A l’entente de ce qu’il venait dire, je ne pus cacher la surprise qu’il put lire dans mes yeux que je redressais un peu vers lui. Cette hypothèse là, je ne m’y attendais pas du tout. Entendre dire pour la première fois quelque chose qui se rapprochait de la réalité, me faisait tout autant de bien que cela ne me détruisait. Je me sentais vraiment mal, mon être tout entier criait pour la première fois à la confession. Je mis très peu de temps à me reprendre et à retrouver mon apparence d’homme sans sentiments, mais c’était trop tard Jaeden avait vu. Cependant me voir retomber dans ce mutisme après la phrase provocante qu’il m’avait lancé le fit véritablement sortir de ses gonds et il déclara très froidement, dans le seul but d’attaquer :

– Je trouve quand même bizarre que tu aies commencé à coucher avec ton cousin juste après notre rupture…

Je perdis mon sang froid, répondant à sa colère et surtout déçu qu’il se rabaisse à cela après ce qu’il m’avait dit avant. Le viol n’était pour lui que pour me provoquer et me faire réagir… D’un ton qui ne laissait rien transparaître, je déclarais en me levant :

– Qu’est ce que ça peut te foutre !

Je sortis de la pièce en claquant la porte. Pourquoi ne s’en tenait-il pas aux simples faits, comme tous les autres. J’avais tué mon cousin après avoir coucher avec. J’étais fou et il n’y avait pas besoin de chercher plus loin. Je marchais d’un pas qui cachait mal ma colère jusqu’à ma chambre. Pour qui se prenait-il ? Soudain il venait là, tel un saint sauveur, venu à mon aide. Il se fichait pas mal de moi pendant toutes ses années, sans compter le temps où nous étions ensemble. Je savais que je ne me rabaisserai pas à aller tout révéler au directeur. Jamais je n’irais parler de la relation passé que nous avions eue tous les deux. Cet homme m’avait fait beaucoup de mal et il était parti pour continuer à le faire. J’arrivais presque à bout de nerf et tremblant dans ma chambre, et la vue de Melvin assit sur mon lit, dévorant un autre cahier me força à me calmer, me ressaisissant comme jamais.

– Oh, Ilian, je suis désolé, j’ai fini ce cahier et j’ai tellement adoré que je n’ai pas pû me retenir de lire un autre de tes écrits ! Ce que tu fais ressortir… Tous ses sentiments, ça me fait presque vibrer avec tes protagonistes. Je suis vraiment heureux de pouvoir te lire !

Presque assommé par toutes ses paroles, je ne parvenais à retrouver mon calme que partiellement. Après un léger regard pour lui, sans pour autant lui offrir un sourire face à ses compliments qui m’avaient malgré moi touché, je marchais jusqu’à mon bureau. Je posais mes coudes sur la table et me pris la tête entre les mains, tentant de faire le vide en moi et à défaut de pouvoir évacuer tous ces ressentis, je les renflouais au plus profond de moi, rejoindre tous les autres…

La suite de l’après-midi suffit à me calmer et à me ressaisir. Jaeden m’avait troublé un instant, mais tout était rentré dans l’ordre. Jamais plus je ne me ferais avoir ainsi. Melvin ne quitta ma chambre qu’une fois l’heure du couché sonnée, me piquant au passage une histoire à emporter avec lui. Je ne pouvais nier que j’étais flatté et heureux d’avoir un lecteur comme lui, le seul véritable…

Il lisait l’histoire simplement, ne cherchant pas à l’analyser et la décortiquer comme tous les autres. Il se laissait porter par mes mots, les laissant maître de l’intrigue. Je m’allongeais dans ce lit, inconfortable, et me laissais aller à fermer les yeux, un peu de repos me ferait le plus grand bien, me redonnant des forces après cette journée assez éprouvante.

*

Le lendemain, alors que je traînais dans la salle de télé profitant que personne ne s’y trouve, le directeur vint me chercher pour aller parler à ma mère qui venait ici en visite tous les mois. Si les premiers avaient été difficiles au vu de ce qu’elle me disait à chaque fois, j’étais maintenant blindé vis-à-vis de tout ça. Je marchais jusqu’à la salle des visites, accompagné par un des médecins. Elle m’attendait là, derrière la petite vitre en glace, avec ce même sourire hypocrite qu’elle arborait à chaque fois.

Je vins prendre place en face d’elle, de l’autre côté de la vitre, qui avait quelques trous afin de laisser passer le son.

– Et bien c’est pas trop tôt, commença-t-elle directement. Avec tout ce que tu as à faire ici, tu pourrais au moins être à l’heure. A moins que tu ne veuilles pas voir ta mère ?

Ma mère devait bien être une des seules personnes avec qui j’échangeais quelques mots. Pour le moment, je ne voyais pas quoi répondre à cela, et n’avais surtout rien à lui dire.

– Bon puisque tu es muet, comme à ton habitude, je vais te parler un peu de nous, de ta famille que tu fais souffrir, tu sais, à rester là comme ça.

Croyait-elle vraiment tirer de moi une quelconque réaction ? Aujourd’hui, elle y allait particulièrement fort.

– Avec le regard de tous les voisins sur nous depuis le procès, le voisinage est devenu de plus en plus hostile. Enfin met-toi à ma place, moi, la mère d’un meurtrier. Nous avons été dans l’obligation de déménager, ton père, ta sœur et moi, afin de retrouver un peu la paix. Ce qui fait que je vais pouvoir venir moins souvent au vu de la distance. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même à ne faire strictement aucun effort. Franchement qu’est ce que tu es venu foutre ici ? Finalement, la prison t’aurait peut être fait beaucoup plus d’effet. Tu n’en serais certainement pas là. Au revoir Ilian, à dans quelques mois, j’aurais peu de temps pour toi avec le déménagement. Réfléchi à ta manière de faire, et au désordre que tu as causé dans notre famille. Tout cela tu le mérites finalement.

A peine eut-elle fini qu’elle se leva. Aussi cruelle que pouvait se montrer ses paroles, elles ne m’avaient en aucun cas affecté. La colère de ma mère était bien au delà de ce qui était imaginable. Maintenant qu’elle s’était levée cependant, quelque chose ou plutôt la présence de quelqu’un que je n’avais pas remarqué jusqu’à maintenant me fit tourner la tête vers celle-ci. Mon sang ne fit qu’un tour lorsque je m’aperçus que Jaeden avait assisté à cette scène à mon insu. Le pire, était ce regard empli de tristesse et de pitié pour moi. Je ne voulais pas de ça, pas maintenant, c’était bien trop à porter. Je ne voulais pas sentir sur moi ce regard qui me renvoyait la tristesse et le désespoir que je me refusais. Les yeux de Jaeden à cet instant étaient comme un miroir, le miroir de mon âme s’enfonçant dans un abysse condamné.

De quel droit avait-il assisté à cela ? De quel droit avait-il plongé un peu trop profond dans ma peine, une visite difficile que je m’étais toujours forcé de cacher aux yeux de tous. Même dans un tel état de détresse et de destruction, tout cela n’était qu’intérieur. En effet, aucun signe extérieur ne me trahissait. J’avais toujours le même visage qui empêchait Jaeden de lire en moi. Pour appuyer sur le fait que je me fichais de sa présence, je me levais, mais malheureusement trop rapidement, alors je fis tomber ma chaise, ce qui ne fit que rajouter à ma colère. Pourquoi était-il venu ? Pourquoi souhaitait-il à ce point s’occuper de mon dossier ? Voulait-il se racheter du passé ? C’était trop tard, le mal était fait, et j’avais de plus en plus de mal à le contenir en moi. Je me sentais trahis et horriblement énervé qu’il ait assisté à cela. Je l’entendis m’appeler, tentant vainement de me rappeler et de m’expliquer la raison de son agissement, mais c’était trop tard. Je partais en direction de ma chambre dans le but de pouvoir me ressaisir, j’étais littéralement en train de craquer. J’avais pu tenir jusque là, mais le revoir lui et son regard si triste était insurmontable. Quel regard poserait-il sur moi s’il connaissait la réalité. Je devais continuer à rester le terrible assassin atteint de folie que tout le monde voyait en moi. Pourtant ce regard était en train de fissurer ma carapace, faisant remonter à la surface une souffrance telle que je n’avais plus aucun contrôle sur elle. La colère contre Jaeden et contre moi-même était tellement forte que je rentrais dans ma chambre en claquant ma porte. Je n’étais qu’à un seul pas de la crise de nerf. Je ne supportais plus rien, même pas ma propre présence. La folie dont on m’avait accusé depuis toutes ces années était maintenant réellement là. Savait-il ce que j’avais vécu, s’imaginait-il ce que j’avais dû supporter et endurer une fois que nos chemins s’étaient séparés. Etait-il vraiment prêt à m’aider ? Je ne voulais pas de leur aide, je ne voulais pas du genre de méthode qu’ils employaient. Je voulais simplement que tous me foutent la paix. Je ne supportais plus, c’était au dessus de mes forces. J’étais entrain de me rendre compte que je n’étais même plus capable de me maîtriser. D’un geste sec, je renversais le vase et les livres qui étaient posés sur mon étagère, criant presque ma rage et ma douleur. Beaucoup d’objets suivirent pour la première fois depuis quatre ans, suite à un simple regard, je craquais littéralement. Je ne pouvais plus. C’était bien trop !

J’avais tellement mal que j’étais incapable de faire appel à ma raison. Tout ce que j’avais renfloué en moi pendant toutes ces années, ressortait de plus belle pour m’anéantir définitivement. Je ne pouvais plus faire semblant, du moins pas maintenant. Ma chambre ressembla très vite à un chantier, seuls mes cahiers avaient été épargnés. Mes cris et le bruit que je faisais ne tarderaient pas à tous les faire venir. Je me surpris à penser que je ne voulais pas que Jaeden me trouve dans cet état et pourtant c’était inévitable. Je me retrouvais maintenant essoufflé, au milieu de ma chambre, regardant le désastre qui s’offrait à mes yeux. Mon regard se posa sur le verre brisé du vase, me plongeant irrémédiablement dans le passé, un des jours les plus sombres de ma vie, celui du meurtre que j’avais commis. Mon cœur se serra si fort que j’avais l’impression qu’il allait imploser. J’avais de plus en plus de mal à respirer, si bien que je tombais à genoux sur le sol à côté du verre brisé. Il fallait que je contrôle cette douleur qui était en train de prendre bien plus que la possession de mon être. Sans réfléchir un seul instant et encore une fois uniquement pour ma survie, je saisis le plus gros morceau de verre posé sur le sol au milieu des fleurs et de l’eau qui étaient répandues sur le sol. Je l’approchais de mon bras complètement nu et offert. Me faire mal, c’était la seule solution, devenir maître de ma douleur. Les larmes inondaient mes yeux qui pour une fois reflétaient l’étendu du désastre qui régnait en moi. Le verre coupa ma peau avec tellement de facilité que cela en était déconcertant. Le liquide vermeil s’en écoula très vite, bien que j’eus fait attention à ne pas trancher trop méchamment la plus grosse veine. Mon but n’était pas de mourir, mais de me soulager un instant pour ne pas mourir oppressé par mes propres ressentis. Un soulagement m’envahit en ressentant cette douleur au niveau de mon bras que je vivais comme salvatrice. Oublier ce mal qui était inscrit au plus profond de moi, oublier ce regard que Jaeden m’avait lancé, oublier ma vie, oublier ce que j’étais, ne ressentir que la douleur lancinante et terrible de mon bras lacéré plusieurs fois profondément. La vue de mon bras ensanglanté par les coupures profondes que je venais de lui faire subir en aurait fait pâlir plus d’un. Pourtant, je ne parvenais pas à détacher mes yeux de celui-ci, comme pour rendre la chose encore plus douloureuse. Cette douleur était inouïe et tellement puissante. Je n’aurais su décrire le bien que cela me faisait. Il dépassait mille fois la douleur causée. Tout s’était produit si vite… Comment avais-je pu basculer dans cet état aussi facilement ? Je raffermis mon étreinte sur le bout de verre, et si j’en finissais pour de bon ?

La porte s’ouvrit, un cri ne tarda pas à se faire entendre…

Ne pars pas – Chapitre 16

Chapitre 16 écrit par Mai-Lynn

Un sourire étira ses lèvres. Un sourire magnifique qui me fit plaisir. Et ce sentiment là, je l’adorais autant que je le détestais…

– J’adorerais…

Nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher alors que sa main glissait derrière ma nuque pour m’attirer vers lui. Nos lèvres se retrouvèrent pour un nouveau baiser passionné, me faisant comprendre qu’il était heureux, et qu’il allait me le prouver sur le champ…

**

Après une énième conférence de presse organisée par Alex, nous étions partis boire un verre au Sunset, un bar assez huppé de la ville. Liz avait finit par nous rejoindre n’ayant pas vraiment envie de retrouver Joshua à son appartement, qui avait décidé de rester un peu avec Morgan et Jules. Devant moi, se trouvait Baptiste qui passait son temps à regarder ses messages où à appeler sa boîte vocale.

– Baptiste, tu deviens pathétique… Soufflais-je en levant les yeux au ciel

– Il a dit qu’il allait me rappeler… Dit-il en composant une nouvelle fois le numéro de sa boite vocale.

Vivement, j’attrapais son téléphone, n’écoutant pas ses protestations.

– Tu t’es fait un gars, pendant une soirée, point barre ! Dis-je durement, si tu voulais plus, il fallait lui dire tout de suite que tu voulais plus.

– Mais tu m’as toujours dit…

– Depuis quand tu écoutes Éden ?

Cette fois, c’était Laura qui avait parlé. Elle se trouvait entre Liz et Kelly, une vodka pomme entre les mains.

– C’est vrai ça, depuis quand tu m’écoutes ? Soufflais-je en haussant les épaules.

Baptiste croisa les bras, boudeur.

– Je ne vois pas pourquoi tu cherches à tout prix à vouloir te caser, continuais-je dans une grimace, t’es guitariste dans un groupe qui devient célèbre, tu devrais profiter !

– Dixit le gars qui sort avec la même personne depuis euh… Bientôt six mois non ? S’exclama Félix, un petit sourire aux lèvres.

– Et qui compte l’amener tout le week-end chez nos parents… Rajouta Liz, amusée.

– Je ne sors pas avec Morgan… Et pendant 2 mois et demi, on ne s’est pas vu ! Dis-je le regard noir.

– Vu que c’est lui qui a un copain… ça ne serait pas plutôt Morgan qui ne sort pas avec toi ? Fit Kelly en faisant semblant de réfléchir.

– Pourquoi on parle de moi tout à coup ? M’écriais-je vexé, Baptiste prend tout trop à cœur, dîtes le lui vous aussi !

Tout le monde rigola puis Liz posa sa main sur l’épaule de Baptiste.

– Je ne pensais pas dire ça un jour mais… Éden a raison…

Je la fusillais immédiatement du regard et elle éclata de rire.

– Non, mais c’est vrai Baptiste, tu veux tomber amoureux mais te faire le premier type qui passe et attendre qu’il te rappelle, ce n’est pas tomber amoureux…

– Alors qu’est-ce que je dois faire ? Dit-il dans une grimace.

– Continuer à t’amuser… Aie ! Criais-je en posant ma main sur mon mollet où Kelly venait de me donner un violent coup de pied.

– Tu dois rencontrer la personne avec qui ça fait tilt du premier coup, expliqua Liz, dans un sourire.

– Et si ça ne fait pas tilt de son côté ? Demanda Baptiste, d’une petite voix

– Et bien tu passes à la suivante !

– Elle est débile ta stratégie Liz… Soufflais-je en portant mon verre à mes lèvres.

– Je suis d’accord avec Éden… Ma parole, tu es là voix de la raison ce soir ! S’écria Félix.

Tout le monde éclata à nouveau de rire. Tout le monde, sauf Baptiste qui posait son regard sur moi. Un regard triste dont je ne voulais pas comprendre la signification. Vivement, je levais la main pour commander une nouvelle tournée, mal à l’aise.

**

Le lendemain, c’est avec un léger mal de crâne que j’avais rejoins tout le monde pour une répétition et comme nous en avions prit l’habitude, j’étais resté à la fin, seul avec Morgan. Nous travaillions encore sur ma voix mais cette fois, c’était Morgan qui avait du mal à se concentrer et je pouvais lire sur son visage que ce n’était en aucun cas parce qu’il avait envie de faire autre chose avec moi.

Lorsqu’il se trompa une nouvelle fois d’accord, je ne tins plus et m’arrêtais de chanter. Mon regard se posa sur lui.

– Quelque chose ne va pas ? Demandais-je en fronçant les sourcils,

– Je… Non… Dit-il en fixant les touches de son instrument.

Mais il me mentait. Je le connaissais assez maintenant pour savoir lorsqu’il ne me disait pas la vérité. Il voulu reprendre sa musique mais je l’en empêchais, légèrement agacé, en attrapant son poignet et en le tournant vers moi.

– Morgan… Qu’est-ce qu’il y a ? Demandais-je, cette fois plus durement.

– Rien… Souffla-t-il dans un sourire qui sonnait faux.

Il voulu m’embrasser, mais je voyais bien là une manière de détourner la conversation. Vivement, je tournais la tête, ne me fiant pas à son regard blessé.

– Morgan… Dis-moi !

– Je ne vais pas pouvoir venir ce week-end, j’avais oublié que Jules m’avait invité… Laissa-t-il échapper, d’une traite.

Sous la surprise, mes doigts lâchèrent son poignet et mon cœur se serra jusqu’à m’en faire mal à la poitrine.

– Ah, ok… Murmurais-je tentant de masquer ma déception.

– Je suis désolé, il me l’a rappelé hier et… Si j’avais su je ne t’aurais pas dit que…

– Arrête ! Le coupais-je immédiatement, pas besoin de te justifier. C’est moi l’amant non ?

C’était ma place. J’étais l’homme caché et j’avais accepté ce rôle. Quelle idée j’avais eu de l’inviter chez mes parents… Les autres avaient raison, je m’impliquais beaucoup trop là dedans.

– J’aurais vraiment voulu voir ta famille avec toi… Lâcha-t-il, le regard légèrement triste.

Je ne voulais pas de ça. Surtout pas de ça. Vivement, je me levais et attrapais ma veste posée près du piano.

– Je… Je suis ton amant, tu n’as pas à vouloir voir ma famille, dis-je agacé,

– Arrête de dire ça… Répliqua-t-il énervé.

Mais je ne répondis rien. Tout ce que je voulais à cet instant, c’était être seul. J’allais trop loin avec lui. Venir avec moi passer le week-end chez mes parents ? Une belle connerie. Mais ce qui me faisait le plus de mal, c’était de voir que ce Jules pouvait faire n’importe quoi de lui…

– Je dois y aller, fis-je en me retournant vers la sortie, passe un bon week-end avec ton crétin.

Et sans lui laisser le temps de me retenir, je sortais de la salle. Il nous restait encore quelques jours avant le week-end mais la vérité, c’était que je ne voulais pas le revoir avant. J’avais besoin de redéfinir les limites que je nous imposais. Et pour ça, je devais me trouver loin de lui…

**

J’assistais aux répétitions sans grand enthousiasme. Je sentais le regard de Morgan posé sur moi mais je faisais tout pour ne pas céder. Et lorsque la répétition prenait fin, je faisais en sorte de partir le premier pour l’empêcher de me retenir. Et lorsqu’il m’avait envoyé un de nos messages codés « La répétition est avancée », je n’avais pas pris part à cette mascarade et j’avais répondu « Elle est annulée ». C’était puéril et totalement immature. J’en avais totalement conscience mais j’étais incapable de réagir d’une autre manière. Je n’étais pas habitué à passer après quelqu’un d’autre. J’étais toujours celui qu’on voulait, qu’on désirait. Avec Lucas comme avec tous les types que j’avais rencontré durant ces cinq années.

Ce soir-là, je le passais encore une fois seul. Je venais de raccrocher avec ma mère pour lui donner l’heure de notre départ à Liz et moi. Je n’avais pas eu le cœur de lui annoncer que Morgan ne venait finalement pas, je pourrais toujours trouver une excuse en arrivant là-bas.

Tout à coup, quelqu’un frappa à la porte et je me retournais. Je n’attendais personne… J’allais ouvrir la porte pour me figer aussitôt en y découvrant celui que j’évitais.

– Morgan ?

Il releva la tête et ma surprise disparue pour laisser place à toute la déception que j’avais emmagasiné en moi ces derniers jours.

– Tu ne devrais pas être dans un chalet avec ton crétin ?

Et là, sans que je comprenne vraiment comment, ni pourquoi, Morgan éclata en sanglots. Il me fallut quelques secondes avant de réagir pour l’attraper vivement et le prendre dans mes bras. Sa tête plongea dans mon cou alors que je le serrais contre moi. Il pleurait à chaudes larmes et je me sentais totalement impuissant. Pire que ça, j’avais été idiot, encore une fois…

Plusieurs minutes passèrent ainsi, sans qu’aucun de nous deux ne parlâmes. Il avait besoin de moi et je serais là pour lui. Avant toute notre histoire, il était aussi mon ami après tout. Lorsqu’il fut calmé, il se recula, légèrement honteux.

– Je… J’espère que je ne te gêne pas… Dit-il d’une petite voix.

Je posais ma main sur sa joue, tendrement et l’obligeais à croiser mon regard. Là, à l’aide de mon pouce, je tentais d’effacer les larmes sur ses joues ?

– Je ne savais pas que la répétition était avancée, soufflais-je dans un sourire pour le détendre.

Morgan rigola avant de secouer la tête amusé.

– Je suis désolé… Dit-il en passant ses mains sur ses joues.

– Désolé ? De quoi ? Répondis-je en m’écartant un peu de lui,

– De venir pleurer comme ça chez toi…

– Je pense que c’est mon rôle, puisque je suis ton amant câlin…

Il était mal et j’étais près à tout pour lui faire oublier ça, même à tomber dans la mièvrerie. Doucement, je posais mes lèvres sur les siennes pour un baiser qui m’avait incroyablement manqué ces derniers jours. Nos langues ne tardèrent pas à se retrouver tout aussi tendrement. Lorsque l’air vint à nous manquer, je m’écartais de lui, ancrant mon regard dans le sien.

– ça va mieux ?

Un petit sourire étira faiblement ses lèvres. Je n’allais pas l’assaillir de questions maintenant. Il était mal et tout ce qu’il avait besoin maintenant, c’était du réconfort.

– Tu as mangé ? Demandais-je en me retournant.

– Non…

Je l’invitais à me suivre dans le salon et attrapais mon téléphone portable pour commander à manger.

– Je vais commander quelque chose, tu préfères quoi ? Chinois ?

– Je n’ai pas très faim…

– Ce n’est pas la question que j’ai posé… Dis-je dans un sourire, alors, ça sera chinois.

Je composais alors le numéro avant de passer la commande. Je pris plusieurs repas, préférant ceux que Morgan et moi aimions le plus. Lorsque la commande arriva, nous mangeâmes, mais son téléphone n’arrêtait pas de vibrer dans la poche de son jean. Après de nombreux appels, Morgan finit par attraper le téléphone avant de l’éteindre sans même regarder qui l’appelait. Il était vraiment furieux, je n’en avais maintenant plus aucun doutes.

– Tu veux qu’on sorte après ? Demandais-je cherchant à lui changer les idées.

– Je préférais rester ici… Répondit-il sans oser croiser mon regard

– Ok… Dis-je en réfléchissant à ce que nous pourrions faire, alors je sais !

Vivement, je me levais et allais dans ma chambre pour trouver ma guitare. La musique était le seul moyen pour Morgan de se vider la tête… En plus du sexe mais quelque chose me disait qu’il n’était pas vraiment d’humeur pour la deuxième solution…

– On peut jouer un peu, proposais-je en lui tendant l’instrument.

Il attrapa la guitare avec un sourire et sans attendre commença à l’accorder.

– Quel morceau ?

– Surprends-moi, soufflais-je en m’asseyant à même le sol près de lui.

Au regard amusé qu’il me lançait, je su que j’avais touché dans le mille. Il commença alors à jouer une chanson très connue et je sentis mon estomac se crisper en me rappelant des paroles et du rythme de la chanson. Mais c’était un joli défi à relever… Sans attendre, je commençais à l’accompagner, ravi de voir que je parvenais à lui faire oublier sa peine quelques instants…

**

Et lorsque la fatigue avait commencé à se faire sentir, nous étions aller nous coucher. C’est avec une légère gène que je lui avais prêté un pyjama. Je n’étais pas vraiment habitué à faire ce genre de chose avec un homme et encore moins avec lui. Même si j’avais eu du mal à m’empêcher de le regarder se changer, je savais qu’il ne devait rien avoir de plus.

Une fois couché, Morgan vint se blottir contre moi et je le pris immédiatement dans mes bras. J’avais conscience de ce que je lui offrais mais pour ce soir, je mettais tout ça entre parenthèses. Pourtant, alors que je faisais tout pour ne pas penser au sexe, Morgan commença à passer ses mains sur mon torse. Je sentais mon cœur tambouriner de plus en plus dans ma poitrine alors qu’elles devenaient de plus en plus osées et je cherchais un moyen de le faire stopper. Mais lorsqu’il releva la tête pour m’embrasser, un baiser des plus fougueux, je perdis pied. L’une de mes mains partit sur sa nuque pour l’empêcher de s’éloigner alors que je sentais sa main frôler mon sexe. Mais dans une caresse plus prononcée que les autres, sentant que j’étais sur le point de réellement craquer, j’attrapais sa main et le repoussais légèrement, ancrant mon regard dans le sien.

– Tu es sûr ? Demandais-je sérieusement.

Son regard se voilà de tristesse et dans un soupire, il s’allongea sur le dos. Je me redressais alors pour m’allonger sur le côté. Nos regards se croisèrent et j’attendis patiemment qu’il me parle.

– Est-ce que tu trouves que… Enfin… Est-ce que… Souffla-t-il, de légères rougeurs aux joues.

– Est-ce que quoi ? Demandais-je en fronçant les sourcils

– Est-ce que tu me vois comme une pute…

– Quoi ?

Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. D’où est-ce que ça venait ? C’était bien la première fois que je l’entendais parler de ça, comme ça…

– Tu me poses de ces questions bizarres… Ajoutais-je amusé.

Mais à son regard, je compris que ce n’était pas sur un coup de tête qu’il me demandait cela. Gêné, il s’assit, remontant ses genoux contre sa poitrine et les entourant de ses bras.

– Je n’ai pas mis longtemps à te résister… Et c’est pareil avec tous les types que je rencontre… Dit-il, d’une voix tellement faible que j’en eus mal au cœur.

Je m’assis à mon tour dans le lit et attrapais son menton pour le forcer à croiser son regard. Où avait-il bien pu aller chercher cette idée ?

– Moi je me suis tapé la moitié de la ville, alors je dois être encore plus « pute » que toi… Répliquais-je dans un sourire amusé.

Morgan ne pu s’empêcher de rigoler, apparemment soulagé.

– Alors on était fait pour se rencontrer, fit-il, un petit sourire aux lèvres.

– Sûrement, soufflais-je avant de capturer ses lèvres dans un baiser doux.

Et encore une fois ce soir, ce fut lui qui prit les initiatives en me faisant basculer contre le matelas, un sourire extrêmement sensuel au bord des lèvres…

**

La respiration saccadé, je m’étais écroulé sur Morgan après une partie de jambe en l’air des plus démentielles… Une chose était sûre, j’allais le réconforter plus souvent s’il me remerciait de cette façon à chaque fois… Ses doigts caressant mon épaule m’apaisaient d’une manière telle que j’avais l’impression de ne pas avoir été aussi à l’aise avec un homme depuis un moment…

Mais même si j’avais pris mon pied, je ne pouvais m’empêcher de penser à ce qu’il m’avait demandé. Un pute ? Je connaissais assez Morgan pour savoir qu’il ne penserait pas ça de lui. Son petit-ami lui, par contre…

– Je peux te poser une question ? Demandais-je totalement dans mes pensées.

– Je… Oui… Répondit-il hésitant.

– Qui est-ce qui t’a dit ça ?

Pour ne pas lui laisser le loisir d’éluder la question, je relevais la tête et posais mon menton sur son ventre, ancrant bien mon regard dans le sien.

– A ton avis… Souffla-t-il gêné.

Je sentis une rage immense s’emparer de moi, autant contre Jules que contre Morgan.

– Ce n’est pas un crétin, c’est un vrai connard, m’exclamais-je les dents serrées, Pourquoi tu restes avec ce type ?

– Je… C’est compliqué… Dit-il en détournant le regard.

– Pourquoi ? Soufflais-je n’étant pas disposé à lâcher le morceau.

– Je suis quelqu’un de faible Éden, je me sers de Jules.

– Tu te sers de Jules ? A voir la manière dont il te traite, je pencherais plutôt pour l’inverse.

Je sentis ses mains sur mes épaules se crisper légèrement et je devinais que j’avais touché un point sensible. Mais Morgan devait arrêter de se laisser faire ainsi…

– Je… J’ai besoin de ce que m’apporte Jules… Avoua-t-il après une pause.

– Ah ? Et qu’est-ce qu’il t’apporte ? Demandais-je aussitôt.

Il ne pu soutenir mon regard et ne répondit pas. Il savait tout comme moi que cette relation ne rimait à rien. Et le déclic se fit à cet instant. Il n’aimait pas Jules… Il aimait le confort que lui apportait Jules. Il aimait simplement le mot « couple » et la sécurité qui en découlait. Moi… Moi j’étais celui qui lui refusait de mettre un mot sur ce que nous faisions. Celui qui se contentait de vivre l’instant présent et la dernière fois qu’il avait accepté, je m’étais enfui sans lui donner de nouvelles… Mais c’est deux mois et demi m’avait montrés que je ne recommencerais pas cette bêtise. J’avais compris que Morgan était plus qu’un plan cul, et je l’avais accepté…

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je reposais ma tête sur son ventre, évitant à mon tour son regard.

– Si tu as peur que je m’enfuis comme la dernière fois, ce n’est pas la peine. Je ne le referais plus. J’ai été idiot…

Je fis une très légère pause, cherchant bien mes mots afin de ne pas lui faire mésinterpréter tout ce que je voulais dire.

– Même si je ne peux pas tomber amoureux de toi, je… Je tiens à toi Morgan…

Je sentais mon cœur exploser dans ma poitrine, autant de tristesse que d’appréhension. Mais pour la première fois depuis longtemps, je me laissais aller à ressentir ça… Je redressais la tête pour croiser son regard étonné.

– Est-ce que tu es heureux là, maintenant ? Demandais-je sérieux,

– Oui… Murmura-t-il le regard sincère.

– Alors pourquoi est-ce que tu cherches à te compliquer la vie avec un gars qui au final te fait plus de mal de que de bien ?

Le bonheur que je pu voir sur son visage fit battre mon cœur et lorsqu’il m’attira à lui une nouvelle fois pour un baiser des plus passionnés, je ne pus m’empêcher d’y répondre tout aussi ardemment, me sentant plus léger après cette confession…

**

La nuit fut courte et le réveil brutal. Allongé sur le dos, un bras posé sur mes yeux, je tentais de me décider à bouger, mais j’étais épuisé…

– Je ne savais pas que ça allait être aussi épuisant d’être un amant câlin… Murmurais-je dans un petit sourire.

J’entendis Morgan éclater de rire et je me félicitais d’avoir réussi à lui remonter le moral. Sa tête se cala contre mon épaule et tout son corps se colla au mien alors que sa main caressait tendrement mon torse. Finalement, je laissais tomber mon bras qui recouvrait mes yeux et ma main attrapa celle de Morgan, entrelaçant nos doigts. Le silence refit son apparition et je me laissais peu à peu bercer par nos deux respirations. Mais Morgan finit par me rappeler à l’ordre.

– Dis… Éden, est-ce que… Est-ce que je peux toujours venir chez tes parents ?

Je tournais la tête vers lui, amusé, oubliant tout ce que j’avais essayé de me faire croire hier…

– Depuis que je leur ai dit que tu venais, ils n’arrêtent pas de parler de toi. Alors je pense que tu n’as pas bien le choix.

– Tu ne leur as pas dit que… Enfin… Dit-il, légèrement mal à l’aise.

– Non…

Je n’avais pas vraiment envie de parler plus longtemps de ça. Pourquoi je m’évertuais à jouer la comédie à mes parents ? Je n’en avais aucune idée et je ne cherchais pas à en avoir… Mon regard se posa sur mon réveil.

– Liz ne va pas tarder à arriver, dis-je dans un soupire, et prépare-toi à l’ouragan. On devrait se lever… Tu peux passer chez toi prendre des affaires.

Mais je vis immédiatement son visage se fermer et je compris qu’il ne voulait pas risquer de recroiser Jules.

– Bon, je te prêterais des vêtements.

Et sans attendre, je me recouchais. Morgan fit de même avant de se lever tout aussi vite. Quelques minutes plus tard, j’entendis l’eau couler et sans vraiment que je ne le veuille, l’image de Morgan nu, l’eau coulant sur son corps laiteux se plaça dans mon esprit et je fus incapable de me rendormir. Un grognement s’échappa de mes lèvres et je me décidais à me lever, voulant aller voir par moi-même plutôt que de l’imaginer. Et le spectacle qu’il m’offrit fut des plus sensuels. Nu, les yeux fermés, incroyablement détendu, il passait ses mains dans ses cheveux. Morgan était canon. Mieux que ça, il était incroyablement beau. Et quand on le connaissait, on ne pouvait que l’apprécier… Alors comment faisait ce Jules pour être un bel enfoiré avec lui ?

Je perdis pas de temps et allais le rejoindre dans la cabine, me collant tout contre lui. Il tourna la tête vers moi, surpris.

– Ne t’inquiètes pas, je viens juste me laver, mentis-je, un sourire en coin étirant mes lèvres.

– Est-ce qu’une fois seulement on a fait que se laver dans la douche ? Me demanda-t-il, sachant déjà la réponse.

– Il faut bien une première fois à tout, soufflais-je en haussant les épaules avant d’éclater de rire, nous connaissant parfaitement.

J’attrapais le gel douche en me penchant un peu plus contre lui, cherchant à le tenter à nouveau même si je n’en avais pas vraiment besoin vu son sexe légèrement dressé.

– Ne bouge pas, murmurais-je en mettant du savon sur mes mains

Et lorsque je posais mes mains sur son dos, mon sourire s’élargit en le sentant frissonner. Je lui faisais encore de l’effet. Malgré ces six mois comme l’avait dit Félix, malgré toutes ces parties de jambes en l’air et même malgré cette nuit des plus sportives, je lui faisais encore de l’effet. Et lui me faisait un effet tout aussi dingue. Excité comme jamais je me collais à nouveau dans son dos et passais mes mains sur son torse, le savonnant d’une façon peu innocente. Mon intimité parfaitement dressée caressaient ses fesses et je le laissais succomber. Je pris un malin plaisir à passer mes mains sur chaque parcelle de son corps alors qu’il avait fermé les yeux. Et lorsque mes mains massèrent ses fesses, il ne tint plus et se retourna, happant mes lèvres dans un baiser des plus fougueux.

Je perdis pied et le plaquais contre le carrelage de la douche. Un léger cri s’échappa de ses lèvres sous le froid du carrelage, mais il l’oublia bien vite lorsque mes mains rapprochèrent son bassin du mien pour entrer en contact avec mon sexe.

Sensuellement, sa main descendit entre nos deux corps et toucha mon sexe. Grisé, je fis la même chose avant de laisser mes lèvres à la redécouverte de son cou. Des gémissements s’échappaient de nos lèvres et la température monta d’un cran.

Bientôt, je ne pus plus tenir et je retournais Morgan. La préparation que j’allais lui faire allait être rapide au vu de tout ce que nous avions fait cette nuit… Le premier doigt fut accueillit par un cri de surprise, de douleur et de plaisir. Mais même si j’avais envie de le reprendre, là, sur le champ, je fis un effort pour lui enlever cette douleur et ne laisser que le plaisir.

Quand je ne pus plus me retenir, j’enlevais mes doigts et pénétrais en lui, le plus doucement possible. Un cri franc de plaisir et de douleur s’échappa des lèvres de mon amant et je me stoppais net, attendant qu’il s’habitue à moi. Mais Morgan en avait tout autant envie que moi et bientôt il commença à se déhancher. Mes mains sur ses hanches, j’entamais des coups de reins violents, mes lèvres posées sur son épaule que je mordillais lorsque le plaisir était trop bon. Nos corps s’épousaient à merveille et je perdis totalement la raison, envahis par cette vague de chaleur si dévastatrice. Et plus vite que je ne l’aurais cru, elle me fit éjaculer en lui tandis qu’il faisait de même.

Le souffle coupé, nous ne bougeâmes pas pendant quelques minutes, savourant cet orgasme. Je finis par me retirer et Morgan en profita pour se retourner et m’offrir un baiser des plus doux auquel je répondis aussitôt. Et lorsque l’air vint à nous manquer et que nos regards se croisèrent, nous éclatâmes de rire. Alors que j’allais une fois de plus le charrier sur son incapacité à me résister, Liz me devança.

– C’est bon ? Vous avez fini ? Il serait peut-être temps de se préparer pour partir !

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me reculais, les dents serrées.

– Il faut vraiment que je récupère mes clefs… Dis-je agacé.

J’attrapais le gel douche et commençais à cette fois vraiment me laver. Quelques minutes plus tard, nous étions hors de la douche et j’attrapais toutes mes affaires pour les mettre dans ma valise. Mais au moment même où j’allais ouvrir la porte, Morgan me retint avec un baiser passionné. Un baiser qui me fit frissonner tant il était doux et me laissa pantelant lorsque l’air vint à nous manquer. Son regard s’ancra dans le mien et un petit sourire étira ses lèvres alors que je me sentais rougir, les yeux écarquillés.

– Éden, magne-toi ! Cria Liz, de plus en plus énervée.

– C’est bon ! Râlais-je en reprenant contenance et en évitant le regard amusé de Morgan par l’effet produit.

Je me décalais légèrement et ouvrais la porte pour croiser le regard furibond de ma sœur.

– Sérieux Éden ! Il faut toujours que tu sois à la bourre ! S’écria-t-elle, les poings sur les hanches.

– Ce n’est pas vrai ! Répliquais-je aussitôt, j’aurais été à l’heure si Morgan n’était pas arrivé hier !

Morgan sortit à son tour de la salle de bain, rouge de gène, une serviette nouée sur ses hanches. Le regard de Liz changea du tout au tout, passant de la colère à la tristesse.

– Je me doutais que tu serais ici… Dit-elle, d’une petite voix, Joshua est vraiment inquiet tu sais, il…

– Je n’ai pas envie de parler de lui, trancha Morgan, froid.

Liz acquiesça et je la fis sortir de la chambre. Une fois seuls, mon regard se posa sur mon amant qui me regardait tout penaud.

– Quoi ? Fis-je surpris… Ah oui ! Des vêtements !

Et sans attendre j’ouvrais ma commode pour chercher un jean, mais mon regard se posa sur un pantalon de cuir noir. Un petit sourire aux lèvres, je l’attrapais prenant en plus une chemise blanche, des chaussettes et un boxer. Lorsque je posais tout ça sur le lit, Morgan me regarda surpris.

– Attends… Souffla-t-il ennuyé, je ne peux pas porter ça pour aller chez tes parents.

– Pourquoi ? Demandais-je dans un sourire moqueur, tu seras vraiment sexy !

Morgan leva les yeux au ciel et attrapa le pantalon en cuir.

– Si je porte ça, dit-il sérieux, et vu ce qu’il s’est passé dans la salle de bain tout à l’heure… Est-ce que tu peux me promettre de ne pas avoir d’érection dès que tu me verras marcher là dedans ?

Une grimace étira mes lèvres en imaginant Morgan dans ce pantalon et je sentis immédiatement mon intimité se durcir légèrement.

– Tu n’es vraiment qu’un pervers ! Souffla Morgan en me balançant le pantalon sur la figure.

Je ne pus m’empêcher de rire et je lui attrapais un jean qui lui irait avant de m’habiller à mon tour. Un pantalon en toile beige surmonté d’un polo blanc, voilà qui ferait l’affaire. J’attrapais de quoi nous changer pour le dimanche et les fourrais dans un sac de voyage en plus de mes affaires de toilettes.

Quelques minutes plus tard, nous retrouvions Liz dans le salon.

– Morgan… Tu es sûr de ne pas vouloir… Juste lui dire que tout va bien ? Demanda-t-elle encore une fois.

– Non, répondit mon amant avant d’attraper ses chaussures et de les enfiler.

Mon regard croisa celui de ma sœur et je haussais les épaules. Il m’avait raconté pour Jules, mais il devait aussi en vouloir à Joshua… Peut-être parce qu’il n’avait pas prit sa défense… J’entendis Liz soupirer et elle remit sa veste. J’enfilais mes chaussures puis nous sortîmes de l’appartement. J’allais me mettre devant avec Liz comme conductrice tandis que Morgan chargeait la voiture. Quand il vint nous rejoindre sur le siège arrière, il ne put réprimer un gémissement de douleur et immédiatement nous nous retournâmes vers lui, surpris.

– ça ne va pas ? Demandais-je en fronçant les sourcils.

Mais des rougeurs colorèrent ses joues une nouvelle fois et il évita notre regard en répondant un « si, si » faible. Je ne pus m’empêcher de rire en comprenant qu’il avait du mal à tenir assis, surtout après cette nuit…

– Quoi ? Fit Liz en me regardant.

– Rien, dis-je en me retournant, tu devrais peut-être t’allonger Morgan, la route va être longue !

Je le vis me fusiller du regard dans le rétroviseur et je ne pus réprimer un nouveau rire…

**

Trois heures plus tard, nous arrivâmes chez mes parents qui sortirent en nous voyant. Ils prirent Morgan dans leurs bras comme s’il était un membre de la famille à part entière et à voir son regard troublé, je sus que ça lui faisait plaisir. J’attrapais les bagages et mon père m’aida à tout monter dans ma chambre, posant une des valises dans la chambre de Liz.

– Il a une petite mine Morgan… Souffla mon père en déposant un sac sur le sol.

– Il s’est disputé avec son frère, répondis-je en éludant la question, ça ne leur prend pas souvent donc ils ne sont pas habitués.

– Comme nous…

Je ne pus m’empêcher de rigoler. Avoir cinq enfants qui passaient leur temps à se chamailler ne devait pas être quelque chose de très reposant. Dans un soupire, je m’allongeais sur mon lit, posant mes mains sur mes yeux.

– Je suis crevé ! Dis-je d’une petite voix.

– Repose-toi un peu avant de descendre, mais après il faudra que tu sois d’attaque ! S’écria mon père en sortant de la chambre

– Pas de souci !

J’entendis la porte se fermer, pour s’ouvrir une nouvelle fois quelques secondes plus tard. Surpris, je me redressais sur mes coudes et un sourire étira mes lèvres en découvrant la marque de rouge à lèvres sur la joue de mon amant.

– Je vois que tu as rencontré ma grand-mère ! Dis-je amusé.

– J’ai salué tout le monde dans le jardin, répondit-il en passant sa main dans ses cheveux pour remettre quelques mèches derrière son oreille, ils se demandent pourquoi tu ne vas pas les voir.

Vivement j’attrapais sa main et le tirais sur le lit pour le faire s’allonger. Et sans lui laisser le temps de réagir, je m’allongeais contre lui. La faiblesse de Morgan était les câlins. Un seul suffisait à lui faire oublier le fil de ses pensées et je pouvais faire ce que je voulais de lui. Mon bras enserra sa taille et je plongeais ma tête dans son cou, embrassant sa peau.

– J’ai passé la nuit à te faire plaisir, soufflais-je d’une voix ensommeillée, à toi maintenant.

J’entendis Morgan rigoler et il passa sa main dans mon dos. Et sans vraiment que je comprenne comment, je m’endormis à la seconde.

**

– Bon les gars, il serait peut-être temps de vous bouger !

Je me réveillais en sursaut tout comme Morgan et nous nous asseyâmes sur le matelas. Mon regard se posa sur Liz et Norah toutes essoufflées et sur le réveil de ma chambre.

– Merde Morgan, ça fait une heure qu’on dort ! M’exclamais-je en écarquillant les yeux.

– Oui et Maman, nous a interdit de venir parce que vous deviez être fatigués par la route.

Son regard croisa celui de Norah.

– C’est moi qui aie conduit en plus… Dit-elle en boudant légèrement.

– C’est bon, on se lève, Répondis-je en mettant mes paroles en mouvement, mais je vais me faire un malin plaisir de lui dire que tu as désobéit !

Mon regard se posa sur Norah et je m’approchais d’elle pour lui faire la bise.

– Salut Norah, Soufflais-je légèrement mal à l’aise.

– Bonjour, tiens prends ça, dit-elle en me donnant un carton remplis de décoration d’extérieur, descendez au rez-de-chaussez, les gars ont besoin de vous !

Et sans attendre, elle tourna les talons, Liz la suivant au pas de course. Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me tournais vers Morgan, les bras chargés.

– Je suis sûr que tu vas très vite regretter d’avoir voulu venir… Fis-je dans une grimace.

Morgan descendit du lit en rigolant légèrement et une fois qu’il fut debout, il posa ses mains sur mes joues, laissant son souffle caresser mes lèvres.

– Je ne crois pas non… Lança-t-il dans un sourire en coin avant de m’embrasser.

Ce fut exactement le même baiser que dans la salle de bain. Lorsque sa langue entra en contact avec la mienne, je me sentis frissonner et mon cœur loupa un battement. Comment faisait-il pour provoquer ce raz-de-marée en moi rien qu’avec un baiser ? Il me laissa une nouvelle fois pantelant, le rouge aux joues, avant de se reculer, fier de la réaction qu’il avait provoqué.

– Il faut vraiment que tu arrêtes de m’embrasser comme ça si tu ne veux pas que je te saute dessus… Soufflais-je légèrement gêné.

Vivement, ne voulant pas croiser son regard amusé, je me retournais et commençais à descendre les marches. Morgan ne tarda pas à me suivre après avoir attrapé un carton qui traînait dans le couloir. En chemin, je saluais des cousins et cousines venus pour l’occasion et qui aidaient aussi à tout préparer. Et lorsque nous débarquâmes sur la terrasse, ma mère vint vers nous.

– Alors les garçons, bien reposé ? Demanda-t-elle en passant sa main sur ma joue.

Moh, j’aurais bien dormi un peu plus mais Liz et Norah nous ont réveillés… Fis-je dans une moue.

Ma mère tourna sa tête vers mes sœurs, les fusillant du regard.

– C’est pas vrai ! S’écrièrent-elles toutes les deux.

– Ils étaient à moitié réveillés… Ajouta Liz en haussant les épaules.

– De toute façon, il était temps qu’on se lève, dit tout à coup Morgan un peu gêné, nous n’allions pas vous laisser tout faire seuls…

Ma mère lui fit un sourire avant de passer sa main sur sa joue à son tour, effaçant la trace de rouge à lèvres que lui avait laissé ma grand-mère.

– Je crois que je suis en train de tomber amoureuse de toi ! Avoua-t-elle dans un clin d’œil.

– Éden, ne l’invite plus jamais ici ! S’écria mon père en ramenant ma mère vers lui, le regard faussement furieux.

J’éclatais de rire et laissais Morgan avec eux, tandis que j’allais saluer le reste de la famille…

**

La fête battait son plein et mon père était aux anges. Nous avions mangé un barbecue avant d’entamer le dessert et je me retrouvais à table, en face de Jay en train de faire un battle de shoot de tequila.

– J’ai gagné ! S’écria Jay en se levant et en frappant son torse à la manière de King-kong.

– Tu n’as pas honte de faire ça devant tes enfants ! Râlais-je, mauvais joueur.

– Pwa, ils le feront bien un jour ! On s’en refait un autre ?

– Pas question ! Lança Suzie, sa femme, en attrapant la bouteille de tequila, je n’ai pas envie de te porter pour aller te coucher.

J’éclatais de rire avant d’attraper Morgan, qui était assis près de moi, par le cou.

– Tu vois Jay, ce qui est bien quand on est pas marié, c’est qu’on fait ce qu’on veut, hein Morgan !

– Exactement ! Lança-t-il amusé, en levant sa bière vers mon frère.

Je ne pus réprimer un autre rire et vivement capturais ses lèvres dans un baiser. Ce fut à cet instant qu’on entendit le flash d’un appareil photo. Mon regard se posa dans la direction et je vis Liz regarder son numérique, un sourire aux lèvres.

– Mademoiselle Matthews, soufflais-je dans une grimace, je suis une rock-star maintenant, les clichés de moi sont interdits sans mon consentement !

– Et y consentes-tu ? Me demanda-t-elle en me regardant.

– Non.

– Alors tant pis.

Et sans attendre elle repartit dans la foule, sous le rire de mes parents.

– En parlant de la tournée, Éden t’a dit que nous sommes allés le voir ? Demanda ma mère en croisant le regard de mon amant.

– Oui, j’ai vu les photos, vous avez passé un bon moment ? Répondit-il dans un sourire.

– C’était génial ! Souffla mon père alors que je me redressais avec fierté, Tout le monde avait les yeux rivés sur toi !

– C’est parce que je suis le plus beau !

Tout le monde éclata de rire et ma mère attrapa mon visage pour me tirer vers elle afin d’embrasser ma joue en lançant un « Oh ça c’est vrai ! » qui me fit rire.

– J’ai écouté un peu de tes musiques sur le site que nous a montré Éden, commença mon père en regardant Morgan, tu as vraiment beaucoup de talent ! Comment se fait-il que tu ne veuilles pas avoir la gloire toi aussi.

– Parce que ce n’est pas ce que je recherche… Répondit Morgan en haussant les épaules.

– Tout le monde recherche la gloire, souffla Norah froidement, seulement les gens n’osent pas l’avouer.

– Commence pas à faire ta langue de vipère ! M’écriais-je en la défiant du regard

– Laissez Morgan parler vous deux ! Trancha ma mère en nous pontifiant d’un regard noir

Vexé, je croisais les bras contre ma poitrine et je pus voir Norah en faire de même.

– Je… En fait, je n’ai pas besoin de ça… Expliqua Morgan en nous regardant tour à tour Norah et moi, j’aime bien être l’homme de l’ombre… Les conférences de presses, les interviews, les tournées, très peu pour moi !

– Quelle personne pleine d’altruisme tu es… Lança Norah en se levant et en échappant au regard furieux de ma mère.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je passais ma main dans les cheveux de Morgan qui semblait déçu.

– T’en fais pas, elle doit avoir ses règles… Dis-je dans un petit sourire.

– Bah elle a ses règles tout le temps alo… Aie ! Lança Jay, en tenant son bras et en croisant le regard de sa femme. Bah quoi, c’est vrai non ?

Il regarda Morgan et lui sourit.

– Norah a un énorme balai dans le derrière, elle est comme ça avec tout le monde, ne le prends pas vraiment pour toi, dit-il en haussant les épaules. Il a fallu attendre qu’on soit marié Suzie et moi pour qu’elles puissent vraiment discuter et c’est pareil pour Amanda… Quand à Joshua, elle ne le regarde même pas alors sois déjà content qu’elle te parle…

– Elle est un peu casanière, les garçons, je pense que c’est le mot que vous cherchez, souffla ma mère en se resservant un verre de rosé, dis-moi tu suis d’autres groupes en dehors des Light Shade ?

– Non, répondit aussitôt Morgan, enfin je fais des compositions de musique pour des films mais je suis leur compositeur attitré.

– Tu as du avoir du temps pour toi quand ils étaient en tournée non ? Ça va, Éden ne te manquait pas trop ? Tu n’as pas eu envie de partir avec lui ?

Je sentis immédiatement mon estomac se serrer et mon regard nerveux croisa celui de Morgan. Un gène immense se propageait en moi, et je n’avais qu’une envie, prendre mes jambes à mon cou. Mes parents n’étaient au courant de rien et je ne voulais pas qu’ils le sachent. Je ne voulais pas qu’ils voient à quel point j’avais été minable. Voyant que Morgan était tout aussi mal à l’aise, je lançais, pour détendre l’atmosphère :

– On s’envoyait des sextos, avec ça le temps passe plus vite.

Je vis Morgan tourner la tête vers moi rouge de gène et tout le monde éclata de rire. Jayson manqua même de s’étouffer avec la bière qu’il avait prit en cachette. Je rigolais légèrement, ravi de voir les gens autour de nous se tourner pour discuter entre eux. Du bout des doigts, j’attrapais son menton avant de poser mes lèvres sur les siennes dans une promesse muette, celle de ne plus refaire la même bêtise.

**

Vers la fin de l’après-midi, les gens avaient commencé à partir et mon père avait improvisé un match de football avec la famille qui restait. Tout le monde avait été réparti entre mon père et mon oncle, et même Morgan qui rigolait avec Riley, jouait.

– Bon, je pense que le compte en bon, souffla mon père en nous regardant moi et Jay.

– Quoi ? M’écriais-je vivement

– Regardez-vous tous les deux, vous tenez à peine debout !

Il lança le ballon sur Jayson qui essaya de faire une tête avec mais qui ne réussit pas, avant d’éclater de rire tout seul.

– Je ne sais pas si je dois être amusé ou totalement désolé pour vous… Fit mon père en secouant la tête.

– Je te dis que je peux jouer ! Criais-je vexé.

D’un pas laborieux, j’allais prendre la balle avant de la mettre devant moi. Le regard concentré, je commençais à reculer, avant de courir vers le ballon. Mais au moment même où je voulus shooter dedans, je glissais, provoquant l’hilarité de toute l’assemblée. Mon oncle attrapa la balle amusé et ils retournèrent tous sur le terrain improvisé. Morgan vint vers moi, un large sourire étirant ses lèvres. Il me tendit une main et m’aida à me lever.

– Tu aurais pu me soutenir un peu ! M’écriais-je, légèrement boudeur.

– Tu as ingurgité à toi tout seul tout le stock de tequila… Répliqua-t-il en passant un bras autour de ma taille pour m’aider à marcher.

– Pas du tout ! Jay m’a aidé !

Morgan rigola et m’emmena près de ma mère.

– Alors ils ne veulent pas jouer avec toi mon grand ? Demanda-t-elle alors que je m’asseyais par terre à côté d’elle.

– Non… Tu vas aller leur dire ? Soufflais-je dans un bâillement

– Oui, dans une minute, allonge-toi deux secondes ici.

Sans broncher, je pris place à côté de Jay, pour m’endormir aussitôt…

**

Ce ne fut que le lendemain que je me réveillais et bien en forme. La nuit avait été longue et mon regard se posa sur le réveil qui affichait dix heures. Je me redressais dans un soupire et un sourire étira mes lèvres en voyant Morgan dormir encore profondément. Il était affalé dans le lit, sur le dos, le torse nu. Mon regard se posa sur mon érection matinale et tendis l’oreille pour savoir si tout le monde était réveillé.

Mais tout le monde devait encore dormir et les lèves-tôt devait regarder la télé en nous attendant. Le plus doucement, j’enlevais la couverture avant de m’allonger sur lui, posant mes lèvres sur le bas de son ventre. Mais malgré toutes mes précautions, Morgan se réveilla en sursaut.

– Qu’est-ce que…

– Chut, mes parents dorment à côté ! Soufflais-je en fronçant les sourcils.

– Justement… Reprit-il tout bas, de légères rougeurs sur ses joues, ils vont entendre… Et je..

Mais je ne l’écoutais pas et laissais glisser ma langue dans son nombril. Un frisson secoua sa peau et ravi je relevais la tête pour le défier du regard. Morgan céda et sa main passa dans mes cheveux avant de se poser sur ma tête.

– C’est donnant-donnant ! Lui murmurais-je en lui montrant mon érection.

Morgan rougit de plus belle et il s’allongea dans le lit. Fier de moi, je tournais sur moi-même, posant mes genoux de chaque côté de son visage. Rapidement, je sortais son pénis de son bas de pyjama et pus constater qu’il commençait à devenir dur. Morgan lui, passa sa main à l’intérieur de mon tee-shirt avant de caresser sensuellement mon torse.

Sa main glissa ensuite à l’intérieur de mon boxer et il commença à me masturber avec beaucoup de vigueur. Je ne pus réprimer un gémissement avant de prendre Morgan entre mes lèvres. J’entendis sa respirations s’accélérer tandis que je glissais ma langue autour de son membre. Bientôt, je commençais des vas-et-viens rapides et il finit par me prendre en bouche à son tour.

Mais en matière de fellation, Morgan me dépassait largement et j’avais beaucoup de mal à tenir mon rythme tout en savourant ses caresses. Lorsqu’il passa sa main sur mes fesses, ce fut le coup de grâce et j’éjaculais dans sa bouche. Mais si j’avais pu jouir, lui ne l’avait pas encore fait. Sans attendre, l’une de mes mains alla masser ses testicules tandis que je reprenais un rythme de succion beaucoup plus rapide qui finalement eut raison de lui quelques secondes plus tard.

Un sourire aux lèvres, je revins vers lui, amusé de le voir avec un bras posé sur ses yeux.

– On a du mal à s’en remettre ? Demandais-je en m’allongeant sur le côté.

– Non… Mais maintenant j’ai envie de plus… Murmura-t-il en rougissant.

Je ne pus m’empêcher de rire avant de prendre ses lèvres d’assaut. Immédiatement ses mains se posèrent dans mes cheveux alors que nos langues commençaient leur danse favorite. Lorsque l’air vint à nous manquer, je stoppais le baiser, caressant son nez avec le mien.

– Il faudra patienter ce soir, pour le reste, j’entends déjà Liz se lever.

Et quelques secondes plus tard, j’entendis Riley parler avec elle.

– Viens, il faut qu’on se lève sinon on aura plus d’eau chaude ! M’exclamais-je en me levant et en attrapant des vêtements propres.

Morgan fit de même et nous sortîmes, direction la salle de bain.

**

Nous avions passé la matinée à ranger la maison et le jardin avant de nous attabler devant des sandwichs que ma mère avait préparé à la va-vite. Il y avait une bonne ambiance et même Norah semblait détendue, rigolant en racontant nos exploits à Jay et moi. Une fois le dessert pris, je me levais et commençais à débarrasser.

– Vous allez partir tout de suite ? Me demanda mon père en regardant Liz.

– Non, enfin je pensais faire visiter le coin à Morgan, ça te va ? Dis-je en croisant le regard de ma soeur.

– Oui, je pensais partir vers 18 heures, Répondit-elle en regardant l’heure.

– Allez-y les garçons, on peut se débrouiller sans vous, souffla ma mère en prenant les assiettes dans mes mains.

– J’étais sûr que c’était une excuse pour ne pas débarrasser ! Pesta Jay, blanc comme un linge à cause de sa nuit alcoolisée.

Je lui fis un clin d’œil et attrapais la main de Morgan, évitant de croiser le regard de Norah.

– A tout à l’heure ! Lança Morgan en me suivant.

Et quelques minutes plus tard, nous étions dehors à marcher le long du trottoir.

– Merci encore, pour ce week-end… Souffla Morgan au bout d’un moment.

– De rien, tu t’amuses ? Demandais-je dans un sourire.

– Oui… Je ne suis pas habitué à ce genre de réunions familiales…

– Tu n’as jamais connu ta famille ?

Il secoua négativement la tête et mit ses mains dans ses poches, gêné.

– Et tu n’as jamais pensé à les rechercher ? Le questionnais-je, curieux.

– A quoi bon… J’ai été pendant 18 ans dans le même orphelinat et pas une seule fois ils ont voulu savoir ce que je devenais… Même encore aujourd’hui, dès que je déménage, je donne l’adresse à l’orphelinat… Juste au cas où… Si ils veulent vraiment me retrouver, ils n’auront pas grand chose à faire…

Son regard était si triste à cet instant que je ne pus me retenir. Vivement j’attrapais les pans de sa veste et levais la tête pour déposer un baiser doux sur ses lèvres. C’était un baiser simple dont l’unique but était de le réconforter. Et lorsque je me reculais, un sourire étirait ses lèvres.

– Je veux bien te prêter ma famille si tu veux, soufflais-je en lui rendant son sourire, mais tu risques de devenir dingue très vite à trop les côtoyer.

Morgan rigola et nous reprîmes notre chemin avant de nous stopper net en croisant le regard de Baptiste. C’était le même genre de regard qu’il avait posé sur moi en boite de nuit et immédiatement je me sentis mal à l’aise. Il était accompagné d’une fille aussi rousse que lui avec un regard émeraude à vous couper le souffle. C’était la copie parfaite de Baptiste.

– Ma parole Cathy, tu es presque aussi grande que ton frère ! M’écriais-je en allant l’embrasser sur la joue.

– On parlait justement de toi en plus ! C’est trop fort ! Répondit-elle toute sourire.

– Ah, il te disait que je n’étais qu’un sale con je suis sûr !

– Oui voilà !

Je rigolais et me tournais vers Morgan.

– Morgan, c’est Cathy, la sœur de Baptiste… Tu as quel âge maintenant ? 14 ?

– 15 ans dans un mois ! Répondit-elle fièrement.

– Et vous allez où ?

Au parc, je lui ai promis une glace avant de partir, c’était bien l’anniversaire de ton père ? Demanda Baptiste dans un sourire, redevenant normal.

– Demande ça à Morgan, moi j’ai un peu abusé de la boisson avec Jay.

Baptiste rigola et regarda Morgan.

– Oui c’était bien, Éden a une grande famille ! Répondit-il aussitôt.

– Ah ça c’est sûr ! Bon… Vous voulez venir avec nous ?

– Non c’est bon, Liz nous attend pour rentrer, je lui fais juste un peu visiter.

Baptiste tira alors sur le bras de Cathy pour reprendre leur route.

– Ok, à demain alors !

Nous leur fîmes un signe de la main avant de continuer notre route, nous aussi.

Nous marchâmes quelques minutes de plus avant d’arriver devant une petite école, juste en face du lycée.

– Voilà, c’est là que j’ai étudié, dis-je dans un sourire.

– Je t’imagine aller là avec ton cartable sur le dos, répondit-il amusé.

– On débarquait tous en même temps, vu que j’étais le petit dernier, mes sœurs passaient leur temps à me surveiller, c’était insupportable.

Un rire s’échappa de mes lèvres alors que nous commencions à faire le tour des bâtiments.

– Un jour, j’ai voulu leur échapper, racontais-je en haussant les épaules, alors je suis parti tout seul en cachette, mais j’ai loupé le trottoir et résultat, un bras cassé ! Ma mère a vu rouge et elle n’a plus jamais voulu me laisser partir seul.

Morgan éclata de rire tandis que je m’arrêtais devant la cour de l’école.

– Là, sous le toboggan, c’est là où j’ai eu mon premier baiser, avec la sœur de Félix, on avait 10 ans.

– La sœur de Félix ? Souffla Morgan surpris.

– Oui et mon deuxième baiser c’était avec le cousin de Laura !

Je tirais la main de Morgan, nous contournâmes le lycée et je lui montrais chaque classe où j’avais été. Nous passâmes par le stade où des jeunes jouaient au foot.

– Tu vois les vestiaires là-bas ? Demandais-je en les montrant du doigt.

– Oui, fit-il en plissant les yeux.

– C’est là que j’ai perdu ma virginité.

Morgan se tourna vers moi, surpris.

– Dans des vestiaires ? Fit-il étonné

– Lucas voulait attendre qu’on soit chez nous, seuls, mais c’était un peu mission impossible alors… Dis-je en haussant les épaules.

– Tu avais quel âge ? Me demanda-t-il aussitôt.

– 15 et Lucas 18, ça faisait six mois qu’on sortait ensemble.

Un sourire étira mes lèvres en me remémorant cet instant magique, cet instant où j’avais su que Lucas était mon âme-sœur.

– Et toi ? Soufflais-je en cherchant un coin de pelouse où nous asseoir.

– J’avais 17 ans, et ça n’avait vraiment rien de romantique… Dit-il dans une grimace.

– C’était si mauvais que ça ? Dis-je amusé.

– Ça a été juste comme ça, pour le faire.

Je rigolais et m’allongeais sur le sol, sur mes coudes, regardant les jeunes jouer. Morgan vint s’installer près de moi. Plusieurs minutes passèrent sans que nous ne parlions, profitant juste de l’instant. Puis Morgan brisa le silence.

– Dis Éden… Comment était Lucas ?

Je me tournais vivement vers lui, surpris. Il avait baissé la tête, jouant avec une marguerite, comme s’il attendait que je l’envoie balader. Dans un soupire, j’attrapais mon portefeuille et y sortis une photo de nous deux. C’était un mois avant sa mort. Il était torse nu et l’on pouvait voir son tatouage. Je me trouvais derrière lui, l’enserrant de mes bras.

– Il ressemblait à ça, dis-je en lui tendant la photo.

– Non, enfin… Comment il était… Dans la vie… Souffla Morgan en rougissant.

Mon regard se posa sur les jeunes et pendant quelques minutes je ne dis rien.

– C’était le gars le plus gentil que j’ai jamais connu, dis-je faiblement… Et quand je dis gentil, tu n’imagines même pas à quel point… Et ça m’énervait ! Ça lui arrivait souvent d’arriver en retard à nos rendez-vous pour aider les petites vieilles du quartier à faire leur course, et à chaque fois, je piquais des crises monumentales… Je me demande pourquoi il ne m’a jamais largué…

– Parce qu’il était amoureux… Murmura Morgan.

Je me tournais vers lui pour voir qu’il caressait le tatouage de Lucas.

– ça aussi ça m’a étonné… Repris-je en haussant les épaules, qu’il tombe autant amoureux de moi alors qu’il y avait plein d’autres types de son âge beaucoup plus intéressant que moi…

Mon regard se posa une nouvelle fois devant moi.

– Il était drôle, intelligent, populaire… J’étais totalement raide dingue de lui… Je le connaissais depuis que j’étais né et un jour, quand j’allais avoir 14 ans, il a déménagé. Mais un an plus tard, il est revenu vivre ici et c’est là que tout à changé… Pour nous deux… On a été attiré l’un par l’autre… comme des aimants.

Un nouveau sourire étira mes lèvres et je sentis mon cœur se serrer.Il me manquait, atrocement…

– Tu… Tu penses que vous seriez toujours ensemble maintenant ? Me demanda-t-il après un temps.

– Je pense même qu’on serait marié… Soufflais-je tristement.

Je sentis ma gorge se nouer et je m’allongeais sur la pelouse. Morgan du sentir mon troubler car il vint se coller à moi, entourant ma taille de son bras et posant sa tête sur mon épaule. Plus aucun mot sur Lucas ne furent échangés après ça et je lui en fus reconnaissant…

**

Nous avions pris la route à l’heure convenue après des au revoir difficiles. Ma mère aimait nous savoir tous à la maison, mais nous avions chacun nos vies à présent. Morgan la remercia chaleureusement et au sourire qu’il arborait, je sus qu’il avait passé un agréable week-end. Trois heures plus tard, nous arrivions en ville et le regard de Liz se posa sur le rétroviseur pour regarder Morgan.

– Je te dépose chez toi ?

– Euh… Je… Souffla-t-il, hésitant.

– Non chez moi, tranchais-je en gardant mon regard rivé sur la route.

Je me doutais que Morgan ne voulait pas rentrer chez lui et affronter son frère avec qui il s’était disputé. Je lui avait offert deux nuits de répit, je pouvais très bien lui en offrir une troisième. Je sentis le regard de Liz posé sur moi.

– Mais… Commença-t-elle

– Mêle-toi un peu de ce qui te regarde ! Dis-je sérieux, il rentrera chez lui quand il en aura envie.

Un soupire s’échappa de ses lèvres et elle n’ajouta rien de plus. Elle nous conduisit chez moi et repartit chez elle après qu’on l’ait remercié.

– Je ne sais pas toi, mais moi je suis crevé, lançais-je dans un bâillement alors que nous rentrions dans mon appartement.

– J’ai surtout envie d’une douche, répondit Morgan en s’étirant, J’ai cru que j’allais mourir de chaud.

– Tu n’as qu’à aller en prendre une, prends un pyjama dans ma commode, je vais commander une pizza, ça te va comme repas ?

Morgan acquiesça et alla dans la chambre avec notre sac de voyage. Quelques minutes plus tard, j’entendais l’eau couler tandis que je passais ma commande.

**

Après le repas, nous avions regarder un peu la télé pour aller nous coucher après. Mais je n’étais pas décidé à dormir. Allongé sur Morgan, je laissais mes mains rentrer sous son tee-shirt. Mes lèvres ne lâchaient pas son cou, le mordant et le suçant. La main de Morgan se faufila à son tour sous mon tee-shirt et un frisson secoua ma peau, mais je me figeais quelques secondes plus tard.

– Je t’aime Éden… Murmura-t-il.

Je sentis mon cœur se mettre à battre très vite dans ma poitrine et je relevais la tête vers lui. Son regard était posé dans le vide, attendant sûrement le moment où j’allais prendre la fuite. Mais je n’en avais pas envie. Liz avait raison. Je voulais que tout redevienne comme avant. Je voulais qu’il retombe amoureux de moi, et je venais de réussir mon coup. J’étais une enflure. Mais j’aimais ça. J’aimais qu’il m’aime. Vivement, je happais ses lèvres dans un baiser des plus tendres. Surpris, Morgan mit quelques secondes avant de me répondre mais il finit par le faire. Ses mains passèrent dans mes cheveux alors qu’il écartait un peu plus les cuisses pour me faire comprendre qu’il me voulait en lui. Mais ce soir, je voulais lui donner autre chose. Il me donnait son cœur et pour la première fois depuis cinq ans, j’avais envie de donner plus que ce que je pouvais offrir. Lorsque l’air vint à nous manquer, je laissais mon nez effleurer le sien et nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher.

