Where is my mind – Chapitre 24

Adam n’était pas encore rentré lorsque j’arrivais dans notre maison. J’avais encore deux bonnes heures devant moi avant son retour. N’ayant pas envie de me ressasser ce qui venait de se passer avec Swan, je décidais d’entreprendre le rangement et le ménage qui avaient été repoussé depuis bien trop longtemps. Par ce geste, j’essayais aussi de trouver le moyen qu’Adam ne m’en veuille pas trop pour Swan.

Je ne savais pas du tout comment il allait réagir lorsque j’allais lui en parler. Je venais de terminer le ménage et le rangement. Je m’installais sur le canapé après avoir fumé une cigarette dans le jardin, nerveux.
Adam rentra un peu plus tôt que d’habitude, et c’est avec un sourire aux lèvres qu’il croisa mon regard. Immédiatement, il balança ses chaussures n’importe où ainsi que sa veste.

- Adam ! C’est pas toi qui vient de ranger la maison ! M’écriais-je, les sourcils froncés.

Pour toute réponse, il vint s’asseoir au dessus de moi, ses jambes de chaque côté de mon corps et ses bras encerclant mon cou.

- Soit je range, souffla-t-il tout contre mes lèvres, soit je t’embrasse.

Un sourire étira mes lèvres et je cédais, parcourant l’infime distance qui nous séparait. Pour rien au monde je ne voulais le perdre. Je voulais l’avoir ainsi, près de moi, jusqu’à la fin de mes jours. Il me faisait presque oublier ce qui c’était passé plus tôt dans la journée. Mes mains remontèrent sur ses hanches et j’entrouvris ma bouche. Au contact de ma langue, un frisson parcourut le corps d’Adam et notre baiser gagna aussitôt en intensité. Ses mains remontèrent et ses doigts passèrent dans mes cheveux. Lorsque l’air vint à nous manquer, il posa son front contre le mien, un sourire amusé dépeint sur ses lèvres.

- Bonjour… Murmura-t-il tendrement.
- Bonjour… Lui répondis-je, souriant à mon tour.
- Bon, maintenant je vais ranger, s’écria-t-il en se relevant.

Mais loin de vouloir le laisser m’échapper, je protestais, attrapant sa main, tirant dessus. Sous la surprise, il se prit les pieds dans le tapis et tomba allongé sur le canapé en rigolant. J’éclatais de rire et sans attendre, je vins m’allonger sur lui, calant ma tête dans son cou. Je cherchais la force de lui raconter mon entrevue avec Swan, mais je voulais d’abord profiter de nos retrouvailles.

- Ce week-end, tu travailles ? Demandais-je en embrassant sa peau.
- Non… Et je compte bien fêter tes trente-et-un ans comme il se doit, souffla-t-il amusé.
- J’ai pas envie de les fêter… Soufflais-je, détestant cette journée.
- C’est vrai que tu deviens vieux.

 

Un sourire étira ses lèvres alors que je relevais la tête, les sourcils froncés.

- Je te signale que tu vas avoir trente ans dans quatre mois, maugréais-je, les dents serrées.

Il me tira la langue et vint remettre une de mes mèches de cheveux à sa place.

- Tu veux quoi pour ton anniversaire ? Demanda-t-il alors que je retrouvais ma place dans son cou.
- Rien… Un week-end avec toi ça me convient. Répondis-je d’une petite voix.
- Allez Val ! J’adore les anniversaires ! S’exclama-t-il en se redressant légèrement. Je vois bien un gâteau, des bougies… Quoi que je ne sais pas si trente-et-une bougies pourront tenir sur un gâteau…

Pour toute réponse, je me relevais et attrapais un coussin avant de le taper avec.

- Tu fais ce que tu veux mais pas de soirée surprise, dis-je en le forçant à se rallonger et en posant ma tête sur son torse.

Je détestais les anniversaires, enfin, surtout le mien. Cela ne faisait que me rappeler que les années passaient, et de plus en plus vite à mon goût. Il savait que j’avais toujours été susceptible à ce sujet, mais cela ne l’avait jamais empêcher de me taquiner et de m’embêter.

- Oh allez Val ! Me supplia-t-il, en m’enserrant.
- Non… Comme tu l’as dit, je n’ai plus vingt ans, répliquais-je, rancunier.

Il rigola légèrement et passa sa main dans mes cheveux, tandis que l’autre caressait mon bras tendrement. Plusieurs minutes passèrent ainsi, et je sentais que je ne pouvais plus reculer. Il fallait que je le lui dise, car plus que jamais je lui devais la vérité à ce sujet. Hésitant, je commençais :

- J’ai eu la visite de… De Swan aujourd’hui…

Comme je l’avais pressenti, il ne prit pas très bien la nouvelle. Il se figea immédiatement, stoppant ses caresses.

- Ça fait longtemps que tu le revois ? Me demanda-t-il aussitôt, légèrement agacé.

Je me relevais, m’asseyant devant lui, voulant avoir cette conversation en le regardant dans les yeux.
- Non, je te promets, la deuxième fois que tu m’as quitté, je ne lui ai plus donné de nouvelles… Répondis-je, le scrutant pour connaître la moindre de ses réactions.
- Alors pourquoi il vient te voir ? Souffla-t-il les sourcils froncés, laissant sa jalousie éclater.
- Il a entendu parler de ma compagnie…

J’avais du mal à trouver mes mots.

- Il m’a demandé d’auditionner, résumais-je. Mais je lui ai dit non.

Un soupire s’échappa des lèvres de mon amant et il se releva, levant ses genoux jusque contre ma poitrine. Il posa son menton sur ses genoux et me regarda enfin. Je ne savais pas quoi dire et encore moins quoi faire. Je restais là, immobile, attendant qu’il dise quelque chose, mais il semblait perdu dans ses pensées, tentant de réfléchir à ce qu’il allait me dire. Ces minutes furent terriblement longues…

- Il est vraiment doué ? Demanda-t-il.
- Quoi ? Fis-je surpris, ne m’attendant pas à une telle question.
- Swan, il est vraiment doué en danse ? Répéta-t-il en haussant les épaules. Tu crois que si tu le prends dans ta compagnie, il saura la révéler ?
- Sûrement, mais… Commençais-je en passant ma main sur ma nuque, gêné et surpris de sa réaction.
- Alors prends-le, trancha-t-il en se rapprochant de moi.

Il vint caler sa tête sur mon épaule, entrelaçant nos doigts.

- Prends le dans ta compagnie… Je te fais confiance Val.

Jamais je n’aurais cru pareille réaction de sa part, et ce geste fait par amour me toucha profondément. Vivement ma main redressa son menton, ancrant mes yeux dans les siens.

- Je t’aime… Dis-je, avant de poser ses lèvres sur les siennes.

Mais je me reculais aussitôt, le regardant intensément, envahi par une vague d’amour si forte qu’elle me chamboulait entièrement.

- Je t’aime, mais je ne peux pas, lâchais-je dans une grimace. J’en suis incapable. Car même si c’est un danseur exceptionnel, aujourd’hui il représente juste l’échec de mon mariage.

Adam voulu prendre la parole, certainement pour me convaincre du contraire. Mais je posais ma main sur sa bouche, l’ordonnant de me laisser finir.

- Plus jamais je ne te tromperais. Plus jamais je ne te ferais du mal. Mais si je le vois tous les jours, c’est moi qui aura mal. J’aurais mal parce qu’un jour j’ai été tellement bête que j’ai tout gâché. Lorsque je vois son visage, je ne vois plus que le tien plein de larmes, comprenant ce que je t’avais fait. Cette compagnie est mon bébé… Le démarrage d’une nouvelle vie, une nouvelle vie avec toi. Une nouvelle vie où je ne te blesserais pas, et où je me pardonne autant que tu me pardonnes. Et Swan n’en fait pas partie.

Sa main se posa sur ma joue, semblant touché par ce que je venais de lui avouer. Je venais de lui parler avec mon cœur, comme rarement il m’était arrivé de le faire, apaisant un peu, ce traumatisme qui nous avait séparé.

- Je t’aime Valentin… Souffla-t-il, en frottant son nez contre le mien.

Doucement, il vint se mettre au dessus de moi. Ses lèvres retrouvèrent les miennes amoureusement. L’une de ses mains passa dans mes cheveux, se relevant légèrement pour me plaquer contre le dossier. Son envie pouvait se lire dans son regard et se sentir dans son baiser. Je pouvais presque entendre le rythme endiablé de son cœur qui faisait écho au mien.

