Ne pars pas – Chapitre 16

Chapitre 16 – Ecrit par Mai-Lynn

 

Un sourire étira ses lèvres. Un sourire magnifique qui me fit plaisir. Et ce sentiment là, je l’adorais autant que je le détestais…

- J’adorerais…

Nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher alors que sa main glissait derrière ma nuque pour m’attirer vers lui. Nos lèvres se retrouvèrent pour un nouveau baiser passionné, me faisant comprendre qu’il était heureux, et qu’il allait me le prouver sur le champ…

**

Après une énième conférence de presse organisée par Alex, nous étions partis boire un verre au Sunset, un bar assez huppé de la ville. Liz avait finit par nous rejoindre n’ayant pas vraiment envie de retrouver Joshua à son appartement, qui avait décidé de rester un peu avec Morgan et Jules. Devant moi, se trouvait Baptiste qui passait son temps à regarder ses messages où à appeler sa boîte vocale.

- Baptiste, tu deviens pathétique… Soufflais-je en levant les yeux au ciel

- Il a dit qu’il allait me rappeler… Dit-il en composant une nouvelle fois le numéro de sa boite vocale.

Vivement, j’attrapais son téléphone, n’écoutant pas ses protestations.

- Tu t’es fait un gars, pendant une soirée, point barre ! Dis-je durement, si tu voulais plus, il fallait lui dire tout de suite que tu voulais plus.

- Mais tu m’as toujours dit…

- Depuis quand tu écoutes Éden ?

Cette fois, c’était Laura qui avait parlé. Elle se trouvait entre Liz et Kelly, une vodka pomme entre les mains.

- C’est vrai ça, depuis quand tu m’écoutes ? Soufflais-je en haussant les épaules.

Baptiste croisa les bras, boudeur.

- Je ne vois pas pourquoi tu cherches à tout prix à vouloir te caser, continuais-je dans une grimace, t’es guitariste dans un groupe qui devient célèbre, tu devrais profiter !

- Dixit le gars qui sort avec la même personne depuis euh… Bientôt six mois non ? S’exclama Félix, un petit sourire aux lèvres.

- Et qui compte l’amener tout le week-end chez nos parents… Rajouta Liz, amusée.

- Je ne sors pas avec Morgan… Et pendant 2 mois et demi, on ne s’est pas vu ! Dis-je le regard noir.

- Vu que c’est lui qui a un copain… ça ne serait pas plutôt Morgan qui ne sort pas avec toi ? Fit Kelly en faisant semblant de réfléchir.

- Pourquoi on parle de moi tout à coup ? M’écriais-je vexé, Baptiste prend tout trop à cœur, dîtes le lui vous aussi !

Tout le monde rigola puis Liz posa sa main sur l’épaule de Baptiste.

- Je ne pensais pas dire ça un jour mais… Éden a raison…

Je la fusillais immédiatement du regard et elle éclata de rire.

- Non, mais c’est vrai Baptiste, tu veux tomber amoureux mais te faire le premier type qui passe et attendre qu’il te rappelle, ce n’est pas tomber amoureux…

- Alors qu’est-ce que je dois faire ? Dit-il dans une grimace.

- Continuer à t’amuser… Aie ! Criais-je en posant ma main sur mon mollet où Kelly venait de me donner un violent coup de pied.

- Tu dois rencontrer la personne avec qui ça fait tilt du premier coup, expliqua Liz, dans un sourire.

- Et si ça ne fait pas tilt de son côté ? Demanda Baptiste, d’une petite voix

- Et bien tu passes à la suivante !

- Elle est débile ta stratégie Liz… Soufflais-je en portant mon verre à mes lèvres.

- Je suis d’accord avec Éden… Ma parole, tu es là voix de la raison ce soir ! S’écria Félix.

Tout le monde éclata à nouveau de rire. Tout le monde, sauf Baptiste qui posait son regard sur moi. Un regard triste dont je ne voulais pas comprendre la signification. Vivement, je levais la main pour commander une nouvelle tournée, mal à l’aise.

**

Le lendemain, c’est avec un léger mal de crâne que j’avais rejoins tout le monde pour une répétition et comme nous en avions prit l’habitude, j’étais resté à la fin, seul avec Morgan. Nous travaillions encore sur ma voix mais cette fois, c’était Morgan qui avait du mal à se concentrer et je pouvais lire sur son visage que ce n’était en aucun cas parce qu’il avait envie de faire autre chose avec moi.

Lorsqu’il se trompa une nouvelle fois d’accord, je ne tins plus et m’arrêtais de chanter. Mon regard se posa sur lui.

- Quelque chose ne va pas ? Demandais-je en fronçant les sourcils,

- Je… Non… Dit-il en fixant les touches de son instrument.

Mais il me mentait. Je le connaissais assez maintenant pour savoir lorsqu’il ne me disait pas la vérité. Il voulu reprendre sa musique mais je l’en empêchais, légèrement agacé, en attrapant son poignet et en le tournant vers moi.

- Morgan… Qu’est-ce qu’il y a ? Demandais-je, cette fois plus durement.

- Rien… Souffla-t-il dans un sourire qui sonnait faux.

Il voulu m’embrasser, mais je voyais bien là une manière de détourner la conversation. Vivement, je tournais la tête, ne me fiant pas à son regard blessé.

- Morgan… Dis-moi !

- Je ne vais pas pouvoir venir ce week-end, j’avais oublié que Jules m’avait invité… Laissa-t-il échapper, d’une traite.

Sous la surprise, mes doigts lâchèrent son poignet et mon cœur se serra jusqu’à m’en faire mal à la poitrine.

- Ah, ok… Murmurais-je tentant de masquer ma déception.

- Je suis désolé, il me l’a rappelé hier et… Si j’avais su je ne t’aurais pas dit que…

- Arrête ! Le coupais-je immédiatement, pas besoin de te justifier. C’est moi l’amant non ?

C’était ma place. J’étais l’homme caché et j’avais accepté ce rôle. Quelle idée j’avais eu de l’inviter chez mes parents… Les autres avaient raison, je m’impliquais beaucoup trop là dedans.

- J’aurais vraiment voulu voir ta famille avec toi… Lâcha-t-il, le regard légèrement triste.

Je ne voulais pas de ça. Surtout pas de ça. Vivement, je me levais et attrapais ma veste posée près du piano.

- Je… Je suis ton amant, tu n’as pas à vouloir voir ma famille, dis-je agacé,

- Arrête de dire ça… Répliqua-t-il énervé.

Mais je ne répondis rien. Tout ce que je voulais à cet instant, c’était être seul. J’allais trop loin avec lui. Venir avec moi passer le week-end chez mes parents ? Une belle connerie. Mais ce qui me faisait le plus de mal, c’était de voir que ce Jules pouvait faire n’importe quoi de lui…

- Je dois y aller, fis-je en me retournant vers la sortie, passe un bon week-end avec ton crétin.

Et sans lui laisser le temps de me retenir, je sortais de la salle. Il nous restait encore quelques jours avant le week-end mais la vérité, c’était que je ne voulais pas le revoir avant. J’avais besoin de redéfinir les limites que je nous imposais. Et pour ça, je devais me trouver loin de lui…

**

J’assistais aux répétitions sans grand enthousiasme. Je sentais le regard de Morgan posé sur moi mais je faisais tout pour ne pas céder. Et lorsque la répétition prenait fin, je faisais en sorte de partir le premier pour l’empêcher de me retenir. Et lorsqu’il m’avait envoyé un de nos messages codés « La répétition est avancée », je n’avais pas pris part à cette mascarade et j’avais répondu « Elle est annulée ». C’était puéril et totalement immature. J’en avais totalement conscience mais j’étais incapable de réagir d’une autre manière. Je n’étais pas habitué à passer après quelqu’un d’autre. J’étais toujours celui qu’on voulait, qu’on désirait. Avec Lucas comme avec tous les types que j’avais rencontré durant ces cinq années.

Ce soir-là, je le passais encore une fois seul. Je venais de raccrocher avec ma mère pour lui donner l’heure de notre départ à Liz et moi. Je n’avais pas eu le cœur de lui annoncer que Morgan ne venait finalement pas, je pourrais toujours trouver une excuse en arrivant là-bas.