– Prends-moi… Soufflais-je avant de reprendre ses lèvres pour l’empêcher de réfléchir.

Et sans attendre, j’inversais nos positions, me retrouvant sur le dos avec Morgan au dessus de moi. Des rougeurs colorèrent ses joues lorsque je mis fin au baiser.

– Mais vas-y doucement… Je… ça fait cinq ans que…

Je laissais ma phrase en suspens, rougissant à mon tour. Je n’avais pas besoin de continuer, Morgan avait comprit. Un petit sourire étira ses lèvres et il se redressa sur ses genoux avant d’ôter son tee-shirt. Sans attendre, je m’assis et enlevais le mien avant de poser mes lèvres sur ses mamelons déjà durcis par l’excitation. Un nouveau frisson secoua sa peau et il fit glisser ses mains sur mes épaules avant de les descendre dans mon dos. Mes mains quant à elles partirent au bord de l’élastique de son bas de pyjama que je baissais. Morgan m’aida à l’enlever avant de me faire allonger sur le lit. Ses lèvres se posèrent sur mon torse et je fermais les yeux sous ces caresses. Lorsqu’il arriva au niveau de mon bas-ventre, je sentis ma respiration s’accélérer. Il ne perdit pas de temps avant de m’enlever mon bas de pyjama et son regard brilla de désir lorsqu’il vit mon sexe en érection. Mais pourtant, il ne fit plus rien. Les bras le long du corps, il semblait réfléchir à toutes sortes de choses et il me fallut un moment avant de comprendre de quoi il s’agissait.

– Dis… Tu… Tu as déjà pris quelqu’un non ? Fis-je en fronçant les sourcils.

Il secoua négativement la tête et passa ses mains sur son visage stressé. Je ne pus m’empêcher de rigoler avant de me relever et de passer mes mains autour de son cou.

– C’est comme si j’allais te dépuceler ! Lançais-je amusé.

– Arrêtes de te moquer… Dit-il d’une petite voix.

Mais je le fis taire d’un baiser et le rallongeais au dessus de moi. L’une de mes mains descendit pour attraper la sienne et je mis deux de ses doigts dans ma bouche. Mon regard s’ancra dans le sien, provocateur. La flamme dans les prunelles de mon amant s’intensifia et il rougit un peu plus.

Lorsque je les eus assez humidifiés, je repris les lèvres de Morgan et je lui laissais prendre les rennes. Je sentais son stress me contaminer peu à peu, si bien que cela nous rendait légèrement fébrile et nerveux.

Ne lâchant pas le baiser, Morgan descendit sa main le long de mon corps, laissant ses doigts glisser sur ma peau brûlante d’envie. Pour l’aider, j’écartais un peu plus les cuisses et ses lèvres quittèrent les miennes pour descendre à leur tour le long de mon corps. Je sentis mon corps se tendre alors qu’il commençait à insérer un doigt en moi mais Morgan su y faire. Sa langue glissa le long de mon pénis et je fermais les yeux instantanément, lâchant un gémissement.

Fier de ma réaction, Morgan réitéra ce mouvement tellement de fois que j’en oubliais le doigt qui commençait à me préparer. Lorsqu’il me prit entièrement en bouche, ce fut un léger cri qui s’échappa de mes lèvres et j’attrapais les draps pour les serrer autant que le plaisir me submergeait. Comme la dernière fois, Morgan me suçait si profondément que j’avais l’impression de ne pas réussir à me retenir. Son doigt en moi fut bien vite rejoint par un deuxième qui me fit légèrement mal. Mais une succion plus prononcée que les autres me fit perdre la tête. La main libre de Morgan caressait mes fesses sensuellement.

– Morgan, j’en peux plus… Soufflais-je dans un long gémissement.

Un troisième doigt fit son entrée et je me cambrais de tout mon long en grimaçant. Mais encore une fois, Morgan intensifia le rythme de ses succions sur mon pénis et dans un cri, je me répandis dans sa bouche.

La respiration saccadée, le corps collant de transpiration, il me fallut un moment avant de réaliser ce qui venait de se passer. Mais Morgan ne m’en laissa pas le temps. Brusquement, sûrement trop excité, il revint m’embrasser, m’offrant un baiser tellement langoureux que je sentis mon sexe se tendre de nouveau. Mes jambes s’enroulèrent le long de ses hanches et quand nous nous séparâmes, je déposais un léger smack sur ses lèvres pour lui montrer que j’étais prêt. L’une de ses mains alla se poser sur ma cuisse tandis que l’autre restait près de ma tête pour le surélever. Le regard ancré dans le mien, Morgan me pénétra de tout son long.

Un cri s’échappa de mes lèvres alors qu’il y avait été d’un coup et je fermais les yeux. Surpris, il ne bougea pas d’un pouce.

– Je suis désolé Éden ! S’écria-t-il la voix tremblante.

– Putain ! Ça fait un mal de chien !

Le sentiment d’être déchiré de l’intérieur, voilà ce que je ressentais à ce moment précis. Ma respiration se fit de plus en plus irrégulière alors que j’essayais par tous les moyens de me calmer et de me détendre. Mais rien n’y faisait, je n’avais que la douleur en tête. Morgan s’abaissa une nouvelle fois pour m’embrasser. Un baiser doux et passionné en même temps. Un baiser qu’il m’avait déjà donné par deux fois ce week-end et qui me déconcertait à chaque fois.

– Bouges… Murmurais-je lorsque nos regards se croisèrent.

Et le plus doucement possible, Morgan commença à se déhancher, provoquant chez moi des vagues de douleurs presque insoutenables. Puis, après quelques minutes, alors que je n’y croyais plus, la douleur laissa place à du plaisir. Lorsque je lâchais mon premier gémissement, Morgan plongea sa tête dans mon cou et pu enfin lâcher la bride de son plaisir. Ma main vint s’emmêler dans ses cheveux et je fermais les yeux, grisé par tout ce plaisir.

Les déhanchés de Morgan augmentèrent encore d’un cran lorsqu’il m’entendit crier et mon autre main attrapa la tête de lit pour la serrer de toutes mes forces. Je sentais Morgan grogner dans mon cou et le voir prendre son pied ainsi me rendait fou. J’étais en feu, complètement en feu. Dans un coup de rein plus brutal que les autres, j’éjaculais entre nos deux corps dans un cri tandis que je sentais la semence de Morgan se répandre en moi.

Épuisé, Morgan tomba sur moi, sa tête toujours dans mon cou. L’orgasme avait été fulgurant. Si démentiel que je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. Surpris, Morgan releva la tête en fronçant les sourcils.

– C’était si nul que ça ? Demanda-t-il légèrement en colère.

– Tu rigoles ! Lançais-je dans un sourire.

Et brusquement j’inversais nos positions pour me retrouver au dessus de lui.

– On va recommencer tout de suite… Murmurais-je avant de reprendre ses lèvres avec fougue…

Ne pars pas – Chapitre 15

Chapitre 15 écrit par Lybertys

Jules m’embrassait toujours passionnément lorsque j’entendis des pas dans le couloir. J’ouvris les yeux et je croisais le regard de Baptiste qui nous regardait surpris. Mal à l’aise, je repoussais Jules, mettant fin au baiser et attrapais sa main, le guidant hors du label. Mon cœur se serra en voyant qu’il entrait dans la pièce où quelques instants plus tôt je me trouvais avec Éden.

Je chassais cette jalousie qui n’avait pas sa place, surtout au vu de la situation dans laquelle je me trouvais. J’étais avec mon petit ami, et je devais me consacrer exclusivement à lui. Éden n’y avait pas sa place. Alors pourquoi tout mon être me criait de lâcher la main de Jules et d’aller le rejoindre ?

Parce que j’étais terrifié par tout ce que représentait Éden… Avec Jules, je retrouvais une certaine sécurité. Il était prêt à m’offrir tout ce qu’Éden me refusait. Avec Jules, nous pouvions véritablement construire quelque chose à deux. J’étais le seul qui y mettait un frein.

Éden avait été clair, il ne pourrait me rendre mon amour. Il en aimait un autre, il ne voulait pas entendre parler de couple. Et lorsque j’avais osé lui demander de ne pas aller voir ailleurs et de mettre un nom sur ce que nous faisions, je n’avais réussi qu’à l’éloigner. Avec lui, je n’avais pas la moindre certitude. J’avançais vers l’inconnu et je vivais chaque moments avec lui en craignant toujours que ce soit le dernier. Mais il était le seul qui arrivait à me faire vibrer ainsi, et je me perdais dans cette tendresse qu’il m’offrait. Je l’aimais. J’aimais sa douceur, son esprit libre et insaisissable. J’aimais la manière dont il couchait avec moi. Même si cela n’avait commencé que comme une histoire de sexe, j’avais toujours eu l’impression qu’il me faisait l’amour. Jamais il ne m’avait fait souffrir physiquement et durant ce week-end passé avec lui, il n’avait jamais cherché à me forcer, même si j’avais pu lire dans ses yeux combien il avait désiré aller plus loin.

Mon regard se posa sur Jules qui marchait à côté de moi, sa main toujours accrochée à la mienne. Jules n’aurait jamais prit tant d’égard. Jules était un de ceux qui profitait de mon caractère docile.

J’étais perdu. Je savais que cette situation ne pourrait pas durer éternellement.

***

La porte venait de claquer. Il avait du partir pour une urgence à l’hôpital, mais j’étais certain que cela n’aurait rien changé. Jules m’avait offert un parfait début de soirée. Il m’avait amené dans un restaurant romantique et avait été aux petits soins avec moi. Il n’avait rien à voir avec l’homme froid et autoritaire qu’il avait été dans la salle de répétition. Je l’avais ramené chez moi et lui avait proposé d’y passé la nuit. Jules avait accepté et après avoir regardé un film tous les deux, nous étions allés dans la chambre et nous avions couchés ensemble. Cette fois-ci, je l’avais forcé à ralentir et surtout à me préparer un minimum. Certes, il prenait beaucoup moins de précaution que Éden, mais je n’avais pas souffert plus que ce dont j’avais été habitué.

Mais le naturel de Jules était vite devenu au galop et s’il avait pris son plaisir, je n’avais pas pu jouir et il ne semblait même pas l’avoir réalisé. Il s’était allongé à côté de moi en se collant contre mon corps et avait lâché un soupire de satisfaction.

Avant, je m’en serais contenté. J’aurais simplement été heureux d’avoir fait l’amour à cet homme. Mais depuis que j’avais connu Éden, je n’arrivais plus à m’en satisfaire. J’avais déjà pris mon pied avec Jules, mais ces fois se faisaient trop rares…

J’avais aussi pris du plaisir avec tous les autres hommes que j’avais ramené chez moi. Après Jules, j’étais devenu dépendant de ces sensations. Mais cette petite chose en plus que m’avait apporté Éden, cette alchimie physique que je ne ressentais qu’avec lui et sur laquelle je ne savais donné de nom rendait tout le reste fade et incomplet.

Je finis par me lever dans un soupire et allais prendre une douche. L’avoir vu partir sans se rendre compte de mon état m’avait coupé l’envie.

J’allais ensuite m’installer devant la télé dans un soupire. Josh était sorti avec Liz. Je n’osais pas contacter Éden, surtout après ce qui venait de se passer. J’avais trop honte. Et je n’avais pas le goût à aller jouer de la musique. Je me laissais finalement captiver par une série, me laissant porter par l’intrigue.

Ce fut une petite heure plus tard que j’entendis mon téléphone portable sonner. Surpris, je fronçais les sourcils, me demandant qui pouvait m’envoyer un message à une heure pareille. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine lorsque je vis qu’il s’agissait d’Éden. Fébrilement, j’ouvris le message pour y lire un simple « Tu fais quoi ? ». Je choisis de répondre d’un simple mot « Rien… ».

Immédiatement, il me répondit :

« Tu n’es plus avec ton petit ami ? »

J’avais envie de le voir, envie de lui dire de venir ou d’aller chez lui, mais je n’osais pas.

« Non, il est parti et toi, tu fais quoi ? »

J’espérais qu’il comprenne mon invitation. J’avais envie de le voir. Et je me moquais qu’il soit tard. Il lui fallut moins d’une minute pour répondre :

« Joshua dort chez Liz, chez toi dans 15 minutes ? »

Je répondis un simple « Ok », mais qui traduisait très mal le bonheur qui m’envahit. Cette nuit, il voulait la passer avec moi… Tout comme la veille et la nuit d’avant. Il avait l’air de le vouloir, autant que moi. D’un bon je me levais pour ranger un peu mon appartement, changer mes draps et troquer mon pyjama pour une chemise et un pantalon simple. J’eus à peine le temps de finir que j’entendis Éden tambouriner bruyamment à la porte.

J’allais lui ouvrir le sourire aux lèvres et sans attendre Éden plaqua ses lèvres sur les miennes, me faisant reculer de quelques pas. Surpris, je ne fis rien pendant un temps, avant de passer mes bras autour de son cou et de le serrer contre moi. Sa langue avait un goût d’alcool et il ne semblait pas avoir bu qu’un seul verre. Mais je n’eus pas le temps d’y penser. Vivement, il referma la porte et me plaqua dessus avant de descendre ses lèvres dans mon cou, suçant ma peau avec fièvre. Un cambrement violent secoua mon corps tandis qu’il passait ses mains sur mes fesses. Comment pouvait-il me rendre fou aussi rapidement.

– Tu es complètement saoul… Soufflais-je sans un gémissement.

– Et alors ? Demanda-t-il en posant l’une de ses mains sur mon sexe qui commençait déjà à se durcir.

Un nouveau gémissement s’échappa de mes lèvres et je dus caler ma tête dans son cou alors qu’il commençait à me masturber. Mes mains se posèrent sur ses épaules, se crispant à chaque vas et viens plus insistants.

– Je t’interdis de t’endormir après m’avoir chauffé comme ça… Gémis-je en me cambrant de tout mon long.

Éden éclata de rire et augmenta le rythme. Je fus incapable de tenir bien longtemps et je me libérais dans sa main en gémissant.

D’un air provocateur, Éden ramena sa main à sa bouche et commença à lécher ma semence. Il n’en fallut pas plus pour éveiller à nouveau mon désir. Se rendait-il compte du pouvoir qu’il avait sur moi. Sans perdre de temps, je repris ses lèvres avec fougue avant de le plaquer contre le mur. Sous le choc, plusieurs cadres tombèrent au sol, le verre se cassant en milles morceaux, nous faisant sursauter. Nous regardâmes dans la même direction avant d’éclater de rire tous les deux.

Mais bien vite, nos regards se croisèrent et nos lèvres ne tardèrent pas à se retrouver avec fièvre.

Enivré, Éden me fit reculer de quelques pas, avant de me plaquer contre la commode. Là encore, plusieurs objets tombèrent sur le sol, mais nous ne nous en préoccupions pas. Ses mains passèrent sur le col de ma chemise blanche et vivement, il l’ouvrit, faisant tomber les boutons sur le sol. Jamais je ne l’avais vu aussi désireux. Était-ce à cause de cette forme d’abstinence forcée de ce week-end ? Dans tous les cas, j’étais tout aussi en feu que lui par le simple regard qu’il posait sur mon corps. Ses mains se posèrent sur mon torse, mordillant légèrement mes tétons durcis de plaisir. Mes mains passèrent dans son dos et je balançais la tête en arrière, ne pouvant me retenir de gémir.

_ J’espère que ton petit ami ne t’a pas épuisé parce que je ne suis pas prêt à te laisser dormir cette nuit, souffla-t-il, avant de passer sa langue dans mon nombril.

Et sans attendre, il referma ses bras autour de mon corps et m’emmena dans ma chambre. Mais après tout ce qu’il venait déjà de m’offrir, je choisis alors de mener la danse. Il était le seul qui avait réussi à me donner cette impression de confiance et d’oser agir tout autant que lui. Après tout ce qu’il avait fait pour moi ce week-end et la patience qu’il avait eu, accompagné de toutes ses attentions, je voulais le remercier à ma manière. Le regard décidé, je le fis tomber sur le bord du lit avant de me mettre à genoux devant lui. Il ne tarda pas à se tenir nu devant moi alors que je regardais son intimité gorgée de désir. De la manière la plus sensuelle possible, je m’abaissais pour déposer de légers baisers dessus. Mes mains remontèrent le long de ses cuisses et je pus entendre sa respiration s’accélérer de plus en plus alors que mon cœur battait la chamade. Lorsque je posais un énième baiser sur son gland, un gémissement s’échappa de ses lèvres et je le vis fermer les yeux sous le plaisir ressenti. Ne tenant plus, je le pris alors en bouche, si profondément que le corps entier d’Éden se crispa. C’était la première fois que je le prenais ainsi, et il me semblait que cela provoquait l’effet escompté. Des gémissements aigus, que je n’avais jamais entendu de sa part, s’échappaient de ses lèvres. J’étais décidé à lui faire prendre son pied, et égoïstement à ce qu’il s’accroche à moi.

– Morgan, c’est trop bon, souffla-t-il dans un gémissement en posant sa main sur ma tête.

Au de son sa voix, grisé, j’intensifiais le mouvement, rendant mes vas et viens tellement rapides qu’il ne pus tenir et éjacula dans ma bouche dans un râle à la limite du cri.

Éden se laissa tomber sur lit, tentant de se remettre de l’orgasme que je venais de lui donner. Je ne pus m’empêcher de rigoler, amusé de le voir dans cet état. Sans attendre, j’enlevais mon jean et mon boxer et vivement, je vins me mettre à califourchon au dessus, envahi d’une audace que je n’avais jamais connu chez moi. Ses yeux étaient toujours fermés.

– Hey ! M’écriais-je en passant ma main dans ses cheveux, interdiction de t’endormir je t’ai dit !

Éden rigola et ouvrit les yeux. Sa main remonta le long de mon dos alors qu’il se redressait en même temps pour happer mes lèvres. Mes bras entourèrent son cou et je fis un mouvement du bassin, touchant son intimité avec la mienne.

– J’ai l’impression que je me suis trompé d’appart… Souffla-t-il tout aussi étonné que moi de me voir si séducteur.

J’éclatais de rire, évacuant ma gêne et Éden inversa nos positions. Il se retrouva au dessus de moi, mes jambes encerclèrent ses hanches. Je ne tenais plus, je le voulais en moi, maintenant. Mais Éden avança deux doigts à sa bouche et je l’arrêtais alors, de légères rougeurs sur les joues.

– Éden… Il n’y a pas besoin…

Éden fronça les sourcils et il lui fallut de longues secondes pour comprendre enfin. J’avais couché avec Jules et j’étais suffisamment détendu pour me passer d’une préparation. J’étais de toute façon incapable d’attendre une minute de plus. Je voulais qu’il me possède, qu’il me fasse me sentir vivre comme il avait l’art de le faire.

– Tu… Tu es capable de… Fit-il hésitant, où c’est comme hier…

Touché comme jamais par tant de précaution et d’attention, mon cœur s’emballa.

– Non… Vas-y, soufflais-je en passant ma main sur son torse.

Et pour l’aider à se décider, je me relevais et pris fougueusement ses lèvres. J’en avais envie autant que lui et lorsque je me rallongeais sur le lit, je sus qu’il me cédait. Ses mains attrapèrent mes hanches brusquement et il me rapprocha de lui, soulevant mon bassin à l’aide de ses genoux. L’une de ses mains alla se caler dans le creux de mon dos, tandis que l’autre était posée près de ma tête pour me soutenir. Un dernier baiser et il me pénétra, avec cette même douceur qui le caractérisait tant.

Cela n’avait rien à voir avec Jules, rien à voir avec tous les autres hommes qui étaient passé dans mon lit. Je grimaçais, m’habituant à sa présence, mais je ne souffrais pas. Sans attendre, Éden démarra ses coups de rein, mais je sentais qu’il restait attentif à toute apparition de douleur. Mais je ne pus que me cambrer de plaisir, lâchant un gémissement, ivre de ce feu qu’il allumait en moi.

Ce fut à cet instant précis qu’Éden débrida son propre désir. Alors que je me perdais dans toutes ces sensations, il intensifia ses coups de reins et je lâchais alors mon premier vrai cri. Mon corps s’arquait et se tordait et je n’en n’étais plus maître. Mes jambes enserraient sa taille fortement et il posa sa tête sur mon torse, gémissement à son tour.

Les vagues de plaisir déferlaient en moi, terriblement dévastatrices. Mes mains serraient les draps tandis que nos corps commençaient à perler de transpiration. L’orgasme vint bientôt prendre place entre nous et ce fut dans un déhanché plus fougueux que les autres que nous éjaculions dans le même cri.

La respiration saccadée, il se retira avant de s’écrouler près de moi, gardant le contact en posant sa main sur mon torse. Je me tournais vers lui dans un sourire après quelques instant, tentant de m’en remettre, mais un rire s’échappa de mes lèvres en réalisant qu’il dormait d’un profond sommeil…

***

Je me réveillais un peu avant Éden, appréciant toujours autant la chaleur de son corps contre le mien. A ses côtés je me sentais serein.

Je me redressais légèrement et mon regard glissa sur son dos nu. La couverture remontait jusqu’à ses reins. Mon cœur s’emballa comme à chaque fois que je posais mon regard sur lui. Lorsqu’il dormait ainsi, son visage si paisible avait presque un air enfantin et naïf. Mais ce qui attira mon attention fut cette cicatrice qui zébrait son dos et sans trop réfléchir, ma main se posa dessus en une douce caresse. Est-ce que cette cicatrice dont il n’aimait pas parler avait un rapport avec Lucas ? Ce geste du réveiller Éden et sentant aussitôt son trouble, je retirais ma main en soufflant un « désolé » surpris.

– C’est rien, répondit-il en se relevant sur ses coudes, passant ses mains sur son visage, j’ai un de ces mal de crâne…

– Tu es sorti avec Liz et Joshua hier ? Demandais-je en me rallongeant sur le dos.

– Au départ, j’étais avec Baptiste puis ils nous ont rejoins oui… Et ton frère s’est même excusé… S’il savait ce que je suis venu te faire juste après…

Je restais jaloux à l’idée qu’il soit sorti avec Baptiste, mais cette jalousie était vite remplacée par le fait qu’il soit venu me rejoindre après. Lentement, il vint se rallonger sur moi, calant sa tête dans mon cou, comme il aimait si souvent le faire. Je l’enlaçais presque immédiatement avant de déposer un baiser sur son épaule.

– De toute façon, si je lui dis, il me tue et si je ne lui dis pas, il me tuera aussi donc… Soufflais en haussant les épaules.

– Je n’arrive pas à comprendre comment il peut te laisser avec un crétin pareil et me détester à ce point, dit-il.

– Ce n’est pas un crétin… Répondis-je mal à l’aise.

– Excuse-moi, mais te prendre aussi violemment à tel point que ça te fait des bleus et t’humilier de la sorte sur ton lieu de travail… Si ce n’est pas un crétin c’est quoi ? Dit-il plus durement en relevant la tête pour croiser mon regard.

Je le fusillais du regard, mais ce n’était pas uniquement parce qu’il critiquait Jules, mais aussi parce qu’en le faisant, il me jugeait et j’avais honte de ce trait de caractère faible que j’avais. Un soupire s’échappa de ses lèvres.

– Ok, on ne parle pas de lui, concéda-t-il en retrouvant sa place dans mon cou.

Plusieurs minutes passèrent sans que nous ne parlâmes. J’étais assez mal à l’aise parce que nous venions d’aborder, mais Éden finit par reprendre la parole.

– Si tu ramènes ton copain ici, et qu’il tombe sur un de mes messages, ça ne va pas le faire… Dit-il amusé.

– C’est pour ça que dorénavant on le fera chez toi, et plus de messages… Répondis-je en glissant mes doigts sur son tatouage.

– Ou on pourrait parler en langage codé.

Il releva la tête, semblant amusé par cette idée.

– Voyons voir… Si je te dis « La répétition est décalée d’une heure », ça voudra dire qu’il faut qu’on se voit.

– N’importe quoi ! M’exclamais-je en riant.

– Mmmh « Rendez-vous au Label », ça sera pour aller chez moi, et « Rendez-vous à la salle », pour aller chez toi.

– Et si un jour la répétition est vraiment décalée ? Dis-je en souriant.

– Et bien attends-toi à me voir débarquer excité.

J’éclatais de rire en imaginant la situation, avant de me relever, mettant fin à notre étreinte.

– Allez, vient déjeuner, avant d’aller à la salle parce que la répétition est avancée, soufflais-je en attrapant mon boxer.

Il éclata à nouveau de rire avant de se lever à son tour.

– Ok pour le déjeuner, mais le reste, je ne peux pas, je dois aller chercher mon neveu à l’école, je lui dois une leçon de guitare.

J’acquiesçais et lui tendis son pull, me souvenant de ce Noël que nous avions passé dans sa famille. Nous nous habillâmes vivement puis sortîmes de la chambre. Mais alors que nous allions aller dans la cuisine, nous entendîmes la porte d’entrée s’ouvrir. Aussitôt, sans réfléchir, je fis vivement entrer Éden dans la petite salle, fermant la porte. Deux secondes plus tard, Joshua débarquait dans le salon.

– Putain Morgan, c’est quoi ce bordel ! S’écria Joshua énervé en découvrant l’étant dans lequel nous avions laissé le salon cette nuit.

– Je… Désolé.. Dis-je en priant pour que rien ne nous trahisse.

– Et bien, ça y est, toi et Jules c’est repartit comme avant à ce que je vois.

– Oui, oui… Répondis-je gêné en me baissant pour ramasser les objets tombés de la commode. Tu as dormis chez Liz ? Demandais-je en changeant volontairement de sujet.

– Oui, dit-il dans un petit sourire.

Il regarda sa montre avant d’ajouter :

– J’ai encore quelques heures avant d’aller au boulot. On mange ensemble ? Me demanda-t-il.

– Avec plaisir, répondis-je enjoué.

– Je vais prendre une douche, pendant ce temps, si tu pouvais remettre un peu d’ordre dans le salon…

J’attendis d’être certain qu’il soit bien sous sa douche pour aller chercher Éden. J’ouvris la porte de ma pièce.

– C’est bon Éden, tu peux…

Mais je ne terminais pas ma phrase. Éden se tourna vers moi, et je compris à la seconde ce qui se passait. Mes yeux passèrent du mur vide autrefois recouvert de posters à Éden qui semblait très mal prendre la chose. Je voulus faire un pas vers lui, mais immédiatement, il passa près de moi.

– J’y vais, à plus tard.

Et sans attendre, il sortit de l’appartement.

***

Après avoir remis le salon en ordre, j’avais partagé un repas avec Joshua et je m’étais rendu au label ou j’avais pu avancer mon travail en retard. Cependant, mes pensées étaient une fois de plus tournées vers Éden et la réaction qu’il avait eut en découvrant mes murs vidés de tous ces posters. J’avais tout jeté, même leurs albums. J’avais voulu qu’il disparaisse de ma vie. Mais malgré tout cela, j’avais été incapable de l’oublier. Il en avait pourtant eu la preuve en revenant ici…

Je m’étais ensuite rendu à notre séance de travail avec le groupe la boule au ventre, ne sachant pas vraiment comment il allait agir avec moi. Comme à son habitude il était en retard, ce qui valu des moqueries du groupe. Il ne tarda cependant pas à arriver, nous retrouvant en train de répéter un des morceaux du nouvel album. Il était accompagné de son neveu, Théo.

– Sérieux Éden, souffla Laura dans une grimace, tu penses qu’un jour tu pourras être à l’heure.

– C’est la faute du petit ! S’écria-t-il vivement.

– C’est même pas vrai ! S’insurgea Théo en lui donnant un coup.

Éden rigola légèrement et alla saluer les membres du groupe. C’est à ce moment-là seulement qu’il croisa mon regard. Immédiatement son sourire disparu et il alla s’asseoir près de Baptiste, tentant de faire comme si rien ne clochait. Je pris assez mal cette attitude, mais je ne fis aucun commentaire.

– Alors… Souffla-t-il dans un sourire… Comment s’est passée ta nuit ?

Sans attendre, les joues du roux devinrent rouges et il évita son regard. Pour ma part, la jalousie revint au galop, mais je n’étais pas en position de me permettre de tels sentiments.

– Ah je le savais ! S’écria-t-il avant d’éclater de rire, tu caches bien ton jeu Monsieur « Non, je ne suis pas venu là pour draguer » !

– Draguer qui ? Demanda Kelly, en levant immédiatement la tête.

– Un blondinet, hier en boite. Il était vraiment pas mal.

– Tu ne peux pas la fermer ! Râla Baptiste en lui donnant un coup d’épaule.

Mais vivement, il passa un bras autour de son cou, amusé.

– Avec tout ce que j’ai fait pour que tu lui parles, j’espère qu’il valait le coup ! S’écria-t-il dans un large sourire.

Baptiste lâcha un soupire, vaincu.

– Oui, j’ai pris mon pied…

– Surveille ton langage, il y a un enfant ! Répliqua-t-il en passant sa main dans ses cheveux.

Je détournais le regard, ne supportant pas de les voir aussi proches. Éden m’ignorait parfaitement et je n’aimais pas cette attitude. En réalité j’étais perdu et j’avais finalement du mal à gérer toute cette situation.

– Dis Éden ! S’exclama soudain Théo, pourquoi tu vas pas embrasser Morgan vu que c’est ton copain ?

Je me crispais aussitôt. Autour de nous, tout le monde ricana, mais je n’osais pas croiser le regard d’Éden. Ainsi donc, j’avais ma confirmation, tout le monde était au courant de ce qu’il s’était passé entre nous. Par chance, leur manager entra dans la salle, coupant court à notre gêne.

– Excuse-moi Morgan, je peux te les emprunter deux secondes ?

– Euh… Oui, vas-y, répondis-je, ayant du mal à cacher mon trouble.

***

Je me retrouvais à travailler seul dans la salle du groupe. Tout le monde était partit, même Éden qui devait raccompagner son neveu chez ses parents. J’étais installé au piano en train de jouer ce dernier morceau que Liz m’avait subtilisé pour le donner à Éden. Le directeur avait adoré ce qu’il en avait fait et l’avait rajouté à l’album, voulant en faire aussi l’un des singles.

Ce fut concentré au milieu de cette mélodie, que j’entendis quelqu’un frapper à la porte. Je fus surpris de voir Liz ouvrir la porte quelques secondes plus tard.

– Salut Morgan, souffla-elle en rentrant et en parcourant la salle du regard.

– Si tu cherches Éden, il est parti, répondis-je.

– Non, c’est toi que je suis venu voir, dit-elle dans un sourire avant de prendre une chaise et de venir s’asseoir à côté de moi.

Je la regardais, surpris, mais n’osais pas faire de commentaire.

– Ne t’arrête pas, termine ce morceau. Je crois que je ne me lasserais jamais de l’écouter, souffla-telle dans un petit sourire.

Je cédais, reprenant le morceau depuis le début et Liz m’écouta en fermant les yeux, ne bougeant pas d’un pouce jusqu’à ce que je termine.

Je refermais mon cahier de partition avant de croiser son regard.

– Je… Merci de nous avoir couverts hier soir, soufflais-je. Je suis désolé de te mettre dans une telle position avec Joshua…

J’entendis Liz soupirer avant qu’elle ne me répondre.

– Morgan… Combien de temps va durer cette situation ? Parce que tu sais tout comme moi que Joshua va finir par l’apprendre et Jules…

– Je sais tout ça. Je… Dis-je hésitant.

– Tu quoi ? Insista-t-elle.

Je me passais une main sur mon visage avant de répondre le regard fuyant :

– Je suis perdu Liz… Je… Je n’arrive pas à en vouloir à Éden, mais j’ai peur, j’ai peur qu’il parte à nouveau et que… Mais je n’arrive pas à m’arrêter avec lui et je m’en veux de ce que je fais à Jules alors que…

J’avais beaucoup de mal à trouver mes mots. Liz me regardait, sérieuse.

– Et si tu avais un choix à faire Morgan ? Tu choisirais Jules ou mon frère ?

Aussitôt, Éden s’imposa à mon esprit. Ce n’était pas ma raison qui parlait mais mon cœur.

– Si je me séparais de Jules, ça ferait fuir Éden.

– Quoi ? S’exclama Liz. Mais enfin qu’est-ce que tu racontes !

– Si je lui révélais vraiment ce que je ressens pour lui, il partirait en courant comme la dernière fois Liz. Et je… Je ne le supporterais pas une deuxième fois… Avouais-je en sentant mon cœur se serrer.

Liz se mordit la lèvre inférieure, avant de répondre :

– Tu sais, même si Éden a fuit, au final il est revenu… Il est revenu vers toi Morgan, chose qu’il n’a jamais fait depuis Lucas.

Elle fit une pause avant de poursuivre dans un petit sourire :

– Je connais mon frère Morgan, et tout ce qu’il veut, c’est que tout redevienne comme avant. Quand tu étais amoureux de lui

Je la regardais surpris. Même si je voulais y croire j’avais du mal à m’en convaincre.

– Je sais que c’est assez paradoxal, dit Liz amusée. Il clame haut et fort à qui veut l’entendre qu’il ne veut pas d’attache. Mais il s’est attaché à toi Morgan…

Je détournais le regard, assimilant toutes ses paroles.

– Tu as déjà fait ton choix…

– Qu’est-ce que tu veux dire ? Dis-je en fronçant les sourcils.

– Si on y regarde de plus près, c’est avec Éden que tu as une relation de couple et pas avec Jules.

– Un « couple » ? Dis-je alors que ce mot sonnait amèrement dans ma bouche. Est-ce que tu crois qu’un jour il sera capable de mettre ce mot sur notre relation ?

Liz se leva, et attrapa son sac qu’elle avait posé à côté de mon piano.

– Les mots ne sont pas si importants Morgan. Je sais qu’il faut être patient avec lui mais… Mais ce que je te demande c’est juste d’essayer de lui faire confiance encore une fois…

***

J’avais une nouvelle fois craqué. Et je savais que même si Jules était disponible ce soir-là j’aurais agis exactement de la même manière. J’avais envie de voir Éden mais aussi de m’expliquer avec lui concernant les posters. Je savais que cela l’avait affecté et je voulais mettre les choses au clair.

Sans vraiment réfléchir, j’étais allé louer plusieurs dvd et j’avais acheté un paquet de pop-corn. Ce n’était qu’après que j’avais osé envoyer un simple texto.

« La répétition est avancée… »

Le cœur battant, j’attendis sa réponse qui ne tarda pas :

« Rendez-vous à la salle »

Un sourire étira mes lèvres et il ne me fallut que quelques minutes pour arriver devant sa porte et frapper timidement. Éden m’ouvrit avec un sourire mais il se figea en me voyant, les bras chargés de DVD et de Pop-Corn.

– Je me suis dit qu’on pourrait les regarder, dis-je en lui tendant les boîtiers.

– Pour… Une soirée DVD ? Demanda-t-il surpris.

– Euh… Oui…

Une grimace étira ses lèvres et il se cala dans l’embrasure de sa porte.

– Je crois que tu n’as pas très bien compris, souffla-t-il moqueur, je suis censé être ton amant. Tu as ton copain pour faire ce genre de chose…

Je pris très mal cette remarque et immédiatement mon regard se durcit. Liz avait tord. Éden ne serait jamais prêt et je commençais à me demander combien de temps je serais capable d’attendre.

– Tu sais quoi, tu as raison ! Dis-je en me retournant, je vais aller le retrouver.

J’entendis un soupire s’échapper de ses lèvres. Liz avait tort. Éden ne voudrait jamais la même chose que moi. Et ce qui l’intéressait était finalement plus nos parties de jambes en l’air. Il ne voulait pas que tout redevienne comme avant.

Mais alors que j’allais m’engager dans les escaliers, Éden me rattrapa en passant ses bras autour de ma taille.

– Attends, dit-il en calant sa tête dans mon cou, tu peux rester ce soir.

– Ne t’oblige surtout pas ! Répliquais-je agacé.

– Reste.

Et sans attendre, il embrassa ma joue. Ce simple baiser rompit mes barrières et je ne pus résister longtemps, tournant la tête. Nos lèvres se retrouvèrent, enlacés dans un de ces moments de douceur qui ne faisait que me rendre encore plus dépendant de lui. Sa prise autour de ma taille se resserra tandis que nos langues se rencontraient, savourant ce même frisson qui me secouait lorsque nous nous donnions ce genre de baiser…

Lorsque l’air vint à nous manquer, il laissa son nez frotter tendrement le sien. Lorsqu’il agissait ainsi avec moi, Éden pouvait faire ce qu’il voulait de moi…

– Tu boudes toujours par rapport à ce matin ? Lui demandais-je d’une petite voix, cherchant les raisons d’un tel rejet.

Mais il était décidé à ne pas parler de cela. Il attrapa un autre DVD et se recula, retournant vers son appartement.

– Tu as choisi mes deux préférés… Souffla-t-il en changeant de sujet, je crois qu’on va les regarder tous les deux…

Il rentra dans l’appartement, prenant la direction de la cuisine, sûrement pour préparer le pop-corn. Un sourire étira mes lèvres et je le suivis, fermant la porte d’entrée et enlevant mes chaussures. Lorsque j’allais le rejoindre, je ne fis aucune remarque…

***

Nous avions fini par regarder les deux films qu’il avait choisit avant de faire l’amour passionnément. Chaque nouvelle fois avec lui était des plus magiques et j’avais du mal à saisir l’emprise qu’il avait sur moi. Comme à mon habitude, je cherchais à le combler, à le mener au summum de son plaisir et je le faisais avec d’autant plus d’envie, qu’il cherchait à faire la même chose pour moi…

Il était allongé sur moi, sa tête reposant son mon ventre, embrassant mon nombril. Ma main passait et repassait dans ses cheveux tandis que, le regard perdu dans le vide, les paroles de Liz venaient et revenaient dans mon esprit. Est-ce que je pouvais réellement lui faire confiance à nouveau ? Il me l’avait pourtant dit lui-même, il ne pourrait jamais me retourner mes sentiments. Il refusait l’idée de couple. Et paradoxalement, il s’attachait à moi. Ce qui s’était passé lorsque j’étais arrivé chez lui me le prouvait, dévoilant son combat intérieur. Et quelle place avait Jules dans tout cela ?

– Laisse-moi deviner, souffla-t-il amusé, tu te demandes pourquoi tu restes avec ton crétin de petit-ami, alors que tu prends ton pied comme jamais avec moi…

Je ne pus m’empêcher de rire, et mon regard croisa le sien.

– Tu te mets sur un piédestal… Dis-je dans un sourire.

– Les cris que tu pousses me force à l’admettre…

Il embrassa une nouvelle fois ma peau, et ce fut à cet instant là que je lui posais à nouveau cette question qui me brûlait les lèvres depuis ce matin.

– Ça t’a vraiment dérangé de voir que j’avais enlevé les posters ?

Éden se crispa légèrement, et un soupire s’échappa de ses lèvres, vaincu.

– Ce n’est pas que ça me dérange… Dit-il sans me regarder. Tu fais ce que tu veux… C’est normal que tu ais voulu les jeter… Je suis parti sans te donner de nouvelles…

– Ce n’était que des posters…

– Et des CD, compléta-t-il vivement.

Je fis une légère pause, ne pouvant m’empêcher de sourire, amusé par cette attitude presque enfantine. Il n’y avait que dans ces moments de tendresse qu’il me laissait entrapercevoir cette facette de sa personnalité.

– Oui… Les CD aussi… Dis-je en laissant ma main caresser son dos.

Je faisais très attention à ce que je lui disais, choisissant mes mots avec grand soin.

_ Mais même si j’ai jeté tout ça… Je n’ai pas réussi à t’oublier… Lui avouais-je. Et il y a même certaines choses, comme les photos que tu as faites de nous deux… Que je n’ai pas réussi à effacer…

Vivement, il redressa la tête.

– Sérieux ? Tu les as toujours ?

– Oui, répondis-je en acquiesçant.

Éden se leva et sortit du lit.

– Qu’est ce que tu fais ? Demandais-je surpris.

– Pendant la tournée, j’ai… Cassé mon téléphone… Et je ne les ai plus… Dit-il en fouillant autour de lui, tu peux me les renvoyer.

– Comment tu l’as cassé ?

– Il est… Tombé… Fit-il hésitant.

Je sentais qu’il ne me racontait pas tout, mais je n’insistais pas. Après avoir trouvé nos téléphones, il commença à pianoter sur le mien. Mais bientôt, une grimace étira ses lèvres.

– Tu as un message de ton crétin, dit-il en me lançant le téléphone.

– Arrête de l’appeler comme ça ! Répondis-je en le regardant.

Il haussa les épaules et retourna s’allonger près de moi. Je lu rapidement le message de Jules qui disait que je lui manquais et qui me demandait ce que je faisais. Mais je n’avais pas envie de lui répondre. Cette nuit, je voulais simplement vivre dans cette illusion d’une relation exclusive avec Éden. Je fis demi-tour et je commençais à envoyer les fameuses photos à Éden. Bientôt son téléphone se mit à vibrer.

– Tu ne lui réponds pas ? Fit-il surpris que je lui envoie les photos.

– Je le ferais demain… Soufflais-je concentré dans ma tâche, n’ayant pas envie de m’appesantir à ce sujet.

Plusieurs minutes passèrent sans que nous parlions. Mais ce n’était pas un silence gênant, au contraire. Mes doigts ne tardèrent pas à retrouver son dos, et j’embrassais son épaule, regardant les photos avec lui. J’éclatais de rire en voyant une photo où ses parents posaient avec un tee-shirt des Light Shade. Sa famille semblait enfin avoir changé d’avis sur le talent d’Éden.

– Ça me fait penser qu’ils ne font que me demander quand est-ce que tu reviendras dîner chez eux… Dit-il en me regardant.

– Quoi ? Soufflais-je étonné. Tu ne leur as pas dit que…

Éden haussa les épaules une nouvelle fois.

– Je suis parti en tournée et je n’ai pas vraiment pensé à leur dire… Tu verrais comment ils parlent de toi… Tu leur as vraiment plu, plus que Joshua même, répondit-il en rigolant.

Je ne répondis pas, le regardant en écarquillant les yeux, ayant beaucoup de mal à réaliser ce qu’il était en train de me dire.

– D’ailleurs, si tu veux venir le week-end prochain, c’est l’anniversaire de mon père, dit-il en se retournant sur le dos, passant ses doigts sur mon torse. Josh part en formation en plus, donc il ne sera pas là…

Un petit sourire étira mes lèvres et je posais ma main sur sa joue, touché. Savait-il l’effet qu’une telle proposition provoquait chez moi ?

– Enfin, tu fais comme tu veux, conclut-il en détournant le regard, légèrement gêné.

Mon cœur battait la chamade. Est-ce que Liz avait raison ? Est-ce que je devais me laisser aller à lui faire confiance. Là, tout contre lui, alors qu’il me proposait bien plus que ce que des amants feraient, je savais que je ne ressentirais jamais la même chose avec Jules. Se rendait-il compte de ce qu’il me proposait ?

Un sourire étira mes lèvres, un sourire sincère, avant que je ne réponde :

– J’adorerai…

Éden croisa mon regard et un petit sourire étira ses lèvres. Sans résister, ma main glissa derrière sa nuque et je l’attirais vers moi pour un baiser qui trahissait mon envie de lui. Comment faisait-il ? Comment pouvait-il se montrer froid et distant, me rappelant ce que devait être notre relation et quelques heures plus tard aussi tendre et m’inviter en tant que son petit ami chez ses parents. Je n’osais pas lui en parler, et encore moins lui poser des questions à ce sujet. Car avec lui, j’avais l’impression de marcher au bord d’un précipice. La situation pouvait se retourner si facilement, que je devais faire preuve de précaution. Alors cette nuit là, je comptais le remercier à ma manière, faisant parler nos corps à défaut d’affronter notre situation…

***

Le lendemain soir, je devais retrouver Jules pour une soirée avec Joshua. Liz voulait retrouver son frère et Joshua n’avait pas envie d’être seul.

Jules se comportait complètement différemment lorsque nous étions avec Joshua. Nous étions installés dans le salon, Joshua en face de nous sur le petit fauteuil et Jules assis à côté de moi sur le canapé, m’enlaçant. Nous faisions très souvent ce genre de soirée dans le passé et en regardant le sourire accroché aux lèvres de Joshua me prouvait à quel point cela lui avait manqué.

– On sort après ? Dit-il après avoir bu une gorgée de sa bière.

– Je serais bien resté là, dit Jules en passant sa main sur mon bras dans une douce caresse.

– N’oubliez pas que je dors ici les gars alors évitez faire comme la dernière fois ! Dis Josh en rigolant alors que son regard se posait sur le mur où les cadres n’étaient plus accrochés.

Mon cœur s’emballa. La situation était fragile et tout pouvait déraper très facilement.

– De quoi tu parles ? Demanda Jules, intrigué.

J’implorais Joshua du regard pour qu’il se taise, et il fronça les sourcils un bref instant.

– De rien… Souffla-t-il. Bref, j’aimerais vraiment sortir, comme au bon vieux temps. Dit-il en se levant et en prenant la direction de la salle de bain.

Je me retrouvais seul avec Jules qui soupira et céda en se levant. Il se tourna vers moi et me tendit la main.

– Au fait, j’aurais un peu de retard vendredi, mais je devrais passer te chercher vers 19h, tu auras finis de travailler ?

– Vendredi ? Dis-je surpris. Pour aller où ?

– Ça fait un mois que c’est prévu et tu as déjà oublié ! J’ai réservé une auberge pour le week-end ! Et je me suis arrangé pour être certain que l’hôpital ne me contactera pas.

J’attrapais sa main, et me levais. Il m’attira tout contre lui, refermant ses deux bras puissants autour de moi.

– Un week-end rien que pour nous deux, souffla-t-il au creux de mon oreille avant de poser ses lèvres sur les miennes.

Je mis du temps à véritablement répondre au baiser. Mon cœur se serrait en pensant à Éden et à l’invitation que j’avais acceptée. Je me surpris à réaliser qu’au fond de moi, je préférais passer le week-end avec Éden et sa famille que ce week-end romantique.

Jules lâcha mes lèvres et passa sa main sur ma joue, me regardant de ce regard amoureux qui me mettait terriblement mal à l’aise.

– Morgan, cria Joshua de la salle de bain, tu peux venir s’il te plaît, j’ai besoin de ton aide.

Je sautais sur l’occasion de m’échapper à cette étreinte et au trouble dans lequel Jules venait de me plonger. Ce fut non sans difficulté qu’il consentit à me lâcher pour que j’aille rejoindre Joshua.

J’eus à peine le temps de rentrer dans la salle de bain qu’il referma la porte derrière nous. Il se tourna vers moi, croisant les bras et me fixait durement.

– Je ne sais pas ce que tu es en train de faire Morgan, dit-il assez durement. Et je crois que je préfère ne pas le savoir. Mais…

Il fit une pause, alors que je détournais le regard.

– Tu connais Jules… Et il fait beaucoup d’effort. Il… Il tient vraiment à toi Morgan, alors s’il te plaît, ne fais pas le con avec lui.

Sans un mot de plus, il me contourna et sortit de la salle de bain, me laissant seul avec ma culpabilité.

Je ne pouvais pas annuler ce week-end avec Jules, même si j’étais profondément déçu à l’idée de devoir l’annoncer à Éden. Du peu de temps que j’avais pu passé avec la famille d’Éden, je regrettais vraiment de ne pas pouvoir les revoir. Mais le pire était que j’allais devoir lui annoncer, et je ne savais pas comment le faire… Et encore moins, comment Éden allait le prendre.

***

Le lendemain en fin d’après-midi, je me retrouvais avec Éden après la répétition comme à nos habitudes. Mais cette fois-ci, celui qui avait le plus de mal à se concentrer, c’était moi. Je faisais quelques erreurs d’accords ou d’enchaînements que j’étais incapable de rattraper, mais qui était quelque chose de très rare chez moi. Éden sembla finir par s’en rendre compte car il s’arrêta de chanter et me regarda en fronçant les sourcils.

– Quelque chose ne va pas ?

– Je… Non… Dis-je en fixant les touches de mon clavier.

En réalité, depuis que nous nous étions retrouvés seuls dans cette salle, je tentais de lui dire que je ne pourrais pas venir chez ses parents ce week-end, mais je n’y arrivais pas.

Je tentais de me concentrer à nouveau sur la musique reposant mes mains sur le piano, mais Éden intercepta mon poignet et me força à me tourner vers lui.

– Morgan… Dit-il un peu plus dur. Qu’est-ce qu’il y a ?

Mais je n’avais pas envie de lui dire. Je n’avais pas envie de gâcher l’équilibre que nous étions en train de trouver. Je ne voulais pas le perdre et qu’il s’éloigne de moi…

– Rien… Tentais-je de dire dans un sourire qui sonnait faux.

Je voulu me pencher pour l’embrasser, mais Éden tourna la tête. Je le regardais surpris et blessé et Éden ancra son regard océan dans le mien.

– Morgan… Dis-moi !

– Je ne vais pas pouvoir venir ce week-end, j’avais oublié que Jules m’avait invité… Lâchais-je d’une seule traite en détournant le regard.

Les doigts d’Éden lâchèrent mon poignet.

– Ah ok… Souffla-t-il.

– Je suis désolé, il me l’a rappelé hier et… Si j’avais su je ne t’aurais pas dit que…

– Arrête ! Me coupa Éden. Pas besoin de te justifier. C’est moi l’amant non ?

Ses paroles me firent mal, mais pourtant, c’était ce que devait être notre situation. Alors pourquoi avais-je autant de mal à l’accepter.

– J’aurais vraiment voulu aller voir ta famille avec toi… Lâchais-je en pensant tout haut.

Éden se leva et attrapa sa veste posée près du piano.

– Je… Je suis ton amant, tu n’as pas à vouloir voir ma famille. Souffla-t-il assez sèchement.

– Arrête de dire ça, détestant pour la première fois le terme d’amant qu’il avait collé sur notre relation.

Éden enfila sa veste sans me répondre. Je le regardais, incapable d’ajouter un mot.

– Je dois y aller, dit-il en se retournant vers la porte. Passe un bon week-end avec ton crétin.

Je n’eus pas le temps de répondre quoi que ce soit. La porte se fermait déjà derrière lui. J’avais très bien compris son sous-entendu. Même si nous allions nous revoir pour les répétitions, Éden ne voulait pas me voir avant la semaine prochaine.

Éden était déçu… Peut-être autant que moi. Et cela me faisait paradoxalement tout autant de bien que de mal.

***

Et comme je l’avais pensé, Éden m’ignora, se contentant du minimum lorsque nous étions en répétition. Le lendemain soir, j’avais tenté de lui envoyer un message, en lui disant que « la répétition était avancée », mais il n’avait pas tardé à me répondre qu’elle était « annulée ».

J’avais du me faire une raison, et les dernières paroles de Joshua me confortait dans cette idée. J’étais en couple avec Jules et avec tous les efforts qu’ils faisaient, je devais lui donner une chance.

Pourtant, ne pas voir Éden durant toute la semaine, avait été tout aussi dur que ces deux mois et demi de séparation. Il me manquait et mon cœur continuait de battre pour lui…

Je n’avais de cesse de me demander ce qu’il faisait chaque soir. Est-ce qu’il retournait dans les bars ? Est-ce qu’il allait finalement trouver quelqu’un de mieux que moi ? Et si cette situation ne lui convenait plus, alors est-ce qu’il était possible de construire quelque chose avec lui ? J’avais du mal à y répondre à l’affirmative. Et pourtant, sa réaction vis à vis de l’annulation de ma venue à ce week-end tendait à me prouver qu’il ressentait plus que l’envie d’être simplement mon amant…

Il n’avait qu’à me le demander. S’il me demandait franchement de quitter Jules, je savais que je n’hésiterais pas. Mais reporter ce choix sur ses épaules n’était pas juste. Ce choix là devait venir de moi… Je devais donner une chance à Jules, et cesser de rester accroché à Éden. Ce pouvoir qu’il avait sur moi m’effrayait tout autant qu’il me séduisait.

Le vendredi soir était arrivé assez lentement, et Jules n’allait pas tarder à arriver pour venir me chercher. Nous regardions la télévision avec Joshua qui avait lui aussi préparé son sac, partant en formation pour le week-end. Nous devions le déposer à la gare.

– Tu pourrais montrer un peu plus d’enthousiasme ! Souffla Joshua amusé. Tu vas passer un super week-end romantique.

Je voulus lui répondre, mais ce fut à cet instant là que Jules sonna à la porte. Je me levais en tentant de me convaincre d’être enjoué et allais lui ouvrir. Le sac de Jules tomba sur le sol et il me prit dans ses bras, m’embrassant avec fougue.

– J’ai tellement attendu ce week-end, souffla-t-il d’une voix désireuse.

Je souris avant de reprendre ses lèvres. Nous nous séparâmes lorsque l’air vint à nous manquer. Je devais cesser de regretter ce week-end avec Éden. Je devais me consacrer exclusivement à Jules. Après ces trois mois, il m’avait prouvé qu’il voulait changé et racheté ses erreurs.

Joshua et Jules se saluèrent amicalement et Jules vint prendre place à côté de lui sur le canapé. Le train de Joshua était dans trois quart d’heure et nous avions le temps de boire un verre avant de partir. J’amenais des bières du frigo et vins m’installer à côté d’eux. Jules passa son bras autour de mon cou, posant sa main sur mon épaule. C’est à ce moment là que je vis un prospectus dépasser de la poche de sa veste et curieux, je le pris.

C’était la prospectus de l’auberge où il m’amenait. Ce lieu avait l’air particulièrement chaleureux, mais il était aussi perdu dans la montagne.

– Il n’y a pas l’air d’avoir de boites aux alentours, dis-je amusé. Ça changera d’ici.

Je sentis aussitôt la main de Jules se crisper sur mon épaule.

– Pourquoi ça te pose problème ? Lâcha-t-il assez froidement.

Je tournais la tête vers lui, surpris de sa réaction.

– Je… Non… Je n’ai pas dit ça, dis-je étonné.

– C’est vrai que tu y as passé tellement de temps que tu dois y être accro.

– Jules arrête ! Dis assez sèchement Joshua, prenant ma défense.

– Que j’arrête quoi ! S’exclama Jules en se levant. C’est toi qui m’a raconté tout ça. Je te signale que tu tenais le même discours, si ce n’est pire.

Je tournais la tête vers Joshua qui foudroyait du regard son ami.

– Jules, calme-toi… Soufflais-je en me levant à mon tour, craignant que la situation ne dérape.

– Que je me calme ! Tu t’es fait sauté par toute la ville ! Hurla-t-il en serrant les poings. Et qui me dit que tu n’es pas en train de continuer.

– Arrête ! Criais-je à mon tour.

– De toute façon, ajouta-t-il très froidement et plus bas, tu ne vaux pas mieux qu’une pute !

Une colère sourde monta au plus profond de mon être. Ainsi, c’était ainsi qu’il me voyait ! Jules n’avait pas changé. Il ne pensait qu’à lui même et peu importe s’il me faisait du mal.

– Si c’est comme ça, pourquoi tu voudrais la compagnie d’une pute ?!

Hors de moi, blessé plus que je ne l’aurais cru par ses propos, je leur tournais le dos, attrapais ma veste et sortis en claquant la porte.

Le vent froid qui soufflait dehors me fit réaliser que je pleurais. Ce jugement qu’il portait sur moi… N’était finalement pas tout ce que j’étais… Je quémandais l’affection des autres et j’offrais mon corps à celui qui acceptait de m’en donner, ne serait-ce qu’un peu… C’était comme ça que j’avais commencé à m’attacher à Éden. Mais il y avait eu plus… Il y avait plus.

Je marchais d’un pas rapide, je ne savais pas ou j’allais. Je ne voulais pas rester seul. Je ne voulais pas me réfugier dans un bar, car cela aurait donné raison à Jules. Je voulais voir Éden, je voulais passer le week-end avec sa famille. Je voulais vivre dans cette illusion d’être vraiment son petit copain. Il me manquait… Il m’avait cruellement manqué et c’était presque en courant que j’arrivais en bas de son immeuble.

Je gravis les marches quatre par quatre, ne voulant pas réfléchir à ce que je faisais, mais simplement suivre un instinct, un besoin…

Je frappais à sa porte, anxieux, sachant qu’une simple hésitation me serait fatale. Éden ne tarda pas à m’ouvrir et posa sur moi un regard surpris.

– Morgan ? Dit-il étonné.

Je croisais son regard, alors qu’il ajoutait :

– Tu ne devrais pas être dans un chalet avec ton crétin ? Lâcha-t-il légèrement acerbe.

Sans savoir le retenir, j’éclatais en sanglot. Les mots de Jules m’avaient fait bien plus mal que je ne l’aurais cru. Et à ce que j’avais compris, Joshua ne s’était pas gêné pour me juger avec lui. Je me sentais humilié. Et c’était vers Éden que j’allais chercher du réconfort, lui qui me rendait si instable. J’avais pardonné son rejet et son abandon de deux mois et demi si facilement. Et je continuais d’en vouloir à Jules, malgré tous les efforts qu’il faisait pour se racheter.

J’aimais Éden. Je voulais de sa douceur, de sa tendresse. Paradoxalement, à ses côtés je me sentais rassuré. Je me sentis brusquement tiré vers lui. La porte d’entrée se referma derrière nous et ses bras m’enlacèrent pour m’attirer tout contre lui. Ma tête plongea dans son cou et un plus gros sanglot me secoua.

J’étais complètement perdu et la chaleur qu’il m’offrit au travers de cette étreinte me fit un bien fou. Son bras passait dans mon dos dans une caresse réconfortante. Je m’agrippais à lui sans le réaliser, par peur qu’il ne m’échappe. Malgré toute l’instabilité qu’il m’apportait, ainsi, au creux de ses bras, je me sentais en sécurité. J’avais l’impression de me sentir aimé…

Je ne sus combien de temps je restais là à pleurer dans les bras d’Éden. Peut-être que j’évacuais enfin toute cette tension accumulée ces derniers mois. Éden ne me posait pas de question, il se contentait de m’offrir cette étreinte. Nous étions plus que simplement des amants. Si l’on regardait la situation, j’avais plus l’impression d’être en couple avec Éden et que Jules n’était qu’un plan cul. J’avais aimé Jules, mais je l’avais toujours craint…

Je tentais de me ressaisir et lorsque je m’écartais d’Éden, son regard inquiet posé sur moi me gêna. J’avais honte d’avoir ainsi craqué devant lui… Et d’avoir débarqué sans prévenir.

– Je… J’espère que je ne te gêne pas… Dis-je en baissant les yeux.

La main d’Éden se posa sur mon visage. J’étais encore tout contre lui et pour rien au monde je ne me serais écarté de cette chaleur. Je croisais à nouveau son regard alors que son pouce caressait ma joue. Ce simple geste fit battre mon cœur.

– Je ne savais pas que la répétition était avancée, souffla-t-il.

Je ne pus m’empêcher de rire un peu, évacuant tout ce que j’avais ressenti.

– Je suis désolé… Dis-je en essuyant mes larmes.

– Désolé ? De quoi ? Demanda Éden en desserrant un peu son étreinte.

– De venir pleurer comme ça chez toi… Dis-je à nouveau mal à l’aise.

– Je pense que c’est mon rôle, puisque je suis ton amant câlin…

Et sans attendre, ses lèvres vinrent se poser sur les miennes. J’acceptais sans la moindre résistance ce baiser d’une tendresse infinie. Sa langue vint chercher la mienne avec douceur. Ce n’était pas un baiser guidé par le désir de plus. C’était l’un de ces baisers que nous échangions de temps en temps et qui me faisait presque penser à un baiser amoureux, un baiser que même Jules ne m’avait jamais offert.

Ce fut presque à contrecœur que nous mîmes fin au baiser et lorsqu’il s’écarta de moi, Éden me souffla :

– Ça va mieux ?

Je lui offris un petit sourire timide avant d’acquiescer.

– Tu as mangé ? Me demanda-t-il alors.

– Non…

Éden m’invita à le suivre dans le salon et attrapa son téléphone portable.

– Je vais commander quelque chose, tu préfères quoi ? Chinois ?

– Je n’ai pas très faim…

– Ce n’est pas la question que j’ai posé… Dit-il amusé. Alors ça sera chinois.

Et sans attendre, il composa le numéro et passa commande. Il savait ce que j’aimais et ne me demandait plus mon avis. Pendant ce temps, je me débarrassais de ma veste et Éden m’invita d’un geste de la tête alors qu’il était en ligne de m’installer sur le canapé.

La livraison ne tarda pas à arriver et nous mangeâmes dans le salon. Mon téléphone n’arrêtait pas de vibrer dans la poche de mon jean, mais je n’avais pas envie de répondre, sachant très bien que ce devait être Jules ou Joshua.

Je finis par l’attraper dans un soupire et choisis de l’éteindre pour ne plus être embêter. Je sentais le regard d’Éden posé sur moi, pourtant, il ne me posa aucune question.

– Tu veux qu’on sorte ce soir ? Me demanda-t-il alors que je débarrassais la table.

– Je préférais rester ici… Dis-je hésitant.

– Ok, souffla Éden songeur. Alors je sais ! S’exclama-t-il.

Il se leva et disparu quelques instants avant de revenir avec sa guitare qu’il me tendit.

– On peut jouer un peu, proposa-t-il.

J’attrapais sa guitare dans un sourire. Je savais que cette offre n’était pas innocente. Éden me connaissait suffisamment pour savoir que jouer de la musique me faisait du bien.

– Quel morceau ? Demandais-je en prenant mes marques sur sa guitare.

– Surprends-moi, dit-il avec un petit sourire en coin.

Je me surpris à le regarder avec un air espiègle, avant de me lancer dans un morceau que j’aimais beaucoup, mais qui n’était pas des Ligth Shade. Il était assez complexe pour le chanteur, mais je savais qu’Éden en était capable. Celui-ci me regarda surpris, avant de se prendre au jeu.

Et il chanta parfaitement bien. Il avait fait d’énormes progrès. Et sa voix avait toujours le même effet sur moi.

Nous jouâmes d’autres morceaux dont certains qui seraient dans le nouvel album. Nous jouions pour le simple plaisir de la musique et comme à chaque fois, nous ne voyions pas le temps passer. Cette harmonie qui nous liait pendant que nous jouions, je ne l’avais jamais connu avec aucun autre, même si c’était la guitare d’Éden que j’avais dans les mains. Il avait réussi à me faire oublier, l’espace d’un instant, toutes les pensées qui troublaient mon esprit. Et je choisis de simplement profiter du moment présent que je partageais avec lui.

***

Nous étions allés nous coucher et c’était surpris que je voyais Éden ne rien tenter. Pourtant, lorsqu’il avait du me prêter un pyjama et que je l’avais volontairement mit devant lui, son regard posé sur moi avait été désireux.

J’étais venu volontairement me coller à lui et Éden m’avait simplement prit dans ses bras. Ma main posée sur son torse nu qui se soulevait au rythme de sa respiration régulière se mit alors en mouvement, tentant d’attiser son désir. Mes caresses aériennes se firent de plus en plus osée, descendant vers son bas ventre et je sentis la respiration d’Éden s’accélérer un peu.

De plus en plus audacieux, je finis par me redresser légèrement et, dans un petit sourire, je déposais mes lèvres sur les siennes. Éden ne tarda pas à répondre au baiser et l’une de ses mains finit par passer derrière ma nuque pour m’attirer plus près de lui. Ma main continuait son exploration mais au moment où j’osais effleurer son intimité commençant à s’éveiller, Éden mit fin au baiser et attrapa ma main.

Surpris, je m’écartais légèrement pour croiser son regard sérieux.

– Tu es sûr ?

J’aurais pensé pouvoir lui répondre affirmativement et pourtant, la réponse ne sortit pas de ma bouche. Les paroles dures de Jules me revinrent aussitôt à l’esprit et je m’écartais d’Éden avant de m’allonger sur le dos. Éden se redressa sur son coude, s’allongeant sur le côté. Je croisais son regard alors qu’il scrutait la moindre de mes réactions. Si ce que m’avait dit Jules me touchait autant, c’était qu’il devait y avoir une part de vérité.

– Est-ce que tu trouves que… Enfin… Est-ce que… Dis-je en bredouillant, incapable d’oser lui demander.

– Est-ce que quoi ? Me demanda Éden intrigué.

– Est ce que tu me vois comme une pute.

– Quoi !? S’exclama Éden en éclatant de rire. Tu me poses de ces questions bizarres…

Mais je n’étais pas d’humeur à rire avec lui. Je m’assis sur le lit, ramenant mes genoux contre ma poitrine entre mes bras.

– Je n’ai pas mis longtemps à te résister… Et c’est pareil avec tous les types que je rencontre… Dis-je d’une petite voix en baissant la tête.

Éden se redressa à son tour et s’assit à côté de moi. Il attrapa mon menton doucement avant de me forcer à relever la tête pour le regarder.

– Moi je me suis tapé la moitié de la ville, alors je dois être encore plus « pute » que toi, dit-il dans un sourire.

Cette fois-ci, je ne pus m’empêcher de rire, ne m’attendant pas du tout à une telle répartie. Et pourtant, je me sentis soulagé instantanément.

– Alors on était fait pour se rencontrer, répondis-je.

– Sûrement, souffla Éden avant de prendre mes lèvres.

Je répondis à son baiser avant de le pousser et qu’il se retrouve allongé sous moi surpris. Un petit sourire charmeur étira mes lèvres. Le cœur battant, j’avais envie de faire l’amour avec lui, encore une fois…

***

J’étais allongé sur le dos, littéralement épuisé. Éden était contre moi, la tête posée sur mon ventre, alors que je laissais mes doigts danser sur son épaule. Je me sentais apaisé et engourdi par cette chaleur qu’il m’apportait. Là contre lui, j’avais l’impression d’être dans une petite bulle de bonheur.

– Je peux te poser une question ? Me demanda Éden en brisant le silence qui régnait entre nous.

– Je… Oui, répondis-je, sans trop savoir ce qu’il allait me demander.

– Qui est-ce qui t’a dit ça ? Dit-il en posant son menton sur mon ventre et en croisant mon regard.

Je compris très bien à quelle allusion le « ça » faisait. Je détournais le regard avant de souffler :

– A ton avis.

Éden se crispa et il lâcha les dents serrées :

– Ce n’est pas un crétin, c’est un vrai connard ! Pourquoi tu restes avec ce type ?

– Je… C’est compliqué, répondis-je en croisant à nouveau son regard maintenant furieux.

– Pourquoi ? Insista Éden, ne semblant pas prêt à vouloir lâcher le morceau.

– Je suis quelqu’un de faible Éden, je me sers de Jules.

– Tu te sers de Jules ? A voir la manière dont il te traite, je pencherais plutôt pour l’inverse. Trancha Éden.

Mes mains se crispèrent sur ses épaules. C’était un sujet délicat. Et ce n’était même pas clair dans ma tête…

– Je… J’ai besoin de ce que m’apporte Jules… Avouais-je ayant du mal à trouver mes mots.

– Ah ? Et qu’est ce qu’il t’apporte ? Répondit aussitôt Éden.

Je ne répondis pas, détournant cette fois-ci le regard pour de bon. Qu’est-ce que m’apportait Jules. L’idée de couple, le côté rassurant de ce le couple refermé. Et comme si Éden semblait lire dans mes pensées, il me demanda en posant sa tête sur mon ventre de façon à éviter lui aussi mon regard :

– Si tu as peur que je m’enfuis comme la dernière fois, ce n’est pas la peine. Je ne le referais plus. J’ai été idiot.

Il fit une pause avant d’ajouter alors que mon cœur commençait à s’emballer :

– Même si je ne peux pas tomber amoureux de toi, je… Je tiens à toi Morgan.

Mon cœur battait si fort que j’étais presque sûr qu’Éden pouvait l’entendre. Il redressa la tête et osa croiser mon regard.

– Est-ce que tu es heureux là maintenant ? Me demanda-t-il.

– Oui… Dis-je dans un souffle, touché comme jamais par ses paroles.

– Alors pourquoi est-ce que tu cherches à te compliquer la vie avec un gars qui au final te fait plus de mal que de bien ?

Je ne tiens plus. Je l’attirais brusquement vers moi pour ravir ses lèvres d’un baiser passionné. Éden venait de m’offrir la plus belle déclaration qu’il ne m’avait jamais faite. J’aimais cet homme. J’aimais cet homme et rien, ni même la peur que je ressentais à me lancer vers cet inconnu ne pouvait être un frein à ce que je ressentais pour lui en cet instant.

Nous refîmes l’amour presque toute la nuit, oubliant le temps qui défilait, ayant tous deux besoin de cette extase que nous atteignons toujours à deux. Jules et toute cette histoire n’y avaient plus leur place. Éden tenait à moi, bien plus que je ne le croyais et j’étais heureux comme jamais uniquement lorsque j’étais avec lui. Je pardonnais son abandon de plusieurs mois. Je voulais simplement que cette nuit ne prenne jamais fin…

***

Le lendemain matin, c’est avec beaucoup de difficulté que je tentais de me réveiller. J’étais courbaturé et épuisé, et Éden semblait être dans le même état. Allongé sur le dos, un bras passé sur son visage pour lui cacher la lumière qui filtrait à travers les volets, il soupira :

– Je ne savais pas que ça allait être aussi épuisant d’être un amant câlin…

Je ne pus m’empêcher de rire et je vins aussitôt me coller contre lui, calant ma tête contre son épaule et posant ma main sur son torse. La main d’Éden vint se poser sur la mienne. Le silence envahi à nouveau la pièce alors que nous étions tous les deux incapables de sortir de ce lit.