 

Loin de rester inactives, mes mains remontèrent sous son pull, caressant sa peau brûlante et immédiatement, la tension sexuelle augmenta d’un degrés. Il recula légèrement, le regard fiévreux et enleva son sous-pull et son haut d’uniforme, les balançant dans le salon. A chaque fois que je voyais son corps dévoilé, je ressentais toujours la même chose, une passion qui ne tarissait jamais. Mon pull et mon tee-shirt suivirent le même mouvement et mes lèvres se posèrent sur son torse, suçant sa peau avec fièvre.

Un gémissement s’échappa de ses lèvres alors que je mordais légèrement son téton durcis, et il fit des mouvements lents du bassin. Un sourire étira ses lèvres, sentant très certainement mon sexe se durcir à travers mon vêtement. Je passais mes mains dans son pantalon, voulant sentir sa peau entièrement nue contre la mienne, et il se leva à nouveau pour les enlever. Ses lèvres recouvrir les miennes et il descendit ses mains pour déboutonner mon pantalon. Je me levais à mon tour et fis glisser mon jean et mon boxer qui tombèrent à mes pieds pour être à égalité avec lui.

Sans attendre, il attrapa mon sexe dans ses mains et commença à me masturber avec vigueur. Nous étions trop empressés pour prendre notre temps et je prenais tellement de plaisir face à ses attouchements que je ne réussis pas à tenir le baiser qu’il me donnait. Je posais mon front contre le sien, lâchant un gémissement, ancrant mon regard brouillé de plaisir dans le sien. Vivement, il attrapa ma main posée sur sa hanche et attrapa deux de mes doigts qu’il mit dans sa bouche, mimant une fellation.

Excité au possible par cette vision, je ne pus me contenir bien longtemps et j’enlevais bientôt mes doigts de sa bouche. Doucement, ne voulant surtout pas lui faire mal, j’insérais un doigt en lui, reprenant ses lèvres avec fougue.

Mais bien trop vite, Adam ne sembla plus capable de se contenir et enleva mes doigts. D’un mouvement de bassin, alors qu’il mordait doucement ma lèvre inférieur, il s’empala sur son membre. Inquiet, malgré le plaisir que je ressentais d’être ainsi en lui, je cherchais toute trace de douleur. Mais étonnamment, Adam ne semblait ressentir que du plaisir et il commençait déjà se déhancher sur moi. Libérant ma passion, je posais ma main sur sa nuque, l’empêchant de mettre fin à notre baiser, tandis que mon autre main massait sensuellement ses fesses. Nous étions en feu. Ses gémissements se transformèrent bientôt en cris. Chaque nouvelle fois avec Adam était à la fois différentes et inégalables. Des gémissements rauques s’échappaient de mes lèvres et bientôt, je me crispais, arrivant malgré moi au point de non retour. Dans un déhanché plus fougueux que les autres, nous nous libérâmes.

 

Je collais mon front contre le sien, tentant de me remettre de cette orgasme qui nous avait saisi, la respiration saccadée.

 

- Fais-moi des déclarations comme celle-ci plus souvent… Murmura-t-il à bout de souffle.

***

 

La semaine s’était écoulée terriblement vite et je n’avais pas vu le temps passer. Mener de front ma nouvelle compagnie et tout le reste me demandait beaucoup trop d’énergie et j’espérais pouvoir profiter de ce week-end pour me reposer et me détendre.
Je n’étais pas dupe. J’étais presque suûr qu’Adam avait prévu quelque chose pour mon anniversaire et que cela ne s’arrêtait pas à une simple soirée tous les deux…

J’entendis très légèrement le réveil ce matin là, mais cela ne me réveilla pas vraiment.
Ce fut le corps d’Adam se collant tout contre moi et la caresse aérienne de ses doigts sur mon dos qui me tira un peu plus de l’endormissement. Et lorsque ses lèvres se posèrent sur ma joue, je daignais ouvrir un œil, pour le refermer aussitôt.

Et comme pour rendre ce réveil encore plus pénible, Adam me rappela quel jour nous étions précisément :

- Joyeux anniversaire mon amour… Murmura-t-il gaiement.

Pour toute réponse, peu ravi qu’il me rappelle que j’avais définitivement plus de trente ans, je tournais la tête de l’autre côté. J’entendis Adam éclater de rire avant qu’il ne dépose, doucement, des baises papillons sur mon épaule. Je finis par me retourner dans un soupire. Mes bras l’enlacèrent alors que je me remettais sur le dos, calant sa tête dans son cou. Mes lèvres s’y posèrent comme une caresse.

- Il va falloir se lever, Gauthier vient nous déposer Kayla, fit-il en passa sa main dans mon dos.
- Encore cinq minutes, soufflais-je en déposant un nouveau baiser dans son cou.

J’avais l’impression de ne pas avoir dormi, et sans m’en rendre compte, collé tout contre mon amant, je laissais le sommeil m’enrober. Peu à peu, je sombrais à nouveau…

***

Lorsque j’ouvris de nouveau les yeux, ce fut mon réveil affichant 13h30 qui me fit bondir brusquement hors du lit. Pestant contre Adam, je pris la direction de la salle de bain et criais en haut des escaliers :

- Putain Adam, pourquoi tu ne m’as pas réveillé ?
- Je l’ai fait, mais tu t’es rendormi ! Répondit-il aussitôt sur le même ton. Et je te signale que Kayla est là, donc tu gardes tes gros mots pour toi !
- C’est pas bien tonton ! S’écria Kayla à son tour.

Me rappelant brusquement du programme de la journée, et n’ayant pas une minute à perdre, je fonçais sous la douche.

Après quelques minutes, je descendis enfin dans le salon, habillé et prêt pour cette journée. Un sourire étira mes lèvres lorsque je découvris Adam et Kayla dans le salon. Kayla mangeait sa glace, blottie contre mon amant protecteur.

- Vous êtes mignons tous les deux, soufflais-je en arrivant vers eux.
- Joyeux anniversaire tonton ! S’exclama Kayla en tentant les bras pour que je la prenne dans les miens.

Adam fut rapide et attrapa sa glace juste à temps alors que je l’attrapais et déposais un baiser sur sa joue.

- Merci ma poupée ! Dis-je dans un sourire.

Adam se leva à son tour et me tendit un dessin de Kayla, me représentant d’une manière… Très abstraite.

- Et bien… C’est très ressemblant, soufflais-je amusé.

Je posais furtivement mes lèvres sur celles d’Adam alors que j’entendais déjà Gauthier klaxonner. Il m’avait invité à un match de basket-ball, notre sport d’équipe favori. Je trouvais ça louche que cela tombe justement le jour de mon anniversaire, m’écartant de l’appartement une bonne partie de l’après-midi. Mais je ne fis cependant aucun commentaire. Pourtant, je tentais une dernière fois pour lui montrer que je ne voulais rien de plus qu’une soirée en tête à tête :

- A ce soir, dis-je en reposant Kayla, repas en amoureux ?
- Oui, je me charge de tout ! Répondit-il enjoué.

Je souris, peu convaincu, et mis ma veste. Je l’embrassais une dernière fois avant de partir retrouver mon ami.

***

Le match de basket-ball n’était pas du tout en début d’après-midi, mais en fin. Et Gauthier me traîna dans un restaurant lorsqu’il apprit pour mon réveil tardif. Nous prîmes notre temps, rendant le tout de plus en plus suspicieux. J’étais en train d’aller chercher à boire au milieu de la foule des spectateurs pendant la mi-temps lorsque mon regard tomba sur William.

Mon sang se glaça aussitôt. Je ne l’avais pas vu depuis la dernière fois et je n’avais aucune envie de le voir. Il me remarqua quelques seconde après, et commença à venir vers moi. Voulant à tout prix l’éviter, je fis demi-tour et choisi de le fuir. Me déplaçant vite au milieu de la foule, je finis par le semer. Ne voulant pas revenir bredouille, je trouvais un autre stand de boisson, bien plus loin. Je rejoignis ensuite Gauthier en choisissant un autre chemin.

- Tu en a mis du temps ! S’exclama Gauthier alors que je lui tendais son verre.
- J’ai croisé William et il voulait apparemment me parler. Il était à côté du stand alors… J’ai du en chercher un autre, répondis-je en m’asseyant à côté de lui.
- Il aime le basket lui aussi ? Me demanda Gauthier surpris.
- Je viens de l’apprendre, répondis-je dans un haussement d’épaule.