Tout à coup, quelqu’un frappa à la porte et je me retournais. Je n’attendais personne… J’allais ouvrir la porte pour me figer aussitôt en y découvrant celui que j’évitais.

- Morgan ?

Il releva la tête et ma surprise disparue pour laisser place à toute la déception que j’avais emmagasiné en moi ces derniers jours.

- Tu ne devrais pas être dans un chalet avec ton crétin ?

Et là, sans que je comprenne vraiment comment, ni pourquoi, Morgan éclata en sanglots. Il me fallut quelques secondes avant de réagir pour l’attraper vivement et le prendre dans mes bras. Sa tête plongea dans mon cou alors que je le serrais contre moi. Il pleurait à chaudes larmes et je me sentais totalement impuissant. Pire que ça, j’avais été idiot, encore une fois…

Plusieurs minutes passèrent ainsi, sans qu’aucun de nous deux ne parlâmes. Il avait besoin de moi et je serais là pour lui. Avant toute notre histoire, il était aussi mon ami après tout. Lorsqu’il fut calmé, il se recula, légèrement honteux.

- Je… J’espère que je ne te gêne pas… Dit-il d’une petite voix.

Je posais ma main sur sa joue, tendrement et l’obligeais à croiser mon regard. Là, à l’aide de mon pouce, je tentais d’effacer les larmes sur ses joues ?

- Je ne savais pas que la répétition était avancée, soufflais-je dans un sourire pour le détendre.

Morgan rigola avant de secouer la tête amusé.

- Je suis désolé… Dit-il en passant ses mains sur ses joues.

- Désolé ? De quoi ? Répondis-je en m’écartant un peu de lui,

- De venir pleurer comme ça chez toi…

- Je pense que c’est mon rôle, puisque je suis ton amant câlin…

Il était mal et j’étais près à tout pour lui faire oublier ça, même à tomber dans la mièvrerie. Doucement, je posais mes lèvres sur les siennes pour un baiser qui m’avait incroyablement manqué ces derniers jours. Nos langues ne tardèrent pas à se retrouver tout aussi tendrement. Lorsque l’air vint à nous manquer, je m’écartais de lui, ancrant mon regard dans le sien.

- ça va mieux ?

Un petit sourire étira faiblement ses lèvres. Je n’allais pas l’assaillir de questions maintenant. Il était mal et tout ce qu’il avait besoin maintenant, c’était du réconfort.

- Tu as mangé ? Demandais-je en me retournant.

- Non…

Je l’invitais à me suivre dans le salon et attrapais mon téléphone portable pour commander à manger.

- Je vais commander quelque chose, tu préfères quoi ? Chinois ?

- Je n’ai pas très faim…

- Ce n’est pas la question que j’ai posé… Dis-je dans un sourire, alors, ça sera chinois.

Je composais alors le numéro avant de passer la commande. Je pris plusieurs repas, préférant ceux que Morgan et moi aimions le plus. Lorsque la commande arriva, nous mangeâmes, mais son téléphone n’arrêtait pas de vibrer dans la poche de son jean. Après de nombreux appels, Morgan finit par attraper le téléphone avant de l’éteindre sans même regarder qui l’appelait. Il était vraiment furieux, je n’en avais maintenant plus aucun doutes.

- Tu veux qu’on sorte après ? Demandais-je cherchant à lui changer les idées.

- Je préférais rester ici… Répondit-il sans oser croiser mon regard

- Ok… Dis-je en réfléchissant à ce que nous pourrions faire, alors je sais !

Vivement, je me levais et allais dans ma chambre pour trouver ma guitare. La musique était le seul moyen pour Morgan de se vider la tête… En plus du sexe mais quelque chose me disait qu’il n’était pas vraiment d’humeur pour la deuxième solution…

- On peut jouer un peu, proposais-je en lui tendant l’instrument.

Il attrapa la guitare avec un sourire et sans attendre commença à l’accorder.

- Quel morceau ?

- Surprends-moi, soufflais-je en m’asseyant à même le sol près de lui.

Au regard amusé qu’il me lançait, je su que j’avais touché dans le mille. Il commença alors à jouer une chanson très connue et je sentis mon estomac se crisper en me rappelant des paroles et du rythme de la chanson. Mais c’était un joli défi à relever… Sans attendre, je commençais à l’accompagner, ravi de voir que je parvenais à lui faire oublier sa peine quelques instants…

**

Et lorsque la fatigue avait commencé à se faire sentir, nous étions aller nous coucher. C’est avec une légère gène que je lui avais prêté un pyjama. Je n’étais pas vraiment habitué à faire ce genre de chose avec un homme et encore moins avec lui. Même si j’avais eu du mal à m’empêcher de le regarder se changer, je savais qu’il ne devait rien avoir de plus.

Une fois couché, Morgan vint se blottir contre moi et je le pris immédiatement dans mes bras. J’avais conscience de ce que je lui offrais mais pour ce soir, je mettais tout ça entre parenthèses. Pourtant, alors que je faisais tout pour ne pas penser au sexe, Morgan commença à passer ses mains sur mon torse. Je sentais mon cœur tambouriner de plus en plus dans ma poitrine alors qu’elles devenaient de plus en plus osées et je cherchais un moyen de le faire stopper. Mais lorsqu’il releva la tête pour m’embrasser, un baiser des plus fougueux, je perdis pied. L’une de mes mains partit sur sa nuque pour l’empêcher de s’éloigner alors que je sentais sa main frôler mon sexe. Mais dans une caresse plus prononcée que les autres, sentant que j’étais sur le point de réellement craquer, j’attrapais sa main et le repoussais légèrement, ancrant mon regard dans le sien.

- Tu es sûr ? Demandais-je sérieusement.

Son regard se voilà de tristesse et dans un soupire, il s’allongea sur le dos. Je me redressais alors pour m’allonger sur le côté. Nos regards se croisèrent et j’attendis patiemment qu’il me parle.

- Est-ce que tu trouves que… Enfin… Est-ce que… Souffla-t-il, de légères rougeurs aux joues.

- Est-ce que quoi ? Demandais-je en fronçant les sourcils

- Est-ce que tu me vois comme une pute…

- Quoi ?

Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. D’où est-ce que ça venait ? C’était bien la première fois que je l’entendais parler de ça, comme ça…

- Tu me poses de ces questions bizarres… Ajoutais-je amusé.

Mais à son regard, je compris que ce n’était pas sur un coup de tête qu’il me demandait cela. Gêné, il s’assit, remontant ses genoux contre sa poitrine et les entourant de ses bras.

- Je n’ai pas mis longtemps à te résister… Et c’est pareil avec tous les types que je rencontre… Dit-il, d’une voix tellement faible que j’en eus mal au cœur.

Je m’assis à mon tour dans le lit et attrapais son menton pour le forcer à croiser son regard. Où avait-il bien pu aller chercher cette idée ?

- Moi je me suis tapé la moitié de la ville, alors je dois être encore plus « pute » que toi… Répliquais-je dans un sourire amusé.

Morgan ne pu s’empêcher de rigoler, apparemment soulagé.

- Alors on était fait pour se rencontrer, fit-il, un petit sourire aux lèvres.

- Sûrement, soufflais-je avant de capturer ses lèvres dans un baiser doux.

Et encore une fois ce soir, ce fut lui qui prit les initiatives en me faisant basculer contre le matelas, un sourire extrêmement sensuel au bord des lèvres…

**

La respiration saccadé, je m’étais écroulé sur Morgan après une partie de jambe en l’air des plus démentielles… Une chose était sûre, j’allais le réconforter plus souvent s’il me remerciait de cette façon à chaque fois… Ses doigts caressant mon épaule m’apaisaient d’une manière telle que j’avais l’impression de ne pas avoir été aussi à l’aise avec un homme depuis un moment…

Mais même si j’avais pris mon pied, je ne pouvais m’empêcher de penser à ce qu’il m’avait demandé. Un pute ? Je connaissais assez Morgan pour savoir qu’il ne penserait pas ça de lui. Son petit-ami lui, par contre…

- Je peux te poser une question ? Demandais-je totalement dans mes pensées.

- Je… Oui… Répondit-il hésitant.

- Qui est-ce qui t’a dit ça ?

Pour ne pas lui laisser le loisir d’éluder la question, je relevais la tête et posais mon menton sur son ventre, ancrant bien mon regard dans le sien.