– Dis… Éden, est-ce que… Est-ce que je peux toujours venir chez tes parents ?

Éden tourna la tête vers moi avec un petit sourire en coin.

– Depuis que je leur ai dit que tu venais, ils n’arrêtent pas de parler de toi. Alors je pense que tu n’as pas bien le choix.

– Tu ne leur as pas dit que… Enfin… Dis-je mal à l’aise.

– Non… Souffla-t-il.

Éden tourna sa tête vers le réveil.

– Liz ne va pas tarder à arriver, soupira-t-il, et prépare toi à l’ouragan. On devrait se lever… Tu veux passer chez toi prendre des affaires.

Mon cœur se serra à cette idée. Je n’avais pas envie de retourner là-bas. Même s’il n’y avait aucune raison que Jules ou Joshua y soient, je ne voulais pas prendre ce risque. Éden semblant le comprendre à ma réaction, car il me dit alors :

– Bon, je te prêterais des vêtements.

Il me fallut encore quelques minutes avant de me convaincre à me lever. Une bonne douche chaude dénouerait mes muscles endoloris. Éden quant à lui, ne bougea pas d’un poil.

Je fis couler l’eau et me déshabillais en attendant que celle ci se réchauffe. Je ne pus m’empêcher de sourire en voyant mon reflet dans le miroir, les cheveux en bataille et des cernes qui seraient difficiles à faire partir. J’avais perdu un peu de poids dernièrement, mais je n’étais pas maigre non plus. Mon teint restait assez pâle à cause de la fatigue, mais cela ne changeait pas beaucoup plus que d’habitude. Je me demandais ce qu’Éden et tout les autres hommes me trouvaient, car à mes yeux, j’étais plutôt quelconque… Je finis par me glisser sous l’eau brûlante, appréciant instantanément sa caresse. Et alors que je me mouillais les cheveux, je sursautais en sentant un corps nu se coller contre moi.

Je tournais la tête vers lui, surpris, avant de croiser son regard.

– Ne t’inquiète pas, je viens juste me laver, dit-il avec un petit sourire, affichant un air innocent.

– Est-ce qu’une fois seulement on a fait que se laver dans la douche ? Dis-je amusé.

– Il faut bien une première fois à tout, dit-il dans un haussement d’épaule avant de rire.

Il se pencha vers moi et attrapa le gel douche. L’habitacle était assez grand pour ne pas avoir à se coller et pourtant, sa peau toucha la mienne volontairement, se collant tout contre mon dos.

– Ne bouge pas, souffla-t-il près de mon oreille.

Un violent frisson parcourut tout le long de ma colonne vertébrale. Il s’écarta légèrement de moi et bientôt, je sentis ses mains savonneuses passer dans mon dos. Lui qui disait ne pas vouloir prendre plus qu’une douche, il était en train de se contredire. La caresse de ses mains se fit de plus en plus sensuelle, passant sur mon torse, m’enlaçant de ses deux bras et je ne tardais pas à sentir son intimité éveillée contre mes fesses. Cependant, il ne fit pour le moment rien de plus que des caresses, passant sur chaque parcelle de mon corps. J’avais fermé les yeux, savourant ses attentions, mais alors qu’il massait mes fesses dans un geste on ne peut plus évocateur, je me tournais vers lui pour lui faire face et ravir ses lèvres pour un baiser farouche.

Éden perdit pieds et me plaqua contre le carrelage glacé de la douche qui me fit presque échapper un cri sous la surprise. Ses mains continuaient leur course, rapprochant mon bassin contre le sien, faisant se toucher nos deux intimités à égalité. Malgré la fatigue de la veille, malgré le nombre de fois où nous l’avions fait, nous nous retrouvions en quelques minutes dans le même état. Nous étions insatiable l’un de l’autre, incapable d’y mettre un terme. Comment pouvions-nous ressentir cela encore et encore…

Loin de rester passif, ma main glissa entre nos corps pour caresser son intimité, et Éden ne tarda à faire de même, laissant ses lèvres embrasser la peau de mon cou. Mon autre main s’agrippa à son épaule, alors que quelques gémissements s’échappaient de nos lèvres.

La tension monta rapidement entre nous et Éden ne tarda pas à me murmurer de me retourner, ce que je fis sans attendre. Au même instant où la main d’Éden retrouva sa place sur mon sexe, un premier doigt me pénétra, me laissant échapper un petit cri de surprise. C’était légèrement douloureux, mais cela était plutôt du à tout ce que nous avions fait la veille. Mais cette douleur était tout à fait supportable et bientôt un deuxième doigt vint rejoindre le premier.

Malgré tout le désir et l’envie que je pouvais sentir dans les gestes d’Éden, j’avais confiance en lui et je savais qu’il n’aurait pas un seul geste déplacé. Bientôt l’impatience le gagna et mes gémissements ne semblaient pas l’aider. Ses doigts furent lentement remplacés par son sexe bien éveillé. Un cri de douleur et de plaisir mêlé s’échappa de mes lèvres. Éden ralentit jusqu’à s’arrêter, me laissant me réhabituer à sa présence. Il ne fallut cependant pas beaucoup de temps pour je me mette à me déhancher lui donnant le feu vert.

L’eau qui coulait sur nos deux corps ne faisait qu’attiser mes sens, rendant le tout bien plus intense. Les gémissements de plaisir d’Éden résonnaient à mes oreilles comme une mélodie. Ses deux mains étaient crispées sur mes hanches, comme pour se maintenir à la réalité. Ses lèvres posées sur mes épaules m’embrassaient avant que je ne sente son front se poser contre ma nuque.

Bientôt, un orgasme dévastateur vint nous secouer et Éden se rependit en moi alors que j’éjaculais à mon tour.

Il nous fallut beaucoup de temps avant de pouvoir reprendre notre souffle et lorsqu’Éden se retira de moi, je me retournais pour échanger un doux baiser. Nos lèvres se séparèrent lorsque l’air vint à nous manquer. Je croisais le regard d’Éden tout aussi amusé que moi de la façon dont avait finalement tourné la situation. Alors qu’il allait me parler, nous entendîmes une voix féminine crier de l’autre côté de la porte de la salle de bain.

– C’est bon ? Vous avez fini ? Il serait peut être temps de se préparer pour partir !

Au ton qu’employait Liz je savais qu’elle était amusée de la situation alors que pour ma part, je sentais la gêne m’envahir.

– Il faut vraiment que je récupère mes clefs, soupira Éden, quant à lui agacé.

Il attrapa le gel de douche et s’en servit avant de me le tendre. Rapidement, nous fîmes ce que nous aurions du faire depuis le début. Je ne savais pas comment j’allais pouvoir faire face à Liz, et j’imaginais déjà les moqueries que nous aurions en sortant d’ici. Éden était maintenant assez distant avec moi, et je fus incapable de résister. Quelques minutes plus tard, alors qu’il allait sortir de la salle de bain, je l’attrapais par le bras et déposais un baiser sur ses lèvres, surpris tout autant qu’Éden par mon geste.

C’était un baiser simple et doux. Un simple baiser de remerciement pour tout ce qu’Éden avait fait pour moi depuis hier soir. Grâce à lui, je me sentais plus léger aujourd’hui. Éden avait raison. A ses côtés, je me sentais heureux…

Ne pars pas – Chapitre 14

Chapitre 14 écrit par Mai-Lynn

Je me réveillais le lendemain matin, alors que le soleil commençait à se lever. Un sourire étira mes lèvres alors que Morgan prenait la quasi-totalité du lit. Mon regard parcouru son corps avant de se poser sur ses fesses nues et sur les bleus que lui avait fait son petit ami. Comment pouvait-on lui faire ce traitement ? Morgan était le genre de personne qui ne refusait jamais rien et donnait toujours tout. Comme l’orgasme qu’il me décrochait à chaque fois. Comment son petit-ami ne pouvait pas se contenter de ça ?

Ses paroles me revinrent en mémoire. Il l’évitait et ce depuis mon retour. Morgan éprouvait toujours quelque chose pour moi. A cette pensée, mon cœur se mit à battre plus fort dans ma poitrine. Prétendre que je ne ressentais rien pour lui était mentir. Je m’étais promis de le laisser vivre sa vie, s’il trouvait quelqu’un. De ne plus rien tenter. Mais j’en étais incapable. Aussi inconcevable qu’il soit, j’avais envie qu’il m’aime. J’avais envie de revenir en arrière, de revenir à ces trois mois où aucun mot n’était posé sur notre histoire. Où ce que je lui apportais lui suffisait. Même s’il m’avait dit qu’il ne voulait rien de plus la nuit dernière, je savais que c’était faux. Mais j’étais incapable de le laisser partir…

Morgan se réveilla en sentant mes doigts caresser inconsciemment son dos et il tourna la tête vers moi, un sourire aux lèvres.

⁃ Je t’ai rarement vu dormir aussi profondément, Soufflais-je amusé

Il voulu se lever, mais immédiatement je l’en empêchais, le forçant à se rallonger sur le dos. Un sourire étira ses lèvres et un frisson secoua ma peau lorsqu’il caressa ma nuque. Vivement, il m’attira à lui pour un baiser des plus tendres. Sa main glissa le long de ma colonne et un nouveau frisson me secoua. Se rendait-il compte de tout ce qu’il provoquait en moi ? Lorsque l’air vint à nous manquer, mon nez se frotta contre le sien.

⁃ Pourquoi tu veux te lever, Dis-je la voix charmeuse, tu as quelque chose à faire ?

⁃ Je… Non…

⁃ Aujourd’hui c’est dimanche, une journée à ne rien faire alors tu devrais rester allongé ici.

Je repris ses lèvres avec fougue, bien décidé à le faire céder. Je ne le voulais que pour moi aujourd’hui, une manière de rattraper ces deux mois et demi passé loin de lui. Mon ami me manquait. Mon amant aussi. Même si notre qualité d’amant serait remise à plus tard au vu de ses fesses couvertes de bleus.

⁃ Et puis… Il faudrait mieux laisser à Liz et Joshua un peu d’intimité.

Morgan rigola et déposa un baiser furtif sur mes lèvres et je calais ma tête dans son cou, embrassant sa peau.

⁃ C’est vraiment bien, ce que tu as fait hier. Pour Liz et Joshua, souffla-t-il en passant sa main dans mes cheveux.

⁃ Je ne supportais plus de voir ma sœur déprimée, répondis-je en haussant les épaules.

⁃ Joshua était dans le même état, même s’il ne voulait pas en parler. Il l’aime vraiment tu sais. Je… Je suis désolé pour ce qu’il a fait à l’hôpital.

Désolé ? Mais pourquoi l’était-il ? Pourquoi tout le monde voyait en Joshua le méchant dans l’histoire ?

⁃ J’ai fait le con Morgan, soufflais-je après un temps.

Il tourna la tête vers moi, surpris et je me redressais sur mes coudes, pour croiser son regard.

⁃ Je ne sais pas si j’aurais pu rentrer dans ta chambre… ça me rappelait trop…

Mais je ne pouvais pas dire son nom. J’avais peut-être réussi à lui en parler hier mais je ne pouvais pas parler de lui avec Morgan. Penser à lui alors que j’étais dans les bras d’un autre était comme trahir Lucas, et il en était hors de question.

⁃ Bref, M’écriais-je en me remettant sur le dos, si j’avais été à la place de ton frère, j’aurais réagi de la même manière.

Morgan, sûrement touché que je prenne la défense de son frère, enfouit à son tour sa tête dans mon cou pendant que son bras passait sur mon torse. Notre relation n’était pas sexuelle, c’était plus que ça, et j’en étais conscient. Peut-être qu’un jour, elle ne lui suffirait plus et quand ce jour viendrait, j’accepterais de partir…

**

Le temps avait passé tellement vite et nous nous étions retrouvés sur le canapé à regarder un deuxième film. Ma tête posée sur ses genoux, j’étais totalement détendu par ses caresses qu’il me faisait.

Mais ce moment à deux fut interrompu par la vibration de son téléphone que je sentis à travers son jean. Vivement, je me redressais pour le laisser décrocher.

⁃ Allo ? Fit-il en mettant le combiné près de son oreille.

⁃ Morgan ! Comment vas-tu ?

Je n’eus pas de mal à comprendre que c’était son petit ami et immédiatement je me sentis de trop. Si nous devions continuer, il était hors de question que je le vois avec lui. Je mis le film sur pause et allais dans la cuisine pour me prendre une bière.

⁃ Je… Euh ça va… Souffla-t-il gêné.

Je lui montrais la bière pour lui demander s’il en voulait une et il acquiesça. Je les décapsulais puis retournais m’asseoir, faisant en sorte de ne pas entendre la voix de son petit-ami. Je sentais le regard de Morgan se poser sur moi, mais je ne tournais pas la tête. Il devait assumer ses choix, les décider de lui même, sans que je ne le pousse à faire quoi que ce soit.

⁃ Je suis désolé, mais je ne peux pas, j’ai déjà prévu de passer la soirée avec Andrew.

Un petit sourire étira mes lèvres, content qu’il ne veuille pas partir, mais je le chassais bien vite.

⁃ …

⁃ Non, c’est prévu depuis longtemps.

Son petit-ami raccrocha après avoir dit quelque chose et Morgan attrapa sa bière, plutôt mal à l’aise. Je ne pu m’empêcher de rire, n’étant pas habitué à cette situation. Pendant cinq ans, j’avais fui toute relation pour me retrouver à être la « maîtresse » de Morgan…

⁃ Je n’ai jamais été l’amant de quelqu’un… Soufflais-je en riant.

Morgan me sourit à son tour et bu une nouvelle fois sa bière.

⁃ Tu ne peux même pas vraiment coucher avec moi, dit-il, dans une grimace.

Un sourire étira mes lèvres, sentant mon cœur se serrer en pensant au traitement que lui faisait son soit-disant petit-ami. Je me rapprochais alors de lui et posais ma tête sur son épaule.

⁃ Alors je suis ton amant câlin…

Un léger rire s’échappa des lèvres de mon amant et je relevais la tête, surpris qu’il se moque ainsi de moi, mais le regard qu’il posa sur moi à cet instant fut tout autre.

⁃ « Amant câlin », fit-il, dans un sourire, c’est plus que je n’aurais espéré.

Et dans une infime caresse, il posa ses lèvres sur les miennes. Une étreinte douce et des plus tendres, qui fit battre mon cœur, malgré moi. Lorsque nous nous séparâmes, j’attrapais la télécommande pour remettre le film en route.

⁃ ça ne te déranges pas que je reste… Enfin, j’aimerais bien mais… Mais si tu as quelque chose de prévu, je ne veux pas m’imposer, bredouilla-t-il le rouge aux joues.

⁃ Je n’ai rien à faire, tu peux rester, répondis-je dans un sourire amusé, mais attends-toi à voir Liz débarquer pour m’engueuler dans peu de temps…

**

Et comme je l’avais prédis, elle entra dans l’appartement comme une furie, se figeant net en nous voyant. J’avais fini par me détourner du film et convaincu Morgan de faire la même chose. Il était à présent au dessus de moi, ses jambes de chaque côté de mon corps, m’embrassant passionnément. Mes mains sous son tee-shirt, je ne me lassais pas de son corps si tentant. Et lorsque ses lèvres passèrent dans mon cou, je fus tout à coup moins sûr de réussir à me contenir…

Mais lorsque la porte claqua pour dévoiler Liz, Morgan coupa court à ses caresses et il s’éloigna de moi, retrouvant sa place à côté de moi, remettant ses vêtements en ordre.

⁃ Tu pourrais au moins frapper, soufflais-je en me disant qu’il serait peut-être temps que je lui reprenne les clés…

Liz sembla sortir de sa léthargie et se rapprocha de nous en grimaçant.

⁃ Quand Joshua saura ce que vous faites derrière le dos de son ami, il va vraiment faire une crise… Dit-elle dans un soupire.

⁃ C’est pour ça que tu ne diras rien et que tu feras comme si tu ne savais rien, répliquais-je dans un sourire.

⁃ ça… ça risque d’être difficile vu que je suis à nouveau avec lui, s’exclama-t-elle le visage rayonnant et en prenant place sur le canapé près de moi, mais je ferais ce que je pourrais…

Morgan alla s’asseoir sur le fauteuil en face de nous, toujours aussi gêné.

⁃ Alors vous avez remis le couvert ! M’écriais-je pour changer de sujet, Enfin, je n’aurais plus à supporter des larmoiements.

Liz attrapa un coussin et le balança sur moi.

⁃ Même si c’est grâce ou à cause de toi, ne recommence plus jamais ça ! Dit-elle, avant de me sauter dessus.

J’éclatais de rire et elle tenta de me chatouiller, mais j’étais plus fort qu’elle et Liz fut bien vite maîtrisée. Quelques minutes plus tard, je me levais pour attraper le téléphone, commençant à avoir faim.

⁃ Je vais commandé des pizzas, fis-je en regardant ma sœur.

Je ne tardais pas à composer le numéro avant de me tourner vers mon amant.

⁃ Une quatre fromage comme avant ?

Un sourire étira ses lèvres et il acquiesça vivement. Un léger rire s’échappa de ma gorge alors qu’il semblait surpris et heureux de mon geste et je me retournais, gêné, pour commander notre repas.

**

La soirée s’était déroulée dans la bonne humeur. Morgan semblait à l’aise avec Liz et celle-ci n’émettait aucun jugement sur ce qu’il se passait entre nous. Du moins, pas devant lui. Lorsqu’elle s’aperçut que Morgan dormait, la tête posée sur mes genoux, son regard dériva sur moi. Un regard transperçant, comme elle avait l’art de le faire.

⁃ Ce n’est pas la peine de le dire… Soufflais-je les yeux rivés sur l’écran.

⁃ Pour quelqu’un qui ne veut pas être en couple, tu es bien proche de lui, dit-elle, comme si elle n’avait rien entendu.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je tournais la tête vers elle.

⁃ Il me semble que c’est ce que tu attendais non ? Demandais-je le regard noir, tu as passé deux mois et demi à me parler de lui.

⁃ Oui, enfin, ce que je pensais c’est qu’il quitterait Jules, ou que tu le forcerais à le faire…

Je haussais les épaules et reposais mon regard sur la télévision, incapable de lui faire face.

⁃ Je lui ai raconté… Pour Lucas…

⁃ Quoi ?

⁃ Enfin, je lui ai résumé ma relation avec lui… Je lui ai dit qu’il était mort et que j’étais incapable de tourner la page… Que j’étais incapable de l’oublier… Et même malgré ça, il s’obstine à vouloir continuer cette his… Ce truc que nous faisons… De quel droit est-ce que je l’obligerais à arrêter sa seule relation stable qu’il a alors que je ne veux rien lui donner de plus ?

La main de Liz passa dans mes cheveux, alors qu’un sourire triste étira ses lèvres.

⁃ Depuis quand es-tu devenu aussi altruiste, Éden, et surtout combien de temps est-ce que ça va durer ?

Surpris, je me retournais vers elle.

⁃ Je veux dire… Est-ce que cette histoire te convient avec Morgan ? Demanda-t-elle d’une petite voix, comme si elle marchait sur des œufs.

⁃ Oui, on ne se prend pas la tête, soufflais-je sentant qu’elle ne lâcherait pas le morceau aussi facilement.

⁃ Tu disais ça aussi la dernière fois et trois mois plus tard, ça a été l’explosion.

Je me crispais légèrement. Liz était aussi protectrice que ma mère… Même si elle me laissait commettre mes erreurs, elle ne pouvait s’empêcher de tenter de me faire entendre raison.

⁃ Ce n’est pas pareil, tranchais-je sérieux, je lui ai dit pour Lucas. Il sait que je ne lui rendrais pas son amour, tout est clair entre nous.

Je repris alors mes caresses dans les cheveux de Morgan, me rendant compte à ce moment là que je les avais stoppées.

⁃ Éden, souffla Liz, tu lui rends déjà son amour… Et si tu essayais de vraiment lui ouvrir ton cœur, je suis sûre que tu pourrais oublier Lu…

⁃ Arrêtes ça !

J’avais hausser le ton, la faisant sursauter. Au regard que je lui lançais, elle comprit que je ne voulais plus parler de ça, et plongea à nouveau dans le film. Personne ne pouvait comprendre ce que je ressentais. Parfois, j’avais l’impression que les gens pensaient que c’était si facile. D’oublier l’homme de sa vie. D’oublier les moments si beaux que nous avions partagés. Ils ne se rendaient pas compte, seulement quand ça leur arrivait à eux aussi.

**

Nous avions passé le reste de la journée à répéter avec le groupe. Lorsque tout le monde était autour de nous, nous n’étions que des amis. Mais dès que la répétition s’était terminée, j’avais trouvé ma place près de lui sur son petit banc. Il m’aidait à améliorer ma voix, me poussant toujours plus loin, me faisant découvrir des notes que je ne pensais pas être capable de chanter avant. Il était doué dans son métier, et si je progressais ainsi, ce n’était certainement pas du à notre proximité, mais à ses réelles compétences.

Lorsque le morceau que nous jouions fut terminé, je laissais ma main vagabonder sous son pull, caressant le bas de son dos. Un frisson secoua immédiatement sa peau et un sourire étira mes lèvres.

⁃ Est-ce que tu as toujours mal ? Demandais-je dans un murmure, parce que j’ai une toute autre proposition à te faire pour ce soir…

Des rougeurs vinrent colorer ses joues et un petit sourire illumina son visage.

⁃ Il faut qu’on finisse de travailler ce morceau, je suis sûr que tu peux faire beaucoup mieux sur le dernier enchaînement…

Mais je ne l’écoutais pas, glissant mes doigts à l’intérieur de son jean, effleurant le haut de ses fesses. Mes lèvres attaquèrent sa mâchoire, déposant de légers baisers dessus, bien décidé à le faire céder. Et mon sourire s’élargit lorsque je sentis sa main glisser le long de ma cuisse.

⁃ On le répète encore une fois, et sérieusement… Et je te promets que tu ne regretteras pas d’avoir attendu, souffla-t-il en remontant sa main pour effleurer mon sexe, avant de couper court à ses caresses dans le seul but de m’exciter un peu plus.

Et il y réussit parfaitement. Une vague de désir me submergea et je retirais ma main de son dos immédiatement.

⁃ Allez joue… Mais tu n’as pas intérêt à te défiler après… Dis-je dans un soupire.

⁃ Ça ne tient qu’à toi, répondit-il amusé.

Il joua les premières notes de la chanson et je fermais les yeux, cherchant à me concentrer le plus possible. Mais alors que j’allais commencer, quelqu’un frappa à la porte et entra. Surpris, j’ouvris les yeux pour découvrir l’homme que j’avais vu chez Morgan la dernière fois, un sourire aux lèvres. Son petit-ami…

⁃ Je te trouve enfin ! S’exclama-t-il, apparemment ravi.

Mon corps entier se crispa et je ne pus m’empêcher de le regarder froidement.

⁃ Je t’invite, fit-il en se rapprochant de Morgan, et je viens en personne te le dire pour que tu ne te défiles pas comme hier…

⁃ Je… D’accord, répondit-il en me regardant furtivement, tu peux m’attendre dehors, je finis d’abord de travailler sur cette chanson et j’arrive.

Morgan cherchait juste à gagner quelques secondes de plus pour me parler en privé. J’étais l’amant, celui qu’il fallait à tout prix caché. Et voir cet homme en face de moi me remit bien à ma place.

⁃ J’en ai marre, dit-il en changeant tout à coup d’expression, se mettant en colère et allant jusqu’à serrer les poings, tu peux bien laisser ton boulot de côté. Il est tard et c’est l’heure d’aller manger.

⁃ Laisse moi juste finir ça, insista Morgan le ton suppliant.

A en voir le regard meurtrier que lui lançait son petit-ami, je su que cette attitude était loin de lui plaire. Furieux, il attrapa Morgan par le bras et l’obligea à se lever.

⁃ ça suffit Morgan, viens, il faut qu’on parle et surtout que tu arrêtes de me prendre pour un con !

Rageusement je me levais, posant sur lui un regard assassin. Comment pouvait-il le traiter ainsi ? Lui manquer autant de respect ? Liz n’avait pas menti, cet homme était un parfait crétin.

⁃ Lâchez-le ! M’écriais-je la voix froide, il me semble que vous ne travaillez pas ici, vous n’avez pas à être là ! S’il le faut, je pourrais contacter la sécurité.

Il fit un pas vers moi, toujours aussi en colère, mais ce fut à ce moment que Morgan se leva. Il s’arracha de la prise de son petit-ami avant de reprendre ses dossiers à la hâte, évitant soigneusement mon regard.

⁃ C’est bon, tu as gagné, je viens, dit-il dans un soupire.

Surpris, je regardais Morgan, ne comprenant pas comment il pouvait céder ainsi. Il venait de se faire humilier et au lieu de se mettre en colère à son tour, il se jetait dans ses bras. Jules se mit à sourire, chassant toute colère de son visage et il prit la direction de la sortie, Morgan le suivant de près. Arrivé près de la porte, mon amant s’arrêta.

⁃ On reprendra demain… Je… Je suis désolé… Souffla-t-il d’une petite voix.

Et sans attendre, il referma la porte, me laissant seul dans cette salle.

**

J’étais resté là, les bras ballants, me traitant de tous les noms. Je n’étais que son amant. Je n’avais pas à me sentir blesser de la sorte. Je n’avais pas à être en colère contre lui… J’avais accepté la situation.

⁃ Et bah dis donc, le nouveau mec de Morgan est comment dire… Possessif…

Je relevais la tête pour croiser le regard rieur de Baptiste.

⁃ Il était presque en train de le bouffer quand je suis passer près d’eux… Ajouta-t-il en s’amusant de mon regard furieux.

⁃ Oh fermes-là tu veux ! Soufflais-je en attrapant ma veste et mon téléphone.

⁃ Tu t’en vas ? Me demanda-t-il, surpris.

⁃ Oui, et tu viens avec moi, lui ordonnais-je sérieux, on va se prendre une cuite.

⁃ À 18 heures ?

Je ne répondis rien et me rapprochais de la sortie pour me figer aussitôt.

⁃ Euh… Ils… Ils sont toujours là ? Demandais-je hésitant, n’ayant pas envie de les croiser.

⁃ Non, Morgan les a entraîné en dehors du studio quand il m’a vu.

J’acquiesçais et ouvrais la porte pour sortir de la pièce.

⁃ Dépêches-toi ! Criais-je à Baptiste, bien décidé à mettre mes paroles à exécution…

**

Et beaucoup de verres avaient défilés. Baptiste et moi étions à présent assis sur une banquette, l’esprit bien embrumé par l’alcool, regardant les hommes danser sur la piste de danse et plus particulièrement un blond qui ne faisait que jeter des regards dans la direction de mon ami.

⁃ Va lui parler ! Lui ordonnais-je, en lui donnant un coup de coude.

⁃ Toi vas-y ! Souffla-t-il, le rouges aux joues, je suis sûr que c’est toi qu’il mate.

⁃ Si c’était moi, ça ferait longtemps qu’il serait venu me parler, là il hésite parce que tu ne le regardes pas franchement.

Baptiste tourna légèrement la tête vers lui, mais lorsqu’il croisa à nouveau son regard, il le détourna aussitôt.

⁃ De toute façon, je ne suis pas venu pour me faire un mec, dit-il, en buvant une gorgée de son verre.

⁃ N’importe quoi, m’écriais-je en riant, Je suis sûr que depuis qu’on a arrêté, tu n’as pas baisé un seul gars !

⁃ Bien sûr que si !

Mais il mentait et je pouvais facilement le voir sur son visage.

⁃ Salut les gars !

Surpris, je tournais la tête pour croiser le regard de Liz, avec à ses côtés Joshua. En rencontrant son regard, une grimace étira ses lèvres.

⁃ Quand je t’ai dis de venir, dis-je en regardant ma sœur, c’était de préférence seule…

Un soupire s’échappa des lèvres de Joshua et il s’installa près de moi, croisant mon regard.

⁃ J’ai été con, je n’aurais pas du m’interposer comme ça, lâcha-t-il en levant les yeux au ciel, et plus jamais je ne m’occuperais de tes histoires… Du moins si tu restes loin de mon frère…

⁃ Joshua ! S’écria Liz, le regard noir.

Il lâcha un nouveau soupire et me tendit sa main.

⁃ Bref, désolé. Conclut-il en haussant les épaules.

⁃ Ça sent l’arnaque… Soufflais-je septique.

⁃ Sers sa main tout de suite sinon j’appelle Maman et je lui raconte.

Ce fut à mon tour de soupirer et je serrais la main de Joshua. Mon regard se posa alors sur Baptiste qui se retenait de rire.

⁃ Va plutôt draguer ton blondinet au lieu de rester là abruti ! M’exclamais-je en lui donnant un coup de pied.

⁃ Draguer qui ? Demanda Liz en regardant sur la piste de danse.

⁃ Le blond là avec un tee-shirt vert, il n’arrête pas de mater Baptiste.

⁃ C’est surtout Éden qu’il mate, souffla-t-il en haussant les épaules.

⁃ Non… Je crois qu’il a raison… C’est vraiment toi qu’il mate Baba…

Des rougeurs apparurent sur les joues de Baptiste et il avala la moitié de son verre cul sec. C’est à ce moment là que je lançais un regard complice à Liz, qu’elle comprit aussitôt.

⁃ Dis Baba, souffla-t-elle d’une voix mielleuse, tu pourrais aller nous prendre une bière à Josh et moi ?

⁃ Non attends… Commença Josh

Mais je le stoppais d’un regard noir. Baptiste se leva, évitant le regard du blond qui dansait et partit en direction du bar. Immédiatement Liz et moi lui fîmes des signes, lui intimant d’aller retrouver Baptiste au bar. Le blond nous lança un large sourire et acquiesça avant de partir dans sa direction.

⁃ Vous êtes diaboliques… Souffla Joshua en secouant la tête avant d’éclater de rire.

**

⁃ C’est pas vrai, râlais-je, les yeux rivés sur Baptiste, il n’a rien retenu de ce que je lui ai appris ?

⁃ Attends deux secondes, souffla Liz près de moi, regardant dans la même direction.

⁃ Ça fait une heure, et ils ne font strictement rien…

⁃ Et ça fait une heure que je vous regarde les mater… Je passe vraiment une bonne soirée moi… Souffla Joshua en levant les yeux au ciel.

Liz et moi éclatâmes de rire et elle attrapa la main de son petit-ami.

⁃ Excuse-nous, mais c’est tellement rare de voir Baptiste draguer ! Dit-elle en rigolant.

⁃ Pourtant il a bien eu Éden… Fit Joshua en me regardant.

⁃ M’avoir ? Répliquais-je amusé, sa drague à consisté à me rouler une galoche et m’emmener dans une chambre d’hôtel, j’étais juste une exception…

⁃ Tu parles, souffla Liz en haussant les épaules, il a passé huit ans à te draguer sans que tu t’en rendes compte, ça c’était vraiment son dernier recours.

⁃ Quoi ? Demandais-je surpris en me tournant vers elle.

Mais elle ne répondit pas, un énorme sourire étira ses lèvres et vivement elle tourna ma tête dans la direction de Baptiste. Ce dernier se retrouvait en train d’embrasser passionnément le blond de la piste de danse. Rapidement, je me levais et Liz fit de même.

⁃ Ouais Baptiste ! Criais-je en frappant dans mes mains.

Liz m’accompagna avec un « Oui, Baba » des plus stridents, ce qui les firent couper leur baiser. Baptiste nous fusilla du regard, rouge de gène et nous retrouvâmes nos places sur la banquette, croisant le regard de Joshua.

⁃ Vous êtes vraiment les frangins les plus désespérants que je n’ai jamais rencontré… Souffla-t-il sérieux.

⁃ Elle est désespérante, c’est d’ailleurs pour ça que vous vous êtes trouvés, tous les deux, qui se ressemble s’assemble.

Liz cogna son poing sur mon épaule et je tombais de la banquette mort de rire et complètement saoul. Elle m’aida à retrouver ma place avant de prendre la place de Baptiste pour échanger des baisers avec son petit-ami. Ce fut à cet instant précis que je me mis à penser à Morgan… J’avais envie de le voir, même s’il m’avait blessé tout à l’heure… Rapidement j’attrapais mon téléphone et envoyais un simple « Tu fais quoi ? » par message.

⁃ Pourquoi tu ne vas pas draguer toi ? Demanda tout à coup Joshua, en se tournant vers moi.

⁃ Qui te dit que je ne le fais pas ? Répliquais-je dans un petit sourire.

⁃ Je ne vois aucun homme autour de toi…

Mon portable se mit à vibrer et un sourire étira mes lèvres en voyant le « Rien… » de Morgan. Immédiatement, je lui répondis.

« Tu n’es plus avec ton petit ami ? »

⁃ Ah ok, j’ai compris, tu envoies des sextos, souffla Joshua en essayant de regarder le message, et on peut savoir à qui ?

Liz du tout de suite comprendre car immédiatement elle se redressa, mimant un bâillement.

⁃ Je commence à fatiguer moi, peut-être qu’on pourrait rentrer chez moi ce soir, demanda-t-elle en passant sa main dans les cheveux de Joshua, avec le même sourire charmeur que j’arborais si souvent.

Morgan répondit alors à mon message, et je n’écoutais plus leur discussion.

« Non, il est parti, et toi, tu fais quoi ? »

Un léger rire s’échappa de mes lèvres alors que je tentais d’écrire, le plus vite possible,

« Joshua dort chez Liz, chez toi dans 15 minutes ? »

Il me répondit un simple « Ok » et j’attrapais ma veste avant de me lever, chancelant légèrement.

⁃ Tu rentres avec elle, comme ça, ça m’évite de la ramener ? Demandais-je à Joshua pour être bien sûr.

⁃ Oui, pas de souci, profites bien de ta nuit, me répondit-il amusé.

Liz perdit son sourire et j’éclatais de rire. S’il savait avec qui j’allais finir la nuit… Rapidement j’allais près de Baptiste, croisant son regard. Amusé, je lui fis un geste obscène dont j’avais l’art, mimant l’acte, le faisant s’étouffer avec son verre. Un nouveau rire s’échappa de ma gorge et je sortis de la boite sans perdre de temps, avant de héler un taxi.

**

C’est en courant que j’arrivais chez Morgan, tambourinant sur sa porte. Il mit quelques secondes à venir m’ouvrir, un sourire irrésistible accroché aux lèvres. Sans attendre, je plaquais mes lèvres sur les siennes, le faisant reculer de quelques pas. Surpris, il ne fit rien pendant un temps, avant de passer ses bras autour de mon cou et de me serrer contre lui. Vivement, je refermais la porte et le plaquais dessus avant de descendre mes lèvres dans son cou, suçant sa peau avec fièvre. Mes mains déboutonnèrent son jean avant de glisser dedans. Un cambrement violemment secoua le corps de Morgan tandis que je passais mes mains sur ses fesses magnifiquement dessinées.

⁃ Tu es complètement saoul… Souffla-t-il dans un gémissement.

⁃ Et alors ? Demandais-je en posant l’une de mes mains sur son sexe qui commençait à se durcir.

Un nouveau gémissement s’échappa de ses lèvres et il du caler sa tête dans mon cou alors que je commençais à le masturber. Ses mains se posèrent sur mes épaules et je pouvais sentir ses mains se crisper à chaque vas et viens plus insistant.

⁃ Je t’interdis de t’endormir après m’avoir chauffer comme ça… Gémit-il en se cambrant de tout son long.

J’éclatais de rire et augmentais le rythme. Il ne pu tenir bien longtemps et dans un gémissement des plus sensuels, il se libéra dans ma main. D’un air provocateur, je ramenais ma main à ma bouche et commençais à lécher sa semence. L’effet escompté ne tarda pas et je pu voir immédiatement du désir dans le regard de mon amant. Sans vraiment me laisser le temps de comprendre, il reprit mes lèvres avec fougue avant de me plaquer contre le mur. Sous le choc, plusieurs cadres tombèrent au sol, le verre se cassant en mille morceaux, nous faisant sursauter. Nous regardâmes dans la même direction avant d’éclater de rire tous les deux.

Mais bien vite, nos regards se croisèrent à nouveau et nos lèvres ne tardèrent pas à se retrouver avec fièvre. Enivré, ce fut à mon tour de le faire reculer de quelques pas avant de le plaquer contre la commode. Là encore, plusieurs objets tombèrent sur le sol mais nous nous en préoccupions pas. Mes mains passèrent sur le col de sa chemise blanche et vivement, je l’ouvrais, faisant tomber les boutons sur le sol. Mes lèvres se posèrent sur la peau blanche de son torse, mordillant légèrement ses tétons durcis de plaisir. Ses mains passèrent dans mon dos et il balança sa tête en arrière, reprenant ses gémissements si sensuels.

⁃ J’espère que ton petit-ami ne t’a pas épuisé parce que je ne suis pas prêt à te laisser dormir cette nuit, Soufflais-je, avant de passer ma langue dans son nombril.

Et sans attendre, je refermais mes bras autour de son corps et l’emmenait dans sa chambre. Mais contre toute attente, ce fut lui qui mena la danse. Le regard décidé, il me fit tomber sur le bord du lit, avant de se mettre à genoux devant moi. Je ne tardais pas à me tenir nu devant lui alors qu’il regardait mon intimité gorgée de désir. Sensuellement, il s’abaissa pour déposer de légers baisers dessus. Ses mains remontèrent le long de mes cuisses et je sentis ma respiration s’accélérer alors que mon cœur battait la chamade. Lorsqu’il posa un énième baiser sur mon gland, je ne pu m’empêcher de gémir, fermant les yeux sous le plaisir ressenti. Morgan me prit alors en bouche, si profondément que je crus un instant que je ne pourrais pas tenir. C’était la première fois qu’il me prenait ainsi et la sensation était des plus exquises. Sa langue s’enroulait autour de mon membre avant de tout lâcher pour venir caresser le bout. Des gémissements aigus, que je ne reconnaissais pas, s’échappaient de mes lèvres. Il semblait décider à me faire prendre mon pied et il y arrivait parfaitement.

⁃ Morgan, c’est trop bon, soufflais-je dans un gémissement en posant ma main sur sa tête.

Au son de ma voix, il intensifia le mouvement, rendant ses vas-et-viens tellement rapides que je ne pu tenir et éjaculais dans sa bouche, dans un râle à la limite du cri.

Épuisé, je tombais sur le lit, tentant de me remettre de cet orgasme. J’entendis Morgan rigoler près de moi, amusé de me voir dans cet état. Je l’entendis enlever son jean et son boxer et vivement il vint se mettre à califourchon au-dessus de moi.

⁃ Hey ! S’écria-t-il passant sa main dans mes cheveux, interdiction de t’endormir je t’ai dis !

Je rigolais et ouvrit les yeux. Ma main remonta le long de son dos alors que je me redressais en même temps pour happer ses lèvres. Ses bras entourèrent mon cou et il fit un mouvement du bassin, touchant mon intimité avec la sienne.

⁃ J’ai l’impression que je me suis trompé d’appart… Soufflais-je étonné de le voir aussi séducteur.

Morgan éclata de rire et j’inversais nos positions, me retrouvant au-dessus de lui, ses jambes encerclant mes hanches. J’avançais deux doigts à ma bouche, mais Morgan m’arrêta, de légères rougeurs sur les joues.

⁃ Éden… Il n’y pas pas besoin…

Je fronçais les sourcils, surpris et il me fallut quelques secondes pour comprendre, l’alcool n’aidant pas. Il avait couché avec Jules.

⁃ Tu… Tu es capable de…Fis-je hésitant, ou c’est comme hier…

⁃ Non… Vas-y, Souffla-t-il en passant sa main sur mon torse.

Et comme pour m’aider à me décider, il se releva et prit fougueusement mes lèvres. Il en avait envie autant que moi, et lorsqu’il se rallongea, je ne tins plus. Mes mains attrapèrent ses hanches brusquement et je le rapprochais de moi, soulevant son bassin à l’aide de mes genoux. L’une de mes mains alla se caler dans le creux de son dos tandis que l’autre était posée près de la tête de Morgan pour me soutenir. Un dernier baiser, et je le pénétrais, le plus doucement possible.

A travers le baiser, je le sentis grimacer, mais il n’avait pas mal… Et je ne sais pas si je devais me sentir soulager. Sans attendre, je démarrais mes coups de reins, guettant du coin de l’œil le moment où il aurait mal. L’image de ses bleus était toujours dans mon esprit et même si j’aurais beaucoup de mal, j’étais prêt à m’arrêter là. Mais contre toute attente, Morgan se cambra de plaisir, lâchant un gémissement des plus irrésistibles.

Ce fut à cet instant précis que la raison me fit défaut. Le voir ainsi prendre un plaisir dingue eut raison de moi et je décidais de ne plus me préoccuper de rien, pour partager ce moment avec lui. Brusquement, j’intensifiais mes coups de reins et Morgan lâcha son premier vrai cri. Son corps s’arquait, se tordait. Ses jambes enserrèrent ma taille fortement et je posais ma tête contre son torse, ne pouvant m’empêcher de gémir à mon tour.

Les vagues de plaisir déferlaient en moi, terriblement excitantes. Les mains de Morgan serraient les doigts tandis que nos corps commençaient à être perlés de transpiration. L’orgasme vint bientôt prendre place entre nous et ce fut dans un déhanché plus fougueux que les autres que nous éjaculions dans un même cri.

Fatigué, la respiration saccadée, je me retirais avant de m’écrouler près de lui, posant ma main sur son torse. Et sans vraiment que je puisse y faire quelque chose, je sombrais dans un profond sommeil…

**

Ce fut la main de Morgan passant sur la cicatrice qui zébrait mon dos qui me réveilla. Il sentit immédiatement mon trouble car il retira sa main, soufflant un « désolé » surpris.

⁃ C’est rien, répondis-je en me relevant sur mes coudes, passant mes mains sur mon visage, j’ai un de ces maux de crâne…

⁃ Tu es sorti avec Liz et Joshua hier ? Me demanda-t-il en se rallongeant sur le dos.

⁃ Au départ j’étais avec Baptiste puis ils nous ont rejoins, oui… Et ton frère s’est même excusé… S’il savait ce que je suis venu te faire juste après…

Lentement, je vins me rallonger sur lui, calant ma tête dans son cou comme j’aimais si souvent le faire. Ses bras m’enlacèrent immédiatement et il déposa un baiser sur mon épaule.

⁃ De toute façon, si je lui dis, il me tue et si je ne lui dis pas, il me tuera aussi donc… Souffla-t-il en haussant les épaules.

⁃ Je n’arrive pas à comprendre comment il peut te laisser avec un crétin pareil et me détester à ce point, dis-je en repensant à la manière dont il l’avait traité au Label.

⁃ Ce n’est pas un crétin…

⁃ Excuse-moi mais te prendre aussi violemment à tel point que ça te fait des bleus et t’humilier de la sorte sur ton lieu de travail… Si ce n’est pas un crétin c’est quoi ? Dis-je plus durement en relevant la tête pour croiser son regard.

Mais un soupire s’échappa de mes lèvres alors qu’il me fusillait du regard.

⁃ Ok, on ne parle pas de lui, concédais-je en retrouvant ma place dans son cou.

Plusieurs minutes passèrent sans que nous ne parlâmes. Puis un petit sourire étira mes lèvres.

⁃ Si tu ramènes ton copain ici, et qu’il tombe sur un de mes messages, ça ne va pas le faire…Dis-je amusé.

⁃ C’est pour ça que dorénavant on le fera chez toi, et plus de messages… Répondit-il en glissant ses doigts sur mon tatouage.

⁃ Ou on pourrait parler en langage codé.

Je relevais la tête, amusé par cette idée.

⁃ Voyons voir… Si je te dis « La répétition est décalée d’une heure », ça voudra dire qu’il faut qu’on se voit.

⁃ N’importe quoi, s’exclama Morgan en riant.

⁃ Mmmh « Rendez-vous au Label », ça sera pour aller chez moi, et « Rendez-vous à la salle », pour aller chez toi.

⁃ Et si un jour la répétition est vraiment décalée ? Dit Morgan en souriant.

⁃ Et bien attends toi à me voir débarquer excité.

Morgan éclata d’un rire cristallin, avant de se relever, mettant fin à notre étreinte.

⁃ Allez viens déjeuner, avant d’aller à la salle parce que la répétition est avancée, souffla-t-il en attrapant son boxer.

J’éclatais à nouveau de rire avant de me lever à mon tour.

⁃ Ok pour le déjeuner, mais le reste, je ne peux pas, je dois aller chercher mon neveu à l’école, je lui dois une leçon de guitare.

Morgan acquiesça et me tendit mon pull. Nous nous habillâmes vivement puis sortîmes de la chambre. Mais alors que nous allions aller dans la cuisine, nous entendîmes la porte d’entrée s’ouvrir. La réaction de Morgan ne se fit pas attendre et vivement il me fit entrer dans sa petite salle, fermant la porte.

⁃ Putain Morgan, c’est quoi ce bordel ! S’écria Joshua, énervé.

⁃ Je… Désolé…

⁃ Et bien, ça y est, toi et Jules c’est reparti comme avant à ce que je vois.

Une grimace étira mes lèvres en entendant son prénom et je perçu le « oui, oui » gêné de Morgan. Je lâchais un soupire et me retournais avant de me figer aussitôt. Devant moi, là où normalement se trouvait tous les posters à mon effigie, il n’y avait plus rien. Un mur blanc. Mon cœur se serra à la seconde en comprenant ce qu’il s’était passé. Mon regard se posa sur sa petite étagère où tous nos albums traînaient habituellement, mais encore une fois, il n’y avait plus rien.

Plus que de le voir avec son petit-ami, apprendre qu’il avait voulu m’oublier si ardemment me fit atrocement mal. Je le méritais, pourtant… Pourtant, je n’arrivais pas à l’accepter.

⁃ C’est bon Éden, tu peux…

Je me tournais vers Morgan et il comprit à la seconde. Ses yeux passèrent du mur à moi et il voulu faire un pas vers moi, mais immédiatement je passais près de lui.

⁃ J’y vais, à plus tard.

Et sans attendre, je sortis de l’appartement.

**

J’étais rentré chez moi prendre une douche avant d’aller chercher Théo, mon neveu. Il était dans la classe de Liz, si bien que je n’eus aucun mal à trouver le chemin. J’attendis sagement devant la porte que la cloche sonne, puis j’attendis que tous les enfants sortent. Riley m’avait averti que Théo resterait avec Liz le temps que j’arrive. Sûrement devait-il croire que j’allais arriver en retard, ou pire, l’oublier.

Dans un sourire, j’entrais dans la classe pour trouver mon neveu en train d’effacer le tableau.

⁃ Comment ça se fait que tu ne te rebelles pas devant Tata ! M’écriais-je en m’approchant de lui.

⁃ Parce qu’il est le plus gentil neveu de la terre, souffla Liz, le nez plongé dans ses cahiers.

⁃ Depuis quand les plus gentils sèchent toute une après-midi de cours ? Répliquais-je amusé.

⁃ C’est la faute de mon asthme ! S’écria Théo d’une petite voix, je peux pas aller aux olympiades…

Je rigolais et passais ma main dans ses cheveux, ébouriffant ses mèches brunes.

⁃ Un mal pour un bien non ? On va aller jouer au Label après manger. Tu vas jouer dans la cour avec les autres, le temps que je discute avec ta tante ? Demandais-je en attrapant son sac à dos pour le mettre sur mon dos.

⁃ D’accord, mais tu te dépêches Tonton, j’ai super faim ! S’exclama-t-il en lâchant la brosse et en prenant la direction de la sortie, à demain Tata !

⁃ A demain Théo !

Liz ferma alors ses cahiers et me regarda, une grimace étirant ses lèvres.

⁃ Je sais ce que tu vas me dire, répondit-elle en se levant, que Joshua est rentré trop tôt, mais j’avais cours, j’ai essayé de lui dire de rester mais il est parfois plus têtu que toi…

⁃ C’était moins une… Dis-je en m’assaillant sur une table.

⁃ Si vous lui expliquiez la situation, ça serait plus simple…

⁃ Parce que tu penses sérieusement qu’il va l’accepter ?

Liz haussa les épaules et commença à mettre les cahiers corrigés sur les tables.

⁃ Tu sais…Commençais-je hésitant, tu sais que Morgan a enlevé et jeté tous les posters et CD de moi et du groupe…

⁃ En même temps tu l’as plaqué et laissé sans nouvelles pendant deux mois et demi, tu voulais quoi, qu’il continue à te faire un sanctuaire ?

Et vlan. Je reconnaissais bien là ma sœur.

⁃ Je n’ai pas dit ça… Répliquais-je vexé, c’est juste que ça m’a surpris.

⁃ Moi ce qui m’a surpris c’est qu’il te cède aussi facilement, répondit-elle en se tournant vers moi, même si je suis contente pour vous deux…

Je croisais les bras, assez mal à l’aise et tournais la tête. J’entendis ma sœur soupirer, avant de s’approcher de moi.

⁃ Avant hier tu m’as dit que cette situation te convenait, que tu ne te prenais pas la tête, Souffla-t-elle en s’asseyant sur la table en face de moi.

⁃ C’est le cas… Répondis-je en haussant les épaules.

⁃ Ah parce que être vexé qu’il ait retiré des posters de son mur ce n’est pas se prendre la tête peut-être ?

Je la fusillais du regard et me levais, agacé parce qu’elle disait.

⁃ Ce que tu veux c’est qu’il retombe amoureux de toi.

Je me figeais instantanément, sentant mon cœur faire un bon dans ma poitrine.

⁃ Tu veux qu’il t’aime, comme il y a trois mois, répéta-t-elle sérieuse, Tu veux que tout redevienne comme avant, quand il n’avait pas son copain, quand il ne pensait qu’à toi… Mais tu lui as brisé le cœur Éden, et si tu veux qu’il te l’offre à nouveau, il va falloir faire plus que quelques tendresses et parties de jambes en l’air.

Liz savait lire en moi. Mais admettre cette évidence me faisait peur. Je n’en étais pas capable. Pas maintenant. Sans prendre la peine de lui répondre, je sortis de sa salle de classe.

**

Théo et moi avions mangé dans un snack près de son école avant de faire un détour par chez lui pour prendre sa guitare. Nous nous étions finalement dirigés vers le parc au vu du temps et je lui avais donné une petite leçon, réussissant à lui faire apprendre à jouer une chanson.

⁃ Tu pourras la faire écouter à Félix après la répétition, dis-je en avisant de l’heure, alors viens, on va être en retard.

Vivement, il rangea sa guitare dans son étui et il la mit sur son dos. Nous prîmes le métro et quelques minutes plus tard nous entrions dans le label. Plusieurs personnes vinrent me saluer et je leur présentait mon neveu. Puis, nous allâmes dans la salle, trouvant tout le monde en train de répéter.

⁃ Sérieux Éden, souffla Laura dans une grimace, tu penses qu’un jour tu pourras être à l’heure

⁃ C’est la faute du petit ! M’écriais-je vivement.

⁃ C’est même pas vrai ! S’insurgea Théo en me donnant un coup.

Je rigolais légèrement et il alla saluer les membres du groupe. C’est à ce moment là que je croisais le regard de Morgan, assis près de Félix. Immédiatement, mon sourire disparu et j’allais m’asseoir près de Baptiste, tentant de faire comme si rien ne clochait.

⁃ Alors… Soufflais-je dans un sourire… Comment s’est passé ta nuit ?

Sans attendre, les joues du roux devinrent rouges et il évita mon regard.

⁃ Ah je le savais ! M’écriais-je avant d’éclater de rire, tu caches bien ton jeu Monsieur « Non, je ne suis pas venu là pour draguer » !

⁃ Draguer qui ? Demanda Kelly, en levant immédiatement la tête.

⁃ Un blondinet, hier en boite, Il était vraiment pas mal.

⁃ Tu ne peux pas la fermer ! Râla Baptiste en me donnant un coup d’épaule.

Mais vivement je passais un bras autour de son cou, amusé.

⁃ Avec tout ce que j’ai fait pour que tu lui parles, j’espère qu’il valait le coup ! M’écriais-je dans un large sourire.

Baptiste lâcha un soupire, vaincu.

⁃ Oui, j’ai pris mon pied…

⁃ Surveilles ton langage, il y a un enfant ! Répliquais-je en passant ma main dans ses cheveux.

Théo nous regardait, un sourire aux lèvres. Puis son regard dériva sur Morgan, dos à nous, la mine renfrognée. Pourquoi semblait-il en colère ? Mais je n’eus pas le temps de me poser plus de question…

⁃ Dis Éden ! S’exclama Théo, en me regardant, pourquoi tu vas pas embrasser Morgan vu que c’est ton copain ?

Je me figeais immédiatement et je pus voir Morgan crispé en face de moi. Autour de nous, tout le monde ricana et je ne pu m’empêcher de rougir. Par chance, Alex, notre manager entra dans la salle, coupant court à notre gêne.

⁃ Excuse-moi Morgan, je peux te les emprunter deux secondes ?

⁃ Euh… Oui, vas-y, répondit-il, troublé.

**

J’avais ramené Théo chez lui en fin de journée et c’est un sourire accroché aux lèvres qu’il avait raconté à ses parents son après-midi. Riley, toujours aussi sérieux, l’avait sermonné sur le fait de ne pas avoir fait ses devoirs, puis il m’avait remercié. Même si mon père semblait adhéré à mon métier, Riley et Jayson semblait, pour le moment, encore loin d’être convaincu. Mais j’étais persuadé qu’il changerait bientôt d’avis, surtout avec le nouvel album.

J’avais fini par regagner mon appartement. Assis devant la télévision, une bière à la main, je regardais les infos. Mais bientôt j’entendis mon portable sonner, signe que j’avais un message. J’attrapais ma veste et sortis l’appareil. Mes sourcils se froncèrent en voyant le numéro de Morgan.

« La répétition est avancée… »

Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire, oubliant à la seconde ce que j’avais ressenti ce matin.

« Rendez-vous à la salle. », lui répondis-je immédiatement.

Je sentis alors mon désir monter en flèche, quasiment inépuisable lorsqu’il s’agissait de Morgan. Quelques minutes plus tard, j’entendis quelqu’un frapper et je me levais, un sourire aux lèvres. Mais je me figeais aussitôt. Devant moi se trouvait bien Morgan, mais il avait les bras chargés de DVD et de Pop-corn.

⁃ Je me suis dit qu’on pourrait les regarder, dit-il en me tendant les boîtiers.

⁃ Pour… Une soirée DVD ? Demandais-je surpris.

⁃ Euh… Oui…

Une grimace étira mes lèvres et je me calais dans l’embrasure de ma porte.

⁃ Je crois que tu n’as pas très bien compris, Soufflais-je moqueur, je suis censé être ton amant, Tu as ton copain pour faire ce genre de chose…

Morgan prit mal cette remarque et immédiatement son regard se durcit.

⁃ Tu sais quoi, tu as raison ! Dit-il en se retournant, je vais aller le retrouver.

Un soupire s’échappa et je ne tins pas. La vérité, c’est que j’avais peur de devenir trop dépendant de ce genre d’attention. Liz avait raison… Je voulais que tout redevienne comme avant… Peut-être que je pouvais me laisser aller encore une fois… Juste pour ce soir…

⁃ Attends, dis-je en le rattrapant et en passant mes bras autour de sa taille, calant ma tête dans son cou, tu peux rester ce soir…

⁃ Ne t’oblige surtout pas ! Répliqua Morgan, agacé.

⁃ Reste.

Et sans attendre,j’embrassais sa joue. Morgan ne me résista pas bien longtemps et tourna la tête. Nos lèvres se retrouvèrent, enlacées dans un moment de douceur. Ma prise autour de sa taille se resserra tandis que nos langues se rencontraient, savourant ce même frisson qui me secouait lorsque nous nous donnions ce genre de baiser…

Lorsque l’air vint à nous manquer, je laissais mon nez frotter tendrement le sien.

⁃ Tu boudes toujours par rapport à ce matin ? Me demanda-t-il d’une petite voix.

Mais je ne voulais pas parler de ça. Liz m’avait déjà sermonné là-dessus. J’attrapais alors un autre DVD et me reculait, retournant vers mon appartement.

⁃ Tu as choisi mes deux préférés… Soufflais-je en changeant de sujet, je crois qu’on va les regarder tous les deux…

Je rentrais dans l’appartement avant d’aller dans la cuisine pour préparer le pop-corn. Je l’entendis me suivre, fermant la porte d’entrée, enlevant ses chaussures et lorsqu’il me vit, il ne fit aucune remarque…

**

Nous avions fini par regarder les deux films puis par faire l’amour passionnément. Chaque nouvelle fois avec lui était des plus magiques et je ne comprenais pas l’effet qu’il me faisait. A lui seul, il arrivait à combler tous mes désirs. Il commençait à me connaître par cœur, réalisant ce que j’avais envie avant même que je ne le lui demande… A tel point que je ne regardais plus les autres hommes…

J’étais allongé sur lui, ma tête reposant sur son ventre, embrassant son nombril. La main de Morgan passait et repassait dans mes cheveux tandis que son regard était perdu dans le vide.

⁃ Laisse-moi deviner, soufflais-je amusé, tu te demandes pourquoi tu restes avec ton crétin de petit-ami alors que tu prends ton pied comme jamais avec moi…

Morgan rigola et son regard croisa le mien.

⁃ Tu te mets sur un piédestal… Dit-il dans un sourire

⁃ Les cris que tu pousses me force à l’admettre…

J’embrassais une nouvelle fois sa peau, et ce fut à cet instant qu’il me posa une question qui je le savais lui brûlait les lèvres depuis ce matin.

⁃ ça t’a vraiment dérangé de voir que j’avais enlevé les posters ?

Je me crispais légèrement et un soupire s’échappa de mes lèvres, vaincu.

⁃ Ce n’est pas que ça me dérange… Dis-je, sans oser le regarder, tu fais ce que tu veux… C’est normal que tu ais voulu les jeter… Je suis parti sans te donner de nouvelle…

⁃ Ce n’était que des posters…

⁃ Et des CD, complétais-je vivement.

Il fit une légère pause et je n’avais pas besoin de lever mon regard vers lui pour savoir qu’il souriait, amusé.

⁃ Oui… Les CD aussi…, Dit-il en laissant sa main caresser mon dos, mais même si j’ai jeté tout ça… Je n’ai pas réussi à t’oublier… Et il y a même certaines choses, comme les photos que tu as faite de nous deux… Que je n’ai pas réussi à effacer…

Vivement je redressais la tête.

⁃ Sérieux ? Tu les as toujours ?

⁃ Oui, répondit-en acquiesçant.

Je me levais alors et sortis du lit à la recherche de nos téléphones.

⁃ Qu’est-ce que tu fais ? Demanda Morgan, surpris.

⁃ Pendant la tournée j’ai… Cassé mon téléphone… Et je ne les ai plus… Dis-je en fouillant tout autour de moi, tu peux me les renvoyer ?

⁃ Comment tu l’as cassé ?

⁃ Il est… Tombé… Fis-je, hésitant.

Je trouvais nos téléphones et je commençais à pianoter sur le mien. Mais je vis le téléphone de Morgan clignoter. Une grimace étira mes lèvres alors que je découvrais un message de Jules : « Tu me manques, qu’est-ce que tu fais ? »

⁃ Tu as un message de ton crétin, dis-je en lui lançant le téléphone.

⁃ Arrêtes de l’appeler comme ça ! Répondit Morgan en le regardant.

Je haussais les épaules et retournais m’allonger près de lui. Je le vis pianoter sur son téléphone et bientôt le mien se mit à vibrer.

⁃ Tu ne lui réponds pas ? Fis-je surpris en voyant qu’il m’envoyait les photos.

⁃ Je le ferais demain… Souffla-t-il concentré dans sa tâche.

Plusieurs minutes passèrent sans que nous ne parlions. Ce n’étais pas un silence gênant, au contraire. Ses doigts retrouvèrent mon dos et il embrassa mon épaule, regardant les photos avec moi. Il éclata de rire en voyant un photo que m’avait envoyé Liz, où mes parents posaient avec un tee-shirt des Light Shade.

⁃ ça me fait penser qu’ils ne font que me demander quand est-ce que tu reviendras dîner chez eux… Dis-je en le regardant.

⁃ Quoi ? Souffla Morgan étonné, tu ne leur as pas dit que…

Je haussais les épaules une nouvelle fois.

⁃ Je suis parti en tournée et je n’ai pas vraiment pensé à leur dire… Tu verrais comment ils parlent de toi… Tu leur as vraiment plu, plus que Joshua même, répondis-je en rigolant.

Il ne répondit pas, me regardant en écarquillant les yeux.

⁃ D’ailleurs, si tu veux venir le week-end prochain, c’est l’anniversaire de mon père, dis-je en me retournant sur le dos, passant mes doigts sur son torse blanc, Josh part en formation en plus donc il ne sera pas là…

Un petit sourire étira ses lèvres et il posa sa main sur ma joue, touché.

⁃ Enfin tu fais comme tu veux, concluais-je, détournant le regard, légèrement gêné.

Je sentais mon cœur battre dans ma poitrine et je haïssais ce battement autant que je l’appréciais. Je ne voulais pas croire en ce que disait Liz. Je ne voulais pas qu’il m’aime. Et je voulais encore moins m’attacher à lui. Mais je me mentais encore une fois… Parce que c’était déjà trop tard…

Ne pars pas – Chapitre 13

Chapitre 13 écrit par Lybertys

 

J’étais rentré directement chez moi. Je vis Joshua dans le salon, mais je ne lui portais pas la moindre attention. Je n’avais pas oublié ce qu’il avait fait, et je lui en voulais. Et pourtant, je sentais au fond de moi, que même sans son intervention, cela n’aurait pas changé grand chose. Je venais de recoucher avec lui, j’avais cédé à cette pulsion parce que j’en avais eu envie, parce que je l’aimais toujours. Mais cela ne changeait pas l’état des choses. Je lui en voulais et je ne savais pas comment gérer cette douleur à chaque fois que je repensais à ces deux mois et demi près de lui.

Malgré sa fougue, Éden avait été particulièrement tendre cette nuit. Sa chaleur avait éveillé en moi une chose que j’avais cru détruite et enterrée. Il n’y avait qu’avec lui que je ressentais cela… Mon téléphone sonna à nouveau alors que j’allais rentrer dans la douche. Je l’attrapais et fis une grimace en découvrant que c’était encore Jules. Je venais de le tromper, et pourtant, je n’arrivais pas à culpabiliser. A lui aussi, je lui en voulais, mais ce que j’avais offert à Éden cette nuit, Jules ne l’avait pas encore eu depuis l’accident.

J’aimais Jules, je l’aimais sincèrement. J’avais vraiment cru que c’était l’homme de ma vie… Jusqu’à ce qu’il s’en aille, sans nouvelles, du jour au lendemain. Je n’avais pas envie de lui parler. Je le laissais tomber sur mon répondeur avant de poser mon téléphone et de me glisser sous la douche.

Je sortis propre et habillé de la salle de bain et j’allais dans le salon pour récupérer des affaires de travail. Ce fut à ce moment là que je posais véritablement mon regard sur Joshua. Il était cerné et ses yeux rougis indiquaient qu’il avait beaucoup pleuré. J’oubliais aussitôt ma colère vis à vis de ce qu’il avait fait, et celle-ci fut remplacée par de l’inquiétude.

– Joshua ? Dis-je tout bas. Qu’est-ce qui se passe ?

Joshua releva doucement la tête vers moi et croisa mon regard.

– Liz m’a quitté, articula-t-il difficilement avant que ses yeux ne se gorge de larmes.

Il souffrait et je crois que c’était la première fois que je le voyais pleurer pour une fille. Il s’était vraiment attaché à elle. Je ne savais pas quoi lui dire. Alors je vins simplement m’asseoir à côté de lui. Il ne tarda pas à se retrouver dans mes bras en étouffant un sanglot bruyant avec difficulté. Je me sentais malgré moi responsable. Je ne savais plus quoi faire. J’étais définitivement perdu…

***

J’avais finalement du partir au travail et Joshua avait du faire de même.

La réunion de travail avec le groupe avait commencé, mais Éden n’était toujours pas arrivé. Alex, leur manager était là et m’avait expressément demandé à mon arrivé, de leur laisser un peu de temps pour les préparer à la conférence qu’ils auraient le lendemain.

Nous attentions donc tous Éden et mon regard allait constamment vers la porte d’entrée, attendant qu’elle s’ouvre sur cet homme que je voulais voir autant que je ne le voulais pas.

Ce fut peu de temps après qu’Éden arriva dans la salle alors que je me trouvais à côté de la porte. Nous nous retrouvions nez à nez et il sursauta en croisant mon regard. Je ne savais pas comment me comporter avec lui.

– Désolé, je suis en retard, souffla-t-il le souffle coupé.

Je ne répondis rien, me contentant d’acquiescer et j’allais m’asseoir devant mon piano. J’étais heureux qu’il soit finalement venu. J’étais heureux de le voir. Sa présence dans la même pièce faisait remonter en moi des souvenirs de la nuit que nous avions passée. Cette nuit-là, je l’avais espérée chaque jour, mais ma rancœur était toujours là. Il avait perdu ma confiance, et je n’arrivais pas à faire comme si rien ne s’était passé. Et que voulait dire cette nuit pour lui ? Est-ce qu’il était juste heureux d’avoir pu tirer son coup encore une fois avec moi ? Mais cette façon dont il m’avait regardé, et ces mots qu’il m’avait murmuré juste avant de me posséder. Et la tendresse qu’il mettait dans chacun de ses actes. Il disait qu’il ne m’aimait pas et pourtant… Cette nuit là je ne m’étais senti aimé, j’avais l’impression de compter pour lui, bien plus que lorsque je me retrouvais dans les bras de Jules…

Éden alla rejoindre ses amis qui l’attendaient. Je sentais qu’ils étaient au courant de ce qu’il se passait entre Éden et moi, mais ils faisaient comme si de rien n’était et j’étais soulagé de leur choix. Il mit du temps à remarquer la présence d’Alex, assis sur la petite scène de répétition.

– Qu’est-ce que tu fais là ? Demanda Éden en fronçant les sourcils.

– Je suis venu pour vous parler un peu de la conférence de presse de demain, vu que le directeur tient à ce que vous ayez votre après-midi de libre pour vous reposer à cause de demain, Morgan a accepté que j’empiète un peu sur vos répétitions.

– Dis plutôt que tu ne lui as pas vraiment laissé le choix, souffla Kelly en rigolant légèrement.

Alex la fusilla du regard avant de se lever, ses documents à la main.

– Ce que je constate c’est que tu es beaucoup moins assidu que pendant la tournée ! S’écria-t-il à Eden dans un large sourire.

Il lui tendit alors les feuilles et Éden les prit sans broncher, mais il se figea en entendant la suite de sa plaisanterie.

– J’espère que c’était un bon coup parce que vu les deux mois et demi d’abstinence que tu viens de passer à te frustrer, il a intérêt à tenir le rythme.

Je levais aussitôt la tête vers Alex, surpris, tandis que tous les membres du groupe se crispaient, attendant sa réaction, ne faisant que confirmer les dires du manager. Mais Éden ne réagit pas. Il baissa la tête et se cala dans son siège.

– Je croyais que tu venais ici pour travailler, pas pour tenir un compte sur ma vie sexuelle, maugréa-t-il les dents serrées.

Alex écarquilla les yeux avant de tousser, légèrement décontenancé par sa réplique. Il se mit à parler de la conférence de presse et Éden l’écoutait assidûment, comme s’il refusait de croiser mon regard insistant posé sur lui…

***

Depuis la révélation d’Alex, mon cœur n’arrêtait pas de battre à un rythme endiablé. Je n’arrivais pas à croire qu’Eden n’ait pas eu un seul autre homme dans son lit après moi. Avait-il finalement souffert de notre séparation ? Mais cela n’expliquait pas pourquoi il ne m’avait jamais donné de nouvelles. Pourtant, je n’arrivais plus à retourner dans ma rancœur et mes pensées négatives. Le simple fait de savoir qu’il n’avait couché avec personne d’autre, jusqu’à céder avec moi m’emplissait la tête de milliers de questions que je n’osais pas lui poser.

J’avais tenté de me mettre à travailler après la réunion, alors qu’Eden était parti très rapidement, sans me laisser le temps de lui parler. Mais j’avais été incapable de me concentrer. Je voulais le voir. Je voulais le voir maintenant. Cette nuit passée ensemble et la révélation de ce matin avait provoqué en moi quelque chose que je ne pouvais contrôler.

Et je me retrouvais maintenant devant chez lui, hésitant à sonner à sa porte. Je ne savais pas ce que j’allais lui dire. Mais nous avions besoin de parler. Fébrilement mon doigt se posa sur la sonnette et Éden ne tarda pas à venir ouvrir vivement la porte un grand sourire aux lèvres pour se figer aussitôt.

L’avoir devant moi ne m’aidait pas à trouver mes mots, et des rougeurs parsemaient mes joues alors que mon regard se posait sur lui. J’étais toujours désespérément amoureux de lui et savoir que j’avais compté pour lui au point qu’il ne couche avec personne d’autre me fit perdre la tête.