 

Gauthier sembla songeur, et désirant changer de sujet, je lui dis avec un petit sourire.

- Je trouve quand même étrange, d’être tenu loin de chez moi aussi longtemps.
- Je ne vois pas de quoi tu parles. J’ai demandé à Adam si je pouvais passer une partie de cette journée avec toi, et il s’est empressé de proposer de garder Kayla et…
- Stop, je connais cette histoire. Mais je ne suis pas si naïf que ça… Répliquais-je.

Je connaissais suffisamment Gauthier pour voir qu’il était embarrassé et qu’il cherchait à me cacher quelque chose. Et ne voulant pas le laisser plus longtemps endurer ce calvaire, je soufflais dans un sourire.

- Bon j’espère que ce match va valoir le coup ! Et que notre équipe va gagner pour mon anniversaire !
- Ils ont intérêt ! S »exclama Gauthier soulagé.

***

Il devait être aux environs de vingt heures lorsque nous arrivâmes enfin chez nous. Tout était éteint, rendant le tout encore plus louche.
En poussant la porte, je rigolais avec Gauthier, heureux que notre équipe ait gagnée, il n’arrêtait pas de mimer le moment final qui avait fait la différence. A peine eus-je poussé la porte, que la lumière s’alluma, et un « surprise » fut crié par toute une assemblée.

Je me figeais à la seconde, surpris. Je m’attendais à une fête, mais pas à ce point là. Adam avait invité mes amis, et Estelle était à côté de lui. Regardant tout autour de moi, un sourire en coin étira mes lèvres.

- J’en étais sûr… Soufflais-je, légèrement amusé.

Même si je ne voulais pas de fête, cela faisait plaisir à Adam, et je savais que je ne lui en tiendrais pas rigueur.
Je refermais la porte et enlevais ma veste alors que quelques amis venaient me saluer. Bientôt de la musique parvint à nos oreilles et repérant Adam, j’allais le rejoindre quelques secondes plus tard. Je l’enlaçais par derrière.

- J’avais dit une soirée en amoureux… Dis-je en posant mes lèvres sur sa joue.

Adam rigola légèrement et se retourna, en posant ses mains sur ma nuque.

- Surtout que j’avais prévu de te faire grimper au rideaux… Soufflais-je dans un sourire.
- Tu me fais toujours grimper aux rideaux, je peux attendre quelques heures.

Vaincu, je frottais mon nez au sien, avant de l’embrasser tendrement.

- Un petit sourire les amoureux ! S’écria Estelle, tenant dans ses mains son appareil photo numérique.

Vivement, Adam mit fin au baiser, et se tourna en souriant. Je fis de même, et quelques secondes plus tard, Estelle repartait trouver son mari pour le photographier.

C’est à ce moment là seulement que je réalisais :

- C’est notre première photo depuis que l’on s’est remis ensemble, m’exclamais-je tout à coup.
- Oh ! Oui ! Il va falloir que je l’encadre !

Je rigolais légèrement avant d’attraper un verre de punch. Adam sortit alors une enveloppe de sa poche et me la tendit.

- Joyeux anniversaire ! Dit-il dans un sourire.

J’attrapais l’enveloppe en rigolant et mes yeux s’écarquillèrent aussitôt. Adam m’offrait deux billets d »avion pour se rendre chez mes parents. Je posais un regard étonné sur Adam face à ce geste avant de le reposer sur les billets, ayant du mal à réaliser ce geste.

- Comme ça tu pourras me représenter officiellement à tes parents, souffla-t-il amusé.
- Merci Adam… Dis-je avant de l’embrasser tendrement, touché par ce geste.

Mais je ne pus rester bien longtemps dans ses bras, déjà mes amis me présentaient leurs cadeaux.

 

***

Il était déjà tard dans la nuit, et tout s’était bien passé. Mise à part peut être, le fait que Adam et Estelle aient un peu trop abusé de la boisson. Ils étaient assis sur le canapé, tentant tant bien que mal de rester éveiller.
Tout le le monde étaient sur le départ. Je les remerciais tous de leur venue, tandis Gauthier essayait tant bien que mal d’attraper Estelle.

- Merci pour la soirée, on se voit dans la semaine ! Lança Gauthier en allant vers la porte d’entrée.
- Ça marche, rentrez bien ! Répondis-je en leur faisant signe.

Adam tenta, avec beaucoup de difficulté de se lever à son tour, et j’eus beaucoup de chance de me trouver près de lui. A peine eut-il fait un pas, qu’il manqua de tomber, basculant sur le côté. Je le rattrapais juste à temps.

- Je crois qu’il est temps pour toi d’aller dormir… Soufflais-je, amusé.
- J’comprends pas, j’ai bu exactement la même dose que toi, pourquoi est-ce que c’est moi qui suis bourré et pas toi ? S’écria-t-il en m’enlaçant.
- Parce que tu ne tiens pas l’alcool…

Adam rigola grossièrement avant d’attraper fiévreusement mes lèvres.

- Maintenant tu vas pouvoir me faire grimper aux rideaux… Dit-il d’une voix qui devait se vouloir séduisante.
- On va déjà essayer de te monter dans la chambre, on verra le reste après, répondis-je en rigolant.

J’avais déjà tiré un trait sur notre fin de soirée au dernier verre qu’Adam avait bu. Ce fut avec beaucoup de mal qu’il parvint à monter et les marches, et lorsque nous pénétrâmes dans la chambre, je le laissais quelques minutes pour aller fermer la porte et éteindre les lumières.

Je ne fus pas surpris, lorsque je remontais, de trouver Adam endormi, complètement nu. Amusé de cette douce torture qu’il m’imposait, je posais la couverture sur son corps pour ne pas qu’il prenne froid. Me déshabillant à mon tour, j’enfilais un bas de pyjama avant de le rejoindre.

***

Je me réveillais en milieu de matinée. Adam dormait toujours profondément, et je choisis de le laisser dormir pour qu’il finisse de cuver son alcool. Pour ma part, j’étais surpris de n’avoir aucune gueule de bois.

Après une bonne douche et un petit déjeuner, j’allais rejoindre Adam en attrapant mon ordinateur portable. Je voulais être là quand il se réveillait, rien que pour voir sa tête et surtout être là s’il avait besoin de moi.

Je travaillais un moment, allongé à côté de lui, l’ordinateur sur les genoux, avant de regarder les vols pour nous rendre chez mes parents. Adam avait eu une excellente idée, et j’avais maintenant hâte de revoir ma mère et ma sœur. Pour mon père c’était différent, mais je ne rechignais pas non plus à l’idée.

Il devait être aux alentours de midi lorsqu’Adam poussa un soupire. Je me tournais vers lui et en voyant la tête qu’il faisait, je sus qu’il avait une gueule de bois monstrueuse.

- Mal à la tête ? Me risquais-je en refermant mon ordinateur.
- Pire, je crois que je vais mourir… Lâcha-t-il d’une toute petite voix.

Je ne pus me retenir de rire légèrement, avant de m’allonger sur le côté près de lui. Mes lèvres se posèrent sur les siennes en une douce caresse. Mais presque immédiatement, il se redressa et courut jusqu’au toilette pour rendre le contenu de son estomac. Amusé par cette situation, j’éclatais de rire.

- Je te déteste Valentin ! Cria-t-il avant qu’une deuxième nausée le submerge.

Quelques heures plus tard, Adam était allongé sur le canapé, une couverture sur lui, zappant sur différentes chaîne. Dans la cuisine, accoudé sur le bas, je mangeais le reste de mon gâteau d’anniversaire, après avoir terminé de ranger la maison.

- Tu es sûr que tu n’en veux pas un bout ? Il est succulent… Dis-je, incapable de cesser de me moquer de lui.
- Continue et je te quitte, répliqua-t-il, sans se retourner.

Je rigolais jusqu’à ce que mon portable se mette à sonner. C’était un message de Gauthier.

- Estelle est dans le même état, lançais-je dans un sourire alors que je lisais le message. Gauthier demande si on serait partant pour aller voir un ciné en fin d’après-midi, Kayla est toujours chez ses grands parents.
- D’accord mais si j’entends un seul de vous deux vous moquez de nous, je rentre avec Estelle et tu vas vivre avec Gauthier… Maugréa-t-il, les dents serrées.
- Promis, soufflais-je, amusé.