- A ton avis… Souffla-t-il gêné.

Je sentis une rage immense s’emparer de moi, autant contre Jules que contre Morgan.

- Ce n’est pas un crétin, c’est un vrai connard, m’exclamais-je les dents serrées, Pourquoi tu restes avec ce type ?

- Je… C’est compliqué… Dit-il en détournant le regard.

- Pourquoi ? Soufflais-je n’étant pas disposé à lâcher le morceau.

- Je suis quelqu’un de faible Éden, je me sers de Jules.

- Tu te sers de Jules ? A voir la manière dont il te traite, je pencherais plutôt pour l’inverse.

Je sentis ses mains sur mes épaules se crisper légèrement et je devinais que j’avais touché un point sensible. Mais Morgan devait arrêter de se laisser faire ainsi…

- Je… J’ai besoin de ce que m’apporte Jules… Avoua-t-il après une pause.

- Ah ? Et qu’est-ce qu’il t’apporte ? Demandais-je aussitôt.

Il ne pu soutenir mon regard et ne répondit pas. Il savait tout comme moi que cette relation ne rimait à rien. Et le déclic se fit à cet instant. Il n’aimait pas Jules… Il aimait le confort que lui apportait Jules. Il aimait simplement le mot « couple » et la sécurité qui en découlait. Moi… Moi j’étais celui qui lui refusait de mettre un mot sur ce que nous faisions. Celui qui se contentait de vivre l’instant présent et la dernière fois qu’il avait accepté, je m’étais enfui sans lui donner de nouvelles… Mais c’est deux mois et demi m’avait montrés que je ne recommencerais pas cette bêtise. J’avais compris que Morgan était plus qu’un plan cul, et je l’avais accepté…

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je reposais ma tête sur son ventre, évitant à mon tour son regard.

- Si tu as peur que je m’enfuis comme la dernière fois, ce n’est pas la peine. Je ne le referais plus. J’ai été idiot…

Je fis une très légère pause, cherchant bien mes mots afin de ne pas lui faire mésinterpréter tout ce que je voulais dire.

- Même si je ne peux pas tomber amoureux de toi, je… Je tiens à toi Morgan…

Je sentais mon cœur exploser dans ma poitrine, autant de tristesse que d’appréhension. Mais pour la première fois depuis longtemps, je me laissais aller à ressentir ça… Je redressais la tête pour croiser son regard étonné.

- Est-ce que tu es heureux là, maintenant ? Demandais-je sérieux,

- Oui… Murmura-t-il le regard sincère.

- Alors pourquoi est-ce que tu cherches à te compliquer la vie avec un gars qui au final te fait plus de mal de que de bien ?

Le bonheur que je pu voir sur son visage fit battre mon cœur et lorsqu’il m’attira à lui une nouvelle fois pour un baiser des plus passionnés, je ne pus m’empêcher d’y répondre tout aussi ardemment, me sentant plus léger après cette confession…

**

La nuit fut courte et le réveil brutal. Allongé sur le dos, un bras posé sur mes yeux, je tentais de me décider à bouger, mais j’étais épuisé…

- Je ne savais pas que ça allait être aussi épuisant d’être un amant câlin… Murmurais-je dans un petit sourire.

J’entendis Morgan éclater de rire et je me félicitais d’avoir réussi à lui remonter le moral. Sa tête se cala contre mon épaule et tout son corps se colla au mien alors que sa main caressait tendrement mon torse. Finalement, je laissais tomber mon bras qui recouvrait mes yeux et ma main attrapa celle de Morgan, entrelaçant nos doigts. Le silence refit son apparition et je me laissais peu à peu bercer par nos deux respirations. Mais Morgan finit par me rappeler à l’ordre.

- Dis… Éden, est-ce que… Est-ce que je peux toujours venir chez tes parents ?

Je tournais la tête vers lui, amusé, oubliant tout ce que j’avais essayé de me faire croire hier…

- Depuis que je leur ai dit que tu venais, ils n’arrêtent pas de parler de toi. Alors je pense que tu n’as pas bien le choix.

- Tu ne leur as pas dit que… Enfin… Dit-il, légèrement mal à l’aise.

- Non…

Je n’avais pas vraiment envie de parler plus longtemps de ça. Pourquoi je m’évertuais à jouer la comédie à mes parents ? Je n’en avais aucune idée et je ne cherchais pas à en avoir… Mon regard se posa sur mon réveil.

- Liz ne va pas tarder à arriver, dis-je dans un soupire, et prépare-toi à l’ouragan. On devrait se lever… Tu peux passer chez toi prendre des affaires.

Mais je vis immédiatement son visage se fermer et je compris qu’il ne voulait pas risquer de recroiser Jules.

- Bon, je te prêterais des vêtements.

Et sans attendre, je me recouchais. Morgan fit de même avant de se lever tout aussi vite. Quelques minutes plus tard, j’entendis l’eau couler et sans vraiment que je ne le veuille, l’image de Morgan nu, l’eau coulant sur son corps laiteux se plaça dans mon esprit et je fus incapable de me rendormir. Un grognement s’échappa de mes lèvres et je me décidais à me lever, voulant aller voir par moi-même plutôt que de l’imaginer. Et le spectacle qu’il m’offrit fut des plus sensuels. Nu, les yeux fermés, incroyablement détendu, il passait ses mains dans ses cheveux. Morgan était canon. Mieux que ça, il était incroyablement beau. Et quand on le connaissait, on ne pouvait que l’apprécier… Alors comment faisait ce Jules pour être un bel enfoiré avec lui ?

Je perdis pas de temps et allais le rejoindre dans la cabine, me collant tout contre lui. Il tourna la tête vers moi, surpris.

- Ne t’inquiètes pas, je viens juste me laver, mentis-je, un sourire en coin étirant mes lèvres.

- Est-ce qu’une fois seulement on a fait que se laver dans la douche ? Me demanda-t-il, sachant déjà la réponse.

- Il faut bien une première fois à tout, soufflais-je en haussant les épaules avant d’éclater de rire, nous connaissant parfaitement.

J’attrapais le gel douche en me penchant un peu plus contre lui, cherchant à le tenter à nouveau même si je n’en avais pas vraiment besoin vu son sexe légèrement dressé.

- Ne bouge pas, murmurais-je en mettant du savon sur mes mains

Et lorsque je posais mes mains sur son dos, mon sourire s’élargit en le sentant frissonner. Je lui faisais encore de l’effet. Malgré ces six mois comme l’avait dit Félix, malgré toutes ces parties de jambes en l’air et même malgré cette nuit des plus sportives, je lui faisais encore de l’effet. Et lui me faisait un effet tout aussi dingue. Excité comme jamais je me collais à nouveau dans son dos et passais mes mains sur son torse, le savonnant d’une façon peu innocente. Mon intimité parfaitement dressée caressaient ses fesses et je le laissais succomber. Je pris un malin plaisir à passer mes mains sur chaque parcelle de son corps alors qu’il avait fermé les yeux. Et lorsque mes mains massèrent ses fesses, il ne tint plus et se retourna, happant mes lèvres dans un baiser des plus fougueux.

Je perdis pied et le plaquais contre le carrelage de la douche. Un léger cri s’échappa de ses lèvres sous le froid du carrelage, mais il l’oublia bien vite lorsque mes mains rapprochèrent son bassin du mien pour entrer en contact avec mon sexe.

Sensuellement, sa main descendit entre nos deux corps et toucha mon sexe. Grisé, je fis la même chose avant de laisser mes lèvres à la redécouverte de son cou. Des gémissements s’échappaient de nos lèvres et la température monta d’un cran.

Bientôt, je ne pus plus tenir et je retournais Morgan. La préparation que j’allais lui faire allait être rapide au vu de tout ce que nous avions fait cette nuit… Le premier doigt fut accueillit par un cri de surprise, de douleur et de plaisir. Mais même si j’avais envie de le reprendre, là, sur le champ, je fis un effort pour lui enlever cette douleur et ne laisser que le plaisir.