– Morgan ? Souffla-t-il surpris, qu’est-ce que tu…

J’étais venu pour parler, mais je pris peur. Je ne voulais pas briser ce que je ressentais en cet instant. Je ne lui laissais pas le temps de continuer. Mes lèvres prirent d’assaut les siennes. J’étais en manque de lui… En manque de tout ce qu’il représentait pour moi… Mes mains passèrent directement dans ses cheveux alors que je mordais légèrement ses lèvres entrouvertes. D’un mouvement, je le forçais à reculer, et surpris par ma propre audace, je fermais la porte d’un geste avant de le plaquer contre le mur. Éden ne fit pas un seul geste alors que je reprenais ses lèvres avec avidité. Je n’étais plus maître de rien. Je n’arrivais pas à m’arrêter.

Alors que je descendais mes lèvres dans son cou, Éden sembla se tendre légèrement et il ne tarda pas à me demander agacé :

– Tu n’as pas un petit ami à rejoindre pour ça ?

Je me tendis légèrement à mon tour et levais la tête pour croiser son regard dur. Se pouvait-il que… Se pouvait-il qu’il soit jaloux ? Incapable de m’arrêter, je tombais à genoux devant lui et mes mains se posèrent sur sa ceinture, frôlant son intimité gonflée. Un petit sourire en coin étira mes lèvres et je relevais la tête vers lui, amusé de l’effet que je pouvais lui faire en si peu de temps.

– Deux mois et demi sans sexe, dis-je d’une voix charmeuse, tu dois être en manque.

Ma voix avait été volontairement terriblement sensuelle et le lit frissonner. Normalement, je n’avais pas autant d’audace, mais Éden me rendait comme ça. Il déglutit péniblement avant de souffler vexé :

– Ne t’inquiète pas pour ça, je m’apprêtais à sortir pour m’en occuper.

Mon regard se fit dur, encaissant difficilement ses mots. Mais je n’étais pas prêt à reculer. Tout mon être me hurlait que ma place était ici, avec lui. Je glissais ma main dans son boxer, lui arrachant un cambrement des plus violents.

Il dut se tenir à la commode près de lui alors que de mon autre main je fis tomber son boxer et son pantalon au sol. Il aurait pu me repousser, me dire de partir. Mais il n’en fit rien et son corps parlait pour lui. Il me désirait et cela me suffisait pour rester.

Ma langue lécha le bout de son sexe et il balança la tête en arrière, abandonnant toute résistance. Mes mains se posèrent sur ses fesses, le caressant sans la moindre pudeur. Ma langue finit par s’enrouler autour de son pénis et j’entendis enfin des gémissements rauques s’échapper des ses lèvres. Sa main se posa sur ma tête, m’accompagnant dans mes mouvements alors que je le prenais véritablement en bouche. J’aimais l’effet que j’avais sur lui. J’aimais cette impression de compter pour quelqu’un, même si cela devait passer par le sexe. C’était après tout comme cela que notre histoire avait réellement commencée. Une succion plus prononcée que les autres balaya toute résistance et il se laissa complètement aller, savourant mes caresses, s’offrant à moi.

Ma bouche sur son sexe tendu lui fit bientôt voir les étoiles et dans un gémissement à la limite du râle, il éjacula en moi, se cambrant de tout son long. J’avalais sa semence, et relevais la tête, un sourire fier ornant mes lèvres ;

– Tu veux encore me faire partir ? Demandais-je non sans ironie.

– Je te déteste, murmura-t-il avant de tomber à genoux devant moi et de me faire basculer sur le sol, emprisonnant mes lèvres dans un baiser des plus sauvages, pour me faire l’amour à même le sol…

***

Je n’arrivais pas à fermer l’œil alors qu’Éden dormait profondément à côté de moi dans son lit. Nous l’avions fait une bonne partie de l’après-midi et bien que je sois épuisé, les questions qui défilaient dans ma tête me tenaient réveillé. Qu’allait-il réellement se passer avec Éden ? Qu’étais-je en train d’espérer de lui ? N’étais-je pas en train de me jeter à nouveau dans la gueule du loup ?

J’avais envie de partir, de rentrer chez moi et de prendre de la distance avec lui. Mais je voulais partir sans un affrontement avec lui. Nous aurions le temps plus tard. Je me levais le plus discrètement possible, attrapant mon pantalon et mon boxer sur le sol. Je lui laisserais un mot… Pour lui expliquer. Je me détestais de lui faire ce que j’avais hais chez beaucoup d’homme, mais je n’étais pas prêt à lui faire face. Et puis… Il y avait Joshua qui avait besoin de moi. Sans compter Jules… Cet homme que j’oubliais complètement lorsque j’étais avec Éden.

Cependant alors que j’enfilais mon pantalon, quelqu’un sonna à la porte d’entrée, réveillant Éden en sursaut. Il leva la tête pour me voir, figé, mon pantalon à moitié enfilé. Ses sourcils se froncèrent immédiatement en comprenant ce que j’étais en train de faire.

– Tu allais vraiment te barrer pendant que je dormais ? S’écria-t-il agacé de me voir prendre la fuite.

Je voulus lui répondre mais je fus coupé par la sonnette qui retentit une nouvelle fois. Dans un soupire, il se leva et attrapa un boxer pour l’enfiler.

– Reste-là, dit-il en ne me laissant pas le temps de répondre, sortant de la pièce.

Je me retrouvais seul dans sa chambre et sans perdre de temps je finis de m’habiller. Je pu bientôt entendre la voix de Liz dans le salon. Mais je ne pouvais pas comprendre ce qu’elle disait. Je sortis de la chambre, fuyant Éden, fuyant la discussion et ses aboutissants que je redoutais. Je sortais de la chambre et ce fut à ce moment là que Liz s’écria en colère :

– Mais ça ne sera jamais le bon moment si je te laisse faire les choses ! J’ai fait une bêtise, j’aurais du te parler de lui, je suis…

Mais elle s’arrêta net en me voyant. Sans perdre de temps, je passais près d’eux, la tête baissée.

– Je dois y aller, désolé… Soufflais-je en voulant sortir.

Mais Éden me retint par le bras le regard noir.

– Morgan ! Répliqua-t-il durement.

– Je dois y aller, tranchais-je en défaisant sa prise sur mon poignet.

Je partis. J’entendis Éden claquer rageusement la porte avant de lâcher un « putain » furieux que j’entendis malgré la porte close.

Le cœur battant, je pris la fuite, fuyant ce que je ressentais au plus profond de moi. Plus qu’être perdu, j’avais peur… Peur de m’attacher à lui plus que je ne l’étais déjà et de pâtir des conséquences de son bon vouloir. Après tout c’était lui qui m’avait abandonné, mais alors… Pourquoi me sentais-je si mal à l’idée de partir ainsi de chez lui ?

***

Trois jours passèrent depuis qu’Éden et moi avions recouchés ensemble et depuis cet instant, nous ne nous étions pas adressé la parole. Il restait dans son coin furieux et je restais dans le mien m’occupant du reste du groupe. Je comprenais qu’il puisse m’en vouloir d’être parti ainsi, mais il avait fait pire… C’était à moi d’être en colère.

Éden avait terminé d’enregistrer les chansons et après avoir écouté la chanson qu’Éden et moi avions créée, le directeur avait tout de suite souhaité la rajouter à leur album.

Ce soir là, Joshua m’avait appelé pour me dire qu’il rentrait assez tard, ayant beaucoup de travail. Mais je savais que cela était surtout un prétexte pour ne pas rester à la maison à s’apitoyer sur sa rupture avec Liz. Il ne voulait pas en parler et je n’étais pas du genre à le forcer à le faire.

Je n’avais pas vraiment donné de nouvelles à Jules dernièrement et j’avais évité de le voir. Je voulais m’éloigner de lui pour faire le point. J’avais toujours trouvé une excuse, prétextant le travail ou la fatigue. Mais ce soir il semblait en avoir décidé autrement.

Lorsque j’entendis quelqu’un frapper à la porte, je me surpris à espérer que ce soit Éden et je fus presque déçu de voir Jules. Qu’étais-je en train de lui faire… Lui qui avait été si patient avec moi pendant deux mois et demi, tentant de se racheter. Je le trompais.

– Tu me laisses entrer… Souffla-t-il en me sortant de mes pensées.

– Je… Oui…

Jules s’approcha de moi et je sentis qu’il voulait m’embrasser, mais je n’en avais pas envie. Je tournais la tête et pris la direction du salon. Là, j’ouvris une fenêtre et m’allumais une cigarette. J’avais recommencé après l’hôpital, une fois que mes fractures de côtes s’étaient resoudées. Je n’en fumais pas plus de trois ou cinq par jour.

Jules vint s’asseoir silencieusement à côté de moi dans le canapé.

– J’avais réussi à te faire arrêter, souffla-t-il agacé en me voyant fumer.

– Et j’ai recommencé, dis-je, en expirant ma fumée.

Jules se passa une main sur le visage dans un soupire.

– Ok… Si j’ai fais quelque chose qui ne t’as pas plu, alors dis le moi au lieu d’être distant comme ça. Tu es en train de me rendre fou Morgan, dit-il assez énervé.

– Je ne vois pas de quoi tu parles, dis-je froid.

– Tu sais très bien de quoi je parle Morgan. Tu m’évites depuis plusieurs jours et tes excuses sont de plus en plus bidons.

– Je ne te dois rien, répondis-je après une autre bouffée de cigarette.

Jules sera les poings et se leva, comme pour se calmer. Il fit un tour du salon avant de se planter devant moi, me regardant droit dans les yeux.

– Qu’est-ce qu’il faut que je fasse Morgan ! J’ai été patient. Je sais que j’ai merdé. Que j’ai fait une terrible erreur, mais tu vas continuer à me le reprocher combien de temps ?

Il fit une pause, et devant mon absence de réponse, il ajouta :

– Je t’aime Morgan ! Et il n’y a pas un seul jour où je ne regrette pas ce que je t’ai fait. Mais tu ne peux pas m’en vouloir comme ça.

Je me levais à mon tour, écrasant ma cigarette alors que la colère commençait à monter en moi.

– Tu es parti sans même me laisser un mot ou une explication, une semaine avant qu’on se marie ! Et tu penses que je peux te pardonner comme ça !

– J’ai pris peur Morgan ! Tu… Tu avais ce regard qui me demandait tellement. Et cet amour que tu éprouvais pour moi… J’avais peur…Peur de ne pas être à la hauteur. Tu m’étouffais Morgan.

– Je t’étouffais ! Parce qu’en plus tu vas maintenant me dire que c’est de ma faute ! Dis-je alors que des larmes de colère me brûlaient les yeux.

– Tu ne m’as pas compris Morgan. C’est juste que…

– Juste que quoi ? Dis-je alors qu’il ne finissait pas sa phrase.

– Tu… Tu ne te rendais pas compte Morgan mais… Tu… Tu m’aimais tellement que quoi que je puisse faire, tu finissais toujours par me pardonner. Tu es passé outre le fait que je t’ai trompé. Tu es passé outre mes coups de colère, ma distance et le nombre de fois où je ne t’ai manqué de respect. J’étais dur avec toi Morgan. Mais tu me cédais toujours. Tu finissais toujours par m’accueillir dans tes bras et tu m’enveloppais de ton amour. Et j’aimais ça ! J’aimais tellement ça que je n’arrivais pas à m’arrêter. Jusqu’au jour où… Jusqu’au jour où je me suis regardé dans un miroir et que je ne me suis plus supporté. Je n’étais pas à ta hauteur Morgan. Je ne pouvais pas te laisser m’épouser.

Durant tout son monologue, j’étais resté silencieux, laissant les larmes couler sur mes joues. Je savais qu’il y avait une part de vérité dans ce qu’il me disait.

– Et qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? Finis-je par dire d’une petite voix alors que mon cœur se serrait durement.

– Moi… J’ai changé Morgan… Et toi aussi tu as changé… Je… J’ai perdu ta confiance, et je te promets que je vais tout faire pour la regagner… Mais s’il te plaît, me supplia-t-il en tombant à genoux devant moi. S’il te plaît, laisse moi ne serait-ce qu’une chance d’y arriver…

Je restais sans voix, regardant l’homme qui m’avait détruit. L’homme qui m’avait changé, qui m’avait fait me replier sur moi-même plus que je ne l’étais déjà, l’homme qui m’avait fait perdre la confiance en l’autre. Si je lui laissais, une chance, une petite ouverture. Peut-être serait-il capable de me guérir. Peut-être qu’il était le seul à le pouvoir…

Je m’assis sur le canapé en face de lui, pour être à sa hauteur. J’ancrais mon regard dans le sien et posais ma main sur sa joue avant de lui souffler :

– J’essaye… Je te promets que j’essaye Jules… Mais laisse-moi du temps.

Jules posa sa main sur la mienne. Et ses lèvres s’approchèrent des miennes pour un baiser tendre et amoureux. Mais bientôt, ce baiser se fit plus exigent et désireux. Mais je ne voulais pas aller plus loin. Je ne voulais pas lui céder comme ça. Je mis fin au baiser et je tentais dans un petit sourire :

– Tu veux manger quelque chose ?

– Oui… Mais je ne pense pas qu’on parler de la même chose, dit-il charmeur.

Je me levais en me dégageant de son étreinte.

– Je vais faire à manger… Dis-je pour toute réponse.

Jules soupira mais n’insista pas. Alors que j’allais dans la cuisine, il prit place sur le canapé et alluma la télévision.

***

J’avais fait ce que j’avais pu avec les restes du frigo. Mais Jules avait mangé avec appétit, complimentant ma cuisine qui lui avait manqué. Nous avions fini par nous installer sur le canapé et cela faisait plusieurs fois que je repoussais ses avances.

Joshua était collé contre moi, et je me laissais aller à son étreinte. Rares étaient les fois ou il était aussi tendre, et je profitais de cet instant, ne voulant pas qu’il cesse. Mais sa main posée sur ma cuisse commençait à remonter peu à peu, et alors qu’elle arrivait près de mon intimité, je l’attrapais, l’empêchant d’aller plus loin. Ce dernier rejet fut de trop pour Jules qui s’écarta brusquement de moi.

– Joshua m’a raconté ce que tu as fait pendant deux ans. C’est ce que t’as fait pas vrai ! Tu es allé dans ces foutus bars et tu m’as trompé.

Mon sang se glaça dans mes veines alors qu’il venait de toucher si près du but. Oui je l’avais trompé, mais pas avec celui qu’il croyait. Son regard se teinta soudain de douleur alors qu’il ajouta :

– Et tu ne démens même pas…

– Et alors ? Si je l’avais fait, tu me pardonnerais comme je l’ai déjà fait non ? Répliquais-je sur la défensive.

De la douleur le regard de Jules devint furieux. Il m’attira brusquement à lui, sans un mot et m’embrassa de force. J’étais beaucoup plus fin et moins musclé que lui, si bien qu’il m’était cette fois impossible de le repousser. Son baiser était exigeant et sa main serrée autour de mon bras me faisait mal.

– Tu aimes ça, baiser des inconnus, dit-il amèrement en rompant le baiser. Tu aimes le sexe sans amour, le sexe sans lendemain… Ajouta-t-il en rogne.

Brusquement, il me força à me retourner et je me retrouvais à genoux sur le sol, le ventre appuyé contre le canapé.

– Et bien il suffisait de le demander Morgan ! S’exclama-t-il

Il baissa mon pantalon sans ménagement alors que je le suppliais trop faiblement d’arrêter. Après tout, je méritais ce qui m’arrivait. Je l’avais trompé. Je n’avais pas cherché à le nier. Mais j’avais fait pire. Je l’avais trompé avec quelqu’un pour qui j’éprouvais des sentiments tout aussi fort voir plus que ceux que j’éprouvais pour lui. Ce fut pourquoi, je n’eus pas la force de l’arrêter. Même si un gémissement de douleur franchit le barrage de mes lèvres alors qu’il me prenait durement, sans la moindre préparation. J’encaissais sans rien dire, chacun de ses coups de butoir. Il évacuait sa colère sur moi, mais j’en étais responsable.

La seule échappatoire que je trouvais fut de m’enfuir dans mes pensées. Je pensais à Éden et à sa douceur. Jamais il ne m’aurait pris ainsi…

Je finis par prendre un peu de plaisir… Mais ce par quoi j’avais pu passé laisserait des marques sur mon corps. Mais je savais que ce qui guidait les gestes de Jules étaient uniquement induit par l’amour qu’il éprouvait pour moi et la colère à l’idée que je lui échappe…

***

Jules était parti au petit matin, après avoir durement profité de mon corps et même une longue douche chaude n’avait pas réussi à détendre mes muscles.

J’avais fait mon minimum de travail avant de rentrer chez moi, n’ayant envie de voir personne. Joshua était là lui aussi, assis sur le canapé en train de regarder la télé. Il n’était pas très bavard, voir presque dépressif depuis que Liz l’avait quitté, mais il n’avait pas l’air de vouloir m’en parler et je respectais son choix. J’étais en train de m’entraîner sur un morceau lorsque quelqu’un frappa sans ménagement à la porte d’entrée. Surpris, j’allais ouvrir et je tombais nez à nez avec Éden qui tenait Liz dans ses bras. Mes yeux s’écarquillèrent en les voyant.

– Qu’est-ce que… Commençais-je sous le choc.

– Ne t’inquiète pas ! Lâcha Éden le regard noir, je ne suis pas venu te faire la même chose que tu m’as fait la dernière fois !

Et sans attendre, il entra dans l’appartement et son regard croisa le regard surpris de Joshua, assis sur le canapé. Éden posa alors Liz devant lui et celle-ci baissa la tête rouge de gêne.

– Tu ne m’aimes pas, très bien ! S’exclama-t-il en le regardant, mais tu l’aimes elle, et elle t’aime aussi ! On est soudés tous les deux mais tu n’as pas le droit de la laisser te quitter à cause de moi.

Il se tourna vers Liz, la forçant à relever la tête.

– Comme tu n’as pas le droit de le quitter à cause de moi ! Je ne suis pas une excuse valable.

Son regard se durci et il croisa une nouvelle fois le regard de Joshua.

– Ton frère et moi, on est assez grand pour prendre nos décisions tout seul, même si ces décisions nous conduisent droit dans le mur. Vous n’avez pas votre mot à dire alors arrêtez de fourrer vos nez là-dedans. Il me semble que je ne cherche pas à régenter votre histoire !

Et sur ce, il se retourna pour sortir.

– Tu ferais mieux de les laisser seuls, me dit-il avant de fermer la porter derrière lui.

Un silence monacal suivit son départ. Liz et Joshua se regardaient en chien de fusil. Je sentis que j’étais de trop et j’attrapais ma veste, enfilais mes chaussures et sortis sans un mot. Éden avait raison, je devais les laisser seuls…

***

Je m’étais retrouvé dehors et je n’avais finalement eu qu’un endroit où aller. Je n’avais pas envie d’aller chez Jules, car il était de garde. Et au vu de mon état physique, je n’étais pas prêt à recoucher tout de suite avec lui. Je souffrais.

Je m’étais alors rendu au label, voulant continuer de travailler sur un morceau pour me vider la tête après avoir errer un petit moment dehors.

Mais alors que je marchais dans les couloirs déserts, j’entendis encore une fois la mélodie que j’avais écrite.

J’ouvris la porte, non sans hésitation et une grimace étira immédiatement les lèvres d’Éden lorsqu’il me vit. Il se redressa, remettant sa guitare dans son étui.

– Ne t’inquiète pas, je te laisse la salle, dit-il en posant sa guitare dans le vestiaire.

Nous ne pouvions plus faire marche arrière. Tout comme Liz et Joshua, il fallait que nous parlions. Je refermais la porte, et me calais dessus, le regard noir.

– Pourquoi est-ce que tu es en colère ? Demandais-je furieux, c’est plutôt moi qui devrai l’être ! Tu m’as plaqué et tu t’es enfui et tu voulais quoi ? Que je t’accueille les bras ouverts ? Ajoutais-je, disant ce que j’avais sur le cœur.

– Le message passerait sûrement mieux si tu arrêtais de venir me voir pour coucher avec moi ! Rétorqua-t-il sur le même ton.

– J’essaye mais tu fais tout pour me faire céder !

– Ah bon et quand est-ce que je t’ai dragué ou charmé depuis que je suis revenu ?

Brusquement il se retourna, donnant un coup dans la table près de lui avant de poser les mains dessus et de soupirer. Plusieurs minutes passèrent sans qu’aucun de nous deux ne parle… Puis ce fut Éden qui céda.

– Tu as tout ce que tu veux non ? Demanda-t-il sans se retourner. Un petit ami qui t’aime, qui t’apporte tout ce que tu veux et qui va même jusqu’à te faire des putains de soirées romantiques. Alors pourquoi tu le trompes avec moi ?

– Je ne sais pas… Avouais-je dans un souffle.

Et c’était vrai. Avec Éden, je perdais tous mes moyens. Je n’arrivais pas à être raisonnable, et cela avait commencé depuis le début… Un léger rire s’échappa de ses lèvres. Lentement, il se retourna pour me faire face.

– Ton frère a raison, je ne suis pas bon pour toi… Tu vas souffrir et même… Même si j’essaye de me laisser aller avec toi, je ne pourrais jamais tomber amoureux de toi Morgan… Dit-il calmement.

– Pourquoi ? Demandais-je, les yeux bruyants, accusant durement ses paroles qui semblaient irrévocables.

– Parce que je suis amoureux de Lucas.

Si mon cœur s’était serré de tristesse, celle-ci fut remplacée par de la colère à l’entente de ces mots.

– Comment tu peux être amoureux d’un homme qui t’a plaqué ! Criais-je, les poings serrés.

– Il ne m’a pas plaqué, il est mort ! Hurla-t-il à son tour, le regard tout aussi noir.

Je me figeais aussitôt. Mon visage se décomposa en repensant à tout ce qu’il m’avait dit, tout ce que Liz avait tenté de me faire comprendre et tout ce j’avais vu dans sa famille. Lucas était mort. Il ne l’avait pas plaqué. Il l’avait abandonné et de la manière la plus cruelle qui soit. Je n’avais jamais vécu ce par quoi il était passé. Du moins, ce que j’avais vécu plusieurs fois dans ma vie n’était pas comparable. Mais pourtant, cela m’aidait à comprendre ne serait-ce qu’un peu ce qu’il devait ressentir. Maintenant que j’apprenais cela sur lui, tout un pan de sa personnalité s’expliquait. Éden était écorché vif. Il souffrait et je ne pouvais pas l’en blâmer. J’aurais voulu être capable de soulager ne serait-ce qu’un peu la douleur qui éclairait maintenant ses prunelles.

Des larmes lui brouillèrent la vue et vivement, il se retourna, reposant ses mains sur le bureau. Alors que ses mots auraient du me faire fuir, alors que je découvrais que jamais il ne serait capable de partager mes sentiments, je restais à ses côtés. Parce que je l’aimais, et que je ne voulais pas le laisser seul… Parce que si j’étais capable de soulager, ne serait-ce qu’un peu la douleur qu’il devait ressentir, alors je m’en contenterais. Je m’approchais de lui et mes mains se posèrent sur son dos mais il me repoussa vivement, s’écartant de moi.

– Tu m’aurais rencontré il y a cinq ans, j’aurais compris… Dit-il, essuyant ses larmes. J’aurais compris que tu sois tomber amoureux de moi, j’étais… J’étais heureux… J’étais plein de vie, j’étais rayonnant et j’étais désespérément amoureux. Tu sais ce que c’est l’amour Morgan ? C’est une putain de connerie ! Ça nous fait devenir dépendant de quelqu’un et quand tout est fini… Quand tout est fini, tu es juste détruit…

– Éden… Murmurais-je touché, découvrant à quel point la plaie de son cœur était toujours béante et profonde.

– Quatre ans… J’ai été amoureux de lui pendant quatre ans et tout s’est fini du jour au lendemain… C’était mon premier, on habitait ensemble et je pensais même me marier un jour avec lui, tu ne vois pas comment tout ça est ironique ?

Je me redressais voulant m’approcher une nouvelle fois, mais il s’écarta, se retrouvant dos à moi.

– Tu dis être amoureux de moi… Mais tu ne sais pas ce que c’est… Souffla-t-il. Tu ne sais pas qui je suis… Et je ne pourrais jamais tomber amoureux de toi Morgan…

J’avais mal… J’avais mal pour lui et là, à côté de moi, il me semblait si vulnérable que j’étais incapable de m’en écarter. Il se trompait. Plus que tout il avait besoin de l’amour de quelqu’un, ne serait-ce que pour soulager un peu son fardeau. Et si je pouvais l’aider, ne serait-ce qu’un peu, même si cela se faisait à mes dépends, alors j’étais prêt à le faire. Pour lui… Parce que même malgré cet aveu, je n’arrivais pas à cesser de l’aimer…

Ma main se posa sur son épaule et sans qu’il ne puisse le repousser, je le pris dans mes bras. Il tenta de s’y soustraire, mais bien vite, mes bras se serrèrent autour de lui.

– Je suis désolé Éden… Murmurais-je en enfouissant ma tête dans son cou.

– Tu devrais rejoindre ton petit ami, dit-il la voix tremblante.

– Non.

Il était hors de question que je le laisse seul dans cet état.

– Je ne t’offrirais jamais ce que tu veux…

Je relevais alors la tête et nos regard se croisèrent. Mes mains passèrent dans ses cheveux et mon nez vint se frotter au sien avant que nos lèvres ne se retrouvent. Ce baiser n’avait rien à voir avec nos précédents baisers. Dans ce baiser, je me laissais aller pour la première fois à lui transmettre tout l’amour que j’éprouvais pour lui. Je voulais lui montrer à quel point je tenais à lui, à quel point je n’étais pas prêt à le laisser sortir de ma vie. Lorsque l’air vint à nous manquer, je posais mon front contre le sien, et nos regards se croisèrent à nouveau.

– Je ne veux pas prendre la place de Lucas… Soufflais-je d’une petite voix.

– Qu’est-ce que tu veux alors ? Demandais-je sur le même ton.

Ce que j’avais vécu pendant ces trois mois avec lui m’aurait suffit. Toute la tendresse qu’il m’apportait, suffisait à me faire me sentir vivant et aimé, ne serais-ce qu’un peu.

– Est-ce que tu tiens à moi ? Lui demandais-je en appréhendant déjà sa réponse.

Son regard fixé dans le mien le faisait tressaillir. Est-ce qu’il tenait à moi ? Ne serait-ce qu’un peu…

– Tu sais bien que oui… Dit-il dans un murmure.

– Alors c’est tout ce que je veux, répondis-je dans un sourire, heureux comme jamais.

Mes lèvres prirent une nouvelle fois d’assaut les siennes. Alors c’était vrai, il tentait à moi. L’amour se transforma peu à peu en désir et ses mains se posèrent sur mes fesses avant qu’il ne me fasse reculer contre le bureau. Nous cédions une nouvelle fois. Mais c’était trop tard pour reculer. Éden tenait à moi et je n’étais pas prêt à m’arrêter. Même si mon corps me faisait souffrir, je ne voulais pas le repousser. Je voulais de sa tendresse, je voulais qu’il me regarde avec ce même regard qu’il m’avait offert sur la photo de mon téléphone…

– Ramène-moi chez toi… Soufflais-je avant de reprendre ses lèvres dans un baiser fiévreux.

***

Et c’est ce qu’il avait fait. Il m’avait accepté après m’avoir avoué ce qui le détruisait. Il m’avait fait suffisamment confiance pour m’avouer son passé et me dire qu’il tenait à moi. Même s’il ne pouvait pas m’aimer comme je l’aimais, je comptais pour lui et cela me suffisait. Je pouvais l’aimer pour deux.

Ma bouche attrapait son sexe dressé entre mes lèvres et il se cambrait de tout son long. Mais vivement, il se redressa, coupant court aux caresses que je lui prodiguais. Un sourire charmeur étira ses lèvres et il me força à m’allonger sur son lit. Il changea de position et goba mon sexe. Le plaisir fut intense, et je ne mis pas longtemps avant de reprendre ma fellation, voulant lui rendre la pareille. Je passais mes mains sur ses cuisses, me concentrant sur ma tâche pour lui offrir une de ces fellations qu’il ne serait pas prêt d’oublier. Éden quant à lui n’était pas en reste. Ses mains passaient sur mes testicules, les malaxant pour me donner plus de plaisir. Mais bientôt il ne pu plus tenir, et il éjacula dans ma bouche dans un râle. Je fis de même quelques minutes plus tard, me cambrant de tout mon long.

Dans un sourire, il se retourna, reprenant mes lèvres avec fougue.

– Tournes-toi… Souffla-t-il en mordant légèrement ma lèvre inférieure.

Je soufrais toujours terriblement et ce fut ce qui me fit hésiter. Mais je n’avais jamais dit non… Ce n’était pas dans ma nature. Je finis par acquiescer et me retournais, appréhendant la suite. Mais Jules avait du y laisser des marques, car Éden se releva immédiatement.

– Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Souffla-t-il en me forçant à me retourner.

Je m’assis sur le lit dans une grimace et baissais la tête. J’avais honte. Vivement, sa main se posa dans mes cheveux et il caressa ma tête.

– Morgan… Dis-moi… M’ordonna-t-il semblant inquiet.

– Il… Il ne pense pas à mal… Il pense que j’aime ça et c’est vrai que j’aime ça, enfin…

Je ne trouvais pas mes mots. Je remontais mes jambes jusqu’à ma poitrine, regardant dans le vide. Ce n’était pas vrai… Je n’aimais pas ça. J’aimais la façon dont Éden me faisait l’amour, je détestais lorsque Jules voulait simplement me baiser.

– Ces derniers jours, j’ai été distant avec lui… Et il… Avec lui, c’est différent et…

– Tu le laisses te prendre sans préparation ! Me coupa-t-il ahuri.

– Je…

Mon regard je gorgeais de larmes et je baissais la tête, appuyant mon front contre mes genoux relevés. Je ne voulais pas qu’Éden me juge. Alors que j’en avais appris beaucoup sur Éden, ne serait-ce qu’aujourd’hui, Éden ne connaissait qu’une facette de ma personnalité. Le peu de chose qu’il avait appris sur moi venait de la bouche des autres. Je ne savais pas me confier, et j’avais toujours été mal à l’aise avec l’idée. Si Éden savait que Jules et moi avions été fiancés, et ce qu’il m’avait fait par la suite… Je ne voulais pas qu’il sache à quel point j’étais faible et désespéré d’avoir près de moi quelqu’un pour qui je comptais, ne serait-ce qu’un peu et qui m’offrait un peu de sa chaleur.

Un soupire s’échappa de ses lèvres et je n’osais pas bouger de ma position.

– Et j’imagine que tu as un mal de chien, non ? Fit il, en se rapprochant de moi.

Pour toute réponse, je haussais les épaules. Éden s’abaissa pour relever mon visage et prendre mes lèvres avec douceur. Avec une tendresse qui le caractérisait si bien, il me dit m’allonger sur le lit, laissant ses mains parcourir une nouvelle fois ma peau. Lorsque l’air vint à nous manquer, il laissa ses lèvres descendre dans mon cou. Et bien que l’envie que j’éprouvais était belle et bien présente, celle-ci était teintée de la peur de souffrir.

– Éden… Osais-je souffler d’une petite voix, je… Je ne sais pas si je pourrais.

Éden se redressa, calant ses coudes de chaque côtés de mon visage me donnant l’impression d’être protéger dans son cocon de tendresse. Dans un sourire, il passa ses mains dans mes cheveux, avant de venir frotter son nez contre le mien.

– Ne t’inquiète pas, je suis sûr que je peux arriver à te faire avoir un orgasme sans même te pénétrer…

***

La nuit était tombée depuis bien longtemps et la lune éclairait nos deux corps. Éden était allongé sur moi, la tête posée sur mon torse. Ma main passait et repassait dans ses cheveux, dans une caresse des plus apaisantes. Un bâillement s’échappa de ses lèvres et je ne pus m’empêcher de rigoler légèrement.

– Tu devrais dormir, tu as assez donné de ta personne aujourd’hui, dis-je amusé.

– J’ai peur que tu essayes de t’enfuir si je le fais, répliqua-t-il en posant son menton sur ma peau.

– Je ne le ferais pas, dis-je sincère, cette idée ne m’ayant même pas effleuré l’esprit.

– Promis ?

– Promis.

Un sourire étira ses lèvres et je fus touchée par cette réaction. Il embrassa ma peau avant de croiser nos regards. Ma main vint replacer une mèche de cheveux derrière son oreille.

– Si tu restes avec ton copain… Souffla-t-il au bout d’un moment, ça fait de moi ta maîtresse ?

– Éden… je… Dis-je en me crispant légèrement, n’ayant pas envie de gâcher cet instant.

– Non ça me va…

Il embrassa une nouvelle fois ma peau avant d’ancrer son regard dans le mien. J’étais d’autant plus surpris qu’il semblait sincère. Mon cœur s’emballa à la seconde alors qu’il ajoutait :

– Je serais ton amant… Jusqu’à ce que tu te lasses de moi.

Et doucement, il se dressa pour capturer mes lèvres dans un doux baiser…

***

Le soleil filtrait à travers les rideaux lorsque j’ouvris les yeux le lendemain matin. Je pouvais sentir les doigts d’Éden courir dans mon dos en un geste aérien. Je tournais la tête vers lui, un petit sourire étira mes lèvres. J’avais l’impression de vivre un rêve éveillé. Combien de fois pendant ces deux mois et demi avais-je espéré me retrouver à partager à nouveau ces moments de tendresse.

Éden était allongé contre moi, légèrement redressé, la tête posée sur sa main.

– Je t’ai rarement vu dormir aussi profondément, souffla-t-il amusé.

Je souris et je voulus me lever, mais Éden m’en empêcha. Je me retrouvais sur le dos, Éden penché au dessus de moi. Un sourire malicieux étira mes lèvres alors que je passais mes doigts sur sa nuque. Je l’attirais à moi et il ne tarda pas à recouvrir mes lèvres d’un baiser tendre auquel je répondis avec douceur. Ma main glissa le long de sa colonne vertébrale, provoquant un frisson chez mon vis-à-vis. Nos lèvres se séparèrent et Éden s’écarta légèrement, mais resta si proche que son nez frôlait le mien.

– Pourquoi tu veux te lever, dit-il avec un petit sourire charmeur. Tu as quelque chose à faire ?

– Je… Non…

– Aujourd’hui c’est dimanche, une journée à ne rien faire alors tu devrais rester allongé ici.

Ses lèvres embrassèrent à nouveau les miennes, achevant de me convaincre. Cependant, jamais il n’eut un geste déplacé, jamais il ne me demanda d’aller plus loin. Il savait que je souffrais et il semblait refuser de me faire du mal. La nuit que nous avions partagée avait été magique, et Éden nous avait fait voir les étoiles plus d’une fois… Pourquoi tenait-il à ce que je reste ? Je doutais encore malgré moi… Est-ce qu’il s’accrochait à moi uniquement parce qu’il aimait coucher avec moi ? Non… Il me l’avait dit hier… Il tenait à moi. Éden dut sentir que j’étais en train de m’égarer dans mes pensées, car il ajouta, comme s’il lisait en moi comme dans un livre :

– Et puis… Il faudrait mieux laisser à Liz et Joshua un peu d’intimité.

Je rigolais avant de l’embrasser à nouveau furtivement. Sa tête ne tarda pas à s’enfouir dans mon cou, déposant de petits baisers humides qui suffisaient à réchauffer mon corps de l’intérieur. Même si tous ces gestes n’étaient pas dictés par de l’amour, même s’il continuait d’aimer un mort ; là, maintenant, en cet instant, je m’en moquais.

– C’est vraiment bien, ce que tu as fait hier. Pour Liz et Joshua, dis-je en passant distraitement ma main dans ses cheveux.

– Je ne supportais plus de voir ma sœur aussi déprimée.

– Joshua était dans le même état, même s’il ne voulait pas en parler. Il l’aime vraiment tu sais. Je… Je suis désolé pour ce qu’il a fait à l’hôpital.

Mon cœur se serra en repensant à tout ce qui m’avait reconduit dans ce lit. Ma relation avec Éden était fragile. Je ne savais pas pourquoi je me mettais à parler de ça. Éden resta silencieux pendant quelques minutes avant de dire :

– J’ai fait le con Morgan…

Je tournais la tête vers lui, surpris alors qu’il se redressait pour croiser brièvement mon regard.

– Je ne sais pas si j’aurais pu rentrer dans ta chambre…

Son regard se voila de tristesse et se détourna du mien.

– Ça me rappelait trop…

Éden se mit sur le dos, sans finir sa phrase. Mais je savais de qui il voulait parler. Mon cœur se serra en imaginant ce par quoi il avait du passé.

– Bref, dit-il en se ressaisissant, si j’avais été à la place de ton frère, j’aurais réagi de la même manière.

Ce fut à mon tour de m’approcher de lui et d’enfouir ma tête dans son cou. Mon bras passa sur son torse pour une étreinte, alors que je me blottissais tout contre lui. J’avais enfin une raison pour son rejet brutal. Venir me voir à l’hôpital, c’était revivre son traumatisme. Éden accepta mon étreinte. Il m’acceptait dans son monde, et j’espérais maintenant pouvoir l’aider à se tirer de cette tristesse que je ne faisais qu’entrapercevoir.

***

Nous étions tranquillement installé dans le canapé, en train de regarder un dvd. Éden était allongé, sa tête posée sur mes cuisses et ma main passait dans ses cheveux. C’était déjà le milieu de l’après-midi et je n’avais pas vu le temps passer.

Nous étions plongés dans ce deuxième film que nous regardions lorsque je sentis mon téléphone vibrer dans ma poche. Éden du le sentir, car il se redressa pour me laisser le prendre.

– Allo, dis-je sans prendre le temps de regarder qui était mon interlocuteur.

– Morgan, me répondit Jules enjoué. Comment vas-tu ?

Je me tendis, et mon regard se posa sur Éden. Il était en train de mettre le film sur pause et se leva en se dirigeant vers la cuisine.

– Je… Euh ça va… Soufflais-je gêné de la situation dans laquelle je me trouvais.

Éden ouvrit le frigo et en sortit une bière qu’il me montra, me demandant silencieusement si j’en voulais une. J’acquiesçais alors que Jules continuait.

– Ça te dis de venir au resto avec moi ce soir ? Je finis ma garde à 18 heures, je peux passer te prendre chez toi vers 18 h 30, on pourrait aller boire un coup avant.

Éden revint vers moi avec deux bières décapsulées. Il posa la mienne devant moi et s’assit à côté de moi pour boire la sienne. Mon regard ne l’avait pas quitté. C’était avec lui que j’avais envie de rester…

– Je suis désolé, mais je ne peux pas, j’ai déjà prévu de passer la soirée avec Andrew.

– Tu ne peux pas repousser ? Insista-t-il.

– Non, c’était prévu depuis longtemps.

– Bon… Je dois y aller là, il y a une urgence.

Je n’eus pas le temps de lui répondre quoi que ce soit, que déjà il raccrochait. J’attrapais ma bière mal à l’aise avant qu’Éden ne dise en riant :

– Je n’ai jamais été l’amant de quelqu’un…

Je souris à mon tour avant de boire une gorgée de ma bière.

– Tu ne peux même pas vraiment coucher avec moi… Dis-je dans une grimace alors que j’avais toujours mal.

Éden me sourit, mais cette fois avec beaucoup de tendresse. Il garda sa bière à la main et vint se coller contre moi, posant sa tête sur mon épaule.

– Alors je suis ton amant câlin.

Un petit rire s’échappa de mes lèvres, plus que séduit par l’idée. Il redressa la tête surpris de ma réaction. Mais je le rassurais ancrant mon regard amoureux dans le sien.

– « Amant câlin », dis-je en reprenant ces mots. C’est plus que je n’aurais pu espéré, ajoutais-je avant de prendre ses lèvres le cœur battant.

Éden se détendit aussitôt, avant de ravir mes lèvres pour un autre baiser tendre, confirmant ses dires. Nous nous séparâmes après un petit moment de douceur et lorsqu’Eden attrapa la télécommande pour remettre le film en route, je me risquais à lui demander :

– Ça ne te déranges pas que je reste… Enfin j’aimerai bien mais… Mais si tu as quelques chose de prévu, je ne veux pas m’imposer, soufflais-je hésitant et gêné.

– Je n’ai rien à faire, tu peux rester, répondit-il avec un petit sourire charmeur, se moquant un peu de moi. Mais attends-toi à voir Liz débarquer pour m’engueuler dans peu de temps.

***

Et ce fut ce qu’elle fit. Le film venait de terminer et Éden avait envie de passer à une toute autre activité. J’étais assis à cheval sur lui, savourant la caresse des ses doigts sous mon tee-shirt alors que mes lèvres partaient à l’exploration de la peau de son cou.

Je n’eus même pas le temps de m’écarter de lui que Liz débarqua en trombe dans le salon, ayant apparemment les clefs de chez lui.

Elle se figea sur place lorsqu’elle nous découvrit tous les deux dans cette position plus que suggestive. Je me retirais aussitôt des genoux d’Éden, tentant nerveusement de remettre mes vêtements en ordre.

– Tu pourrais au moins frapper, soupira Éden.

J’osais à peine croiser le regard de Liz, particulièrement gêné par la situation. Après tout, elle savait que j’étais avec Jules depuis le début…

– Quand Joshua saura ce que vous faites derrière le dos de son ami, il va vraiment faire une crise. Souffla-t-elle dans une grimace.

– C’est pour ça que tu ne diras rien et que tu feras comme si tu ne savais rien, répondit Éden étonnamment amusé de la situation.

– Ça… Ça risque d’être difficile vu que je suis à nouveau avec lui, dit-elle avec un grand sourire avant de prendre place sur le canapé à côté de son frère. Mais je ferais ce que je pourrais…

Pour ma part, j’allais m’installer dans le fauteuil d’en face, toujours embarrassé par la situation dans laquelle je me trouvais.

– Alors vous avez remis le couvert ! Enfin, je n’aurais plus à supporter tes larmoiements, dit Éden en déviant le sujet.

Liz attrapa un coussin qu’elle jeta au visage d’Éden.

– Même si c’est grâce ou à cause de toi, ne recommence plus jamais ça ! S’exclama-t-elle en se jetant sur lui.

Je les regardais chahuter avec amusement. Éden et Liz étaient vraiment très proches, bien plus proches que je ne l’étais avec Joshua. Même si nous avions grandit ensemble avec Joshua, même s’il me connaissait mieux que personne, nous gardions une certaine distance. Mais peut-être que cela était caractéristique à notre passé commun. Je fus brusquement tiré de mes pensées par Éden qui se levait pour prendre le téléphone.

– Je vais commander des pizzas, dit-il en s’adressant à Liz.

Mais alors que je commençais à me sentir de trop, il composa le numéro et se tourna enfin vers moi, me demandant :

– Une quatre fromages, comme avant ?

J’acquiesçais dans un sourire. En une soirée, tout avait basculé… J’avais l’impression que tout se passait comme s’il n’y avait pas eu cette séparation de deux mois. Mais pourtant… Beaucoup avait changé.

***

Nous avions passé une très bonne soirée tous les trois. Une soirée simple, et agréable qui suffisait à me rendre heureux. Éden ne cherchait pas à cacher quoi que ce soit à Liz et il avait la même attitude tendre et affectueuse avec moi que ce matin.

Il était maintenant assez tard, et nous étions en plein milieu d’un film que Liz avait aperçu sur la table basse et elle avait à tout prix tenu à le regarder malgré l’heure déjà avancée de la nuit. Au milieu du film ne tenant plus, j’avais fini par m’allonger à moitié sur Éden qui était resté assis. Sa main passant dans mes cheveux m’apaisa plus que je ne l’aurais cru et peu à peu, mes yeux s’étaient fermés et je m’étais sûrement endormi.

Pourtant, lorsque je revins à moi, il me sembla entendre mon nom. Feignant de dormir profondément, je ne bougeais pas, désirant entendre la suite de la conversation.

– Je veux dire… Est-ce que cette situation te convient avec Morgan ? Demanda Liz d’une petite voix.

La main d’Éden cessa de caresser mes cheveux et il répondit :

– Oui, on ne se prend pas la tête.

– Tu disais ça aussi la dernière fois et trois mois plus tard, ça été l’explosion.

Je dus faire appel à tout mon self control pour ne pas montrer que j’étais réveillé et c’était le cœur battant que j’attendais la suite de la conversation.

– Ce n’est pas pareil. Je lui ai dit pour Lucas. Il sait que je ne lui rendrais pas son amour, tout est clair entre nous, dit-il avant de reprendre ses caresses dans mes cheveux, glissant ses doigts près de ma nuque.

– Éden… Répondit Liz. Tu lui rends déjà son amour… Et si tu essayais de vraiment lui ouvrir ton cœur, je suis sûre que tu pourrais oublier Lu…

– Arrête ça ! S’exclama Éden froidement.

Plus aucun mot ne fut ajouté. Mon cœur continuait de battre terriblement vite. Au fond de moi, je savais que j’avais le même espoir que Liz. J’espérais qu’un jour, lorsqu’il serait prêt, Éden ferait le deuil de Lucas. Mais ce que j’espérais par dessus tout, c’était que je sois encore dans sa vie, lorsque cela se produirait…

Mais il y avait toujours cette crainte qui persistait. Cette crainte qu’il trouve quelqu’un d’autre, et qu’il me tourne le dos. La peur aussi qu’il ne passe jamais outre Lucas et que je me retrouve désespérément à essayer de rivaliser avec un mort… Même si je ne voulais pas prendre la place de Lucas, j’espérais un jour avoir ne serait qu’une toute petite place dans son cœur.

***

Le lendemain matin, après m’être difficilement arraché à l’étreinte d’Éden, j’étais finalement rentré chez moi pour récupérer mes affaires et me changer avant de retourner à la compagnie. J’avais espéré ne pas y croiser Joshua, mais il était malheureusement dans la cuisine en train de déjeuner lorsque je rentrais.

– Où est-ce que tu étais ? Me demanda-t-il aussitôt, les sourcils froncés.

– Avec Andrew, je me suis endormi sur son canapé… Dis-je dans une grimace.

Et alors que je tentais de fuir cette conversation, me dirigeant vers ma chambre, Joshua m’arrêta en me disant :

– Jules est passé hier soir. Il te cherchait.

– Je lui avais pourtant dit que j’étais avec Andrew… Dis-je mal à l’aise.

– A quoi est-ce que tu joues avec lui Morgan ? Tu vas le laisser combien de temps te courir après ?

– Ça ne te regarde pas, répondis-je les dents serrées.

– Bien sur que si ! Vous comptez tous les deux pour moi et… Il a changé Morgan, je suis sûr que tu devrais lui laisser sa chance. Vous formiez un beau couple tous les deux…

Je ne répondis rien, allant directement dans ma chambre. Je ne savais pas à quoi je jouais. Joshua aurait du me comprendre. Mais je le voyais maintenant, il se rangeait du côté de Jules. Il ne devait surtout pas savoir ce que je faisais avec Éden. Car il ne comprendrait pas…

Lorsque je sortis de la douche propre et habillé, je trouvais Joshua dans le salon en train de rassembler ses affaires.

– J’y vais… Dis-je brièvement en attrapant ma veste.

Mais Joshua se dirigea vers moi et me dit avec un petit sourire :

– Au fait, si tu vois Éden… Enfin je… Avec Liz… Tu pourras le remercier pour ce qu’il a fait hier.

– Vous êtes de nouveau ensemble ? Demandais-je en jouant la surprise.

Il acquiesça et un grand sourire étira ses lèvres, un sourire qui l’avait quitté depuis mon accident.

***

C’était déjà la fin de l’après-midi et je continuais de vivre sur un petit nuage aux côtés d’Éden. Le groupe était déjà parti depuis plus d’une heure mais je continuais à travailler avec Éden, l’aidant à améliorer sa voix, l’accompagnant au piano du mieux que je le pouvais. Ce que nous faisions n’était pas nécessaire, mais j’appréciais plus que tout ces moments simples qui m’avaient manqués.

Nous venions de finir un morceau lorsque je sentis la main d’Éden glisser lentement dans mon dos pour s’arrêter juste au dessus de mon jean. A ce simple contact, un frisson de désir me saisit, un frisson auquel je ne voulais pas céder tout de suite. Ses lèvres ne tardèrent à s’approcher de mon oreille et il me murmura :

– Est-ce tu as toujours mal ? Parce que j’ai une toute autre proposition à te faire pour ce soir…

Je rougis alors qu’un sourire amusé se dessina sur mes lèvres.

– Il faut qu’on finisse de travailler ce morceau, je suis sûr que tu peux faire beaucoup mieux sur le dernier enchaînement…

Loin de s’arrêter, les doigts d’Éden glissèrent sous mon jean, effleurant la peau de mes fesses. Je dus faire appel à tout mon self contrôle alors que ses lèvres se posaient sur ma mâchoire, comme il le faisait à chaque fois pour me faire céder.

Ma main se posa alors sur sa cuisse et ce fut à mon tour de lui souffler, charmeur :

– On le répète encore une fois, et sérieusement… Et je te promets que tu ne regretteras pas d’avoir attendu, dit-je en remontant ma main jusqu’à son sexe, mais en m’arrêtant et en ôtant ma main avant de le toucher.

Un éclair de désir passa dans le regard de mon amant qui retira sa main de mon dos. Il poussa un petit soupire avant de me dire :

– Allez, joue… Mais tu n’as pas intérêt à te défiler après…

– Ça ne tient qu’à toi, répliquais-je amusé.

Éden ferma les yeux pour se concentrer alors que je jouais les premières notes. Mais il n’eut pas le temps de se mettre à chanter. Quelqu’un frappa à la porte, nous interrompant. J’eus à peine le temps de lui dire d’entrer, que Jules se trouvait devant moi.

Un sourire étira ses lèvres lorsqu’il me vit, mais il regarda froidement Éden.

– Je te trouve enfin, souffla-t-il.

J’étais affreusement mal à l’aise. Me retrouver avec mon petit ami officiel et mon amant, enfermés dans la même pièce, je ne pouvais pas rêver pire. Mon cœur battait à cent à l’heure et pourtant je ne tentais de ne rien montrer.

– Je t’invite, dit-il en s’approchant de moi. Et je viens en personne te le dire pour que tu ne te défiles pas comme hier…

Je lançais un bref regard à Éden qui fixait Jules, le détaillant de la tête aux pieds.

– Je… D’accord, dis-je hésitant. Tu peux m’attendre dehors, je finis d’abord de travailler sur cette chanson et j’arrive.

J’aurais espéré qu’il m’écoute mais au lieu de ça, ses poings se serrèrent et il posa sur moi un regard froid et autoritaire, un de ces regards qui aujourd’hui encore m’effrayait. Et j’étais encore plus mal à l’aise que tout ça se passe devant Éden. Je ne voulais pas qu’il voit comment j’étais avec Jules et quelle emprise il pouvait toujours avoir sur moi.

– J’en ai marre, s’exclama-t-il. Tu peux bien laissé ton boulot de côté. Il est tard. C’est l’heure d’aller manger.

– Laisse moi juste finir ça, insistais-je.

Je le défiais du regard avant de reprendre le début du morceau au piano. Mais Jules ne l’entendait pas de cette oreille. En un éclair, il fut à côté de moi et m’attrapa par le bras un peu trop durement, me faisant grimacer.

– Ça suffit Morgan. Viens, il faut qu’on parle et surtout que tu arrêtes de me prendre pour un con ! S’exclama-t-il sans desserrer sa prise.

Ce fut à ce moment là qu’Éden, qui était resté simple spectateur jusqu’à présent, décida d’intervenir, se levant à son tour pour faire face à Jules. Je me retrouvais assis sur le banc, entre ces deux hommes.

– Lâchez-le ! S’exclama-t-il, sur un ton glacial. Il me semble que vous ne travaillez pas ici, vous n’avez pas à être là ! S’il le faut, je pourrais contacter la sécurité.

A la façon dont Jules regarda Éden, je pris peur. Je ne voulais pas que ça dégénère plus. Je connaissais le tempérament de Jules et je savais qu’il n’appréciait pas qu’Éden s’adresse à lui ainsi.

Je me levais à mon tour, m’arrachant dans un geste brusque de l’étreinte de la main de Jules. Je repliais mon carnet posé devant moi et le mis dans ma sacoche.

– C’est bon tu as gagné, je viens… Dis-je dans un soupire en me tournant vers Jules.

Les deux hommes qui se toisaient jusque là posèrent leur regard surpris sur moi. Éden en savait déjà beaucoup trop sur ma relation avec Jules. Je venais de me faire humilier devant lui, et j’avais honte.

Jules eut un petit sourire satisfait et je fus soulagé qu’il n’aille pas plus loin avec Éden. Il prit la direction de la sortie et je le suivis.

Arrivé à la porte, je m’arrêtais cependant.

– On reprendra demain… Je… Je suis désolé. Soufflais-je d’une voix morne à l’intention d’Éden.

J’osais à peine lui lancer un dernier regard avant de refermer la porte derrière moi. Joshua était-il aveugle ? Jules n’avait pas changé… Et l’emprise qu’il continuait d’avoir sur moi était toujours présente.

J’eus à peine le temps de fermer la porte, que Jules se jeta pour moi pour un baiser exigeant.

– Ne me refais plus jamais ce coup là, souffla-t-il tout contre mes lèvres avant de m’attraper par la main et de m’inviter à la suivre.

Mais cette fois-ci, c’était la culpabilité qui me faisait le suivre. Parce que je le trompais, parce que pas un seul jour depuis mon accident il ne m’avait lâché, parce qu’il s’était excusé, et parce que j’avais honte de n’avoir maintenant qu’une seule envie : rejoindre Éden…

Ne pars pas – Chapitre 12

Chapitre 12 écrit par Mai-Lynn

Cela faisait quelques heures que j’étais dans ce bar et j’étais complètement saoul. Mon portable près de moi ne faisait que vibrer mais je ne décrochais pas, sachant parfaitement de qui il s’agissait. Liz.

Un soupire s’échappa de mes lèvres alors qu’un autre homme s’approchait de moi. Mais je n’avais pas envie de lui. Non, j’avais envie de Morgan. Mais lui ne me voulait plus. Dans un nouveau soupire je déposais de l’argent sur le comptoir et sortit du bar avant que l’homme n’arrive vers moi. Il me fallut un long moment avant de rentrer chez moi, l’alcool n’aidant pas ma marche.

– Éden ?

Je relevais la tête pour découvrir le regard désolé de ma sœur. Un regard que je ne voulais pas voir posé sur moi. Je vacillais légèrement et du me rattraper au mur pour ne pas tomber. Liz vint tout de suite près de moi, mais je la rejetais, le regard noir.

– Éden…Fit-elle surprise, je veux juste t’aider.

– Comme tu m’as aidé en me mentant pendant deux mois et demi ? M’écriais-je en colère.

– Je ne t’ai pas mentit…Souffla-t-elle, d’une petite voix.

– Et le gars qui était avec lui ce soir, c’était juste un ami j’imagine !

Liz se figea et j’ouvris la porte de mon appartement. Elle voulut y entrer à son tour mais je l’en empêchais, le regard plus noir que jamais.

– Je suis désolée…Dit-elle tristement.

– Tu m’as entraîné la-dedans… Déclarais-je dans une grimace, Je ne voulais pas aller plus loin avec lui, mais tu as fait en sorte que je m’attache à lui… Tu m’as fait croire que… Que je pourrais l’oublier…

Mon cœur se serra en pensant à Lucas.L’homme que j’aimais plus que tout et que je trahissais…

– Je ne suis pas… Commença Liz, au bord des larmes.

– Je veux pas te voir, la coupais-je la voix dure, peut-être demain, mais là… Je t’en veux.

– Et sans attendre, je fermais la porte au nez de Liz. Je me sentais mal et tout ce que je voulais à cet instant c’était dormir, et oublier cette peine qui me rongeait.

**

Lucas arriva dans l’appartement, et un sourire étira ses lèvres en voyant Éden assis sur la table recouverte de bouquins.

– Comment va mon étudiant studieux ? Dit-il en posant son sac de voyage sur le sol.

– Mieux depuis que tu es là, souffla le brun en se levant.

Il rigola légèrement et s’approcha d’Eden avant de l’entourer de ses bras protecteurs. Leurs lèvres se retrouvèrent pour un baiser des plus doux et Éden remonta ses mains dans la chevelure noir d’ébène de son petit ami.

– Alors comment s’est passé le week-end avec Papa et Maman ? Demanda Éden, dans un sourire.

– Pas aussi bien que si tu étais là ! Répondit Lucas en déposant un baiser furtif sur sa joue. En plus Baptiste n’arrêtait pas de me demander si tu nous rejoindrais…

Lucas serra alors Éden contre lui et ses mains passèrent sur le tee-shirt de son amant dans une caresse plus qu’explicite. Il ne fallut pas longtemps à Éden pour se laisser convaincre et bientôt ils se retrouvèrent sur le lit à s’embrasser passionnément.

Le brun se redressa au dessus d’Eden et dans un sourire charmeur il déboutonna sa chemise avant de la jeter par terre. Les sourcils d’Eden se froncèrent en découvrant le pansement sur le torse de son amant, juste au niveau du cœur.

– Tu t’es blessé ? Demanda Edwin en se relevant sur les coudes.

– Non, mieux que ça… Répliqua Lucas amusé, un soir avec Baptiste on est sortit en ville et on s’est fait tatoué.

– Tatouer ? S’écria Éden en écarquillant les yeux, tatouer quoi ?

Le sourire de Lucas s’élargit un peu plus et ses mains se posèrent sur le pansement qu’il commença à retirer. Les yeux d’Eden s’ouvrirent un peu plus en découvrant son prénom tatoué sur la peau de son amant.

– Lucas… Souffla Éden, de légères rougeurs parsemant ses joues.

La main de son petit ami se posa sur la joue du châtain et il s’abaissa pour ravir une nouvelle fois ses lèvres pour un baiser des plus amoureux.

– Mon cœur t’appartient, comme tout le reste… Murmura-t-il tout contre les lèvres de son petit-ami.

– Je t’aime…

Les larmes aux yeux, Éden avait soufflé cette dernière phrase comme une évidence. Ses doigts se posèrent sur le tatouage, touchant la peau marquée.

– Je vais m’en faire un aussi, Dit-il en laissant couler une de ses larmes.

– J’y compte bien ! Répondit Lucas en rigolant.

Et sans plus attendre, il reprit les lèvres de son amant pour un baiser des plus enfiévrés…

**

Je me réveillai en sursaut, le cœur serré comme jamais. Ma main se posa sur mon tatouage représentant les initiales des Light Shade. Finalement, je n’avais pas fait ce tatouage. Je n’en avais pas eu le temps. Dans un soupire, je me redressais. Mon regard se posa sur mon téléphone et mon cœur se serra un peu plus en me rendant compte qu’il ne me restait plus qu’une heure avant mon entrevue avec Morgan.

Liz avait essayé de m’appeler pendant tout le week-end, mais je n’avais pas décroché.Je lui en voulais. Si elle m’avait dit que Morgan voyait quelqu’un,j’aurais pu tourner la page au lieux de me morfondre de l’avoir laissé ainsi. Et maintenant, je passais pour l’idiot.

Je finis par me lever complètement avant d’aller prendre une douche et m’habiller.J’allais ensuite prendre un petit déjeuner et j’entendis la porte d’entrée sonner. Pensant que c’était Liz, je finis par céder et allait ouvrir, pour tomber nez à nez avec Baptiste.

– Je me suis dit que tu aurais du mal à aller à la réunion, souffla-t-il en entrant sans attendre de permission, alors je me disais que j’allais venir te chercher, pour ne pas te laisser le choix.

– J’allais partir, dis-je légèrement vexé, je suis encore capable de séparer le boulot et mes plan culs.

– Ah oui, belle façon de le montrer en te faisant le guitariste du groupe et le compositeur.

Je lui envoyais un regard noir et il éclata de rire, attrapant ma veste pour me la lancer.

– Aller, en route ! S’écria-t-il gaiement.

**

Cela faisait une heure que nous étions dans la salle qui nous était réservée et j’étais assis sur une chaise, accordant ma guitare plus pour chercher à m’occuper que par réelle nécessité. Tout le monde était autour de Morgan et lui racontait notre tournée. Mais j’étais incapable de faire comme si de rien n’était.

Je m’en voulais d’avoir céder. D’avoir espérer. J’avais accablé Liz avec mes mots durs, mais tout était de ma faute. C’est moi qui avait commencé cette histoire. C’est moi qui m’était laissé allé dans mes sentiments.

– Je reviens, je dois prendre l’air… Soufflais-je en me levant et en rangeant ma guitare.

Il fallait que je sorte, et que je m’éloigne de lui, maintenant.

**

J’avais trouvé refuge sur le toit du label. Assis à même le sol, le dos collé contre un mur, mon regard se posait sur la ville en pleine effervescence. Je n’arrivais pas à faire comme si de rien n’était. Je n’arrivais pas à oublier. Pourquoi fallait-il que je finisse blessé à chaque fois ? Je repensais à ce gars, grand, blond,musclé, rien à voir avec moi. Morgan se tapait tout ce qui bougeait, mais à voir la soirée romantique, c’était bien plus qu’un gars d’une nuit. C’est ce qu’il voulait. Être en couple. Je l’avais toujours su. Et je lui avais dit que je serais capable de m’effacer s’il le trouvait. Mais j’en était incapable. Il avait réussi à faire en sorte que mon père aime ma musique et ça, je ne pourrais pas l’oublier.

Je devais l’avouer, il avait réussi à trouver sa place dans mon cœur. J’avais accepté d’avoir des sentiments pour lui et deux mois et demi n’avaient pas suffit à me les faire oublier. Mon regard se posa dans le vide, me rappelant peu à peu le moment précis je lui avais céder…

Les répétions venaient de se terminer et tout le monde était parti. Tout le monde sauf moi etMorgan , comme d’habitude. Nous partagions le petit banc de son piano et je tentais de reproduire les quelques notes qu’il jouait, mais c’était un véritable échec.

– Je suis nul ! Soufflais-je en passant ma main dans mes cheveux.

– C’est juste parce que tu ne te concentres pas ! Répondit Morgan amusé.

– De toute façon je préfère la guitare au piano, ça fait plus jeune.

Morgan leva les yeux au ciel et attrapa le journal devant lui pour y jeter un coup d’œil. Son regard se posa alors nerveusement sur moi et je fronçais les sourcils, surpris.

– Quoi ? Demandais-je, surpris.

– Je… Il passe des vieux films ce soir au cinéma… Dit-il, d’une petite voix.

– Sérieux ?

J’attrapais le journal et commençais à regarder la programmation. J’étais un fan inconditionnel des vieux films et je devais cette passion à ma mère, aussi accro que moi.

– On… On pourrait peut-être y aller ensemble… Souffla Morgan le rouge aux joues.

Je me tendis à la seconde et le regardai. Il ne bougeait pas attendant nerveusement ma réponse. Se rendait-il compte de ce qu’il me proposait ? Un rendez-vous ? Ça ne faisait pas partie de notre deal. Morgan était mon plan cul et rien d’autre. C’est à cet instant que je me rendis compte de ce qu’il s’était passé cette semaine. Chacune de mes nuits, je les avais passé avec lui. J’allais trop loin, je me laissais trop aller avec lui. Je pris alors soudainement peur et je posais le journal sur le piano en me levant.

– Non, désolé, répondis-je en évitant son regard, j’ai des choses à faire.

Mais Morgan attrapa ma main, me forçant à me retourner.

– J’y serais moi…Fit-il prenant conscience de ce qu’il se passait, alors dès que tu auras finis tes trucs, envoies moi un message et… Et je viendrais.

– Je sais pas, je verrais, répliquais-je, en retirant vivement ma main.

J’attrapais alors mes affaires et me retournais, avec une seule idée en tête, le fuir…

**

Cela faisait une heure que j’étais accoudé à ce comptoir et je n’avais pas encore choisi ma proie. La vérité, c’était que je n’en avais pas vraiment envie. Mon esprit ne faisait que me montrer l’image de Morgan, assis seul dans cette salle de cinéma. Et si il rencontrait quelqu’un lors de cette séance ? Notre histoire s’arrêterait là. Comme je lui avais promis.

Le souci, c’était qu’avec lui, je ressentais beaucoup plus qu’avec les autres. L’orgasme à tous les coups et des discussions à tout va. Nous nous accordions sur tous les points. C’était un plan cul qui me grisait et je n’avais pas envie de le laisser m’échapper maintenant.

– Fais chier… lâchais-je dans un soupire avant de me lever.

**

Il ne me fallut que quelques minutes pour arriver au cinéma et je pris ma place ainsi que du pop-corn. Morgan était assis au milieu, son portable en main, hésitant apparemment à faire quelque chose. Un sourire moqueur étira mes lèvres et j’allais m’asseoir près de lui, le faisant sursauter.

– Qu’est-ce que tu fais là ? Demanda-t-il surpris.

– Pas la peine de m’appeler, je suis là, répliquais-je en rigolant légèrement.

Des rougeurs parsemèrent les joues de mon amant et j’eus la confirmation de ce que je pensais.

– Je croyais que tu avais des trucs à faire ? Dit-il, tentant de reprendre une certaine contenance.

Je haussais les épaules, ne voulant pas lui donner la vraie raison de ma venue ici. Je lui tendis du pop-corn et il en prit une poignée.

– C’est pas un rencard Morgan, soufflais-je en voyant son petit sourire, mais je vais sûrement te peloter pendant le film et te ramener chez moi.

Morgan éclata de rire et il se cala dans son siège, un sourire triomphant sur son visage…

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je calais ma tête contre le mur. C’était là que j’avais décidé de le laisser entrer en moi. J’avais succombé à toutes ses petites attentions et voilà où nous en étions…

– C’est bon, tu as assez pris l’air ?

Je sursautais et relevais la tête pour croiser le regard rieur de Félix. Il éclata de rire et vint s’asseoir près de moi.

– Tu ne devrais pas répéter ? Demandais-je surpris de le voir à mes côtés.

– Je pourrais te retourner la question, Répondit-il en haussant les épaules, pourquoi est-ce que tu restes ici ?

Je ne répondis pas, me contentant de poser mon regard droit devant moi. Je l’entendis soupirer, avant de passer ses mains sur son visage.

– Tu sais, dit-il, après un temps, il n’a pas arrêter de te lancer des regards… Je ne pense pas que ce soit réellement finit…

– Il est avec quelqu’un d’autre, le coupais-je froidement.

– Et depuis quand ça te dérange ?

– Et depuis quand tu veux qu’on recommence à coucher ensemble ? Je croyais que je n’étais qu’un connard qui n’en avait rien à faire du groupe.

Il me regarda un instant sans rien répondre, puis il se rapprocha légèrement de moi.

– Tu es un connard, c’est vrai, commença-t-il dans un sourire, mais la seule fois où je t’ai vu aussi triste c’était…

– Arrêtes… Soufflais-je, sachant très bien ce qu’il allait dire.

– Tu ne crois pas que Lucas serait content de te voir avec quelqu’un d’autre ?

Ce fut trop pour moi et je me levais, le regard noir.

– Tu n’es pas Lucas, m’écriais-je les poings serrés, Tu ne sais pas ce qu’il pourrait dire !

– Ça fait 5 ans maintenant Éden… Souffla-t-il dans une grimace,

– Fous moi la paix.

Et sans plus attendre, je retournais dans le label, furieux.

**

J’avais trouvé une salle de libre dans le label et y avait trouvé refuge. Je n’avais pas voulu rejoindre les autres pour ne pas avoir à subir leurs questions. Bien vite, mes doigts sur ma guitare commencèrent à jouer la mélodie Morgan. Mais je n’eus pas le temps de vraiment l’entamer que la porte de la salle s’ouvrit à la volée, dévoilantMorgan. Et son regard furieux ne présageait rien de bon…

– Qui te l’a donné ?! S’écria-t-il en colère.

Je ne répondis rien, me contentant de le fixer.

– Tu n’as pas le droit de le jouer, reprit-il au bord des larmes.

Son regard se posa sur les partitions près de moi et je décidais de me lancer.

– Cette musique a été écrite pour moi ? Demandais-je tentant d’empêcher mon cœur de battre aussi fort.

Morgan se crispa etil se mit à fuir mon regard, mal à l’aise.

– Non…Souffla-t-il dans une légère grimace.

– Tu mens, répliquais-je en ricanant, agacé qu’il ne puisse même pas l’avouer.

Je me redressais et rangeais ma guitare. S’il voulait mentir et faire comme si de rien n’était, très bien. Mais je n’étais pas prêt à jouer au même jeu.

– Tu l’a jeté, fis-je en haussant les épaules et en mettant ma guitare sur mon dos, alors maintenant cette chanson m’appartient.

Mais alors que je passais près de lui dans le but de sortir, il explosa, furieux.

– Tu prends un malin plaisir à faire ce que tu veux comme d’habitude, sans penser aux conséquences ! Dit-il d’une voix glaciale que je ne le connaissais pas.

– Je me figeais aussitôt, posant mon regard sur lui.

– ça vaut pour la musique ou pour nous ?

Il ne répondit pas et cela m’agaça encore plus. Il se mettait en colère et n’était même pas capable de continuer. J’avais merdé, certes, mais il semblait s’en être plutôt bien remis…

– Tu as un nouveau petit ami, alors tu n’as pas eu trop de mal à supporter les dernières conséquences… Lâchais-je en me retournant.

– C’est facile de croire ça ! S’écria-t-il en attrapant mon bras, tu m’as fait tombé amoureux de toi et tu m’as plaqué !