***

 

Nous étions tous les quatre installés sur les sièges du cinéma, attendant patiemment que le film commence. La main d’Adam tenait la mienne, alors que sa tête était posée sur mon épaule.

- J’ai mal au ventre… Soupira-t-il d’une petite voix.

Je ne pus m’empêcher de lancer un regard amusé à Gauthier, mais tenant ma promesse, je ne fis aucun commentaire. Mais cela n’était pas du goût d’Adam qui se redressa vivement, le regard faussement furieux.

- Même les regards moqueurs sont interdits ! S’écria-t-il alors les poings sur les hanches. C’est de ta faute si Estelle et moi, on est comme ça.
- Je ne vous ai pas obligé à boire autant ! Soufflais-je en fronçant les sourcils.
- Non mais c’était ton anniversaire, alors c’est de ta faute !
- Je suis bien d’accord ! Fit Estelle alors que Gauthier la prenait dans ses bras.

Adam attrapa sa veste pour y sortir son portefeuille. Il devait avoir besoin de boire quelque chose.

- Reste assis, dis-je en me levant. Qu’est-ce que tu veux ?
- Non non, je dois aller aux toilettes de toute façon, quelqu’un veut quelque chose ?

Nous passâmes tous notre commande avant qu’Adam ne s’éclipse.

 

Adam revint un petit moment après nous tendant nos paquets de bonbon. Son regard se posa derrière nous et il s’écria aussitôt en reprenant sa place à côté de moi :

- Mais c’est pas vrai !
- Qu’est-ce qu’il se passe ? Demandais-je en regardant derrière moi.

Je ne mis pas longtemps à croiser le regard de William qui nous fixait et une grimace étira mes lèvres.

- Je l’ai croisé aux toilettes, commença-t-il énervé, et tu sais pas ce qu’il m’a dit ? Que j’aurais du l’inviter à ton anniversaire… Non mais il cherche quoi ?
- Gauthier et moi l’avons croisé aussi au match de basket, il a essayé de me parler, mais je l’ai évité… Lui expliquais-je mal à l’aise.
- Tu pense qu’il vous suis ? Demanda Gauthier, perplexe.
- Je crois surtout qu’il fait une obsession sur Val, dit-il en attrapant ma main. Mes ex ont peut-être pété un câble quand je les ai quitté mais au moins, il ne me suivent pas partout…
- Peut être que Valentin est plus dur à oublier que toi, s’exclama Estelle amusée.

Pour toute réponse, il lui tira la langue avant de se blottir dans mes bras. Sans attendre, ma main remonta son menton et délicatement, je posais mes lèvres sur les siennes. Je cherchais, du mieux que je le pouvais, par ce baiser, à l’apaiser. Les lumières de la salle s’éteignirent et le film commença. Là, tout contre Adam, j’oubliais tout ce qui nous entourait, plongé dans un bonheur infini…

***

- Dépêche-toi Adam ! On va louper l’avion ! M’écriai-je au rez de chaussé.
- Oui, deux minutes ! S’exclama-t-il sur le même ton.

Nous étions le jour du grand départ et Adam était en retard, ayant encore oublié des choses. Nous avions deux semaines de vacances, rien que tous les deux. Nous allions voir mes parents pendant une semaine et demi, puis nous retournions passer un peu de temps tous les deux ici. Nous avions même eu l’idée de réserver une petite auberge à deux heures d’ici, empêchant quiconque de venir nous déranger pendant ces deux semaines.

Impatient et énervé j’attendis Adam pendant deux bonnes minutes, lorsque je le vis enfin descendre les escaliers avec sa valise.

- Je devais prendre mes dossiers pour le boulot… Souffla-t-il en haussant les épaules.

Et comme pour s’excuser, il passa sa main libre autour de mes épaules et posa ses lèvres sur les miennes. Un doux baiser fut changé. Un baiser qui chassa automatiquement ma colère. Un baiser qui attisa instantanément notre désir.

- Tu es sûr que tu ne veux pas profiter de mon corps une dernière fois avant d’aller chez tes parents ? Demanda-t-il d’une voix séduisante, après on ne pourra plus le faire autant qu’on veut…

Un sourire étira mes lèvres et j’embrassais tendrement sa joue.

- On aurait pu, si tu n’avais pas perdu tout ton temps à chercher tes dossiers, répondis-je dans un sourire moqueur.

Un soupire s’échappa de ses lèvres, ne pouvant s’empêcher de sourire à son tour, amusé.
Doucement, il s’écarta de moi et alla mettre sa veste. Je fis une dernière fois le tour de la maison pour m’assurer que tout était bien fermé et quelques minutes plus tard, nous étions dans la voiture, roulant vers l’aéroport.

Plus on approchait, et plus je me sentais heureux à l’idée de ce voyage, un sourire étirant mes lèvres. Ma famille me manquait et je réalisais seulement maintenant à quel point. M’y rendre avec Adam était le plus beau des cadeaux. Même si j’en voulais à mon père et que je lui en voudrais toute ma vie, j’étais heureux de me retrouver entouré. Sa main se posa sur ma joue et je le regardais, gêné de la manière dont il m’observait.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Lui demandais-je en reposant mon regard sur la route.
- Rien… Souffla-t-il, je me disais juste que je suis totalement et éperdument amoureux de toi.

De légères rougeurs colorèrent mes jours et je posais ma main sur sa cuisse, tendrement. Jamais je ne me lasserais de pareilles déclarations.

- Ça tombe bien, dis-je dans un sourire, parce que je suis dans le même état…

***

Une heure plus tard, nous étions à l’aéroport. Je l’attendais devant la porte d’embarquement tandis qu’il enregistrait nos bagages. Cet endroit me rappelait un très mauvais souvenir. C’était ici qu’Adam m’avait quitté pour la première fois, c’était ici que s’était déroulé le plus mauvais jour de toute ma vie, c’était ici qu’avait commencé un cauchemar de deux ans.

Quelques secondes plus tard, Adam arriva et croisa mon regard triste.

- Qu’est ce qui t’arrive ? Demanda-t-il en s’approchant de moi, inquiet.
- Rien… Tu vas me traiter d’idiot… Soufflais-je en passant ma main sur ma nuque.
- Dis toujours.

Un soupire s’échappa de mes lèvres et je regardais une nouvelle fois la porte d’embarquement, emprunte de ce douloureux souvenir.

- C’est ici… Lâchais-je d’une petite voix, c’est ici que tu m’as quitté la première fois…

Son regard se posa autour de lui et ce fut à cet instant seulement qu’il sembla s’en souvenir.
Étrangement, un sourire étira finalement ses lèvres. Ses bras virent m’enlacer et il posa délicatement ses lèvres sur les miennes. Bien que surpris, je répondis à son étreinte, l’enlaçant à mon tour.

 

Lorsque l’air vint à nous manquer, il colla son front au mien, croisant mon regard.

- Alors on va changer ce souvenir triste en quelque chose de merveilleux, dit-il dans un sourire.

Il frotta son nez contre le mien, tendrement.

- Je te promets de ne jamais plus partir loin de toi…

Je finis par sourire à mon tour, rassuré par cette promesse. Je l’embrassais à nouveau, oubliant ce passé, me concentrant sur le présent.

L’hôtesse de l’air près de la porte passa une dernière annonce et nous entrâmes dans l’avion, main dans la main…

***

Le voyage ne dura pas très longtemps et nous arrivâmes bientôt à notre destination. Après avoir récupérer nos bagages, nous passâmes la douane et nous eûmes la surprise d’être accueilli par mon père.

- Vous avez fait bon voyage ? Demanda-t-il en attrapant un sac des mains d’Adam.
- Oui, c’était plus rapide que je ne l’aurais pensé, répondis-je dans un sourire.
- Merci de venir nous chercher, lui dit Adam.
- C’est la moindre des choses, souffla mon père. Je ne pourrais malheureusement pas rester cet après-midi, mais ta mère est là, ajouta-t-il à mon intention.

Il commença à marcher et nous partîmes à sa suite alors qu’il poursuivait :

- Ce soir, ta mère a prévu un gros repas de famille, ta sœur devrait être là, ainsi que son copain.

 

Je souris, heureux de pouvoir enfin vivre ces moments avec ma famille. Adam du le sentir, car sa main se glissa dans la mienne et c’est ainsi qu’après un petit regard échangé, nous allâmes jusqu’à la voiture de mon père.