Quand je ne pus plus me retenir, j’enlevais mes doigts et pénétrais en lui, le plus doucement possible. Un cri franc de plaisir et de douleur s’échappa des lèvres de mon amant et je me stoppais net, attendant qu’il s’habitue à moi. Mais Morgan en avait tout autant envie que moi et bientôt il commença à se déhancher. Mes mains sur ses hanches, j’entamais des coups de reins violents, mes lèvres posées sur son épaule que je mordillais lorsque le plaisir était trop bon. Nos corps s’épousaient à merveille et je perdis totalement la raison, envahis par cette vague de chaleur si dévastatrice. Et plus vite que je ne l’aurais cru, elle me fit éjaculer en lui tandis qu’il faisait de même.

Le souffle coupé, nous ne bougeâmes pas pendant quelques minutes, savourant cet orgasme. Je finis par me retirer et Morgan en profita pour se retourner et m’offrir un baiser des plus doux auquel je répondis aussitôt. Et lorsque l’air vint à nous manquer et que nos regards se croisèrent, nous éclatâmes de rire. Alors que j’allais une fois de plus le charrier sur son incapacité à me résister, Liz me devança.

- C’est bon ? Vous avez fini ? Il serait peut-être temps de se préparer pour partir !

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me reculais, les dents serrées.

- Il faut vraiment que je récupère mes clefs… Dis-je agacé.

J’attrapais le gel douche et commençais à cette fois vraiment me laver. Quelques minutes plus tard, nous étions hors de la douche et j’attrapais toutes mes affaires pour les mettre dans ma valise. Mais au moment même où j’allais ouvrir la porte, Morgan me retint avec un baiser passionné. Un baiser qui me fit frissonner tant il était doux et me laissa pantelant lorsque l’air vint à nous manquer. Son regard s’ancra dans le mien et un petit sourire étira ses lèvres alors que je me sentais rougir, les yeux écarquillés.

- Éden, magne-toi ! Cria Liz, de plus en plus énervée.

- C’est bon ! Râlais-je en reprenant contenance et en évitant le regard amusé de Morgan par l’effet produit.

Je me décalais légèrement et ouvrais la porte pour croiser le regard furibond de ma sœur.

- Sérieux Éden ! Il faut toujours que tu sois à la bourre ! S’écria-t-elle, les poings sur les hanches.

- Ce n’est pas vrai ! Répliquais-je aussitôt, j’aurais été à l’heure si Morgan n’était pas arrivé hier !

Morgan sortit à son tour de la salle de bain, rouge de gène, une serviette nouée sur ses hanches. Le regard de Liz changea du tout au tout, passant de la colère à la tristesse.

- Je me doutais que tu serais ici… Dit-elle, d’une petite voix, Joshua est vraiment inquiet tu sais, il…

- Je n’ai pas envie de parler de lui, trancha Morgan, froid.

Liz acquiesça et je la fis sortir de la chambre. Une fois seuls, mon regard se posa sur mon amant qui me regardait tout penaud.

- Quoi ? Fis-je surpris… Ah oui ! Des vêtements !

Et sans attendre j’ouvrais ma commode pour chercher un jean, mais mon regard se posa sur un pantalon de cuir noir. Un petit sourire aux lèvres, je l’attrapais prenant en plus une chemise blanche, des chaussettes et un boxer. Lorsque je posais tout ça sur le lit, Morgan me regarda surpris.

- Attends… Souffla-t-il ennuyé, je ne peux pas porter ça pour aller chez tes parents.

- Pourquoi ? Demandais-je dans un sourire moqueur, tu seras vraiment sexy !

Morgan leva les yeux au ciel et attrapa le pantalon en cuir.

- Si je porte ça, dit-il sérieux, et vu ce qu’il s’est passé dans la salle de bain tout à l’heure… Est-ce que tu peux me promettre de ne pas avoir d’érection dès que tu me verras marcher là dedans ?

Une grimace étira mes lèvres en imaginant Morgan dans ce pantalon et je sentis immédiatement mon intimité se durcir légèrement.

- Tu n’es vraiment qu’un pervers ! Souffla Morgan en me balançant le pantalon sur la figure.

Je ne pus m’empêcher de rire et je lui attrapais un jean qui lui irait avant de m’habiller à mon tour. Un pantalon en toile beige surmonté d’un polo blanc, voilà qui ferait l’affaire. J’attrapais de quoi nous changer pour le dimanche et les fourrais dans un sac de voyage en plus de mes affaires de toilettes.

Quelques minutes plus tard, nous retrouvions Liz dans le salon.

- Morgan… Tu es sûr de ne pas vouloir… Juste lui dire que tout va bien ? Demanda-t-elle encore une fois.

- Non, répondit mon amant avant d’attraper ses chaussures et de les enfiler.

Mon regard croisa celui de ma sœur et je haussais les épaules. Il m’avait raconté pour Jules, mais il devait aussi en vouloir à Joshua… Peut-être parce qu’il n’avait pas prit sa défense… J’entendis Liz soupirer et elle remit sa veste. J’enfilais mes chaussures puis nous sortîmes de l’appartement. J’allais me mettre devant avec Liz comme conductrice tandis que Morgan chargeait la voiture. Quand il vint nous rejoindre sur le siège arrière, il ne put réprimer un gémissement de douleur et immédiatement nous nous retournâmes vers lui, surpris.

- ça ne va pas ? Demandais-je en fronçant les sourcils.

Mais des rougeurs colorèrent ses joues une nouvelle fois et il évita notre regard en répondant un « si, si » faible. Je ne pus m’empêcher de rire en comprenant qu’il avait du mal à tenir assis, surtout après cette nuit…

- Quoi ? Fit Liz en me regardant.

- Rien, dis-je en me retournant, tu devrais peut-être t’allonger Morgan, la route va être longue !

Je le vis me fusiller du regard dans le rétroviseur et je ne pus réprimer un nouveau rire…

**

Trois heures plus tard, nous arrivâmes chez mes parents qui sortirent en nous voyant. Ils prirent Morgan dans leurs bras comme s’il était un membre de la famille à part entière et à voir son regard troublé, je sus que ça lui faisait plaisir. J’attrapais les bagages et mon père m’aida à tout monter dans ma chambre, posant une des valises dans la chambre de Liz.

- Il a une petite mine Morgan… Souffla mon père en déposant un sac sur le sol.

- Il s’est disputé avec son frère, répondis-je en éludant la question, ça ne leur prend pas souvent donc ils ne sont pas habitués.

- Comme nous…

Je ne pus m’empêcher de rigoler. Avoir cinq enfants qui passaient leur temps à se chamailler ne devait pas être quelque chose de très reposant. Dans un soupire, je m’allongeais sur mon lit, posant mes mains sur mes yeux.

- Je suis crevé ! Dis-je d’une petite voix.

- Repose-toi un peu avant de descendre, mais après il faudra que tu sois d’attaque ! S’écria mon père en sortant de la chambre

- Pas de souci !

J’entendis la porte se fermer, pour s’ouvrir une nouvelle fois quelques secondes plus tard. Surpris, je me redressais sur mes coudes et un sourire étira mes lèvres en découvrant la marque de rouge à lèvres sur la joue de mon amant.

- Je vois que tu as rencontré ma grand-mère ! Dis-je amusé.

- J’ai salué tout le monde dans le jardin, répondit-il en passant sa main dans ses cheveux pour remettre quelques mèches derrière son oreille, ils se demandent pourquoi tu ne vas pas les voir.

Vivement j’attrapais sa main et le tirais sur le lit pour le faire s’allonger. Et sans lui laisser le temps de réagir, je m’allongeais contre lui. La faiblesse de Morgan était les câlins. Un seul suffisait à lui faire oublier le fil de ses pensées et je pouvais faire ce que je voulais de lui. Mon bras enserra sa taille et je plongeais ma tête dans son cou, embrassant sa peau.

- J’ai passé la nuit à te faire plaisir, soufflais-je d’une voix ensommeillée, à toi maintenant.

J’entendis Morgan rigoler et il passa sa main dans mon dos. Et sans vraiment que je comprenne comment, je m’endormis à la seconde.

**

- Bon les gars, il serait peut-être temps de vous bouger !

Je me réveillais en sursaut tout comme Morgan et nous nous asseyâmes sur le matelas. Mon regard se posa sur Liz et Norah toutes essoufflées et sur le réveil de ma chambre.

- Merde Morgan, ça fait une heure qu’on dort ! M’exclamais-je en écarquillant les yeux.

- Oui et Maman, nous a interdit de venir parce que vous deviez être fatigués par la route.