Je dégageais mon bras de sa prise, le regard plus dur que jamais.

– Je t’avais dit de ne pas tomber amoureux de moi ! Dis-je les dents serrées.

Un voile de tristesse parsema ses prunelles et je su à la seconde que je l’avais blessé. Pourtant c’était la vérité. Je lui avais dit de ne pas tomber la dedans… Et il l’avait fait, m’obligeant à sombrer avec lui.

– Tu n’es qu’un connard ! Cria-t-il, hors de lui, libérant enfin sa colère, si tu ne voulais pas de sentiments, tu n’avais qu’à pas m’en donner. Parce que c’est ce que tu as fait pendant ces mois ! Tu n’as pas arrêté de me faire croire que tu ressentais quelque chose pour moi…

Mon cœur se serra dans ma poitrine alors que je ne voulais pas entendre ça. Je ne voulais pas qu’on me rabâche mes erreurs comme ça. Je savais ce que j’avais fais et je n’avais pas besoin de l’entendre. Vivement je me retournais pour partir, mais Morgan ne me laissa pas faire, me forçant une nouvelle fois à me retourner.

– Comme d’habitude , tu prends la fuite ! S’exclama-t-il, le regard noir, Tu… Tu aurais pu. Tu aurais pu venir me voir, ou m’appeler ne serait-ce qu’une fois…

– Je n’ai rien à voir avec ton accident ! Répondis-je sur le même ton, et notre aventure était terminée.

– A ton avis, pourquoi j’étais avec ce type…

Me planter un poignard en plein cœur eut le même effet s’il l’avait fait. Alors c’était de ma faute… Son accident, c’était finalement de ma faute… Sa main desserra son étreinte et il laissa couler ses larmes. Un rire terriblement ironique s’échappa de ses lèvres et il reprit d’une petite voix :

– Tu n’es pas responsable de cet accident… Mais tu n’as pas fait mieux. Tu m’as détruit Éden… De la pire manière qui soit.

Mon cœur me fit atrocement mal alors que je voyais qu’il souffrait.

– Je regrette… Chaque jour, je regrette de t’avoir connu…

Mes yeux s’écarquillèrent en entendant ça et il se retourna avant de sortir de la salle. Et je ne fis rien pour le retenir. A quoi bon ? Il souffrait avec moi. Et il continuerait de souffrir si je faisais quelque chose. Finalement, Joshua avait eu raison de m’interdire de le voir… Car je ne pourrais jamais lui offrir ce qu’il voulait…

**

J’étais resté dans cette petite pièce. Je savais que si je rentrais chez moi,j’aurais la visite de Liz et je ne voulais pas la voir. Du moins pas encore. Je devais aller m’excuser, mais je voulais retarder les choses. Et puis, avec la répétition que j’avais manqué, je n’avais pas pu retravailler les chansons à améliorer pour l’enregistrement de l’album.

J’étais donc allé dans la salle réservée aux Light Shade pour trouver les notes que Morgan avait certainement laissé. Mais au bout d’un moment, ma concentration me fit défaut et les paroles de Morgan me revinrent en mémoire. Je l’avais détruit… Mais ne l’avais-je pas prévenu ?Ne lui avais-je pas dit de rien attendre de moi ? Mais comme me l’avait dit Baptiste, mes gestes me contredisait. Je lui avait donné l’impression d’être en couple. Je l’avais fait m’aimer.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je commençais à rejouer la mélodie de Morgan, fermant les yeux et une nouvelle fois les paroles vinrent d’elles-mêmes.

– Tu m’as manqué…

Surpris, j’ouvrais les yeux entendant la voix de Morgan et le trouvait là, devant moi,le regard brillant.

– Et cette musique, je l’ai composé à cause de ça… Dit-il d’une petite voix.

Il détourna le regard et je ne pu empêcher mon cœur de s’endiabler dans ma poitrine.

– Ta chanson… Ce que tu en as fais… C’est magnifique, souffla-t-il, si tu la veux vraiment alors, prends-là…

Qu’est-ce qui avait changé ? Qu’est ce qui l’avait fait changer d’avis ? Pourquoi était-il revenu ? Comment faisait-il pour être ainsi indulgent ? Je devais arrêter de le vouloir. Je devais arrêter de le faire souffrir inutilement. Je devais le laisser vivre son histoire d’amour avec cet homme. Mais je n’y arrivais pas. Sans vraiment que je comprenne pourquoi ou comment, j’arrivais vers lui et le forçais à se retourner. Nos regards se croisèrent pour ne plusse lâcher. S’il me repoussait là, maintenant, tout serait vraiment finit. S’il le voulait vraiment, je pourrais ne plus rien tenter. Mais il ne fit rien. Et lorsque je m’avançais, il parcouru le reste de la distance et nos lèvres se retrouvèrent pour un de ces baisers qui m’avait tant manqué.

Mon cœur se mit à battre à tout rompre et toutes mes barrières tombèrent aussitôt. Il m’avait manqué lui aussi. Pendant deux mois, je n’avais fait que pensé à lui. J’avais rêvé de ces lèvres sur les miennes, de sa peau contre la mienne, de ses mains sur mon corps…

Un frisson secoua sa peau lorsque nos langues se retrouvèrent, intensifiant ce magnifique baiser. Ma main se posa sur sa nuque pour le rapprocher de moi, avide de ce contact. Ses bras se posèrent autour de mes hanches et je laissais mon autre main passa sous son tee-shirt. L’air vint à nous manquer et nous nous séparâmes un instant, sans cesser de nous regarder. Je ne voulais pas le laisser réfléchir comme je ne voulais pas le faire moi-même. Vivement, je le plaquais contre la porte de la salle. Ma main glissa vers la serrure et je la fermais à clé.

Mes lèvres se posèrent alors sur sa mâchoire et je remontais doucement sur sa peau, savourant son goût qui m’avait tant fait défaut. Nos lèvres se retrouvèrent pour un baiser des plus langoureux et quand nous nous séparâmes, nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher. J’avais envie de lui maintenant et je ne pouvais plus m’arrêter. Mes mains remontèrent sur ses épaules et je fis tomber sa veste avant d’effleurer ses lèvres des miennes. Sans attendre, je tombais à genoux devant lui, incapable de rompre le contact visuel, de peur qu’il ne m’échappe. Mes mains se posèrent sur sa braguette et j’enlevais avant de faire tomber son pantalon et son boxer sur ses chevilles. Son sexe était dressé par toutes mes attentions et je n’avais plus qu’une envie, le prendre en bouche. Un sourire étira mes lèvres et j’attrapais son membre entre mes doigts, avant de passer ma langue dessus. La respiration de mon amant s’accéléra et sa main se posa sur mes cheveux, l’intimant d’aller plus loin. Et c’est ce que je fis immédiatement, le prenant en boucher et le faisant gémir et fermer les yeux sous le plaisir qu’il ressentait.

Sensuellement, je commençais ma fellation, m’appliquant comme jamais encore je ne l’avais fait. Mes succions sur son membre l’obligeait à se mordre la lèvre pour ne pas gémir et ne pas crier, ce qui ne faisait qu’accroître mon envie de lui. J’oubliais tout ce qui n’était pas nous. Notre séparation, notre dispute, son petit-ami, et même Lucas. Là, maintenant, il n’y avait que lui….

Pour augmenter son plaisir, mes mains passaient sur ses cuisses et ses fesses, des caresses langoureuses qui eurent bientôt raison de lui. Dans un gémissement qu’il ne pu retenir, Morgan se répondit dans ma bouche,son corps cambré comme jamais. Un sourire aux lèvres, je remontais vers lui pour voir ses traits déformés par l’orgasme que je venais de lui donner. Il ne tarda pas à ouvrir ses yeux et sans plus attendre, je commençais à me déshabiller devant lui. J’avais envie de lui et cette fois, je savais que je pourrais aller jusqu’au bout. Ces deux mois et demi avaient maintenant raison de moi et je ne voulais plus ni parler, ni réfléchir. Je voulais profiter de l’instant présent… Avec lui.

Lorsque je fut en boxer, je me rapprochais de lui et mes doigts déboutonnèrent un à un les bouton de sa chemise. Nous ne nous parlions pas, et c’était peut-être mieux comme ça. Nous avions besoin de nous retrouver… Le reste viendrait plus tard.

Sa chemise tomba sur le sol et mon regard se posa sur une cicatrise encore rose sur son torse. Mes doigts se posèrent dessus, me rappelant Morgan,allongé sur ce lit d’hôpital. Mon cœur se serra à la seconde,mais il ne me laissa pas le temps de réagir, attrapant mes doigts et happant mes lèvres pour un baiser passionné. Si j’avais envie de lui, Morgan était au bord de l’explosion et vivement, je le guidais jusqu’au canapé et le fit se mettre sur le ventre, à genoux sur le sol.

Son dos strié de fines cicatrices n’en était pas moins attirant. Doucement, ne voulant pas lui faire mal, je m’abaissais pour mordiller sa nuque et pour déposer de léger baiser dessus. Un nouveau frisson le secoua et il me fallut beaucoup de force pour ne pas le prendre tout de suite. Mes lèvres continuèrent à descendre le long de sa colonne vertébrale avant d’atteindre son but. Lorsque j’arrivais à ses fesses, je laissais ma langue glisser le long de sa raie avant d’entrer dans sa cavité offerte. Un gémissement des plus sensuels s’échappa de ses lèvres alors que je le préparais de la manière la plus douce qui soit. Il du mettre une nouvelle fois sa main sur sa bouche alors que l’un de mes doigts venait rejoindre ma langue pour le préparer. Et je continuais ainsi, faisant mon maximum pour lui éviter toute souffrance.

Au bout d’un moment, je ne pu plus tenir et je me redressais, posant mes mains sur ses hanches. Mon torse se colla à son dos, avide de sa peau contre la mienne et je lui demandais de se retourner. Il le fit sans broncher et s’allongea sur le sofa avant que je ne vienne le rejoindre après avoir enlevé mon boxer. Étendu en dessous de moi,Morgan me regardait presque amoureusement et s’en était vraiment déconcertant.

Ses jambes s’enroulèrent autour de mes hanches, m’emprisonnant de tout son être. Nos lèvres se retrouvèrent pour un baiser infiniment doux et je laissais mon sexe titiller ses fesses, pour attiser un peu plus envie de moi. Lorsque l’air vint à nous manquer, nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher. Et le plus lentement possible,j’entrais en lui.

– Tu m’as manqué aussi, Morgan… Avouais-je en sentant mon cœur se serrer sous cette contestation.

Et alors que je continuais à m’enfoncer en lui, nos lèvres se retrouvèrent pour un baiser des plus tendres. Mais la tendresse fut bien vite oublier alors que je lâchais la bride de mon désir. Morgan se plia à ma volonté et le baiser qu’il me donnait devint passionné. Ma main glissa entre nos deux corps et je commençais à le masturber, passant mes lèvres dans son cou. Mais bien vite, je sentis Morgan se crisper. Non pas de douleur mais parce qu’il réfléchissait et il ne le fallait pas. C’était trop tard, je ne pourrais plus m’arrêter.Vivement je revins ravir ses lèvres avant d’entamer des coups de reins de plus en plus amples et rapides.

Ses gémissements ne purent bientôt être continu. Je ne pu tenir le baiser bien longtemps et ma tête plongea dans son cou, étouffant des gémissements de plus en plus rauques. Deux mois et demi que je m’étais privé de sexe et voilà que je me libérais. J’étais enfeu et totalement insatiable. Je voulais plus, beaucoup plus. EtMorgan le sentis aussitôt. Lorsque je me tendis, prêt à éjaculer en lui, mon amant releva son bassin, et je pénétrais un peu plus en lui. Un cri s’échappa de ses lèvres et nous nous libérâmes en même temps. Épuisé, je m’effondrais sur lui et il m’enlaça de ses bras.

Le corps luisant, la respiration saccadée, le temps passant et nous nous remettions peu à peu de ce que nous venions de faire. Aucun mot n’était échangé, mais pour dire quoi ? Nous avions besoin de parler et je savais tout comme lui ce qui allait se passer si nous le faisions. Mon désir refit peu à peu son apparition et je laissais mes lèvres glisser dans son cou, déposant des baisers humides sur sa peau. Mon sexe toujours en lui reprit une certaine vigueur. Lorsque je sentis les mains de Morgan descendre le long de mon dos avant de se poser sur mes fesses dans une caresse des plus excitantes, nos lèvres se retrouvèrent, enfiévrées. Nous avions un manque à combler, et je n’allais pas le laisser tranquille…

**

Je fus réveillé le lendemain matin par la sonnerie du portable de Morgan. Il se dégagea immédiatement de mon étreinte et attrapa l’appareil pour répondre. Au silence qui régnait dans la pièce, j’entendis sans aucun problème ce que cette personne était en train de lui dire.

– Morgan, je sais que je te réveille mais tu ne le regretteras pas. J’ai finis ma garde… Est-ce que je peux te rejoindre chez toi ?

Bizarrement, je n’avais aucun remords. Ce que nous avions fait cette nuit avait été merveilleux. Nous avions atteins l’osmose et j’étais persuadé qu’il ne pourrait jamais se mettre dans un tel état avec cet homme. Mais alors que je pensais que Morgan ressentait la même chose, il se tourna vers moi. De la panique, de la peur mais surtout de la peine, voici tout ce qu’il y avait dans son regard.

– Morgan ? Tu es là ?

– Je… Non, dit-il en détournant son regard du mien. Désolé mais je ne suis pas chez moi, j’avais du travail en retard alors je suis allé tôt ce matin au label.

– Il faut que tu lâches le boulot Morgan… Viens me rejoindre…

– Non, une prochaine fois.

Et il raccrocha sans plus atteindre. Je me redressais légèrement et posais ma tête sur mon bras, attendant de voir s’il allait revenir ver moi. Mais il ne le fit pas. Ce regard qu’il m’avait lancé tout à l’heure prouvait juste qu’il ne pouvait pas faire face. Il commença à se rhabiller nerveusement et je savais que ce qui s’était passé cette nuit était totalement terminé.

– Tu devrais t’habiller, fit-il froid, il ne reste que trois heures avant la réunion.

Je m’assis sur le canapé, plus perturbé que je ne l’aurais cru. Si Morgan arrivait à faire comme si de rien n’était, pour ma part, j’avais beaucoup de mal. J’attrapais son poignet alors qu’il me tendait mes vêtements.

– Morgan, soufflais-je, qu’est-ce que ça veut dire ? Cette nuit..

– Je ne sais pas, lâcha-t-il dans un soupire.

Je desserrais alors ma prise sur sa main, tentant de trouver une réponse dans son regard. Mais je ne vis rien. Il ne voulais pas y répondre, du moins pas maintenant. Cette nuit s’était effacé. Ce qu’il avait ressenti aussi. Et il m’en voulait trop pour recommencer cette histoire.

– Je… Je suis perdu Éden… Murmura-t-il en déposant mes vêtements sur le canapé près de moi.

Il se retourna et enleva le verrou de la porte avant de rajouter :

– A tout à l’heure… Pour la réunion…

Je ne pu m’empêcher de rire ironiquement. Ces dernières années, j’avais toujours été celui qui prenait mes jambes à mon cou, me fichant de ceux que je laissais. Et maintenant Morgan faisait la même chose et pour la première fois depuis longtemps, j’étais celui qui voulait plus.

Il referma la porte, tirant un trait sur cette nuit. Tirant apparemment un trait sur moi.

**

Ce fut tout essoufflé que j’arrivais au Label. J’avais été prendre une douche et me changer mais l’heure avait tourné plus vite que je ne l’aurais cru. J’ouvris la porte de la salle qui nous était réservé pour tomber nez à nez avec Morgan et je sursautai en croisant son regard.

– Désolé, je suis en retard, soufflais-je le souffle coupé.

Il ne répondit rien, se contentant d’acquiescer et alla s’asseoir devant son piano. J’allais alors rejoindre mes amis qui m’attendais. Ils étaient au courant de ce qu’il y avait entre moi et Morgan mais étaient décidés à faire comme si de rien était et j’étais plus que d’accord avec ça. C’est à ce moment là que je vis Alex, notre manager, assis sur la petite scène de répétition.

– Qu’est-ce que tu fais là ? Demandais-je en fronçant les sourcils.

– Je suis venu pour vous parler un peu de la conférence de presse de demain, vu que le directeur tient à ce que vous ayez votre après-midi de libre pour vous reposer à cause de demain, Morgan a accepté que j’empiète un peu sur vos répétitions.

– Dis plutôt que tu ne le lui a pas vraiment laissé le choix, souffla Kelly en rigolant légèrement.

Alex la fusilla du regard avant de se lever, des papiers à la main.

– Ce que je constate c’est que tu es beaucoup moins assidu que pendant la tournée ! S’écria-t-il dans un large sourire.

Il me tendit alors les feuilles et je les pris sans broncher, mais je me figeais en entendant la suite de sa plaisanterie.

– J’espère que c’était un bon coup parce que vu les deux moi et demi d’abstinence que tu viens de passer à te frustrer, il avait intérêt de tenir le rythme.

Du coin de l’oeil,je vis Morgan lever la tête et regarder Alex surpris, tandis que les membres du groupe se crispait attendant ma réaction. Mais je ne voulais pas réagir. Vivement je baissais la tête et me calais dans mon siège.

– Je croyais que tu venais ici pour travailler, pas pour tenir un compte sur ma vie sexuelle, maugréais-je les dents serrées.

Alex écarquilla les yeux avant de tousser, légèrement décontenancé par ma réplique. Il se mit à parler de la conférence de presse et je l’écoutais assidûment, tentant de ne pas céder au regard insistant de Morgan posé sur moi…

**

Cela faisait une demi-heure que j’étais rentré et j’étais devant mon micro-ondes, attendant que les minutes défilent devant moi. Lorsque le bcp retentit, je sortis mon plat et le vidais dans mon assiette, mais je fus interrompu par la sonnerie de la porte d’entrée. Un soupire s’échappa de mes lèvres alors que je pensais que c’était Liz. Elle avait arrêté de m’appeler, me laissant culpabiliser dans mon coin et j’avais décidé d’aller la voir à la fin de sa journée de cours. Mais apparemment elle n’avait pas lâcher prise. Vivement j’ouvris la porte un grand sourire aux lèvres, pour me figer aussitôt.

Devant moi, se trouvait Morgan. De légères rougeurs parsemaient ses joues et son regard posé sur moi était indescriptible.

– Morgan ? Soufflais-je surpris, qu’est-ce que tu…

Mais je n’eus pas le temps de continuer car les lèvres de mon amant avait pris d’assaut les miennes. Ses mains passèrent directement dans mes cheveux alors qu’il mordait légèrement mes lèvres entrouvertes. D’un mouvement, il me força à reculer et d’un geste il ferma la porte avant de me plaquer contre le mur. Surpris, je ne fis pas un seul geste alors qu’il reprenait mes lèvres avec avidité. Que lui arrivait-il ? Qui était cet homme là, devant moi ?

Alors qu’il descendait ses lèvres dans mon cou, je peu m’empêcher de penser à son rejet de ce matin et mon sang se glaça dans mes veines. Que cherchait-il auprès de moi ?

– Tu n’as pas un petit ami à rejoindre pour ça ? Demandais-je agacé.

Il se tendit légèrement et leva la tête pour croiser mon regard dur. Pourtant alors que je pensais qu’il allait s’en aller vexé, il tomba à genou devant moi et ses mains se posèrent sur ma ceinture, frôlant mon intimité gonflée malgré moi. Un petit sourire en coin étira ses lèvres et il releva la tête amusé.

– Deux mois et demi sans sexe, dit-il d’une voix charmeuse, tu dois être en manque.

Sa voix terriblement sensuelle me fit frissonner et je déglutis péniblement.J’avais fait de lui un monstre, un démon terriblement excitant.

– Ne t’inquiètes pas pour ça, soufflais-je vexé, je m’apprêtais à sortir pour m’en occuper.

Son regard se fit alors dur et il glissa sa main dans mon boxer, m’arrachant un cambrement des plus violents. Je du me tenir à la commode près de moi et de son autre main il fit tomber mon boxer et mon pantalon au sol. J’aurais pu l’éloigner de moi, là, maintenant, mais je ne voulais pas. Je me mentais à moi même et je savais au fond de moi pourquoi, mais je ne voulais pas encore une fois lui céder pour le voir partir comme ce matin.

Pourtant, lorsque sa langue lécha le bout de mon sexe, toutes mes résolutions pour l’écarter s’envolèrent en fumé et je balançais ma tête en arrière. Ses mains se posèrent sur mes fesses, me caressant sans aucune pudeur. Sa langue s’enroula autour de mon pénis et je ne pu empêcher des gémissements rauques de s’échapper de mes lèvres.Inconsciemment, ma main se posa sur sa tête, l’accompagnant dans ses mouvements alors qu’il me prenait véritablement en bouche. Comment faisait-il pour m’exciter à ce point ? Une succion plus prononcé que les autres balaya toutes mes questions et je ne pensais plus à rien, savourant les caresses de Morgan, cédant complètement.

La bouche de Morgan sur mon sexe tendu me fit bientôt voir les étoiles et dans un gémissement à la limite du râle, j’éjaculais en lui, me cambrant de tout mon long. Morgan avala ma semence et releva la tête, un sourire fier ornant ses lèvres.

– Tu veux encore me faire partir ? Demanda-t-il ironiquement.

– Je te déteste, murmurais-je avant de tomber à genou devant lui et de le faire basculer sur le sol, emprisonnant ses lèvres dans un baiser des plus sauvages, pour lui faire l’amour à même le sol…

**

Ce fut la sonnette de la porte d’entrée qui me réveilla en sursaut et je levais la tête pour voir Morgan , figé, en train de remettre son pantalon. Mes sourcils se froncèrent immédiatement en comprenant ce qu’il était en train de faire.

– Tu allais vraiment te barrer pendant que je dormais ? M’écriais-je agacé de le voir ainsi prendre la fuite alors que c’était lui qui était venu ici.

Il voulut me répondre quelque chose mais fut coupé par la sonnette qui retentit une nouvelle fois. Dans un soupire je me levais et attrapais un boxer pour l’enfiler.

– Restes-là, dis-je ne lui laissant pas le temps de répondre, sortant de la pièce.

Je marchais d’un pas rapide jusqu’à la porte que j’ouvris furieusement. Mais le regard triste de Liz me calma aussitôt.

– Tu n’as pas le droit de m’ignorer comme ça Éden, souffla-t-elle d’une petite voix en entrant dans mon appartement.

– C’est pas vraiment le bon moment Liz… Dis-je en regardant nerveusement la porte de ma chambre.

– Mais ça ne sera jamais le bon moment si je te laisse faire les choses ! S’écria-t-elle cette fois en colère. J’ai fait une bêtise, j’aurais du te parler de lui, je suis…

Mais elle s’arrêta net en voyant Morgan sortir de ma chambre. Il s’était rhabillé et passa près de nous la tête baissé.

– Je dois y aller, désolé… Souffla-t-il en voulant sortir.

Mais je le retins par le bras, le regard noir.

– Morgan ! Répliquais-je durement.

– Je dois y aller, trancha-t-il en défaisant ma prise sur son poignet.

Et il partit. Rageusement je claquais la porte avant de lâcher un « Putain » furieux et d’aller m’asseoir sur le canapé, sous le regard surpris de ma sœur.

– Tu… Tu as recouché avec lui ? Demanda-t-elle, n’ayant pas bougée d’un pouce.

– Non il est juste venu dormir ici Liz ! Répliquais-je ironiquement.

Un soupire s’échappa de ses lèvres et elle vint s’asseoir à mes côtés, passant sa main dans mes cheveux.

– J’ai rien tenté, dis-je en haussant les épaules, voir son nouveau mec m’a plutôt refroidit. Mais hier, on s’est retrouvé tous les deux et… Je ne vais pas te faire un dessin. Et puis ce matin, il est partit comme il vient de le faire.

– Ce matin ? Demanda Liz, étonné.

– On s’est vu en répétition, et il a fait comme si rien ne s’était passé, puis Alex a dit que je n’avais couché avec personne pendant la tournée et il est venu me rejoindre à l’appartement… J’ai à peine eu le temps de ouf qu’on le faisait encore.

Je passais mes mains sur mon visage, las de toute cette comédie.

– Je sais pas ce qui me prend Liz… Avouais-je sentant mon cœur se serrer.

Sa tête vint se poser sur mon épaule et elle me serra dans ses bras.

– Tu sais, lança-t-elle après un moment, son mec, Jules, c’est un vrai con… Il ne t’arrive pas à la cheville… Et je pense que Morgan le sait vu qu’il recouche avec toi, le truc… Le truc c’est qu’il veut être en couple… Il veut se sentir protéger et même s’il est toujours amoureux de toi… Toi, tu ne veux pas lui offrir ça…

Je ne répondis rien, calant ma tête sur le dossier du canapé, les yeux rivés sur le plafond. J’avais l’impression d’avoir été pris une nouvelle fois pour un con et cela m’énervait au plus haut point. Je ne voulais pas de tout ça. Et s’il ne voulait pas de ça non plus, pourquoi me cédait-il ?

– J’ai quitté Joshua…

Je tournais vivement la tête vers elle pour la trouver aux bords des larmes.

– Depuis quand ? Demandais-je surpris.

– Depuis hier… Souffla-t-elle en se remettant droite, enfin depuis le jour où il t’a interdit de voir Morgan ça n’allait plus trop, mais je suis amoureuse de lui alors… J’ai voulu continuer et je pensais que ça allait marcher, mais tu es revenu et sa colère est revenu avec toi…

– C’est à cause de moi ? M’écriais-je, ayant peur de comprendre.

– Non… Enfin pas de toi précisément.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me levais. Elle laissa échapper ses larmes, les essuyant vivement.

– Liz… Dis-je calmement, tu ne peux pas te séparer de ton copain parce qu’il ne m’aime pas…

– Ce n’est pas qu’il ne t’aime pas, c’est qu’il te déteste ! Fit-elle dans un sanglot, il t’en veux d’avoir lâcher Morgan, il n’essaye même pas de…

– De quoi, de comprendre ? La coupais-je vivement, mais personne ne peux le comprendre à part ceux qui ont connus Lucas… Il ne sait rien Liz, tout ce qu’il voit en moi c’est un mec qui s’est servi de son frère et qui l’a largué quand c’est devenu plus sérieux, si j’étais à sa place j’aurais fait bien pire que de m’interdire de voir Morgan…

– Ne me fais pas croire que tu ne lui en veux pas !

– Pourtant c’est le cas.

Liz releva la tête vers moi, totalement sous le choc.

– Il a protégé son frère comme toi tu l’as fait avec moi, tu ne devrais pas lui en vouloir pour ça, dis-je en allant dans la salle de bain, pour aller me doucher et oublier cette après-midi qui avait très mal finit.

**

Cela faisait quatre jours que Morgan et moi avions recouché ensemble et depuis cet instant, nous ne nous étions pas adressé la parole. Je restais dans mon coin, furieux et lui restait dans le sien s’occupant du reste du groupe. J’avais terminé d’enregistrer les chansons et après avoir fait écouté la chanson que Morgan et moi avions créé, le directeur avait tout de suite souhaité la rajouter à notre album.

C’est dans un bâillement que je sortais du studio d’enregistrement. Demain je devrais passer à la partie musicale avant de vraiment boucler cet album puis nous passerons à la promotion. Mon regard se posa alors sur Liz, qui était calée sur le mur, les yeux rivés sur son téléphone.

– Tu ne l’as toujours pas appelé ? Demandais-je en m’approchant d’elle.

– S’il avait voulu me retenir, il l’aurait fait lui, répondit-elle dans un haussement d’épaule.

– Bon allez, ça suffit.

Agacé de la voir aussi têtu, j’attrapais sa main et l’obligeais à me suivre. Nous prîmes un taxi et elle protesta alors que je donnais l’adresse de Morgan et Joshua. Cette situation ne pouvait plus durer et connaissant ma sœur, elle ne ferait rien pour la changer. Lorsque nous sortîmes du taxi, elle voulu s’échapper, mais je l’attrapais et la mit sur mon épaule. Un grimace étira mes lèvres sous son poids.

– Sérieux, il faut que tu arrêtes de bouffer du chocolat ! Soufflais-je en la portant difficilement.

– Reposes-moi Éden ! S’écria-t-elle en martelant mon dos.

Mais je ne l’écoutais pas et montait les marches jusqu’au premier étage. Là je frappais à leur porte sans ménagement alors que les coups de Liz se stoppèrent. Morgan m’ouvrit et ses yeux s’écarquillèrent en nous voyant.

– Qu’est-ce que… Commença-t-il sous le choc.

– Ne t’inquiètes pas ! Lâchais-je le regard noir, je ne suis pas venu te faire la même chose que ce que tu m’a fais la dernière fois !

Et sans attendre j’entrais dans l’appartement et mon regard croisa le regard surpris de Joshua, assis sur le canapé. Je posais alors Liz devant moi et elle baissa la tête rouge de gène.

– Tu ne m’aimes pas, très bien ! M’exclamais-je en le regardant, mais tu l’aimes elle, et elle t’aime aussi ! On est soudés tous les deux mais tu n’as pas le droit de la laisser te quitter à cause de moi.

Je me tournais vers Liz, la forçant à relever la tête.

– Comme tu n’as pas le droit de le quitter à cause de moi ! Je ne suis pas une excuse valable.

Mon regard se durci et je croisais une nouvelle fois le regard de Joshua.

– Ton frère et moi, on est assez grands pour prendre nos décisions tout seul, même si ces décisions nous conduisent droit dans le mur. Vous n’avez pas votre mot à dire alors arrêtez de fourrer vos nez la-dedans. Il me semble que je ne cherche pas à régenter votre histoire !

Et sur ce, je me retournais, pour sortir.

– Tu ferais mieux de les laisser seuls, dis-je à Morgan avant de fermer la porte derrière moi.

**

J’étais finalement retourné au Label pour revoir une dernière fois les partitions de la chanson de Morgan même si je la connaissais du bout des doigts. Je n’avais pas vraiment envie de me retrouver seul chez moi et je voyais en cette salle un parfait refuge.

Mais alors que je terminais la mélodie, la porte de la salle s’ouvrit, libérant Morgan. Un grimace étira immédiatement mes lèvres et je me redressais, remettant ma guitare dans mon étui.

– Ne t’inquiètes pas, je te laisse la salle, dis-je en posant ma guitare dans le vestiaire.

Cependant Morgan, referma la porte et se cala dessus, le regard noir.

– Pourquoi est-ce que tu es en colère ? Demanda-t-il, furieux, c’est plutôt moi qui devrait l’être ! Tu m’as plaqué et tu t’es enfui et tu voulais quoi ? Que je t’accueille les bras ouverts ?

– Le message passerait sûrement mieux si tu arrêtais de venir me voir pour coucher avec moi ! Rétorquais-je sur le même ton

– J’essaye mais tu fais tout pour me faire céder !

– Ah bon et quand est-ce que je t’ai draguer ou charmé depuis que je suis revenu ?

Brusquement, je me retournais, donnant un coup dans la table près de moi avant de poser mes mains dessus et de soupirer. Plusieurs minutes passèrent sans qu’aucun de nous deux ne parle, puis je cédais.

– Tu as tout ce que tu veux non ? Demandais-je sans me retourner, un petit ami qui t’aime, qui t’apporte tout ce que tu veux et qui va même jusqu’à te faire des putains de soirées romantiques. Alors pourquoi tu le trompes avec moi ?

– Je ne sais pas… Avoua-t-il dans un souffle.

Un léger rire s’échappa de mes lèvres, trouvant notre situation bien pathétique.Lentement, je me retournais pour lui faire face.

– Ton frère à raison, je ne suis pas bon pour toi… Tu vas souffrir et même… Même si j’essaye de me laisser aller avec toi, je ne pourrais jamais tomber amoureux de toi Morgan… Dis-je calmement.

– Pourquoi ? Demanda-t-il les yeux brillants.

– Parce que je suis amoureux de Lucas.

De la tristesse voilà ses prunelles sous mes mots et son regard passa de la peine à la colère en une fraction de seconde.

– Comment tu peux être amoureux d’un homme qui t’a plaqué ! Cria-t-il, les poings serrés.

– Il ne m’a pas plaqué, il est mort ! Hurlais-je à mon tour, le regard tout aussi noir.

Morgan se figea,les yeux écarquillés. Son visage se décomposa alors qu’il était sûrement en train de repenser à tout ce que je lui avais dis et tout ce qu’il avait vu dans ma famille. L’homme que j’aimais était mort. Lucas était mort et il avait emporté une partie de moi avec lui. Des larmes me brouillèrent la vue et vivement je me retournais,reposant mes mains sur le bureau. Le dire à voix haute était encore bien trop douloureux. Pourtant, alors que je croyais le faire fuir,Morgan s’approcha et ses mains se posèrent sur mon dos. Mais je le repoussais vivement, m’écartant de lui.

– Tu m’aurais rencontré il y a cinq ans, j’aurais compris… Dis-je, essuyant les larmes qui tombaient sur mes joues, j’aurais compris que tu sois tombé amoureux de moi, j’étais… J’étais heureux… J’étais plein de vie, j’étais rayonnant et j’étais désespérément amoureux. Tu sais ce que c’est l’amour Morgan ? C’est une putain de connerie ! Ça nous fait devenir dépendant de quelqu’un et quand tout est finit… Quand tout est finit tu es juste détruit…

– Éden… Murmura-t-il touché.

– Quatre ans… J’ai été amoureux de lui pendant quatre ans et tout s’est fini du jour au lendemain… C’était mon premier, on habitait ensemble et je pensais même me marier un jour avec lui, tu ne vois pas comment tout ça est ironique ?

Il se redressa voulant m’approcher une nouvelle fois, mais je m’écartais, me retrouvant dos à lui.

– Tu dis être amoureux de moi… Mais tu ne sais pas ce que c’est… Soufflais-je en sentant mon cœur se serrer. Tu ne sais pas qui je suis… Et je ne pourrais jamais tomber amoureux de toi Morgan…

Sa main se posa sur mon épaule et sans que je ne puisse le repousser sur mon épaule il me prit dans ses bras. Je tentais de m’y soustraire mais bien vite les bras de Morgan se serrèrent autour de moi.

– Je suis désolé Éden… Murmura-t-il en enfouissant sa tête dans mon cou.

– Tu devrais rejoindre ton petit-ami. Dis-je en sentant que j’allais me mettre une nouvelle fois à pleurer à cause de cette étreinte

– Non.

– Je ne t’offrirais jamais ce que tu veux…

Il releva alors la tête et nos regards se croisèrent. Ses mains passèrent dans mes cheveux et son nez vint se frotter au mien avant que nos lèvres ne se retrouvent. Ce baiser n’avait rien à voir avec nos précédent baisers et tout l’amour qu’il y mettait me laissait perplexe. Comment pouvait-il vouloir rester avec moi alors que je le repoussais ainsi ? Lorsque l’air vint à nous manquer, il posa son front contre le mien, et nos regards se croisèrent à nouveau.

– Je ne veux pas prendre la place de Lucas… Souffla-t-il d’une petite voix.

– Qu’est-ce que tu veux alors ? Demandais-je sur le même ton.

– Est-ce que tu tiens à moi ?

Mon regard fixé dans le sien me faisait tressaillir. Si je tenais à lui ?J’avais passé deux mois et demi à me convaincre du contraire avec de sombrer à nouveau…

– Tu sais bien que oui… Dis-je dans un murmure.

– Alors c’est tout ce que je veux, répondit-il dans un sourire.

Ses lèvres prirent une nouvelle fois d’assaut les miennes. L’amour se transforma peu à peu en désir et mes mains se posèrent sur ses fesses avant que je ne le fasse reculer contre le bureau. Je cédais, une nouvelle fois. Mais c’était trop tard pour reculer. Cette fois, ce n’était plus mon jeu… C’était celui de Morgan…

– Ramènes-moi chez toi… Souffla-t-il, avant de reprendre mes lèvres dans un baiser fiévreux.

**

Et c’est ce que j’avais fait. L’envie, le désir, ma confession, je ne sais pas vraiment ce qui m’avait poussé mais il m’avait fait cédé pour la troisième fois. Il allait se bruler les ailes mais il avait décidé de continuer. Si j’étais ne serais-ce qu’un peu plus courageux,j’aurais du le repousser. Le forcer à m’oublier. Mais je ne l’étais pas. J’aimais ce que je ressentais. J’aimais l’idée qu’il m’aime. Je n’étais qu’un égoïste

Sa bouche attrapant mon sexe dressé entre ses lèvres fit fuir une nouvelle fois toutes mes questions et je me cambrais de tout mon long. Mais vivement je me redressais, coupant court aux douces caresses qu’il me prodiguait. Un sourire charmeur étira mes lèvres et je le forçais à s’allonger sur le lit. Je changeais alors de position et gobait son sexe. Il ne mit pas longtemps avant de reprendre sa fellation, passant ses mains sur mes cuisses. Morgan était un expert et j’eus beaucoup de mal à tenir la distance. Mes mains passaient sur ses testicules, les malaxant pour lui donner plus de plaisir. Mais bientôt je ne pu plus tenir et j’éjaculais dans un bouche dans un râle. Morgan fit de même quelques minutes plus tard, se cambrant de tout son long.

Dans un sourire, je me retournais, reprenant ses lèvres avec fougue.

– Tournes-toi… Soufflais-je, en mordant légèrement sa lèvre inférieure.

Ses prunelles se tintèrent d’une légère hésitation avant d’acquiescer et de se retourner. Et lorsqu’il se mit sur le ventre, je compris pourquoi il avait hésité. Ses fesses étaient recouvertes de bleus virant au mauve. Mon cœur se serra et je me relevais immédiatement.

– Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Soufflais-je en le forçant à se retourner.

Il s’assit sur le lit dans une grimace et baissa la tête. Vivement, ma main se posa dans sa chevelure brune et je caressais se tête.

– Morgan… Dis-moi… lui ordonnais-je, commençant vraiment à m’inquiéter.

– Il… Il ne pense pas à mal… Il pense que j’aime ça et c’est vrai que j’aime ça, enfin…

Il remonta ses jambes jusqu’à sa poitrine, regardant dans le vide.

– Ces derniers jours j’ai été distant avec lui… Et il… Avec lui, c’est différent et…

– Tu le laisses te prendre sans préparation ! Le coupais-je ahuri.

– Je…

Son regard se gorgea de larmes et il baissa la tête, appuyant son front contre ses genoux relevés. Un soupire s’échappa de mes lèvres en réalisant que c’était de ma faute s’il s’était jeté à corps perdu dans cette histoire.

– Et j’imagine que tu as un mal de chien, non ? Fis-je, en me rapprochant de lui.

Pour toute réponse il haussa les épaules et je m’abaissais pour relever son visage et prendre ses lèvres en douceur. Le plus tendrement possible, je le fis s’allonger sur le lit, laissant mes mains parcoururent une nouvelle fois sa peau laiteuse. Lorsque l’air vint à nous manquer, je laissais mes lèvres descendre dans son cou.

– Éden… Souffla-t-il, d’une petite voix, je… Je ne sais pas si je pourrais.

Je me redressais, calant mes coudes de chaque côté de son visage. Dans un sourire, je passais mes mains dans ses cheveux, avant de venir frotter mon nez contre le sien.

Ne t’inquiètes pas, je suis sûr que je peux arriver à te faire avoir un orgasme sans même te pénétrer…

**

La nuit était tombée depuis bien longtemps et la lune éclairait nos deux corps. J’étais allongé sur Morgan, la tête posée sur son torse. Sa main passait et repassait sur mes cheveux dans une caresse des plus apaisante. Un bâillement s’échappa de mes lèvres et Morgan rigola légèrement.

– Tu devrais dormir, tu as assez donné de ta personne aujourd’hui, dit-il amusé.

– J’ai peur que tu essayes de t’enfuir si je le fais, répliquais-je en posant mon menton sur sa peau.

– Je ne le ferais pas.

– Promis ?

– Promis.

Un sourire étira mes lèvres et j’embrassais sa peau avant de croiser nos regards. Sa main vint replacer une mèche de cheveux derrière mon oreille.

– Si tu restes avec ton copain… Soufflais-je au bout d’un moment, ça fait de moi ta maîtresse ?

– Éden… Je… Dit-il en se crispant légèrement.

– Non ça me va…

J’embrassais une nouvelle fois sa peau, avant d’ancrer mon regard dans ses émeraudes,sincère.

– Je serais ton amant… Jusqu’à ce que tu te lasses de moi.

Et doucement, je me redressais pour capturer ses lèvres dans un doux baiser…

Ne pars pas – Chapitre 11

Chapitre 11 écrit par Lybertys

Quelques images et des sons difficiles à définir…

Des visages inconnus en blouse blanche au-dessus de moi qui apparaissaient et disparaissaient lorsque mes paupières se refermaient. La lumière violente du camion dans lequel on me transportait.

Le tintement désagréable de la sirène de l’ambulance… J’avais froid, terriblement froid… Chaque respiration était un supplice. Elle était sifflante et périlleuse. J’avais mal… Terriblement mal… Mais même cela ne réussissait pas à masquer la douleur que je ressentais en ce moment même. Je voulais retourner dans cette inconscience. Je voulais fuir cette réalité. Mais les personnes autour de moi m’en empêchaient. Elles n’arrêtaient pas de me parler, me demandant de rester avec elles. Mais je n’y arrivais pas, je ne voulais plus. Ma vision se troubla sous les larmes que je ne pouvais revenir. Éden m’avait quitté. J’étais seul et je voulais fuir cette réalité.

***

Il me sembla entendre une voix que je connaissais bien en train de m’appeler, affolée. Lorsque j’ouvris faiblement les yeux dans une grimace, ce fut pour croiser le regard terriblement triste, effrayé et en colère. On avait du me donner des cachets, car mon corps était comme engourdi. J’avais l’impression que ma peau était en feu, écorchée vive… Et chaque respiration était difficile.

– Morgan… Mais à quoi tu as pensé ! Je… Morgan, dit-il alors que les larmes lui montaient aux yeux.

– Je ne veux pas que… Que tu… Que tu me donnes une leçon… J’ai vraiment pas besoin de ça maintenant… Dis-je d’une voix dangereusement faible et basse que je ne me connaissais pas.

Sa main se posa sur ma joue, et cela me fit aussitôt grimacer de douleur. Il l’enleva aussitôt affolé.

– Qu’est-ce qui s’est passé Morgan… Pourquoi…

– Je…

Éden m’avait quitté, voilà ce qui s’était passé. Je ressentis aussitôt ma poitrine se comprimer plus qu’elle ne l’était déjà. Je voulais fuir cette douleur.

– Morgan… Me supplia Joshua dans une plainte.

Mais je ne l’écoutais plus. Mes yeux se fermaient tout seul alors que je prononçais tout haut la vérité qui me détruisait, les derniers mots qu’Éden avait prononcés…

– C’est fini… Gémis-je.

– Quoi ? Qu’est-ce que est fini ?

Les larmes me montèrent aux yeux. Je ne voulais pas l’accepter.

– Avec Éden… Répondis-je plus pour moi-même que pour lui. C’est fini…

Puis plus rien, à nouveau ce néant. Sans sentiments, sans douleur… Un cocon où j’allais me réfugier, loin de tout.

***

Lorsque j’ouvris à nouveau les yeux, je fus ébloui par une lumière vive. Mes yeux papillonnèrent et je ne tardais pas à entendre Joshua m’appeler par mon prénom.

– Comment tu te sens ? Demanda-t-il en posant sa main sur la mienne.

Je voulus tourner la tête vers lui, mais je dus le faire certainement trop vite car celle-ci se mit à tourner.

– J’ai connu mieux, dis-je dans une grimace de douleur. J’ai mal.

– Le médecin ne va pas tarder, tu auras sûrement d’autres cachets après.

Je tentais de sourire à Joshua pour le rassurer. Je ne l’avais jamais vu aussi anxieux.

– J’ai eu si peur Morgan…

Des larmes lui montèrent aux yeux et je ne pouvais rien faire. Chaque respiration était toujours périlleuse et je sentais que le moindre mouvement me serait difficile.

– Ce n’est pas bien ce que tu as fait… J’ai toujours fermé les yeux parce que je pensais que tu savais ce que tu faisais et que tu étais prudent… Mais Morgan ! Tu n’aurais jamais du monter dans la voiture de ce gars alors qu’il était saoul.

Le visage de Joshua se durcit aussitôt alors qu’il ajoutait :

– Tout ça pour oublier cet enfoiré !

Je fermais les yeux un bref instant. Éden me manquait déjà… Et plus jamais je ne connaîtrais la douceur de ses baisers.

– Je n’ai pas envie de parler de lui, dis-je en croisant à nouveau son regard dur.

Joshua voulu insister, mais je fus sauver par l’arrivée du médecin qui entra directement dans ma chambre d’hôpital.

– Morgan ? C’est bien ça, dit-il en s’approchant du lit, un carnet à la main.

J’acquiesçais d’un très léger mouvement de tête qui me coûtait déjà beaucoup.

– Bon et bien… Ce qu’on peut dire c’est que vous ne vous êtes pas raté. Une fracture du péroné, deux fractures ouvertes des côtes qui vous ont causé un épanchement plural, ce qui veut dire du sang dans vos poumons que nous avons ponctionné à votre admission dans nos services. De multiples contusions, plaies, quelques brûlures et j’en passe.

Il fit une pause, cessant de lire ses notes, pour croiser mon regard.

– Mais au vu de votre place dans la voiture et de la collision, on peut considérer que vous avez beaucoup de chance. Il s’en est vraiment fallu de peu…

– Et comment va-t-il ? Articulais-je difficilement en repensant à l’homme avec j’avais failli couché.

– Qui ça ? Me demanda le médecin en fronçant les sourcils.

– L’homme qui… Le conducteur… Dis-je, ne connaissant pas son prénom.

Je sentis aussitôt le regard plein de jugements de mon frère posé sur moi. Mais je tentais de l’ignorer.

– Son cas est encore plus impressionnant, dit le médecin dans un sourire. Il n’a strictement rien, à par quelques bleus !

Je fus soulagé de l’apprendre et je me détendis un peu.

– Pour l’instant, vous en faites le moins possible et vous ne cherchez pas à bouger sans l’aide d’une infirmière. Tout mauvais mouvement pourrait vous être fatal au niveau de vos côtes. Avec vos fractures vous ne pouvez de toute façon pas être autonome. Vous allez resté chez nous pour un moment.

Le médecin posa à nouveau son regard sur son carnet et y nota quelque chose.

– Une infirmière viendra pour changer vos pansements et vous donner vos cachets. La seule chose que vous pouvez faire maintenant, c’est de vous reposer. N’hésitez pas à faire appel aux infirmières si vous avez besoin de quoi que ce soit, conclut-il.

Il quitta la pièce après m’avoir lancé un dernier regard, me laissant à nouveau seul avec Joshua.

Celui-ci me fixait avec un air désapprobateur que je n’aimais pas et ce fut un silence gênant qui s’installa entre nous. Une vague de fatigue commençait à déferler sur moi. Je m’en voulais… Je m’en voulais de me retrouver dans cet état pour lui. Et si j’avais pu tenir un peu plus longtemps… Est-ce que ma relation avec Éden aurait pris un autre tournant ? Je devais arrêter d’y penser.

Ce fut à ce moment là que j’entendis quelqu’un entrer dans la chambre. J’ouvris les yeux que je n’avais pas eu conscience de fermer, pour tomber nez à nez avec Liz, qui se tenait à côté de mon lit.

– Comment tu vas Morgan ? Me demanda-t-elle inquiète. Tu nous a fait peur tu sais…

A son regard, je compris qui se cachait derrière le nous. Est-ce qu’Éden s’était inquiété pour moi ? Est-ce qu’il viendrait tout de même me voir ?

– Je suis désolé… Soufflais-je, honteux d’avoir à faire face au regard des autres sur ce que je venais de faire.

C’est alors que Liz posa son regard sur Joshua. Et à l’échange silencieux qu’ils partagèrent, je compris que quelque chose n’allait pas. Mais je ne pu pas me poser plus de question. Le sommeil m’engourdit brusquement, et je sombrais…

***

Trois jours passèrent, trois jours où j’eus le droit à une foule de visite, mais celui que j’espérais voir plus que tout n’arrivait pas…

Cloué au lit, je ne faisais que penser à lui. J’avais eu le droit à la visite de tous les membres du groupe, excepté Éden. Liz venait me voir tous les jours et Joshua ne s’absentait que lorsqu’il devait travailler ou prendre un peu de sommeil. Le groupe avait voulu repoussé la tournée pour s’assurer que j’allais bien, mais je les avais empêché. Ils devaient profiter de la chance qui leur était accordé de faire ces dates et annuler ou repousser au stade où ils en étaient était dangereux. Le directeur du label était aussi venu me rendre visite, ainsi que quelques collègues, comme Andrew…

Mais il y avait une personne que je ne m’attendais vraiment pas à voir, une personne que j’avais voulu oublié et qui pourtant, avait fait déraper cette maudite journée. Il frappa quelques coups avant d’oser rentrer et lorsque je le vis, mon cœur se comprima aussi durement que quelques jours auparavant.

– Qu’est-ce que tu fiches ici… Dis-je d’une voix froide mais qui restait faible.

Mais Jules ne me répondit. Il me regardait avec cet air peiné. Je ne voulais pas qu’il soit ici, et je ne pouvais rien faire pour le mettre dehors. J’étais coincé dans mon lit et le moindre mouvement était douloureux.

– Dégage ! Dis-je alors qu’il s’approchait de moi.

Mais Jules ne m’écouta pas. Au contraire, il s’installa simplement à côté de moi, comme si je n’avais rien dit, comme si je ne l’avais pas rejeté. Et lorsqu’il voulu attraper ma main, je la retirais aussitôt, retenant un cri de douleur avec grand peine.

– Tu es sourd ou quoi ! Je ne veux pas te voir ! Je ne veux plus jamais te voir ! Dis-je en entrecoupant mes mots par une respiration difficile.

Je connaissais le tempérament de Jules. Il aurait normalement du prendre la mouche et partir en claquant la porte. Mais il n’en fit rien. Alors que je le rejetais, il restait à côté de moi, me regardant avec cette tristesse qui me mettait mal à l’aise.

– Je suis désolé Morgan, souffla-t-il. Je suis désolé d’être parti comme ça… Chaque jour je le regrette. Chaque jour, j’ai pensé à toi…

Pitoyablement, j’aurais aimé entendre ces mots de sa bouche, et je les avais attendu… J’aurais peut-être oublié ma rancœur face à la peine qu’il m’avait causé. Mais aujourd’hui je n’en voulais pas. Je n’en voulais plus depuis que j’avais rencontré Éden. Ce n’était pas Jules que je voulais voir revenir vers moi… Mais c’était Éden…

– C’est bon, j’ai entendu tes excuses, maintenant tu peux partir, finis-je par répondre dans une énième tentative de le voir quitter ma chambre.

– Non ! Répliqua aussitôt Jules. Maintenant que j’ai réussi à te revoir, je ne veux plus te laisser. Je ne veux plus refaire la même erreur.

Je voulu me retourner, pour ne plus avoir à le regarder ou à lui faire face, mais je ne pus que tourner la tête sur le côté opposé. Même si je ne voulais plus le voir, j’étais malgré tout, au plus profond de mon être, touché par ses paroles…

– Joshua m’a dit que tu sortais avec un gars… Continua Jules. Il est venu te voir ?

Je ne répondis rien. Mais des larmes roulèrent silencieusement sur mes joues. Était-il venu ici pour me torturer ?

– Au moins il y a plus con que moi… Finit par dire Jules en voyant mon état.

Il tenta une nouvelle fois de prendre ma main, mais cette fois-ci, je ne le repoussais pas. Peut-être parce que la chaleur de celle-ci m’apaisa, ne serait-ce qu’un peu.

– Je reviendrais ici tous les jours Morgan. Jusqu’à ce que tu me pardonnes… Souffla-t-il dans un murmure qui fit avec surprise, battre mon cœur.

***

Et c’est ce qu’il fit le lendemain et le surlendemain et le jour d’après… Il était médecin à l’hôpital et m’apprit qu’il en profitait pour suivre mon cas médical, même si ce n’était pas sa spécialisation. Je n’étais pas spécialement loquace, tentant plusieurs fois de l’envoyer promener, mais il restait, tenace.

Joshua se débrouillait pour ne jamais être là en même temps que lui. Liz continuait de venir me rendre visite quotidiennement, et étrangement, ce n’était jamais en même temps que Joshua. La seule fois où Joshua était arrivé alors que Liz était là, elle avait voulu l’éviter et Joshua l’avait rattrapé pour lui dire de venir lui parler seul à seul. Lorsque j’avais voulu aborder le sujet avec Joshua, il avait refusé.

C’était avec surprise que je vis venir en début de soirée, Baptiste. Le groupe, excepté Éden et Baptiste, était venu me dire au revoir ce matin, car ils partaient en tournée le lendemain. Notre relation s’était vraiment améliorée si l’on repensait à nos débuts. Nous avions parlé de tout et de rien, même si au vu de mon état, c’était Baptiste qui tenait le plus gros de la conversation.

Puis le silence s’installa entre nous et ce fut à ce moment que j’osais lui demander :

– Est-ce que tu as connu Lucas ?

Baptiste se tendit aussitôt et son regard se fit fuyant. Qu’avait fait cet homme à Éden pour le mettre ainsi mal à l’aise…

– Oui… C’est mon cousin, souffla-t-il.

Je me rappelais alors de la photo que j’avais vu chez Éden. Il était vrai que Lucas et Baptiste se ressemblaient…

– Comment il était avec Éden.

Baptiste croisa mon regard un bref instant, surpris de mes questions. Je crus qu’il allait me rembarrer, mais au contraire, il prit une profonde inspiration avant de répondre :

– Ils étaient très amoureux Morgan. J’ai rarement vu un couple aussi soudé…

– Mais s’ils étaient tellement amoureux, qu’est-ce qui les a séparés ?

– La vie… Souffla Baptiste avant de se lever.

Je fronçais les sourcils, ne comprenant pas sa réponse.

– Ce n’est pas à moi de t’en parler Morgan…

Baptiste attrapa sa veste qu’il enfila avec un léger empressement.

– Je suis désolé, mais je dois y aller. Je n’ai pas encore fait mes valises. Prends soin de toi Morgan… Tu…

Il fit une pause, se passant la main sur le visage comme pour se donner une certaine contenance.

– Tu sais… Enfin, ce que je veux dire, c’est que je suis content qu’on puisse travailler avec toi. Le directeur avait raison ! Dit-il dans un clin d’œil avec un petit sourire.

Puis son sourire disparu et c’était presque triste qu’il ajouta :

– Malgré nos désaccords au départ… Et ce qui s’est passé avec Éden… Tu ne méritais pas ça.

Et sans un mot de plus, il quitta ma chambre d’hôpital. Une douleur sourdre comprimait toujours ma poitrine… Il me manquait toujours autant. Je tendis péniblement la main pour attraper mon téléphone. Il ne m’avait pas appelé… Il n’était pas venu me rendre visite. Il l’avait pourtant dit… Ce que nous faisions était terminé. Mais j’aurais voulu le voir… Ne serait-ce qu’entendre sa voix. J’aurais voulu savoir que je comptais, ne serait-ce qu’un peu pour lui… Et que je n’étais pas simplement réduit à un bon coup qu’il rejetait et qu’il ne voulait plus voir.

***

Un mois s’était passé depuis cette discussion avec Baptiste, un mois où chaque jour, Jules venait passer une petite heure avec moi. J’avais fini par accepter sa présence, et au et à mesure cette présence avait eu, avec surprise, un effet apaisant sur la douleur que je ressentais toujours en moi après le rejet d’Éden.

Éden ne m’avait pas appelé, n’avait jamais cherché à me contacter. Même si chaque jour j’espérais. Il m’arrivait de passer des heures à fixer mon téléphone avec les photos qu’il m’avait envoyé, incapable de me résoudre à les effacer.

Je prenais régulièrement des nouvelles de la tournée, et aidais du mieux que je le pouvais depuis mon lit d’hôpital à planifier leur retour dans le label. Comment serais-je capable de faire face à Éden à nouveau ? Comment serais-je capable de travailler face à lui sans ressentir cette douleur. J’avais l’impression d’être abandonné à nouveau. Même s’il ne m’avait pas promis quoi que ce soit… Il avait laissé son empreinte en moi et son absence créait un vide terrible. Liz venait souvent me voir, mais c’était rarement en même temps que Joshua. Aucun des deux ne semblait vouloir en parler ;

Mon état physique s’était nettement amélioré, et je ne garderais qu’une petite cicatrice dans le dos. Les autres allaient disparaître progressivement. J’étais presque remis et je devrais continuer de la kiné intensive pour être pleinement sur pied.

Ce soir-là, j’avais enfin eu le droit ce sortir de l’hôpital et Joshua m’avait ramené chez nous. C’était à contre cœur qu’il m’avait laissé, ayant du travail à finir suite au retard qu’il avait prit par ma faute.

Je ne pouvais nier que j’appréhendais de me retrouver seul ici, dans ce lieu qui ne faisait que me le rappeler. Je n’osais pas aller dans ma chambre. Je ne voulais pas connaître à nouveau le froid de ce lit. Pourquoi avait-il été aussi tendre avec moi. N’avais-je été qu’un substitut de ce Lucas ? Un substitut qui avait finit par lui en demander trop.

Mes pas me guidèrent naturellement dans ma petite pièce, l’endroit où j’allais toujours me réfugier. Je n’avais pas touché à un piano depuis un mois, et cela me manquait. Mais alors que je passais le pas de la porte, je réalisais à quel point je l’avais laissé entrer dans ma vie… Mon regard se posa sur mon piano. Je m’en approchais et m’assis sur mon petit banc où Éden avait prit l’habitude de me rejoindre régulièrement. Mes doigts se posèrent délicatement sur les touches du piano. Mais rien ne vint. Je redressais la tête et mon regard se posa sur son visage.

Nous étions samedi, un de ces samedis qu’Éden venait passer chez moi et où nous nous retrouvions dans cette petite pièce à travailler sur la composition d’un morceau ou à simplement jouer et chanter pour le plaisir. Parfois, nous nous installions simplement pour y écouter de la musique, sur le tapis et les coussins à côté du piano. C’était bien moins confortable que mon salon, mais j’avais l’impression qu’Éden se sentait aussi bien que moi dans cet espace. Depuis le jour où je l’avais autorisé à franchir le pas de cette porte, il y avait pris sa place. Des brouillons de paroles qu’il avait écrite alors que je jouais se trouvaient éparpillées à côté du piano.

J’étais en train de jouer un morceau que nous avions composés ensemble et je tentais de l’améliorer. Éden était affalé sur le piano avec un crayon et un papier. Il écrivait les paroles et s’énervait de ne pas trouver le mot qu’il voulait. Je le regardais rayer ses mots et se concentrer à sa tache, avec un petit sourire. Savait-il à quel point il était séduisant ainsi ? A quel point il avait réussit à m’envoûter.

Soudain, il s’arrêta posant son crayon le piano et repoussant sa feuille, un sourire de satisfaction étirant ses lèvres.

– J’ai l’impression que c’est le meilleur album que nous allons faire ! Dit-il heureux.

Il se redressa et s’approcha de moi, faisant glisser ses doigts le long de ma joue pour arriver au niveau de mon menton.

– Et je crois qu’on peut te remercier pour ça, dit-il avec sincérité.

Sa main quitta mon visage et afficha un sourire cette fois-ci charmeur et amusé, un de ses sourire qui me faisait perdre mes moyens.

– Dis, tu as déjà fait l’amour sur ton piano ?

Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire face à cette question. Je me redressais pour ravir ses lèvres. Comment pouvait-on désirer quelqu’un à ce point ? Sa chaleur m’envahit aussitôt. Là, contre lui, je me sentais vivre.

Je me levais rageusement alors que des larmes me brouillaient la vue. Il me manquait, il me manquait atrocement et je m’en voulais de toujours ressentir cela après plus d’un mois.

J’étais pathétique. Je l’attendais encore alors que cela faisait plus d’un mois qu’il ne m’avait pas donné un seul signe de vie. Mon regard se posa sur mes murs. Je ne pouvais plus supporter de voir ce visage me narguer. Rageusement, j’arrachais le premier poster à ma droite, puis le suivant. Ils finissaient sur le sol et perdaient leurs intérêts car je m’attaquais déjà à un autre. Les larmes dévalaient sur mes joues et rien ne parvenait à me calmer.

J’avais l’impression que j’étouffais et que je ne pourrais reprendre mon souffle que lorsque son visage ne serait plus affiché sur tous les murs. Je déchirais les posters un à un, tremblant de rage et de douleur. Je ne voulais plus de cette douleur, je ne voulais plus de cet amour que je continuais de ressentir pour lui. Il ne le méritait pas, j’étais pitoyable de continuer de m’accrocher à ce que je n’avais jamais eu de sa part…

Je me retrouvais assis, au milieu de cette pièce qui ne ressemblait plus qu’à un paysage dévasté. Le sol était jonché de posters déchirés en plusieurs morceaux et froissés. Sur les murs, il restait encore les traces des posters qui avaient pendant des années décorés mes murs. Ces murs étaient maintenant vides et froids et cela ne me soulageait pas…

Lorsque je sentis mon portable vibrer dans ma poche, je m’empressais de le regarder, espérant comme à chaque fois. Mais c’était un message de Jules qui me demandait si tout allait bien et si j’avais besoin d’aide. Je n’eus pas envie de lui répondre. Pourquoi s’accrochait-il ainsi à moi ? Est-ce qu’il avait vraiment des sentiments pour moi ? Est-ce que ses regrets étaient sincères ? Le simple fait d’être venu me voir chaque jour, malgré mon rejet constant était remarquable, le connaissant…

Mais c’était Éden qui continuait d’occuper mes pensées et bientôt, je me retrouvais encore une fois à regarder ces photos. Celles-ci, je n’étais pas capable de les effacer. La façon dont il me regardait sur ces images, ses baisers, le souvenir de la tendresse des gestes qu’il avait eut envers moi… Il m’avait fait tombé irrémédiablement amoureux de lui, et j’avais véritablement cru que tous ces gestes n’étaient pas feints. Je me souvins des paroles de Baptiste qui m’avait mis en garde au départ. Avait-il raison ? Éden avait uniquement usé de sa tendresse pour me garder auprès de lui. Et Joshua avait enfoncé le couteau dans la plaie en me soutenant que tout ceci était feint. Mais je ne voulais pas le croire, j’en étais incapable. Et pourtant, son rejet brutal me prouvait les dires de Joshua et Baptiste. Il ne voulait plus de moi. Je n’avais été qu’un bon coup et rien de plus…

Mes doigts continuèrent de faire défiler les photos alors que les larmes revenaient de plus belle. Je devais abandonner cette histoire, je devais relever la tête, je ne pouvais pas continuer ainsi ou j’allais véritablement me détruire. Je devais à mon tour lui dire adieu…

Fébrilement, je composais son numéro de téléphone, et portais le téléphone à mon oreille. Je ne savais pas ce que j’allais lui dire. Je ne savais pas ce qui se passerait s’il décrochait. Mais je ne pouvais plus rester dans cet état.

Après plusieurs sonneries qui me parurent durer des heures, ce fut cependant sans surprise que je tombais sur sa messagerie. Je du faire appel à tout mon courage pour lui laisser un message, mais je devais le faire…

– Éden… C’est moi… Soufflais d’une petite voix, c’est Morgan.

Je pris une inspiration pour poursuivre, laissant les mots venir à moi..

– Je ne sais pas si tu as fait exprès d’éviter cet appel ou si tu n’as pas entendu sonner je… Je voulais juste te dire que je suis désolé. Je suis désolé de m’être attaché à toi. D’être tombé amoureux de toi… Et je suis désolé d’avoir cru que c’était réciproque. Lâchais-je d’une seule traite en repensant au dernier échange que nous avions eu.

Un sanglot me secoua alors que je prononçais tout haut ce que je n’arrivais pas à accepter.

– Tu me manques, avouais-je malgré moi, je suis pathétique. Je suis pathétique de croire que tu viendrais me voir, que mon accident te toucherait… Je… Je croyais que tu tenais un peu à moi… Il faut croire que je me suis bien trompé.

Je soupirais et fit une légère pause, tentant de ne plus pleurer, avant de reprendre. C’était le but de mon appel et je me devais de le faire. Pour lui… Pour moi… Pour ce nous qui n’avait existé que dans mon regard…

– C’est fini… Je… Je ne veux plus t’aimer… Je veux t’oublier… Je… Je vais demander à être retiré de la composition de vos albums… Je ne viendrais plus te déranger Éden…

Et je raccrochais avant qu’il ne puisse entendre le sanglot bruyant qui me secoua. Je venais de lui faire mes adieux et je savais que c’était nécessaire. Mais cela n’enlevait en rien ma souffrance, cela ne faisait que l’accentuer. J’irais voir le directeur pour lui dire de trouver quelqu’un d’autre. Je ne me voyais pas travailler avec lui. Je ne me voyais plus lui faire face. Même si j’adorais travailler avec le groupe, même si je n’avais jamais ressenti autant de joie qu’en composant pour eux et qu’en les aidant… Recroquevillé sur le sol, je me maudissais d’en être arrivé là.

Ce fut à ce moment là que j’entendis sa voix m’appeler. Redressant la tête, je vis Jules à l’entrée de ma petite pièce, qui me regardait avec beaucoup de tristesse.

– Morgan… Je… Joshua était inquiet pour toi et… Il m’a laissé ses clefs pour que je vienne te voir…

Sans mon autorisation, il rentra dans cet espace qui ne représentait plus rien pour moi. Cet espace où je ne me sentais plus en sécurité.

En un rien de temps, il fut à genoux à côté de moi et il me prit dans ses bras. Je ne le repoussais pas. Je n’en étais pas capable. Je me laissais aller dans les bras puissants et protecteur de l’homme que j’avais aimé et qui m’avait trahi. J’acceptais ce contact qui me permettait de ne pas tout lâcher. Et ce fut lorsqu’il me murmura ses quelques mots que tout bascula :

– Je suis désolé Morgan… Plus jamais tu m’entends… Plus jamais je ne t’abandonnerai…

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Je m’écartais légèrement de lui et sans réfléchir je l’embrassais… J’avais envie de me ressentir autre chose que cette douleur. Je baissais ma garde, je voulais le croire. Je voulais qu’il me fasse me sentir vivre comme je ne l’avais plus fait depuis un mois. Je voulais sa douceur, je voulais lui appartenir. Je voulais qu’il me possède et que cela me permettre peut être d’oublier cet homme, d’oublier Éden…

***

Jules avait été doux, particulièrement doux, comme il ne l’avait jamais été avec moi. Mais malgré le plaisir que j’avais pris avec lui, cela n’avait rien à voir avec Éden. J’aurais du être heureux, j’aurais du sentir la solitude qui pesait sur moi s’amoindrir. Mais je ne ressentais rien de tout cela. J’avais toujours mal. Sa main passait sur mon corps perlé de sueur du à l’ébat que nous venions de partager.

Mon regard se posa sur lui alors qu’il regardait ma pièce de musique et l’état dans laquelle je venais de la mettre. Il ne faisait pas le moindre commentaire.

Qu’est-ce que je venais de faire avec lui ? Est-ce que je lui ouvrais vraiment une porte dans ma vie ? Je l’avais aimé… Je l’avais sincèrement aimé. Mais étais-ce le cas aujourd’hui ? Je ne pus pas apporter de réponse à cette question et ceci me mit mal à l’aise vis à vis de Jules. J’avais besoin d’espace pour réaliser ce que je venais de faire. Lentement je m’écartais de lui et tentais de lui offrir un petit sourire pour ne pas le vexer.

– Je vais prendre une douche, soufflais-je d’une petite voix.

Jules me regarda surpris mais ne fit aucun commentaire. Et sans attendre plus longtemps je me levais et partis dans la salle de bain. Je m’arrêtais au niveau du lavabo et mon regard se posa sur mon reflet. Je me dégoûtais. Je continuais de penser à Éden, je continuais d’aimer Éden, même après un mois, même après mon message. Je n’arrivais pas à me débarrasser ce de sentiment. C’était dans ses bras que j’aurais voulu être, pas dans ceux de Jules que j’avais pris à défaut.