***

Nous avions été accueilli comme des princes. Après nous avoir laissé le temps de nous installer dans notre chambre, ma mère nous avait préparé un déjeuner léger en prévision du festin qui nous attendait le soir. Elle n’avait jamais eu beaucoup de contact avec Adam, du fait de notre passé, et elle semblait vouloir rattraper le temps perdu, inondant Adam de différentes questions.
Pour la préparation du repas du soir, nous mîmes tous la main à la pâte, aidant comme on le pouvait. Adam aida ma mère à cuisiner, tandis que je les assistais, mettant la table, et coupant différents légumes.
Lorsque tout fut prêt, ma mère nous envoya avec un verre nous reposer un peu dans le salon, jugeant que nous en avions assez fait. Rares étaient les fois où j’avais vu ma mère heureuse et si enjouée, et je commençais à me demander si cela ne cachait pas quelque chose. Je me retins cependant de poser des questions.

 

Vers vingt heures, mon père arriva, accompagné de ma sœur et de son copain. Elle sauta directement dans mes bras, heureuse de nous retrouver. Nous prîmes tous place autour du festin, mon père et ma mère en bout de table. J’étais à côté d’Adam et ma sœur était en face de moi avec Kevin.
Avant de commencer, mon père se leva, et leva son verre de vin. Il échangea un regard avec ma mère, un regard que je ne les avais jamais vu échanger.

- Nous avons beaucoup réfléchi avec votre mère. J’ai conscience de ce que j’ai fait à notre famille. Je sais que tout ce que je pourrais faire aujourd’hui ne pourra jamais rattraper le passé… Dit-il en posant un bref instant son regard sur moi. Mais avec votre mère, nous avons décidé d’aller de l’avant.

Il fit une pause, comme pour se donner du courage.

- Nous voulons profiter de votre présence à tous pour célébrer notre remariage.

Je me tendis aussitôt, affolé par cette idée, et loin d’être d’accord. Adam du le sentir car je sentis sa main se poser sur ma cuisse. Cela avait été une chose d’accepter que mon père revive avec ma mère, mais c’était une toute autre chose d’être en accord avec un remariage, comme si de rien n’était. Mon regard se posa sur ma sœur qui me fit un sourire rassurant. Étais-je le seul à m’indigner à cette idée ?

Je mordis sur mon frein pour éviter de prendre la parole. Mon regard se posa sur ma mère et le bonheur que je pouvais lire sur son visage me força au silence.

C’était à elle qui revenait ce choix. J’avais décidé de laisser une autre chance à mon père et ma mère était sûrement la mieux placer pour choisir. Elle pensait qu’il avait réellement changé et je devais me plier à son choix. Ma main se posa sur celle d’Adam et nos doigts s’entrelacèrent.

Sans sa présence à mes côtés, sans son soutien silencieux, ma réaction aurait été tout autre. Certes, je n’approuvais pas le choix de mes parents, mais je restais silencieux, n’émettant pas le moindre avis.

Il fallut un long moment pour que je ne me détende vraiment et pense à autre chose. Et même si je tentais de sourire et de participer aux conversation, une partie de moi restait tendue et distance.
Mes parents franchissaient un grand pas et tout allait trop vite. Alors que j’étais juste venu les voir avec Adam, tout prenait une autre tournure.

Ce fut pourquoi, juste avant le dessert, je m’éclipsais pour aller fumer une cigarette et prendre un peu l’air frais dehors. Adam resta à discuter avec ma sœur, attaquant déjà son troisième verre de vin, sous mon regard amusé.

Une fois dehors, j’inspirais et j’expirais profondément avant d’allumer ma cigarette. La première bouffée ne suffit pas à me calmer.

- Valentin, souffla soudain ma mère. Tout va bien ?

Je tournais la tête vers elle alors qu’elle s’arrêtait à mon niveau.

- Je… Oui… Répondis-je avant de craquer. Je suis juste surpris pour ce mariage, avouais-je. Tu ne trouves pas que ça va trop vite ?

Ma mère me sourit, avant de poser sa main sur mon épaule.

- Pas tant que ça Valentin. Ça fait quatre ans que l’ont s’est remis ensemble. Alors non, ça ne va pas trop vite.

Elle fit une pause, mais je ne répondis rien. Je n’avais jamais su depuis combien de temps ils s’étaient remis ensemble et apprendre que ma mère me l’avait caché pendant plus de trois ans ne me calmait pas.

- Avec Adam, souffla-t-elle, tu as fait une bêtise et il t’a pardonné. Vous… Vous n’avez pas attendu pour aménager ensemble et bien, j’ai fait pareil avec ton père.

Une rage sans nom coula dans mes veines, une colère que je ne sus contenir à l’entente de ses mots.

- Ça n’est pas comparable ! Ne me compare jamais avec lui ! M’exclamais-je. Il… Est-ce que tu sais pendant combien de temps j’ai du endurer ses coups ? Et tu n’as jamais rien fait… Ajoutais-je, lui disant ce que je n’avais jamais osé lui dire.

J’inspirais un grand coup, tentant de me calmer. Mais c’était impossible.

- J’ai déjà accepté l’idée qu’il soit revenu vivre ici avec toi mais ne me demande pas d’assister à ce mariage avec le sourire. Je ne l’approuve pas ! Claquais-je.
- Je suis désolé Val… Je suis désolé pour tout le mal que je t’ai fait… Souffla soudain la voix de mon père qui se tenait à quelques pas et qui avait du assister à notre échange.

Il avait les larmes aux yeux. A côté de lui, se tenait Adam qui me regardait peiné.

- Je suis désolé, mais mettez vous à ma place. Dis-je en regardant tour à tour mon père et ma mère.
- Et toi, répondit ma mère en haussant légèrement le ton. Mets-toi à ma place ou à celle de Solène, ou à la place de ton père. Tu as eu la belle vie Val. Tu as souffert et je m’en voudrais toute ma vie, mais à partir du moment où tu as trouvé Adam, tu as été heureux. Et Solène et moi ne l’avions été qu’à partir du moment où ton père est revenu dans notre vie, c’est mal de vouloir continuer à l’être ?

Je ne répondis rien. Je ne voulais pas envenimer la situation. Un fossé s’était creusé entre ma famille et moi le jour où mon père avait levé la première fois la main sur moi. Le fait d’avoir rencontré Adam et d’avoir construit la vie avec lui n’avait fait que le creuser. Jamais je ne pourrais avoir le même genre de relation qu’Adam avait avec sa famille.

- Tu es notre fils, reprit ma mère. Et j’aimerais partager ce moment avec toi, mais si tu n’es pas capable de voir la réalité en face, de voir à quel point ton père a changé, alors oui, tu ferais peut être mieux de ne pas venir, claqua-t-elle.

Ma mère ne tourna brusquement le dos, attrapa la main de mon père, et rentra dans la maison.
Adam qui était jusqu’alors resté dans son coin silencieux et observateur, s’approcha aussitôt de moi et sans que je n’ai besoin de le lui demander, ses deux bras se refermèrent autour de ma taille. Je me perdis aussitôt dans cette étreinte, glissant mon visage dans son cou. Sa main passa dans mon dos. Le bien-être qu’il m’apporta instantanément fut presque vital.

- Je suis désolé de la tournure qu’ont pris les événements Val… Ils aurait du te prévenir avant et pas comme ça.. Devant tout le monde… Surtout au vu de votre passé… Murmura-t-il en me serrant encore plus fort contre lui.

Touché par ses mots, réconforté par sa présence, je lui répondis dans un souffle :

- Merci d’être là Adam…

Mon amant s’écarta, croisant mon regard perdu, et sans trop réaliser ce qui se passait, ses lèvres se posèrent sur les miennes pour un baiser aérien.

- On peut s’en aller si tu veux…
- Non, me surpris-je à répondre. Ma mère a raison. Ils ont eu quatre ans pour voir que mon père à changer, alors que moi non. Je… Je dois leur faire confiance.

***

Nous étions retournés à table et après m’être brièvement excusé, le sujet du mariage n’avait plus été abordé de toute la soirée. Après avoir mangé le dessert et bu une coupe de champagne, nous prîmes congé avec Adam, prétextant la fatigue du voyage.
Après avoir pris chacun notre douche, nous nous retrouvâmes enfin seuls à seuls dans la chambre d’ami. J’étais lové tout contre Adam, ma tête enfouie dans son cou. Sa main passait et repassait dans mon dos, comme pour tenter de continuer à m’apaiser.