Son regard croisa celui de Norah.

- C’est moi qui aie conduit en plus… Dit-elle en boudant légèrement.

- C’est bon, on se lève, Répondis-je en mettant mes paroles en mouvement, mais je vais me faire un malin plaisir de lui dire que tu as désobéit !

Mon regard se posa sur Norah et je m’approchais d’elle pour lui faire la bise.

- Salut Norah, Soufflais-je légèrement mal à l’aise.

- Bonjour, tiens prends ça, dit-elle en me donnant un carton remplis de décoration d’extérieur, descendez au rez-de-chaussez, les gars ont besoin de vous !

Et sans attendre, elle tourna les talons, Liz la suivant au pas de course. Un soupire s’échappa de mes lèvres et je me tournais vers Morgan, les bras chargés.

- Je suis sûr que tu vas très vite regretter d’avoir voulu venir… Fis-je dans une grimace.

Morgan descendit du lit en rigolant légèrement et une fois qu’il fut debout, il posa ses mains sur mes joues, laissant son souffle caresser mes lèvres.

- Je ne crois pas non… Lança-t-il dans un sourire en coin avant de m’embrasser.

Ce fut exactement le même baiser que dans la salle de bain. Lorsque sa langue entra en contact avec la mienne, je me sentis frissonner et mon cœur loupa un battement. Comment faisait-il pour provoquer ce raz-de-marée en moi rien qu’avec un baiser ? Il me laissa une nouvelle fois pantelant, le rouge aux joues, avant de se reculer, fier de la réaction qu’il avait provoqué.

- Il faut vraiment que tu arrêtes de m’embrasser comme ça si tu ne veux pas que je te saute dessus… Soufflais-je légèrement gêné.

Vivement, ne voulant pas croiser son regard amusé, je me retournais et commençais à descendre les marches. Morgan ne tarda pas à me suivre après avoir attrapé un carton qui traînait dans le couloir. En chemin, je saluais des cousins et cousines venus pour l’occasion et qui aidaient aussi à tout préparer. Et lorsque nous débarquâmes sur la terrasse, ma mère vint vers nous.

- Alors les garçons, bien reposé ? Demanda-t-elle en passant sa main sur ma joue.

Moh, j’aurais bien dormi un peu plus mais Liz et Norah nous ont réveillés… Fis-je dans une moue.

Ma mère tourna sa tête vers mes sœurs, les fusillant du regard.

- C’est pas vrai ! S’écrièrent-elles toutes les deux.

- Ils étaient à moitié réveillés… Ajouta Liz en haussant les épaules.

- De toute façon, il était temps qu’on se lève, dit tout à coup Morgan un peu gêné, nous n’allions pas vous laisser tout faire seuls…

Ma mère lui fit un sourire avant de passer sa main sur sa joue à son tour, effaçant la trace de rouge à lèvres que lui avait laissé ma grand-mère.

- Je crois que je suis en train de tomber amoureuse de toi ! Avoua-t-elle dans un clin d’œil.

- Éden, ne l’invite plus jamais ici ! S’écria mon père en ramenant ma mère vers lui, le regard faussement furieux.

J’éclatais de rire et laissais Morgan avec eux, tandis que j’allais saluer le reste de la famille…

**

La fête battait son plein et mon père était aux anges. Nous avions mangé un barbecue avant d’entamer le dessert et je me retrouvais à table, en face de Jay en train de faire un battle de shoot de tequila.

- J’ai gagné ! S’écria Jay en se levant et en frappant son torse à la manière de King-kong.

- Tu n’as pas honte de faire ça devant tes enfants ! Râlais-je, mauvais joueur.

- Pwa, ils le feront bien un jour ! On s’en refait un autre ?

- Pas question ! Lança Suzie, sa femme, en attrapant la bouteille de tequila, je n’ai pas envie de te porter pour aller te coucher.

J’éclatais de rire avant d’attraper Morgan, qui était assis près de moi, par le cou.

- Tu vois Jay, ce qui est bien quand on est pas marié, c’est qu’on fait ce qu’on veut, hein Morgan !

- Exactement ! Lança-t-il amusé, en levant sa bière vers mon frère.

Je ne pus réprimer un autre rire et vivement capturais ses lèvres dans un baiser. Ce fut à cet instant qu’on entendit le flash d’un appareil photo. Mon regard se posa dans la direction et je vis Liz regarder son numérique, un sourire aux lèvres.

- Mademoiselle Matthews, soufflais-je dans une grimace, je suis une rock-star maintenant, les clichés de moi sont interdits sans mon consentement !

- Et y consentes-tu ? Me demanda-t-elle en me regardant.

- Non.

- Alors tant pis.

Et sans attendre elle repartit dans la foule, sous le rire de mes parents.

- En parlant de la tournée, Éden t’a dit que nous sommes allés le voir ? Demanda ma mère en croisant le regard de mon amant.

- Oui, j’ai vu les photos, vous avez passé un bon moment ? Répondit-il dans un sourire.

- C’était génial ! Souffla mon père alors que je me redressais avec fierté, Tout le monde avait les yeux rivés sur toi !

- C’est parce que je suis le plus beau !

Tout le monde éclata de rire et ma mère attrapa mon visage pour me tirer vers elle afin d’embrasser ma joue en lançant un « Oh ça c’est vrai ! » qui me fit rire.

- J’ai écouté un peu de tes musiques sur le site que nous a montré Éden, commença mon père en regardant Morgan, tu as vraiment beaucoup de talent ! Comment se fait-il que tu ne veuilles pas avoir la gloire toi aussi.

- Parce que ce n’est pas ce que je recherche… Répondit Morgan en haussant les épaules.

- Tout le monde recherche la gloire, souffla Norah froidement, seulement les gens n’osent pas l’avouer.

- Commence pas à faire ta langue de vipère ! M’écriais-je en la défiant du regard

- Laissez Morgan parler vous deux ! Trancha ma mère en nous pontifiant d’un regard noir

Vexé, je croisais les bras contre ma poitrine et je pus voir Norah en faire de même.

- Je… En fait, je n’ai pas besoin de ça… Expliqua Morgan en nous regardant tour à tour Norah et moi, j’aime bien être l’homme de l’ombre… Les conférences de presses, les interviews, les tournées, très peu pour moi !

- Quelle personne pleine d’altruisme tu es… Lança Norah en se levant et en échappant au regard furieux de ma mère.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je passais ma main dans les cheveux de Morgan qui semblait déçu.

- T’en fais pas, elle doit avoir ses règles… Dis-je dans un petit sourire.

- Bah elle a ses règles tout le temps alo… Aie ! Lança Jay, en tenant son bras et en croisant le regard de sa femme. Bah quoi, c’est vrai non ?

Il regarda Morgan et lui sourit.

- Norah a un énorme balai dans le derrière, elle est comme ça avec tout le monde, ne le prends pas vraiment pour toi, dit-il en haussant les épaules. Il a fallu attendre qu’on soit marié Suzie et moi pour qu’elles puissent vraiment discuter et c’est pareil pour Amanda… Quand à Joshua, elle ne le regarde même pas alors sois déjà content qu’elle te parle…

- Elle est un peu casanière, les garçons, je pense que c’est le mot que vous cherchez, souffla ma mère en se resservant un verre de rosé, dis-moi tu suis d’autres groupes en dehors des Light Shade ?

- Non, répondit aussitôt Morgan, enfin je fais des compositions de musique pour des films mais je suis leur compositeur attitré.

- Tu as du avoir du temps pour toi quand ils étaient en tournée non ? Ça va, Éden ne te manquait pas trop ? Tu n’as pas eu envie de partir avec lui ?

Je sentis immédiatement mon estomac se serrer et mon regard nerveux croisa celui de Morgan. Un gène immense se propageait en moi, et je n’avais qu’une envie, prendre mes jambes à mon cou. Mes parents n’étaient au courant de rien et je ne voulais pas qu’ils le sachent. Je ne voulais pas qu’ils voient à quel point j’avais été minable. Voyant que Morgan était tout aussi mal à l’aise, je lançais, pour détendre l’atmosphère :

- On s’envoyait des sextos, avec ça le temps passe plus vite.