J’entendis et vis Jules entrer dans la salle de bain. Il s’approcha de moi et m’enlaça par derrière posant sa tête sur mes cheveux. Il était plus grand que moi et m’avait toujours donné l’impression d’être protégé lorsque je me retrouvais dans ses bras. Ses cheveux blonds mi-longs se mariaient parfaitement avec ses magnifiques yeux noirs, qui m’avaient transpercé au premier regard. Sa peau bronzée me donnait cette impression de chaleur lorsque j’étais contre lui, et son odeur de m’envoûtait. J’avais aimé cet homme, malgré le mal qu’il m’avait fait pendant longtemps, avant même d’être parti. Il n’avait jamais été particulièrement tendre et doux. Il m’avait donné l’impression que je ne comptais pas autant pour lui que ce qu’il comptait pour moi. Et pourtant, depuis que je l’avais retrouvé, il s’était montré sous un nouveau jour…

Mais est-ce que j’étais capable de recommencer véritablement quelque chose avec lui ? C’était encore trop tôt pour apporter une réponse à cette question…

***

J’étais allé voir le directeur le lendemain en profitant pour aller chercher mes dossiers et continuer à travailler sur la musique du film. Les délais étaient maintenant serrés. Je marchais d’un pas énervé dans les couloirs pour rentrer chez moi. Le directeur n’avait pas accepté que j’arrête de travailler avec le groupe. Je n’avais selon lui aucune raison valable et j’avais presque réussi à le mettre tout autant en colère que moi. J’allais être forcé de le revoir, de travailler avec lui. Mais je savais que j’aurais beaucoup de mal à donner le meilleur de moi-même. La tournée continuait de bien se passer et même si j’avais tenté de cesser de travailler avec eux, je me retrouvais avec un dossier de partitions à retravailler pour finir l’enregistrement. Ce n’était pas parce que je ne me sentais pas capable de continuer que je comptais laisser tomber le travail. Je voulais leur donner toutes leurs chances pour réussir cet album et conquérir le cœur de nombreuses personnes. Je voulais que chacun reconnaisse le talent du groupe et surtout le talent d’Éden… Car, malgré tout ce qui s’était passé entre nous, cela ne mettrait jamais en doute l’estime que j’avais pour leur travail et leur musique…

***

Le directeur avait demandé à me voir quelques jours après. Je savais qu’il était allé voir un de leur concert et il m’avait proposé de l’accompagner, mais j’avais décliné. Je n’étais pas prêt à le revoir, du moins, pas comme ça. Même si je prenais quotidiennement des nouvelles de la tournée, je ne voulais pas faire face à Éden. Parce que j’avais peur de ce que j’allais ressentir.

J’étais assis en face de lui dans son bureau et il me regardait avec un sourire chaleureux. Il venait de me raconter au combien il était satisfait du concert et du potentiel des Light Shade. Puis il redevint plus sérieux, lorsqu’il me dit :

– Je suis vraiment surpris que tu m’aies demandé d’arrêter de travailler avec eux. Ils t’adorent et n’ont pas la moindre envie de se séparer de toi.

Il fit une pause en refermant son dossier.

– Quand on pense aux débuts que vous avez eu, je pense que tu as su faire tes preuves.

Le directeur soupira face à mon absence de réponse. Il se leva et regarda par la fenêtre. Ce ne fut qu’après ce long moment de silence qu’il se mit enfin à parler.

– Tu sais Morgan… Ce n’est pas pour rien que j’ai fais le choix de te faire travailler avec eux. Je… Je trouvais que tu avais besoin d’autre chose, d’un peu plus de stimulation. Et je me suis dis que cette place, qui te permettait de continuer à te garder dans l’ombre, serait d’aider personnellement un groupe. Tu as beaucoup de talent Morgan et je trouve dommage que tu ne veuilles pas en faire quelque chose de plus… Finit-il assez durement.

– J’aime ça ! La renommé, je m’en moque ! Tout ce que je veux, c’est composer.

Le directeur soupira. Nous divergions sur ce point de vue depuis des années.

– L’un n’empêche pas l’autre.

Je me retins de répondre quoi que ce soit, je ne voulais pas me disputer avec lui. Le directeur revint s’asseoir en face de moi.

– J’ai entendu tes dernières musiques pour le film. Elles sont très belles, mais je trouve que la dernière est étonnamment triste… Est-ce qu’il s’est passé quelque chose avec Éden ? Étrangement, il savait déjà que tu voulais partir, à la surprise générale du reste du groupe.

– Je… Je n’ai pas envie d’en parler, soufflais-je en détournant le regard.

– Tu connais nos règles Morgan. Nos vies privées ne doivent jamais interférer dans notre travail.

Je me relevais, n’aimant pas du tout le chemin que prenait la conversation. Le directeur en savait plus qu’il ne me le montrait et je risquais ma place s’il découvrait tout ce qui c’était réellement passé.

– Oubliez ma demande, je continuerais à travailler avec eux. Et j’espère que vous continuerez d’être satisfait. Dis-je en utilisant le vouvoiement volontairement pour mettre de la distance entre nous et appliquer ses règles.

Je rassemblais mes affaires et me dirigeais pour attraper ma veste.

– Morgan… Je vois bien que ça ne va pas en ce moment… Tu sais… Tu devrais en profiter pour composer un morceau qui traduit ce que tu ressens. Un morceau pour toi, que tu ne montres à personne, que tu gardes précieusement. Je pense que ça pourrait être libérateur, surtout avec ce lien si particulier que tu as avec la musique, ajouta-t-il dans un petit sourire.

Je le regardais surpris, avant de tenter de répondre à son sourire.

– Je te remercie pour tout ce que tu as déjà fait pour moi… Soufflais-je avant de sortir.

***

Les semaines passèrent et je continuais de voir Jules, n’ayant pu me résoudre à l’éloigner de moi. Nous couchions ensemble, mais bien plus rarement que je l’avais fait avec Éden. Il continuait de venir me voir chaque jour mais je n’étais encore jamais allé chez lui. Nous ne pouvions pas dire que nous étions un couple. Je le laissais juste prendre une place dans ma vie, comme s’il m’ apprivoisait peu à peu. J’étais loin de lui avoir pardonné et il n’était pas près de gagner ma confiance. Ce qu’il avait fait resterait à jamais dans mon esprit.

Liz ne semblait pas beaucoup apprécier Jules et Joshua allait plus souvent la voir qu’elle ne venait ici. Joshua avait beaucoup de travail et je le voyais assez peu.

Je profitais de ce temps libre pour appliquer l’idée que le directeur m’avait soufflée. J’avais travaillé dessus chaque jour, améliorant les accords, les transitions, peaufinant chaque détail. Souvent, les larmes me montaient aux yeux, et mes partitions finissaient par en pâtir. Parfois, lorsque je me réveillais au milieu de la nuit, en sueur suite à un cauchemar, ou lorsque ce lit me semblait à la fois entaché de souvenirs et trop vide, j’allais me réfugier dans ma pièce et je continuais de composer ce morceau.

Joshua et Liz étaient dans le salon, alors que j’apportais les dernières modifications à ce morceau. J’avais tenté d’exorciser la douleur que je ressentais à chaque fois que je pensais à lui. J’y avais mis beaucoup de moi, de ce que j’avais ressentis ces deux derniers mois.

Mais je sentais maintenant que ce morceau était terminé. Je n’avais plus qu’à le jouer entièrement une dernière fois. Je fermais les yeux et me laisser aller à jouer cette mélodie en pensant une dernière fois à Éden et à ce que je ressentais pour lui. Après cela je devais à tout prix évacuer cet amour que je ressentais toujours pour lui. Je devais me redresser et tourner la page. Je laissais couler mes dernières larmes, je devais l’oublier. Cela faisait deux mois, je ne pouvais plus être ainsi accroché à lui.

Ce ne fut que lorsque j’eus terminé mon morceau que je remarquais la présence de Liz à l’embrasure de la porte. Je séchais brusquement mes larmes, ne voulant plus que l’on me surprenne dans cet état, surtout sa sœur…

– C’est vraiment une très belle mélodie Morgan… Souffla-t-elle touchée par ma musique.

Elle fit une pause, avant de reprendre, plus triste :

– Est-ce que tu l’as composé en pensant à lui ?

Je savais très bien de qui elle parlait. Mais je ne voulais pas lui dire. Cette partition était personnelle et elle avait maintenant trouvée sa fin de vie, de même que mes sentiments pour Éden.

Devant mon silence qui lui donnait raison, Liz poursuivit :

– Tu sais… Il m’appelle tous les jours pour savoir comment tu vas…

Mes poings se serrèrent et je me relevais. S’il appelait sa sœur alors pourquoi est-ce qu’il ne m’appelait pas moi ? Il avait eu mon message et il n’avait rien trouvé à y redire.

Ce fut à ce moment là que Jules fit son interruption.

– Morgan, il faut qu’on parte, on va être en retard au restaurant.

Mon regard se posa sur Liz alors que mes mains chiffonnaient la partition avant de la jeter dans la corbeille. Je ne voulais plus d’Éden dans ma vie, tout comme il ne me voulait plus dans la sienne. Et je n’étais pas prêt à en parler à qui que ce soit, et encore moins à Liz, la personne la plus proche d’Éden.

Sans un mot, je passais devant elle et partis à la suite de Jules. Avec lui, même si j’étais toujours indécis, j’arriverais peut-être à tourner la page…

***

Il était vingt et une heure passée. Éden et son groupe devaient rentrer de tournée ce soir. Et j’allais devoir leur faire face dans deux jours. J’avais beau essayer de l’oublier, malgré toute mes belles résolutions, il ne s’était pas passé un seul jour sans que mon cœur ne se serre au moins une fois. Mais j’étais déterminé à l’oublier.

Jules nous avait préparé une soirée romantique, chose qu’il n’avait jamais fait pour moi. J’étais de plus en plus surpris de découvrir une facette chez cet homme que je n’avais jamais connu. Joshua et Liz avaient eu aussi prévu une soirée de leur côté, mais après avoir été allé chercher Éden…

Nous avions l’appartement pour nous deux jusqu’à demain. Je n’étais pas encore allé chez Jules. Je le laissais venir chez moi.

Nous avions terminé le dessert et nous étions installés dans le salon. Il n’avait pas fallut longtemps avant que Jules s’approche de moi et ne m’embrasse. Séduis par ses attentions tout le long de la soirée, je m’étais laissé faire. Mes mains avaient déjà déboutonnées sa chemise et mes doigts couraient sur sa peau bronzée et brûlante alors que ses lèvres se perdaient dans mon cou. Ce fut à ce moment là que j’entendis quelqu’un frapper à la porte. Je m’écartais de Jules en fronçant les sourcils, surpris. Je n’attendais pas de visiteur. Dans un soupire, Jules me laissa me relever, montrant clairement qu’il n’avait aucune envie d’être interrompu maintenant.

– Je reviens, soufflais-je dans un petit sourire d’excuse, en me dirigeant vers la porte d’entrée.

Je me figeais brusquement en croisant aussitôt son regard, écarquillant les yeux.

Éden était devant moi, sa main posée sur l’embrasure de la porte.

– Alors, je t’ai manqué ? Souffla-t-il dans un sourire.

Je ne lui répondis pas, ayant beaucoup de mal à réaliser que tout cela était belle et bien réel. Ce sourire charmeur me faisait fondre, comme il l’avait toujours fait… Mon cœur s’emballa. Je n’avais pas cessé de l’aimer… Non, ce que je ressentais pour lui était toujours là, mais aujourd’hui il s’accompagnait de la douleur de l’abandon. Oui il m’avait manqué, mais je me refusais à lui dire. Qu’attendait-il ? Que je lui saute dans les bras ? Que j’oublie ? Avait-il si peu d’estime pour moi ?

Je sentis Jules arriver derrière moi en même temps que le regard d’Éden se posait sur lui. Son regard parcouru la pièce du regard. Alors que la main de Jules attrapa la mienne en me demandant si ça allait, Éden comprit. Mais qu’était-il venu chercher ? Récupérer son bon coup parce qu’il n’avait rien à se mettre sous la dent ce soir ? Était-il simplement venu pour coucher avec moi ? Et s’il faisait vraiment un pas vers moi… Pourquoi maintenant ? Pourquoi si tard…

Un léger rire ironique s’échappa de ses lèvres alors qu’il baissait la tête.

– Je suis con… Murmura-t-il.

Il releva alors la tête, tentant d’afficher un sourire qui sonnait terriblement faux.

– Désolé, je me suis trompé d’adresse… Dit-il en se remettant droit.

Son regard croisa une dernière fois le mien et il se retourna. Quelques secondes plus tard, alors que j’étais prêt à lui courir après, Jules me ramena à la réalité en fermant la porte.

– Qui c’était ? Me demanda Jules en me forçant à me tourner vers lui.

Mon regard s’ancra dans le sien. Ce n’était pas le même bleu que ceux d’Éden. Ses cheveux blonds n’étaient ceux d’Éden. Il n’était pas Éden. Il n’était pas celui avec lequel je voulais me retrouver maintenant. Le cœur oppressé par l’amour que j’éprouvais toujours pour lui, je voulu l’oublier. Un sourire sans émotion étira mes lèvres, comme pour rassurer Jules. J’en était maintenant sûr, j’avais besoin de lui pour l’oublier… Je ne faisais que me servir de lui, alors que mon cœur ne cessait de battre pour Éden, souffrant de ne plus sentir sa chaleur et sa tendresse…

Sans plus attendre je l’embrassais, cherchant encore désespérément à retrouver ce qui m’avait fait me sentir vivre… Ce que je n’avais connu jusqu’à aujourd’hui, qu’avec Éden…

***

J’appréhendais ce jour et il était pourtant arrivé. J’avais rendez-vous avec les Light Shade ce matin pour planifier le retour de tournée et leur annoncer tout le travail qui nous restait à faire. J’avais eu beaucoup de mal à dormir la veille. Je n’avais fait que penser à lui et à sa venue chez moi… Je n’arrivais pas à trouver de réponse à mes questions, je ne le comprenais plus.

Tout le groupe était arrivé en même temps et les retrouvailles avaient été étonnamment chaleureuses. Ils étaient ravis de me voir sur pieds. Kelly et Laura n’arrêtaient pas de me décrire leur tournée et les deux autres garçons y rajoutaient des précisions. Mais cet enjouement n’était pas partagé. Éden était dans son coin, en train de jouer des accords. Il ne m’avait pas lancé un seul regard depuis qu’il était entré et n’avait pas décroché un seul mot.

J’avais du repousser l’invitation d’Éden a passer la nuit ensemble car j’avais beaucoup trop de travail en retard que j’avais mis de côté ces derniers temps. Éden avait paru vexé de ce rejet, mais il n’avait pas trop insisté. J’étais encore dans le label, travaillant au piano, rayant ce qui n’allait pas sur mes partitions. Il était assez tard et je savais que j’allais passer une bonne partie de la nuit ici. Un soupire franchit le barrage de mes lèvres en pensant à la nuit que j’aurais pu passer à la place de me retrouver à travailler ici. Jamais ce genre de regret n’avait traversé mon esprit avant. Je voulais le voir… Je voulais le sentir contre moi… J’avais envie de passer du temps avec lui, mais le travail devait passer avant. Mon cœur se serrait en pensant qu’il irait sûrement voir ailleurs… Et j’avais du mal à l’imaginer avec un autre homme.

Je chassais ces pensées de mon esprit, tentant de me concentrer à la tâche… Mais ce fut à ce moment là que j’entendis frapper à la porte et quelques secondes plus tard, alors que je tournais la tête, je vis Éden entrer presque timidement.

Je savais que je ne tiendrais pas longtemps s’il revenait à la charge, mais je n’avais pas le cœur à lui dire de partir. Un petit sourire étira mes lèvres alors qu’il m’offrait ce même et éternel sourire charmeur.

– Je ne te dérange pas, souffla-t-il amusé, je viens juste surveiller que tu travailles bien et que tu rattrapes ce maudit retard, ajouta-t-il dans une grimace.

Il fit une pause et me montra le paquet qu’il avait dans la main droite.

– Ça ne te dérange pas si je mange ?

– Je… Non… Fis-je troublé.

Et c’est ce qu’il fit, il s’installa au bureau à côté de moi et déballa ses boîtes de nourriture chinoise. Pour ma part, je tentais de me concentrer à nouveau sur mon travail. J’avais trop de retard… L’odeur de la nourriture fumante me fit réaliser à quel point j’avais faim et mon ventre se mit à gargouiller, ce qui eut pour effet de faire rire Éden.

Il sortit une autre boite de son sachet, juste en face de moi et me la montra.

– Je sais que c’est ton préféré, souffla-t-il. Tu travailleras mieux le ventre plein, ajouta-t-il amusé.

Malgré moi je fus particulièrement touché par ce genre d’attention. Moi qui m’attendais à ce qu’il aille voir ailleurs, il était simplement venu me voir. Et il connaissait mes goûts… Un sourire étira mes lèvres et je me levais pour aller le rejoindre à la table. J’attrapais la boîte qu’il me tendait et la posait sur le bureau. Mon regard s’ancra dans le sien et il ne fallut pas longtemps avant que mes lèvres rencontrent les siennes. C’était un de ces baisers terriblement tendre et doux, un de ces baiser qui fit définitivement voler en éclat toutes mes résolutions. Lorsque j’étais à ses côtés, je ne répondais plus de rien. Je ne voulais pas que cela cesse…

Je devais faire appel à toute ma concentration pour écouter ce que me disaient les membres du groupe. Mes pensées étaient toutes entières tournées vers lui. Je lui jetais des regards furtifs et mon cœur s’emballait comme à chaque fois. Et je tentais de renflouer ces sentiments, je n’en avais pas le droit.

C’est alors qu’il se leva brusquement, posant sa guitare dans son étui.

– Je reviens, je dois prendre l’air… Souffla-t-il.

Et sans attendre une seconde de plus, il sortit de la salle, sans un regard pour nous. Le silence s’installa dans la salle et je me sentis mal à l’aise. Je voulais aller le rejoindre tout autant que je savais que je ne devais pas. Être dans la même pièce était une épreuve, j’avais du mal à imaginer un face à face. Le reste du groupe me lança un regard presque inquiet, mais je tentais de me redonner une certaine contenance. Je me masquais derrière ma carapace et le travail et les invitais à s’y mettre. Chacun acquiesça et jamais Éden ne revint travailler avec nous…

***

La réunion avec le groupe était maintenant terminée depuis une petite heure et je revenais du réfectoire après avoir tenté d’avaler quelques bouchées. Mais je n’avais pas d’appétit. Je ne faisais encore une fois que penser à lui. Je me rendais dans ma salle de travail lorsque j’entendis un morceau dans une pièce voisine, un morceau que je croyais avoir détruit. Furieux, j’ouvris la porte sans frapper, voulant voir qui avait volé ma musique et surtout comment il l’avait fait. Mais je me figeais en découvrant Éden avec sa guitare. Comment l’avait-il trouvé, je l’avais pourtant jeté. Et surtout, comment osait-il jouer un de mes morceaux sans ma permission.

Son regard croisa le mien, furieux.

– Qui te l’a donné ?! M’exclamais-je incapable de me calmer.

Ce morceau était bien trop personnel et l’entendre jouer par la personne qui en était le plus concerné me rendait fou. Éden ne répondit pas, se contentant de me fixer.

– Tu n’as pas le droit de le jouer, dit-je en sentant des larmes de colère me monter aux yeux.

Mon regard se posa sur mes partitions froissées à côté de lui. Ce ne fut qu’à ce moment là qu’Éden m’adressa la parole.

– Cette musique a été écrite pour moi ? Me demanda-t-il.

Je me figeai aussitôt, ne m’attendant pas à cette question. Rien que par cette attitude, je venais de lui donner ma réponse et pourtant je tentais de lui mentir.

– Non… Dis-je plus bas.

– Tu mens, répliqua Éden en ricanant.

Il se redressa et commença à ranger sa guitare alors que je le regardais immobile, incapable de maîtriser la foule d’émotions qui se battaient en moi. J’aimais cet homme, je l’aimais encore terriblement, et je me haïssais d’avoir à refréner l’envie d’être simplement dans ses bras, encore une fois…

– Tu l’as jeté, dit-il dans un haussement d’épaule en se redressant, prenant sa guitare à bout de bras, alors maintenant cette chanson m’appartient.

Ce fut trop pour moi. Un élan de colère vis à vis de cet homme me submergea. Alors qu’il passait devant moi pour sortir, j’explosais :

– Tu prends un malin plaisir à faire ce que tu veux comme d’habitude, sans penser aux conséquences ! M’exclamais-je d’une voix glaciale.

Éden s’immobilisa et me répliqua, sans se retourner :

– Ça vaut pour la musique ou pour nous ?

Je ne répondis pas, car nous savions très bien tous les deux la réponse à cette question. Après un silence, Éden toujours dos à moi finit par dire :

– Tu as un nouveau petit ami, alors tu n’as pas eu trop de mal à supporter les dernières conséquences…

Il voulu partir, mais je ne le laissais pas faire, je l’attrapais pas le bras et le forçais à se retourner.

– C’est facile de croire ça, dis-je en osant affronter son regard bleu terriblement froid et dur. Tu m’as fait tombé amoureux de toi et tu m’as plaqué !

Éden dégagea son bras de ma prise et me répondit, tout aussi durement que moi :

– Je t’avais dis de ne pas tomber amoureux de moi !

Mon cœur se serra amèrement. Alors, ce que j’avais eu peur de penser était vrai. Éden n’avait vu en moi qu’un coup au lit dont il pouvait profiter régulièrement. Et pour ce faire, il avait usé de la pire manipulation qui soit.

– Tu n’es qu’un connard ! M’exclamais-je, hors de moi. Si tu ne voulais pas de sentiments, tu n’avais qu’à pas m’en donner. Parce que c’est ce que tu as fait pendant tout ces mois ! Tu n’as pas arrêté de me faire croire que tu ressentais quelque chose pour moi…

Les larmes me montaient aux yeux, mais je faisais tout pour ne pas y céder. Éden avait le regard fuyant et il voulu se retourner pour sortir. Mais de la même manière que la première fois, je le forçais à se retourner.

– Comme d’habitude, tu prends la fuite ! Criais-je. Tu… Tu aurais pu. Tu aurais pu venir me voir, ou m’appeler ne serait-ce qu’une fois… Dis-je plus bas et plus douloureusement.

– Je n’ai rien à voir avec ton accident ! Et notre aventure était terminée. Dit-il sur la défensive.

– A ton avis, dis-je alors que les mots dépassaient ma pensée. Pourquoi j’étais avec ce type…

Ma main lâcha son bras. Les larmes devenaient trop dures à retenir. Je savais très bien qu’il n’était pas responsable de cet accident. Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. Je lui en voulais juste de m’avoir fait croire à de l’amour, de m’avoir laissé plonger dedans, avant de d’avoir tout fait voler en éclat. Je lâchais soudain un petit rire ironique alors que des larmes commençaient à dévaler sur mes jours. J’étais pitoyable et pathétique, voilà ce que j’étais.

– Tu n’es pas responsable de cet accident, soufflais-je en me contredisant. Mais tu n’as pas fait mieux. Tu m’as détruit Éden… De la pire manière qui soit.

Je le contournais, ne volant plus le voir, ne voulant plus ressentir cette douleur.

– Je regrette… Chaque jour, je regrette de t’avoir connu…

Et sans un mot de plus, je quittais la salle le cœur en miette, m’éloignant de l’homme que je haïssais mais que je continuais d’aimer.

***

J’avais ramené du travail chez moi. J’avais fuis le label, n’ayant pas le cœur à croire une nouvelle fois Éden. Je m’étais plongé dans la musique, tentant de chasser mes pensées envers lui. Mais je m’interrompis brusquement de jouer lorsque j’entendis la porte d’entrée s’ouvrir violemment avant d’être claqué avec la même force. Les cris de Liz et de Joshua ne tardèrent pas à me révéler leur identité.

– Comment tu peux dire que je suis responsable ! Cria-t-il. C’est ton frère qui n’est qu’une ordure ! Tu as bien vu dans quel état il a mis Morgan ! Il l’a fait tout seul, sans mon aide !

– Tu n’as jamais eu confiance en lui, alors qu’Éden a apporté beaucoup à Morgan, cria Liz avec la même virulence. Tu n’as pas idée de ce par quoi il est passé.

– Et quel bien il a apporté à Morgan ? Répliqua Joshua, hors de lui.

– Quand il sortait avec Éden, il était beaucoup plus enjoué, heureux, et Éden était dans le même état. J’ai cru un instant avoir retrouvé mon frère et je me souviens que tu avais dit la même chose à propos de Morgan. Jules est peut-être ton ami, mais il n’est pas fait pour Morgan. Enfin Joshua, tu ne vois pas qu’il le prend par dépit, pour oublier Éden !

Mon cœur se serra. Liz me connaissait mieux que Joshua et cela m’effrayait. J’avais fini par me lever pour m’approcher le plus silencieusement possible de la porte entrouverte de ma petite pièce. Je pouvais les voir debout dans le salon, face à face, furieux. J’étais littéralement stupéfait de ce que j’entendais.

– Si tu ouvrais un peu les yeux, au lieu de te cantonner sur tes a priori, tu verrais que même si leur relation était bancale, elle était aussi belle que la nôtre, si ce n’est plus.

– Mais il a fini par jeter Morgan, de la façon la plus abjecte qui soit.

– Et c’est toi qui as empêché toute réconciliation ! C’est toi qui as interdit à Éden de venir le voir…

Je ne tins plus, je poussais la porte révélant ma présence et le visage de Joshua se décomposa en me voyant.

– Est-ce que c’est vrai ? Demandais-je d’une voix faible.

– Bien sûr que c’est vrai, répliqua aussitôt Liz en regardant tour à tour Joshua et moi. Il est venu la nuit même de ton accident. Mais Joshua l’a intercepté et lui a interdit de t’approcher ! Il lui a dit de t’oublier.

Mon regard se posa sur Joshua. Comment avait-il pu faire cela ? Il répondit à ma question muette.

– C’était uniquement pour te protéger Morgan…

– Depuis quand est-ce que tu prends ce genre de décision pour moi, tu n’avais pas le droit ! Criais-je furieux.

– Et depuis quand Éden fait ce que je lui dis ? S’il n’est pas venu te voir, s’il ne t’a jamais appelé, c’est bien que j’avais raison non ?

Ne se rendait-il pas compte à quel point il me faisait du mal. Liz me lança un regard peiné. Je ne savais plus où j’en étais. J’avais besoin d’air.

– Ce n’était pas à toi de décider pour moi, lâchais-je plus faiblement.

Je passais devant lui sans un regard de plus, attrapais ma veste et sortis, n’ayant pas la moindre envie de rester avec lui.

***

Je n’avais pas réalisé que nous étions en début de soirée lorsque je m’étais retrouvé dehors. N’ayant pas d’autre endroit où aller, j’étais retourné au label, me disant qu’il y avait peu de chance que je le croiser. Je me retrouvais donc à déambuler dans les couloirs déserts, me demandant ce que j’allais pouvoir faire, ayant laissé dans ma précipitation pour sortir, mes dossiers. Je n’avais pas envie d’aller chez Jules. Je n’avais pas envie de le voir. A vrai dire je ne voulais voir personne.

Les paroles de Liz me revenaient en tête, et j’avais du mal à réaliser qu’il était venu. Mon cœur s’emballait à l’idée que je m’étais peut-être trompé, mais les dernières paroles de Joshua revenaient balayer cet espoir. Mais que ce serait-il passé si Joshua n’était pas intervenu ?

C’est alors que perdu dans mes pensées, j’entendis cette même musique, venant de la pièce réservée aux Light Shade à l’autre bout du couloir. Je fronçais les sourcils et parcourus rapidement la distance qui m’en séparait. Il ne me fallut pas longtemps pour entendre sa voix, se mêlant si parfaitement à la mélodie que je m’arrêtais à l’embrasure de la porte entrouverte.

Je me surpris à vouloir écouter sa chanson. Cette voix si particulière celle qui m’avait fait chavirer à la première écoute me transperça une fois de plus. Mais ce qui m’étonna le plus furent les paroles. Si j’avais composé ce morceau en pensant uniquement à lui, j’avais l’impression qu’elles m’étaient adressées…

Mes yeux ne pouvaient le quitter, alors que je poussais doucement la porte, mais il était tellement concentré, les yeux fermés dans sa musique qu’il ne remarqua pas ma présence. Ce ne fut qu’à ce moment là que je remarquais ses traits tirés. La tournée avait du le fatiguer, et tel que je le connaissais, il avait du y mettre toute son énergie. Mais il avait aussi perdu un peu de poids. Je me surpris à m’inquiéter pour lui. Je me surpris à avoir envie de sentir sa chaleur contre moi, son parfum si particulier. Je voulais encore sentir la douceur de sa peau. Grisé par sa voix et ses paroles, je perdais pied. Cette solitude que je ressentais semblait amoindrie rien que par le fait de me retrouver dans la même pièce que lui.

– Tu m’as manqué, soufflais-je tout haut, sans m’en rendre compte.

Ce fut le fait qu’Éden s’arrête de jouer et ouvre les yeux surpris qui me fit le réaliser. Mon cœur se mit à battre terriblement vite alors que je me perdais dans l’océan de son regard.

– Et cette musique, je l’ai composé à cause de ça, ajoutais-je incapable de m’arrêter.

Je détournais le regard, en repensant à tout ce par quoi j’étais passé ces derniers mois. Je lui en voulais, je lui en voulais énormément mais je l’aimais.

– Ta chanson… Ce que tu en as fait… C’est magnifique, soufflais-je. Si tu la veux vraiment alors, prends-là…

Je voulu faire demi-tour et partir m’insoler, ayant peur de ce qui allait suivre, mais je fus retenu par le bras alors que j’arrivais devant la porte. Il me força à me retourner et je me retrouvais en face de lui, bien trop près.

Je pouvais sentir son souffle caresser mon visage. Je ne sus qui de l’un ou l’autre fit réellement le premier pas, mais je sentis ses lèvres se poser sur les miennes. Aussitôt, toute la foule de sentiments que je n’arrivais pas à dompter s’envolèrent, chassée par ce baiser. J’oubliais tout, je ne faisais que savourer ce simple contact qui m’avait fait défaut ces derniers mois. Un violent frisson me parcourut alors que sa langue se mêla doucement à la mienne. Une de ses mains se posa derrière ma nuque, tandis que mes bras l’encerclèrent, voulant le sentir plus près de moi. Le baiser gagna vite en intensité et pourtant, il y avait toujours cette tendresse si particulière que seul Éden savait m’offrir. Une de ses mains passa bientôt sous mon tee-shirt alors que nos lèvres se séparaient un bref instant pour reprendre notre souffle avant de se retrouver aussitôt. Collés l’un à l’autre, je suivis Éden qui me faisait marcher à reculons, me plaquant contre la porte qui se referma sous la pression. Sa main glissa sur le verrou qu’il tourna et très rapidement, son attention entièrement focalisée sur moi.

Ses lèvres glissèrent le long de ma mâchoire, me faisant frissonner, avant de dévier dans mon cou où elles se déposèrent comme des caresses. Son odeur m’enivrait, ce parfum si particulier qui le caractérisait tellement. Il reprit rapidement possession de mes lèvres pour un baiser langoureux et terriblement excitant. Lorsque nos lèvres se séparèrent, après ce baiser qui me laissait pantelant, Éden s’écarta légèrement de moi. Son regard voilé de désir croisa le mien, pour ne plus le quitter.

Ses mains remontèrent sur mes épaules pour faire tomber ma veste et lui laisser plus de liberté. Sans jamais lâcher mon regard, après un dernier baiser semblable à un effleurement, il se baissa et me mis à genoux devant moi. Sans attendre, ses mains se posèrent sur ma braguette, qu’il déboutonna avec lenteur. Mon pantalon ne tarda pas à tomber sur mes chevilles, suivit de près par mon boxer. Je ne pouvais pas nier mon envie de lui. Mon intimité éveillée par ses attentions parlait pour moi. Un sourire étira ses lèvres et sans jamais lâcher mon regard, il prit mon intimité entre ses doigts et sa langue passa sur tout le long dans un effleurement qui me rendit fou.

Je remerciais la porte qui me maintenait debout alors que je sentais mes jambes fléchir. Jamais Jules ne me faisait de fellation ou seulement en de rares exceptions qui se comptaient sur les doigts de la main. Je chassais cette pensée, ne voulant pas de Jules dans cet échange. Je ne devais pas penser, simplement me laisser aller à ce qui était en train de me faire me sentir bien, comme cela ne m’était pas arrivé depuis qu’Éden m’avait quitté. Ma main alla se poser dans sa chevelure si douce, l’incitant à aller plus loin alors qu’il prenait enfin mon sexe en bouche. Un gémissement franchit aussitôt le barrage de mes lèvres alors que je fermais les yeux, rompant le contact visuel face au plaisir que j’en retirais.

Je sentis Éden commencer des mouvements de succions, parfois rapides, parfois terriblement lents, devenant maître de mon plaisir. Je du plusieurs fois mordre ma lèvre inférieur pour ne pas crier et je retins à grand peine des gémissements. Les mains d’Éden ne restaient pas inactives, caressant ma peau en glissant sur mes fesses, mes jambes et mon bas ventre. Mais bientôt, il m’amena jusqu’au point de non retour. Dans un gémissement de pur plaisir, je ne pus que me libérer dans sa bouche, le souffle entrecoupé, foudroyé par l’orgasme qu’il venait de me donner à l’aide de cette simple fellation. J’ouvris les yeux pour croiser son regard. Éden était debout devant moi, en train d’enlever ses vêtements, me dévoilant son corps si parfait. Il s’approcha à nouveau de moi, ne gardant que son boxer et ses doigts s’activèrent sur les boutons de ma chemise, qu’il déboutonna un à un, un petit sourire étirant ses lèvres.

Bientôt, ma chemise alla rejoindre le reste de mes vêtements sur le sol. Son regard jusqu’alors gorgé de désir se fit brusquement plus douloureux. Ses doigts effleurèrent une partie de ma peau plus sensible, l’une de mes cicatrices qui finiraient je l’espère, par disparaître. Ne voulant pas le voir ainsi, ne voulant pas que cet instant cesse, j’attrapais sa main et m’emparais de ses lèvres. Dans ce baiser, je ne cherchais pas à lui cacher quoi que soit. C’était un baiser qui malgré tout ce qui s’était passé entre nous, était empli de l’amour que je continuais de ressentir pour lui. Un baiser où je lui traduisais l’étendue de ma vulnérabilité lorsque je me retrouvais à côté de lui. Un baiser qui lui prouvait au combien je le désirais, tout autant qu’il me désirait. En cet instant, je me moquais des conséquences passées et de celles qui pourraient se produire. Je voulais juste qu’il me possède entièrement encore une fois…

Éden me guida jusqu’au canapé, et je me laissais faire, restant collé à lui, ne voulant pour rien au monde rompre ce contact qui me faisait me sentir vivre à nouveau. Il me fit me mettre le ventre sur le canapé, à genoux sur le sol, et je cédais, sans résistance. Ses lèvres ne tardèrent pas à venir mordiller ma nuque, déposant en alternance des baisers papillons. Un violent frisson me saisit alors que je sentais son intimité éveillée se presser contre mes fesses, malgré le tissus du boxer. Lentement, ses lèvres descendirent le long de ma colonne vertébrale maintenant balafrée d’une cicatrice.

Bientôt ce fut avec surprise que je sentis sa langue glisser dans mon endroit le plus intimite provoquant chez moi mille sensations. Je portais ma main à ma bouche pour masquer un gémissement, même si peu de personne devait encore se trouver au label. Son doigt ne tarda pas à rejoindre sa langue et ce fut presque sans douleur que je le sentis s’insinuer en moi. Avec une patience déconcertante, il me prépara à sa venue. Éden avait cette particularité de se soucier du bien de l’autre et jamais il n’avait fait l’impasse avec moi. Bientôt, mon intimité reprit de la vigueur alors qu’un deuxième doigt me pénétrait. Sa langue était parti rejoindre mon dos, avant de déposer de nombreux baiser sur ma nuque et sur mes épaules. Au troisième doigt, je me crispais sous la douleur, et Éden redoubla de douceur.

Mon cœur brûlaient d’amour pour lui tandis que ma respiration s’accélérait sous le plaisir ressenti.

Lorsque les doigts d’Éden quittèrent mes fesses, et que ses deux mains se posèrent sur mes hanches, je regrettais presque de ne pas pouvoir croiser son regard. Son torse brûlant se colla contre moi et, comme s’il venait de lire dans mes pensées, il murmura de me retourner. Sans attendre, je fis ce qu’il attendait de moi.

Bien vite, je me retrouvais bientôt allongé sur le canapé, Éden au dessus de moi, ses deux bras posés de chaque côté de ma tête, me donnant cette impression d’être protégé. Mes jambes entouraient ses hanches comme pour l’empêcher de s’échapper. Ses lèvres recouvraient les miennes comme pour attiser un désir plus que présent. Son sexe dressé tout contre mes fesses me donnait envie de bien plus. Nos lèvres se séparèrent, et son regard s’ancra à nouveau dans le mien, le même regard que j’avais vu sur les photos de mon téléphone, ce regard qui me donnait l’impression qu’il était amoureux de moi. Peu à peu, je sentis son sexe entrer en moi, le plus doucement possible. Son regard ne me quittait pas, malgré le plaisir qu’il semblait prendre.

– Tu m’as manqué aussi, Morgan, dit-il dans un souffle qui fit battre mon cœur encore plus vite.

Et bientôt, alors qu’il continuait de s’insinuer au plus profond de mon être, ses lèvres recouvrèrent mes lèvres amoureusement. Éden avait passé tellement de temps à sa préparation que je ressentis presque aucune douleur. Et le peu que je ressentis avait été chassé par ses paroles et son baiser si doux et si tendre.

Progressivement, nos baisers gagnèrent en intensité et Éden commença à se mouvoir en moi, lâchant son premier gémissement de plaisir. Sa main se glissa entre nos deux corps et il commença à me masturber, toujours soucieux du plaisir que je pouvais prendre, comme jamais Jules ne l’avait été…

Dans ses bras, alors qu’il me possédait entièrement, alors que ses lèvres déposaient des baisers dans mon cou, j’eus brusquement l’impression de marcher au bord d’une falaise. Malgré tout ce qui s’était passé, je jouais encore à ce jeu dangereux pour moi. Éden sembla sentir mon trouble car ses lèvres recouvrèrent à nouveau les miennes pour un baiser fougue. Ses déhanchés plus amples et énergiques me ramenèrent uniquement à l’instant présent.

Nous nous étions manqués… Je lui avais manqué. Mon cœur battait diablement vite. J’avais l’impression d’être heureux, d’être moi, d’être là où je devais être. Nos corps parlaient pour nous, dominés pas cette soif insatiable l’un de l’autre. Je ne voulais pas que cet instant cesse, je voulais m’être réveillé d’un cauchemar.

Bientôt, je sentis le corps d’Éden se tendre, et ne tenant plus de mon côté, je bougeais le bassin à sa rencontre ce qui eut pour effet de s’enfoncer en moi encore plus profondément. Ceci eut raison de nous et nous fit voir les étoiles alors que nos lèvres se séparaient pour lâcher un cri de plaisir. Le corps d’Éden s’effondra sur moi et je le réceptionnais au creux de mes bras. Nos corps luisant de sueur, la respiration saccadée, nous avions du mal à nous remettre. Et pourtant, quelque chose attira mon attention. Je connaissais suffisamment le corps d’Éden pour le remarquer. Éden avait vraiment perdu du poids. Ce fut de l’inquiétude que je ressentis alors pour lui. Mais je n’eus pas le temps d’y penser plus longtemps. Déjà, les lèvres Éden posée près de mon cou se glissèrent sur mon cou, et je pouvais sentir son sexe en moi s’éveiller à nouveau.

Mes mains coururent le long de sa colonne vertébrale avant de se poser sur ses fesses. Nos lèvres se retrouvèrent une fois de plus. Avec plus d’impatience cette fois-ci.

Jamais je n’aurais pensé ce matin finir ici cette nuit, et pourtant, pour rien au monde je ne voulais que cela cesse…

***

Ce fut dans cette chaleur que j’aimais tant que j’ouvris les yeux. Mon corps courbaturé et le peu d’espace que nous avions dans ce canapé me ramenèrent brusquement à la réalité. Mon regard se posa sur Éden dont la tête était posée sur mon torse. Ses jambes étaient entrelacées aux miennes et sa main était posée sur mon ventre. Mon corps courbaturé par nos ébats me firent sourire en repensant à tout ce que nous avions fait.

Alors que je me laissais aller à passer lentement ma main dans son dos dans une caresse aérienne, mon geste fut interrompu par la sonnerie de mon téléphone qui réveilla Éden. Je m’extirpais alors de son étreinte, pour aller répondre. Mon cœur se serra aussitôt en voyant que c’était Jules.

– Morgan, je sais que je te réveille mais tu ne le regretteras pas. J’ai finis ma garde… Ajouta-t-il enjoué, est-ce que je peux te rejoindre chez toi.

Mon regard croisa celui d’Éden. Qu’est-ce que je venais de faire ?

– Morgan ? Tu es toujours là ?

– Je… Non… Soufflais-je me sentant de plus en plus perdu. Désolé mais je ne suis pas chez moi. J’avais du travail en retard alors je suis allé tôt ce matin au label.

– Il faut que tu lâches le boulot Morgan… Viens me rejoindre…

– Non, une prochaine fois, dit-je avant de raccrocher n’étant plus capable de lui parler alors qu’Éden s’était redressé, la tête posée sur son bras et me fixait.

Je m’en voulais mais je ne pouvais pas revenir sur ce que je venais de faire. Mon regard se posa sur l’heure de mon téléphone et comme je le craignais, il était six heures du matin, et nous avions une réunion dans cette pièce même dans trois petites heures. Sans perdre de temps, je m’habillais pour tenter de m’occuper et de pas céder à la panique. Je ne regrettais pas ce qui venait de se passer, mais cela venait de bouleverser mes résolutions. Et même si j’avais couché avec lui, je ne lui pardonnais pas. Et que pensait-il de son côté ? Plus que tout j’avais peur d’un nouveau rejet et je voulais m’en protéger. Alors que je finissais de m’habiller, enfilant mes chaussures, je levais la tête vers Éden qui me regardait toujours, n’ayant pas bougé du canapé.

– Tu devrais t’habiller, dis-je assez distant, ne sachant sur quel pied danser. Il ne reste que trois heures avant la réunion.

Éden s’assit sur le canapé lentement. Pour ma part, presque paniqué, je ramassais ma veste sur le sol et lui tendis ses vêtements. Mais au lieu de les attraper, sa main se ferma sur mon poignet qui tenait les vêtements.

– Morgan, dit-il en me forçant à le regarder. Qu’est ce que ça veut dire ? Cette nuit…

– Je ne sais pas, avouais-je sans un souffle.

Sa main relâcha mon bras, et son regard me sondait comme s’il cherchait ma véritable réponse. Mais je n’en avais aucune. C’était vrai. Je ne savais pas.

– Je… Je suis perdu Éden… Dis-je en posant ses vêtements sur le canapé à côté de lui.

Je voulu fuir et j’ajoutais toujours aussi déboussolé :

– A tout à l’heure… Pour la réunion… Soufflais-je en lui tournant le dos.

J’entendis Éden rire nerveusement dernièrement moi alors que je sortais, répétant mes derniers mots. Mais je n’eus pas le courage de me retourner. Je choisis de fuir. J’aurais aimé lui poser la même question, mais la réponse m’effrayait. Je lui avais manqué… Avec ces quelques mots, il m’avait fait espéré à nouveau. Par sa simple présence, il m’avait fait plonger à nouveau.

 

Ne pars pas – Chapitre 10

Chapitre 10 écrit par Mai-Lynn

La journée du lendemain se déroula exactement de la même ambiance que pendant le repas. Ma famille intégrait parfaitement Morgan et Joshua comme s’il faisait partit des nôtres, et j’étais heureux de leur offrir ce moment. Le matin,nous avions échangés nos cadeaux. Même si Morgan n’avait rien apporté, Joshua s’était chargé d’offrir des présents à toute ma famille et lorsque ma mère s’était excusé de ne rien avoir à donner à Morgan, je m’étais empressé de lui souffler que je me chargerais de ça quand nous serons de retour chez nous.

Nous étions maintenant installés dans le salon discutant des cadeaux, lorsque Théo déboula dans la pièce,sa nouvelle guitare entre les mains.

– Tonton ! Tu m’as promis !! Tu m’apprends à jouer ? Dit-il dans un sourire à tomber par terre

Un sourire étira mes lèvres et sans attendre, je me décalai pour qu’il vienne s’asseoir à mes côtés. En dehors de Liz et de ma mère, c’était le seul qui appréciait ma musique. Pas mal de posters à l’effigie de mon groupe étaient accrochés sur les murs de sa chambre et j’avais entendu Riley dire qu’il devait lui acheter mes albums à chaque fois qu’il sortait. Au fond de moi, j’étais heureux. Mais je n’arrivais pas comment mes propres frères et sœurs étaient incapables de voir mon talent alors qu’un enfant de son âge y arrivait.

Mais Théo était jeune et bien vite, sa concentration céda. Il retourna jouer avec ses cousins et je relevais la tête, trouvant tous les regards tournés vers moi. Un sourire étira les lèvres de mon père.

– Et si tu nous jouais un peu de ta musique ? Demanda-t-il en me montrant ma guitare du regard.

Mes yeux s’écarquillèrent en entendant ça. Pour la première fois, mon père me demandait de jouer pour lui. Étais-ce pour se moquer une nouvelle fois de moi ?Non, il n’était pas aussi cruel. Il voulait m’écouter. Un sourire étira mes lèvres et je sentis le trac monter en moi alors que je reprenais ma guitare, commençant à jouer.

Les notes commencèrent à fuser entre mes doigts et je me mis à chanter, ne me concentrant que sur ces paroles. C’était le moment de vérité et je le savais. Mon père allait décidé s’il aimait ma musique. Et mes frères ainsi que Norah allait suivre son avis. Ils allaient enfin découvrir une part de moi qu’il avait longtemps voulu étouffer, et tout cela était grâce à Morgan. Il avait prit ma défense. Il avait été là pour moi. Il m’aimait. Je sentis mon cœur battre violemment. Etais-ce si grave si je le laissais rentrer un peu en moi ? Étais-ce tellement grave si… Si je tombais un peu amoureux de lui ?Juste un peu ? Je ne voulais pas oublier Lucas. Je ne le voulais pas. Mais je devais être réaliste. Morgan avait réussit à s’insinuer en moi.

Les minutes passèrent, et lorsque j’eus terminé la dernier chanson, je décidais d’arrêter, commençant à avoir mal aux doigts.

– Encore ! S’écria Théo dans un large sourire.

Je lui rendis son sourire avant de voir que tout le monde me regardait, partageant l’envie de Théo. Alors j’avais vraiment réussi ? Mon regard se posa alors sur Morgan.Tout ça, c’était grâce à lui. Et uniquement à lui.

– Tu m’accompagnes ?

Morgan acquiesça, ravi et vent s’installer près de moi. Ses doigts prirent leurs aises sur l’instrument et nous nous mîmes à jouer les nouvelles chansons que l’on avait créé tous les deux. Un sourire étira ses lèvres et je sentis mes joues rougirent, peu habitué à ce genre d’attention de ma part. Morgan avait su attiser leur curiosité et bientôt, ils se rendraient vraiment compte de mon talent. Ce n’était juste qu’une question de temps…

**

Il était deux heures du matin et je ne dormais toujours pas. Près de moi se trouvait Morgan, allongé,dormant paisiblement. J’avais l’impression que tout avait changé entre nous maintenant. Et cela ne me faisait pas peur. Cela ne faisait pas peur mais mille et une question se formaient dans mon esprit.

Dans un soupire, j’enlevais les couvertures et me levais, tâchant de ne pas réveiller mon amant. Je sortis de ma chambre et descendit les marches pour aller dans la cuisine. Mais alors que je poussais la porte, je me figeais en découvrant Norah. Elle était assise sur une chaise, devant une tasse de thé fumante. Légèrement décontenancé par le fait de me retrouver avec elle, j’entrais sans un mot et ouvrait la porte du frigo pour prendre la bouteille d’eau.

– J’ai du mal à comprendre comment tu arrives à les rendre aussi fou de toi… Lança Norah en tournant sa cuillère dans sa tasse de thé.

– J’ai du mal à le comprendre moi aussi, répondis-je en serrant la bouteille d’eau dans ma main.

Je savais très bien où elle voulait en venir et je ne voulais pas d’une énième dispute. J’étais las de toutes ces tensions entre nous.

– Tu sais… Soufflais-je en me calant sur le plan de travail, j’étais vraiment amoureux…De Lucas.

– Je sais, répondit-elle en baissant la tête.

– Je veux dire…  ça n’avait rien à voir avec une amourette de lycée…Je… J’en étais vraiment amoureux.

Norah cessa de tourner sa cuillère etelle replia ses bras contre sa poitrine, le regard dans le vague.

– Je me suis toujours demandé ce qu’il te trouvait… Dit-elle au bout d’un moment, et je me suis toujours demandé pourquoi il ne m’en avait jamais parlé… De son attirance pour toi… Ou pour les hommes en général…

– Je pense qu’il savait que tu l’aimais…

Elle tourna alors vivement son regardvers moi, surprise.

– Je ne lui ai jamais rien dit, repris-je en haussant les épaules, mais je pense qu’il se doutait que tu étais amoureuse de lui… Depuis un moment. Tu étais sa meilleure amie, et quand tu t’es éloigné de lui à cause de moi, il a souffert.

– Vous êtes restés ensemble pendant quatre ans alors me perdre n’a pas du lui faire autant mal que ça.

– Si… Parce que tu étais sa confidente, mais qu’il savait que pour te garder comme amie, il devrait rompre avec moi et ça… On ne pouvait pas.

Un soupire s’échappa de ses lèvres et elle se leva, mettant sa tasse dans l’évier. Ses mains se posèrent alors sur le rebord du plan de travail et son regard se posa sur lejardin, recouvert de neige.

– Tu l’as oublié ? Demanda-t-elle après une longue pause.

– Comment est-ce que je pourrais… Soupirais-je, je passe mon temps à penser à lui…

– Pourtant tu as un nouveau petit-ami… Le premier depuis Lucas.

Mon cœur se serra en entendant cettephrase et je rangeais la bouteille dans le frigo, passant prèsd’elle.

– Je ne sais pas comment il a fait, soufflais-je la main sur la porte, mais il a réussit à trouver sa place dans mon cœur. Pour la première fois depuis bientôt cinq ans, je me sens bien Norah. Je ne sais pas ce que ça va donner… Je ne sais pas si j’ai vraiment envie de tourner la page… Mais je sais que même si j’essaye, je n’arrive pas à l’empêcher de laisser son emprunte sur moi… Comme Lucas avait réussit à le faire…

Et sans attendre, je sortis de la pièce et retournais dans ma chambre. Un sourire étira mes lèvres envoyant que Morgan dormait toujours, mais qu’il prenait maintenant la quasi-totalité du lit. Mon regard se posa alors sur ma table de chevet et je m’assis sur le lit, tirant le tiroir. C’était ici que j’avais emprisonné tout mes souvenirs de lui, ne pouvant m’en défaire. Mes doigts attrapèrent la première photo et un sourire triste étira mes lèvres en voyant Lucas me serrer contre lui.

J’avais 18 ans, et aujourd’hui,j’emménageais avec Lucas. Je crois que c’était le plus beau jour de ma vie. J’étais heureux comme jamais, encore plus que lorsqu’il me l’avait proposé. Je venais de commencer une fac de musique qui me prenait beaucoup de temps et les allers-retours entre l’université et la maison de mes parents étaient bien trop long, si bien qu’ils étaient d’accord avec ça, même si ma mère avait eu beaucoup de mal à me laisser partir. Mais cela faisait maintenant trois ans que nous sortions ensemble et je devenais de plus en plus dépendant des moments que je passais avec lui.

– Arrêtes de rêver et déballes les cartons ! S’écria Lucas, en sortant de la douche, une serviette sur les hanches et une autre sur sa tête pour se sécher les cheveux.

– Waw… Soufflais-je en passant mon regard sur son torse légèrement humide, je n’arrive pas à croire que je vais avoir le droit à cette vision tous les jours…

Lucas rigola et m’envoya laserviette qui lui séchait les cheveux en plein visage.

– J’ai fais de toi un pervers, dit-il en secouant la tête.

Il attrapa son pyjama et le mis alors que je continuais de déballer mes affaires. Je n’avais pas pris grand chose car cela faisait maintenant deux ans qu’il vivait ici. Lucas s’assit alors sur le lit et un soupire s’échappa de ses lèvres alors qu’il reprenait son livre d’histoire entre ses mains.Il était en troisième année d’histoire, dans le but de devenir professeur. Je pris alors un nouveau carton et un large sourire étira mes lèvres en y découvrant mon appareil photo. Vivement je le pris et pris la direction du lit.

– Tu n’es vraiment pas décidé à déballer tes affaires à ce que je vois, souffla Lucas, un petit sourire amusé aux bords des lèvres.

– Juste une photo et je m’y mets, promis, dis-je en arrivant à genoux près de lui.

Il posa alors son livre et me prit dans ses bras, collant sa joue contre la mienne. Un nouveau sourireétira nos lèvres et j’appuyais sur le bouton. Le flash se mit en route, immortalisant cet instant.

– C’est bon, maintenant tu ranges ? Me demanda Lucas en tournant la tête.

Mais vivement je vins m’installersur lui, posant mes mains sur sa nuque.

– Non, j’ai menti, du sexe et après je déballe mes affaires.

Mes mains remontèrent alors dans ses cheveux noirs de jais et je m’abaissais pour ravir ses lèvres. Cédant encore une fois,les mains de Lucas passèrent sous mon tee-shirt…

Un nouveau soupire s’échappa de mes lèvres et je rangeais la photo dans le tiroir. Mon regard se posa sur Morgan, qui dormait encore d’un sommeil lourd et je passais ma main dans ses cheveux. Je ne voulais pas donner de nom à notre relation. Je ne voulais pas qu’il m’aime. Je ne voulais pas de tout ça. Mais j’étais incapable de le refuser. C’était trop tard. Comme Lucas, Morgan s’était insinué en moi. Je jouais à un jeu dangereux, mais je ne pouvais plus m’arrêter. Lorsque je couchais avec n’importe qui, tous les souvenirs de ma vie avec Lucas refaisaient surface. Lorsque je couchais avec Morgan. Il n’y avait que lui.

Ma main descendit le long de son dos et je vins m’allonger près de lui. Fermant les yeux, je tentais à nouveau de dormir, bercé par la respiration demon amant…

**

Nous étions rentrés depuis deux semaines et nous avions repris le cours normalde nos vies. Le sujet des sentiments de Morgan n’avait pas étéremis sur le tapis, ce qui m’arrangeait beaucoup, car même si j’acceptais cette situation, je n’étais pas près à la clamer hautet fort.

Ce jour là, nous venions de faire l’amour dans mon salon à peine rentré d’une répétition, et c’est le corps recouvert de sueur que je me collais à lui. Mes mains passaient et repassaient sur son torse alors que je le regardais amusé, reprendre sa respiration. Mon regard se posa sur son visage légèrement rougit par le plaisir. Ses mèches brunes collaient à sa tempe et ses émeraudes s’ouvraient et se fermaient au rythme de sa respiration saccadée. Son nez aquilin, sa peau laiteuse… Il ne ressemblait en rien à Joshua.

– Joshua ? C’est vraiment ton frère ? Demandais-je tout à coup.

Je le sentis se crisper et ses sourcils se froncèrent. C’était un sujet qu’il n’aimait pas aborder et je le comprenais, mais j’étais curieux.

– On a grandit ensemble, dit-il après un temps, même si on a aucun lien de sang, nous somme frères.

– Pourquoi tu n’en parles jamais ? Soufflais-je en me redressant.

– Je… Je n’aime pas ressasser ça…

Un soupire franchit le barrage de mes lèvres et je reposais ma tête sur son épaule.

– Et moi qui te parle tout le temps de ma famille, j’ai l’ai d’un idiot…Dis-je dépité par mon manque de tact.

– Non, j’aime quand tu me parles de ta famille, s’écria-t-il vivement, dans un sourire.

Un sourire étirames lèvres et je passais mes doigts sur son torse. J’avais du mal à concevoir une vie sans famille, car la mienne était des plus envahissantes. C’est à ce moment là que je me rendis compte de tout ce qu’il avait manqué. Anniversaires, baptême, mariage, rire,dispute, amitié… Tous ces moment qui te faisait oublier ton sortpour te centrer sur les membres de ta famille. Des moment bêtes mais pourtant magnifiques.

Qu’est-ce qu’il se passe entre toi et Norah ? Demanda-t-il après un moment.

Je stoppais mes caresses, cherchant les mots pour lui répondre. Ce qu’il y avait entre nous ? C’était une histoire compliquée…

– Je lui ai piqué son mec, répondis-je en haussant les épaules, enfin, ils étaient amis mais on est sortit ensemble.

– Lucas ?

Je me crispais aussitôt à l’entente de son nom. Si j’étais curieux, Morgan l’était tout autant. Je voulais connaître son passé et pour cela,je devais me livrer moi aussi.

– Oui… Dis-je dans un souffle.

– Il sortait avec Norah ? Demanda-t-il d’une petite voix.

– Non, ils étaient amis. Et Norah était aveugle, elle n’a jamais remarqué qu’il était gay.

– Vous étiez amoureux ?

Je me figeais une nouvelle fois, mais finis par lui répondre.

– Oui, ça a été mon premier, lâchais-je sentant les larmes monter en moi, on était jeunes, et on ne voyait pas le mal que ça faisait à Norah…

– ça a duré longtemps ?

Mais c’était la question de trop. Je sentais mon cœur se serrer dangereusement et vivement je me relevais, attrapant mon pantalon pour l’enfiler.

– J’ai faim, lançais-je comme excuse, plus pour m’éloigner de lui.

Lorsque j’arrivais dans la cuisine, j’ouvris le robinet pour me passer de l’eau sur levisage. Parler de Lucas de cette manière était bien tropdouloureux. Et j’étais incapable de faire face à cette douleur maintenant…

**

C’était en courant que j’arrivais au label. J’étais une nouvelle fois en retard et un sourire étira mes lèvres en pensant que c’était la faute deMorgan. J’arrivais dans la salle de répétition essoufflé.

– Désolé, je suis encore en retard, dis-je en regardant mes amis s’entraîner sur la scène de la salle.

– Ce n’est pas comme si on n’était pas habitué… Lança Félix dans un sourire, sa basse à la main.

Je lui rendis sonsourire et regardais autour de moi, cherchant mon amant des yeux.

– Morgan est aussi en retard, fit Baptiste, comme s’il avait lu dans mes pensées.

– Ah, ok… Soufflais-je surpris.

Ce matin, il m’avait quitté pour aller se changer avant notre répétition de cematin. Mais il n’était pas encore arrivé. Je me retournais pouraller chercher ma guitare dans le placard à instrument. S’il étaiten retard, peut-être étais-ce parce que je l’avais épuisé une nouvelle fois. Je ne pu m’empêcher de rigoler sous cette dernière pensée.

**

Nous avions terminé la répétition et Morgan n’était toujours pas terminé. La tournée devait débuté la semaine prochaine et je commençais à avoir deplus en plus hâte. Nous étions près et il nous tardait de partir.

– Et combien de temps dure votre tournée ?

Je relevais la tête pour croiser le regard de Zayne, un collègue. Il était ingénieur du son et avait travailler avec Andrew sur notre nouvelle album.

– Deux mois et demi, répondis-je dans un sourire, d’ailleurs je crois qu’on passe dans ta ville natale.

– Oui je sais, je suis en vacance à ce moment là, et j’ai acheté ma place.

Un sourire charmeur étira ses lèvres il s’approcha un peu plus de moi. Il laissa sa main effleurer mon bras et son regard se fit transperçant.

– Peut-être que quand je viendrais, dit-il d’une voix séduisante, on pourrait refaire ce qu’on avait fait la dernière fois.

Un rire gêné s’échappa de mes lèvres. La dernière fois s’était déroulé lorsque nous avions signé le contrat avec le label, il y a quatre mois. Puis il y avait eu Morgan, et je m’étais uniquement concentré sur lui. C’est à ce moment là que je le vis justement passer près de nous sans même regarder. Au visage froid qu’il arborait, je su tout de suite que quelque chose clochait. Mes sourcils se froncèrent et je voulu le suivre, mais Zayne attrapa ma main, croisant une nouvelle fois mon regard.

– C’était bien la dernière fois, non ? Demanda-t-il de légères rougeurs sur ses joues.

– Désolé, mais je ne suis pas disponible pour l’instant, répondis-je en haussant les épaules.

– Tu es en couple ?

Je me figeais enhaussant les épaules. Etais-je en couple ? Je ne voulais pasl’être. Mais je voulais continuer avec Morgan sans donner de nom àce qui se passait entre nous.

– Je… C’est compliqué, dis-je en enlevant mon bras de sa prise.

Et vivement, je passais près de lui pour rejoindre Morgan. Je savais très bien où il se trouvait et je frappais aussitôt à la porte. Mais il ne répondit pas et je décidais quand même de rentrer. Il se trouvait assis devant son piano, le visage infiniment triste.

– ça va Morgan ? Soufflais-je surpris, Pourquoi tu n’es pas venu ce matin ?

De la tristesse il passa soudainement à la colère et porta sur moi un regard des plusnoir.

– Je ne suis qu’un plan cul, pourquoi mon état te préoccuperait-il ?

Je me figeais en entendant cette dernière phrase et fronçais les sourcils sous la surprise.

– Ok… Soufflais-je intrigué, qu’est-ce que j’ai fait ?

– Tout le monde ne tourne pas autour de toi ! S’écria-t-il en se levant et en rangeant ses affaires.

Si j’avais été calme jusqu’à présent, il n’en fut rien. Il était énervé et il passait sa colère sur moi, sans me dire ce qui n’allait pas.

– Enfin Morgan, tout allait bien ce matin ! Pourquoi es-tu aussi furieux ? M’exclamais-je en m’approchant de lui.

– Si ça te dérange, tu pourrais aller voir le blond que tu draguais il n’y a pas deux secondes.

Il était froid et distant. C’était un autre Morgan que j’avais devant moi, quelqu’un d’autre qui n’hésitait pas à m’envoyer promener.

– Mais qu’est-ce que t’as bordel ! Criais-je cette fois à bout.

– Je ne veux pas que couches avec quelqu’un d’autre. Souffla-t-il d’une petite voix.

Et c’est à cet instant que je compris. J’avais accepté ses sentiments. Je ne l’avais pas repoussé. Je m’étais surpris à vouloir plus. Et maintenant il voulait mettre des mots sur ce que nous faisions. Mais je n’étais pas encore prêt. Je ne voulais pas parler de ça. Je voulais que tout reste comme c’était avant. N’arrivait-il pas à comprendre qu’il n’y avait que lui et ce depuis trois mois ? La situation semblait lui aller encore ce matin… Pourquoi est-ce que tout devait changer maintenant ?

– On est pas en couple ! Laissais-je échapper, refusant d’aller dans cette direction, c’était notre deal dès le début…

Mais il ne voulait pas s’arrêter là. Il voulait beaucoup plus que ce que j’étais capable de lui donner à cet instant.

– Notre deal ? Dit-il, la voix désespérée, c’est plus qu’une histoire de sexe entre nous et tu le sais. Je suis amoureux de toi et tu ressens quelque chose pour moi. Sinon, ça ferait bien longtemps que tu m’aurais jeté.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je passais ma main sur mon visage, soudainement las.

– Tu vas trop loin Morgan, lâchais-je dépité.

– Pourquoi ? Parce que j’ai raison ? S’écria-t-il de plus en plus énervé, parce que je dis tout haut ce que tu refuses de voir ? Tout ça à cause de Lucas.

Je me figeais aussitôt à l’entende de son prénom et mon regard se fit noir. Iln’avait pas le droit de parler de lui. Il n’avait pas le droit de  prononcer son prénom.

– Laisse Lucas en dehors de ça ! Criais-je avec hargne.

– Pourquoi ? C’est un pauvre type qui t’a largué. Moi je suis là et je t’ai…

Je ne l’écoutais plus. Un pauvre type qui m’avait largué ? Si seulement tout était aussi simple. Une rage sans nom coula dans mes veines et sans vraiment pouvoir me contrôler, je parcouru la distance qui nous séparait, frappant du poing dans le mur pour le faire taire. Comment pouvait-il faire ça ? Comment pouvait-il parler de lui ?Mon cœur se serra dans la seconde. Je l’avais laissé faire. Je l’avais laissé m’aimer. Il n’y avait eu que lui pendant trois mois.Il avait rencontré ma famille. Je lui avais parlé de Lucas. Tout ça. Toute cette histoire, c’était encore de ma faute.

– Tu ne sais rien… Rien du tout…

Et il ne saurait jamais rien. Car c’était terminé. Je ne me laisserais plus faire.Je ne me laisserais plus avoir. Ceci… Ce semblant de relation…Notre marché… Tout ça ne rimait plus à rien maintenant. Il avait franchit la limite que je lui avais imposé et plus rien ne serait pareil maintenant.

– C’est finit… Soufflais-je plus froid qu’il m’était possible de l’être.

Et sans un regard, m’empêchant de réagir à la tristesse qui rongeait son visage, je me retournais et sortit de la salle en claquant la porte.

J’avais joué avecle feu. Et je m’étais brûlé. Mais cette fois, on ne m’yreprendrait plus…

**

Il était 22 heures et j’étais chez moi, assis sur mon canapé, à regarder les voitures rouler dans ma rue. Mes pensées ne cessaient d’aller et venir, mais concernaient à chaque fois Morgan. Je m’en voulais. Je m’en voulais de l’avoir fait tomber la dedans. En y repensant, j’avais la même chose avec Baptiste. Je l’avais fait tomber amoureux de moi. Et voilà comment tout ce terminait.

La porte d’entrée s’ouvrit à la volée, me faisant sursauter. Liz apparut devant moi, le téléphone contre l’oreille et regarda dans toutes les pièces avant de revenir dans le salon.

– Non, il n’est pas là, Souffla-t-elle à l’appareil.

Mes sourcils se froncèrent alors que son interlocuteur parlait, puis elle éloigna le téléphone de son oreille.

– Tu as vu Morgan aujourd’hui ? Me demanda-t-elle apparemment soucieuse.

– On est plus ensemble.

Les mots étaient sortis tout seul, sans vraiment que je le veuille. Nous n’étions plus ensemble, mais l’avions nous vraiment été ? C’était un beau gâchis. Liz écarquilla les yeux et je me levais, allant dans ma chambre. Là, je soulevais ma couette et allait m’y blottir.Quelques secondes plus tard, Liz vint me rejoindre sous les couvertures. Elle posa son regard soucieux sur moi et sa main vint caresser ma joue. Mon cœur se serra à la seconde et ce fut à cet instant précis qu’un sanglot remonta du tréfonds de mon être. Un sanglot dévastateur, ravivant la blessure d’il y a 5 ans…

**

– Pourquoi est-ce que tu l’as quitté ? Demanda Liz, près de moi.

– On était pas ensemble… Soufflais-je, allongé sur le dos, mon bras posé sur mon front.

– Alors pourquoi est-ce que tu as tout stoppé ?

– Parce qu’il est amoureux de moi.

Je me redressais alors, et m’assis dans le lit. Mon regard se posa sur le tiroir de matable de chevet. Ce même tiroir qui contenant des photos du seul homme que j’avais aimé.

– J’ai l’impression que je l’oublie… Murmurais-je tout bas.

– Grâce à Morgan ? Demanda Liz, en se levant à son tour.

– A cause de Morgan, rectifiais-je, et je ne veux pas de ça… Je ne veux pas qu’il m’aime.

– Et tu ne veux pas l’aimer…

Je ne répondis rien. Non, je ne voulais pas l’aimer. Je ne voulais rien ressentir pour lui. Parce que accepter tout ça, accepter de me mettre vraiment avec lui reviendrait à trahir Lucas.

– Tu sais…

Mais Liz ne pu continuer, interrompue par la sonnerie de son téléphone. Elle décrocha immédiatement en regardant le numéro.

– Oui Josh ? Dit-elle vivement.

– …

– Quoi ? Parles moins vite je comprends rien.

Je tournais alors la tête vers elle et je pu voir son visage se décomposer. Ses yeux se gorgèrent de larmes et elle mit sa main sur sa bouche alors que Joshua continuait à lui parler.

– On… On arrive, ne bouges pas… Souffla-t-elle avant de raccrocher.

– Qu’est-ce qu’il se passe ? Demandais-je en fronçant les sourcils.

– C’est Morgan… Il.. Il a eu un accident.

Mon cœur se brisa dans la seconde et je soufflais un « Non » à peine audible. Je me levais brusquement et attrapais mes chaussures pour les enfiler à la va-vite. Mais alors que j’allais sortir de ma chambre, je fus pris d’un malaise. J’avais mal. Terriblement mal.J’avais l’impression de rejouer l’instant le plus horrible de ma vie.

– Éden… Éden, est-ce que ça va ? Me demanda Liz en venant près de moi.

Et sans que je ne puisse faire quoi que ce soit, je sentis de nouvelles larmes couler sur mes joues. Vivement elle me prit dans ses bras.

– Il va bien… Dit-elle en passant sa main dans mes cheveux. Il va bien, il est seulement dans un sale état… Calmes-toi…Eden… ça va aller…

**

Nous étions entrain de marcher dans l’hôpital et plus le temps passait plus mon malaise grandissait. J’avais l’impression d’étouffer, de suffoquer.La main de Liz sur la mienne ne m’était pas d’un grand secours.J’avais l’impression de revivre un cauchemar. Et lorsque nous arrivâmes devant la chambre de Morgan, et que le vit allongé dans son lit, en salle état, mon sang se glaça dans mes veines. Il semblait dormir, profondément. Son visage était recouvert de bleus et de plaies fraîchement soignées. Torse nu, de nombreux bandages l’entouraient. Ses bras étaient eux-aussi recouvert de plaies.

C’est à ce moment la que le visage de Morgan changea. L’homme qui était devant moi n’était plus châtain, mais brun. Sa peau n’était plus laiteuse,mais bronzée. L’homme qui se trouvait devant moi n’était plus mon amant, non, c’était l’homme de ma vie.