- Je crois que j’ai encore trop bu, soupira Adam dans un sourire.
- Parce qu’en plus de ne pas tenir l’alcool, dis-je en riant, tu ne sais pas t’arrêter.

Adam se redressa, me surplombant, affichant un air faussement outré.
Son regard s’ancra dans le mien et c’est à ce moment là seulement que je réalisais ce dont avait réellement envie Adam. Sa main se posa sur mon torse et il s’abaissa pour recouvrir mes lèvres d’un baiser, baiser que je lui rendis presque instantanément, incapable de me lasser de ce goût du particulier et du bien que cela me procurait. Mais bientôt, sa main glissa bien plus bas, et comprenant qu’il allait sérieusement mettre à exécution ses intentions, je mis fin au baiser et le repoussais légèrement.

- Pas ici, pas maintenant Adam… Lui dis-je, bien que l’envie soit partagé.
- Ne me dis pas que tu ne veux rien faire chez tes parents ! S’exclama-t-il faussement horrifié.
- Je n’ai pas envie qu’ils nous entendent… Dis-je mal à l’aise.
- Ca ne te dérangeais pas plus que ça quand tu habitais chez mes parents.
- J’habitais dans le garage Adam, ce n’était pas dans la maison et ma chambre n’était pas annexée à celle de tes parents.
- Et bien sûr tu n’es jamais venu me rejoindre dans la mienne, rétorqua-t-il.

Adam se mit à m’embrasser dans le cou, provoquant chez moi un frisson. Je ne pus m’empêcher de rigoler en repensant à ces moments.

- Ce n’était qu’une ou deux fois… Concédais-je, amusé.

Adam se redressa légèrement, laissant ses lèvres à quelques millimètres des miennes.

- Mais je te le promets qu’on ne le fera qu’une fois, dit-il charmeur avant de recouvrir mes lèvres pour un baiser passionné.

Ce baiser eu raison de me faire céder. Et je perdis pied l’espace d’un instant. Enhardis pas ses attentions, je me laissais faire, savourant ses mains caressant mon corps et sa langue se mêlant à la mienne. Dans ses bras j’oubliais tout et bientôt mes mains virent se poser sur ses reins pour l’approcher plus près de moi.

Cependant, ce fut quand son bassin se frotta lascivement contre le mien, commençant à éveiller mon intimité, que je redescendis sur terre. Je le repoussais en posant mes deux mains sur ses épaules. Avant de lui déclarer, assez ferme :

- Désolé… Je ne peux pas Adam. Ça me stresse trop qu’ils puissent entendre.

Adam soupira, montrant très clairement son mécontentent ;

- Non Val ! Tu ne peux pas m’allumer comme ça.

Dans un nouveau soupire, il s’écarta de moi et s’allongea à côté, sur le ventre.

- Je sens qu’elle va être longue cette semaine…

Je me redressais légèrement, passant ma main sur sa joue, voulant m’excuser mais un rire s’échappa de mes lèvres. A l’absence de réaction de sa part et à sa respiration posée, je devinais qu’Adam venait de s’endormir en quelques secondes.
Me rapprochant de lui, je recouvris nos deux corps de la couverture, déposais un baiser sur sa joue, et tentais difficilement de trouver le sommeil. Cette venue chez mes parents n’allait pas être de tout repos…

***

Le lendemain matin, je me fus tirer du sommeil par une très agréable sensation qui me brûlait les reins, mains j’avais encore beaucoup de mal à comprendre d’où cette sensation provenait encore trop plongé dans un demi-sommeil.

Cependant ce fut lorsqu’un gémissement s’échappa de mes lèvres que j’ouvrais les yeux sous la surprise. Je réalisais alors uniquement à cet instant où je me trouvais et ce qu’Adam était en train de me faire… Caché sous la couette, il avait choisi de me réveiller de la plus agréable des façons, et je l’aurais véritablement apprécié si nous n’étions pas chez mes parents…

Mais je n’eus pas le temps de le repousser ou de dire quoi que ce soit. Ses lèvres quittaient mon membre gorgé de plaisir et un gémissement de frustration passa le barrage de mes lèvres bien malgré moi.

Sans attendre, il remonta le long de mon corps et vint jusqu’à mes lèvres croisant mon regard en apparaissant de sous la couverture. Un sourire charmeur étirait ses lèvres alors que son regard était voilé d’une luxure non feinte. Il avait envie de plus et l’état de feu dans lequel il avait plongé mon corps m’empêchait de le repousser. Comme pour vaincre les dernières barrières, il recouvrit mes lèvres d’un baiser farouche. Perdu dans cet échange, j’eus à peine conscience de ce qu’il était en train de réellement de faire. Il lâcha brutalement mes lèvres et s’empala sur mon sexe sans prévenir. Il grimaça légèrement de douleur, tandis que je portais mon bras contre mes lèvres pour m’empêcher de faire du bruit…

Tout arrêter, l’empêcher de poursuivre cet ébat alors que je lui avais clairement transmis mon désaccord la veille était maintenant impossible. Adam avait gagné, de manière assez déloyale, mais en cet instant précis, j’étais incapable de lui en vouloir, trop envahi par la plaisir ressenti. Ne résistant pas, je tendis ma main vers lui et attrapais sa nuque pour l’attirer à moi et ravir ses lèvres d’un baiser. Surpris et tendu par la douleur qu’il devait ressentir sans la moindre préparation, je ne voulus pas faire durer sa torture et l’embrassais avec une douceur inégalée.

Adam finit par se détendre et s’habituer à ma présence en lui. De lui-même il entama un très léger déhanchement qui me faisait déjà perdre pieds.

Lâchant enfin les rênes de mon plaisir, j’inversais brusquement nos positions tout en restant en lui et enfouis ma tête dans son cou pour camoufler les bruits des gémissements qui tarderaient pas à s’échapper de mes lèvres. Adam fit de même et un violent frisson me saisit alors qu’il mordillait et léchait la peau de mon cou. Ne tenant plus je commençais à me déhancher en lui, retrouvant ce plaisir si particulier que je ne partageais qu’avec lui. Bien vite nos gémissements étouffés parvinrent à nos oreilles seulement. En lui, dans cette étreinte où je donnais tout, j’oubliais tout ce qui s’était passé la veille et j’étais prêt à affronter ce que ce séjour chez mes parents allait me demander. Avec Adam, je me sentais entier, je me sentais vivre comme jamais…

 

La frustration et la surprise de cet échange, le côté secret de notre ébat le rendit rapide mais n’enleva rien de son intensité. Je me libérais en lui en même temps qu’il jouissait entre nos corps mordant son épaule un peu trop fort pour ne pas crier. Vidé de toute force, je me laissais tomber sur le côté, le corps luisant de sueur.

Adam ne tarda pas à venir se coller tout contre moi, appuyant sa tête sur mon épaule.

 

- Tu as de la chance que je t’aime autant pour ne pas t’en vouloir…

- C’est surtout parce que tu viens de prendre prendre ton pied ! Répondit Adam en riant.

 

Il redressa sa tête, croisa mon regard et un petit sourire étira ses lèvres.

 

- Tu as surtout de la chance que nous n’ayons pas fait de bruit.

 

Adam me fit taire d’un doux baiser qui me donna des frissons.

 

- Je sens que ce séjour va être terriblement frustrant, susurra-t-il tout contre mes lèvres alors que sa main glissait sur mon torse.

 

J’attrapais sa main pour interrompre son geste.

 

- Surtout que tu ne nous simplifies pas la tâche, répondis-je dans un sourire avant d’attraper sa nuque et de l’embrasser à nouveau.

 

****

 

Les jours passèrent et ils ne se déroulèrent pas comme je l’avais pensé. Malgré notre frustration commune, nous n’avions pas recouchés ensemble. Si Adam avait manifesté plusieurs fois sa frustration, j’avais fini par lui dévoiler que j’étais dans le même état. Mais jamais je ne nous laissais aller plus loin que quelques échanges de tendresses et caresses. Jimmy, le copain de ma sieur, avait proposé à Adam le soir de notre arrivé d’aller l’entraîner et courir avec lui. Adam trouvait qu’il avait grossit et voulait y remédier. Si je n’avais rien dit, je devais cependant m’avouer que j’étais légèrement agacé par cette idée. Adam n’avait jamais manifesté l’envie de faire du sport avec moi. Aujourd’hui, aller courir avec lui m’était rendu impossible à cause de mon genoux et je les regardais à chaque fois partir : jaloux.