Je vis Morgan tourner la tête vers moi rouge de gène et tout le monde éclata de rire. Jayson manqua même de s’étouffer avec la bière qu’il avait prit en cachette. Je rigolais légèrement, ravi de voir les gens autour de nous se tourner pour discuter entre eux. Du bout des doigts, j’attrapais son menton avant de poser mes lèvres sur les siennes dans une promesse muette, celle de ne plus refaire la même bêtise.

**

Vers la fin de l’après-midi, les gens avaient commencé à partir et mon père avait improvisé un match de football avec la famille qui restait. Tout le monde avait été réparti entre mon père et mon oncle, et même Morgan qui rigolait avec Riley, jouait.

- Bon, je pense que le compte en bon, souffla mon père en nous regardant moi et Jay.

- Quoi ? M’écriais-je vivement

- Regardez-vous tous les deux, vous tenez à peine debout !

Il lança le ballon sur Jayson qui essaya de faire une tête avec mais qui ne réussit pas, avant d’éclater de rire tout seul.

- Je ne sais pas si je dois être amusé ou totalement désolé pour vous… Fit mon père en secouant la tête.

- Je te dis que je peux jouer ! Criais-je vexé.

D’un pas laborieux, j’allais prendre la balle avant de la mettre devant moi. Le regard concentré, je commençais à reculer, avant de courir vers le ballon. Mais au moment même où je voulus shooter dedans, je glissais, provoquant l’hilarité de toute l’assemblée. Mon oncle attrapa la balle amusé et ils retournèrent tous sur le terrain improvisé. Morgan vint vers moi, un large sourire étirant ses lèvres. Il me tendit une main et m’aida à me lever.

- Tu aurais pu me soutenir un peu ! M’écriais-je, légèrement boudeur.

- Tu as ingurgité à toi tout seul tout le stock de tequila… Répliqua-t-il en passant un bras autour de ma taille pour m’aider à marcher.

- Pas du tout ! Jay m’a aidé !

Morgan rigola et m’emmena près de ma mère.

- Alors ils ne veulent pas jouer avec toi mon grand ? Demanda-t-elle alors que je m’asseyais par terre à côté d’elle.

- Non… Tu vas aller leur dire ? Soufflais-je dans un bâillement

- Oui, dans une minute, allonge-toi deux secondes ici.

Sans broncher, je pris place à côté de Jay, pour m’endormir aussitôt…

**

Ce ne fut que le lendemain que je me réveillais et bien en forme. La nuit avait été longue et mon regard se posa sur le réveil qui affichait dix heures. Je me redressais dans un soupire et un sourire étira mes lèvres en voyant Morgan dormir encore profondément. Il était affalé dans le lit, sur le dos, le torse nu. Mon regard se posa sur mon érection matinale et tendis l’oreille pour savoir si tout le monde était réveillé.

Mais tout le monde devait encore dormir et les lèves-tôt devait regarder la télé en nous attendant. Le plus doucement, j’enlevais la couverture avant de m’allonger sur lui, posant mes lèvres sur le bas de son ventre. Mais malgré toutes mes précautions, Morgan se réveilla en sursaut.

- Qu’est-ce que…

- Chut, mes parents dorment à côté ! Soufflais-je en fronçant les sourcils.

- Justement… Reprit-il tout bas, de légères rougeurs sur ses joues, ils vont entendre… Et je..

Mais je ne l’écoutais pas et laissais glisser ma langue dans son nombril. Un frisson secoua sa peau et ravi je relevais la tête pour le défier du regard. Morgan céda et sa main passa dans mes cheveux avant de se poser sur ma tête.

- C’est donnant-donnant ! Lui murmurais-je en lui montrant mon érection.

Morgan rougit de plus belle et il s’allongea dans le lit. Fier de moi, je tournais sur moi-même, posant mes genoux de chaque côté de son visage. Rapidement, je sortais son pénis de son bas de pyjama et pus constater qu’il commençait à devenir dur. Morgan lui, passa sa main à l’intérieur de mon tee-shirt avant de caresser sensuellement mon torse.

Sa main glissa ensuite à l’intérieur de mon boxer et il commença à me masturber avec beaucoup de vigueur. Je ne pus réprimer un gémissement avant de prendre Morgan entre mes lèvres. J’entendis sa respirations s’accélérer tandis que je glissais ma langue autour de son membre. Bientôt, je commençais des vas-et-viens rapides et il finit par me prendre en bouche à son tour.

Mais en matière de fellation, Morgan me dépassait largement et j’avais beaucoup de mal à tenir mon rythme tout en savourant ses caresses. Lorsqu’il passa sa main sur mes fesses, ce fut le coup de grâce et j’éjaculais dans sa bouche. Mais si j’avais pu jouir, lui ne l’avait pas encore fait. Sans attendre, l’une de mes mains alla masser ses testicules tandis que je reprenais un rythme de succion beaucoup plus rapide qui finalement eut raison de lui quelques secondes plus tard.

Un sourire aux lèvres, je revins vers lui, amusé de le voir avec un bras posé sur ses yeux.

- On a du mal à s’en remettre ? Demandais-je en m’allongeant sur le côté.

- Non… Mais maintenant j’ai envie de plus… Murmura-t-il en rougissant.

Je ne pus m’empêcher de rire avant de prendre ses lèvres d’assaut. Immédiatement ses mains se posèrent dans mes cheveux alors que nos langues commençaient leur danse favorite. Lorsque l’air vint à nous manquer, je stoppais le baiser, caressant son nez avec le mien.

- Il faudra patienter ce soir, pour le reste, j’entends déjà Liz se lever.

Et quelques secondes plus tard, j’entendis Riley parler avec elle.

- Viens, il faut qu’on se lève sinon on aura plus d’eau chaude ! M’exclamais-je en me levant et en attrapant des vêtements propres.

Morgan fit de même et nous sortîmes, direction la salle de bain.

**

Nous avions passé la matinée à ranger la maison et le jardin avant de nous attabler devant des sandwichs que ma mère avait préparé à la va-vite. Il y avait une bonne ambiance et même Norah semblait détendue, rigolant en racontant nos exploits à Jay et moi. Une fois le dessert pris, je me levais et commençais à débarrasser.

- Vous allez partir tout de suite ? Me demanda mon père en regardant Liz.

- Non, enfin je pensais faire visiter le coin à Morgan, ça te va ? Dis-je en croisant le regard de ma soeur.

- Oui, je pensais partir vers 18 heures, Répondit-elle en regardant l’heure.

- Allez-y les garçons, on peut se débrouiller sans vous, souffla ma mère en prenant les assiettes dans mes mains.

- J’étais sûr que c’était une excuse pour ne pas débarrasser ! Pesta Jay, blanc comme un linge à cause de sa nuit alcoolisée.

Je lui fis un clin d’œil et attrapais la main de Morgan, évitant de croiser le regard de Norah.

- A tout à l’heure ! Lança Morgan en me suivant.

Et quelques minutes plus tard, nous étions dehors à marcher le long du trottoir.

- Merci encore, pour ce week-end… Souffla Morgan au bout d’un moment.

- De rien, tu t’amuses ? Demandais-je dans un sourire.

- Oui… Je ne suis pas habitué à ce genre de réunions familiales…

- Tu n’as jamais connu ta famille ?

Il secoua négativement la tête et mit ses mains dans ses poches, gêné.

- Et tu n’as jamais pensé à les rechercher ? Le questionnais-je, curieux.

- A quoi bon… J’ai été pendant 18 ans dans le même orphelinat et pas une seule fois ils ont voulu savoir ce que je devenais… Même encore aujourd’hui, dès que je déménage, je donne l’adresse à l’orphelinat… Juste au cas où… Si ils veulent vraiment me retrouver, ils n’auront pas grand chose à faire…

Son regard était si triste à cet instant que je ne pus me retenir. Vivement j’attrapais les pans de sa veste et levais la tête pour déposer un baiser doux sur ses lèvres. C’était un baiser simple dont l’unique but était de le réconforter. Et lorsque je me reculais, un sourire étirait ses lèvres.

- Je veux bien te prêter ma famille si tu veux, soufflais-je en lui rendant son sourire, mais tu risques de devenir dingue très vite à trop les côtoyer.

Morgan rigola et nous reprîmes notre chemin avant de nous stopper net en croisant le regard de Baptiste. C’était le même genre de regard qu’il avait posé sur moi en boite de nuit et immédiatement je me sentis mal à l’aise. Il était accompagné d’une fille aussi rousse que lui avec un regard émeraude à vous couper le souffle. C’était la copie parfaite de Baptiste.