Ma main se posa sur la vitre et je murmurais son nom, « Lucas », dans un souffle totalement désespéré. Les larmes tombèrent à nouveau sur mes joues et je répétais son nom, totalement envahit par ce mirage.Au loin, j’entendais Liz m’appeler, mais je ne pouvais plus l’écouter. J’avais mal. Mon monde entier s’écroulait une nouvelle fois et la réalité me semblait trop lointaine.

Mais brusquement,je fus plaqué contre l’un des murs de l’hôpital et ma tête heurta la surface si violemment qu’elle me ramena dans la réalité. Mes yeux croisèrent ceux de Joshua. Il arborait un regard froid, presque meurtrier. Son bras sur mon cou appuyait de plus en plus sur ma trachée, m’empêchant de respirer.

– Joshua, arrêtes ça ! S’écria Liz en essayant de l’éloigner de moi.

Mais il ne l’écouta pas et la repoussa violemment, la faisant tomber sur le sol.

– Tu l’as détruit Éden ! Souffla-t-il les dents serrés, tu n’es qu’une merde, tu l’as démoli. Tu l’as laissé tomber amoureux de toi pour le jeter juste après ! Comment est-ce que tu peux oser lui faire ça ? Comment tu peux oser te pointer ici !

– Joshua… S’exclama Liz, il… Il n’arrive plus à respirer.

Je sentais mon sang remonter dans mes tempes et le manque d’oxygène se faire sentir mais ce qui me faisait le plus de mal était ses mots. Parce qu’il avait raison.

– Ne t’avises plus de l’approcher, continua-t-il le regard noir, ne t’avises plus de vouloir revenir dans sa vie, ne l’appelles plus, ne fais plus rien… Et si je te revois avec lui, je te promets que tu le sentiras passer.

C’est seulement à ce moment là qu’il desserra sa prise et je tombais à genoux devant lui. Directement j’inspirais une grande bouffée d’air, posant ma main sur ma gorge qui me faisait incroyablement souffrir.

– T’es malade Joshua ! Cria Liz, le regard larmoyant en accourant vers moi.

– Si tu prends sa défense, tu sais où se trouve la sortie, lâcha-t-il sans la regarder.

Et sans un mot de plus, il rentra dans la chambre et baissa les stores, coupant ainsi tout lien avec Morgan… Comme il le souhaitait…

**

Cinq jours passèrent. Cinq jours durant lesquels j’avais suivi les conseils deJoshua et je n’étais pas aller voir Morgan. Il avait raison. SiMorgan était monté dans cette voiture, c’était de ma faute. Je l’avais poussé à aller voir ailleurs, sans m’inquiéter pour lui.Et même si j’appelais l’hôpital pour prendre de ses nouvelles,mêmes si j’entendais mes amis et Liz me dire qu’il allait bien, je n’arrêtais pas de me sentir coupable.

Ce jour-là,j’étais assis sur une chaise, revoyant l’une des partitions d’une ancienne chanson et les autres travaillaient de leurs côtés. Andrew déboula dans la salle, un énorme sourire aux lèvres.

– J’ai réussis à nous dégoter un bus pour la tournée, ça y est, vous êtes de vrais rock-star ! S’exclama-t-il joyeux.

– Un bus ? Demandais-je en fronçant les sourcils.

Mon regard se posa sur les membres de mon groupe qui avaient tous leurs regards baissés.

– Je pensais qu’on avait dit qu’il fallait repousser un peu la tournée, dis-je surpris.

– Non, c’est toi qui l’a dit, souffla Laura, d’une petite voix. Et on était d’accord avec toi parce que c’est vrai que maintenant Morgan fait parti de notre groupe, mais on ne peut pas le faire… On risque de louper notre chance.

– Et Morgan en est conscient, continua Baptiste, c’est même lui qui nous a demandé de partir.

– Si je comprends bien vous êtes prêt à abandonner l’un des nôtres, râlais-je en me levant.

Je ne les comprenais pas. Nous formions une famille et Morgan, au fil des répétitions avaient réussis à y gagner sa place. Je ne voulais pas oublier la tournée mais je voulais la repousser de quelques jours, pour être vraiment sûr que tout allait bien. Vivement, je rangeais ma guitare dans le placard et pris la direction de la sortie.

– On abandonne pas l’un des nôtres, S’écria Felix, la voix dure, on passe le voir tous les jours ! Et toi ? Quand est-ce que tu es allé le voir ?

– Tu sais très bien que…

– Que tu as fait le con avec lui ?

Je me figeais à la seconde. Comment était-il au courant ? Mon regard se posa sur Baptiste qui leva les mains.

– Je n’ai rien dit, souffla-t-il sérieux.

– Tu crois quoi, qu’on est aveugle ? Ça fait trois mois que tu te le tapes, et on le sait très bien. Tu as décidé de te le faire sans penser à notre groupe, très bien. Tu t’es attaché à lui et maintenant tu ne veux plus le voir, parfait ! Mais ne nous fait pas passer pour des méchants parce que ici le connard c’est toi, pas nous !

– Va te faire foutre ! M’écriais-je le regard noir.

Et sans attendre, je sortis de la salle en claquant la porte.

**

Un mois s’était écoulé depuis ma dispute avec Félix. Nous étions finalement partis en tournée et c’était tout simplement magique. Tous les trois jours, un nouveau concert, le plaisir de découvrir des fan, de jouer notre propre musique, d’être acclamé par le public, tout cela rendait cette première expérience de tournée exceptionnelle.J’aurais du être fier et heureux. J’aurais du être ravi. Pourtant je n’y arrivais pas. Même si je me donnais à fond pendant les répétitions et pendant les concerts, je n’étais pas vraiment là.Non, je pensais à Morgan.

Liz me donnait souvent de ses nouvelles. Il allait de mieux en mieux. Ses côtes cassées se remettaient en place et il avait pu rentrer chez lui.J’étais devenu dépendant de ces nouvelles même si j’étais incapable de les prendre par moi-même. Sa relation avec Joshua avait prit un coup et elle ne savait pas si elle voulait la poursuivre.Mais elle était amoureuse et ce genre de sentiment ne s’effaçait pas facilement.

Avec les autres membres du groupe, tout allait bien. Notre récente dispute avait été oublié comme mon histoire avec lui. Ils évitaient soigneusement de me parler de lui et je faisais la même chose.

– Éden, tu es là ?

Je baissais la tête au son de sa voix pour croiser le regard bleu foncé de Zayne.

– Je suis là, continues, lui répondis-je en posant ma main sur sa tête.

Il reprit alors ses baiser sur mon torse, attrapant mes tétons entre ses dents, suçant ma peau. Lorsque je l’avais croisé à notre concert, j’avais cru l’espace d’un instant qu’il allait me faire oublier Morgan. Mais rien n’y faisait, je n’y arrivais pas.

Ses lèvres descendirent le long de son torse et je fermais les yeux, tentant de savourer ses caresses. Il déboucla ma ceinture et passa sa main à l’intérieur de mon boxer. Mais je ne ressentais rien…

– ça ne va pas ? Demanda-t-il, surpris.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je le repoussais sans ménagement, agacé.

– Il faut croire que tu ne me fais plus d’effet, soufflais-je la voix dure.

Je refermais mon pantalon et attrapais mon tee-shirt. Zayne me regardait m’habiller,surpris.

– C’est mort pour ce soir, dis-je en me rhabillant, tu peux partir.

– Éden… Ce n’est…

– Dégages !

J’étais gêné autant que vexé et Zayne en faisait les frais. Il finit par acquiescer et attrapa sa veste avant de partir. Je me retrouvais seul dans ma loge et je m’assis sur le canapé, prenant ma tête entre mes mains. Ça ne pouvait plus durer. Je devais faire une croix surMorgan. Reprendre ma vie avant notre rencontre.

Mon regard se posa alors sur mon téléphone qui dépassait de la poche de ma veste et je le pris en main. Mon sang se glaça dans mes veines alors que j’avais un appel manqué, et ce n’était autre que Morgan. Pourquoi avait-il essayé de me téléphoner ? Les mains légèrement tremblantes, je composais le numéro de ma messagerie. Et lorsque j’entendis sa voix, je ne pu pas empêcher mon cœur de battre.

– Éden… C’est moi… Souffla-t-il, d’une petite voix, c’est Morgan.

Ma main serra le combiné un peu plus fort au fur et à mesure que ses mots m’atteignaient.

– Je ne sais pas si tu as fait exprès d’éviter cet appel ou si tu n’as pas entendu sonner je… Je voulais juste te dire que je suis désolé. Je suis désolé de m’être attaché à toi. D’être tomber amoureux de toi… Et je suis désolé d’avoir cru que c’était réciproque.

Un sanglot le secoua et j’appuyais ma tête sur ma main, sentant mon cœur se serrer.

– Tu me manques, dit-il après une pause, je suis pathétique. Je suis pathétique de croire que tu viendrais me voir, que mon accident te toucherait… Je… Je croyais que tu tenais un peu à moi… Il faut croire que je me suis bien trompé…

Il soupira et fit une légère pause, avant de reprendre.

– C’est finit…Je… Je ne veux plus t’aimer… Je veux t’oublier… Je… Je vais demander à être retirer de la composition de vos albums… Je ne viendrais plus te déranger Éden…

Et il raccrocha. Je sentis alors la solitude que j’avais ressenti ces derniers jours plus puissante que jamais. Je l’avais rendu amoureux de moi, et j’avais jouer avec ses sentiments. Fébrilement, mes doigts parcoururent les images de mon téléphone et je tombais sur les photos que j’avais fait un peu avant Noël. Mon cœur se serra un peu plus alors que je découvrais le sourire de Morgan, nos baisers enfiévrés et mon regard amoureux. Il n’étais pas le seul à s’être fait prendre au piège. Il pensait que je n’étais pas aller le voir parce que je ne ressentais rien pour lui… Mais c’était tout le contraire.

Rageusement, je lançais mon téléphone au travers de la pièce et il alla s’écraser sur le mur, tombant en milles morceaux sur le sort. C’est à ce moment là que Baptiste ouvrit la porte de ma loge. Son regard se posa directement sur mon téléphone cassé.

– J’ai hésité à venir te voir quand j’ai vu Zayne sortir en trombe d’ici… Dit-il en posant son regard sur moi, je crois bien que j’aurais du.

– Je n’ai pas envie de parler, soufflais-je en me levant.

– Pourtant tu en as besoin, Félix te l’a dit, on est pas aveugle, ça ne va pas.

Je ne répondisrien et allait me chercher une bière dans le mini bar.

– Liz n’est pas là, alors je veux bien être ton oreille attentive, fit-il en s’assaillant sur ma table.

– Je n’ai rien à te dire, répliquais-je en buvant une gorgée de ma boisson.

– C’est à propos de Morgan ?

Je me figeais en entendant son nom et un soupire s’échappa de mes lèvres. Cédant, j’allais reprendre ma place sur le canapé, calant ma tête sur le dossier de la chaise.

– ça ne devait pas se passer comme ça… Murmurais-je faiblement.

– Votre histoire ? Demanda Baptiste en fronçant les sourcils.

– Il ne devait pas tomber amoureux de moi.

– Ça ne se commande pas aussi facilement tu sais.

Je relevais alors la tête, pour croiser son regard.

– Je veux dire, même si je savais que tu ne voulais rien, même si je savais que que tu n’avais pas oublier Lucas… Je n’ai pas pu résister… La tendresse que tu mets dans tes gestes, ta façon d’embrasser, d’être proche… Tu dis que tu ne veux que du sexe, mais tu ne baises pas Éden, tu fais l’amour.

– J’ai toujours été clair, avec toi comme avec lui, dis-je légèrement énervé.

– Mais dans tes gestes, tu te contredis et ça…

Il fit une légère pause, pesant ses mots.

– ça c’est parce que Lucas te manque.

– Ne parles pas de lui… Murmurais-je en baissant la tête.

– Pourtant c’est lui le problème Éden… Tu veux être en couple… Tu veux retrouver tout ce que tu avais quand tu étais en couple, mais tu ne peux le faire qu’avec lui…. Mais il ne reviendra pas.

– Tu crois que je ne le sais pas ? Criais-je les poings serrés.

– Alors pourquoi tu ne tournes pas la page ?

– Quand tu passeras quatre ans avec quelqu’un et que du jour lendemain tout s’arrête, tu viendras me donner des conseils !

Enervé, je me levais et me dirigeais vers la fenêtre que j’ouvrais en grand.J’avais besoin d’air, maintenant. Baptiste resta assis sur la table sans rien dire, tandis que je me calmais. Mais je savais au fond de moi qu’il avait raison. Tout comme Liz, il me connaissait mieux que personne.

– Je suis désolé… Soufflais-je au bout d’un moment… Désolé de t’avoir fait souffrir.

– Tu sais… Je m’y attendais à ce que tu me largues… Répondit-il en haussant les épaules. Je savais que ça n’allait pas tarder et c’est ce qui m’a fait perdre la tête. Mais c’est à Morgan que tu devrais donner ces excuses.

Je me retournais alors vers lui, croisant son regard.

– Tu as accepté ses sentiments et tu lui as montré que tu en avais aussi pour lui… Et quand les choses se sont compliquées, tu as fui lâchement en lui brisant le cœur.

– Je ne voulais…

– Mais c’est ce qu’il s’est passé.

Il se leva alors et posa sa main sur la poignée.

– Même si tu ne le voulais pas, même si tu ne veux pas l’accepter, tu es tombé amoureux de lui… Que tu le veuilles ou non, tu es en train d’oublier Lucas…

**

Ce jour-là, nous avions rendez-vous avec le directeur du label qui était venu assisté à l’un de nos concerts la veille. Il était maintenant 10 heures et je me dirigeais vers la salle de conférence. Je fus surpris en découvrant tous les autres membres du groupe.

– Je suis en retard ? Soufflais surpris, en regardant ma montre.

– Juste à l’heure, répondit le directeur en faisant sursauter.

Il se trouvait dans un coin de la pièce, un peu en retrait, si bien que je ne l’avais pas remarqué lors de mon arrivé. Un sourire étira mes lèvres et je tendis la main vers lui pour le saluer. J’allais ensuite m’asseoir près de Baptiste.

Le directeur vints’asseoir en face de nous et commença à ouvrir un dossier nousconcernant.

– Je dois dire que cette tournée marche vraiment bien, commença-t-il, dans un sourire, sur les réseaux sociaux, on ne parle que de vous et les places restantes pour les prochains concerts ont vites été vendues.

Un large sourire étira mes lèvres et je regardais mes amis avec fierté.

– Le nouvel album semble prometteur, dit-il en lisant ses documents, andrew doit encore te faire enregistrer deux chansons qui ont eu un souci lors du dernier enregistrement Éden, mais sinon nous ne dépasserons pas la date de sortie prévue. J’ai vu avec votre agent et nous sommes en train de faire votre planning pour votre retour en ville.

Il referma alors le dossier et posa ses mains dessus. Son regard fit le tour de la table, semblant chercher ses mots.

– Maintenant j’ai une question à vous poser, dit-il, sérieux, est-ce que vous êtes satisfait de Morgan ?

A l’entente de son nom, je me figeais. Si le directeur nous parlait de lui, c’était parce qu’il avait voulu partir. Il l’avait vraiment fait. Il était vraiment prêt à couper tous liens avec moi…

– Bien sûr, souffla Félix, surpris, il nous a aidé à monter cet album du tonnerre, il est hors de questions qu’on s’en sépare.

– Je dis ça parce que vous étiez plutôt réticent au début…Déclara le Directeur en hochant la tête.

– C’est parce qu’on ne le connaissait pas, mais il est vraiment doué, renchérit Baptiste en se redressant.

Son regard se posa alors sur moi. Un regard perçant qui me mit mal à l’aise.

– Et toi, Éden, Qu’est-ce que tu en penses ? Demanda-t-il, dans un sourire.

Je sentis tout le monde se crisper autour de moi. A quoi bon aller dans leur sens ? J’avais déjà bien assez fait souffrir Morgan.

– Si vous êtes là, c’est parce qu’il a demandé à ne plus travailler avec nous, c’est ça ? Demandais-je en croisant son regard.

Un grimace étira ses lèvres et il se réinstalla sur sa chaise gêné. Tout le monde me regarda, semblant choqué par ce que je venais de dire.

– T’es vraiment con Éden, siffla Félix, les dents serrées,

– Calmes-toi Félix, répliqua Baptiste, le regard noir.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me levais, mettant mes mains dans mes poches et baissant la tête.

– C’est un compositeur hors pair…Soufflais-je après un temps, je crois que c’est nous qui avons vraiment de la chance de travailler avec lui… Mais si lui ne veut plus, nous n’avons pas à le retenir.

Je fis une légère pause.

– S’il veut vraiment tout arrêter, dîtes lui qu’il peut le faire.

Et sans rien ajouter de plus, n’écoutant pas les protestations de mes camarades, je sortis de la pièce, le cœur une fois de plus serré.

**

Un autre mois passa et nôtre tournée allait bientôt prendre fin. Ce voyage était toujours aussi magique, mais mon esprit était toujours ailleurs. Les mots de Baptiste résonnaient toujours dans ma tête et je n’arrivais pas à les croire. Je n’étais pas en train d’oublier Lucas. Cette douleur vive et lancinante qui me transperçait la poitrine à chaque fois que je pensais à lui était là pour me le rappeler. Je m’étais juste entiché de Morgan et j’étais incapable de penser à autre chose. Notre rupture n’avait pas été des plus facile. Il avait eu un accident et je m’en voulais d’avoir pris mes jambes à mon cou.Voilà tout.

Quelqu’un toqua à la porte à la porte et c’est dans un sourire que j’accueillis Liz et mes parents. Ils avaient fait quelques heures de route pour venir mevoir et je devais l’avouer que j’étais plus que touché. Mon cœur se serra à l’idée que s’ils étaient là, c’était uniquement grâce à Morgan.

– Alors, le concert vous a plus ? Demandais-je en me levant.

– C’est fou ce qu’il y avait comme monde ! S’exclama ma mère en me prenant dans ses bras.

Liz vint m’embrasser sur la joue, partageant mon sourire et mon regard croisa celui de mon père. Il resta quelques secondes à me regarder avant de rompre ce contact et de rougir légèrement.

– C’est vrai que vous êtes doué… Souffla-t-il gêné.

– Sérieux ? Demandais-je surpris.

– Figures toi que ton père à écouté plusieurs fois tes albums et il a fredonné quelques unes de tes chansons.

Un léger rire s’échappa de mes lèvres alors que je regardais mon père qui évitait soigneusement de croiser mon regard. Alors j’avais réussis.Il avait enfin vu que je ne faisais pas n’importe quoi. Que j’allais devenir célèbre.

– On va te laisser, souffla ma mère, nous avons de la route à faire et tu dois être fatigué.

J’acquiesçais et elle m’embrassa la joue. Mon père me fit une tape sur l’épaule et ils regardèrent Liz.

– J’ai besoin de parler à Éden deux minutes, vous ne pourriez pas aller voir Baptiste et les autres ?

– D’accord, on vous laisse, répondit mon père en attrapant la main de ma mère.

– Éden, tu n’oublies pas de venir manger à la maison à ton retour ! S’écria ma mère en passant la porte.

– Comment pourrais-je l’oublier vu que tu m’appelles tous les jours…Répliquais-je amusé.

Ils sortirent de la pièce en rigolant et je croisais le regard de Liz. Je su à la seconde que quelque chose n’allait pas. Elle lâcha un soupire etattrapa des feuilles de papier dans son sac avant de me les tendre.

– Morgan a composé ça l’autre jour…Dit-elle en guettant ma réaction, avant de la jeter à la poubelle. J’étais chez eux lorsqu’il l’a joué et c’est une mélodie infiniment triste… Je crois qu’elle parle de toi.

Mon cœur se serra dans ma poitrine et j’attrapais les partitions avant de les regarder.Je reconnaissais sa manière de coucher les notes sur le papier, deraturer pour recommencer. Et lorsque mon regard se posa sur une partition presque effacée par ce qui avait du être des pleurs, je du m’asseoir, le cœur serré.

– Pourquoi est-ce que tu me donnes ça Liz… Soufflais-je déstabilisé.

– Parce que même si il prétend le contraire, il attend ton retour… Et tu veux le revoir toi aussi.

– Ce n’est pas aussi simple…

– Non, c’est toi qui complique tout.

 Un soupire s’échappa de ses lèvres et elle s’approcha de moi pour m’embrasser la joue. Elle prit alors la direction de la sortie, mais se stoppa avant de sortir.

– Tu sais… Dit-elle dans un sourire, je pense que tu aurais moins mal si tu te laissais vivre juste un peu…

Et sans un mot, elle sortit de ma loge, me laissant seul avec ces partitions…

**

Il était 3 heuresdu matin et je n’arrivais pas à dormir. Allongé dans ma chambre d’hôtel, Laura et Baptiste sur les lits d’à côté, je n’avais decesse de me retourner encore et encore. Les paroles de Liz, de Baptiste et le message d’adieu de Morgan s’entremêlaient dans mes pensées. Dans un soupire, je me redressais, posant mon regard sur maveste où les partitions de Morgan dépassaient de la poche.

Mon cœur se leva et je décidais de me lever. J’attrapais mon jean et me rhabillais à la va-vite. J’avais envie d’écouter cette mélodie. J’avais envied’entrer dans la tête de Morgan l’espace d’un instant. J’attrapais ma veste et ma guitare et sans faire de bruit, je sortais de lachambre.

Quelques minutes plus tard, j’entrais dans une salle de réception vide et je m’assissur la scène. Je dépliais les partitions de Morgan devant moi et attrapais ma guitare.

Les premières notes de musique me serrèrent le cœur tellement elles étaient tristes. Et au fur et à mesure, la mélodie bien que magnifique, tombait de plus en plus dans la tristesse. Mes yeux se fermèrent une fois que j’avais mémorisé les accords et je me laissais aller.L’image de Morgan étendu sur le lit d’hôpital vint s’inscrire dans mon esprit et sans que je n’en prenne vraiment conscience, je me mis à chanter… Trouvant sans mal des paroles qui me concernait et qui concernait notre histoire, à Morgan et à moi.

Et alors que mes mots accompagnaient sa mélodie. Alors que je revoyais son visage rougir, ses baisers enfiévrés, sa douceur… Je me surpris à vouloir le retrouver. Je voulais le voir. Je me fichais totalement dece que m’avait dit Joshua, tout ce que je voulais maintenant, c’était le retrouver… Et m’excuser…

**

Il était maintenant 21 heures lorsque nous sortions du bus, complètement fatigué. La tournée était maintenant terminé et nous étions arrivés avec un peu d’avance.

– Je vous laisse, soufflais-je en mettant ma veste, tu peux ramener mes affaires chez moi ? Demandais-je en regardant Laura.

– Tu ne rentres pas ? Fit-elle surprise,

– Non, j’ai un truc à faire avant, tu diras à Liz que je me débrouille pour rentrer.

Et vivement je me retournais. Mon envie de le voir ne s’était pas tari, bien aucontraire. Je hellais le premier taxi qui passait et lui indiquait lechemin. Mais nous étions samedi soir et les bouchons se faisaient déjà entendre…

Mon portable se mit à sonner au bout de quelques minutes et je décrochais en découvrant le numéro de ma sœur.

– Éden, t’es où ? Demanda-t-elle vivement.

– En route pour aller voir Morgan, répondis-je en tendant quelques billets au chauffeur et en sortant de la voiture, je dois lui parler.

– Quoi ? Fit-elle surpris, non attends…

– Je te rappelle, j’arrive chez lui là, la coupais-je, avant de raccrocher.

Vivement, je montais les marches jusqu’à chez lui. Je sentais mon cœur faire des bonds dans ma poitrine au fur et à mesure que je me rapprochais de lui. Il allait sûrement m’engueuler, me traiter de tous les noms, me claquer la porte au nez et je comptais le laisser faire, avant de me faire pardonner.

Je frappais quelques coups sur la porte et posais mes mains sur l’embrasure, un sourire étira mes lèvres. Morgan ne tarda pas à venir m’ouvrir et il se figea en croisant mon regard, écarquillant les yeux.

– Alors, je t’ai manqué ? Soufflais-je dans un sourire, pour cacher mon appréhension.

Il ne répondit pas, se contentant de me regarder. C’est alors qu’un homme plus grand que nous deux arriva derrière lui, en fonçant les sourcils. Il était bond, les cheveux mi-longs avec de magnifiques yeux noirs,perçant. Sa peau bronzé lui donnait un air de surfeur et sa chemise ouverte, m’offrant une vue sur sont torse musclé me montrait à quel point il était canon. Mon regard se posa alors sur un bout de la table dans le salon parfaitement dressée, avec des bougies. Sur le sol, des pétales de roses. Et lorsque cet homme attrapa la main deMorgan pour lui demander si ça allait, je n’eu pas de mal à faire le lien. Il était en couple.

Un léger rire ironique s’échappa de mes lèvres alors que je baissais la tête.Liz s’était bien foutu de ma gueule.

– Je suis con…Murmurais-je, plus pour moi même que pour Morgan.

Je relevais alors la tête, tentant d’afficher un sourire, mais je savais qu’il sonnait faux.

– Désolé, je me suis trompé d’adresse… Dis-je en me remettant droit.

Mon regard croisa une dernière fois celui de Morgan et je me retournais. Quelques secondes plus tard, j’entendis la porte se refermer. Les larmes me montrèrent directement aux yeux mais cette fois, je ne voulais pas les laisser couler. Il m’avait bien eu. Il m’aimait ? Foutaise,il s’était juste laissé avoir par nos parties de jambes en l’air.Et moi j’étais tombé dans le panneau…

Mon regard se posa sur le bar en face de moi, et j’y entrais. Je n’allais pas pleurer.Je n’allais pas m’effondrer dans mon lit comme d’habitude. Non, j’allais boire. Et demain, lorsque je me réveillerais, Morgan serait définitivement rayé de mon cœur…

Ne pars pas – Chapitre 9

Chapitre 9 écrit par Lybertys

 

C’était furieux que j’étais rentré chez moi, la lèvre en sang et la main douloureuse.J’en voulais à Baptiste de son comportement si puéril. Voilapourquoi je ne voulais pas commencer cette histoire au début. Justement pour éviter ce genre de scène.

Un cri s’échappa de meslèvres et je me laissais tomber sur mon canapé, prenant ma tête entre mes mains. Immédiatement, le souvenir de la première fois oùje lui avais cédé me revint en mémoire.

– Sérieux, j’ai l’impression qu’il n’y a que moi que ça intéresse ! S’écria Éden énervé.

Sous le coup de lacolère, Éden sortit de l’appartement de Félix et Kelly. Depuis quelques temps, il trouvait que le label qui était chargé de lespromouvoir n’était pas assez tourné vers eux et Éden ne lesupportait plus. Certes ils avaient encore beaucoup à prouver, maisleur groupe était doué, n’importe qui pourrait le reconnaître. Seulement les autres membres ne semblaient pas aussi impliqués quelui.

– Éden !

Surpris, Éden se retourna pour croiser le regard de Baptiste. A cette époque, sescheveux étaient courts et quelques mèches rouges tombaient sur sesyeux sombres.

– Quoi encore ? Soupira Éden, las.

– Tu n’étais pas obligé de partir comme ça… Dit-il en mettant ses mains dans ses poches.

– Je suis le seul à vouloir plus pour nous !

– Bien sur que non, nous aussi on donne tout ce qu’on a dans le groupe, mais tu peux comprendre que des fois, on aimerait bien avoir du temps pour autre chose ! C’est un boulot à plein temps, qui demande beaucoup d’effort… Toi et moi on se débrouille seul depuis longtemps, mais pour Félix Kelly et Laura, ce n’est pas pareil. Félix et Kelly vivent leur histoire, et tu sais ce qui se passe avec les parents de Laura… Tu n’as pas le droit de leur reprocher ça.

Un soupire s’échappa des lèvres d’Eden et il donna un coup de pied dans un caillou prèsde lui. Baptiste avait mit le doigt sur ce qui faisait mal. Il savaittout cela mais sa soif de célébrité et de reconnaissance faisaitqu’il en voulait toujours plus. Baptiste passa son bras autour de sesépaules et il commença à l’entraîner.

– Allez viens, on va boire un verre, dit-il dans un sourire.

– Je pensais aller bosser un peu… Souffla Éden, légèrement boudeur.

Baptiste leva les yeux au ciel et ils prirent la direction du bar en face d’eux.

Les heures défilèrent et bien vite les deux amis commencèrent à devenir bien éméchés.Tout à coup le regard d’Eden croisa celui d’un homme en face de lui,pour ne plus le lâcher. Éden ne pu s’empêcher de lui lancer un sourire charmeur, amusé par son regard insistant.

– Pourquoi tu ne me regardes jamais comme ça ? Demanda soudainement Baptiste d’une petite voix.

– Quoi ? Fit Éden, surpris, en se tournant vers lui.

– Tu regardes ces gars…Comme si tu allais les bouffer, pourquoi tu ne me regardes jamais comme ça ?

– Peut-être parce qu’on est dans le même groupe et que je te connais depuis que je suis petit, répondit Éden, rigolant légèrement.

– Ou peut-être que c’est parce que je suis le cousin de Lucas.

A ce nom, Éden sentit son cœur se serrer atrocement et il reposa son regard sur son verre.

– Ne parles pas de lui… Souffla-t-il d’une voix dure.

– Excuses-moi.

Quelques secondes passèrent sans qu’aucun des deux hommes ne parlent. Puis Baptiste se leva et passa sa main sur la cuisse d’Eden.

– Qu’est-ce que tu fais ? Demanda Éden, surpris.

– Je veux que tu me regardes de la même façon, répondit Baptiste en posant ses lèvres sur celles d’Eden.

**

Ce fut la sonnette de la porte d’entrée qui me sortit de mes songes et je me levais, sentant la colère me gagner alors que j’étais prêt à parier que c’était Baptiste. Vivement j’ouvrais la porte, mais me figeais immédiatement en croisant le regard de Morgan.

– Je voulais juste te donner ça, me dit-il en me tendant un sac blanc, pour ta lèvre… Et maintenant je m’en vais, tu as sûrement envie d’être seul

Un petit sourire étira ses lèvres mais il était mal à l’aise. En y repensant, la manière dont je l’avais quitté la dernière fois ne pouvait que le mettre dans cet état. Mon regard se posa sur le paquet qu’il me tendait toujours et je lui cédais, une nouvelle fois.

– Non, c’est bon, tu peux venir. Soufflais-je en me retournant

Je lui laissais la porte ouverte et me dirigeais dans la cuisine. J’entendisMorgan refermer la porte d’entrée et j’attrapais une bière dans mon frigo. Lorsqu’il entra dans la cuisine à son tour, j’étais entrain de la décapsuler. Je la portais à ma bouche pour en prendre une gorgée, mais immédiatement l’alcool raviva la douleur de ma plaie sur ma lèvre et je me retournais pour cracher dans l’évier.

Morgan s’approcha alors de moi et attrapa ma main, me forçant à m’asseoir sur une chaise. Je me sentais mal et en colère. Lorsque j’avais accepté de commencé cette histoire, je n’avais pas penser aux risques. J’avais oublié que Baptiste pouvait facilement tomber amoureux. Et lorsque j’avais compris qu’il avait des sentiments pour moi, j’avais décidé de fermer les yeux. Finalement, tout était de ma faute.

Morgan attrapa une compresse imbibée d’alcool et commença à désinfecter ma plaie. Mon regard se posa alors sur lui. Que cherchait-il ici ?Que cherchait-il avec moi ? Je m’amusais avec lui. J’étais bien avec lui, mais est-ce que ma relation finirait de la même manière que celle que j’entretenais avec Baptiste ? Il s’assit en face de moi pour continuer à me soigner, mais mon téléphone se mit à sonner. Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me levais pour décrocher.

– Allo ? Soufflais-je sèchement.

– Éden… C’est moi…

A l’entente de la voix de Baptiste, je me tendis dans la seconde.

– Excuses-moi pour tout à l’heure… Je… Je ne voulais pas… J’ai été trop loin… Est-ce que je peux venir ? Demanda-t-il la voix suppliante.

– Je te l’ai déjà dit ! C’est terminé, et je ne reviendrais pas là-dessus. Répondis-je intraitable.

– Éden… Tu ne peux pas… Non… Je…

– Fous-moi la paix, j’ai besoin d’être seul.

Et sans attendre je raccrochais le téléphone. Morgan se leva soudainement et croisa mon regard, gêné.

– Je peux partir si tu veux, je ne veux pas m’imposer, dit-il avant de baisser la tête.

Mais moi je ne le voulais pas. Au final, je n’étais qu’un égoïste.

– C’est bon, j’ai juste dit ça pour qu’il me laisse tranquille.

Si Morgan fut surpris, il ne dit rien et alors que je reprenais ma place sur la chaise, il continua à me soigner. Je ne pu m’empêcher de grimacer sous la douleur et mon regard se posa à nouveau sur mon amant alors qu’il n’osait pas croiser mes yeux.

– Qu’est ce qui s’est passé tout à l’heure ? Me demanda-t-il tout à coup.

Je me tendis immédiatement. Comment pouvais-je lui avouer ce que m’avait raconté Baptiste ? Je ne le pouvais pas. Je ne le voulais pas.Baptiste avait dépassé les bornes. Il lui avait manqué de respect. Il m’avait manqué de respect. Car en y repensant, si Morgan couchais avec des inconnus, je faisais la même chose et même plus.

– Merci… Je sais pas ce qui s’est passé tout à l’heure, dit-il en arrêtant ses soins, mais je me doute que c’est par rapport à moi… Donc merci…

Touché, nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher. Il était beau.Il était même magnifique. Je sentis mon cœur se mettre à battre plus fortement dans ma poitrine alors que je rapprochais mes lèvres des siennes. Morgan parcouru le reste de la distance qui nous séparait et nos bouches s’effleurèrent. Ce n’était pas vraiment un baiser mais ce simple contact me fit tout autant de bien. Il s’écarta de moi et me refit m’asseoir pour reprendre mes soins.

Un léger sourire étira mes lèvres alors qu’il recommençait à prendre soin de moi. Et c’est à ce moment là que je réalisais vraiment. Il n’y avait plus que lui dans ma vie.

– C’est terminé avec Baptiste… Soufflais-je d’une petite voix.

Morgan ne pu s’empêcher de sourire en entendant cela et je rigolais légèrement.

– Tu pourrais jouer un peu la comédie et ne pas montrer que tu es si content…

– Je suis désolé… Souffla-t-il rouge de gène.

Son regard se posa alors sur le tube de crème et je sus à la seconde qu’il voulait me demander quelque chose.

– Éden… Avec moi… C’est finit aussi ? Demanda-t-il d’une voix faible.

C’était ce qu’il y avait de mieux à faire… Parce que je m’attachais à lui et que je ne le voulais pas. Tôt ou tard, il en aurait marre de cette relation. N’étais-ce pas plus simple de tout arrêter là ? De nous éparnier de la souffrance… C’est moi qui nous avait mit dans cette situation… C’était à moi de l’arrêter…Pourtant…Je n’y arrivais pas. Je ne voulais pas me séparer de lui…

– Est-ce que tu ressens quelque chose pour moi ? Demandais-je doucement.

– Je ne sais pas… Me répondit-il dans un souffle.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je baissais la tête, sentant mon cœur bondir dans ma poitrine en entendant cela.

– Moi non plus… Avouais-je d’une petite voix.

Je sentais Morgan rayonner mais je ne voulais pas lever la tête et croiser son regard. Comment était-ce possible ? Pourquoi le laissais-je allé là où j’avais toujours interdit Baptiste d’entrer ? La main de Morgan se posa sur mon menton et il redressa mon visage et posa ses doigts induits de crème sur ma lèvre.

– Il ne faut pas que tu tombes amoureux de moi Morgan… Soufflais-je la voix fébrile.

– Je sais… Me dit-il en attrapant une compresse.

Il termina de me soigner comme si je n’avais rien dit et lorsqu’il enleva sa main de mon visage, je l’attrapais, le forçant à croiser mon regard.

– Je suis sérieux Morgan.

Il ne devait pas m’aimer. Il ne devait pas tomber la dedans. Parce que je ne pourrais jamais lui rendre la pareille. Mon cœur était déjà pris…

Morgan se pencha alors vers moi et ses lèvres se posèrent sur les miennes. Cette fois, ce n’était pas une caresse mais un vrai baiser. Un baiser, doux et tendre, qui me fit frissonner autant qu’il me réchauffa à la seconde…

**

La nuit venait à peine de tomber et j’étais allongé dans mon lit, la tête posée sur le torse nu de Morgan. J’avais cédé. Je savais que c’était mal. Que j’aurais du m’éloigner de lui. Mais j’en étais incapable de le faire… Les caresses qu’il me faisait dans le dos m’apaisaient…

C’est alors que les paroles de Baptiste me revinrent en mémoire. Lorsqu’il était avec moi, il ne donnait pas l’impression de rechercher uniquement du sexe. Alors pourquoi couchait-il avec autant d’hommes ?

– Morgan… Je ne comprends pas, soufflais-je, pourquoi est-ce que tu couches avec tous ces hommes en boite ?

Je le sentis se tendre et je su à la seconde que ce n’était pas un sujet qu’il appréciait. Je me redressai alors, me mettant sur le côté,la tête posée sur une de mes mains.

– Je veux dire, repris-je pour me faire comprendre, ce n’est pourtant pas ce que tu donnes l’impression de chercher…

Morgan croisa alors mon regard et des rougeurs apparurent sur ses joues alors qu’il se lançait.

– Je… Avec eux, j’ai… J’ai l’impression qu’on s’intéresse à moi. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour me sentir vivre.

Alors c’était ça ? Juste un besoin de se sentir vibrer ? Ne se rendait-il pas compte du danger de la situation ? Coucher avec des hommes dont il ne connaissait même pas le nom, pire les accompagner chez eux. Dans un soupire, je me redressai et attrapai son téléphone. Morgan me regarda en fronçant les sourcils mais je ne m’arrêtai pas, enregistrant mon numéro de téléphone dedans.Lorsque j’eus finit, je lui tendis l’appareil.

– Voila, dis-je dans un sourire, tu peux m’appeler si tu as besoin. Et je me chargerai de te faire vivre autant de fois que tu veux.

Morgan fondit alors sur moi, plaquant ses lèvres les miennes avec fougue.Son baiser sauvage eu vite raison de moi et je me sentis exciter à nouveau. Comment faisait-il ? Je ne me lassais pas de lui… Et je commençais à croire que jamais je n’y arriverais…

– Prends ton temps Morgan, murmurais-je plus pour moi même, prends ton temps avant de le trouver…

Le trouver lui, cet homme qui l’arracherait à moi. Celui qui l’éloignerait de moi à jamais. Sans lui laisser le temps de répondre, je repris ses lèvres pour un nouveau baiser endiablé. Un nouveau baiser qui annonçait une suite des plus alléchante…

**

Et la semaine se déroula ainsi. Ma soif de lui était devenue comme insatiable, si bien qu’il avait passé toutes ses nuits dans mon appartement. Je n’avais pas peur de ce que je ressentais, mais je ne voulais pas réfléchir à ce que je faisais. Je m’amusais bien avec Morgan. Mes problèmes s’envolaient à la seconde où nos regards se croisaient et je me sentais terriblement bien lorsque nos corps fusionnaient. Mais il n’y avait pas que le sexe. Au niveau musical,nous nous complétions à merveille. Mais bien plus encore, nous avions développé une complicité qui me grisait. Il était devenu mon ami et mon amant. Parfois, la manière dont il arrivait à me comprendre m’effrayait mais je n’arrivais pas à m’éloigner de lui. C’était trop tard.

Je n’avais pas vraiment reparlé avec Baptiste. Lorsqu’il avait compris que je n’avais rien arrêté avec Morgan, il n’avait plus chercher à me convaincre. Nous ne nous parlions que lorsque nous étions vraiment obligés et je savais que je ne devais pas chercher plus loin. Il avait besoin de temps avant que je puisse regagner son amitié. Félix et Kelly avait tenté de savoir ce qui s’était passé mais aucun de nous n’avions voulu leurs répondre. C’était notre secret, à nous et nous l’emporterions dans notre tombe.

Ce matin là, Morgan avait encore passé la nuit chez moi et je m’amusais de ses réactions. Mes lèvres suivaient sa colonne vertébrale alors qu’il frissonnait de désir. Quelques soupires s’échappaient de ses lèvres lorsque je m’approchais de ses endroits sensibles, comme le creux de son dos, mais je n’allais jamais plus loin. Et pour pousser le vice un peu plus loin, je coupais net mes caresses pour le lever et enfiler mon pantalon. Un petit sourire en coin étira mes lèvres alors que Morgan lâchait cette fois un grognement de frustration avant de se relever légèrement.

Il se mit alors sur le dos, et je pu voir avec plaisir son sexe tendu.Immédiatement une vague de chaleur me submergea en comprenant l’effet que je lui faisais. Il prit une pose divinement sensuelle et sa main descendit le long de son corps. Si mon intimité n’était pas dans le même état que la sienne, je me sentis soudainement serré dans mon pantalon alors que sa main descendait de plus en plus.

– Bon, il ne me reste plus qu’à me soulager tout seul…

Il avait soufflé cette phrase dans l’unique but de me piéger mais le voir ainsi plus gêné qu’autre chose, rendait sa phrase totalement fausse. Je ne pu m’empêcher d’éclater de rire et Morgan ancra son regard dans le mien. Je ne pu tenir bien longtemps, pris à mon propre piège, et je revins sur le lit pour l’embrasser avec envie,encore et encore…

**

Morgan était finalement rentré chez lui en fin de mâtiné et j’avais décidé d’aller faire un tour au Label pour revoir revoir quelques accords sur la dernière chanson que j’avais écrite. Mais alors que je poussais la salle qui nous était attribuée pour le week-end, je me figeais immédiatement en croisant le regard de Baptiste.

– Désolé, soufflais-je surpris, je ne savais pas que tu devais venir.

– J’ai eu du mal hier sur une partie de la partition, alors je suis venu m’entraîner, dit-il en haussant les épaules.

J’acquiesçais et retrouvais ma place habituelle sur le piano de Morgan. Baptiste enfila son casque pour ne pas me déranger et il recommença à jouer. J’étalais les partitions devant moi avant d’attraper ma guitare et de commencer à jouer. Plusieurs minutes passèrent ainsi où nous travaillons chacun de notre côté. Mais au bout d’un moment, je sentis le regard de Baptiste se poser sur moi. Lorsque je relevais la tête, un soupire s’échappa de ses lèvres et il enleva son casque.

– Désolé pour ta lèvre, fit-il en haussant à nouveau les épaules.

– Désolé pour ton œil, répondis-je dans un petit sourire.

Même si on ne voyait presque plus son coquard, de légères ecchymoses vertes entouraient son œil. Il posa sa main dessus et répondit à mon sourire.

– Je crois que je l’avais bien mérité, je peux être un vrai connard dès fois.

Je rigolais légèrement et vint m’asseoir près de lui, ravi de le revoir me parler. Nous n’avions pas besoin de reparler de nous. Car il savait que j’avais pris ma décision.

– Alors comme ça ma partition est trop difficile pour toi ? Soufflais-je moqueur, comme si rien ne s’était passé.

**

J’avais passé le reste de la journée à répéter avec Baptiste, retrouvant l’ami que j’aimais tant à défaut de l’amant. Et une fois que nousétions partis du Label, nous avions pris la direction d’un bar pourboire un verre. Liz nous avait rejoins et quelques heures plus tard, je raccompagnais ma sœur à son appartement.

– Tu sais que Maman a engueulé Norah ? Me fit-elle dans un sourire.

– Pourtant je lui ai dis qu’elle était venue s’excuser, répondis-je surpris.

– Tu sais très bien qu’elle sait quand on ment…

Un léger rire s’échappa de mes lèvres.

– Elle doit avoir un radar, c’est pas possible, soupirais-je amusé.

– Et Norah a dit que tu avais mal compris… Bref, que c’était de ta faute…

– Comme d’habitude.

– Franchement, je comprends qu’elle t’en veuille parce que tu lui as piqué son amoureux mais ça devient pathétique et…

Mais elle ne pu continuer, la sonnerie de mon portable retentit. Mes sourcils se froncèrent en remarquant que c’était un numéro inconnu.

– C’est qui ? Me demanda Liz, tout aussi surprise, sachant que je ne donnais mon numéro qu’à quelques personnes.

Un sourire étira mes lèvres aussitôt. Ça ne pouvait être que lui.Vivement je décrochais, alors que ma sœur continuait à me regarder étonnée.

– Alors ma bouche sur ton corps te manque ? Soufflais-je amusé.

– Merde ! Tu lui as vraiment donné ton numéro… Répliqua mon interlocuteur après une pause, et ta proposition très peu pour moi, c’est Joshua.

Je perdis immédiatement mon sourire. J’avais bêtement espéré que pour une fois Morgan ait pris les devants mais je m’étais trompé.

– Oui je lui ai donné mon numéro, dis-je agacé, je suis pas aussi con que tu ne le penses. Si c’est juste pour ça que tu m’as appelé, je te laisse.

– Écoute, tant que je t’ai au téléphone, fit-il calmement, je voudrais m’excuser pour mon comportement de la dernière fois.

J’écarquillais les yeux, totalement décontenancé par ce revirement de situation.

– Euh… Ok… Merci…

– Tiens pour me faire pardonner, j’ai une idée ! Pourquoi tu ne nous rejoindrais pas, on va en boîte avec Morgan, on y sera dans un quart d’heure.

Je croisais alors le regard de Liz.

– Tu veux rejoindre Morgan et son frère en boîte ? Lui demandais-je.

Elle acquiesça vivement de la tête et je levais les yeux au ciel car jesavais que ce n’était pas de voir Morgan qui l’enthousiasmait à cepoint.

– Ok, on vous rejoins, mais je suis avec ma sœur, à tout de suite, lançais-je avant de raccrocher.

– Aaaah c’est pas vrai, il faut que j’aille me changer ! S’écria-t-elle en courant jusqu’à son appartement.

**

Nous arrivâmes un peu plus tard que prévu à cause de Liz et ses manies vestimentaires. Nous retrouvâmes Morgan et son frère installés à une table et lorsque le regard de Morgan se posa sur moi, je pu voir que je ne le laissais pas indifférent. Je pris place en face de lui, un sourire aux lèvres et Liz se mit près de moi. Les présentations furent faites et j’avais l’impression d’avoir devant moi un autreJoshua. Morgan avait sûrement du lui remonter les bretelles.

– Alors on fête quoi ? Dit Liz en levant son verre

– Notre rencontre, répondit aussitôt Joshua avec un sourire charmeur qui ne me plaisait pas.

Je lui lançais alors un regard noir et me rapprochais sensiblement de Liz.

– Pas touche à ma sœur, dis-je les dents serrés.

– Si je te dis la même chose pour mon frère, tu m’écouteras ? Fit-il dans un sourire arrogant.

Liz éclata de rire alors qu’il venait de mettre son doigt où ça faisait mal. Immédiatement je m’enfonçais dans le siège, boudeur.

– Allez, sérieusement qu’est-ce qu’on fête vraiment ? Répéta Liz.

– Mon nouveau boulot, répondit Joshua dans un sourire.

Et la discussion fut lancée. Liz bombardait Joshua de question même si je savais qu’elle ne cherchait juste qu’à le faire s’intéresser à elle. Mon regard se posa alors sur Morgan qui participait à la discussion dans le seul but de ne pas me regarder et un sourire en coin étira mes lèvres. Vivement, j’enlevais ma chaussure et commençait à lui faire du pied, sans aucune honte. Mon pied remonta le long de son mollet et je pu voir des rougeurs apparaître sur ses joues. Mais il ne m’arrêta pas, au contraire. Amusé de ses réactions, je montais de plus en plus haut, mais Joshua cassa toute l’ambiance.

– C’est ma tournée ! Qu’est-ce que vous voulez ?

Je commandais une bière et Morgan fit de même. Liz se leva pour l’aider et je remis ma chaussure. Un large sourire étira mes lèvres et vins m’asseoir près de lui, glissant ma main sur sa cuisse. C’est alors que Morgan tourna la tête vers moi et ses lèvres se posèrent sur les miennes, comme s’il était en manque de tendresse. Il descendit ses mains sur ma nuque et un frisson me secoua alors qu’une vague de désir me submergeait. Mais un raclement de gorge mit fin à cet échange des plus sensuels.

– On vous dérange peut-être, souffla Joshua alors qu’il s’assit sur le siège en face de nous.

Liz vint s’asseoir près de lui et immédiatement je lui envoyais un regard noir qu’elle me renvoya aussitôt. J’avais très bien compris son manège. Si j’avais horreur qu’on se mêle de mes affaires,j’étais incapable de laisser Liz se débrouiller toute seule. Ma main sur la cuisse de Morgan continua ses caresses et je remontais petit à petit. Je pouvais voir les joues de mon amant s’empourprer mais pas une seule fois il ne l’enleva.

S’il ne parlait plus, savourant mes caresses, J’arrivais très bien à participer aux échanges entre Liz et Joshua. Cependant, alors que je sentis la main de Morgan se placer sur ma cuisse, je manquais de m’étouffer.

– ça va Éden ? Demanda Liz, surprise.

– Je… J’ai avalé de travers… Soufflais-je surpris.

Mais d’où lui venait cette soudaine assurance ? Un sourire étira mes lèvres alors que je croisais son regard, commençant à ne plus pouvoir masquer le désir que je ressentais pour lui. La nuit dernière, nous avions passé la nuit à coucher ensemble, un nuit démentielle et pourtant j’en voulais plus. Je le voulais encore.Morgan se pencha vers moi, comme pour m’achever et ses lèvres se mirent tout contre mon oreille. Sa main remonta, effleurant maintenant mon intimité.

– Pour répondre à ta question, murmura-t-il sensuellement, oui, ta bouche sur mon corps me manquait.

Je me tendis à la seconde alors que mon corps entier était secoué par une vague de désir. Mais où était le Morgan timide que j’avais rencontré il y a deux semaines ? Soudainement, il coupa court à ses caresses et se leva.

– Je vais danser, dit-il dans un sourire.

– On te rejoint dans un moment, lui répondirent Joshua et Liz.

Il se retourna alors et alla sur la piste de danse. Mon sang ne fit qu’un tour alors que déjà, des regards se tournaient sur son passage. Non… Il était hors de question qu’il ne m’échappe maintenant.Vivement, je me levais et allais le rejoindre. Mes deux bras encerclèrent sa taille et je me collais à lui.

– J’aimerais bien te faire danser d’une autre manière… Murmurais-je charmeur.

Morganse tourna vers moi , le rouge aux joues.

– Tu vas devoir attendre, souffla-t-il dans un sourire, car je préfère un lit aux toilettes…

Un soupire s’échappa de mes lèvres alors que mon envie de lui était incapable de me faire patienter. Comment y arrivait-il lui ? Ses bras passèrent autour de ma nuque et ses lèvres se posèrent dans les miennes dans un baiser qui me fit chavirer. Son corps se pressa contre le mien et un frisson de désir nous secoua alors que nos intimités se frôlaient. Il était dans le même état que moi.Lorsque l’air vint à nous manquer, je collais mon front contre le sien, n’en pouvant plus.

– On va chez toi, c’est plus près, dis-je le regard enfiévré.

Morgan posa son regard sur Joshua et Liz, toujours attablés. Tant pis, pource soir, je la laissais tranquille.

– J’avais prévu de rester les surveiller avant mais… Je ne pus plus attendre, ton frère n’a pas intérêt à faire le con…

**

Ce fut courbaturé que je me réveillais le lendemain. Mon regard se posa sur l’autre côté du lit et je réalisais que Morgan n’était plus là. Un sourire étira mes lèvres alors que je me mettais sur le dos, prenant toute la place. Morgan était un bon coup, c’était indéniable. Combien d’hommes avait-il comblé avant moi ?Comment faisait-il pour être encore célibataire alors qu’il avait toutes les qualités pour ne pas l’être ? Voila encore des mystères que je ne comprendrais jamais…

Mon regard se posa autour de moi, me relevant légèrement sur mes coudes. Mes sourcils se froncèrent alors que je remarquais pour la première fois qu’il n’avait aucune photo. Mon appartement à moi était remplit de photo de mon enfance, de mes amis, des voyages que j’avais pu y faire, mais ici il n’y avait rien.

Je secouais la tête pour chasser tout ces questions et me levais,cherchant mon boxer. Je sortis ensuite de la chambre et j’entendis les notes de musique. Un sourire sur les lèvres, j’allais vers son petit studio de musique, sans y entrer. Je m’accoudais à la porte et le regardait jouer de cet instrument. Il était doué. Il aurait très bien pu devenir célèbre et je ne comprenais pas pourquoi il n’en avait pas envie. La renommée, c’était tout ce que j’attendais.

– Tu es là depuis longtemps ? Me demanda-t-il en croisant mon regard.

– Un petit moment, lui répondis-je dans un sourire, je peux entrer ?

– Je… Oui…

Je vins directement m’asseoir sur son petit banc.

– Continue, ne t’arrêtes pas, dis-je aimant le regarder jouer.

Morgan se retourna vers son instrument et il souffla pour se concentrer. Ses doigts se posèrent sur les touches d’ivoires et mon cœur se mit à battre alors qu’il rejouait son morceau. Là, ses sourcils froncés sous la concentration, son air déterminé, son amour évident pour la musique, il était plus beau que jamais. Mes lèvres se posèrent sur sa mâchoire et je laissais mes doigts glisser dans son dos.Morgan fit une fausse note sous la surprise et il s’arrêta.

– Continue, murmurais en attrapant son lobe d’oreille entre mes dents.

Je jouais avec lui, comme j’aimais tant le faire. Mais c’était aussi de sa faute. Il avait ce pouvoir sur moi… Ce don de le rendre irrésistible…

– Alors comme ça, soufflais-je charmeur, ma bouche sur ton corps te manquait…

Mes lèvres descendirent vers son cou avant de descendre embrasser ses épaules. Il luttait pour ne pas faire de nouvelles fausses notes et je m’amusais de le voir aussi tenace. Ma main sur sa cuisse le caressait sans aucune honte alors que l’autre descendait dans son dos, voulant rejoindre un endroit bien précis. Morgan réussit à finir son morceau et il se releva, m’attrapant par le bras.

– Où est-ce qu’on va ? Demandais-je surpris alors qu’il m’emmenait hors de la pièce.

– Sous la douche, dit-il en marchant plus vite, pour calmer tes ardeurs…

Je ne pu m’empêcher de rire, le laissant prendre les rennes, ravi de voir mon envie dévorante partagée…

**

Une heure plus tard, nous étions installé dans sa cuisine en train de déjeuner. C’est alors que la porte s’ouvrit, dévoilant Joshua dans les mêmes habits que la veille.

– Où est-ce que tu étais ? Demanda Morgan, surpris.

Joshua ne répondit pas, mais un sourire étirait ses lèvres.

– Ne me dis pas que tu as passé la nuit avec ma sœur ! M’écriais-je alors qu’il s’assit sur une chaise.

Si et c’était une belle soirée… Lança-t-il rêveur.

Immédiatement une rage sans nom se déversa en moi et je me levais, lui envoyant un regard noire. Quelle idiote. Je lançais un « A plus tardMorgan » avant d’attraper mes affaires et de sortir en claquant la porte.

Quelques minutes plus tard, j’arrivais devant chez Liz et tambourinait sur sa porte. Elle mit un peu de temps avant de venir m’ouvrir, en pyjama,le visage fatigué.

– Non mais ça ne tourne pas rond chez toi ! M’écriais-je en rentrant.

– Je peux savoir ce qui se passe ? Souffla-t-elle dans un bâillement.

– Te faire le frère de Morgan ! T’es tarée ou quoi ? Je te signale que Morgan m’a dit qu’il se faisait tout ce qui bouge !

– Je te signale que toi aussi et pourtant il te laisse sortir avec son frère.

Je lui lançais un regard noir avant d’enlever ma veste et de la balancer sur son canapé.

– Ah parce que tu restes là ? Souffla-t-elle, déçue.

– On est dimanche, on reste ensemble le dimanche…Dis-je, surpris.

– Oui mais j’ai pas dormi de la nuit, et ce soir je le revois donc…

– Non, tu rigoles tu vas encore te le faire ?

– Attends, on a pas couché ensemble si c’est ça qui te met en colère.

Je me figeais immédiatement, croisant mon regard dans le sien.

– Ah bon ?

– Non, dit-elle en allant dans sa cuisine pour se prendre une tasse de café, on a passé la nuit à discuter.

– Et ce soir ?

– C’est un rendez-vous… Il m’emmène au restaurant.

Elle attrapa ma main et m’obligea à m’asseoir sur le canapé avant de m’y rejoindre et de poser sa tête sur mon épaule.

– Il est trop beau Éden… Trop, trop canon… Souffla-t-elle avec le même air rêveur que Joshua arborait ce matin, et il est gentil, intelligent… Ah je meurs…

– Ouais… Niveau physique, je préfère Morgan… Dis-je dans une grimace.

– Tant mieux, comme ça je n’ai pas à craindre que tu me le piques.

Je la fusillais du regard et elle éclata de rire. Ce genre de commentaire étaient devenus une habitude entre ma famille et moi, depuis que c’estce que j’avais fait à Norah.

– Et bien… Moi qui fait de Morgan mon plan cul et toi qui sort avec son frère… Je ne sais pas où ça va nous mener ça… Dis-je en m’étirant, légèrement amusé.

**

Trois mois s’étaient écoulés depuis ce moment. Trois mois magnifiques…Démentiels… Trois mois de pure bonheur.

Au niveau professionnel, tout allait bien, même extrêmement bien même. Après avoir terminé l’écriture des nouvelles chansons avec l’aide de Morgan, nous étions entrés en phase d’enregistrement. Alex, notre manager, nous avait programmé une tournée de deux mois et demi où nous interpréterons les chansons les plus connus des derniers albums vendus. C’était notre première vraie tournée et c’était avec plaisir que je pouvais voir certaines villes afficher « complet » pour nos concerts. Après cette tournée, nous entamerons la promotion du nouvel album, les tournages de clip et une nouvelle tournée. J’avais de plus en plus hâte. J’avais l’impression d’enfin toucher mon rêve du bout des doigts et cela me grisait, autant que ça grisait Laura, Baptiste, Kelly et Félix. Nous étions sur notre petit nuage et Morgan avait beaucoup de mal à nous canaliser lors de nos répétitions pour la tournée.

Ma relation avec Baptiste était revenue au beau fixe. Notre amitié était redevenue celle qu’elle était avant toutes nos coucheries, et même si je sentais quelques fois le regard de Baptiste posé sur moi d’une manière plus qu’amicale, jamais je ne le croisais. Je ne lui donnais plus de faux espoirs, car il n’y aurait plus rien entre nous. Et il l’avait compris.

Liz et Joshua était désormais un couple depuis maintenant trois mois. Même si au début, je n’étais pas vraiment d’accord avec le choix de ma sœur, j’avais fini par m’habituer à sa présence et à le voir avec elle. Elle semblait heureuse et c’est tout ce qui m’importait au final. Nous avions même fini par nous entendre au niveau du sport. J’étais un fan de Foot et Joshua l’était lui aussi, ce qui nous avait au moins donné un terrain d’entente. Mais jamais nous ne parlions de ma relation avec Morgan.

Cette relation quand à elle était restée la même. Morgan et moi couchions ensemble et à chaque fois, c’était les portes de l’extase que nous décrochions. Durant ces trois mois, même si je n’aimais pas l’avouer de peur de rendre cette histoire trop sérieuse, je n’avais coucher qu’avec lui, et ce pratiquement tous les soirs. Il me suffisait et je savais que je lui suffisait aussi. Mais nous n’en parlions jamais.

Ce jour-là, nous étions la veille de Noël et je devais partir chez mes parents pour le réveillon avec Liz et Joshua. Morgan avait prévu d’aller au repas organisé par le label, si bien que nous ne nous verrions pas pendant deux jours. Alors je profitais de lui encore un peu. J’étais au dessus de lui, embrassant sa peau nue alors que ses doigts s’entremêlaient dans mes cheveux.

– Tu devais pas rentrer chez toi ? Souffla Morgan, en rigolant sous mes caresses.

– Encore un peu… Répondis-je en descendant au niveau de son nombril.

Mes mains descendirent sur ses fesses que je massais sans aucune pudeur.Morgan se mordit alors la lèvre en fermant les yeux et je remontais,embrassant son cou.

– Tu devrais te faire un tatouage… Dis-je tout contre sa peau.

Je laissais alors mes doigts glisser le long de son torse pour atterrir sur son bas-ventre que je caressais doucement.

– Tu pourrais écrire mon prénom… Comme ça tout le monde saura que tu es à moi… Dis-je en rigolant légèrement.

Mes lèvres descendirent dans le creux de son cou et ses jambes et Morgan écarta un peu plus les jambes, collant son intimité dressée contre la mienne dans le même état. A ce contact je ne pu m’empêcher de rire.

– Tu vas me manquer… Souffla tout à coup Morgan, des rougeurs parsemant ses joues.

– Je reviens dans deux jours, répondis-je amusé.

– Non… Quand tu seras en tournée, tu vas me manquer.

Un sourire étira mes lèvres et je me redressais pour ravir ses lèvres dans un doux baiser. Morgan entrouvrit ses lèvres dans la seconde et lorsque nos langues se retrouvèrent, un frisson me secoua. Nous nous séparâmes seulement lorsque l’air vint à nous manquer et j’attrapai mon téléphone dans la poche de mon jean par terre.

– Qu’est-ce que tu fais ? Me demanda-t-il surpris.

– Attends j’ai une idée.

Je me redressais alors en cherchant l’application dans mon téléphone et lorsque je tournai la tête vers lui, Morgan s’était relevé sur ses coudes, me détaillant sans aucune pudeur.

– Et après c’est moi le pervers ! M’écriais-je en rigolant.

Des rougeurs colorèrent ses joues et je le pris en photo. Je m’allongeais alors sur lui et pris une nouvelle fois ses lèvres pour un baiser fougueux. Mon bras se tendit alors et je pris une nouvelle photo. Pleins d’autres suivirent par la suite jusqu’à ce que nous nous séparions, à bout de souffle. Je me mis ensuite sur le ventre près de lui et commençais à les lui envoyer sur son téléphone.

– Comme ça, dis-je dans un sourire charmeur, quand je te manquerai trop, tu les regarderas et tu repenseras à cette nuit…

Je m’approchais à nouveau de lui, mes lèvres retrouvant son cou.

– Et tu pourras même te soulager en pensant à moi… Repris-je dans un sourire.

– Oui, c’est définitivement toi le plus pervers de nous deux, souffla Morgan alors que ses mains descendait dans le creux de mes reins.

Mais alors que nous étions à deux doigts de céder à nouveau à nos pulsions, la porte d’entrée claqua et Joshua cria un « Je suis rentré Morgan ! » bien fort. Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me relevais.

– Je comprends pas pourquoi tu as voulu qu’il vienne habiter chez toi… Grognais-je en attrapant mes affaires, sachant qu’il ne voudrait rien faire alors que son frère était à côté.

Morgan rigola et se leva à son tour et enfila son pyjama. Nous prîmes ensuite la direction du salon pour trouver Joshua devant la télé.

– T’es encore là toi ? Souffla-t-il étonné.

– Ne t’en fais pas, je m’en vais, vous nous rejoignez chez mes parents ? Dis-je en mettant ma veste.

– Ouais, on doit passer te prendre ?

– Non, je vais avec Baptiste, il rentre aussi chez ses parents.

Joshua acquiesça et je me retournais. Un sourire étira mes lèvres et j’embrassais la joue de Morgan tout en lui glissant un « A dans deux jours » à l’oreille. Puis je sortis de son appartement pour rejoindre le mien à toute vitesse.

**

Cela faisait quelques heures que j’étais chez mes parents et j’aidais ma mère à préparer le repas avec Jay et sa femme. Mon portable se mit à sonner, signe que j’avais un message et immédiatement je le pris dans mes mains.

« T’es vraiment un connard Éden !! »

Mes sourcils se froncèrent sous cette insulte alors que je ne voyais pas vraiment ce que j’avais fait.

– C’est qui ? Demanda Jay en se coupant un morceau de fromage pour grignoter.

– Liz, répondis-je en haussant les épaules, apparemment je suis un connard mais je ne vois pas trop pourquoi…

– Depuis quand ma fille parle aussi vulgairement ? S’écria ma mère en se redressant.

– Ah Maman… Souffla Jay en levant les yeux au ciel, si tu connaissais un peu mieux Liz tu saurais qu’elle a toujours été vulgaire !

La femme de Jay, Suzie, rigola légèrement alors que ma mère lui envoyait un torchon en pleine figure. C’était une femme assez petite et rondouillarde mais vraiment très belle. Blonde, les cheveux longs et des yeux verts magnifiques, elle avait donné naissance à deux enfants qui jouaient dans jardin avec mon père et qui ressemblaient à Jay même s’il était aussi blond que leur mère. Même si nous n’étions pas aussi proche que je l’étais de Liz, je m’entendais bien avec Jayson. Il évitait de parler de mon métier, sujet de discorde entre nous et nous retrouvions nôtre complicité. C’était à peu près la même chose avec Riley même si avec lui, ça finissait toujours par déraper.

La porte s’ouvrit, dévoilant Norah, suivi de son mari Alban. Il était grand, les cheveux châtains et un regard sombre aussi froid que celui que Norah posait à cet instant sur moi.

– Riley et Liz sont sur la route, ils viennent de m’envoyer un sms, dit-elle en faisant la bise à tout le monde.

Elle fit de même pour moi car ma mère était présente dans la cuisine.Son mari me serra la main assez froidement et je me retournais pour continuer à remuer la sauce que ma mère avait préparée.

– Toi aussi Liz t’a insulté ? Demanda Jay dans un sourire.

– Non pourquoi elle ferait ça ? Fit Norah, surprise.

– Bon vous avez fini de parler d’elle comme ça ! Souffla ma mère en se levant, Alban et Norah, allez donc mettre la table et toi Jay va allumer un feu, qu’on puisse avoir la paix deux minutes dans la cuisine.

J’envoyais alors un sourire moqueur à Jay et pour toute réponse il leva les yeux au ciel une nouvelle fois.

**

Il était maintenant 18 heures et tout le monde était là, sauf Liz etJoshua qui était en retard. Riley était arrivé ainsi que sa femme Amanda et leur fils Théo. Tout le monde était en train de s’activer en bas tandis que je mettais un film aux enfants dans l’ancienne chambre de Norah aménagée en salle de jeu.

– Bon, je descends, fis-je en tendant la télécommande à Théo, le plus âgé des enfants, pas de conneries.

Tu sais que j’ai demandé une guitare à noël Tonton ! S’écria-t-il alors que je sortais, pour faire comme toi, tu m’apprendras hein !

– Promis, répondis-je dans un sourire, touché.

Je sortis de la chambre, la laissant entrouverte et descendis rejoindre ma famille. C’est alors que la porte d’entrée s’ouvrit, dévoilant Liz et Joshua.

– Ah bah vous en avez mis du temps ! Soufflais-je dans un sourire.

Mais celui-ci s’effaça bien vite en apercevant Morgan qui entrait à son tour.

– Qu’est-ce que tu fais là ? Demandais-je étonné de le voir ici.

– Je l’ai invité, S’écria Liz, le regard noir, vu que tu es tellement égoïste et que tu ne penses qu’à toi !

– Mais il avait déjà un truc de prévu, lançais-je en haussant les sourcils.

– Je… Je peux partir… Souffla Morgan, rouge de gêne.

C’est alors que ma mère arriva, tout sourire, suivit par le reste de la famille.

– Tiens, ça y’est, vous voilà ! Dit-elle en enlaçant Liz.

Elle se tourna vers Joshua, un sourire aux lèvres.

– Et vous êtes le petit ami, Joshua, ravi de faire votre connaissance.

Joshua répondit la même chose et lui serra la main. Le regard de ma mère se posa alors sur Morgan.

– Et vous, vous êtes… Fit-elle hésitante.

– C’est le petit ami d’Eden, Maman, répondit Liz, en enlevant sa veste.

Me jeter un sceau d’eau froide en pleine figure aurait eu le même impact que cette phrase. Comment pouvait-elle dire ça ? A notre mère ? Morgan n’était qu’un plan cul, rien d’autre, elle ne pouvait pas dire ça. Elle n’en avait pas le droit. Mon sourire s’envola alors que ma mère posait sur moi un regard interrogateur.

– Ton petit ami ? Souffla-t-elle étonnée.

– Je…

Mais pas le moindre mot ne sortit de ma bouche. Comment pouvais-je avouer à ma mère que l’homme qui se trouvait dans sa maison était mon plan cul régulier. C’était impossible. Mon cœur se serra alors que j’allais dépasser une autre limite avec Morgan. Une limite que Liz me forçait à balayer.

– C’est tout récent… Répondis-je en regardant liz du regard le plus noir que j’avais en stoch.

Ma mère me regarda quelque minutes interloquée avant de reposer son regard sur Morgan. Derrière elle, tout le monde de regardait étonné,et je savais très bien pourquoi. Depuis Lucas, jamais personne n’avait franchi le seuil de cette maison sous cette appellation. Et si ça ne tenait qu’à moi, jamais personne ne l’aurais fait. Liz allait passer un très mauvais quart d’heure…

– Et bien je suis ravie de vous rencontrer Morgan. Souffla-t-elle en tendant la main vers mon amant.