Je n’avais pas encore réabordé le sujet du remariage de mes parents avec eux et ce sujet avait été jusqu’à maintenant sciemment évité. Il était toujours hors de question que j’y assiste. Cependant, ce sujet n’avait pas ternis nos rapports et l’ambiance était agréable.

Aujourd’hui, en fin de matinée, après en avoir parlé la veille avec Adam qui m’avait aidé à trouvé le courage de le faire, je m’étais décidé à présenter mon projet de compagnie à mon père. Nous nous étions installés dans son bureau et je venais de finir mon exposé. Mon père me regardait silencieusement depuis le début, impassible. Le temps qu’il prit à prendre la parole me semblait durer des heures. Je venais de lui proposer une place a part entière dans ma compagnie : directeur financier. J’allais bien plus loin que de simplement lui prendre son argent. Le stress redoubla cependant lorsqu’il commença prenant une inspiration :

 

- Si je comprends bien tu veux travailler en étroite collaboration avec moi, mais tu refuses que j’épouse ta mère…

 

J’eus du mal à cacher ma surprise face à sa réponse qui n’avait rien de professionnel. Je soupirais avant de répondre :

 

- Ce n’est pas la même chose. J’ai confiance en toi sur le plan professionnel, mais pas encore sur le plan personnel, déclarais-je en gardant mon calme.

Mon père qui avait d’abord parut agacé se calma aussitôt, affichant un air plus triste.

- Valentin, qu’est-ce qu’il te faudrait pour te prouver que je suis honnête ?
- Je ne sais pas, avouais-je alors.

Ce fut au tour de mon père de soupirer.

- Est-ce que tu pensais à Adam pendant les deux années où vous avez été séparés ? Finit-il par me demander.
- Tout le temps, répondis-je, surpris par sa question.
- Et moi j’ai pensé à vous à partir du moment où vous m’avez rayé de vos vies. Je me suis retrouvé seul, poursuivit-il. Et c’est là que j’ai compris tout le mal que j’ai commis.

Mon père fit une pause, semblant chercher ses mots :

- Alors j’ai fait en sorte de changer. Pour vous, parce que vous êtes ma famille. Ta mère est la seule femme que je n’ai jamais aimé et vous êtes mes enfants.

J’arrivais presque à croire la sincérité de ses paroles.

- Comment tu as repris contact avec elles ? Lui demandais-je, faisant malgré moi un autre geste vers lui.
- Je l’ai revu à l’un de tes spectacles. Elle était en vacances chez vous. Elle m’a vu dans la salle, alors que je la fixais. Dit-il, son regard partant dans le vide, à la recherche de ses souvenirs. J’ai finis par aller lui parler… Et c’est comme ça qu’on a doucement repris contact. Au départ, ta mère était méfiante. Elle ne me croyait pas. Puis, elle m’a peu à peu laissé revenir.

Un petit sourire amoureux étira ses lèvres. Cela me surpris. Jamais je n’avais vu mon père ainsi, dévoilant ses émotions.

- J’ai attendu six mois avant de l’embrasser…. Six mois où j’ai tout fait pour retrouver sa confiance, ou je l’ai amené chez avec moi, chez le psy, ou je lui ai ouvert mon cœur. Si seulement je savais ce que je pourrais faire pour simplement que tu baisses ta garde en ma présence. Je… C’est important pour ta mère que tu sois présent à ce mariage. Fais-le, ne serait-ce que pour elle…
- Je viendrais, soupirais-je, cédant sans trop comprendre pourquoi.

Mon père eut du mal à cacher sa surprise, et un sourire ne tarda pas à se dessiner sur ses lèvres.

- Si Solène et maman t’ont pardonné, pour moi ça prendra beaucoup plus de temps. Je… Te faire cette proposition de collaboration est déjà un gros pas pour moi. Laisse-moi du temps… Avouais-je.
- J’accepte, répondit mon père.

Il reprit aussitôt la parole, voyant que j’allais parler.

- Et je n’accepte pas parce que tu es mon fils et que je cherche à me racheter. J’ai écouté ton projet avec attention, et tu as des bases solides. Je crois en ton potentiel et l’amour que tu portes à cet art depuis tout petit, malgré tout ce que je faisais pour t’en empêcher…

Nos regards se croisèrent, et pour la première fois, je me laissais aller à faire un petit sourire sincère à mon père…

***

Adam n’était toujours pas rentré de son entraînement. Après mon entrevue avec mon père, je m’étais précipité pour aller le rejoindre dans le salon, pensant qu’il serait retour, mais je m’étais trompé.
Ma mère était tranquillement installée en train de regarder un film et ma sœur était allée faire du shopping. Je montais dans la chambre pour me remettre seul de cet échange avec mon père. J’avais fini par attraper un livre et m’installer sur mon lit et c’est à ce moment là qu’Adam fit irruption dans la chambre, les joues rouges. Couvert de sueur, il s’écroula sur le lit à côté de moi.

- Je suis crevé, souffla-t-il.

Il tourna sa tête vers moi et le sourire qui se dessinait sur ses lèvres s’effaça aussitôt en voyant que je n’étais pas d’humeur.

- Ça ne va pas ? Me demanda-t-il aussitôt en s’approchant un peu plus de moi.
- En douze ans, dis-je tout bas pour que personne ne m’entende, pas une seule fois tu n’as voulu aller faire du sport avec moi. Et il suffit que Jimmy te le propose pour que tu acceptes. Et maintenant, continuais-je d’une seule traite, vous passez tout votre temps ensemble, alors que ces vacances étaient censées être des vacances à deux.

Au lieu de s’énerver, Adam rigola.

- Je ne pensais pas que ça te mettrait dans cet état.
- Je ne vois pas en quoi c’est drôle, rétorquais-je, n’ayant aucune envie d’en rire.
- C’est drôle parce que si je me mets à faire autant de sport, c’est pour éviter de te sauter dessus. Alors, dit-il en s’approchant de moi, c’est soit je continue d’aller courir, soit je te saute dessus.
- Toi, tu peux au moins aller courir, répondis-je en me détendant un peu, amusé par sa réplique.

Et sans lui laisser le temps de réagir, je l’attirais brusquement à moi et l’embrassais avec fougue. J’en avais assez d’être celui qui y mettait constamment un frein et ce que je venais d’entendre m’empêchait de ne rien faire. À travers ce baiser, je laissais libre court à toute ma frustration et je sentis le désir de mon amant monter en flèche. Ma main libre glissa sous son tee-shirt, effleurant sa peau du bout des doigts. Nous dûmes cependant mettre fin à notre échange lorsque l’air vint à nous manquer. Voulant me venger d’avoir ainsi été délaissé ces dernier jours, je m’écartais, allant même jusqu’à quitter le lit, un petit sourire moqueur accroché aux lèvres.

 

- Ne me dis pas que tu vas t’arrêter là ! S’exclama Adam ahuri.

- On ne peut pas faire ça dans la chambre. Ils sont juste en bas, soufflais-je amusé de voir la déception s’afficher aussitôt sur son visage.

 

Adam soupirait alors que j’allais vers la porte. Je me retournais, le regardant avec un air charmeur :

 

- Par contre, tu pourrais malencontreusement me croiser sous la douche…

 

Et sans un mot de plus je quittais la chambre pour aller dans la salle de bain. En chemin, je criais du haut des escaliers à ma mère que j’allais prendre une douche. Sans attendre une seule seconde et en prenant bien soin de ne pas fermer le verrou, je me retrouvais dans la salle de bain en train de me déshabiller. Attendant qu’Adam réponde discrètement à mon invitation, j.allumais l’eau chaude et me glissais dessous. Je savais que n’importe qui pourrait nous surprendre, mais je n’étais plus capable de tenir une minute de plus sans sentir le corps brûlant d’Adam contre le mien.

 

Heureusement, je n’eus pas à attendre bien longtemps. J’entendis la porte de la salle de bain s’ouvrir et se refermer avec empressement. Je tournais la tête vers lui, l’entrapercevant par l’espace du rideau de douche que j’avais mal fermé. Mon regard glissa sur le corps qu’il me dévoilait, prenant le temps contrairement à moi de mettre ses vêtements un a un dans le bac a linge. Mon rythme cardiaque s’accéléra lorsqu’il fut enfin nu devant moi, à moins d’un mètre. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres lorsqu’il redressa la tête et croisa mon regard. En un rien de temps, il vint me rejoindre et mes lèvres fondirent sur les siennes, soupirant de bien être en sentant son corps nu se coller au mien.