- Ma parole Cathy, tu es presque aussi grande que ton frère ! M’écriais-je en allant l’embrasser sur la joue.

- On parlait justement de toi en plus ! C’est trop fort ! Répondit-elle toute sourire.

- Ah, il te disait que je n’étais qu’un sale con je suis sûr !

- Oui voilà !

Je rigolais et me tournais vers Morgan.

- Morgan, c’est Cathy, la sœur de Baptiste… Tu as quel âge maintenant ? 14 ?

- 15 ans dans un mois ! Répondit-elle fièrement.

- Et vous allez où ?

Au parc, je lui ai promis une glace avant de partir, c’était bien l’anniversaire de ton père ? Demanda Baptiste dans un sourire, redevenant normal.

- Demande ça à Morgan, moi j’ai un peu abusé de la boisson avec Jay.

Baptiste rigola et regarda Morgan.

- Oui c’était bien, Éden a une grande famille ! Répondit-il aussitôt.

- Ah ça c’est sûr ! Bon… Vous voulez venir avec nous ?

- Non c’est bon, Liz nous attend pour rentrer, je lui fais juste un peu visiter.

Baptiste tira alors sur le bras de Cathy pour reprendre leur route.

- Ok, à demain alors !

Nous leur fîmes un signe de la main avant de continuer notre route, nous aussi.

Nous marchâmes quelques minutes de plus avant d’arriver devant une petite école, juste en face du lycée.

- Voilà, c’est là que j’ai étudié, dis-je dans un sourire.

- Je t’imagine aller là avec ton cartable sur le dos, répondit-il amusé.

- On débarquait tous en même temps, vu que j’étais le petit dernier, mes sœurs passaient leur temps à me surveiller, c’était insupportable.

Un rire s’échappa de mes lèvres alors que nous commencions à faire le tour des bâtiments.

- Un jour, j’ai voulu leur échapper, racontais-je en haussant les épaules, alors je suis parti tout seul en cachette, mais j’ai loupé le trottoir et résultat, un bras cassé ! Ma mère a vu rouge et elle n’a plus jamais voulu me laisser partir seul.

Morgan éclata de rire tandis que je m’arrêtais devant la cour de l’école.

- Là, sous le toboggan, c’est là où j’ai eu mon premier baiser, avec la sœur de Félix, on avait 10 ans.

- La sœur de Félix ? Souffla Morgan surpris.

- Oui et mon deuxième baiser c’était avec le cousin de Laura !

Je tirais la main de Morgan, nous contournâmes le lycée et je lui montrais chaque classe où j’avais été. Nous passâmes par le stade où des jeunes jouaient au foot.

- Tu vois les vestiaires là-bas ? Demandais-je en les montrant du doigt.

- Oui, fit-il en plissant les yeux.

- C’est là que j’ai perdu ma virginité.

Morgan se tourna vers moi, surpris.

- Dans des vestiaires ? Fit-il étonné

- Lucas voulait attendre qu’on soit chez nous, seuls, mais c’était un peu mission impossible alors… Dis-je en haussant les épaules.

- Tu avais quel âge ? Me demanda-t-il aussitôt.

- 15 et Lucas 18, ça faisait six mois qu’on sortait ensemble.

Un sourire étira mes lèvres en me remémorant cet instant magique, cet instant où j’avais su que Lucas était mon âme-sœur.

- Et toi ? Soufflais-je en cherchant un coin de pelouse où nous asseoir.

- J’avais 17 ans, et ça n’avait vraiment rien de romantique… Dit-il dans une grimace.

- C’était si mauvais que ça ? Dis-je amusé.

- Ça a été juste comme ça, pour le faire.

Je rigolais et m’allongeais sur le sol, sur mes coudes, regardant les jeunes jouer. Morgan vint s’installer près de moi. Plusieurs minutes passèrent sans que nous ne parlions, profitant juste de l’instant. Puis Morgan brisa le silence.

- Dis Éden… Comment était Lucas ?

Je me tournais vivement vers lui, surpris. Il avait baissé la tête, jouant avec une marguerite, comme s’il attendait que je l’envoie balader. Dans un soupire, j’attrapais mon portefeuille et y sortis une photo de nous deux. C’était un mois avant sa mort. Il était torse nu et l’on pouvait voir son tatouage. Je me trouvais derrière lui, l’enserrant de mes bras.

- Il ressemblait à ça, dis-je en lui tendant la photo.

- Non, enfin… Comment il était… Dans la vie… Souffla Morgan en rougissant.

Mon regard se posa sur les jeunes et pendant quelques minutes je ne dis rien.

- C’était le gars le plus gentil que j’ai jamais connu, dis-je faiblement… Et quand je dis gentil, tu n’imagines même pas à quel point… Et ça m’énervait ! Ça lui arrivait souvent d’arriver en retard à nos rendez-vous pour aider les petites vieilles du quartier à faire leur course, et à chaque fois, je piquais des crises monumentales… Je me demande pourquoi il ne m’a jamais largué…

- Parce qu’il était amoureux… Murmura Morgan.

Je me tournais vers lui pour voir qu’il caressait le tatouage de Lucas.

- ça aussi ça m’a étonné… Repris-je en haussant les épaules, qu’il tombe autant amoureux de moi alors qu’il y avait plein d’autres types de son âge beaucoup plus intéressant que moi…

Mon regard se posa une nouvelle fois devant moi.

- Il était drôle, intelligent, populaire… J’étais totalement raide dingue de lui… Je le connaissais depuis que j’étais né et un jour, quand j’allais avoir 14 ans, il a déménagé. Mais un an plus tard, il est revenu vivre ici et c’est là que tout à changé… Pour nous deux… On a été attiré l’un par l’autre… comme des aimants.

Un nouveau sourire étira mes lèvres et je sentis mon cœur se serrer.Il me manquait, atrocement…

- Tu… Tu penses que vous seriez toujours ensemble maintenant ? Me demanda-t-il après un temps.

- Je pense même qu’on serait marié… Soufflais-je tristement.

Je sentis ma gorge se nouer et je m’allongeais sur la pelouse. Morgan du sentir mon troubler car il vint se coller à moi, entourant ma taille de son bras et posant sa tête sur mon épaule. Plus aucun mot sur Lucas ne furent échangés après ça et je lui en fus reconnaissant…

**

Nous avions pris la route à l’heure convenue après des au revoir difficiles. Ma mère aimait nous savoir tous à la maison, mais nous avions chacun nos vies à présent. Morgan la remercia chaleureusement et au sourire qu’il arborait, je sus qu’il avait passé un agréable week-end. Trois heures plus tard, nous arrivions en ville et le regard de Liz se posa sur le rétroviseur pour regarder Morgan.

- Je te dépose chez toi ?

- Euh… Je… Souffla-t-il, hésitant.

- Non chez moi, tranchais-je en gardant mon regard rivé sur la route.

Je me doutais que Morgan ne voulait pas rentrer chez lui et affronter son frère avec qui il s’était disputé. Je lui avait offert deux nuits de répit, je pouvais très bien lui en offrir une troisième. Je sentis le regard de Liz posé sur moi.

- Mais… Commença-t-elle

- Mêle-toi un peu de ce qui te regarde ! Dis-je sérieux, il rentrera chez lui quand il en aura envie.

Un soupire s’échappa de ses lèvres et elle n’ajouta rien de plus. Elle nous conduisit chez moi et repartit chez elle après qu’on l’ait remercié.

- Je ne sais pas toi, mais moi je suis crevé, lançais-je dans un bâillement alors que nous rentrions dans mon appartement.

- J’ai surtout envie d’une douche, répondit Morgan en s’étirant, J’ai cru que j’allais mourir de chaud.

- Tu n’as qu’à aller en prendre une, prends un pyjama dans ma commode, je vais commander une pizza, ça te va comme repas ?

Morgan acquiesça et alla dans la chambre avec notre sac de voyage. Quelques minutes plus tard, j’entendais l’eau couler tandis que je passais ma commande.