– Moi aussi… Dit-il, des rougeurs sur ses joues, en me lançant un regard gêné.

Elle lui fit un sourire et se retourna pour croiser le regard de tous le monde.

– Et si vous alliez vous occuper de vos affaires pour une fois ? Dit-elle en retournant dans le salon.

Toutle monde sembla alors sortir de sa léthargie se retourna pour retourner à leurs activités. Liz en profita pour aller dans lacuisine avec Joshua, sans doute pour que je ne puisse pas lui parler tout de suite. Un soupire s’échappa de mes lèvres et jem’approchais de Morgan, attrapant son sac.

– Viens, on va mettre ça dans ma chambre, fis-je en commençant à remonter les marches.

Morgan me suivit sans broncher et je le conduisis dans ma chambre d’adolescent. Elle était assez petite, bleu marine et blanche avec des posters de groupes de rock accrochée partout. Mon lit était collé au mur avec juste à côté mon bureau, impeccablement rangé par ma mère lors de mon départ. Dans un coin, une vieille guitare et une bibliothèque avec une chaine-hifi. Ma chambre était la seule qui était restée aussi personnelle, les autres étant devenue des chambres d’ami, car ma mère avant encore du mal à se faire à l’idée que je ne reviendrai plus du tout vivre avec eux.

– Je suis désolé Éden… Souffla alors Morgan, d’une petite voix, Liz m’a dit qu’elle te préviendrait avant qu’on arrive… Je ne voulais pas m’imposer comme ça.

– Je croyais que tu avais un repas avec le label, répondis-je en me retournant.

Il baissa le regard paraissant tout à coup encore plus mal à l’aise.

– Morgan… Dis-je, en fronçant les sourcils, tu comptais passer où le réveillon.

– Chez moi…

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je posais son sac près du mien.Pourquoi fallait-il qu’il me paraisse aussi vulnérable ?

– Dans ce cas, dis-je en m’assaillant sur mon lit, elle a bien fait de te dire de venir.

J’attrapais sa main et l’obligeais à s’asseoir. Je lui enlevais son écharpe et il défit sa veste avant de la poser près de lui.

– C’est moi qui m’excuse pour la comédie qu’elle va te faire jouer pendant ces deux jours… Sans compter que tout le monde ici va te bombarder de questions.

Il posa sur moi un regard surpris et je haussais les épaules.

– Ce n’est pas souvent que je ramène quelqu’un ici et que je le présente comme mon petit ami, avouais-je dans un sourire gêné, mais je ne pouvais pas dire à ma mère la vraie nature de notre relation.

Morgan répondit à mon sourire et je posais ma main sur sa joue. Mes lèvres se posèrent sur les siennes dans un baiser tendre et je sentis ses mains remonter jusqu’à ma nuque. Comme une habitude, mes mains passèrent sur son pull, touchant sa peau douce. Notre baiser gagna en intensité immédiatement et ce fut à regret que je me séparais de lui.

– En parlant de la nature de notre relation, dis-je dans un sourire, elle ne sera pas facile à entretenir pendant ces deux jours, mes parents dorment juste à côté…

Il voulu rétorquer quelque chose, mais la porte de ma chambre s’ouvrit à la volée, dévoilant mon frère. Celui-ci haussant les sourcils sous la surprise de nous voir aussi proche l’un de l’autre.

– Sérieux Riley, tu pourrais pas frapper ! Grognais-je les dents serrés.

– Maman m’envoie vous dire de descendre à table, je pouvais pas savoir que vous aviez prévu de prendre le dessert en avance… S’exclama-t-il, fier de sa blague.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me levais en levant les yeux au ciel.

– J’espère que Amanda ne t’a pas épousé pour ton humour… Soufflais-je en passant près de lui.

– Figures-toi qu’elle me trouve assez drôle ! Rétorqua-t-il en passant son bras autour de mon cou.

– Ouais bah c’est que tu dois être un sacré coup au lit alors…

Nous sortîmes de la pièce, Morgan nous suivant sans oser participer.

**

Cela faisait maintenant quelques heures que nous étions à table et tout se passait très bien. L’atmosphère était détendue et je me laissais aller. Mon bras était posée sur le dossier de la chaise de Morgan qui discutait avec Jay de son emploi de Kinésithérapeute. La comédie que nous faisions n’était pas vraiment difficile à jouer et je me laissais bercer par cette proximité, allant jusqu’à poser ma main sur sa cuisse.

Mais même si tout le monde semblait l’accepter, je sentais le regard de Norah posé sur nous. Je n’avais aucun mal à deviner ce qu’elle pensait, c’est pourquoi, je faisais tout pour ne pas le croiser.

– Et sinon les garçons, pourquoi est-ce que vous ne faites pas le réveillon chez vos parents ? Demanda mon père en se resservant un peu de dessert.

– Parce qu’on en a pas… Souffla Joshua en haussant les épaules.

Tout le monde tourna la tête vers lui, le regard surpris, y comprisMorgan. Joshua tourna la tête vers lui et une grimace étira ses lèvres.

– On… On a vécu dans un orphelinat jusqu’à notre majorité, dit-il, cette fois d’une manière plus hésitante.

Mon regard se posa alors sur Morgan qui avait baissé la tête. Alors c’était ça. Voila pourquoi il n’y avait aucune photo, aucun souvenir chez lui, tout simplement parce que cette partie de sa vie, il voulait l’oublier. Je me sentis soudainement mal. Durant ces trois mois, j’avais passé mon temps à parler de ma famille, des anecdotes amusantes et ce sans tact. Vivement, j’attrapais sa main posée sur la table et entrelaçait nos doigts. A ce contact, Morgan releva la tête, posant sur moi un regard interrogatif et je lui souri. C’était un sourire pour le réconforter, et lui montrer que même si je ne pouvais pas lui offrir une vraie relation, j’étais là pour lui. Parce que nous étions amis.

– Des fois j’aurais bien aimé être seul moi aussi… Souffla Riley, pour détendre l’atmosphère.

– Des fois on aurait bien aimé que tu le sois, oui, répliquais-je en me tournant vers lui.

– Tu dis ça mais tu passais ton temps à le suivre partout, répondit ma mère en rigolant légèrement.

– Parce qu’à l’époque je pensais qu’être un intello était cool !

Tout le monde rigola et la conversation dériva sur Riley. Mais Norahn’était pas décidé à oublier sa rancœur deux minutes.

– Pour quelqu’un qui dit avoir du mal à oublier Lucas, je trouve que tu t’en sors bien… Souffla-t-elle, le regard posée sur nos mains liées.

Je me tendis à la seconde et retirai ma main de celle de mon amant. Mon regard croisa celui de Norah, agacé. Mon cœur se serra alors que je me rendais compte que ce qu’elle disait était plus ou moins vrai.Avec Morgan, je dépassais toutes les limites que je m’imposais avec les autres.

– Qui est Lucas ? Demanda Joshua en fronçant les sourcils.

– Son ex, répondit Norah, sans dévier son regard du mien.

Ex ? Voilà tout ce qu’il était ? Mon sang ne fit qu’un tour.J’étouffais, il fallait que je sorte. Je me levais aussitôt mais trop précipitamment car la chaise tomba au même moment.

– Je vais prendre l’air, murmurais-je alors que je me retournais, prenant la direction du jardin.

Pourquoi fallait-il qu’elle gâche tout ? Pourquoi fallait-il qu’elle parle de lui ? Maintenant ? L’étau de mon cœur se serra un peu plus et je laissais glisser la porte vitrée avant de m’asseoir sur les marches du perron. Ce fut à cet instant seulement qu’un sanglot me secoua et je baissais la tête, l’appuyant contre mes genoux relevés. Je me sentais mal. Je n’étais pas idiot, je savais très bien que je me laissais trop aller avec Morgan. Mais je ne voulais pas mettre de mots sur ce que nous faisions. Parce que cela me faisait trop mal.

Tout à coup, je sentis un vêtement tombé sur moi et je relevais la tête,croisant le regard de ma mère. Un sourire étira ses lèvres et elle resserra les pans de ma veste autour de moi pour me couvrir un peu plus.

– Tu ne devrais pas écouter Norah, Dit-elle en caressant ma joue, elle ne peut pas comprendre… Personne ne peut comprendre à part toi.

– Il me manque maman… Soufflais-je alors qu’un nouveau sanglot étranglait ma voix.

– Je sais mon amour…

Et doucement, elle m’attira à elle pour une étreinte des plus douces.

**

Ce fut seulement après de longues minutes que je me décidais à rentrer accompagné de ma mère. J’avais arrêté de pleurer mais je savais que mes yeux étaient rouges et ce fut gêné que je retournais m’asseoir. Si tout le monde avait remarqué mes yeux, personne ne disait rien. Norah quand à elle avait baissé la tête et je savais que mon père y était pour quelque chose.

– Bon, je sais comment ce sont rencontrés ces deux là, souffla mon père en montrant Liz et Joshua, mais vous deux ?

– On travaille ensemble, répondis-je en haussant les épaules.

– Je suis compositeur dans le label d’Eden, je les aide à travailler sur leur musique et à côté de ça je fais des musiques de films, compléta Morgan dans un sourire.

– Heureusement que tu fais des musiques de films parce que sinon tu aurais pas mal de temps libre, s’exclama Riley, dans un sourire en coin, en jetant un regard furtif à mon père et à Jayson.

Vivement,je relevais la tête, prêt à riposter à cette pique, mais Morganme devança.

– Au contraire, Dit-il sérieux, je dois avouer que je suis en retard pour mes autres projets…

Il posa alors son regard sur moi et un sourire étira ses lèvres.

– Ils ont tellement de talent que je me laisse à chaque fois aller.

– Tu dis ça parce que tu sors avec Éden ! S’écria Jay amusé.

– Je sors peut-être avec lui mais je sais toujours reconnaître un groupe qui a du talent d’un autre qui n’en a pas… Et puis de toute façon, s’ils n’en avaient pas, le label où nous travaillons n’aurait même pas écouté leur démo.

Tout le monde le regarda surpris et je sentis mon cœur s’endiabler dans ma poitrine. Personne n’avait jamais pris ma défense et celle des Light Shade de cette manière et je me sentis fondre à nouveau. A cet instant, je découvrais une nouvelle facette de Morgan. Une facette qui me séduisait autant qu’elle m’effrayait. Il avait des sentiments pour moi. C’était maintenant une évidence. Et pourtant… Je n’avais pas envie de partir.

– Vous devriez aller à un de ses concerts pendant leur tournée, vous seriez bluffé, acheva-t-il, en se resservant de l’eau.

Ma famille le regarda encore quelques secondes avant de se regarder tour à tour, surpris. Puis ma mère se leva, un sourire aux lèvres.

– Quelqu’un veut du dessert ?

**

Cela faisait une heure que le repas était terminé et tout le monde avait regagné sa chambre. Je me retrouvais allongé pyjama sur le dos, la tête de Morgan posée sur mon torse.

– Merci… Soufflais-je en passant ma main dans ses cheveux.

– De quoi ? Demanda-t-il en relevant la tête.

– Merci d’avoir pris ma défense ce soir, répondis-je dans un sourire.

– Je n’ai dis que la pure vérité.

Je rigolais légèrement et inversais nos positions, m’allongeant sur lui et calant ma tête dans son cou.

– Jay a raison, dis-je en embrassant sa peau, tu ne peux pas être objectif, on couche ensemble et en plus de ça tu es ma groupie.

– Je suis pas ta groupie, souffla Morgan amusé.

– Il y a des posters de moi partout dans ton appartement.

– Juste dans une pièce.

Je me redressais, posant mes coudes de chaque côté de son visage.

– C’est pas grave tu sais, dis-je dans un sourire charmeur, j’aime bien avec des groupies !

– Je ne suis pas ta groupie ! S’écria-t-il en attrapant le cousin près de lui et en me tapant avec.

J’éclatais alors de rire et il me suivit. Ma tête se reposa sur son épaule et mes doigts suivirent les contours de son cou.

– Tu as passé une bonne soirée ? Demandais-je après un temps.

– Oui, mais je n’ai rien à leur offrir pour demain midi.

– T’en fais pas pour ça…

Je lâchais alors un bâillement et mes bras encerclèrent sa taille.Mes yeux commencèrent à se fermer, bercé par la respiration calme de Morgan.

– Éden ? Murmura-t-il faiblement.

– Oui ? Répondis-je à deux doigts de m’endormir.

– Je t’aime…

Je me tendis à la seconde mais ne relevais pas la tête. Mon cœur se mit à battre violemment dans ma poitrine. Mais je ne voulais pas fuir. Je le savais. Je l’avais compris. Et je l’avais encouragé. Mais ce n’était pas comme avec Baptiste. J’étais terrifié mais pour la première fois depuis longtemps, je m’en fichais. Morgan savait ce que je voulais. Il savait que je ne pourrais jamais lui offrir la même chose. Et il ne me demandait rien. Il ne voulait pas que je l’aime. Il voulait simplement que je reste. Et c’est ce que j’allais faire.

– Je sais… Soufflais-je en resserrant mon étreinte autour de lui.

**********

Ne pars pas – Chapitre 8

Chapitre 8 écrit par Mai-Lynn

C’était furieux que j’étais rentré chez moi, la lèvre en sang et la main douloureuse. J’en voulais à Baptiste de son comportement si puéril. Voilapourquoi je ne voulais pas commencer cette histoire au début. Justement pour éviter ce genre de scène.

Un cri s’échappa de meslèvres et je me laissais tomber sur mon canapé, prenant ma tête entre mes mains. Immédiatement, le souvenir de la première fois oùje lui avais cédé me revint en mémoire.

– Sérieux, j’ai l’impression qu’il n’y a que moi que ça intéresse ! S’écria Éden énervé.

Sous le coup de lacolère, Éden sortit de l’appartement de Félix et Kelly. Depuis quelques temps, il trouvait que le label qui était chargé de lespromouvoir n’était pas assez tourné vers eux et Éden ne lesupportait plus. Certes ils avaient encore beaucoup à prouver, maisleur groupe était doué, n’importe qui pourrait le reconnaître. Seulement les autres membres ne semblaient pas aussi impliqués quelui.

– Éden !

Surpris, Éden se retourna pour croiser le regard de Baptiste. A cette époque, sescheveux étaient courts et quelques mèches rouges tombaient sur sesyeux sombres.

– Quoi encore ? Soupira Éden, las.

– Tu n’étais pas obligé de partir comme ça… Dit-il en mettant ses mains dans ses poches.

– Je suis le seul à vouloir plus pour nous !

– Bien sur que non, nous aussi on donne tout ce qu’on a dans le groupe, mais tu peux comprendre que des fois, on aimerait bien avoir du temps pour autre chose ! C’est un boulot à plein temps, qui demande beaucoup d’effort… Toi et moi on se débrouille seul depuis longtemps, mais pour Félix Kelly et Laura, ce n’est pas pareil. Félix et Kelly vivent leur histoire, et tu sais ce qui se passe avec les parents de Laura… Tu n’as pas le droit de leur reprocher ça.

Un soupire s’échappa des lèvres d’Eden et il donna un coup de pied dans un caillou prèsde lui. Baptiste avait mit le doigt sur ce qui faisait mal. Il savaittout cela mais sa soif de célébrité et de reconnaissance faisaitqu’il en voulait toujours plus. Baptiste passa son bras autour de sesépaules et il commença à l’entraîner.

– Allez viens, on va boire un verre, dit-il dans un sourire.

– Je pensais aller bosser un peu… Souffla Éden, légèrement boudeur.

Baptiste leva les yeux au ciel et ils prirent la direction du bar en face d’eux.

Les heures défilèrent et bien vite les deux amis commencèrent à devenir bien éméchés.Tout à coup le regard d’Eden croisa celui d’un homme en face de lui,pour ne plus le lâcher. Éden ne pu s’empêcher de lui lancer un sourire charmeur, amusé par son regard insistant.

– Pourquoi tu ne me regardes jamais comme ça ? Demanda soudainement Baptiste d’une petite voix.

– Quoi ? Fit Éden, surpris, en se tournant vers lui.

– Tu regardes ces gars…Comme si tu allais les bouffer, pourquoi tu ne me regardes jamais comme ça ?

– Peut-être parce qu’on est dans le même groupe et que je te connais depuis que je suis petit, répondit Éden, rigolant légèrement.

– Ou peut-être que c’est parce que je suis le cousin de Lucas.

A ce nom, Éden sentit son cœur se serrer atrocement et il reposa son regard sur son verre.

– Ne parles pas de lui… Souffla-t-il d’une voix dure.

– Excuses-moi.

Quelques secondes passèrent sans qu’aucun des deux hommes ne parlent. Puis Baptiste se leva et passa sa main sur la cuisse d’Eden.

– Qu’est-ce que tu fais ? Demanda Éden, surpris.

– Je veux que tu me regardes de la même façon, répondit Baptiste en posant ses lèvres sur celles d’Eden.

**

Ce fut la sonnette de la porte d’entrée qui me sortit de mes songes et je me levais, sentant la colère me gagner alors que j’étais prêt à parier que c’était Baptiste. Vivement j’ouvrais la porte, mais me figeais immédiatement en croisant le regard de Morgan.

– Je voulais juste te donner ça, me dit-il en me tendant un sac blanc, pour ta lèvre… Et maintenant je m’en vais, tu as sûrement envie d’être seul

Un petit sourire étira ses lèvres mais il était mal à l’aise. En y repensant, la manière dont je l’avais quitté la dernière fois ne pouvait que le mettre dans cet état. Mon regard se posa sur le paquet qu’il me tendait toujours et je lui cédais, une nouvelle fois.

– Non, c’est bon, tu peux venir. Soufflais-je en me retournant

Je lui laissais la porte ouverte et me dirigeais dans la cuisine. J’entendisMorgan refermer la porte d’entrée et j’attrapais une bière dans mon frigo. Lorsqu’il entra dans la cuisine à son tour, j’étais entrain de la décapsuler. Je la portais à ma bouche pour en prendre une gorgée, mais immédiatement l’alcool raviva la douleur de ma plaie sur ma lèvre et je me retournais pour cracher dans l’évier.

Morgan s’approcha alors de moi et attrapa ma main, me forçant à m’asseoir sur une chaise. Je me sentais mal et en colère. Lorsque j’avais accepté de commencé cette histoire, je n’avais pas penser aux risques. J’avais oublié que Baptiste pouvait facilement tomber amoureux. Et lorsque j’avais compris qu’il avait des sentiments pour moi, j’avais décidé de fermer les yeux. Finalement, tout était de ma faute.

Morgan attrapa une compresse imbibée d’alcool et commença à désinfecter ma plaie. Mon regard se posa alors sur lui. Que cherchait-il ici ?Que cherchait-il avec moi ? Je m’amusais avec lui. J’étais bien avec lui, mais est-ce que ma relation finirait de la même manière que celle que j’entretenais avec Baptiste ? Il s’assit en face de moi pour continuer à me soigner, mais mon téléphone se mit à sonner. Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me levais pour décrocher.

– Allo ? Soufflais-je sèchement.

– Éden… C’est moi…

A l’entente de la voix de Baptiste, je me tendis dans la seconde.

– Excuses-moi pour tout à l’heure… Je… Je ne voulais pas… J’ai été trop loin… Est-ce que je peux venir ? Demanda-t-il la voix suppliante.

– Je te l’ai déjà dit ! C’est terminé, et je ne reviendrais pas là-dessus. Répondis-je intraitable.

– Éden… Tu ne peux pas… Non… Je…

– Fous-moi la paix, j’ai besoin d’être seul.

Et sans attendre je raccrochais le téléphone. Morgan se leva soudainement et croisa mon regard, gêné.

– Je peux partir si tu veux, je ne veux pas m’imposer, dit-il avant de baisser la tête.

Mais moi je ne le voulais pas. Au final, je n’étais qu’un égoïste.

– C’est bon, j’ai juste dit ça pour qu’il me laisse tranquille.

Si Morgan fut surpris, il ne dit rien et alors que je reprenais ma place sur la chaise, il continua à me soigner. Je ne pu m’empêcher de grimacer sous la douleur et mon regard se posa à nouveau sur mon amant alors qu’il n’osait pas croiser mes yeux.

– Qu’est ce qui s’est passé tout à l’heure ? Me demanda-t-il tout à coup.

Je me tendis immédiatement. Comment pouvais-je lui avouer ce que m’avait raconté Baptiste ? Je ne le pouvais pas. Je ne le voulais pas.Baptiste avait dépassé les bornes. Il lui avait manqué de respect. Il m’avait manqué de respect. Car en y repensant, si Morgan couchais avec des inconnus, je faisais la même chose et même plus.

– Merci… Je sais pas ce qui s’est passé tout à l’heure, dit-il en arrêtant ses soins, mais je me doute que c’est par rapport à moi… Donc merci…

Touché, nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher. Il était beau.Il était même magnifique. Je sentis mon cœur se mettre à battre plus fortement dans ma poitrine alors que je rapprochais mes lèvres des siennes. Morgan parcouru le reste de la distance qui nous séparait et nos bouches s’effleurèrent. Ce n’était pas vraiment un baiser mais ce simple contact me fit tout autant de bien. Il s’écarta de moi et me refit m’asseoir pour reprendre mes soins.

Un léger sourire étira mes lèvres alors qu’il recommençait à prendre soin de moi. Et c’est à ce moment là que je réalisais vraiment. Il n’y avait plus que lui dans ma vie.

– C’est terminé avec Baptiste… Soufflais-je d’une petite voix.

Morgan ne pu s’empêcher de sourire en entendant cela et je rigolais légèrement.

– Tu pourrais jouer un peu la comédie et ne pas montrer que tu es si content…

– Je suis désolé… Souffla-t-il rouge de gène.

Son regard se posa alors sur le tube de crème et je sus à la seconde qu’il voulait me demander quelque chose.

– Éden… Avec moi… C’est finit aussi ? Demanda-t-il d’une voix faible.

C’était ce qu’il y avait de mieux à faire… Parce que je m’attachais à lui et que je ne le voulais pas. Tôt ou tard, il en aurait marre de cette relation. N’étais-ce pas plus simple de tout arrêter là ? De nous éparnier de la souffrance… C’est moi qui nous avait mit dans cette situation… C’était à moi de l’arrêter…Pourtant…Je n’y arrivais pas. Je ne voulais pas me séparer de lui…

– Est-ce que tu ressens quelque chose pour moi ? Demandais-je doucement.

– Je ne sais pas… Me répondit-il dans un souffle.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je baissais la tête, sentant mon cœur bondir dans ma poitrine en entendant cela.

– Moi non plus… Avouais-je d’une petite voix.

Je sentais Morgan rayonner mais je ne voulais pas lever la tête et croiser son regard. Comment était-ce possible ? Pourquoi le laissais-je allé là où j’avais toujours interdit Baptiste d’entrer ? La main de Morgan se posa sur mon menton et il redressa mon visage et posa ses doigts induits de crème sur ma lèvre.

– Il ne faut pas que tu tombes amoureux de moi Morgan… Soufflais-je la voix fébrile.

– Je sais… Me dit-il en attrapant une compresse.

Il termina de me soigner comme si je n’avais rien dit et lorsqu’il enleva sa main de mon visage, je l’attrapais, le forçant à croiser mon regard.

– Je suis sérieux Morgan.

Il ne devait pas m’aimer. Il ne devait pas tomber la dedans. Parce que je ne pourrais jamais lui rendre la pareille. Mon cœur était déjà pris…

Morgan se pencha alors vers moi et ses lèvres se posèrent sur les miennes. Cette fois, ce n’était pas une caresse mais un vrai baiser. Un baiser, doux et tendre, qui me fit frissonner autant qu’il me réchauffa à la seconde…

**

La nuit venait à peine de tomber et j’étais allongé dans mon lit, la tête posée sur le torse nu de Morgan. J’avais cédé. Je savais que c’était mal. Que j’aurais du m’éloigner de lui. Mais j’en étais incapable de le faire… Les caresses qu’il me faisait dans le dos m’apaisaient…

C’est alors que les paroles de Baptiste me revinrent en mémoire. Lorsqu’il était avec moi, il ne donnait pas l’impression de rechercher uniquement du sexe. Alors pourquoi couchait-il avec autant d’hommes ?

– Morgan… Je ne comprends pas, soufflais-je, pourquoi est-ce que tu couches avec tous ces hommes en boite ?

Je le sentis se tendre et je su à la seconde que ce n’était pas un sujet qu’il appréciait. Je me redressai alors, me mettant sur le côté,la tête posée sur une de mes mains.

– Je veux dire, repris-je pour me faire comprendre, ce n’est pourtant pas ce que tu donnes l’impression de chercher…

Morgan croisa alors mon regard et des rougeurs apparurent sur ses joues alors qu’il se lançait.

– Je… Avec eux, j’ai… J’ai l’impression qu’on s’intéresse à moi. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour me sentir vivre.

Alors c’était ça ? Juste un besoin de se sentir vibrer ? Ne se rendait-il pas compte du danger de la situation ? Coucher avec des hommes dont il ne connaissait même pas le nom, pire les accompagner chez eux. Dans un soupire, je me redressai et attrapai son téléphone. Morgan me regarda en fronçant les sourcils mais je ne m’arrêtai pas, enregistrant mon numéro de téléphone dedans.Lorsque j’eus finit, je lui tendis l’appareil.

– Voila, dis-je dans un sourire, tu peux m’appeler si tu as besoin. Et je me chargerai de te faire vivre autant de fois que tu veux.

Morgan fondit alors sur moi, plaquant ses lèvres les miennes avec fougue.Son baiser sauvage eu vite raison de moi et je me sentis exciter à nouveau. Comment faisait-il ? Je ne me lassais pas de lui… Et je commençais à croire que jamais je n’y arriverais…

– Prends ton temps Morgan, murmurais-je plus pour moi même, prends ton temps avant de le trouver…

Le trouver lui, cet homme qui l’arracherait à moi. Celui qui l’éloignerait de moi à jamais. Sans lui laisser le temps de répondre, je repris ses lèvres pour un nouveau baiser endiablé. Un nouveau baiser qui annonçait une suite des plus alléchante…

**

Et la semaine se déroula ainsi. Ma soif de lui était devenue comme insatiable, si bien qu’il avait passé toutes ses nuits dans mon appartement. Je n’avais pas peur de ce que je ressentais, mais je ne voulais pas réfléchir à ce que je faisais. Je m’amusais bien avec Morgan. Mes problèmes s’envolaient à la seconde où nos regards se croisaient et je me sentais terriblement bien lorsque nos corps fusionnaient. Mais il n’y avait pas que le sexe. Au niveau musical,nous nous complétions à merveille. Mais bien plus encore, nous avions développé une complicité qui me grisait. Il était devenu mon ami et mon amant. Parfois, la manière dont il arrivait à me comprendre m’effrayait mais je n’arrivais pas à m’éloigner de lui. C’était trop tard.

Je n’avais pas vraiment reparlé avec Baptiste. Lorsqu’il avait compris que je n’avais rien arrêté avec Morgan, il n’avait plus chercher à me convaincre. Nous ne nous parlions que lorsque nous étions vraiment obligés et je savais que je ne devais pas chercher plus loin. Il avait besoin de temps avant que je puisse regagner son amitié. Félix et Kelly avait tenté de savoir ce qui s’était passé mais aucun de nous n’avions voulu leurs répondre. C’était notre secret, à nous et nous l’emporterions dans notre tombe.

Ce matin là, Morgan avait encore passé la nuit chez moi et je m’amusais de ses réactions. Mes lèvres suivaient sa colonne vertébrale alors qu’il frissonnait de désir. Quelques soupires s’échappaient de ses lèvres lorsque je m’approchais de ses endroits sensibles, comme le creux de son dos, mais je n’allais jamais plus loin. Et pour pousser le vice un peu plus loin, je coupais net mes caresses pour le lever et enfiler mon pantalon. Un petit sourire en coin étira mes lèvres alors que Morgan lâchait cette fois un grognement de frustration avant de se relever légèrement.

Il se mit alors sur le dos, et je pu voir avec plaisir son sexe tendu.Immédiatement une vague de chaleur me submergea en comprenant l’effet que je lui faisais. Il prit une pose divinement sensuelle et sa main descendit le long de son corps. Si mon intimité n’était pas dans le même état que la sienne, je me sentis soudainement serré dans mon pantalon alors que sa main descendait de plus en plus.

– Bon, il ne me reste plus qu’à me soulager tout seul…

Il avait soufflé cette phrase dans l’unique but de me piéger mais le voir ainsi plus gêné qu’autre chose, rendait sa phrase totalement fausse. Je ne pu m’empêcher d’éclater de rire et Morgan ancra son regard dans le mien. Je ne pu tenir bien longtemps, pris à mon propre piège, et je revins sur le lit pour l’embrasser avec envie,encore et encore…

**

Morgan était finalement rentré chez lui en fin de mâtiné et j’avais décidé d’aller faire un tour au Label pour revoir revoir quelques accords sur la dernière chanson que j’avais écrite. Mais alors que je poussais la salle qui nous était attribuée pour le week-end, je me figeais immédiatement en croisant le regard de Baptiste.

– Désolé, soufflais-je surpris, je ne savais pas que tu devais venir.

– J’ai eu du mal hier sur une partie de la partition, alors je suis venu m’entraîner, dit-il en haussant les épaules.

J’acquiesçais et retrouvais ma place habituelle sur le piano de Morgan. Baptiste enfila son casque pour ne pas me déranger et il recommença à jouer. J’étalais les partitions devant moi avant d’attraper ma guitare et de commencer à jouer. Plusieurs minutes passèrent ainsi où nous travaillons chacun de notre côté. Mais au bout d’un moment, je sentis le regard de Baptiste se poser sur moi. Lorsque je relevais la tête, un soupire s’échappa de ses lèvres et il enleva son casque.

– Désolé pour ta lèvre, fit-il en haussant à nouveau les épaules.

– Désolé pour ton œil, répondis-je dans un petit sourire.

Même si on ne voyait presque plus son coquard, de légères ecchymoses vertes entouraient son œil. Il posa sa main dessus et répondit à mon sourire.

– Je crois que je l’avais bien mérité, je peux être un vrai connard dès fois.

Je rigolais légèrement et vint m’asseoir près de lui, ravi de le revoir me parler. Nous n’avions pas besoin de reparler de nous. Car il savait que j’avais pris ma décision.

– Alors comme ça ma partition est trop difficile pour toi ? Soufflais-je moqueur, comme si rien ne s’était passé.

**

J’avais passé le reste de la journée à répéter avec Baptiste, retrouvant l’ami que j’aimais tant à défaut de l’amant. Et une fois que nousétions partis du Label, nous avions pris la direction d’un bar pourboire un verre. Liz nous avait rejoins et quelques heures plus tard, je raccompagnais ma sœur à son appartement.

– Tu sais que Maman a engueulé Norah ? Me fit-elle dans un sourire.

– Pourtant je lui ai dis qu’elle était venue s’excuser, répondis-je surpris.

– Tu sais très bien qu’elle sait quand on ment…

Un léger rire s’échappa de mes lèvres.

– Elle doit avoir un radar, c’est pas possible, soupirais-je amusé.

– Et Norah a dit que tu avais mal compris… Bref, que c’était de ta faute…

– Comme d’habitude.

– Franchement, je comprends qu’elle t’en veuille parce que tu lui as piqué son amoureux mais ça devient pathétique et…

Mais elle ne pu continuer, la sonnerie de mon portable retentit. Mes sourcils se froncèrent en remarquant que c’était un numéro inconnu.

– C’est qui ? Me demanda Liz, tout aussi surprise, sachant que je ne donnais mon numéro qu’à quelques personnes.

Un sourire étira mes lèvres aussitôt. Ça ne pouvait être que lui.Vivement je décrochais, alors que ma sœur continuait à me regarder étonnée.

– Alors ma bouche sur ton corps te manque ? Soufflais-je amusé.

– Merde ! Tu lui as vraiment donné ton numéro… Répliqua mon interlocuteur après une pause, et ta proposition très peu pour moi, c’est Joshua.

Je perdis immédiatement mon sourire. J’avais bêtement espéré que pour une fois Morgan ait pris les devants mais je m’étais trompé.

– Oui je lui ai donné mon numéro, dis-je agacé, je suis pas aussi con que tu ne le penses. Si c’est juste pour ça que tu m’as appelé, je te laisse.

– Écoute, tant que je t’ai au téléphone, fit-il calmement, je voudrais m’excuser pour mon comportement de la dernière fois.

J’écarquillais les yeux, totalement décontenancé par ce revirement de situation.

– Euh… Ok… Merci…

– Tiens pour me faire pardonner, j’ai une idée ! Pourquoi tu ne nous rejoindrais pas, on va en boîte avec Morgan, on y sera dans un quart d’heure.

Je croisais alors le regard de Liz.

– Tu veux rejoindre Morgan et son frère en boîte ? Lui demandais-je.

Elle acquiesça vivement de la tête et je levais les yeux au ciel car jesavais que ce n’était pas de voir Morgan qui l’enthousiasmait à cepoint.

– Ok, on vous rejoins, mais je suis avec ma sœur, à tout de suite, lançais-je avant de raccrocher.

– Aaaah c’est pas vrai, il faut que j’aille me changer ! S’écria-t-elle en courant jusqu’à son appartement.

**

Nous arrivâmes un peu plus tard que prévu à cause de Liz et ses manies vestimentaires. Nous retrouvâmes Morgan et son frère installés à une table et lorsque le regard de Morgan se posa sur moi, je pu voir que je ne le laissais pas indifférent. Je pris place en face de lui, un sourire aux lèvres et Liz se mit près de moi. Les présentations furent faites et j’avais l’impression d’avoir devant moi un autreJoshua. Morgan avait sûrement du lui remonter les bretelles.

– Alors on fête quoi ? Dit Liz en levant son verre

– Notre rencontre, répondit aussitôt Joshua avec un sourire charmeur qui ne me plaisait pas.

Je lui lançais alors un regard noir et me rapprochais sensiblement de Liz.

– Pas touche à ma sœur, dis-je les dents serrés.

– Si je te dis la même chose pour mon frère, tu m’écouteras ? Fit-il dans un sourire arrogant.

Liz éclata de rire alors qu’il venait de mettre son doigt où ça faisait mal. Immédiatement je m’enfonçais dans le siège, boudeur.

– Allez, sérieusement qu’est-ce qu’on fête vraiment ? Répéta Liz.

– Mon nouveau boulot, répondit Joshua dans un sourire.

Et la discussion fut lancée. Liz bombardait Joshua de question même si je savais qu’elle ne cherchait juste qu’à le faire s’intéresser à elle. Mon regard se posa alors sur Morgan qui participait à la discussion dans le seul but de ne pas me regarder et un sourire en coin étira mes lèvres. Vivement, j’enlevais ma chaussure et commençait à lui faire du pied, sans aucune honte. Mon pied remonta le long de son mollet et je pu voir des rougeurs apparaître sur ses joues. Mais il ne m’arrêta pas, au contraire. Amusé de ses réactions, je montais de plus en plus haut, mais Joshua cassa toute l’ambiance.

– C’est ma tournée ! Qu’est-ce que vous voulez ?

Je commandais une bière et Morgan fit de même. Liz se leva pour l’aider et je remis ma chaussure. Un large sourire étira mes lèvres et vins m’asseoir près de lui, glissant ma main sur sa cuisse. C’est alors que Morgan tourna la tête vers moi et ses lèvres se posèrent sur les miennes, comme s’il était en manque de tendresse. Il descendit ses mains sur ma nuque et un frisson me secoua alors qu’une vague de désir me submergeait. Mais un raclement de gorge mit fin à cet échange des plus sensuels.

– On vous dérange peut-être, souffla Joshua alors qu’il s’assit sur le siège en face de nous.

Liz vint s’asseoir près de lui et immédiatement je lui envoyais un regard noir qu’elle me renvoya aussitôt. J’avais très bien compris son manège. Si j’avais horreur qu’on se mêle de mes affaires,j’étais incapable de laisser Liz se débrouiller toute seule. Ma main sur la cuisse de Morgan continua ses caresses et je remontais petit à petit. Je pouvais voir les joues de mon amant s’empourprer mais pas une seule fois il ne l’enleva.

S’il ne parlait plus, savourant mes caresses, J’arrivais très bien à participer aux échanges entre Liz et Joshua. Cependant, alors que je sentis la main de Morgan se placer sur ma cuisse, je manquais de m’étouffer.

– ça va Éden ? Demanda Liz, surprise.

– Je… J’ai avalé de travers… Soufflais-je surpris.

Mais d’où lui venait cette soudaine assurance ? Un sourire étira mes lèvres alors que je croisais son regard, commençant à ne plus pouvoir masquer le désir que je ressentais pour lui. La nuit dernière, nous avions passé la nuit à coucher ensemble, un nuit démentielle et pourtant j’en voulais plus. Je le voulais encore.Morgan se pencha vers moi, comme pour m’achever et ses lèvres se mirent tout contre mon oreille. Sa main remonta, effleurant maintenant mon intimité.

– Pour répondre à ta question, murmura-t-il sensuellement, oui, ta bouche sur mon corps me manquait.

Je me tendis à la seconde alors que mon corps entier était secoué par une vague de désir. Mais où était le Morgan timide que j’avais rencontré il y a deux semaines ? Soudainement, il coupa court à ses caresses et se leva.

– Je vais danser, dit-il dans un sourire.

– On te rejoint dans un moment, lui répondirent Joshua et Liz.

Il se retourna alors et alla sur la piste de danse. Mon sang ne fit qu’un tour alors que déjà, des regards se tournaient sur son passage. Non… Il était hors de question qu’il ne m’échappe maintenant.Vivement, je me levais et allais le rejoindre. Mes deux bras encerclèrent sa taille et je me collais à lui.

– J’aimerais bien te faire danser d’une autre manière… Murmurais-je charmeur.

Morganse tourna vers moi , le rouge aux joues.

– Tu vas devoir attendre, souffla-t-il dans un sourire, car je préfère un lit aux toilettes…

Un soupire s’échappa de mes lèvres alors que mon envie de lui était incapable de me faire patienter. Comment y arrivait-il lui ? Ses bras passèrent autour de ma nuque et ses lèvres se posèrent dans les miennes dans un baiser qui me fit chavirer. Son corps se pressa contre le mien et un frisson de désir nous secoua alors que nos intimités se frôlaient. Il était dans le même état que moi.Lorsque l’air vint à nous manquer, je collais mon front contre le sien, n’en pouvant plus.

– On va chez toi, c’est plus près, dis-je le regard enfiévré.

Morgan posa son regard sur Joshua et Liz, toujours attablés. Tant pis, pource soir, je la laissais tranquille.

– J’avais prévu de rester les surveiller avant mais… Je ne pus plus attendre, ton frère n’a pas intérêt à faire le con…

**

Ce fut courbaturé que je me réveillais le lendemain. Mon regard se posa sur l’autre côté du lit et je réalisais que Morgan n’était plus là. Un sourire étira mes lèvres alors que je me mettais sur le dos, prenant toute la place. Morgan était un bon coup, c’était indéniable. Combien d’hommes avait-il comblé avant moi ?Comment faisait-il pour être encore célibataire alors qu’il avait toutes les qualités pour ne pas l’être ? Voila encore des mystères que je ne comprendrais jamais…

Mon regard se posa autour de moi, me relevant légèrement sur mes coudes. Mes sourcils se froncèrent alors que je remarquais pour la première fois qu’il n’avait aucune photo. Mon appartement à moi était remplit de photo de mon enfance, de mes amis, des voyages que j’avais pu y faire, mais ici il n’y avait rien.

Je secouais la tête pour chasser tout ces questions et me levais,cherchant mon boxer. Je sortis ensuite de la chambre et j’entendis les notes de musique. Un sourire sur les lèvres, j’allais vers son petit studio de musique, sans y entrer. Je m’accoudais à la porte et le regardait jouer de cet instrument. Il était doué. Il aurait très bien pu devenir célèbre et je ne comprenais pas pourquoi il n’en avait pas envie. La renommée, c’était tout ce que j’attendais.

– Tu es là depuis longtemps ? Me demanda-t-il en croisant mon regard.

– Un petit moment, lui répondis-je dans un sourire, je peux entrer ?

– Je… Oui…

Je vins directement m’asseoir sur son petit banc.

– Continue, ne t’arrêtes pas, dis-je aimant le regarder jouer.

Morgan se retourna vers son instrument et il souffla pour se concentrer. Ses doigts se posèrent sur les touches d’ivoires et mon cœur se mit à battre alors qu’il rejouait son morceau. Là, ses sourcils froncés sous la concentration, son air déterminé, son amour évident pour la musique, il était plus beau que jamais. Mes lèvres se posèrent sur sa mâchoire et je laissais mes doigts glisser dans son dos.Morgan fit une fausse note sous la surprise et il s’arrêta.

– Continue, murmurais en attrapant son lobe d’oreille entre mes dents.

Je jouais avec lui, comme j’aimais tant le faire. Mais c’était aussi de sa faute. Il avait ce pouvoir sur moi… Ce don de le rendre irrésistible…

– Alors comme ça, soufflais-je charmeur, ma bouche sur ton corps te manquait…

Mes lèvres descendirent vers son cou avant de descendre embrasser ses épaules. Il luttait pour ne pas faire de nouvelles fausses notes et je m’amusais de le voir aussi tenace. Ma main sur sa cuisse le caressait sans aucune honte alors que l’autre descendait dans son dos, voulant rejoindre un endroit bien précis. Morgan réussit à finir son morceau et il se releva, m’attrapant par le bras.

– Où est-ce qu’on va ? Demandais-je surpris alors qu’il m’emmenait hors de la pièce.

– Sous la douche, dit-il en marchant plus vite, pour calmer tes ardeurs…

Je ne pu m’empêcher de rire, le laissant prendre les rennes, ravi de voir mon envie dévorante partagée…

**

Une heure plus tard, nous étions installé dans sa cuisine en train de déjeuner. C’est alors que la porte s’ouvrit, dévoilant Joshua dans les mêmes habits que la veille.

– Où est-ce que tu étais ? Demanda Morgan, surpris.

Joshua ne répondit pas, mais un sourire étirait ses lèvres.

– Ne me dis pas que tu as passé la nuit avec ma sœur ! M’écriais-je alors qu’il s’assit sur une chaise.

Si et c’était une belle soirée… Lança-t-il rêveur.

Immédiatement une rage sans nom se déversa en moi et je me levais, lui envoyant un regard noire. Quelle idiote. Je lançais un « A plus tardMorgan » avant d’attraper mes affaires et de sortir en claquant la porte.

Quelques minutes plus tard, j’arrivais devant chez Liz et tambourinait sur sa porte. Elle mit un peu de temps avant de venir m’ouvrir, en pyjama,le visage fatigué.

– Non mais ça ne tourne pas rond chez toi ! M’écriais-je en rentrant.

– Je peux savoir ce qui se passe ? Souffla-t-elle dans un bâillement.

– Te faire le frère de Morgan ! T’es tarée ou quoi ? Je te signale que Morgan m’a dit qu’il se faisait tout ce qui bouge !

– Je te signale que toi aussi et pourtant il te laisse sortir avec son frère.

Je lui lançais un regard noir avant d’enlever ma veste et de la balancer sur son canapé.

– Ah parce que tu restes là ? Souffla-t-elle, déçue.

– On est dimanche, on reste ensemble le dimanche…Dis-je, surpris.

– Oui mais j’ai pas dormi de la nuit, et ce soir je le revois donc…

– Non, tu rigoles tu vas encore te le faire ?

– Attends, on a pas couché ensemble si c’est ça qui te met en colère.

Je me figeais immédiatement, croisant mon regard dans le sien.

– Ah bon ?

– Non, dit-elle en allant dans sa cuisine pour se prendre une tasse de café, on a passé la nuit à discuter.

– Et ce soir ?

– C’est un rendez-vous… Il m’emmène au restaurant.

Elle attrapa ma main et m’obligea à m’asseoir sur le canapé avant de m’y rejoindre et de poser sa tête sur mon épaule.

– Il est trop beau Éden… Trop, trop canon… Souffla-t-elle avec le même air rêveur que Joshua arborait ce matin, et il est gentil, intelligent… Ah je meurs…

– Ouais… Niveau physique, je préfère Morgan… Dis-je dans une grimace.

– Tant mieux, comme ça je n’ai pas à craindre que tu me le piques.

Je la fusillais du regard et elle éclata de rire. Ce genre de commentaire étaient devenus une habitude entre ma famille et moi, depuis que c’estce que j’avais fait à Norah.

– Et bien… Moi qui fait de Morgan mon plan cul et toi qui sort avec son frère… Je ne sais pas où ça va nous mener ça… Dis-je en m’étirant, légèrement amusé.

**

Trois mois s’étaient écoulés depuis ce moment. Trois mois magnifiques…Démentiels… Trois mois de pure bonheur.

Au niveau professionnel, tout allait bien, même extrêmement bien même. Après avoir terminé l’écriture des nouvelles chansons avec l’aide de Morgan, nous étions entrés en phase d’enregistrement. Alex, notre manager, nous avait programmé une tournée de deux mois et demi où nous interpréterons les chansons les plus connus des derniers albums vendus. C’était notre première vraie tournée et c’était avec plaisir que je pouvais voir certaines villes afficher « complet » pour nos concerts. Après cette tournée, nous entamerons la promotion du nouvel album, les tournages de clip et une nouvelle tournée. J’avais de plus en plus hâte. J’avais l’impression d’enfin toucher mon rêve du bout des doigts et cela me grisait, autant que ça grisait Laura, Baptiste, Kelly et Félix. Nous étions sur notre petit nuage et Morgan avait beaucoup de mal à nous canaliser lors de nos répétitions pour la tournée.

Ma relation avec Baptiste était revenue au beau fixe. Notre amitié était redevenue celle qu’elle était avant toutes nos coucheries, et même si je sentais quelques fois le regard de Baptiste posé sur moi d’une manière plus qu’amicale, jamais je ne le croisais. Je ne lui donnais plus de faux espoirs, car il n’y aurait plus rien entre nous. Et il l’avait compris.

Liz et Joshua était désormais un couple depuis maintenant trois mois. Même si au début, je n’étais pas vraiment d’accord avec le choix de ma sœur, j’avais fini par m’habituer à sa présence et à le voir avec elle. Elle semblait heureuse et c’est tout ce qui m’importait au final. Nous avions même fini par nous entendre au niveau du sport. J’étais un fan de Foot et Joshua l’était lui aussi, ce qui nous avait au moins donné un terrain d’entente. Mais jamais nous ne parlions de ma relation avec Morgan.

Cette relation quand à elle était restée la même. Morgan et moi couchions ensemble et à chaque fois, c’était les portes de l’extase que nous décrochions. Durant ces trois mois, même si je n’aimais pas l’avouer de peur de rendre cette histoire trop sérieuse, je n’avais coucher qu’avec lui, et ce pratiquement tous les soirs. Il me suffisait et je savais que je lui suffisait aussi. Mais nous n’en parlions jamais.

Ce jour-là, nous étions la veille de Noël et je devais partir chez mes parents pour le réveillon avec Liz et Joshua. Morgan avait prévu d’aller au repas organisé par le label, si bien que nous ne nous verrions pas pendant deux jours. Alors je profitais de lui encore un peu. J’étais au dessus de lui, embrassant sa peau nue alors que ses doigts s’entremêlaient dans mes cheveux.

– Tu devais pas rentrer chez toi ? Souffla Morgan, en rigolant sous mes caresses.

– Encore un peu… Répondis-je en descendant au niveau de son nombril.

Mes mains descendirent sur ses fesses que je massais sans aucune pudeur.Morgan se mordit alors la lèvre en fermant les yeux et je remontais,embrassant son cou.

– Tu devrais te faire un tatouage… Dis-je tout contre sa peau.

Je laissais alors mes doigts glisser le long de son torse pour atterrir sur son bas-ventre que je caressais doucement.

– Tu pourrais écrire mon prénom… Comme ça tout le monde saura que tu es à moi… Dis-je en rigolant légèrement.

Mes lèvres descendirent dans le creux de son cou et ses jambes et Morgan écarta un peu plus les jambes, collant son intimité dressée contre la mienne dans le même état. A ce contact je ne pu m’empêcher de rire.

– Tu vas me manquer… Souffla tout à coup Morgan, des rougeurs parsemant ses joues.

– Je reviens dans deux jours, répondis-je amusé.

– Non… Quand tu seras en tournée, tu vas me manquer.

Un sourire étira mes lèvres et je me redressais pour ravir ses lèvres dans un doux baiser. Morgan entrouvrit ses lèvres dans la seconde et lorsque nos langues se retrouvèrent, un frisson me secoua. Nous nous séparâmes seulement lorsque l’air vint à nous manquer et j’attrapai mon téléphone dans la poche de mon jean par terre.

– Qu’est-ce que tu fais ? Me demanda-t-il surpris.

– Attends j’ai une idée.

Je me redressais alors en cherchant l’application dans mon téléphone et lorsque je tournai la tête vers lui, Morgan s’était relevé sur ses coudes, me détaillant sans aucune pudeur.

– Et après c’est moi le pervers ! M’écriais-je en rigolant.

Des rougeurs colorèrent ses joues et je le pris en photo. Je m’allongeais alors sur lui et pris une nouvelle fois ses lèvres pour un baiser fougueux. Mon bras se tendit alors et je pris une nouvelle photo. Pleins d’autres suivirent par la suite jusqu’à ce que nous nous séparions, à bout de souffle. Je me mis ensuite sur le ventre près de lui et commençais à les lui envoyer sur son téléphone.

– Comme ça, dis-je dans un sourire charmeur, quand je te manquerai trop, tu les regarderas et tu repenseras à cette nuit…

Je m’approchais à nouveau de lui, mes lèvres retrouvant son cou.

– Et tu pourras même te soulager en pensant à moi… Repris-je dans un sourire.

– Oui, c’est définitivement toi le plus pervers de nous deux, souffla Morgan alors que ses mains descendait dans le creux de mes reins.

Mais alors que nous étions à deux doigts de céder à nouveau à nos pulsions, la porte d’entrée claqua et Joshua cria un « Je suis rentré Morgan ! » bien fort. Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me relevais.

– Je comprends pas pourquoi tu as voulu qu’il vienne habiter chez toi… Grognais-je en attrapant mes affaires, sachant qu’il ne voudrait rien faire alors que son frère était à côté.

Morgan rigola et se leva à son tour et enfila son pyjama. Nous prîmes ensuite la direction du salon pour trouver Joshua devant la télé.

– T’es encore là toi ? Souffla-t-il étonné.

– Ne t’en fais pas, je m’en vais, vous nous rejoignez chez mes parents ? Dis-je en mettant ma veste.

– Ouais, on doit passer te prendre ?

– Non, je vais avec Baptiste, il rentre aussi chez ses parents.

Joshua acquiesça et je me retournais. Un sourire étira mes lèvres et j’embrassais la joue de Morgan tout en lui glissant un « A dans deux jours » à l’oreille. Puis je sortis de son appartement pour rejoindre le mien à toute vitesse.

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Cela faisait quelques heures que j’étais chez mes parents et j’aidais ma mère à préparer le repas avec Jay et sa femme. Mon portable se mit à sonner, signe que j’avais un message et immédiatement je le pris dans mes mains.

« T’es vraiment un connard Éden !! »

Mes sourcils se froncèrent sous cette insulte alors que je ne voyais pas vraiment ce que j’avais fait.

– C’est qui ? Demanda Jay en se coupant un morceau de fromage pour grignoter.

– Liz, répondis-je en haussant les épaules, apparemment je suis un connard mais je ne vois pas trop pourquoi…

– Depuis quand ma fille parle aussi vulgairement ? S’écria ma mère en se redressant.

– Ah Maman… Souffla Jay en levant les yeux au ciel, si tu connaissais un peu mieux Liz tu saurais qu’elle a toujours été vulgaire !

La femme de Jay, Suzie, rigola légèrement alors que ma mère lui envoyait un torchon en pleine figure. C’était une femme assez petite et rondouillarde mais vraiment très belle. Blonde, les cheveux longs et des yeux verts magnifiques, elle avait donné naissance à deux enfants qui jouaient dans jardin avec mon père et qui ressemblaient à Jay même s’il était aussi blond que leur mère. Même si nous n’étions pas aussi proche que je l’étais de Liz, je m’entendais bien avec Jayson. Il évitait de parler de mon métier, sujet de discorde entre nous et nous retrouvions nôtre complicité. C’était à peu près la même chose avec Riley même si avec lui, ça finissait toujours par déraper.

La porte s’ouvrit, dévoilant Norah, suivi de son mari Alban. Il était grand, les cheveux châtains et un regard sombre aussi froid que celui que Norah posait à cet instant sur moi.

– Riley et Liz sont sur la route, ils viennent de m’envoyer un sms, dit-elle en faisant la bise à tout le monde.

Elle fit de même pour moi car ma mère était présente dans la cuisine.Son mari me serra la main assez froidement et je me retournais pour continuer à remuer la sauce que ma mère avait préparée.

– Toi aussi Liz t’a insulté ? Demanda Jay dans un sourire.

– Non pourquoi elle ferait ça ? Fit Norah, surprise.

– Bon vous avez fini de parler d’elle comme ça ! Souffla ma mère en se levant, Alban et Norah, allez donc mettre la table et toi Jay va allumer un feu, qu’on puisse avoir la paix deux minutes dans la cuisine.

J’envoyais alors un sourire moqueur à Jay et pour toute réponse il leva les yeux au ciel une nouvelle fois.

**

Il était maintenant 18 heures et tout le monde était là, sauf Liz etJoshua qui était en retard. Riley était arrivé ainsi que sa femme Amanda et leur fils Théo. Tout le monde était en train de s’activer en bas tandis que je mettais un film aux enfants dans l’ancienne chambre de Norah aménagée en salle de jeu.

– Bon, je descends, fis-je en tendant la télécommande à Théo, le plus âgé des enfants, pas de conneries.

Tu sais que j’ai demandé une guitare à noël Tonton ! S’écria-t-il alors que je sortais, pour faire comme toi, tu m’apprendras hein !

– Promis, répondis-je dans un sourire, touché.

Je sortis de la chambre, la laissant entrouverte et descendis rejoindre ma famille. C’est alors que la porte d’entrée s’ouvrit, dévoilant Liz et Joshua.

– Ah bah vous en avez mis du temps ! Soufflais-je dans un sourire.

Mais celui-ci s’effaça bien vite en apercevant Morgan qui entrait à son tour.

– Qu’est-ce que tu fais là ? Demandais-je étonné de le voir ici.

– Je l’ai invité, S’écria Liz, le regard noir, vu que tu es tellement égoïste et que tu ne penses qu’à toi !

– Mais il avait déjà un truc de prévu, lançais-je en haussant les sourcils.

– Je… Je peux partir… Souffla Morgan, rouge de gêne.

C’est alors que ma mère arriva, tout sourire, suivit par le reste de la famille.

– Tiens, ça y’est, vous voilà ! Dit-elle en enlaçant Liz.

Elle se tourna vers Joshua, un sourire aux lèvres.

– Et vous êtes le petit ami, Joshua, ravi de faire votre connaissance.

Joshua répondit la même chose et lui serra la main. Le regard de ma mère se posa alors sur Morgan.

– Et vous, vous êtes… Fit-elle hésitante.

– C’est le petit ami d’Eden, Maman, répondit Liz, en enlevant sa veste.

Me jeter un sceau d’eau froide en pleine figure aurait eu le même impact que cette phrase. Comment pouvait-elle dire ça ? A notre mère ? Morgan n’était qu’un plan cul, rien d’autre, elle ne pouvait pas dire ça. Elle n’en avait pas le droit. Mon sourire s’envola alors que ma mère posait sur moi un regard interrogateur.

– Ton petit ami ? Souffla-t-elle étonnée.

– Je…

Mais pas le moindre mot ne sortit de ma bouche. Comment pouvais-je avouer à ma mère que l’homme qui se trouvait dans sa maison était mon plan cul régulier. C’était impossible. Mon cœur se serra alors que j’allais dépasser une autre limite avec Morgan. Une limite que Liz me forçait à balayer.

– C’est tout récent… Répondis-je en regardant liz du regard le plus noir que j’avais en stoch.

Ma mère me regarda quelque minutes interloquée avant de reposer son regard sur Morgan. Derrière elle, tout le monde de regardait étonné,et je savais très bien pourquoi. Depuis Lucas, jamais personne n’avait franchi le seuil de cette maison sous cette appellation. Et si ça ne tenait qu’à moi, jamais personne ne l’aurais fait. Liz allait passer un très mauvais quart d’heure…

– Et bien je suis ravie de vous rencontrer Morgan. Souffla-t-elle en tendant la main vers mon amant.

– Moi aussi… Dit-il, des rougeurs sur ses joues, en me lançant un regard gêné.

Elle lui fit un sourire et se retourna pour croiser le regard de tous le monde.

– Et si vous alliez vous occuper de vos affaires pour une fois ? Dit-elle en retournant dans le salon.

Toutle monde sembla alors sortir de sa léthargie se retourna pour retourner à leurs activités. Liz en profita pour aller dans lacuisine avec Joshua, sans doute pour que je ne puisse pas lui parler tout de suite. Un soupire s’échappa de mes lèvres et jem’approchais de Morgan, attrapant son sac.

– Viens, on va mettre ça dans ma chambre, fis-je en commençant à remonter les marches.

Morgan me suivit sans broncher et je le conduisis dans ma chambre d’adolescent. Elle était assez petite, bleu marine et blanche avec des posters de groupes de rock accrochée partout. Mon lit était collé au mur avec juste à côté mon bureau, impeccablement rangé par ma mère lors de mon départ. Dans un coin, une vieille guitare et une bibliothèque avec une chaine-hifi. Ma chambre était la seule qui était restée aussi personnelle, les autres étant devenue des chambres d’ami, car ma mère avant encore du mal à se faire à l’idée que je ne reviendrai plus du tout vivre avec eux.

– Je suis désolé Éden… Souffla alors Morgan, d’une petite voix, Liz m’a dit qu’elle te préviendrait avant qu’on arrive… Je ne voulais pas m’imposer comme ça.

– Je croyais que tu avais un repas avec le label, répondis-je en me retournant.

Il baissa le regard paraissant tout à coup encore plus mal à l’aise.

– Morgan… Dis-je, en fronçant les sourcils, tu comptais passer où le réveillon.

– Chez moi…

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je posais son sac près du mien.Pourquoi fallait-il qu’il me paraisse aussi vulnérable ?

– Dans ce cas, dis-je en m’assaillant sur mon lit, elle a bien fait de te dire de venir.

J’attrapais sa main et l’obligeais à s’asseoir. Je lui enlevais son écharpe et il défit sa veste avant de la poser près de lui.

– C’est moi qui m’excuse pour la comédie qu’elle va te faire jouer pendant ces deux jours… Sans compter que tout le monde ici va te bombarder de questions.

Il posa sur moi un regard surpris et je haussais les épaules.

– Ce n’est pas souvent que je ramène quelqu’un ici et que je le présente comme mon petit ami, avouais-je dans un sourire gêné, mais je ne pouvais pas dire à ma mère la vraie nature de notre relation.

Morgan répondit à mon sourire et je posais ma main sur sa joue. Mes lèvres se posèrent sur les siennes dans un baiser tendre et je sentis ses mains remonter jusqu’à ma nuque. Comme une habitude, mes mains passèrent sur son pull, touchant sa peau douce. Notre baiser gagna en intensité immédiatement et ce fut à regret que je me séparais de lui.

– En parlant de la nature de notre relation, dis-je dans un sourire, elle ne sera pas facile à entretenir pendant ces deux jours, mes parents dorment juste à côté…

Il voulu rétorquer quelque chose, mais la porte de ma chambre s’ouvrit à la volée, dévoilant mon frère. Celui-ci haussant les sourcils sous la surprise de nous voir aussi proche l’un de l’autre.

– Sérieux Riley, tu pourrais pas frapper ! Grognais-je les dents serrés.

– Maman m’envoie vous dire de descendre à table, je pouvais pas savoir que vous aviez prévu de prendre le dessert en avance… S’exclama-t-il, fier de sa blague.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me levais en levant les yeux au ciel.

– J’espère que Amanda ne t’a pas épousé pour ton humour… Soufflais-je en passant près de lui.

– Figures-toi qu’elle me trouve assez drôle ! Rétorqua-t-il en passant son bras autour de mon cou.

– Ouais bah c’est que tu dois être un sacré coup au lit alors…

Nous sortîmes de la pièce, Morgan nous suivant sans oser participer.

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Cela faisait maintenant quelques heures que nous étions à table et tout se passait très bien. L’atmosphère était détendue et je me laissais aller. Mon bras était posée sur le dossier de la chaise de Morgan qui discutait avec Jay de son emploi de Kinésithérapeute. La comédie que nous faisions n’était pas vraiment difficile à jouer et je me laissais bercer par cette proximité, allant jusqu’à poser ma main sur sa cuisse.

Mais même si tout le monde semblait l’accepter, je sentais le regard de Norah posé sur nous. Je n’avais aucun mal à deviner ce qu’elle pensait, c’est pourquoi, je faisais tout pour ne pas le croiser.

– Et sinon les garçons, pourquoi est-ce que vous ne faites pas le réveillon chez vos parents ? Demanda mon père en se resservant un peu de dessert.

– Parce qu’on en a pas… Souffla Joshua en haussant les épaules.

Tout le monde tourna la tête vers lui, le regard surpris, y comprisMorgan. Joshua tourna la tête vers lui et une grimace étira ses lèvres.

– On… On a vécu dans un orphelinat jusqu’à notre majorité, dit-il, cette fois d’une manière plus hésitante.

Mon regard se posa alors sur Morgan qui avait baissé la tête. Alors c’était ça. Voila pourquoi il n’y avait aucune photo, aucun souvenir chez lui, tout simplement parce que cette partie de sa vie, il voulait l’oublier. Je me sentis soudainement mal. Durant ces trois mois, j’avais passé mon temps à parler de ma famille, des anecdotes amusantes et ce sans tact. Vivement, j’attrapais sa main posée sur la table et entrelaçait nos doigts. A ce contact, Morgan releva la tête, posant sur moi un regard interrogatif et je lui souri. C’était un sourire pour le réconforter, et lui montrer que même si je ne pouvais pas lui offrir une vraie relation, j’étais là pour lui. Parce que nous étions amis.

– Des fois j’aurais bien aimé être seul moi aussi… Souffla Riley, pour détendre l’atmosphère.

– Des fois on aurait bien aimé que tu le sois, oui, répliquais-je en me tournant vers lui.

– Tu dis ça mais tu passais ton temps à le suivre partout, répondit ma mère en rigolant légèrement.

– Parce qu’à l’époque je pensais qu’être un intello était cool !

Tout le monde rigola et la conversation dériva sur Riley. Mais Norahn’était pas décidé à oublier sa rancœur deux minutes.

– Pour quelqu’un qui dit avoir du mal à oublier Lucas, je trouve que tu t’en sors bien… Souffla-t-elle, le regard posée sur nos mains liées.

Je me tendis à la seconde et retirai ma main de celle de mon amant. Mon regard croisa celui de Norah, agacé. Mon cœur se serra alors que je me rendais compte que ce qu’elle disait était plus ou moins vrai.Avec Morgan, je dépassais toutes les limites que je m’imposais avec les autres.

– Qui est Lucas ? Demanda Joshua en fronçant les sourcils.

– Son ex, répondit Norah, sans dévier son regard du mien.

Ex ? Voilà tout ce qu’il était ? Mon sang ne fit qu’un tour.J’étouffais, il fallait que je sorte. Je me levais aussitôt mais trop précipitamment car la chaise tomba au même moment.

– Je vais prendre l’air, murmurais-je alors que je me retournais, prenant la direction du jardin.

Pourquoi fallait-il qu’elle gâche tout ? Pourquoi fallait-il qu’elle parle de lui ? Maintenant ? L’étau de mon cœur se serra un peu plus et je laissais glisser la porte vitrée avant de m’asseoir sur les marches du perron. Ce fut à cet instant seulement qu’un sanglot me secoua et je baissais la tête, l’appuyant contre mes genoux relevés. Je me sentais mal. Je n’étais pas idiot, je savais très bien que je me laissais trop aller avec Morgan. Mais je ne voulais pas mettre de mots sur ce que nous faisions. Parce que cela me faisait trop mal.

Tout à coup, je sentis un vêtement tombé sur moi et je relevais la tête,croisant le regard de ma mère. Un sourire étira ses lèvres et elle resserra les pans de ma veste autour de moi pour me couvrir un peu plus.

– Tu ne devrais pas écouter Norah, Dit-elle en caressant ma joue, elle ne peut pas comprendre… Personne ne peut comprendre à part toi.

– Il me manque maman… Soufflais-je alors qu’un nouveau sanglot étranglait ma voix.

– Je sais mon amour…

Et doucement, elle m’attira à elle pour une étreinte des plus douces.

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Ce fut seulement après de longues minutes que je me décidais à rentrer accompagné de ma mère. J’avais arrêté de pleurer mais je savais que mes yeux étaient rouges et ce fut gêné que je retournais m’asseoir. Si tout le monde avait remarqué mes yeux, personne ne disait rien. Norah quand à elle avait baissé la tête et je savais que mon père y était pour quelque chose.

– Bon, je sais comment ce sont rencontrés ces deux là, souffla mon père en montrant Liz et Joshua, mais vous deux ?

– On travaille ensemble, répondis-je en haussant les épaules.

– Je suis compositeur dans le label d’Eden, je les aide à travailler sur leur musique et à côté de ça je fais des musiques de films, compléta Morgan dans un sourire.

– Heureusement que tu fais des musiques de films parce que sinon tu aurais pas mal de temps libre, s’exclama Riley, dans un sourire en coin, en jetant un regard furtif à mon père et à Jayson.

Vivement,je relevais la tête, prêt à riposter à cette pique, mais Morganme devança.

– Au contraire, Dit-il sérieux, je dois avouer que je suis en retard pour mes autres projets…

Il posa alors son regard sur moi et un sourire étira ses lèvres.

– Ils ont tellement de talent que je me laisse à chaque fois aller.

– Tu dis ça parce que tu sors avec Éden ! S’écria Jay amusé.

– Je sors peut-être avec lui mais je sais toujours reconnaître un groupe qui a du talent d’un autre qui n’en a pas… Et puis de toute façon, s’ils n’en avaient pas, le label où nous travaillons n’aurait même pas écouté leur démo.

Tout le monde le regarda surpris et je sentis mon cœur s’endiabler dans ma poitrine. Personne n’avait jamais pris ma défense et celle des Light Shade de cette manière et je me sentis fondre à nouveau. A cet instant, je découvrais une nouvelle facette de Morgan. Une facette qui me séduisait autant qu’elle m’effrayait. Il avait des sentiments pour moi. C’était maintenant une évidence. Et pourtant… Je n’avais pas envie de partir.

– Vous devriez aller à un de ses concerts pendant leur tournée, vous seriez bluffé, acheva-t-il, en se resservant de l’eau.

Ma famille le regarda encore quelques secondes avant de se regarder tour à tour, surpris. Puis ma mère se leva, un sourire aux lèvres.

– Quelqu’un veut du dessert ?

**

Cela faisait une heure que le repas était terminé et tout le monde avait regagné sa chambre. Je me retrouvais allongé pyjama sur le dos, la tête de Morgan posée sur mon torse.

– Merci… Soufflais-je en passant ma main dans ses cheveux.

– De quoi ? Demanda-t-il en relevant la tête.

– Merci d’avoir pris ma défense ce soir, répondis-je dans un sourire.

– Je n’ai dis que la pure vérité.

Je rigolais légèrement et inversais nos positions, m’allongeant sur lui et calant ma tête dans son cou.

– Jay a raison, dis-je en embrassant sa peau, tu ne peux pas être objectif, on couche ensemble et en plus de ça tu es ma groupie.

– Je suis pas ta groupie, souffla Morgan amusé.

– Il y a des posters de moi partout dans ton appartement.

– Juste dans une pièce.

Je me redressais, posant mes coudes de chaque côté de son visage.

– C’est pas grave tu sais, dis-je dans un sourire charmeur, j’aime bien avec des groupies !

– Je ne suis pas ta groupie ! S’écria-t-il en attrapant le cousin près de lui et en me tapant avec.

J’éclatais alors de rire et il me suivit. Ma tête se reposa sur son épaule et mes doigts suivirent les contours de son cou.

– Tu as passé une bonne soirée ? Demandais-je après un temps.

– Oui, mais je n’ai rien à leur offrir pour demain midi.

– T’en fais pas pour ça…

Je lâchais alors un bâillement et mes bras encerclèrent sa taille.Mes yeux commencèrent à se fermer, bercé par la respiration calme de Morgan.

– Éden ? Murmura-t-il faiblement.

– Oui ? Répondis-je à deux doigts de m’endormir.

– Je t’aime…

Je me tendis à la seconde mais ne relevais pas la tête. Mon cœur se mit à battre violemment dans ma poitrine. Mais je ne voulais pas fuir. Je le savais. Je l’avais compris. Et je l’avais encouragé. Mais ce n’était pas comme avec Baptiste. J’étais terrifié mais pour la première fois depuis longtemps, je m’en fichais. Morgan savait ce que je voulais. Il savait que je ne pourrais jamais lui offrir la même chose. Et il ne me demandait rien. Il ne voulait pas que je l’aime. Il voulait simplement que je reste. Et c’est ce que j’allais faire.

– Je sais… Soufflais-je en resserrant mon étreinte autour de lui.

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La suite demain 🙂