Nos mains furent loin de rester inactives, redécouvrant nos corps en manque de contact. Les lèvres d’Adam finirent à quitter les miennes pour se glisser dans mon cou et prenant les rênes, il me repoussa légèrement jusqu’à ce que mon dos nu ne soit plaqué sur les carrelage froid de la cabine de douche. Un violent frisson me parcourut sous la surprise de ce contact, mais je ne tentais pas de me soustraire à la volonté d’Adam. Ses lèvres glissant sur mon épaule suffisait à me réchauffer. Mon corps entier se consumait d’envie de lui…

 

Je me moquais du lieu où nous nous trouvions, où du moins je l’oubliais. Adam se retrouvais bientôt à genoux face à mon intimité dressée et je devais me retenir de gémir sous la frustration de sentir ses lèvres se poser partout sauf sur celle-ci. L’eau ruisselait sur nos corps et lorsqu’Adam fit passer sa langue tout le long de mon sexe je dus me mordre l’avant bras pour ne pas crier. Je laissais ma tête partir en arrière pour ne pas perdre pied, gémissant le plus discrètement possible face à la fellation que m’offrait mon amant. Alors que l’une de mes mains se posait dans ses cheveux pour guider et que l’autre reste plaquée sur ma bouche, j’entendis quelqu’un frapper à la porte et l’ouvrir sans attendre. Mon corps loupa un battement lorsque j’entendis ma mère me demander :

 

- Nous partons faire les courses, est-ce que tu as besoin de quelque chose ?

- Je… Non… Articulais-je difficilement alors qu’Adam, loin de s’arrêter continuait sa fellation.

- Et Adam ? Je ne le trouve pas, est ce que tu sais s’il…

- Non ! Rien non plus ! M’exclamais-je en la coupant, incapable de résister à cette torture de plaisir et la peur que ma mère découvre qui se cachait vraiment sous ce rideau.

- Mon dieu Val ! Tu ne changeras jamais ! S’exclama ma mère en entrant vraiment dans la salle de bain. Tu ne sais pas mettre ton linge dans le bac !

 

Mes jambes étaient de plus en plus fébriles, ayant de plus en plus de mal à me concentrer pour ne pas gémir de plaisir face aux attentions d’Adam.

 

- Désolé… Soufflais-je, incapable de dire un mot de plus.

- Bon Solène et son copain m’attendent… À tout de suite. Nous n’en avons pas pour longtemps.

- À… À tout de suite, articulais-je avec grand peine.

 

Heureusement, ma mère ne fit pas durer le supplice plus longtemps et un soupire de soulagement passa le barrage de mes lèvres lorsque j’entendis la porte se refermer.

 

- Adam.. Soufflais-je. Tu… Tu aurais pu penser à fermer le verrou…

 

Pour toute réponse Adam m’offrit une succion plus poussée qui m’arracha un gémissement que je fus bien incapable de contenir. J’attendais cependant plusieurs minutes avant de véritablement me laisser aller et être certain que tout le monde avait bien quitté cette maudite maison. Je me libérais dans un gémissement plus bruyant. Je ne dus mon salut qu’au mur sur laquelle je m’appuyais et qui m’empêcha de chuter. Adam ne me laissa pas le moindre répit, venant déjà prendre possession de mes lèvres, comme pour nous ramener à la réalité. À l’aide ce simple baiser, il raviva mon désir et sans vraiment comprendre comment, j’inversais nos positions.

Adam se retrouvait dos à moi, les mains posées sur le mur, tandis que tout mon corps était collé contre le sien, savourant ce simple contact. Nous n’avions que peu de temps seuls dans cette maison, et je comptais bien en profiter pour entendre autre chose que des gémissements étouffés.

Mon bassin se frottait contre le sien, éveillant à nouveau mon intimité contre ses fesses. Mes lèvres glissèrent sur ses épaules mouillées avant que ma langue ne goûte chaque parcelle de sa peau, me délectant de sa saveur.

Mes mains glissèrent sur son bas ventre avant de passer directement sur son sexe dressé, tandis que ma langue léchait tout le long de sa colonne vertébrale.

Je me retrouvais bientôt à genoux derrière lui et sans la moindre pudeur ou dégoût, je ne m’arrêtais pas à son bas du dos. À ce contact, Adam laissa échapper un premier gémissement et ses jambes semblèrent plus fébriles. Je n’eus pas besoin d’humidifier mon premier doigt qui déjà le pénétrait.

Malgré le feu qui brûlait mes reins, je résistais à l’envie de le posséder à la seconde, continuant me préparation à l’aide de ma langue et de mes mains.

Bientôt les gémissements de mon amant envahirent la cabine de douche.

Lorsque je le jugeais suffisamment prêt, je me remis debout. Semblant comprendre mon envie, Adam tourna la tête pour un baiser langoureux. Mon intimité avait retrouvé toute sa vigueur, se frottant sur ses fesses en une promesse de ce qui allait suivre.

Malgré la fougue douloureuse que je contenais, ce fut avec une lenteur toute particulière et une douceur non feinte que je pénétrais en lui, nous arrachant des gémissements rauques de satisfaction.

Je n’attendis que le temps nécessaire pour qu’il s’habitue à ma présence avant d’enfin commencer à me mouvoir en lui, posant mes deux mains sur ses hanches prendre appuis.

 

Je finis par me laisser complètement, guidé par les cris de mon amant qui m’avait tant manqué. Parfois, alors que nous nous embrassions, nous étions obligé de lâcher nos lèvres, trop envahi de sensations exquises. Mes lèvres finirent par se poser sur ses épaules, les mordillant sans jamais aller trop loin.

Bientôt, je sentis qu’Adam ne pourrait plus tenir et dans un déhanché plus violent que les autres qui nous arracha un cri commun, nous nous libérâmes quasiment en même temps.

Nos jambes furent incapables de nous tenir plus longtemps debout et nous nous effondrâmes sur le sol de la douche. Nos regards voilés se croisèrent avant qu’un sourire ne s’affichent sur nos lèvres. Adam m’attrapa par nuque et m’embrassa avec passion.

 

- Je pense qu’on a encore un peu de temps devant nous, murmurais-je tout contre ses lèvres lorsqu’il mit´fin au baiser. Nous deux, seuls dans cette maison…

- Autant en profiter, car ce n’est pas prêt d’arriver à nouveau… Répondit-il dans un sourire en finissant ma phrase.

 

****

 

Nous étions sur le canapé, habillés et sages lorsque ma mère, ma sœur et son copain furent de retour. Ils avaient prit une bonne heure, heure durant laquelle, nous avions profité l’un de l’autre. Nous avions aidé ma mère avant de nous faire jeter de la cuisine. Elle voulait se charger seule du repas.  Après avoir tout de même eu la permission de mettre la table. Ma sœur avait finit par s’éclipser  dans sa chambre avec son copain, tandis que je me retrouvais avec Adam dehors en train de fumer une cigarette. Adam s’était appuyé sur le muret tandis que j’étais debout devant lui.

 

- Au fait ! Comment s’est passé ton entretien avec ton père ? Me demanda-t-il assez brusquement.

- Plutôt bien, soufflais-je. Il ne reste plus que quelques papiers à signer, mais il a accepté d’être notre directeur financier.

- J’espère que tout se passera bien… Il a du être touché par ta proposition…

 

Adam se leva alors que j’écrasais ma cigarette, se rapprochant de moi.

 

- Disons surtout qu’il en a profité pour me convaincre d’assister à son remariage.

- Alors tu vas y aller ? Me demanda Adam surpris en s’arrêtant devant moi.

- Uniquement pour ma mère. Et ça ne veut pas dire que j’approuve cette idée, ajoutais-je le cœur serré.

 

Adam me prit dans ses bras, se collant tout contre moi.

 

- Je ne sais pas si j’aurais été capable de faire la même chose… Souffla-t-il en enfouissant sa tête dans mon cou.

- Et j’ai encore du mal à croire que j’ai finis par céder… Avouais-je.

 

Adam me serra un peu plus fort contre lui avant de murmurer :

 

- Il ne manque plus que tu cèdes pour un autre mariage…

 

Un sourire étira mes lèvres. Adam ne lâchait jamais le morceau. Pour toute réponse, je lui soufflais telle une promesse :

 

- Bientôt… Je t’aime Adam…

 

Et sans un mot de plus, je recouvrais ses lèvres d’un baiser.

 

 

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