**

Après le repas, nous avions regarder un peu la télé pour aller nous coucher après. Mais je n’étais pas décidé à dormir. Allongé sur Morgan, je laissais mes mains rentrer sous son tee-shirt. Mes lèvres ne lâchaient pas son cou, le mordant et le suçant. La main de Morgan se faufila à son tour sous mon tee-shirt et un frisson secoua ma peau, mais je me figeais quelques secondes plus tard.

- Je t’aime Éden… Murmura-t-il.

Je sentis mon cœur se mettre à battre très vite dans ma poitrine et je relevais la tête vers lui. Son regard était posé dans le vide, attendant sûrement le moment où j’allais prendre la fuite. Mais je n’en avais pas envie. Liz avait raison. Je voulais que tout redevienne comme avant. Je voulais qu’il retombe amoureux de moi, et je venais de réussir mon coup. J’étais une enflure. Mais j’aimais ça. J’aimais qu’il m’aime. Vivement, je happais ses lèvres dans un baiser des plus tendres. Surpris, Morgan mit quelques secondes avant de me répondre mais il finit par le faire. Ses mains passèrent dans mes cheveux alors qu’il écartait un peu plus les cuisses pour me faire comprendre qu’il me voulait en lui. Mais ce soir, je voulais lui donner autre chose. Il me donnait son cœur et pour la première fois depuis cinq ans, j’avais envie de donner plus que ce que je pouvais offrir. Lorsque l’air vint à nous manquer, je laissais mon nez effleurer le sien et nos regards se croisèrent pour ne plus se lâcher.

- Prends-moi… Soufflais-je avant de reprendre ses lèvres pour l’empêcher de réfléchir.

Et sans attendre, j’inversais nos positions, me retrouvant sur le dos avec Morgan au dessus de moi. Des rougeurs colorèrent ses joues lorsque je mis fin au baiser.

- Mais vas-y doucement… Je… ça fait cinq ans que…

Je laissais ma phrase en suspens, rougissant à mon tour. Je n’avais pas besoin de continuer, Morgan avait comprit. Un petit sourire étira ses lèvres et il se redressa sur ses genoux avant d’ôter son tee-shirt. Sans attendre, je m’assis et enlevais le mien avant de poser mes lèvres sur ses mamelons déjà durcis par l’excitation. Un nouveau frisson secoua sa peau et il fit glisser ses mains sur mes épaules avant de les descendre dans mon dos. Mes mains quant à elles partirent au bord de l’élastique de son bas de pyjama que je baissais. Morgan m’aida à l’enlever avant de me faire allonger sur le lit. Ses lèvres se posèrent sur mon torse et je fermais les yeux sous ces caresses. Lorsqu’il arriva au niveau de mon bas-ventre, je sentis ma respiration s’accélérer. Il ne perdit pas de temps avant de m’enlever mon bas de pyjama et son regard brilla de désir lorsqu’il vit mon sexe en érection. Mais pourtant, il ne fit plus rien. Les bras le long du corps, il semblait réfléchir à toutes sortes de choses et il me fallut un moment avant de comprendre de quoi il s’agissait.

- Dis… Tu… Tu as déjà pris quelqu’un non ? Fis-je en fronçant les sourcils.

Il secoua négativement la tête et passa ses mains sur son visage stressé. Je ne pus m’empêcher de rigoler avant de me relever et de passer mes mains autour de son cou.

- C’est comme si j’allais te dépuceler ! Lançais-je amusé.

- Arrêtes de te moquer… Dit-il d’une petite voix.

Mais je le fis taire d’un baiser et le rallongeais au dessus de moi. L’une de mes mains descendit pour attraper la sienne et je mis deux de ses doigts dans ma bouche. Mon regard s’ancra dans le sien, provocateur. La flamme dans les prunelles de mon amant s’intensifia et il rougit un peu plus.

Lorsque je les eus assez humidifiés, je repris les lèvres de Morgan et je lui laissais prendre les rennes. Je sentais son stress me contaminer peu à peu, si bien que cela nous rendait légèrement fébrile et nerveux.

Ne lâchant pas le baiser, Morgan descendit sa main le long de mon corps, laissant ses doigts glisser sur ma peau brûlante d’envie. Pour l’aider, j’écartais un peu plus les cuisses et ses lèvres quittèrent les miennes pour descendre à leur tour le long de mon corps. Je sentis mon corps se tendre alors qu’il commençait à insérer un doigt en moi mais Morgan su y faire. Sa langue glissa le long de mon pénis et je fermais les yeux instantanément, lâchant un gémissement.

Fier de ma réaction, Morgan réitéra ce mouvement tellement de fois que j’en oubliais le doigt qui commençait à me préparer. Lorsqu’il me prit entièrement en bouche, ce fut un léger cri qui s’échappa de mes lèvres et j’attrapais les draps pour les serrer autant que le plaisir me submergeait. Comme la dernière fois, Morgan me suçait si profondément que j’avais l’impression de ne pas réussir à me retenir. Son doigt en moi fut bien vite rejoint par un deuxième qui me fit légèrement mal. Mais une succion plus prononcée que les autres me fit perdre la tête. La main libre de Morgan caressait mes fesses sensuellement.

- Morgan, j’en peux plus… Soufflais-je dans un long gémissement.

Un troisième doigt fit son entrée et je me cambrais de tout mon long en grimaçant. Mais encore une fois, Morgan intensifia le rythme de ses succions sur mon pénis et dans un cri, je me répandis dans sa bouche.

La respiration saccadée, le corps collant de transpiration, il me fallut un moment avant de réaliser ce qui venait de se passer. Mais Morgan ne m’en laissa pas le temps. Brusquement, sûrement trop excité, il revint m’embrasser, m’offrant un baiser tellement langoureux que je sentis mon sexe se tendre de nouveau. Mes jambes s’enroulèrent le long de ses hanches et quand nous nous séparâmes, je déposais un léger smack sur ses lèvres pour lui montrer que j’étais prêt. L’une de ses mains alla se poser sur ma cuisse tandis que l’autre restait près de ma tête pour le surélever. Le regard ancré dans le mien, Morgan me pénétra de tout son long.

Un cri s’échappa de mes lèvres alors qu’il y avait été d’un coup et je fermais les yeux. Surpris, il ne bougea pas d’un pouce.

- Je suis désolé Éden ! S’écria-t-il la voix tremblante.

- Putain ! Ça fait un mal de chien !

Le sentiment d’être déchiré de l’intérieur, voilà ce que je ressentais à ce moment précis. Ma respiration se fit de plus en plus irrégulière alors que j’essayais par tous les moyens de me calmer et de me détendre. Mais rien n’y faisait, je n’avais que la douleur en tête. Morgan s’abaissa une nouvelle fois pour m’embrasser. Un baiser doux et passionné en même temps. Un baiser qu’il m’avait déjà donné par deux fois ce week-end et qui me déconcertait à chaque fois.

- Bouges… Murmurais-je lorsque nos regards se croisèrent.

Et le plus doucement possible, Morgan commença à se déhancher, provoquant chez moi des vagues de douleurs presque insoutenables. Puis, après quelques minutes, alors que je n’y croyais plus, la douleur laissa place à du plaisir. Lorsque je lâchais mon premier gémissement, Morgan plongea sa tête dans mon cou et pu enfin lâcher la bride de son plaisir. Ma main vint s’emmêler dans ses cheveux et je fermais les yeux, grisé par tout ce plaisir.

Les déhanchés de Morgan augmentèrent encore d’un cran lorsqu’il m’entendit crier et mon autre main attrapa la tête de lit pour la serrer de toutes mes forces. Je sentais Morgan grogner dans mon cou et le voir prendre son pied ainsi me rendait fou. J’étais en feu, complètement en feu. Dans un coup de rein plus brutal que les autres, j’éjaculais entre nos deux corps dans un cri tandis que je sentais la semence de Morgan se répandre en moi.

Épuisé, Morgan tomba sur moi, sa tête toujours dans mon cou. L’orgasme avait été fulgurant. Si démentiel que je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. Surpris, Morgan releva la tête en fronçant les sourcils.

- C’était si nul que ça ? Demanda-t-il légèrement en colère.

- Tu rigoles ! Lançais-je dans un sourire.

Et brusquement j’inversais nos positions pour me retrouver au dessus de lui.

- On va recommencer tout de suite… Murmurais-je avant de reprendre ses lèvres avec fougue…

 

 

 

 

 

 

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